13/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Sportez-vous mieux (3/3)

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La meilleure solution pour se remettre au sport reste de s'y mettre à deux. Certains l'imposent, comme le tennis ou le squash. Comme nous avons décidé de retrouver la forme ensemble, mon épouse et moi, on évitera le tennis de table. Elle y excelle et aime attaquer fort en coup droit. Moi, je ne joue qu'en amorties ou balles coupées, pratiques qu'elle a en horreur. Trois échanges et on se dispute... Quant au jogging, pas question : trop pénible et ennuyeux.

Elle me propose donc un peu de gym douce dans un premier temps. Je suis moyennement emballé, la souplesse n'est pas mon fort. Obnubilée par le ventre plat comme toute mère de famille (ou qui lit un magazine féminin, à en croire la quantité de « secrets » distillés chaque mois dans ces publications), elle me croque trois petits exercices censés réveiller mes abdos. Sur le papier, les mouvements me semblent déjà compliqués. Sur le sol, impraticables. J'invoque lâchement mon problème de coordination et de dyslexie entre droite et gauche pour déclarer forfait.

En réalité, je suspecte d'être le seul homme sur terre qui vive sans abdos. Ou du moins s'en désintéresse totalement. Les tablettes de chocolat, très peu pour moi. Je préfère le salé.

Finalement, après toutes ces déconvenues, il ne me reste qu'à télécharger LE jeu du moment et me contenter de chasser le Pokémon. Même si pour faire éclore un œuf de Lippoutou il faut parcourir 10 kilomètres à pied. Vous me direz, voilà peut-être la bonne et seule solution pour me bouger un peu ?

08:51 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, couple, gym, pokemon go

12/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Sportez-vous mieux (2/3)

sport, vélo d'appartement, caloriesFaire du sport... L'envie démange des milliers de Français. Mais avant de passer à la réalisation de cette excellente résolution, il faut souvent franchir quelques obstacles de taille. Marcher en plein soleil ne peut pas être une solution pour moi. Même avec une casquette. "Et le vélo d'appartement ? Tu te souviens du vélo d'appartement ?", me glisse perfidement mon épouse.

Preuve que cette envie de dépenser des calories n'est pas une lubie récente, j'ai acquis cet engin il y a plus de dix ans. Remisé au fond du garage, derrière quelques caisses de livres, il n'a pas beaucoup servi. Après avoir déplacé 150 kilos de BD et de livres divers et variés, j'exhume l'instrument de torture et l'installe au milieu du garage. Un peu de nettoyage et je me hisse dessus. Le pédalier tourne. Bonne nouvelle. L'écran reste éteint. Est-il cassé ? Non, ce n'est que la pile qui est plate. Et plate de chez plate car elle est d'origine...

Un vélo d'appartement a tout d'une bicyclette, les roues en moins. Gros avantage, on ne risque pas de tomber dans une descente puisque par définition, elles n'existent pas. On peut aussi mettre pied à terre quand on en a assez et ne pas être obligé de se taper la route en sens inverse pour retrouver ses pénates. L'inconvénient, c'est le manque de diversité dans les paysages. La solution c'est regarder la télé ou lire en même temps. Mais faire deux choses à la fois est une spécialité féminine, vraiment pas dans mes gènes. Bref, entre me cultiver et avoir le corps d'un culturiste, mon choix est vite fait.

11/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Sportez-vous mieux (1/3)

sport,marche,randonnée,calories,charcuterie,#rio2016La vision en quasi continu ces quatre derniers jours de la détermination de dizaines d'athlètes à briller aux J.O. (excepté Benoît Paire plus occupé à faire des yeux doux à sa copine Shy'm qu'à renvoyer la balle) ne peut que donner l'envie de reprendre le sport. Dans mon cas, reprendre semble présomptueux. Mieux vaut préciser "essayer une énième fois" de me bouger un peu. Comme quantité de Français trop confiants en leurs bonnes intentions, ma résolution est faite pour être oubliée le lendemain.

