26/04/2013

Chronique : La manif partout et nulle part...

manif partout,mariage pour tous,facebook,smsFrançois Hollande a beau affirmer que la loi est passée, les opposants au mariage pour tous ne lâchent rien. Un regain de mobilisation particulièrement visible sur les réseaux sociaux. C'est sur le net que le mouvement « Un papa + une maman : on ne ment pas aux enfants » a quasiment fait son apparition. Il se poursuit sur Facebook et Twitter ainsi que via les SMS et les emails envoyés quotidiennement aux militants.

Le mariage pour tous s'est transformé en Manif partout, déclinée en page Facebook et compte Twitter. Le principe est simple et rappelle un peu les actions de la Résistance ou des manifestants de Mai 68. « Chaque jour, une action à faire. Nous sommes des milliers à faire cette action au même moment. Donc on en parle partout. »

En théorie seulement. Malgré plus de 10 000 inscrits, les  coups d'éclat de la Manif partout brillent surtout par leur incognito. Il est vrai que ce n'est pas à coup de dessins d'enfants envoyés à l'Elysée, d'appels téléphoniques au rectorat ou de coups de klaxon à midi pile sur l'air de « Taubira, ta loi on n'en veut pas » que les lignes vont bouger. Le mouvement, conservateur par nature, manque cruellement d'imagination. En fait, il manque la folie douce et l'inventivité que l'on retrouve... dans les milieux homosexuels.

Et qui sait, dans quelques années, rongés par le conformisme de l'institution du mariage, les gays et lesbiennes seront eux aussi devenus des couples plan-plan. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant.

25/04/2013

Chronique : Twitter, nouvel outil de la spéculation ?

twitter, armée syrienne, obama, spéculation, wall street

En s'informatisant, les marchés financiers mondiaux ont pris le risque d'ouvrir leurs arcanes secrètes aux hackers. Les tentatives de piratages sont légion, mais rarement efficaces. Les spéculateurs ont peut-être découvert lundi une autre façon de se faire beaucoup d'argent en un minimum de temps. A l'origine, l'intrusion par une mystérieuse « Armée syrienne électronique » dans le compte twitter de l'agence de presse américaine AP. Un mini message annonce à 13 h 07 des explosions à la Maison Blanche, « Barack Obama est blessé ». Les 2 millions d'abonnés répercutent immédiatement l'information. 13 h 08, le Down Jones plonge. Toutes les valeurs américaines, de Microsoft à Mobil, perdent instantanément plusieurs points. 13 h 10, AP dément d'information. Tout rentre dans l'ordre et l'indice termine même la journée en hausse. Mais les spéculateurs capables d'acheter des actions à moindre coût ont disposés d'opportunités énormes durant ces 180 secondes cruciales. Uniquement grâce au faux tweet...

Cette première va certainement donner des idées. Il suffit de diffuser un tweet bidon sur un compte réputé sérieux et d'en tirer immédiatement les bénéfices. La signature d'un gros contrat (fictif) permet de revendre ses actions au plus haut. A l'inverse, une catastrophe donne la possibilité de lancer un raid boursier au rabais. Qui a prétendu que Twitter n'a pas de modèle économique viable ? 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.

23/04/2013

Chronique : Adopte un thon.com se moque des sites de rencontres

glénat,bd,linda corazza,asopte un thon,sites de rencontres

Les sites de rencontres n'ont pas fini de nous faire rire. Entre ce qu'il s'y passe véritablement et ce que les adhérents fantasment, les possibilités sont sans limites. Lynda Corazza, dessinatrice de BD plus glandouille que glamour, a testé la drague par internet. Elle ne nous épargne rien dans sa quête du « bogosse » dans son album intitulé « Adopte un thon.com » (Le Lombard, 12 euros). Chaque gag s'insère dans la chronologie d'une inscription normale. Et à chaque fois l'auteur se moque de son double de papier, une certaine Lola, brune, pas très grande et loin d'être remise de sa dernière rupture sentimentale. On se dit que c'est du déjà vu, mais rapidement la barre est placée très haut. Quand elle doit choisir un pseudonyme sur le site, Lola teste différentes possibilités. Girly est déjà pris (854 fois...), bellebrunepulpeuse est trop long, Zézette est un mot « interdit ». Comme elle fait ça avec ses amis, cela dérape. « Grosthon », tapé pour plaisanter après « Boudin » est libre : Lola a trouvé son pseudo. Reste à savoir si « Grosthon » pourra « pécho » sur le net. On rit, dans le désordre, des obsédés, des incultes, des prétentieux et des coincés. Finalement Lola trouvera un homme pour converser avec elle : il se présente comme « ex-détenu et homosexuel »... Mais si sa description est aussi fausse que celle du « Grosthon », tous les espoirs sont permis.  

