31/12/2016

DVD et blu-ray : Jason Bourne toujours aussi percutant

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Le plus célèbre fugitif du cinéma d’action américain est de retour. Jason Bourne (Matt Damon) rempile pour un quatrième opus disponible en DVD, blu-ray et 4K. L’occasion de ressortir les précédents films dans ce format offrant une résolution encore meilleure sur les nouveaux téléviseurs. Comme au cinéma. Du moins les exploitants qui ont les projecteurs de dernière génération…

La CIA, grandes oreilles toujours à l’affût, est sur le pied de guerre. Depuis un centre de hackers islandais, quelqu’un vient de pirater la base de données américaine. En quelques secondes le pirate récupère le détail de certaines opérations top secrètes, notamment celles ayant trait au passé de Jason Bourne. La chef du service cybercriminalité, Heather Lee (Alicia Vikander) trouve le nom du pirate. Une pirate exactement, Nicky Parsons (Julia Stiles) qui fait le lien avec les précédents films. Nicky contacte Bourne car elle est persuadée que l’agent secret est toujours à la recherche de la vérité sur son passé. Elle se rend en Grèce pour lui remettre ces fameux dossiers. Suivie à la trace par Heather et ses satellites, elle sera éliminée par l’Atout (Vincent Cassel) le méchant du film. Une exécution qui est filmée en pleine révolution de rue dans une Grèce en proie aux pires émeutes de ces dernières années.

■ Le troisième « Bourne » de Paul Greengrass

On retrouve déjà le style de Paul Greengrass, réalisateur des premier et troisième épisodes de la franchise Bourne. Jason, qui vivote en participant à des combats clandestins, retrouve ses réflexes d’espion et va aller de Berlin à Londres trouver des réponses à ses interrogations. Beaucoup d’action pour un Matt Damon au summum de sa forme. En plus de l’Atout (rôle très physique pour Vincent Cassel qui pour le coup fait véritablement peur) il trouve sur sa route le directeur de la CIA (Tommy Lee Jones) bien décidé à effacer définitivement Bourne du passé de l’agence, d’autant que son nouveau projet risque d’être dévoilé par ce dernier.

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On regrettera simplement que la belle Alicia Vikander, sans véritable raison (si ce n’est son ambition personnelle), bascule du bon côté, aidant Bourne à rejoindre Las Vegas pour une dernière demi-heure à couper le souffle. Comme toujours dans ces films on en prend plein les yeux. Par contre n’attendez pas trop des scènes d’explication et de justification. Bourne ne parle pas beaucoup. L’Atout encore moins...

Dans les bonus (beaucoup plus nombreux sur le blu-ray), Matt Damon explique pourquoi il a accepté de reprendre le personnage de Jason Bourne. A ne pas manquer non plus les coulisses de la course-poursuite sur le strip de Las Vegas. Pas une seule image de synthèse pour ce tour de force des cascadeurs.  

➤ « Jason Bourne », Universal, 20 € le DVD, 23 € le blu-ray et 30 € le blu-ray 4K. Il existe également une intégrale des cinq films en blu-ray à 45 €

 

28/12/2016

Cinéma : "American Pastoral", l'histoire de la petite fille qui deviendra terroriste

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American Pastoral, tiré d’un roman de Philip Roth, plus qu’un film sur les mouvements révolutionnaires américains des années 60, est l’histoire d’amour fou d’un père pour sa fille

 

 

Au sortir de la seconde guerre mondiale, ils représentent tout ce que l’Amé-rique avait de merveilleux. Seymour « Le Suédois » Levov (Ewan McGregor) est la star de son lycée. Sportif accompli, il fait des merveilles dans l’équipe de football. Fils d’un industriel, il prend sa succession à la tête d’une ganterie florissante. Seymour tombe amoureux de Dawn (Jennifer Connelly), la plus belle fille du lycée sélectionnée pour le concours de Miss America.

Un couple parfait qui une fois marié, donne naissance à la petite Merry. Une blondinette espiègle, curieuse mais qui a un problème de bégaiement. Seymour a offert un havre de paix à sa famille. Une grande maison à la campagne entourée de prés où broutent les vaches élevées par sa femme, fermière plus par goût que par nécessité. La petite Merry adore ces vaches et joue souvent avec elles. Mais son problème d’élocution la tient éloignée des enfants de son âge. Cela ne l’empêche pas de tout comprendre à la vie. Elle excècre la violence et aime son père. Mais ne comprend pas pourquoi il ne l’embrasse pas comme sa si belle maman. La première partie du film pose les jalons de cette famille trop heureuse.

■ Violence contre guerre

A 16 ans, Merry interprétée alors par Dakota Fanning, entre en pleine rébellion. Les USA, soi-disant pour se protéger, mènent une guerre sans merci au Vietnam. Les images d’enfants massacrés choquent Merry. Elle découvre que d’autres, comme elle, sont contre la guerre. Elle lit Marx, rencontre des militants pacifistes qui pour certains décident d’utiliser les mêmes armes que leurs ennemis.

Explication houleuse entre l’ado et son père, démocrate et progressiste, mais loin, très loin des mouvements révolutionnaires des grandes villes. Il la consigne dans sa chambre et lui conseille, si elle veut vraiment lutter contre la guerre, de ne pas le faire à New York mais plutôt chez elle, dans sa petite ville, près de ses parents.

Quelques jours plus tard, une bombe pulvérise le bureau de poste. Un employé est tué. Merry disparaît.

Le FBI débarque chez les Levov, tous les indices convergent vers Merry, petite fille devenue terroriste. Les parents sont ravagés. Inquiets surtout. Ils sont persuadés, au début, que Merry a été enlevée. Ou manipulée. D’autres bombes explosent, les traces de Merry sont retrouvées sur place. Dawn, en pleine dépression devient presque folle, Seymour s’accroche, cherchant sans relâche sa fille bien aimée. Il la retrouvera dans la seconde partie du film, particulièrement émouvante.

Ce drame de la vie ordinaire, sans jamais juger, nous rappelle combien l’amour est fragile face à certaines situations. Merry aime ses parents. Un amour partagé. Mais face à la violence du monde, parfois, cet amour protecteur ne suffit pas.

Les trois acteurs principaux signent des performances éblouissantes. Jennifer Connelly se métamorphose à plusieurs reprises durant ces quelques années, en fonction de son état mental et de son aptitude à « oublier » le drame. Ewan McGregor, combattant, acharné, ne changera jamais de ligne. Quant à Dakota Fanning, ce sont presque deux rôles totalement différents qu’elle interprète, avant et après la bombe. Loin, très loin de ses personnages de gamine blondinette. 

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Dakota Fanning, petite star surdouée

american pastoral,ewan mcgregor,dakota fanning,connellyEnfant star, Dakota Fanning semble réussir son passage à l’âge adulte. Pas toujours évident pour ces jeunes acteurs et actrices américains très connus dès leur plus jeune âge. La petite Dakota Fanning a d’abord prêté sa jolie bouille pour des sports publicitaires ou des séries télé. Dès ses premiers pas au cinéma, elle se fait remarquer pour ses dons de comédienne. Elle est la plus jeune interprète jamais sélectionnée au Screen Actors Guild Award pour sa prestation dans « Sam je suis Sam » en 2001.

Coqueluche d’Hollywood, elle est la fille, à tour de rôle en fonction des films tournés, de Charlize Théron, Robert de Niro ou Tom Cruise. Avec ce dernier elle est la co-vedette de « La guerre des mondes » de Steven Spielberg.

