21/01/2013

Chronique : De la neige sur tous les écrans

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Exploit du jour : trouver une photo sans neige sur les réseaux sociaux ! Tous, du nord au sud, ont partagé sur Twitter, Facebook ou Instagram les quelques flocons tombés ce week-end en ville ou dans la campagne.

Incroyable comme un phénomène météorologique vieux comme le monde peut encore provoquer enthousiasme et émerveillement. Sarcasme aussi car il y a toujours des aigris pour dénigrer les joies simples. Sur Twitter par exemple, ils sont nombreux à donner la hauteur dans leur rue ou photographier leur bonhomme de neige, mais plus encore envoient des messages pour se plaindre du fait que tout le monde parle de la neige... 

Après, c'est un sujet de plaisanterie comme un autre. ‏@Dedodante prévient : « À tous ceux qui s'éclatent en mangeant des flocons de neige j'espère que dieu existe et qu'il se marre en vous voyant bouffer ses pellicules. »


On a échappé au pire pour ‏@bengallerey : « On a de la chance que les flocons n'aient pas une petite tête de chaton mignon, l'Internet n'aurait pas tenu le choc. »


Mais pourquoi une telle avalanche (blague à deux balles) de photos de neige ? Un certain Laurent tient l'explication : « La neige est beaucoup plus photogénique que la pluie qui a toujours été incapable de poser correctement. » 


Hier la neige était en vedette. Aujourd'hui elle sera oubliée. La boue va lui voler le premier rôle. Même si annoncer sur internet que l'on patauge dans la gadoue est beaucoup moins enchanteur. 

 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.

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19/01/2013

Chronique : Le roi du télétravail

Je ne me féliciterai jamais assez de l'apparition du télétravail. Cette invention est une bénédiction pour moi. J'écris ces lignes confortablement installé dans mon salon, tasse de café maison à portée de main et une cigarette aux lèvres. Le plaisir de fumer en écrivant, disparu depuis quelques années dans les rédactions, est toujours autorisé aux télétravailleurs. 

Pas très politiquement correct sans doute, mais peu de chose à côté de l'histoire de Bob, un ingénieur américain à qui l'on peut décerner le titre de roi du télétravail. Chargé de développer des programmes informatiques pour son entreprise, Bob imagine une combine géniale. Il sous-traite son travail à une société en Chine. Il se contente, chaque matin, de donner les directives à une entreprise chinoise, puis de passer ses journées à surfer sur le net (facebook, ebay, vidéo en streaming...). En fin d'après-midi, il récupére les fichiers et programmes et les communique à sa hiérarchie... Le pot-au-roses est découvert après un audit de sécurité. Les connexions avec la Chine sont prises par la direction pour des attaques de pirates... En fait les Asiatiques étaient leurs meilleurs éléments car Bob se voyait régulièrement félicité pour son « travail ». Son subterfuge découvert, désormais Bob pointe au chômage. Enfin, il demande peut-être à des Chinois de le faire à sa place. Il n'y a pas de raison qu'il abandonne un aussi bon plan. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant

17/01/2013

Chronique : « Vas-y le Préfé ! »

 

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Il neige en Moselle. Les routes sont glissantes. La préfecture ouvre une cellule de crise et analyse la situation. Le service de communication annonce sur Twitter qu'il n'est pas nécessaire de « prendre un arrêté d'interdiction de circulation des transports scolaires. » Une décision qui n'est pas du goût des jeunes Twittos mosellans. Ils apostrophent vertement le compte @PrefetMoselle. Qui répond calmement, avec pédagogie. Des conversations au-delà du surréalisme, à mourir de rire si l'on maîtrise un minimum l'orthographe et la politesse (deux denrées en voie de disparition dans ce département de l'Est de la France). Un Tumblr a rassemblé les meilleures sorties dont voici un florilège (et encore toutes mes excuses pour le langage « fleuri » de certains). @YoungMuiaBaby menace « T'as vue comme y neige negro ! Tu me met un arrêté illico ou j'crame la préfecture ! » Un certain @BadDreeam est tout aussi direct : « Vazy fou un arret préfectoral juska vendredi 00h fait pas ta lopsa. » @NicoWayne3 invective « Oh met un arreter prefectoral ou jte nike ta mere ! » Réponse policée de la préfecture avec un sublime et culte « Etes-vous sûr d'utiliser le ton adéquat ? » Mais Nico est susceptible : « Tu veux pas que je te baise les pieds non ? »