Première mission, retrouver ces chaussures achetées il y a un (ou deux) an (s) dans une grande surface spécialisée. Bingo ! Elles étaient bien cachées au garage, sous une couche de poussière révélatrice de leur totale inutilité. Une fois enfilées, je suis sur le point de me lancer dans une randonnée d'enfer autour du lac de Villeneuve-de-la-Raho (le petit, faut pas exagérer). Mais le soleil tape fort. La casquette s'avère indispensable. J'irai en acheter une demain. Voilà comment on met des chaussures de sport exactement 5 minutes et que le seul effort qui en découle c'est de nouer et dénouer les lacets. Soit trois calories de perdues. Au prix des godasses, je ne suis pas près de les rentabiliser.

Pour trouver une autre idée de sport, je retourne dans le canapé et rallume la télé : les J. O. vont reprendre. Une petite faim me pousse à aller piocher un bout de fuet dans le frigo. Comme l'appareil électroménager est situé à cinq mètres du canapé, il suffit de me lever 100 fois pour faire un kilomètre. Bon plan. Mais va falloir que j'aille racheter de la charcuterie.

10/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Piques olympiques (3/3)

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Pas folichons ces Jeux olympiques de Rio. Du moins pour les plus cocardiers des supporters tricolores. Après trois jours de compétition, la France plafonne à la 27e place avec seulement une médaille d'argent obtenue par les nageurs. Au même niveau que l'Azerbaïdjan, la Mongolie ou la Corée du Nord. Et loin derrière des nations pourtant beaucoup moins peuplées comme le Kosovo, la Hongrie ou la Belgique qui a déjà deux médailles, dont une en or, à son tableau d'affichage.

Un bilan pas fameux, même s'il va forcément évoluer. Reste que certaines nations sont d'ores et déjà inatteignables. Je ne parle pas de la Chine ou des USA mais des rivaux européens classiques comme l'Italie qui capitalise déjà 9 trophées.

Tout demeure cependant relatif. Le français râleur va s'en donner à cœur joie contre cette délégation qui cherche de fausses excuses pour expliquer ses défaites (mauvais maillots en tennis, concurrents dopés en natation, arbitres partiaux au judo...). Mais alors que doivent penser nos voisins allemands ? La première puissance économique et sportive de l'union européenne, au bout de trois jours de compétition, n'est pas monté une seule fois sur le podium. Il semble loin le temps des deux nations séparées par un mur, remportant titres sur titres.

Car à l'heure où j'écris ces lignes (mardi 14 h), l'Allemagne affiche un zéro pointé qui, s'il avait été d'actualité en France, aurait pour le moins provoqué la démission du gouvernement. Ainsi va la vie. Du pain et des jeux. Mais surtout des victoires pour flatter l'orgueil national.

09/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Piques olympiques (2/3)

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Dans le registre déception, qu'y a-t-il de pire : se blesser une semaine avant le départ vers Rio ou pendant la compétition ? La première mésaventure est arrivée à une pongiste française, qualifiée pour le tournoi féminin mais qui a eu la mauvaise idée de se casser le coude en faisant du VTT.

Les accidents pendant l'épreuve font partie de l'enjeu. Rien à dire après la chute de la cycliste néerlandaise Van Vleuten. En pleine descente finale, elle fonce en tête vers la victoire. Un virage mal négocié et la voilà à terre, assommée net après un soleil. Mais en réalité la pire déception reste de terminer quatrième. La « médaille en chocolat » qui n'existe pas. Julian Alaphilippe, cycliste français, est le premier des tricolores à avoir dû se contenter de cette place invisible. Chez les femmes, après la chute de Van Vleuten, l'Américaine Abbott a cru à la victoire jusqu'à 150 m de l'arrivée. Doublée par trois boulets, elle a tout perdu...

Pas d'honneur ni de médaille sur le moment, mais par le passé certains ont récupéré des breloques de bronze après enquête de la patrouille antidopage. En 2000 à Sydney, Marion Jones remporte trois médailles d'or en sprint. Mais sur les tablettes, après avoir avoué s'être dopée aux stéroïdes, elle a dû rendre ses trophées. Deux Jamaïcaines, classées quatrièmes du 100 et 200 m, ont officiellement remporté, des années plus tard, des médailles de bronze méritées.

Donc si on a raison d'être déçu de terminer quatrième, il subsiste toujours un petit espoir de monter sur le podium. Il suffit d'être patient.