Chronique "ça bruisse sur le net" parue mardi en dernière page de l'Indépendant. 

22/04/2013

Chronique : la danse urbaine hypnotique de la dame à l'arrêt de bus

 

angleterre, dancing queen, vidéo, danse urbaine

Loin de tout buzz fabriqué (genre Harlem Shake), la Dancing Queen de l'arrêt de bus anglais prouve que sur internet, le vrai, le non trafiqué, aura toujours plus de force que tous les plans com' du monde.

Tout commence par un de ces matins gris dans une banlieue anglaise. Un internaute remarque une dame en train de se dandiner à l'arrêt de bus. Il filme la scène avec son smartphone. En net sur-poids, mal fagotée -pantalon large noir, veste polaire bleu ciel, baskets usées), le cheveu filasse : elle incarne l'exact opposé d'une danseuse étoile ou d'une Fauve, la féline vedette de « Danse avec les stars ». Pourtant ces deux minutes de chorégraphie discrète deviennent quasi hypnotiques dès lors qu'on les visionne avec le tube d'Abba, « Dancing Queen » en fond sonore. La danseuse urbaine croit être seule, à l'abri des regards. Pieds joints, elle marque le rythme de la musique avec la tête, bouge un peu les bras, prolonge le mouvement du bout des doigts. Et elle sourit. Souvent. Une danse minimaliste, celle des gens qui n'osent pas bouger, prisonniers de leur corps, enveloppe extérieure disgracieuse, mais si libres à l'intérieur. Elle est d'une grâce étonnante avec une économie de moyens, de gestes. Elle ne danse pas pour être vue. Elle danse pour elle, par pur hédonisme. D'ailleurs elle redevient statue dès que quelqu'un approche. On devine une parenthèse dans sa vie que l'on imagine assez terne. De ces moments dont il ne tient qu'à nous de profiter. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue lundi en dernière page de l'Indépendant.

13/04/2013

Chronique : Plongée dans le passé avec un profil Facebook sur la Grande Guerre

 

facebook,guerre,léon vivien,14 18

Les historiens ne vont pas forcément apprécier, mais l'initiative a l'avantage de permettre à un nouveau public de s'intéresser à cette matière. Le Musée de la Grande Guerre, associé à une agence de communication, raconte sur Facebook le quotidien d'un poilu. Léon Vivien, instituteur à Paris, débute son profil en juin 1914 par l'annonce de l'assassinat de François Ferdinand, archiduc d'Autriche. Ensuite son « journal » reprend les informations du quotidien, jusqu'à l'attentat contre Jaurès. On sent une gradation dans les commentaires. La mobilisation, l'attaque des Allemands : au début, il vit la guerre par procuration en recevant des nouvelles d'un ami, Jules. Un jeune médecin rapidement fauché par un éclat d'obus. Le conflit s'avère finalement plus long que prévu. Quelques jours après l'annonce à ses amis de la grossesse de son épouse Madeleine, Léon reçoit son ordre de mobilisation. On s'imprègne alors du quotidien du Poilu en formation, avec la publication de manuels et photos tirées des riches archives du Musée de la Grande Guerre. Et le 10 avril 1915, Léon Vivien annonce son départ pour le front. 

Cette façon de raconter la guerre 14/18 a remporté un immense succès sur le réseau social. En moins d'une semaine, le profil de Léon Vivien a récolté plus de 22 000 « fans ». Même avec 98 ans de décalage, relater la guerre à la première personne et au présent rend toute l'horreur de cette abominable boucherie. L'impact n'en est que plus fort.   