 

Sur Twitter, la patience du communicant de la préfecture de Moselle a été louée. D'autres se sont étonnés : « Je ne savais pas qu'on pouvait écrire autant de fautes d'orthographe en 140 signes. » Logique pourtant. Ce n'est pas pour rien qu'ils ne veulent pas aller en cours... 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.

16/01/2013

Chronique : le théorème de la fracture appliqué au Mariage pour tous

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Un nouveau théorème est apparu avec l'arrivée d'internet et des réseaux sociaux ces dernières années : « Tout fait de société légèrement clivant se transforme en vif débat sans fin s'il s'échoue sur les plages numériques. » Le mariage « pour tous » ou « gay » (biffez selon votre sensibilité) en est l'exemple parfait. Comme à l'époque de l'affaire Dreyfus, chacun a un avis, une position, une conviction. Impossible de rester neutre.

La manif de dimanche amplifie encore la fracture. Guerre civile  en vue ? Non, car si les « anti » sont assez radicaux dans leurs revendications, les « pro » ont une arme de destruction massive à leur disposition : l'humour. Comment ne pas rire en lisant que Jésus, le premier, a fait l'article pour le mariage gay quand il dit à une douzaine d'hommes « Aimez-vous les uns les autres... »


Même ironie sacrilège pour cet abonné de Twitter : la Vierge Marie a fait appel à la PMA, « procréation miraculeusement assistée ».


Frigide Barjot s'enflamme dans des tirades beaucoup moins comiques. Pourtant son livre « J'élève mon mari » ne manquait pas de piquant à l'époque. 

La fracture touche même la météo. Sur Itélé, Thierry Fréret annonce des températures hivernales, et conseille aux manifestants de bien se couvrir. Mais sur France 3, Jean-Marc Souami estime qu'il n'est « pas la peine de mettre de mettre le nez dehors. Une journée à rester sous sa couette. » Quand un débat de société prend le dessus sur le temps qu'il fait, c'est que l'heure est grave !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

15/01/2013

Chronique : le cri du coeur de Manu Larcenet : "Ne votez pas pour moi !"

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Iconoclaste jusqu'au bout du pinceau, Manu Larcenet, auteur de bande dessinée, se distingue toujours par quelque action d'éclat. Il débute dans Fluide Glacial dans le domaine de l'humour, mais devient célèbre avec « Le combat ordinaire » et « Blast », des romans graphiques salués par la critique et le public. Sur son blog, « Epais et tordu », il s'en prend régulièrement aux critiques BD, aux forums, aux éditeurs, à ses collègues... Souvent sans nuance, limite méchant. La marque du génie, sans doute.

Ce week-end il poste un nouveau texte sur le festival d'Angoulême. La grand-messe du neuvième art (40e édition du 31 janvier au 4 février) modifie l'élection du « grand maître de l'année ». Les professionnels de la BD sélectionneront trois noms dans une liste de 16 auteurs proposés par les organisateurs. Quant aux précédents Grands Prix,  ils choisiront l'heureux élu parmi ces trois noms. 16 auteurs dont Manu Larcenet fait partie. Dans son billet, le créateur de Bill Baroud demande clairement de ne pas voter pour lui ! On reconnaît dans cette prise de position toute la modestie d'un dessinateur majeur. Enfin modeste, mais quand même pas au point de laisser ses collègues décider seuls. « Dieu lui-même me l’a dit : Votez Cosey. Et pas Larcenet, surtout. Et ne me faites pas de coup en douce, hein, je vérifierai chaque bulletin avec Dieu » écrit-il sur son blog.

Si j'étais auteur de BD, rien que pour l'embêter, je voterais Larcenet. D'autant qu'il le mérite largement ce titre de grand maître ! 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant. 