08/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Piques olympiques (1/3)

jeux olympiques, rio2016, blessure, maillots, mladenovic, liban, israël, Samir Aït-SaïdDébutés la semaine dernière, les Jeux olympiques devraient être la grande fête du sport et de l'amitié. En réalité, la compétition sportive est aussi l'endroit où il se passe des choses pas très nettes. A chaque jour son lot de piques olympiques.

Les femmes, selon la croyance populaire, seraient particulièrement attentives à leurs tenues vestimentaires. La tenniswoman nordiste Kristina Mladenovic s'est lâchée sur Twitter après sa défaite en double féminin dès le premier tour. La faute à "l'incompétence" de la fédération française de tennis. Une bête histoire de liquette. Les maillots fournis par le staff n'étaient pas de la même couleur. Interdit par le règlement. Mladenovic a puisé dans sa réserve personnelle pour rhabiller sa partenaire. Mais pour cacher les sponsors, elle a dû le porter à l'envers. De quoi déstabiliser les sportives les moins coquettes.

Des petites anecdotes de ce type, il y en aura des dizaines, chaque athlète a son histoire et celle de son pays, difficile à porter parfois. Qui génère par exemple des tensions entre Libanais et Israéliens pour une histoire de bus à prendre ensemble. La paix se rétablit sur les stades, pas encore dans les transports publics.

Mais le pire de ces JO, pour l'instant, ne vient pas des sportifs. Ce sont les sites internet à l'affût de sensationnel qui méritent un carton rouge. A grand renfort d'adjectifs (horrible, terrible, affreuse) pour qualifier la blessure et attirer les clics, ils passent en boucle la double fracture ouverte tibia péroné du gymnaste français Samir Aït-Saïd. Des images choc dont on se serait bien passé.

06/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Zone frontière (3/3)

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Face à la concurrence de La Jonquère, le Perthus a dû s'adapter. Côté restaurant, le fameux buffet libre a essaimé un peu partout. Il n'est que 10 heures du matin ce 3 août dans les rues intérieures du village franco-espagnol, mais les distributeurs de prospectus sont déjà à pied d'œuvre. Ayant juré à ma femme de ne pas aller bâfrer dans ces temples de la malbouffe, je m'abstiens, même si je repère une adresse qui assure un "service continu".

Je me contente de mes rares souvenirs. Mitigés. Mon problème : je ne sais pas me contenter de peu. Et depuis mon plus jeune âge, mes parents m'ont appris à terminer mon assiette. Plus gourmand que gourmet, face à cette profusion de nourriture, je m'emballe. Une première entrée uniquement composée de charcuteries (avec une tranche de tomate) suffirait à assurer mon apport en calories pour les deux prochains jours.

Ensuite, comment ne pas goûter à ces fruits de mer si diversifiés. Passons aux choses sérieuses. Friture de poissons, paëlla, tranches de thon : je fais le plein de protéines. D'huile aussi. On est en Espagne.

Quatrième assiette, celle des viandes. Des joues de porc ! J'adore la joue de porc. Allez, j'en prends deux. Et puis ces petits chorizos, ces saucisses et autres ragoûts de pieds de porc. Légumes ? Pas la place. Ou pour la cinquième assiette.

Arrivé au moment du dessert, je sens que j'ai abusé. Mais ce flan a l'air si moelleux... Je termine toujours un repas buffet libre à moitié malade. Alors je quitte vite Le Perthus avant que mon estomac ne phagocyte ma volonté.

05/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Zone frontière (2/3)

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Le village du Perthus est coupé en deux. En descendant la grande rue, à droite la France, à gauche l'Espagne. L'essentiel des magasins se concentre côté ibérique et transforme le trottoir en couloir de métro parisien aux heures de pointe. Cela ne dérange pas plus les touristes venus goûter aux folies de la consommation à outrance.

On trouve de tout au Perthus en plus de l'alcool et du tabac à prix cassés. A la concentration d'hommes s'ennuyant ferme sur le trottoir je devine une parfumerie investie par une cohorte de vacancières qui vont sentir la cocotte. Le gadget du moment ? Un petit oiseau qui tourne sans cesse autour d'un pot de fleur grâce à des panneaux solaires. Entre mini-motos, maillots de foot (Griezmann est encore loin de Messi) et serviettes de plage Che Guevara, on ne peut pas manquer les magasins de « grow ». Ici aussi ce sont les soldes. Peu banales puisque les remises vont de 10 à 30 %... sur les graines de cannabis. D'un côté la police nationale française contrôle la frontière, de l'autre on brade de quoi aller direct en prison. Il existe même des sucettes au cannabis.