Devenue adolescente, place à des rôles un peu plus troubles, notamment en devenant une vampire « méchante » de Twilight. Elle y croise une première fois Kristen Stewart. La blonde et la brune se retrouvent peu de temps après dans le biopic « The Runaways ». L’histoire d’un groupe de rock féminin dans les années 70.

Un premier rôle d’adolescente rebelle, mais en moins extrémiste que sa composition dans « American Pastoral ». Dans ce film d’Ewan McGregor, elle passe de la jeune fille rebelle, prête à toutes les extrémités à une femme cassée, amorphe, totalement résignée. Une performance d’actrice époustouflante qui devrait lui ouvrir encore plus de portes dans ce milieu qui parfois a tendance à oublier les enfants devenus célèbres trop tôt. 

22/12/2016

DVD et blu-ray : "Equals" ou l'amour devenu maladie contagieuse

 

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Aimez-vous tant qu’il est temps. Le film « Equals » de Drake Doremus a un peu le rôle d’un lanceur d’alerte pour les générations futures. Cette histoire de science-fiction, dans un avenir proche, fait froid dans le dos. En quelques scènes explicatives, les spectateurs comprennent que rien n’est plus comme avant. Une guerre mondiale a éradiqué la majorité de la population. Les survivants se classent en deux catégories. Ceux vivant dans une enclave sécurisée et travailleuse et les autres, retournés à l’état sauvage dans une zone laissée à l’abandon. « Equals » se déroule dans une ville totalement aseptisée. Toute personne participe à l’effort collectif. En oubliant ses désirs et plaisirs personnels. Un monde terrifiant, fait de routine et d’absence d’émotion. Silas (Nicholas Hoult) est dessinateur. Il a pour mission d’imaginer les images de la conquête spatiale, grand projet censé cimenter le collectif. Il vit seul dans un appartement impersonnel. Ses seules relations extérieures ont lieu lors de son travail. Le soir, avant de se coucher, il joue à construire des puzzles en 3D, comme la majorité de ses collègues. Une vie morne. Sans émotion.

 

 

Car c’est là la véritable différence avec notre monde actuel. Personne ne doit avoir d’émotion. Si vous rêvez, pleurez ou souriez, c’est que vous êtes malade, porteur d’un virus qui ne serait pas contagieux mais qui touche de plus en plus de monde. Tout simplement. Dans un premier temps on vous donne des inhibiteurs. Puis, si cela persiste, vous êtes conduit dans un centre, sorte d’hôpital prison où vous aurez tout loisir de vous suicider. À moins que le collectif ne décide tout simplement de vous euthanasier.

Le jeune homme sent sa vie basculer quand il remarque une collègue, Nia (Kristen Stewart), chargée d’écrire les textes allant avec ses dessins. Nia, jeune et jolie, semble diffé- rente. Silas, de plus en plus attiré par elle, se décide, malgré le danger, à l’approcher, la toucher, lui parler. Elle explique alors être une « cacheuse », ces hommes et femmes qui seraient atteints du virus mais qui ne se dénoncent pas aux autorités. Elle joue l’indifférence. Mais elle aussi est attirée par Silas. Ils s’aiment.

Le film, sorti en e-cinéma en France, est d’une esthétique parfaite.Le monde futuriste dé- crit, immaculé, décrit des humains marchant comme des fourmis. Silas et Nia, en redé- couvrant leur humanité, en s’aimant, vont prendre tous les risques. Lassés de se cacher, ils prennent la décision de rejoindre les zones sauvages, là où l’entraide et la solidarité ont encore cours. 

Le film repose en grande partie sur les épaules de Nicholas Hoult (acteur britannique déjà vu dans Kill your friend), celui par lequel on perçoit l’éveil des sens. 

➤ « Equals », Orange Studio, 16,99 € le DVD et 19,99 € le bluray

 

17/12/2016

De choses et d'autres : Notre méchant préféré

 

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La sortie de « Rogue One » mercredi dernier au cinéma a marqué le grand retour du plus détesté et craint de tous les méchants : Dark Vador. Le Jedi noir, celui qui annonce de sa voix caverneuse au gentil héros Luke Skywalker « Je suis ton père », réplique devenue culte, est au générique du premier film dérivé de l’univers Star Wars. Le succès est au rendez-vous, même si certains fans regrettent le rôle pas assez important de celui qui a été désigné « plus grand méchant de tous les temps » par les lecteurs d’un magazine britannique.

Pourtant il est simple de réutiliser le personnage. Entièrement casqué, sous sa longue tunique noire, il a été interprété par une dizaine d’acteurs, tous plus inconnus les uns que les autres. Sa seule personnification officielle est l’interprète de sa voix, James Earl Jones, grand acteur noir que l’on a pu voir parfois, dans son propre rôle au générique de la série « The Big Bang Theory ». Dark Vador fascine. Pourtant sa cruauté n’a pas de limite. Mais avant même la révélation de sa véritable identité et la scène de sa mort si émouvante, il bénéficiait déjà d’une part de sympathie de la part du public.

Alors pour les grands enfants qui aiment encore rêver et se faire peur, allez voir Rogue One. Et si possible aujourd’hui samedi au Méga Castillet de Perpignan qui organise des animations costumées. Avec un peu de malchance, vous y croiserez le fameux Dark Vador en personne. 

Et en bonus, la bande annonce...

 

15/12/2016

DVD : "Irréprochable" ou la folie face à l’emploi perdu

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Étonnant thriller que cet « Irréprochable », premier film de Sébastien Marnier. Il tourne autour du monde du travail. Un milieu que le réalisateur connaît bien puisqu’il a débuté en écrivant le scénario d’une bande dessinée sur les déboires des jeunes à la recherche d’un premier job. Des histoires courtes comiques, parues chez Delcourt puis adaptées sous forme d’une web série animée en cours de production. Ce boulot, essentiel pour notre intégration à notre société. Constance (Marina Foïs) est au chômage depuis une année. Virée de l’agence immobilière qui l’employait à Paris. A la rue, elle se résigne à revenir au pays, dans cette petite ville de province morne et sinistre. Par chance, une place est libre dans la boîte où elle a débuté. Elle postule, certaine d’être reprise tant son travail donnait satisfaction à l’époque. Elle était irréprochable...

C’est sans compter avec la crise de la quarantaine. Pas la sienne, mais celle du patron qui, à choisir, préfère embaucher à l’essai une jeune fille fraîchement diplômée d’une école de commerce que son ancienne employée partie sans crier gare quelques années auparavant. Constance va alors tout faire pour prendre la place d’Audrey (Joséphine Japy).

■ L’irréparable

Le film est construit autour de la personnalité trouble de Constance. Un rôle en or pour Marina Foïs. On ne comprend pas ce qui motive cette femme. Belle, sportive, déterminée : elle a tout pour réussir. Si l’on oublie les casseroles qu’elle traîne derrière elle. Une vie sentimentale ratée, une mère malade et alcoolique, une volonté de plaire coûte que coûte, une manie d’enjoliver les choses qui vire parfois à la mythomanie.