14/01/2013

Chronique : Un génie est parti, RIP Aaron Swartz

aaron.jpg

Internet et les nouvelles technologies permettent l'éclosion d'une génération de génies, des visionnaires plein d'avenir. L'un des meilleurs,  des plus idéalistes, Aaron Swartz, 26 ans, ne bousculera plus les zélateurs d'un internet policé et protectionniste. Aaron s'est pendu le week-end dernier dans son appartement à New York. Le mois prochain, il devait être jugé dans une affaire de piratage de base de données des bibliothèques universitaires américaines. Il risquait 35 ans de prison. 

Aaron Swartz fait parler de lui dès ses 14 ans. Il participe avec d'autres chercheurs à la mise au point du format RSS. Un outil que l'on retrouve sur  les sites internet aujourd'hui et qui permet de recevoir sur sa boîte mail un lien pour toute mise à jour. Faciliter l'accession à la connaissance aura été le combat incessant d'Aaron Swartz. Il fonde le site communautaire Reddit et se révèle l'un des plus actifs contre les nouvelles lois antipiratage SOPA aux USA. Nouveau coup d'éclat quand il met gratuitement à disposition de tous les revues scientifiques et littéraires de plusieurs universités. Ces dernières ne le poursuivent pas, mais un attorney fait du zèle, pour l'exemple. Le procès n'aura finalement pas lieu. Aaron a préféré abandonner la partie au prix de sa vie.

Cory Doctorow, écrivain, souligne que « le monde est un meilleur endroit avec lui dedans. » « Little Brother » roman paru chez Pocket Jeunesse s'inspire un peu du parcours d'Aaron Swartz. Mais la fin est beaucoup moins triste...

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.

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12/01/2013

Chronique : Twitter, roi de la blague pourrie

humour, blague, twitterAu concours des blagues les plus pourries, Twitter est imbattable. Il paraît que les humoristes y puisent parfois des idées. Pourtant se distinguent  souvent par leur niveau dramatiquement bas. La faute peut-être à la longueur. 140 signes, pas énorme pour planter une situation et amener la chute. Voilà un petit florilège trouvé hier sur le micro-réseau social.  

Gontran Main fait dans le jeu de mot : « William Lemeyrgie est notre avenir. Économisons-le. » Dans le même genre, cette devinette de H. Patrice : « Quel est le sport préféré des racailles ? Tous les sports hippiques. Hippique ta voiture, hippique ton vélo, hippique ta mobylette... » 

Certaines sont abandonnées avant même d'avoir existé comme cette constatation de Diane Saint-Réquier ‏: « Je me tâtais à faire une blague à base de Kurde Cobain, mais en fait c'est pas drôle. »  Plus compliqué, arriver à faire sourire avec des considérations très personnelles comme Janine, auteur de BD : « Petit déjeuner : brioche. Déjeuner : brioche. Forme et consistance de mon corps : brioche ». Il arrive même que certains fassent des propositions de titres pour la presse. Jean-Daniel Flaysakier, médecin, propose : « Pilule de 3e génération : coup de frein sur les plaquettes »,  précisant qu'il s'agit d'une « titraille nulle et libre de droits »...

Le dernier mot revient à Hugues Serraf : « Sur Twitter, quand tu fais une vanne en 140 signes, il faut que tu l'expliques en 280. »

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant.

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11/01/2013

Chronique : Big Brother existe, il a de grandes oreilles

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Ras-le-bol des files d'attente. Poste, banque, cinéma, caisse de supermarché... Mieux vaut ne pas additionner toutes les heures perdues à patienter que cela soit enfin à son tour. Heureusement les nouvelles technologies permettent de raccourcir ce temps gâché. Du drive au billet d'avion acheté en ligne, internet déploie tous ses atouts.

Une étape supplémentaire va être franchie par les parcs Disney aux USA. S'il est bien un lieu où il faut être armé d'une patience à toute épreuve, ce sont ces parcs d'attraction. Entre chaque manège, vous passez de longs moments à détailler les autres visiteurs et tenter de calmer vos enfants. La révolution prendra la forme de bracelets dotés de puces RFID. Ce passe d'un nouveau genre servira aussi de moyen de paiement et de clé d'hôtel. Il vous renseignera sur le temps d'attente des animations et offre trois attractions (de votre choix) en VIP. Mieux, les animateurs seront eux aussi connectés. « Joyeux anniversaire Kevin ! » s'exclamera Mickey en accueillant votre petit dernier...