Un peu plus loin, une boutique vend des armes. Des pistolets à billes mais aussi des épées médiévales. Un peu moins folkloriques, les machettes et longs sabres aiguisés comme des rasoirs. Des images macabres me traversent l'esprit. Heureusement je repère aussi ces fausses crottes de chien à deux euros pièce. Vu tout ce que j'ai ramassé derrière mes toutous durant plus de 15 ans, je serais millionnaire à l'heure actuelle. Enfin, s'ils avaient eu la bonne idée de faire caca en plastique.

04/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Zone frontière (1/3)

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"Tu es fou !" me lance ma femme. "Pas le choix, plus de cartouche (*). » « Alors ce sera sans moi !" Logique. Qui aurait l'idée saugrenue d'aller au Perthus un 3 août ? Excepté les milliers de touristes qui, sans jamais l'avouer, choisissent les plages des Pyrénées-Orientales pour leur proximité avec ce marché géant de l'alcool et du tabac.

J'espère éviter le pire en partant tôt. Mais même à 8 h 30, on roule au pas sur le dernier kilomètre de la nationale. Connaissant ma propension à rater mes créneaux, j'évite la rue centrale et oblique directement vers le parking 2, celui des hauteurs. La bonne idée que voilà. Des places en pagaille et surtout la possibilité de prendre un peu de fraîcheur dans une chênaie ouverte à la promenade. Mais je ne suis pas là pour faire de la randonnée touristique. Seul l'attrait des prix cassés me conduit dans cette zone frontière.

Le problème du parking en hauteur, c'est qu'il faudra au retour gravir un long escalier (87 marches exactement) pour récupérer mon véhicule. A entendre l'accent des autres piétons, plus de doute, je suis arrivé. Je croise un hipster parisien tatoué de partout et des vacanciers ch'tis qui se demandent s'ils sont déjà en Espagne. Remarque pleine d'à-propos de la charmante quadra en robe bleue : "Non. On est encore dans la partie française. Sinon mon téléphone me l'aurait dit." La belle et aveugle confiance dans les miracles de la géolocalisation. 9 heures. Me voilà dans la place. Comme des centaines de visiteurs. La mêlée commence.

(*) Il ne s'agit ni de cartouches d'encre et encore moins d'armes...

03/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Lettre du passé (3/3)

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Messieurs, je suis en rage. La leçon racontée dans le récit fantastique que m'a consacré Prosper Mérimée en 1837 ne vous a donc rien appris ? Clairement écrit sur le socle, l'avertissement ne prête pas à confusion : "Prends garde à toi si elle t'aime." Oui, toute femme amoureuse est redoutable. Et jamais au grand jamais vous ne devrez le perdre de vue. Un engagement, on le prend pour la vie. Et en cas de rupture, la mort est au rendez-vous. Nous sommes ainsi, nous, les œuvres d'art : excessives et possessives.

Certes il est difficile de ne pas tomber sous le charme. Presque nue, je dévoile fièrement ma poitrine, des siècles avant la mode du monokini sur les plages de Méditerranée et d'ailleurs. Un simple drap cache le reste de ma nudité. J'attire les regards et ensorcelle. Mérimée le premier a compris la fascination exercée par mes courbes mais aussi mon visage : "Il y a dans son expression quelque chose de féroce, et pourtant je n'ai jamais rien vu d'aussi beau."

Vous savez messieurs que les femmes ne sont pas partageuses. Et malgré tout vous continuez à nous considérer comme des objets, corvéables à merci, carrément jetables après "utilisation".

N'oubliez pas que toute femme est une déesse, ses pouvoirs sont immenses, bien supérieurs à votre stupide force physique. Ne nous faites pas souffrir au risque de tout perdre. Non je ne suis pas de marbre. Au contraire ma chair est de bronze. Ce métal lourd et sombre dont on fabrique aussi les canons. Pas de beauté, mais de destruction massive.

La Vénus d'Ille (P. P. Michel Litout)

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant du Midi le mercredi 3 août.