On le découvre au fur et à mesure de ses rencontres et démarches. Sur le chemin du retour, en train, elle séduit un riche fiscaliste (Benjamin Biolay), comme pour se persuader qu’elle a encore de beaux restes. Pour se faire embaucher, elle recontacte son ancien collègue et amant (Jérémie Elkaïm), mais ce dernier, tout en étant encore sensible à son charme, la fuit, persuadé de sa folie. Car rapidement on comprend qu’effectivement Constance a un grain. Un sacré problème même. Elle espionne Audrey, va chez elle quand elle est absente, pour mieux la comprendre, lui prendre sa place aussi dans son intimité. Elle réussit à devenir amie avec elle. Une confidente qui la pousse à démissionner. En vain. Alors, l’employée irréprochable va commettre l’irréparable.

L’ambiance trouble, renforcée par les compositions musicales de Zombie Zombie, est prenante, du début à la fin. Seule réserve, pour les véritables amateurs de Marina Foïs, elle a parfois des intonations de Sophie Pétoncule, son rôle d’idiote préférée quand elle débutait dans les sketches des Robins des Bois. Sophie nous faisait rire. Constance vous fera cauchemarder.

➤ « Irréprochable », Orange Studio, 19,99 €

 

 

14/12/2016

Cinéma : "Personal Shopper" offre un dilemme entre dualité et solitude

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Réflexion très poussée sur le deuil, la dualité, la solitude et l’au-delà, « Personal Shopper » thriller fantastique d’Olivier Assayas avec Kristin Stewart fascine... ou énerve

Un film, une histoire, une interprétation fait souvent l’unanimité. Et puis parfois il est aussi clivant qu’un ancien Premier ministre en campagne pour prendre la place de son président bien-aimé. « Personal Shopper » d’Olivier Assayas (prix de la mise en scène à Cannes) est de cette trempe. Soit on plonge dans l’univers de Maureen (Kristen Stewart) sans se poser de question, simplement fasciné par cette jeune femme à la recherche de réponses dans sa vie pleine de vacuité, soit justement on ne supporte pas cette façon de se laisser porter sans jamais imposer un embryon de personnalité. On ressort de la salle, en fonction de ces deux approches diamétralement opposées, totalement sous le charme ou carrément énervé. A vous de vous faire une opinion, mais dans tous les cas, vous ne resterez pas insensible à cette œuvre parfois austère, tout le temps juste.

■ Ce qui peut fasciner

Le questionnement sur la dualité est omniprésent. Maureen, jeune Américaine, vit à Paris depuis quelques mois car elle cherche à reprendre contact avec son frère jumeau. Ébéniste de talent, il est mort d’une crise cardiaque. La jumelle, qui se dit également médium, comme son frère, attend un signe de l’esprit de sa moitié masculine. Elle passe des nuits dans l’ancienne maison de son frère, rencontre un fantôme, a peur, ne comprend pas. Du fantastique simple et sans grands effets spéciaux.

Le métier de Maureen mériterait à lui tout seul un film. Elle est personal shopper. En clair, elle est chargée de la garde-robe d’une riche philanthrope. De la bijouterie Cartier aux maisons de haute couture, elle choisit des robes et des bijoux, les loue ou les achète et met le tout à la disposition de sa patronne.

La plastique éblouissante de Kristen Stewart. L’actrice américaine joue avec son corps sans aucune difficulté. En jean, robe à paillettes ou dans le plus simple appareil, dès qu’elle bouge on en prend plein les yeux.

Le tour de force d’Olivier Assayas dans la dernière réplique. Une simple phrase qui explique tout le film. Ou remet en cause notre compréhension.

■ Ce qui peut exaspérer

Pourquoi cette ambiance de thriller, avec mort violente à la clé. Comme s’il fallait rajouter un peu de sang à une histoire trop intellectuelle ?

On retrouve malheureusement dans « Personal Shopper » une mode (manie ?) des films actuels : l’utilisation intensive des smartphones. Cela donne de très longues minutes de discussion, par SMS et écran interposé, entre l’héroïne et un inconnu. Comme si l’écran d’un téléphone suffisait comme recherche esthétique...

Qui dit fantôme dit un minimum d’effets spéciaux. Minimum est bien le mot. A la limite de l’escroquerie presque avec le verre en lévitation. On est loin, très loin de Twilight.

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De Twilight à Assayas

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Dans le précédent film d’Olivier Assayas, Kristen Stewart partageait l’affiche avec Juliette Binoche. Elle a d’ailleurs remporté le césar de la meilleure actrice dans un second rôle dans « Sils Maria » pour son interprétation d’une jeune comédienne bousculant une ancienne. Cette fois, le réalisateur français, ancien critique renommé, n’a pas fait dans la demi-mesure.

La belle Américaine, est de tous les plans, le film la suit pas à pas dans sa recherche d’une preuve de l’au-delà. Tantôt habillée comme une jeune étudiante presque négligée, tantôt mise en valeur par les tenues de haute couture qu’elle choisit pour sa riche patronne, Kristen Stewart est la référence beauté du long-métrage.

Le réalisateur la filme sous toutes les coutures, se permettant quelques scènes où sa fascination pour ce corps jeune et gracieux est évidente. Mais dans « Personal Shopper », Kristen Stewart est beaucoup plus que la jolie poupée découverte dans Twilight ou transformée en icône d’Hollywood dans « Cafe Society » de Woody Allen. Son interprétation est très intérieure, cérébrale. Jamais elle ne sourit. Et quand elle pleure, de chagrin, ce ne sont que quelques larmes qui s’écoulent lentement sur son visage lisse.

Un rôle sur mesure, idéal pour abandonner son image de petite fille trop sage ou de gravure de mode sans cervelle. 

11/12/2016

DVD et blu-ray : L'écrivain, l'éditeur et les chefs-d'oeuvre

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Thomas Wolfe (à ne pas confondre avec Tom Wolfe) fait partie de la fameuse génération perdue des écrivains américains. Avec Scott Fitzgerald ou Ernest Hemingway, il a profondément marqué les lettres des USA malgré une carrière éclair. « Genius », film de Michael Grandage raconte son ascension, dans le giron des éditions Scribner et plus particulièrement de son éditeur Max Perkins. Wolfe (Jude Law) dépose le manuscrit de son roman sur le bureau de Perkins (Colin Firth), persuadé que ce dernier, comme tous ses confrères, refuseront de le publier. Mais Perkins devine derrière cette prose un style magnifique. Il suffit simplement de le simplifier, de l’élaguer un peu. Il propose à Wolfe de retravailler le texte en sa compagnie. L’écrivain, pourtant très imbu de sa personne, accepte et après des mois de travail intensif « L’ange exilé » est un immense succès. Le second roman, encore plus long dans sa version originale, bénéficie lui aussi des coupes suggérées par l’éditeur.

Si le film semble un poil austère, il est surtout édifiant sur le travail de l’ombre des éditeurs. Perkins, passionné par son travail, va presque se transformer en père de substitution pour un Thomas Wolfe de plus en plus excentrique, comme sa relation tumultueuse avec Aline Bernstein (Nicole Kidman), sa maî-tresse.

➤ « Genius », Studiocanal, 19,99 €

 

09/12/2016

DVD et blu-ray : La Reine des glaces, mère éplorée

 

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Joli conte que ce « Chasseur et la Reine des Glaces », film du réalisateur français Cedric NicolasTroyan avec en vedette Emily Blunt, Chris Hemsworth, Charlize Theron et Jessica Chastain. Sorte de prolongement de l’histoire de Blanche Neige, il met en vedette Freya, future Reine des Glaces et sœur de la redoutable Ravenna. Freya (Emily Blunt), contrairement à sa sœur, dure, méchante et impitoyable, s’adoucit quand elle tombe amoureuse d’un beau jeune homme. Elle a une petite fille, mais le père, tue le nourrisson. Freya découvre alors son pouvoir glacial, s’exile dans le Nord et forme des guerriers impitoyables.