Cette technologie est cependant très décriée par les défenseurs des libertés individuelles. Une fois le bracelet enfilé, tout ce que vous ferez est enregistré et décortiqué. Une base de données inespérée pour les publicitaires. Impossible de cacher vos goûts, vos préférences culinaires ou de loisirs. Encore plus problématique quand il s'agit de mineurs. 

Big Brother existe. Il a de grandes oreilles... 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue vendredi en dernière page de l'Indépendant.

10/01/2013

Chronique : invasion de :poop: sur les murs Facebook

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Amis du bon goût, bonjour. Et passez votre chemin. Cette chronique n'est pas pour vous. Les caganers de Catalogne Sud n'ont pas le monopole de l'excrément rieur. Grâce à un collègue farceur, j'ai découvert tout le charme du poop (prononcez « poupe »). « Sur une zone commentaire, notamment sur Facebook, tu tapes :poop: Tu verras, c'est marrant ! » Inconscient, je me lance. Mais de nature un peu méfiante quand même (le sourire ironique du collègue laisse deviner une fourberie), je choisis le mur d'un ami de confiance. J'écris le mot magique, je valide et mon :poop: se transforme en un ravissant... étron. Très marrant ! Certes un peu embarrassant, mais marrant. Si j'étais meilleur en anglais j'aurais su que poop a la même signification que shit ou crap. Par chance, ma victime est un fan inconditionnel des pétomanes, autre façon de transgresser son stade anal. 

Sachez-le, badigeonner le mur virtuel de quelqu'un avec des excréments tout aussi factices s'exécute avec une facilité déconcertante.  Reste à savoir quel programmateur dérangé a réussi l'exploit d'associer cette suite de six caractères à l'image d'un étron ? 

Et pour les perfectionnistes, il existe même des sites pour récupérer des « emoticons » plus élaborés. Dans la catégorie « pooping » vous trouverez des fèces fumantes, des oiseaux atteints d'entérite aiguë, un plombier arrosé ou un smiley marchant dans une crotte : il y en a pour tous les (mauvais) goûts. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue mercredi en dernière page de l'Indépendant.

08:02 Publié dans Humeur, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : poop, étron, emoticone, facebook

09/01/2013

Chronique : Jeu presque mortel

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Haro sur les jeux vidéos. Source fréquente de discorde familiale, entre frères et sœurs notamment, l'affaire peut aller beaucoup plus loin quand l'addiction aux manettes dépasse les bornes.

L'histoire se passe en Chine. Un bon père de famille se désespère. Son fils, 22 ans, titille le joystick à longueur de journée. Sans travail, ni volonté d'en trouver, il préfère vivre par procuration sur un jeu en ligne. Le père, à bout d'arguments a l'idée du siècle. Si son fils joue, c'est qu'il gagne et y trouve du plaisir. Pour le dégoûter, il faut qu'il perde.

Dans ses jeux favoris, style World of Warcraft ou Call of Duty, perdre c'est se faire tuer. Le paternel  recrute donc sur internet des tueurs à gages... virtuels. Ils ont pour mission de s'immiscer dans les parties du fils et de tout faire pour l'occire.

Imaginez, vous êtes en plein dégommage de terroristes à tire-larigot. Concentrés sur les tirs de l'ennemi. Et tout à coup, votre coéquipier, sans crier gare, vous abat froidement. Une fois, deux fois... De quoi piquer une crise d'épilepsie puissance mille. Le jeune joueur chinois se doute rapidement de l'embrouille. Il devine aussi que son père a organisé toute la mise en scène. Une petite explication plus tard, papa annule tous les contrats. Fiston a promet de lever le pied sur les parties et de chercher sérieusement du travail.

Tout est bien qui finit bien dans ce monde virtuel où l'on peut mourir 20 fois d'affilée, ou assassiner son propre fils, sans en faire le moindre cauchemar.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.