02/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Lettre du passé (2/3)

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Chers amis, bien des années après mon départ, je vous donne de mes nouvelles. Enfoui dans ma profonde tombe, j'ai beaucoup dormi. Et puis le 21 juillet 1971 la lumière du jour a éclairé mon visage. Si la nature environnante n'a que peu changé, la faune est moins riche. Pas un seul rhinocéros à l'horizon. Pourtant ces bêtes pullulaient au moment de mon arrivée dans la région. Que ne donnerais-je pas pour un bon steak de rhino. Même si mes vieilles dents n'ont plus la résistance nécessaire pour déchirer les chairs juteuses. Élément immuable par contre, l'accueil hostile des hominidés du coin. Ils ne m'ont jamais permis de franchir la rivière. Une frontière qu'ils gardent farouchement contre toute invasion.

Il est vrai que nous, Homo heidelbergensis, sommes originaires de Mauer là-haut dans le Nord. Nous ne portons pas ces étranges coiffes rouges symboles d'appartenance des tribus autochtones, ni ne mangeons comme eux des escargots. Dans leur langage caractéristique ils expliquent que nous ne sommes pas les bienvenus : "Groumpf, ici péica tal'han, pas pour om'doc !".

J'ignore tout de ces "om'doc". Peut-être des Néandertaliens ? Il paraît que finalement ils ont pris le dessus. Du moins c'est ce qu'il semble émerger des discussions autour de moi, même si le sujet indiffère les jeunes qui ont perdu leurs réflexes primitifs de chasseurs. Ces mêmes écervelés ne boudent cependant pas mes conseils lorsqu'il s'agit de capturer leurs Pokémons...

L'Homme de Tautavel (P. P. Michel Litout)

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant du Midi le mardi 2 août. 

 

01/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Lettre du passé (1/3)

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Chers amis, voilà plus d'un siècle que je suis en vacances prolongées. Contre mon gré. Ce 31 juillet 1914, loin de me prélasser, tout en dînant au café du Croissant, je mettais la dernière touche à un texte essentiel pour la préservation de la paix quand un jeune exalté m'a tué à bout portant. Depuis, la France a subi nombre de guerres. A l'intérieur et hors de ses frontières. Mort en pacifiste, j'ai dû contempler en silence la montée des sentiments belliqueux et la récupération de mon image.

Et l'avenir de mon pays semble bien sombre si j'en crois ce qui s'est passé samedi après-midi au pied de ma statue à Perpignan. Le parti socialiste, dont j'ai fondé la première version, me rend traditionnellement hommage. Arrivent alors des contre-manifestants. Ils se revendiquent eux aussi de mon héritage, pour dénoncer la « loi travail » comme mon combat contre les « lois scélérates » dans les années 1890.

Mes héritiers « officiels », sans doute tourneboulés par ce soleil du Midi qui tape fort en été, plutôt que de tenter de trouver un terrain d'entente, ont choisi la pire des solutions de mon point de vue : la violence. Rien de bien méchant, quelques gifles et bousculades, mais malheureusement le symbole est fort. Comment accorder le moindre crédit à ceux qui se revendiquent de ma pensée s'ils bafouent ce qui m'a permis de rester dans l'histoire de France : une farouche volonté de non-violence ?

A croire que cette gauche que j'ai tant aimée, tant portée et choyée, a fait sienne le slogan de son opposante de droite : « Être la plus bête du monde ». 

Jean Jaurès (P. P. Michel Litout)

Chronique parue le lundi 1er aout en dernière page de l'Indépendant Perpignan. Photo Nicolas Parent

30/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Michel passe à la radio (2/2)

Radio Michel tourne en boucle sur mon ordinateur. Pas que j'apprécie spécialement Sardou ou Berger, mais la webradio permet également de rire de bon cœur aux jingles bricolés par les concepteurs du projet. Mélanie le Beller et Julien Baldacchino ont tous les deux 25 ans et chantent comme des pieds. Quand ils fredonnent "Radio Michel, la radio de tous les Michel" sur l'air des "Poèmes de Michelle" de Teri Moïse, on comprend mieux leur credo expliqué dans un article de l'Obs "Ça reste de la grosse déconnade !

Si Radio Michel reste confidentielle, on s'en fiche un peu. On se marre bien et c'est l'essentiel." Et question chansons idiotes, le choix ne manque pas dans la programmation. Ne ratez pas "C'est Michel" de l'interprète éponyme dont le texte débute par ces vers inénarrables "Des mocassins en croco, une moustache à la Franco, c'est Michel". Sur un air techno entêtant, suivez cette caricature de beauf dans une virée en boîte jusqu'à sa rencontre avec... Michèle.