Parmi eux, Eric, le Chasseur, et Sara, experte en maniement des arcs. Ils forment un couple de guerriers impitoyables. Ils s’épaulent dans les batailles et se découvrent une attirance mutuelle. Mais dans le royaume de Freya, l’amour est banni. Les tourtereaux tentent de s’échapper, la vengeance de la Reine sera implacable. Cependant, comme dans tout conte, l’histoire n’est pas terminée. Le Chasseur, quelques années plus tard est réquisitionné par Blanche Neige (devenue reine à la place de l’infâme Ravenna) pour retrouver le miroir magique. Il sera accompagné par deux nains interprétés par Rob Brydon et Nick Frost. Un duo de comiques transformant le film d’aventure en comédie totalement loufoque. Un excellent moment, pour petits et grands, avec effets spéciaux réussis.

Le DVD et le blu-ray offrent en plus de la version cinéma, le montage long, quelques scènes coupées, un bêtisier réjouissant (Charlize Théron sait sourire, c’est rassurant) et un making of très complet.

➤ « Le Chasseur et la Reine des Neiges », Universal Vidéo, 17,05 € le DVD et 20,05 € le blu-ray

 

08/12/2016

Cinéma : Corruption à tous les étages dans "Baccalauréat"

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Bienvenue en Roumanie, ses villes grises et dé- pressogènes, sa délinquance, ses chiens errants. Et sa corruption. Surtout sa corruption, au centre du nouveau film de Cristian Mungiu. Roméo (Adrian Titieni), mé- decin dans une petite ville de province, ne vit que pour sa fille Eliza (Maria Dragus), lycéenne sur le point de passer son baccalauréat.

Pour cette surdouée, bosseuse et brillante, ce ne sera qu’une formalité. Mais il faut qu’elle ait au minimum 18 dans toutes les matières pour confirmer sa bourse universitaire. Pas n’importe laquelle : celle qui lui permettra d’intégrer l’université de Cambridge, la porte pour une vie forcément meilleure loin de cette Roumanie, plus communiste mais toujours horriblement étriquée et gangrenée par la corruption.

Pour Roméo, il n’y a plus d’avenir dans ce pays. Étudier en Angleterre c’est sortir du ghetto. La veille du bac, en allant au lycée pour les dernières révisions, Eliza est agressée. Un homme tente de la violer. Elle se défend. Se blesse au poignet. Roméo voit l’œuvre de sa vie s’écrouler. Si Eliza ne peut pas passer son bac, c’en est terminé de Cambridge. Bien que traumatisée, elle va aux examens, mais son poignet luxé ne lui permet pas d’écrire aussi vite.

Roméo, en se confiant à un ami policier chargé de l’enquête, va mettre le doigt dans l’engrenage de la corruption. Car en Roumanie, avec quelques appuis, tout est possible. Il suffit de rendre service à la bonne personne pour que cette dernière fasse le nécessaire pour arranger vos affaires. Roméo s’est battu toute sa vie contre ces pratiques. Mais pour sa fille, pour son avenir, il va faire une exception. Le film de Cristian Mungiu, d’une logique extrême, démontre que parfois, même les honnêtes gens n’ont pas le choix. Roméo le résume par cette métaphore « pour se battre, parfois, il faut utiliser les mêmes armes que les autres ». En l’occurrence cette corruption présente partout, à tous les niveaux de la société.

Le metteur en scène, déjà primé à Cannes, a de nouveau été récompensé cette année avec le prix de la mise en scène. Adian Titieni, présent sur 90 % des plans, aurait pu obtenir celle de l’interprétation masculine tant son personnage, plein de doute, dé- chiré dans ses convictions, marque cette œuvre d’un réalisme implacable. 

02/12/2016

DVD : Aux racines de l’antisémitisme avec "Ils sont partout" d'Yvan Attal

Paranoïaque Yvan Attal ? Pas plus que tous les Juifs selon lui. Il l’explique à son psychanalyste (Tobie Nathan) dans les séquences lien rouge entre les différents sketches censés se pencher sur les grands préjugés sur les Juifs. C’est la partie la plus sérieuse, comme un documentaire, où il met beaucoup de lui, non sans un humour quand il explique que c’est sa femme qui est obsédée par les Juifs, plus que lui par l’antisémitisme mais qui pourtant ne parle que de ça à son thérapeute.

Le premier sketch porte sur la légende selon laquelle les Juifs sont partout. Il y a comme des airs de ressemblance avec la réalité quand on découvre la présidente d’un parti d’extrême-droite (Valérie Bonneton) danser avec un ancien SS dans un bal à Vienne en Autriche. Problème récurrent des films à sketches, certains sont moins forts que d’autres.

 

 

Passons donc sur la thématique « Les Juifs sont riches », un peu trop caricatural pour savourer le dialogue d’anthologie entre deux talmudistes (Gégory Gadebois et Denis Podalydès) sur une question toute simple portant sur deux ramoneurs, l’un propre, l’autre sale. Brillant, comme l’humour juif (qui reste le meilleur du monde, n’en dé- plaise à certains) et la force de la réflexion quand on doute. Et puis dans ce film, forcé- ment pessimiste (les derniers événements sont malheureusement là pour confirmer cette vision de l’avenir), il y a une perle. En se demandant si les Juifs n’en font pas trop avec le Shoah, Yvan Attal et Emilie Frèche, la co-scénariste, offrent un rôle en or à Poppeck. Au final, le film est d’une grande sagesse, disant les choses simplement, démontant par l’humour ou l’absurde ces clichés ridicules. Mais au combien destructeurs depuis des siècles...

Dans les bonus du DVD, deux scènes coupées. Plus exactement deux scènes en entier. Yvan Attal explique en préambule avoir préféré les édulcorer, notamment en France, tant le sujet est encore sensible. 

➤ « Ils sont partout », Wild Side Vidéo, 14,99 € le DVD

 

01/12/2016

Cinéma : « Ma’ Rosa » face à la corruption

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Une mère de famille a quelques heures pour rassembler une grosse somme qui lui permettra de sortir de prison. La corruption aux Philippines, sans le moindre filtre.

 
   
   
    Ma' Rosa
   

 

 

 

 

Film engagé, violent et sans concession, « Ma’ Rosa » de Brillante Mendoza dresse le portrait des Philippines actuelles. On comprend mieux dès lors pourquoi un populiste comme Duterte a été élu à la surprise générale uniquement en promettant d’éradiquer corruption et trafic de drogue. La vie est dure pour Ma’ Rosa (Jaclyn Jose, prix d’interprétation féminine à Cannes), épicière dans un quartier populaire. Son labeur permet de faire vivre toute sa petite famille, son mari et ses quatre enfants. Mais vendre des soupes en sachet, des bonbons et quelques cigarettes ne suffit pas. Bien malgré elle, elle est devenue revendeuse de drogue. De petites quantités de cristal fournies par un plus gros trafiquant.

Tout bascule quand, sur dénonciation, la police débarque dans son échoppe et l’arrête avec son mari. Les policiers, en civil, saisissent la drogue, l’argent liquide et menacent le couple s’il ne donne pas son fournisseur. La mère, qui a laissé les enfants seuls à la maison s’inquiète et accepte le marché.