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08/01/2013

Chronique : Trois images au hasard pour résumer internet

gege.jpg

Internet déverse quotidiennement un flot d'images. Sans tri, ni mise en perspective. Le « choc des photos », marque de fabrique d'un hebdomadaire, est mis en pratique à tout moment. Trois exemples vus ce week-end.  

Le ridicule absolu en visionnant, sur le site officiel de la république de Mordovie, la photo d'un Gérard Depardieu engoncé dans un costume traditionnel de cette région de Russie. A un tel niveau de tartufferie, on ne comprend pas le foin fait autour de cet exil fiscal. Notre Gégé (de moins en moins national) est devenu l'un des ces personnages outrageusement caricaturaux inventés par les auteurs de Groland... 

L'émerveillement en détaillant l’œil blanchâtre et les tentacules d'un calamar géant filmé à 900 mètres de profondeur. Le monstre marin de 8 mètres de long a fait une brève apparition devant un sous-marin japonais spécialement affrété pour le filmer. 

L'horreur en comprenant les raisons d'une collision frontale triplement mortelle près de Nantes. Un jeune de 24 ans se filme en train de foncer à 200 km/h sur une petite route départementale. Pour quelques images si prisées sur certaines plate-formes vidéo, il prend des risques déments. La collision est effroyable. Le jeune conducteur est tué sur le coup ainsi que deux autres personnes dans l'autre voiture. On ne verra pas cette image sur internet, mais on l'imagine. C'est insoutenable. 

Ainsi vont les images sur internet. Parfois belles, parfois horribles, souvent banales. Le miroir sans tain de notre société.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.

07/01/2013

Chronique : La révolution des audiences télé passe par Twitter

 

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Enterrées les audiences télé de Médiamétrie et les parts de marché sur les ménagères de moins de 50 ans. Le succès d'un programme est désormais tributaire de la célébrité de son hashtag (mot-clé) sur Twitter. Le réseau social se révèle chaque jour plus populaire et pratique pour commenter les émissions en direct. Le site Devantlatélé.com utilise et analyse en live cette interactivité. A la fin de la journée, il publie les dix émissions auxquelles les abonnés de Twitter ont réagi le plus. Et le classement est rarement le même que celui de Médiamétrie. Samedi par exemple, la chaîne Gulli fait longtemps la course en tête. Avec 16730 tweets, l'émission de Laurent Ruquier sur France 2 l'emporte de peu face au programme diffusé par la chaîne jeunesse de la TNT. Gulli a fait le bon choix avec un docu-réalité sur les coulisses de la tournée de Justin Bieber...

La télé-réalité reste une valeur sûre des audiences, sur Twitter aussi. Koh-Lanta le vendredi, Star Academy le jeudi, Nouvelle Star le mardi : les « petites » chaînes montent en grade dès qu'il s'agit de donner son avis sur la dernière trahison dans le camp des rouges, les fausses notes d'un candidat ou la colère surjouée d'un « prof ».

Ce mariage entre réseau social et télévision ne peut que progresser. D'autant que le CSA, depuis la semaine dernière, autorise les chaînes à citer les marques Twitter et Facebook à l'antenne. Il l'interdisait auparavant car le considérait comme de la... publicité clandestine. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.

05/01/2013

Chronique : Tweeter en travaillant

quick.jpg

Décrire la réalité de son travail, si on est doté d'un bon sens critique, peut rapidement vous conduire à la case chômage. Embauché en CDI dans un restaurant Quick du sud de la France, un abonné à Twitter fait un récit détaillé de ses conditions de travail.

Début novembre, il ouvre le compte @EquipierQuick et publie quotidiennement plusieurs messages. Rapidement il fait découvrir les coulisses d'un fast-food. Hygiène défaillante : « Une sauce a passé la nuit hors du frigo... J'ai eu l'ordre de la mettre en place pour le rush du midi ».