Dans le genre parodie, il existe aussi un certain Michel Bléro, spécialiste des reprises de tubes actuels, avec paroles grivoises comme le très hot "Aïe, je vais te pécho !".

Michel, prénom pourtant très commun, est devenu depuis quelques décennies la personnification d'un ignare un peu demeuré. Des vidéos de "Michel" tournent sur le web, concurrence frontale aux exploits des "Régis". Alors à quand une "Télé Michel" avec Denisot, Field, Polac, Drucker et des films de Galabru, Boujenah, Audiard ou de Michel Simon ?

En bonus : une compilarion de "Régis". 

29/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Michel passe à la radio (1/2)

radio michel,sardou,berger,delpech,galabru,vivouxLes pires idées se révèlent parfois les meilleures. Passionnés de chansons françaises un peu vintage, deux jeunes de 25 ans viennent de lancer une webradio sobrement nommée « Radio Michel » sur la plateforme Radionomy.

Au menu : « Le retour du come-back de la radio de tous les Michel », profession de foi qui en dit long sur le côté peu sérieux et très ironique de l'initiative. Comme le faisait remarquer Bénabar dans une chanson sur Maritie et Gilbert Carpentier, à cette époque les chanteurs populaires « s'appelaient presque tous Michel, Polnareff, Jonasz, Delpech, Michel Fugain, Michel Berger, et Michel le Forestier » (le dernier exemple juste pour la rime).

Donc sur cette radio on peut entendre tous les tubes des Michel célèbres, mais également quelques raretés pour obtenir une programmation pas trop répétitive. Entre un Sardou et un Polnareff, très présents, ne soyez pas étonnés si tout à coup Houellebecq se met à déclamer son « Crépuscule ». On retrouve également quelques auteurs oubliés comme Jean-Michel Caradec ou une certaine Michèle Arnaud, coup de cœur des concepteurs de la radio et présentée comme une grande interprète des œuvres de Gainsbourg.

Pas entendu encore mais certainement programmé (plus de 700 titres sont en mémoire), Michel Vivoux, fantaisiste iconoclaste auteur au début des années 80 de l'album « Les pets de la dame au clebs », jeu de mot illustrant parfaitement sa folie douce. Car les Michel, quand ils ne sont pas catalogués un peu neuneus, font preuve de beaucoup d'esprit, c'est un Michel qui vous le dit !

 

28/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : État végétatif (3/3)

courgette, peurre, gâteau, vegan, barbecue

Manger de la viande passe forcément par une étape qui s'appelle "abattage". Les consommateurs, exemptés de cette tâche ingrate, occultent ainsi le côté "bout de cadavre dans l'assiette".

Les vegan vont plus loin et bannissent aussi tout ce qui est produit laitier. Pourtant, traire une vache ou une brebis n'est pas synonyme de maltraitance. Depuis des millénaires, les humains ont compris qu'ils pouvaient ponctionner un peu de ce liquide nourricier sans nuire au développement des petits de l'animal.

Les végétaliens ont été obligés de trouver des substituts à la crème et autre dérivés lactés que sont le beurre ou le fromage. Internet regorge de recettes de moelleux au chocolat sans beurre mais à base de courgette râpée. Surtout pour éviter les calories, car la recette nécessite quatre œufs (quatre cadavres en langage vegan).

Par contre l'utilisation du lait de coco se décline à l'infini pour la crème au chocolat par exemple. Une tuerie. Et je ne vous parle pas des glaces à la crème de soja que ma femme fabrique à tour de bras, de la banane aux nectarines en passant par le sorbet de pastèque, chose la plus rafraîchissante qui soit en période de canicule.

Par contre j'attendrai encore un peu avant de me brosser les dents avec une pâte maison à base d'argile verte et de bicarbonate de soude. Bref, ma conversion au végétarisme se passe sans trop de difficultés.

Excepté quand mon voisin lance un barbecue sur son balcon : comment résister à l'odeur des roustes grillées et autres saucisses ou merguez dorées sur la braise ?