■ La solidarité à la rescousse

Mais les policiers, qui semblent agir en dehors de tout contrôle de leur hiérarchie, veulent plus. Un gros pot-de-vin et tout rentrera dans l’ordre. Ce bref résumé du début du film semble un portrait à charge d’un pays en totale déliquescence. Les pauvres, de plus en plus pauvres, oublient en se défonçant. Les commerçants ne s’en sortent qu’en participant au trafic. Quant à la police, elle s’engraisse odieusement sur cet état de fait, préférant rançonner les dealers que de les emprisonner et les juger. Pas sûr que l’office du tourisme des Philippines apprécie.

Heureusement il y a beaucoup plus dans ce film à ne pas prendre au premier degré. Car derrière cette noirceur, il existe des solidarités réelles. Les enfants vont tout faire pour récolter la somme demandée. Solliciter les parents éloignés, payer de leur personne, vendre leurs biens les plus précieux. Cette course contre la montre donne un rythme et une force indéniables au film. Il paraît que les Philippines changent. Espérons que ce formidable esprit d’entraide et de solidarité n’en pâtisse pas trop. 

24/11/2016

Cinéma : "La fille de Brest", l'affaire du Médiator, du sang et des larmes

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Emmanuelle Bercot adapte le combat d’Irène Frachon contre le médicament des laboratoires Servier. Une fiction aussi forte qu’un documentaire.

Fille de chirurgien, Emmanuelle Bercot, avant de devenir cinéaste, a longtemps voulu marcher sur les traces de son père. Elle confie dans le dossier de presse que ses « loisirs préférés du mercredi, du samedi, c’était d’aller voir mon père opérer. Dès l’âge de 10-12 ans, j’ai passé beaucoup de temps dans les blocs opératoires. » Au bloc, on y entre dès les premières scènes. Une opération à cœur ouvert. Irène Frachon (Sidse Babett Knudsen), pneumologue, y assiste car l’opérée est une de ses patientes, une de ces femmes qui ont pris du Médiator pour maigrir et qui se retrouvent avec une déficience des valves cardiaques. Une première scène choc, où le travail des soignants est filmé cliniquement. Un cœur malade, du sang et le Médiator, véritable bombe à retardement qui donnera par la suite beaucoup de larmes. Irène Frachon est considérée à juste titre comme une des premières lanceuses d’alerte française. Rien ne destinait cette médecin à devenir une justicière de la santé. Le film raconte comment elle a découvert le point commun à beaucoup de malades cardiaques au CHU de Brest où elle officie.

Le Médiator, médicament antidiabétique prescrit par les médecins comme coupe-faim revient régulièrement. Un peu trop. Elle alerte les autorités sanitaires. En vain. Tout change quand elle parvient à convaincre une équipe de chercheurs menée par le professeur Antoine Le Bihan (Benoît Magimel, étonnamment sobre dans son jeu pour une fois) à mener une étude sur un cas clinique. Les résultats sont effrayants. Non seulement le Médiator rend malade, mais il cause la mort de plusieurs personnes. La preuve avec la seconde scène difficilement supportable du long-métrage, l’autopsie d’une des victimes du médicament. Quand Irène Frachon tient dans ses mains ce cœur inerte, on comprend qu’elle ira jusqu’au bout de son combat, quitte à mettre en danger sa vie privée, son couple et l’équilibre de ses enfants.

■ Colères et grimaces

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Film aussi austère que le climat breton, « La fille de Brest » est pourtant loin d’être une démonstration laborieuse du difficile combat des « petits » contre les « grands ». Surtout en raison de l’interprétation de Sidse Babett Knudsen, totalement investie dans son rôle. Quand plus rien ne va, elle sait forcer le trait de son personnage. Colères homériques avec force injures en Danois ou grimaces outrancières pour tenter de mettre un peu de légèreté dans le drame, c’est toujours dosé au millimètre, crédible et efficace.

Et le plus fort reste le fait que cette histoire compliquée de molécule, de pressions et de scandale sanitaire, parvient à émouvoir le spectateur. Quand enfin les médias, tous les médias, s’emparent du scandale, comme Irène Frachon, on est soulagé, comme récompensé de ces sacrifices continuels. Et on a une pensée pour les centaines de victimes, la seule énergie qui fait fonctionner ce bout de femme tenace et infatigable.

20/11/2016

Cinéma : Polina, tiré d'une BD de Bastien Vivès

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Il fait partie des dynamiteurs de la bande dessinée actuelle. Bastien Vivès comme nombre d’auteurs de sa génération a débuté par un blog. Des histoires courtes, souvent avec le même dessin répétitif, et des dialogues entre surréalisme et absurde. Un ton unique, rapidement repéré par les éditeurs, notamment Casterman. Son dessin entre brouillon et estampe, lui permet d’enchaîner les romans graphiques à succès. « Le goût du chlore », « Dans mes yeux » puis le très réussi « Polina ». Bastien Vivès, invité d’Augustin Trapenard sur France Inter le 2 novembre, a reconnu avoir eu « très très peur » de voir l’adaptation de sa bande dessinée au cinéma. « Mais je peux dire que je l’aime », a-t-il ajouté aussitôt. Surfant sur le succès, Bastien Vivès travaille désormais en équipe. Il a publié « La grande Odalisque » (Dupuis), sorte d’hommage intello au dessin animé « Cat’s Eye » puis « Lastman » (Casterman), manga à la française qui vient de s’achever avec le 9e tome avant d’être adapté en dessin aimé si la campagne de crowfunder est un succès.  

 

19:25 Publié dans BD, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polina, vives, casterman

17/11/2016

DVD : Vacances partagées et agitées en "Juillet Août"

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Les familles recomposées sont une nouvelle fois au centre d’une comédie française. Comme si le divorce était devenu une étape obligée dans la vie d’un couple.

 

 

Diastème s’empare du sujet pour le transformer en une tranche de vie tendre et émouvante portée par des acteurs en état de grâce. Elles sont deux sœurs. Inséparables, mais à cette période de la vie où on a plus l’occasion de se crier dessus que de partager ses bonheurs. Joséphine (Alma Jodorowsky) a 18 ans, est sérieuse tout en étant bien décidée de profiter de ces dernières vacances d’été avant sa rentrée en fac de Lettres. Laura, 14 ans, aimerait en avoir quatre de plus. Gamine qui se veut femme, elle rejette en bloc cette enfance qu’elle ne supporte plus. Comme chaque année depuis la séparation de leurs parents, c’est juillet en Provence et août en Bretagne. Juillet avec la mère (Pascale Arbillot) et août en compagnie du père (Thierry Godard).

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Côté relation familiales, le film est en deux parties distinctes. Farniente au soleil du sud, au bord d’une grande piscine et villa de rêve dans un premier temps. Puis cours de voile sous la pluie et le vent quand le temps est venu d’aller en Bretagne. Dans le Sud, les filles sont libres. Très libres. Joséphine rencontre sur les quais trois jeunes vivant sur un bateau. Ils sont cools, mais pas si honnêtes que cela. Ce sera le fil rouge un peu « policier » qui permettra de faire le lien entre le Sud et l’ouest.

■ Petite musique

A côté ce sont les petites choses de la vie qui rythment cette période hors du temps. La menace de se retrouver en pension pour Laura qui multiplie les bêtises, la grossesse non désirée pour la mère, 44 ans, qui a refait sa vie avec un éditeur, beaucoup plus âgé et au bord de la faillite. Pour le père, il est fou amoureux d’une serveuse de restaurant, beaucoup trop jeune à son goût. Des moments savoureux et justes, ponctués de petites chansons résumant l’état d’esprit des différents protagonistes.