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant.

12/04/2013

Chronique : Fortune virtuelle en BD ou bitcoins

 

bitcoins,collection,wauquiez,patrimoine,dette

Déclarer son patrimoine ? D'accord, mais il existe des moyens pour dissimuler sa fortune. Entre l'or et les liasses de billets cachées sous le matelas de grand-mère, une bonne partie de notre richesse peut être occultée.

Laurent Wauquiez, par exemple, a trouvé d'autres valeurs refuges. Il déclare être propriétaire d'un appartement à Paris et d'une maison au Puy-en-Velay. Il oublie sa collection de BD. Dans une interview au site ActuaBD.com en 2010, il confie : « Il est rare qu’il se passe une semaine sans que j’aille dans mon magasin de BD acheter dix à vingt albums. ». Sortons la calculette. En moyenne, il achète donc 15 albums par semaine, soit 780 par an. S'il a cette habitude depuis 15 ans (il en a 38),  sa bibliothèque compte 11700 BD. Quand on sait que la valeur moyenne équivaut à 12 euros, sa collection représente un capital de 140 400 euros. Loin d'être négligeable... 

Encore plus juteux, le placement en bitcoins. Cette monnaie virtuelle imaginée par des informaticiens se veut totalement autonome des marchés financiers et des états. En 2010, un programmateur italien achète une pizza pour 10 000 bitcoins. Soit environ 41 dollars. Depuis quelques semaines ce moyen de paiement théorique a vu sa cote exploser. Aujourd'hui, la même pizza, en argent sonnant et trébuchant, dépasse le million d'euros.

Reste à savoir si un seul ministre, assez visionnaire, a investi ses indemnités en bitcoins. S'il existe, qu'on lui donne immédiatement le ministère des Finances ! La dette de la France sera effacée en deux mois.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant. 

11/04/2013

Chronique : Trois scénarios catastrophes d'une fin du monde exemplaire

 

fin du monde,atomique,virus,intelligence artificielle,bostrom,zombies

Il y a quelques mois, tout le monde ricanait grassement en glosant sur la fin du monde. Le summum de cette tartufferie avait pour cadre le petit village de Bugarach (photo Th. Meynier). Aujourd'hui, le monde tourne toujours. Mais les risques d'apocalypse demeurent d'actualité. Entre les rodomontades du dictateur nord-coréen et la désagrégation de l'État français après l'affaire Cahuzac, rien ne va plus.

Sur internet les théoriciens du « mondus interrompus » ne manquent pas d'imagination pour nous faire paniquer. Dernier prophète en vogue, Nick Bostrom, philosophe à Oxford. Très sérieusement, il émet les trois hypothèses les plus probables susceptibles de sonner le glas de l'Humanité.

Premier risque : l'hiver nucléaire. L'explosion de plusieurs bombes atomiques entraîne la formation d'un nuage opaque et filtre les rayons du soleil. Les températures chutent, les derniers humains n'y survivent pas. Autre possibilité, la guerre bactériologique. L'épidémie d'un virus élaboré par l'homme se propage à toute vitesse, plus rapide que la mise en place d'un vaccin. Enfin l'humain risque d'être supplanté par une intelligence artificielle devenue autonome. Dans tous les cas, le philosophe fait remarquer que cette apocalypse découle directement du savoir des hommes. En clair, nous sommes toujours des animaux, dépassés par nos inventions.

Une réflexion brillante mais un oubli essentiel : l'invasion des zombies. Si l'on en croit internet, ils restent le danger numéro 1...


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.

10/04/2013

Chronique : Familles hétéroclites

 

famille,mariage pour tous,tolérance,photo

Le débat sur le mariage pour tous au Sénat donne une nouvelle occasion aux opposants de mettre en avant leur célèbre slogan « un papa, une maman : on ne ment pas aux enfants ». Beaucoup moqué sur Twitter depuis un happening un peu risible (pour ne pas être plus méchant...), cette apologie d'une « famille normale » cache en fait bien des différences. Pour s'en persuader, il suffit de parcourir un site américain et son répertoire de photos de famille excentriques. Franchement, côté traumatisme, des couples hétéros bien sous tous rapports peuvent parfois faire beaucoup de dégâts dans leur entourage.  