27/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : État végétatif (2/3)

vegan, pois chiches, mousse chocolat, oeufs, houmousLes adeptes de l'alimentation vegan, non seulement ne consomment que du végétal, mais en plus font très attention à la souffrance animale. Un œuf, à les entendre, c'est un poussin en puissance qui semble hurler quand on lui casse la coquille. Mais alors, comment concocter une mousse au chocolat sans blancs montés en neige ?

Une amie de ma femme, pas vegan mais adepte du cru (autre dérive de l'alimentation du XXIe siècle), prétend que le meilleur substitut reste le jus des pois chiches en conserve. En entendant une telle affirmation, je ricane intérieurement. Mon épouse, cuisinière dans l'âme et toujours prête aux expériences les plus improbables dès qu'il s'agit de gagner quelques calories dans un plat, cherche sur internet et trouve rapidement confirmation. Il suffit de battre ce liquide qui d'ordinaire finit au fond de l'évier pour obtenir une mousse compacte.

Notre dernier bocal de pois chiches servira de cobaye. Dans un saladier, avec un mixer électrique, elle se lance dans la recette. Dix minutes plus tard, une crampe dans le bras et le poignet douloureux, elle abandonne. La mixture est vaguement mousseuse, mais elle n'a absolument rien du blanc en neige, onctueux et vaporeux. Théoriquement, les protéines des pois chiches permettent la modification de sa consistance.

Perdu, je ne mangerai pas de mousse au chocolat vegan. Mais tout malheur est bon puisque les pois chiches se sont transformés en un délicieux houmous, parfait à l'apéro pour accompagner des bâtonnets de carottes.

Demain : beurre ou courgette râpée ?

26/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : État végétatif (1/3)

 

vegan, légumes, soja, cassoulet, tofu

 Faut que ça change ! Sans révolutionner notre quotidien, nous avons décidé, mon épouse et moi (surtout mon épouse), de lever le pied sur les protéines animales. La barbaque on apprécie, mais tous les jours, est-ce vraiment nécessaire ? La peur au ventre, je me lance dans cette expérience avec l'angoisse d'une addiction potentielle : on commence avec un joint et on finit accro à l'héro. Un cliché qui se transforme dans mon esprit par : un jour végétarien, vegan dans un an.

L'été est la meilleure période pour se passer de viande. On dispose de quantité de fruits et légumes pas chers et savoureux. De toute manière, vu le prix d'un (bon) steak, plus personne ne peut en manger au quotidien sans se retrouver à découvert le 10 du mois. Moins de viande et plus du tout de lait. Depuis quelques années on est passé à la boisson à base de soja. Pur, mes papilles me hurlent que ce n'est pas fameux. Mais pour toute sorte de préparations, on ne goûte pas la différence.

La crème de soja aussi remplace avantageusement la matière grasse animale. Idéale pour les glaces de cet été. Et pour ne pas être en manque de protéines, il suffit d'ajouter dans les salades une bonne ration de lentilles. Des haricots secs aussi.

Mais là, j'ai plus de difficulté. Car pour moi, les fayots ne sont bons que dans le cassoulet. Et franchement, un cassoulet végétarien à base de saucisses de tofu, je sens que mon estomac n'est pas encore prêt. Comme pour la recette de demain : mousse au chocolat à base de jus de pois chiche.

23/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ma petite lucarne (3/3)

m6, années 80, nostalgie, tang, fuego, minitel

Beaucoup trop dure notre époque. Guerre, attentats, chômage... La télévision l'a bien compris qui préfère de loin jouer la nostalgie du "c'était mieux avant". M6 diffusait jeudi soir un programme centré sur les années 80. Mais au lieu de reprendre de bonnes images d'archives, les producteurs ont passé le tout à la moulinette de la téléréalité.

Une famille française typique d'aujourd'hui est immergée durant quatre jours dans ces années 80 que beaucoup semblent regretter. Pour le père et la mère, retour au temps béni de l'adolescence. Pour les trois filles (de 15 à 10 ans) plongée dans... la préhistoire. On a eu droit à tous les clichés, du Tang à la Fuego en passant par le Minitel, le Banga, le Rubik's cube ou les épaulettes.