On relèvera au casting la présence de Lou Chauvain dans le trio des « bandits branquignols », actrice originaire de Perpignan déjà vue dans la série Peplum et plus récemment au générique du télé- film à succès « La main du mal ». Le DVD offre sept scènes coupées commentées par Diastème qui explique, en dé- tail, pourquoi elles n’ont pas été retenues au final dans le montage définitif.

➤ « Juillet Août », Diaphana, 19,99 €

 

16/11/2016

Cinéma : "Tanna", Roméo et Juliette de la jungle

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Extraordinaire film que ce « Tanna » de Bentley Dean et Martin Butler, deux documentaristes australiens.

 

 

Entièrement tourné sur l’île de Tanna au Vanuatu, avec des acteurs amateurs interprétant souvent leur propre rôle (le chef, le chaman...), il raconte la bouleversante histoire d’amour entre Wawa et Dian. Une romance qui a été plus forte que les lois ancestrales qui imposent les mariages arrangés entre tribus.

■ Kastom, ombre agissante

L’action se déroule sur une des îles de ce petit archipel mélanésien entre NouvelleCalédonie et Papouasie, au cœur de l’océan Pacifique. La vie s’écoule paisiblement dans le village de Yakel, quelques cases dans la forêt tropicale, avec le volcan Yahul a proximité, considéré comme la mère spirituelle de la tribu. Les hommes chassent et cultivent, les femmes nettoient des nattes dans la rivière, les enfants jouent, libres et insouciants. Durant la première partie du film on suit à la trace la jeune Selin (Marceline Rofit, formidable de spontanéité et de fraîcheur). Moins de dix ans, espiègle, têtue et déjà très intéressée par les choses de la vie. Elle observe notamment sa grande sœur Wawa (Marie Wawa) qui vient de devenir femme. Wawa sait qu’elle va être mariée avec un homme d’une autre tribu. Pourtant elle est irrésistiblement attirée par Dain (Mungau Dain), le petit-fils du chef. Mais selon les traditions édictées par la Kastom, (la cosmologie traditionnelle du Vanuatu, elle comprend un système de lois et de croyances, des chants et des danses, et une structure sociale patriarcale) Wawa ne peut pas s’unir à Dian.

■ Mariage arrangé

Les choses se compliquent quand les Imedin agressent le chaman des Yakel. La guerre menace. Pour apaiser les esprits, il est décidé que Wawa sera la femme du fils des Imedin. Rage de Dain. Désespoir de Wawa. Les deux amoureux partent dans la forêt, consomment leur union et iront clamer leur amour au sommet de Yahul. Le film, inspiré d’une histoire vraie, a des airs de Roméo et Juliette. Un amour impossible, deux clans, du poison... Mais il permet surtout de dé- couvrir les rites et le mode de vie de ces tribus mélanésiennes préservées.

Œuvre de fiction, « Tanna » s’apparente aussi à un documentaire car tout est authentique, des cases aux habits en passant par les danses rituelles. Film de témoignage, il est d’une réelle beauté. Beauté pure et immaculée des acteurs amateurs, des paysages et de certaines prises de vue comme les courses dans la forêt, la lave en fusion ou les méditations des chefs, la nuit devant un feu au pied d’un immense arbre. De la poésie à l’état pur, un voyage intemporel à ne pas manquer.

16:53 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tanna, vanuatu, amour, tribu

13/11/2016

DVD et blu-ray : Un peu d’horreur pour les fêtes avec « Krampus » et « The Darkness »

Halloween vient à peine de mourir de sa belle mort dans une crise de foie carabinée (merci les bonbons) que les fêtes de fin d’année pointent le bout de leur nez. Saint-Nicolas, Noël, jour de l’An : il y en aura pour tout le monde. Et pour frissonner pour une bonne raison (en clair, la crise ne nous permet plus de payer la facture d’électricité), regardons sans scrupule ces deux films d’horreur, aux effets soignés et aux ressorts parfois pré- visibles mais toujours efficaces.

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Le « Krampus » est une création de l’imaginaire autrichien. L’ombre de Saint-Nicolas ne vient pas chez les petits enfants pour récompenser, mais pour punir. Le film de Michael Dougherty avec Adam Scott et Toni Collette débute comme une comédie un peu borderline. La famille modèle américaine doit accueillir les cousins, beaucoup moins présentables. Choc de civilisations qui fait bien rire durant les 20 premières minutes. Ensuite, l’angoisse prend le dessus. Une tempête de neige s’abat sur le quartier résidentiel et tout le monde est piégé dans la maison. Le Krampus attend que le feu s’éteigne pour passer par la cheminée et tuer tout le monde. Il reçoit l’aide de quelques marionnettes démoniaques, d’elfes terrifiants et de biscuits de Noël au rire sardonique. Les effets spéciaux sont remarquables et le Krampus véritablement effrayant avec ses cornes, ses sabots et ses lourdes chaînes. Un bon moment à regarder au chaud, entre copains voire en famille, avec au final un succulent bêtisier preuve que même sur le tournage des films d’horreur on aime faire des farces et bien rigoler...

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Ambiance totalement différente dans « The Darkness », production US de Greg McLean avec Kevin Bacon en vedette et non sorti en salles. Mais on retrouve quand même la structure familiale américaine classique avec un couple et ses deux enfants, une fille et un garçon. La différence réside dans la personnalité de Mickey : c’est un autiste qui passe ses journées à la maison malgré ses 11 ans. Mickey qui, lors d’un pique-nique dans le Grand Canyon, découvre dans une grotte, des pierres gravées indiennes. Attirées par leur beauté, il les met dans son sac à dos. Malheur ! Ce sont les prisons virtuelles de démons qui cherchent à entraîner le monde dans les ténèbres. L’attitude de Mickey va changer et la famille se fracturer. La fille devient anorexique, la mère paranoïaque et le père devra faire d’énormes efforts pour ne pas céder aux avances d’une ravissante stagiaire. La fin du film, très prévisible, manque un peu de noirceur. Alors vous pouvez profiter dans les bonus d’une conclusion alternative. Avec les Américains, il semble que cela soit tout blanc ou tout noir. Car cette version non seulement s’achève très mal pour la famille mais en plus laisse entendre que ce n’est qu’un dé- but. Au moins on a le choix et ce n’est pas un de ces films français où le générique dé- bute alors qu’on attend encore la moindre action ou rebondissement...  

➤ « Krampus », Universal, 14,99 €

➤ « The Darkness », Universal, 14,99 €

 

10/11/2016

Cinéma : L’insécurité sévit aussi en Iran selon "Le client", film primé à Cannes

 

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LE CLIENT. Sélectionné à Cannes et doublement primé, en course pour les Oscars, le nouveau film d’Asghar Farhadi raconte la vie quotidienne en Iran, entre problème de logement et insécurité.

 

 

Prix du scénario et prix d’interprétation masculine à Shahab Hosseini, Asghar Farhadi, une nouvelle fois, n’aura pas fait le voyage pour rien au dernier festival de Cannes. Déjà primé à Cannes pour « Le Passé » en 2013, il avait connu la consécration internationale en 2011 avec «Une séparation », Ours d’or à Berlin et Oscar du film étranger. En grand habitué des festival, il a pourtant tourné « Le client » en raison du blocage temporaire de son grand projet espagnol avec Penelope Cruz et Javier Bardem. Mais visiblement ce retour au pays («Le Passé» avait été tourné en France) l’inspire. Il filme la ville de Téhéran avec une grande acuité. Une ville tentaculaire, en pleine mutation.