Que penser de ce père de famille grassouillet, posant avec son bébé dans les bras, simplement vêtus, chacun, d'une couche culotte. La maman, derrière, arbore une tunique d'ange... Cette fillette est très contente de poser contre son papa... et de sa tronçonneuse brandie telle une arme. Un homme est tellement fier des trois femmes de sa vie qu'il s'est fait tatouer dans le dos les visages de son épouse et de ses deux filles.  La photo la plus inquiétante : le couple pose avec sa fillette et une marionnette de ventriloque comme si l'assemblage de bois et de tissus faisait partie du foyer au même titre qu'une personne de chair et d'os. 

En fait, il n'existe pas de famille normale. On est obligatoirement excentrique dans le regard des « autres ». Leur norme n'est pas la nôtre.  Et inversement.  Mais le remède est tout bête : la tolérance.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

09/04/2013

Chronique : MSN, Julie Lescaut, tout a une fin

msn,julie lescaut,tf1,véronique genest,adolescentsAlors que les sénateurs planchent sur un projet de loi pour interdire l'obsolescence programmée, dans le vrai monde même les légendes ont une fin. Hier, MSN a fermé et TF1 a annoncé l'arrêt de la série Julie Lescaut. Lancé en 1999, Windows Live Messenger révolutionne la communication sur internet. Pour la première fois on peut parler simplement à un ami connecté en même temps que vous. Échanges rudimentaires certes, mais instantanés et gratuits. Très vite MSN devient le terrain de jeu de tous les ados. Avoir une adresse MSN est obligatoire si l'on veut exister. D'autres fonctions se rajoutent, comme les émoticones. Et puis apparaît Facebook... Entretemps Windows a racheté Skype. Des deux systèmes de messagerie sur le marché, l'un doit disparaître. MSN incarne pour toute une génération les premiers émois devant un écran, au même titre que ses premiers comédons ou l'apparition de ce fin duvet synonymes de passage à l'âge adulte.

Véronique Genest aussi, en interprétant Julie Lescaut, a beaucoup compté dans l'imaginaire d'une génération de petits Français. Sa chevelure rouge en a fait fantasmer plus d'un. Atteinte par cette satanée « obsolescence programmée » elle s'éclipse après 101 épisodes. Mais rassurez-vous, les chaînes de la TNT vont se précipiter sur ce monument télévisuel qui a lancé, ne l'oublions pas, l'inénarrable Jean-Paul Rouve d'avant Les Robins des Bois... 


Les Robins Des Bois -Radio Bière Foot par MarillioOon


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.


08/04/2013

Chronique : Sites sensibles et censure d'Etat

drci, wikipédia, censure, inde, google

Google et Wikipédia, deux mastodontes du net, ne peuvent pas faire n'importe quoi. Dans certains pays, les administrations se montrent plus que réfractaires au partage des informations. L'Inde voit d'un très mauvais œil Google Maps se lancer dans la cartographie précise du sous-continent alors qu'en France, ce sont les services secrets, la DRCI (Direction centrale du Renseignement intérieur) qui obtiennent l'effacement d'une page de l'encyclopédie participative sur une station hertzienne classée secret défense.

Après avoir interdit aux voitures de Google Street de sillonner les villes indiennes, l'Etat dépose plainte contre le géant américain. Pour étoffer son service Google Maps, la multinationale demande aux internautes de publier des informations sur les restaurants, boutiques ou hôpitaux. Illégal décide le gouvernement indien car susceptible de provoquer un risque pour la sécurité du pays : des terroristes pourraient découvrir des informations sur des sites sensibles... 

Même argument pour la DRCI en France contre Wikipédia. La page sur la station hertzienne militaire de Pierre-sur-Haute située dans le Puy-de-Dôme diffuserait des informations militaires classifiées sans autorisation légale. Wikipédia supprime cette entrée. Mais la censure provoque un tel buzz que la page est recréée, traduite... et vue des milliers de fois. En voulant cacher des informations, la DRCI en a involontairement fait la promotion. L'arroseur arrosé...