Si l'enthousiasme des parents semblait un peu forcé, le dégoût des enfants était plus étonnant. Notamment pendant la séquence de la playmate topless de l'émission "Co-Co Boy". Shocking ! Cachez ce sein ! Comme si on ne voyait pas pire sur internet de nos jours, via Snapchat par exemple. De ce mélange de téléréalité scénarisée et de fausse nostalgie du passé, flatteurs pour les anciens, critiques chez les jeunes, découle un prêt à penser désespérant qui risque d'aller crescendo dans le prochain épisode "plongée au cœur des années 70".

Quitte à retourner en arrière, je préfère cette réplique culte entendue dans la bouche d'un comédien déguisé en homme préhistorique de Tautavel (reportage sur TVSUD) : "Ne zappez pas ou ma femme vous fait cuire avec le mammouth ce soir !"

22/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ma petite lucarne (2/3)

guess my age, lemoine, d8, jeu

Même si les programmes télé estivaux sont avares de nouveautés, certaines chaînes profitent cependant des deux mois de vacances pour tester quelques formats. D8, la chaîne en clair de Canal +, bientôt rebaptisée C8, en plus des rediffusions des meilleurs moments (euphémisme) des shows de Cyril Hanouna, ose le jeu générationnel.

Jean-Luc Lemoine abandonne son rôle de sniper et de comique de service pour endosser le costume classe de l'animateur imperturbable, fiches à la main. La chaîne de Vincent Bolloré a des ambitions à l'étranger car s'il est issu de cerveaux français, le programme porte un nom anglais pour favoriser sa vente à l'export. "Guess my age", "Devinez mon âge" en bonne langue de chez nous est tellement basique qu'on se demande s'il n'y a pas erreur. Deux candidats, généralement un couple, doivent deviner l'âge d'inconnus. Leur cagnotte de départ diminue s'ils se trompent. Le jeu doit normalement s'interrompre en août, mais bonnes audiences obligent, il sera certainement reconduit à la rentrée. Car dans les faits, il s'avère assez hypnotisant. Les candidats, choisis pour leur côté jeune et bateleur, n'apportent pas grand-chose.

Par contre les fameux inconnus constituent autant d'instantanés des Français d'aujourd'hui. D'un minet de 20 ans qui en paraît à peine 15 à un papy asiatique de 74 ans (60 d'après les candidats) en passant par le vieux rocker de 59 ans fan des Scorpions, il y en a pour tous les goûts. Leur but est de faire trébucher les joueurs. Immobiles, l'air impénétrable, ils semblent représenter la figuration ultime de la France d'en bas.

Bonus vidéo pour vous faire une idée....

 

08:33 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guess my age, lemoine, d8, jeu

21/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ma petite lucarne (1/3)

télévision, curé, nudiste, navets

Malheur aux convalescents estivaux de mon genre bloqués devant la télévision. Si en temps normal je n'ai que peu de temps pour profiter des programmes de la fameuse "petite lucarne", je frise l'overdose en ce mois de juillet.

Entre étonnement et désespoir, je zappe et constate amer que le "mieux disant culturel" a plus que du plomb dans l'aile. Les chaînes de la TNT sont une mine pour qui a envie de s'abrutir. Mardi soir par exemple, vous aviez le choix entre deux des plus mauvais films français des années 2000. "Jet Set" sur NT1 ou "San Antonio" sur NRJ12. Deux naufrages absolus, dignes des pires navets des années 80.

Ailleurs, on mise sur le voyeurisme. A 20 h 50, TMC propose un marronnier estival dans "90' enquête" : "Vacances tout nu : enquête sur le boom du naturisme". De la fesse, du nichon, des situations scabreuses, mais toujours au nom de la liberté d'information. Seul regret, la présentatrice, Carole Rousseau, n'a pas joué le jeu jusqu'au bout en lançant le reportage dans le plus simple appareil. Tout n'est donc pas permis pour faire monter l'audimat. Mais les nudistes ne sont pas une mode d'aujourd'hui. Pour preuve, NRJ12 diffusait en seconde partie de soirée les deux chefs-d'œuvre de Robert Thomas, "Mon curé chez les nudistes" et "Mon curé chez les Thaïlandaises" sortis au cinéma en 1982 et 1983.

Franchement, vaut-il vraiment la peine d'émettre en haute définition des productions tellement bâclées que même les acteurs de la web-série "Les Faucons" de Morandini paraissent talentueux ?

Bonus vidé : la bande annonce