C’est d’ailleurs le point de départ de l’histoire. Un matin, tous les habitants d’un immeubles doivent évacuer la bâtisse. Des travaux dans la rue ont fragilisé les fondations, les murs se fissurent, les vitres éclatent. Emad (Shahab Hosseini) et Rana (Taraneh Alidoosti), jeune couple, doivent eux aussi trouver un autre logement. Ils sont hébergés par des amis puis une connaissance d’Emad, professeur qui fait également du théâtre, lui propose un appartement dans un ensemble moderne. Seul problème, une pièce est toujours occupé par les affaires de l’ancienne locataire. Un soir, quelqu’un pénètre dans l’appartement et agresse Rana.

■ Réalité iranienne

Au ton intimiste et réaliste, ce film donne une vision bien différente de l’Iran trop souvent fantasmé par l’Occident. Les gens y vivent, s’aiment et parfois souffrent exactement pour les mêmes raisons que chez nous. Il y a certes quelques notes diffé- rentes comme cette énième réunion avec les autorités pour « couper » certains passage de la pièce que la troupe d’Emad joue. Un classique contemporain pourtant, « Mort d’un commis voyageur » d’Arthur Miller. Quand Emad découvre l’agression de sa femme, il n’a qu’une idée en tête : se venger. Trouver le coupable et faire justice.

La piste va le conduire vers l’ancienne locataire et les clients qu’elle recevait chez elle. Une partie enquête policière oppressante, en parallèle au retour à la maison de Rana, terrorisée, incapable de rester seule dans ces murs. Mais il semble si difficile de se loger à Téhéran.

Asghar Farhadi, avec un recul étonnant, montre des faits sans jamais juger. Il laisse ce luxe à ses interprètes. Si Shahab Hosseini est impressionnant de détermination, la composition de Taraneh Alidoosti est éblouissante. Et on découvre que la prétendue violence de la société iranienne ne semble pas s’appliquer à tout le monde. A moins que le pardon soit une valeur sacrée partagée par toutes les religions. On sort cependant du film avec un certain malaise. Comme si l’agression était excusable, presque normale. On veut bien tenter de comprendre une mentalité différente, mais dans ce cas, jamais on ne pourra se mettre à la place d’une femme iranienne.

08/11/2016

De choses et d'autres : Les nouveaux Russes

 

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Si dans un jeu télévisé l’animateur demande « Citez-moi deux acteurs russes », le candidat peut répondre avec la certitude d’empocher la cagnotte « Gérard Depardieu et Steven Seagal ! » Notre Gégé national (qui l’est donc de moins en moins) vient d’être rejoint dans le grand mercato des comédiens sur le retour par l’inénarrable Steven Seagal. Dans le cinéma d’action, tendance castagne et karaté, il y a un maître, Bruce Lee, un sous-fifre, Chuck Norris, et le pathétique Steven Seagal.

A 64 ans, il continue à tourner dans des films d’action comme s’il en avait 30. Son jeu est aussi expressif que celui de son totem en aïkido : la tortue. Comme Depardieu, ses multiples casquettes d’acteur, scénariste, producteur et réalisateur le poussent à chercher des cieux fiscaux plus cléments. Au début de l’année il est devenu citoyen serbe et la semaine dernière c’est Poutine en personne qui a signé un décret lui accordant la nationalité russe.

J’attends avec impatience le prochain film, russe cela va de soi, mettant en vedette ces deux stars mondiales. Depardieu, mangeant, buvant et gueulant en insultant la planète entière face à Steven Seagal, force de la nature, ascète, bouddhiste et si calme juste avant de démonter les 15 adversaires qui osent s’attaquer à lui. Je sens le concept à creuser, le duo d’anthologie et une idée à proposer à des réalisateurs ou producteurs en mal de ristourne sur leur feuille d’impôts. 

07/11/2016

Ces femmes-là, elles sont « super » !

comics,stan lee,super hérosSUPERHÉROS. Au commencement il n’y avait que des hommes : Superman, Batman, Spiderman. Et puis les femmes ont, elles aussi, eu des super pouvoirs. Bonnes à la castagne, effrontées et souvent très belles, elles s’imposent dans un monde beaucoup moins macho qu’il n’y parait.

 

Décembre 1941, un nouveau personnage entre avec fracas dans l’univers des super héros qui se cantonnent à cette époque dans les comics publiés aux USA. La princesse Diana est une Amazone. Seule sur son île paradisiaque, elle voit débarquer un aviateur américain. Ce dernier l’emmène dans son mode et elle devient Wonder Woman. La première super héroïne vient de naître. Le succès est immédiatement au rendez-vous et la jolie brune armée d’un lasso magique et des ses bracelets anti-balles, obtient six mois plus tard un titre spécifique à son nom. La consécration. Dans ce monde exclusivement masculin des super héros américains, cette première femme dotée de pouvoirs va rapidement se transformer en apôtre du féminisme. Même si au fil des décennies (et d’une certaine « morale » typiquement américaine) elle a parfois été réduite à une simple femme au foyer... Dans les années 70, Wonder Woman franchit un nouveau cap avec la série télévisée où le rôle titre est incarné par Linda Carter. Totalement kitch, mais plein de charme un demi-siècle plus tard. L’an prochain, au début de l’été, le film « Wonder Woman » devrait confirmer que les femmes aussi peuvent attirer les foules. Le personnage, interprété par Gal Gadot, a déjà fait une apparition dans le récent « Batman VS Superman ». Mais cette fois elle sera la vedette incontestée d’un long-métrage réalisé par Patty Jenkins.

■ Girl power

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Même si les comics, comme la société en général, sont loin de la parité, les femmes occupent de plus en plus d’espace. Que serait Superman sans Loïs Lane ? Spider- man serait-il si cool s’il n’y avait pas la belle Mary ? Mais ce ne sont que des rôles annexes. Importants mais surtout de fairevaloir. Pourtant les femmes ayant des pouvoirs sont légion dans les « teams ». Parmi les Avengers on trouvez la Guêpe dans la série dessinée et la Veuve Noire dans les films sortis ces dernières années. Un quart des quatre Fantastiques est féminin. Paradoxalement c’est la femme invisible... Chez les super-vilains aussi les femmes sont de plus en plus présentes. La dernière en date, qui a crevé l’écran cet été dans «Suicide Squad» a un parcours complexe. Comme si la psychologie féminine était forcément plus élaborée que celle des mâles bêtement primaires. Harley Queen (Margot Robbie) est à la base une psychiatre folle amoureuse du Joker, ennemi mortel de Batman. Mais elle parviendra à se défaire de son emprise pour devenir la bad girl dont on rêve tous de devenir amoureux. Provocante et effrontée, ce n’est pas elle qui va faire la vaisselle en plus de ses missions. Elle incarne à la perfection l’avenir des super- héroïnes : des femmes fortes et à la personnalité développée. Il y en aura de plus en plus dans l’univers foisonnant des super héros. Comme dans la vraie vie, on l’espère... 