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.

12:34 Publié dans Humeur, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drci, wikipédia, censure, inde, google

06/04/2013

Chronique : DTC comme data, tableaux, courbes

 

data,dtc,tableaux,misérables,météo,excel

Les nouvelles technologies et l'informatique en général changent les pratiques professionnelles. Tout le monde est concerné. Sans exception. La presse n'échappe pas au phénomène. Une frange de la profession tente de démontrer l'utilité de ce que communément on nomme le data journalisme.  Le but est de transformer des données chiffrées et brutes en animation, tableau ou courbe plus digestes. Car des chiffres, des statistiques, il en existe des milliards sur internet. Il suffit de les collecter, de les passer à la moulinette et on peut leur faire dire à peu près tout. Tout et son contraire... Les détracteurs du data journalisme ont tendance à le réduire à un travail amélioré de comptable. Ils préfèrent, de loin, raconter une histoire avec des mots et un peu de style. En data, « Les Misérables » peuvent se résumer dans un tableau Excel posé sur une carte, avec correspondance entre les personnages et les lieux de l'action. Joli, mais moins passionnant que le chef d'œuvre de Victor Hugo. 

Autre exemple, par l'absurde je l'admets, des limites du data journalisme : la correspondance entre l'évolution de la météo et le président de la République au pouvoir. Une démonstration effectuée par Jean Abbiateci sur son blog « Papier Brouillon ». Chiffres à l'appui, il constate que « Hollande fait pleuvoir, Chirac fait monter la température et Sarkozy provoque la canicule ! ». L'analyse politique va s'en trouver révolutionnée !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendreid en dernière page de l'Indépendant. 

04/04/2013

Chronique : Robot pour être vrai

 

robot,real humans,suède,arte,esclavage

Une série télé, avant de se transformer en succès d'audience lors de sa diffusion, doit faire parler d'elle sur internet. Ce soir, sur Arte, les premiers épisodes de « Real Humans » sont l'exemple parfait de ce travail fait en amont. Le buzz fait autour de cette série suédoise en 10 épisodes dure depuis plusieurs mois. Elle s'attaque de front au phénomène des robots. Pas les machines chargées de fabriquer des voitures ou de nettoyer votre maison comme cet aspirateur en forme de tortue. Non, les vrais robots, ceux imaginés par les auteurs de science-fiction. Leur apparence est 100 % humaine. Leurs réactions aussi. Dans cette Suède prospère et apaisée, posséder un robot de compagnie, un « Hubot » est devenu banal. Toujours souriants et d'humeur constante, ils deviennent parfois les chouchous de la famille. Ou les souffre-douleur... 

Le robot, selon la loi d'Asimov, ne peut pas nuire aux humains. Ni mentir. Voilà qui aurait bien arrangé un gouvernement aujourd'hui dans l'embarras. Cependant, certains se sont émancipés et tentent de survivre dans la nature. Comme les esclaves marrons de nos anciennes colonies. Sauf qu'ils sont blonds avec d'immenses yeux bleus. 

Si une partie de la population dénonce  ces « voleurs de travail », d'autres humains sont sous le charme. Dans tous les sens du terme. Ils militent même pour la légalisation du mariage mixte entre humain et hubot. Un combat d'avenir pour la descendance de Frigide Barjot... A voir (et à y réfléchir), ce soir sur Arte à 20 h 50, en replay sur Arte+7. 


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant. 

03/04/2013

Chronique : Tristes tropismes de la téléréalité

 

Koh-Lanta, tf1, Babin, suicide, crise cardiaque, télé réalité, cambodge

Le double drame de Koh-Lanta (mort d'un candidat au début du jeu puis suicide du médecin de l'émission) met fin prématurément à l'utilisation des réseaux sociaux par la production avant la diffusion. Le test était pourtant très attendu par les fans.

D'ordinaire, l'émission de téléréalité bétonne les clauses de confidentialité. Cependant cette année, la communication sera directe. Le présentateur, Denis Brogniart, très actif sur Twitter, lance la machine. Fin mars, il explique à ses abonnés qu'il est sur place et indique deux autres comptes qui twitteront durant le tournage. Le lendemain, tout le monde sait que cette saison se déroule au Cambodge et peut admirer la plage de sable fin, cadre futur du naufrage des candidats.