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 Stan Lee, le maitre-étalon des comics

comics,stan lee,super hérosIcône de la Pop culture américaine, Stan Lee fait partie de ces auteurs qui n’ont obtenu une reconnaissance mondiale que sur la fin de leur carrière. Scénariste de bande dessinée, il a longtemps pondu des kilomètres d’intrigues, toutes plus alambiquées les unes que les autres, multipliant les personnages et les coups de théâtre. Nouveau feuilletoniste de la fin du XXe siècle, son génie a finalement été admis quand des chercheurs et exégètes ont analysé les mondes imaginaires qu’il a mis sur pied. Pour la première fois, un Français se penche sur le phénomène. Jean- Marc Lainé signe une biographie critique sur cet « Homère du XXe siècle ». Celui qui a quasiment tout créé de l’univers Marvel, de Spider-man à Captain America en passant par Hulk ou les X-Men n’est pas le plus offensif pour la cause des femmes, mais il a toujours tenté de les valoriser. L’exemple le plus flagrant étant Misses Marvel, «le pendant féminin de Captain Marvel. Elégante et raffinée, elle devient un dragon dès qu’il s’agit de préserver ses droits, jusque dans l’art délicat de la négociation de salaire. » Très complète, cette biographie s’adresse essentiellement aux passionnés, ceux qui connaissent tout de l’univers Marvel.

● « Stan Lee, Homère du XXe siècle », Jean-Marc Lainé, Fantastik, 25 €

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Encore plus d’héroïnes à la télévision

 

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Si le cinéma n’a pas encore joué à fond la carte féminine, les séries télé ont franchi le pas depuis longtemps. Depuis Wonder Woman, les héroïnes sont très présentes dans les feuilletons tirés des comics américains. Parmi les plus récentes, notons «Supergirl» avec Melissa Benoist ou «Agent Carter» actuellement en diffusion sur TMC tous les samedis. Tirée de l’univers Marvel, l’histoire se déroule durant la seconde guerre mondiale. Peggy Carter, grand amour du Captain America, se transforme la nuit en justicière et espionne. Deux saisons ont été tournées. « Jessica Jones » a elle aussi eu beaucoup de difficultés dans la vie. A l’origine, adolescente sans intérêt, elle acquiert des pouvoirs après un accident. Beaucoup plus tard, elle les perd et redevient humaine. Mais son envie de combattre pour le bien demeure et elle ouvre une agence de détective privé. C’est cette histoire qui est racontée dans le 13 épisodes de la première saison produite et diffusée sur Netflix. Le succès étant au rendezvous Jessica Jones et son monde assez sombre sera de nouveau sur la plateforme de vidéo à la demande l’an prochain. Une production très féministe puisque tous les épisodes de la saison 2 seront confiés à des réalisatrices. Dernier exemple de ces personnages féminins marquant dans les séries de superhéros, celui de la cheerleader de «Héros», création originale de Tim Kring. Parmi les personnages récurrents, Claire Bennet interprétée par Hayden Panettiere a marqué toute une génération. Cette ado américaine dans tout ce qu’il y a de plus caricatural (pompom girls, blonde et vaguement décérébrée...) cache un pouvoir qui la rend quasiment immortelle. Elle ne paye pas de mine mais est presque la plus puissante de tous les héros imaginés de la série.

(Dossier paru le dimanche 30 octobre dans l'Indépendant.)

 

 

08:31 Publié dans BD, Film, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : comics, stan lee, super héros

03/11/2016

Cinéma : Max et Léon (du Palmashow), héros malgré eux

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LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON. Les deux comiques du Palmashow passent au grand écran. Ils multiplient les déguisements, les hommages et les rebondissements. Divertissant.

 

 

Ils sont tous passés par là. Un succès à la télévision se transforme obligatoirement en film au cinéma. Les Nuls, Les Inconnus, Les Robins des Bois… L’occasion d’augmenter son cercle de fans. De laisser une trace aussi, de développer des univers avec plus de moyens. Si les noms de David Marsais et Grégoire Ludig ne vous disent pas grand chose, vous avez par contre forcément ri, à un moment ou un autre, à un de leurs sketches qu’ils signent sous le nom de « Palmashow ». Avec leur réalisateur attitré, Jonathan Barré, ils se sont lancés dans l’écriture d’un longmétrage diffusé dans les salles depuis hier. Ils n’ont pas choisi la facilité en montant ce projet sur la seconde guerre mondiale avec costumes, effets spéciaux et ré- férences à des œuvres cultes comme « La grande vadrouille » ou « Papy fait de la résistance ». Il fallait oser. Ils s’en tirent plus qu’avec les honneurs.

■ Le classique duo des opposés

Max et Léon, deux orphelins, passent toute leur enfance ensemble à Mâcon. Ils s’épaulent car si l’un est vif et intelligent, il est aussi malingre et pleutre alors que l’autre, fort, costaud et bagarreur, ne brille pas par ses lumières. Le classique duo en opposition, indispensable à toute entreprise comique. Devenus adultes ils vivent simplement, l’un accumulant les conquê- tes féminines, l’autre les occasions de boire des coups. Mais on est en 1939 et la guerre est déclarée. Ils tentent bien de se faire réformer, mais se retrouvent quand même au front, à Charleville-Mézières. Le début du film, un peu lent, manquant de peps et de bons gags, est rapidement rattrapé quand les Allemands attaquent. La débâcle va pousser les deux olibrius à multiplier les déguisements pour sauver leur peau. Un régal pour Marsais et Ludig qui endossent avec un plaisir évident des tenues de soldats allemands, de sous-officiers français, de soldats anglais, de Nazis et même de tortionnaires de la Gestapo. Toujours pour se dissimuler et au service de la Résistance. Car Max et Léon, de déserteurs peu glorieux, vont devenir des légendes des FFI. Des héros français comme on les rêve. Loin d’être une succession de sketches, le film a une intrigue (parfois farfelue) qui se tient. On apprécie au passage l’apparition pour des scènes clin d’œil de quelques figures connues comme Florence Foresti, Kad Merad ou Kyan Khojandi et d’autres moins célèbres mais bien identifiables comme Monsieur Poulpe (parfait en chef de la milice), Alban Lenoir ou Simon Astier, deux complices déjà vus dans « Hero Corp ».

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Dominique Pinon, sa gueule et son talent

Au générique de « La folle histoire de Max et Léon », on retrouve Dominique Pinon dans la peau de Michel, un second rôle plus important qu’il n’y paraît au début. C’est lui qui s’occupe de l’orphelinat, seul foyer des deux amis. Avec sa gueule un peu de traviole, il essaie de les amener sur le bon chemin à coup de maximes moralistes passe partout. Ce qui a le don de bien faire rire les deux compères. Michel un peu idiot mais qui se révélera par la suite comme un redoutable meneur d’hommes.

Extrêmement talentueux, Dominique Pinon parvient sans problème à transformer son personnage, presque du jour au lendemain. Il est vrai que cet habitué des seconds rôles a une filmographie des plus impressionnante. Il a débuté dans « Diva » de Jean-Jacques Beineix, a été de tous les films de Jean-Pierre Jeunet (même Alien) et peu passer des drames les plus poignants comme « Le thé à la menthe » aux délires absolus comme « Dikkenek ».

Il excelle dans les rôles de marginaux et autres cas sociaux. Il est vrai qu’il a la gueule de l’emploi. Pourtant on devine une grande humanité derrière ces traits marqués, encore plus depuis qu’il vient de passer la soixantaine. Mais son regard, doux comme un agneau, sait aussi émouvoir. Un grand acteur atypique qui par chance a trouvé quelques réalisateurs capables de mettre en valeur son formidable potentiel.