Et puis plus rien. La transparence sur internet est stoppée net. Sans délai ni préavis. La suite, mort d'un candidat, est expliquée dans un classique article de presse. D'une communication ouverte et maîtrisée, la société de production bascule dans une situation de crise où plus aucune information ne doit filtrer. Pourtant les rumeurs vont bon train, les témoignages anonymes se multiplient. Jusqu'au suicide du médecin. 

Aujourd'hui, face à plusieurs versions des faits, seules les images du tournage pourraient mettre tout le monde d'accord. Mais si elles « fuitent » sur le net, se posera le cas du voyeurisme malsain. Le problème est sans fin... Contrairement à Koh-Lanta, définitivement placé aux oubliettes du PAF.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 

02/04/2013

Chronique : Trop de Thrones

 

game of thrones,lannister,thoros de myr,hbo,saison 3

Ils n'arrêtent pas de me casser les oreilles avec ça depuis une semaine : la saison 3 de la série « Game of Thrones » a débuté ce dimanche. « Ils », ce sont toutes mes connaissances âgées de 18 à 30 ans, un peu geeks sur les bords et passionnées de fantastique médiéval. Ils trépignent, impatients  de découvrir ce que sont devenus John Snow, Daenerys ou Tyrion Lannister, le chouchou de beaucoup.

Petit problème, le premier épisode de la nouvelle saison est diffusé... sur HBO, aux USA. Pour le voir en France, il faudra patienter. Et payer. Car c'est Canal + qui en a acquis les droits. Certes le bouquet d'Orange le diffuse le lendemain de sa sortie, mais comme Bein Sport, ces chaînes se révèlent aussi fantômes que leurs abonnés.

Les vrais passionnés de Game of Thrones s'illustrent par un détail capital : ils savent exactement où aller sur internet pour voir des films en streaming. Avec un souci. Le premier épisode sera-t-il disponible dès le lendemain ou devront-ils attendre plus de 48 heures ? En 2012, Game of Thrones a brillamment remporté la première place au palmarès des séries les plus piratées.

En attendant il existe quantité de sites pour se mettre dans le bain. Comme ce quizz, « à quelle maison appartenez-vous ? » ou cette carte d'Europe à la mode Thrones (la France serait le Stormland dominé par la famille Baratheon). Et si vous aimez le personnage du prêtre rouge Thoros de Myr, vous avez raté l'occasion de le rencontrer : il était la semaine dernière en vacances dans l'Aude.


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant. 

01/04/2013

Chronique : Les faux poissons d'internet

 

poisson d'avril,insolite,détecteur de drogue,facebook,bombe corse

La tradition des poissons d'avril dans les journaux a du plomb dans l'aile. Pas par manque d'imagination des journalistes, mais à cause d'internet et de la recrudescence d'informations insolites. Pour preuve, la semaine dernière trois anecdotes auraient aisément pu faire d'acceptables poissons... si elles n'avaient pas été authentiques. 

Un escroc anglais vend de faux détecteurs de drogue à des policiers belges. Le vendeur peu scrupuleux achète des détecteurs de balles de golf (13 euros l'unité) et explique qu'ils peuvent également repérer drogue, explosifs et même cadavres... Il se montre tellement convaincant dans sa démonstration qu'il parvient à les écouler 25000 euros pièce. Tout le monde pourrait croire à un poisson en raison de la nationalité des grugés. Et pourtant...

Un juge canadien condamne une adolescente. La sanction : interdiction d'aller sur Facebook durant une année. A 12 ans, elle a proféré des menaces contre deux de ses camarades sur son mur Facebook. Elle affirmait vouloir les étrangler... Il t a des relents de poisson car interdire à une ado d'aller sur Facebook, durant une année en plus, paraît complètement impossible à moins de l'exiler au pôle Nord...

La sous-préfecture de Draguignan est évacuée après une alerte à la bombe. Dans le colis on ne retrouve que des saucissons. Pas crédible dès qu'on précise que la charcuterie est... corse.

Alors merci le web de nous faire vivre dans l'ambiance du 1er avril 365 jours par an !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce lundi 1er avril. 


30/03/2013

Chronique : De l'âge des SMS

sms,smartphone,fossé des générations,parents,enfants,j'ai lu,hattabFin 2012, 72 millions de téléphones portables étaient actifs en France. Soit un taux de pénétration supérieur à 110 %. En clair, tout le monde   aujourd'hui a la possibilité d'envoyer des SMS. Mais pas évident de tout comprendre dans ce langage mis au point par des jeunes, pour des jeunes. Les contenus parfois abscons donnent l'idée à Alexandre Hattab de collecter les échanges les plus surréalistes quand « Mes parents font des SMS » (J'ai Lu, 5 euros). Si le premier chapitre reste relativement indulgent pour les aînés, les choses se gâtent par la suite. Notamment dans le chapitre « La technologie les dépasse » où se trouvent les pires situations, que tout découvreur des smileys ou des abréviations a connu au moins une fois. « Paçe me cherch& hallah Bouh-tik, Pas-pas » écrit un père à sa fille qui lui répond, désespérée : « Ok mais c'est pas ça le principe du langage SMS ! MDR » Tout le monde sait que MDR est la version condensée de « Mort de rire » sauf cette mère un peu parano : « MDR ça veut dire Maison de retraite ? » Dans les galères techniques, il faut aussi compter avec les touches introuvables. Les messages s'en voient parfois rallongés : « ça va point d'interrogation » ou transformés en galimatias, « Ouestlafoutuebarreespace ». Et puis il y a les situations mignonnes comme cette mère demandant à sa fille si elle s'y connaît en iPhone, précisant que c'est un « Apple iPhone »... On peut en rire, mais si vous débutez en SMS, ce petit livre peut se révéler très utile...

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant. 

29/03/2013

Chronique : Dans le bunker

cyberbunker,spamhaus,piratage,spamConnexion à internet lente, vidéos hachées, boîte mail déboussolée... Depuis une semaine le réseau bafouille. N'accusez pas immédiatement votre fournisseur d'accès (services devenus en quelques années responsables de tous les maux numériques, parfois à juste titre) car les perturbations sont  mondiales et directement liées à l'une des plus importantes attaques de cybercriminalité. Une véritable guerre entre deux entités quasi invisibles pour le public, mais aux antagonismes absolus. D'un côté Spamhaus, société suisse chargée de détecter les sites envoyant ces millions de spams. S'ils tombent directement dans votre corbeille, c'est grâce à Spamhaus et ses programmes espions. De l'autre Cyberbunker, un site néerlandais chantre de la liberté totale et très peu regardant sur le pedigree des organismes hébergés. Spamhaus a placé Cyberbunker sur sa liste noire. Les Hollandais, dont les serveurs sont localisés dans un ancien bunker de l'OTAN, n'apprécient pas. Ils auraient donc lancé cette cyberattaque en bombardant Spamhaus de millions de demandes de connexions simultanées grâce à toute une batterie de robots implantés dans les pays de l'Est. Résultat, tout le réseau est ralenti par cette augmentation brutale du trafic.

Et voilà comment cette guerre invisible impacte le quidam, pestant sans son coin sans savoir qu'il n'est qu'un grain de sable dans une tempête planétaire. Ainsi va Internet, entre individualisme et gigantisme.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant.  

28/03/2013

Chronique : Summly the best

Summly Launch from Summly on Vimeo.


A 17 ans, Nick D'Aloisio a toutes les chances de devenir le plus jeune e-millionnaire de la planète. Il vient de revendre sa micro société et son application vedette Summly la bagatelle de 30 millions de dollars au géant « Yahoo! ».

Petit génie de l'informatique, ce lycéen anglais aime bidouiller. A 12 ans, dans sa chambre, au lieu de se pâmer devant les posters de Justin Timberlake ou des Pussycat Dolls, il se lance en solo dans l'invention d'applications pour smartphones. Un programme pour partager ses goûts musicaux au début, un autre, « totalement inutile et affreux » selon ses propres dires, est un tapis roulant pour doigts... Il découvre les algorithmes à 14 ans et met au point une application chargée de définir l'humeur de quelqu'un en fonction de ses statuts Facebook. Algorithmes qui constituent la clé de voute de Summly. L'application fait un tabac sur l'AppleStore. Noyé par le trop-plein d'informations sur le net ? Summly se charge de sélectionner les faits les plus importants et les résume en 400 signes. En condensé (façon Summly) cette chronique donne approximativement : « Un lycéen devient millionnaire en créant un robot numérique capable d'écrire ses résumés de texte »... 

Cette belle histoire en fera rêver plus d'un. Notamment les geeks dénués du moindre talent artistique, sportif ou... relationnel. Car en réalité, la façon la plus simple de devenir millionnaire est et restera l'héritage.  

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant. 

27/03/2013

Chronique : avec Christine Boutin c'est cinéma pour tous

 

mariage pour tous,christine boutin,cotillard,cinéma,tumblr

Marion Cotillard a du mouron à se faire. Moquée pour sa scène d'agonie dans le dernier Batman, elle a trouvé encore plus mauvaise actrice qu'elle. C'est du moins l'avis d'internautes particulièrement méchants avec... Christine Boutin.

L'opposante au mariage pour tous manifeste dimanche à Paris. Au mauvais endroit au mauvais moment, elle est visée par des tirs de CRS. Plus habituée à se faire asperger d'eau bénite que de gaz lacrymogène, elle s'évanouit. Allongée sur la chaussée, la main sur le haut de la tête, elle est secourue par d'autres manifestants. Une scène photographiée par l'AFP. Le cliché se propage, comme le symbole des violences policières gratuites. Et est immédiatement parodié sous le mot-clé #JoueLaCommeBoutin. Car pour les internautes, ce n'est que comédie. Les copieurs restent parfois sobres, reproduisant la scène à l'identique, avec simplement quelques éléments rajoutés (un exemplaire de Têtu, une boîte d'Alka Seltzer). D'autres reconstituent la scène en Lego ou la comparent à des œuvres d'art, notamment une peinture de Jésus Christ, après sa crucifixion, allongé contre la Vierge Marie.

Pourtant, selon la principale intéressée, ce n'était pas du chiqué du tout. Dans un twitt, Christine Boutin revient sur le buzz : « Je vous remercie tous pour vos mises en scène qui sont souvent très drôles. Mais pour moi c'était du vrai ! »

Mauvaise actrice peut-être, mais pas dénuée d'humour !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 

26/03/2013

Chronique : Cyborgs à lunettes persona non grata

cyborg,google glass,vie privéeVie privée contre réalité augmentée. Les gadgets concoctés par certaines entreprises se montrent ludiques. Mais aussi très intrusifs.

En Angleterre, trois Londoniens attachés à la protection de la vie privée lancent une campagne intitulée « Stop the cyborgs ». Il ne s'agit pas de barrer le passage à d'hypothétiques Terminators en provenance du futur mais bien de s'opposer aux « Google Glass » que le moteur de recherche projette de commercialiser l'année prochaine. Ces lunettes connectées permettent de vivre une réalité augmentée. Non seulement vous aurez des indications en surimpression (heure, température, trajet...) mais aussi la possibilité de photographier ou filmer ce que vous voyez. Les lunettes réagissent aux commandes vocales et les images peuvent être diffusées en direct. D'accord, elles permettent de partager. D'espionner aussi.

Pour « Stop the cyborg », le but consiste à éviter « un futur dans lequel la vie privée est impossible et le contrôle des entreprises total ». Et avant même que les lunettes ne soient mises sur le marché, un logo existe, à apposer à l'entrée de lieux où elles seront interdites. Un bar à Seattle, le 5 Point Café, est le premier à relayer l'initiative.

Excessives ces craintes ? Pas sûr. Il suffit de voir comment les smartphones sont devenus indispensables. Or, ils permettent aux opérateurs (et donc aux autorités) de vous « tracer » au mètre près. Si en plus ils détiennent l'image et le son, la vie privée deviendrait effectivement un concept du passé.   

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.