Harcèlement de la part d'une manager : « Ça y est on est sous pression avec cette manager qui se croit tout permis... » « Juste avant de partir j'ai eu le droit à des moqueries de la manager... "mais on dirait que t'es une meuf !"... »

Le compte, très vivant, loin d'être seulement une tribune revendicative (il raconte aussi les pauses sympa, la bonne humeur du matin...), est suivi par plusieurs milliers de personnes. Mais ce type de grosse entreprise supporte mal de ne pas maîtriser sa communication à la virgule près. L'employé caché derrière @EquipierQuick, identifié par le siège, est suspendu fin novembre, avec émoluments, mais sans explication.

Jeudi, la société de restauration annonce sur son site son intention de le poursuivre pour diffamation... Pourquoi cette affaire prend-elle une telle ampleur ? Peut-être parce que le restaurant décrit est celui d'Avignon, déjà sous le feu des projecteurs après la mort d'un de ses clients intoxiqué en janvier 2011.  

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce samedi

04/01/2013

Chronique : Champions de la reconversion

fourcade.jpg

Se vendre sur internet n'est pas réservé aux plus pauvres, telle cette étudiante brésilienne monnayant sa virginité (vendue 600 000 euros à un Japonais) ou cette Espagnole obligée de mettre quelques-uns de ses organes aux enchères pour payer son loyer. Même les champions sportifs se retrouvent sur le marché.

Le site internet laboxdesetoiles.com vend des demi-journées (299 euros, groupes de 10 personnes maximum) en compagnie de célébrités rémunérées pour faire découvrir leur sport. Le « catalogue » est très diversifié. Du champion du monde de foot (Laurent Blanc ou Lilian Thuram) aux médaillés olympiques (Laura Flessel) en passant par quelques skieurs comme Carole Montillet.

Les rencontres se déroulent à l'INSEP de Paris ou dans une station de ski. Par exemple, vous pouvez jouer le fan de Martin Fourcade, le Catalan champion de biathlon. Le rendez-vous se passera à Autrans et attention un minimum de condition physique s'impose. Le programme est clair : « 9 h 30 départ sur les pistes. 13 h 30  échange avec le champion, dédicaces et photos ». Quatre heures dans le sillage de Martin Fourcade, personnellement, si je ne dispose pas d'un scooter des neiges, c'est l'infarctus assuré.

Les dames craqueront peut-être pour un nageur. Elles peuvent mettre dans leur cabas Amaury Leveaux ou Alain Bernard. Non, Camille Lacourt n'est pas en rayon ! Pas de footballeur en activité non plus. Dommage pour Zahia, je parie qu'elle aurait aimé rendre la monnaie de sa pièce à Franck Ribéry...

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03/01/2013

Chronique : Vue de chien

 

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Voulez-vous connaître les secrets de la vie de votre animal de compagnie ? Une caméra vidéo miniature, à accrocher au cou de votre chien ou de votre chat, vous permet de tout savoir sur ses escapades solitaires, loin de son doux foyer. Fabriqué par eyenimal.com et en vente sur divers sites spécialisés, ce gadget coûte entre 100 et 125 euros. Il enregistre durant plus de deux heures, des scènes récupérables sur l'ordinateur grâce à un câble USB. Les petits films présentés sur le site montrent des déambulations sur les toits ou dans les jardins en friche. Rien de bien extraordinaire. 

Si par bonheur mes chiens et chats en étaient équipés, je pourrais publier des scènes plus croquignolesques. Comme ce jour où, Pitchoun, un terrier très futé, a boulotté toute une tarte, préparée par ma belle-mère et laissée imprudemment à refroidir sur la table de la cuisine. Le retrouver repu, le ventre ballonné dans son panier m'a fait éclater de rire. Ma belle-mère pas du tout. Voir son approche, la façon dont il a bougé une chaise afin de l'utiliser comme marchepied et son plaisir de dévorer sa proie une fois à destination : voilà ce que la dog videocam aurait enregistré dans ce cas précis.

Si j'en équipe toute ma ménagerie (deux chiens et trois chats), je peux même me transformer en réalisateur animalier. Notamment le jour où les chats ont attaqué un poulet mis à décongeler sur le plan de travail de la cuisine et l'ont fait tomber pour que les chiens se goinfrent eux aussi... Alors, je saurai enfin qui est le meneur de notre Club des cinq à quatre pattes.


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue jeudi en dernière page de l'Indépendant.

02/01/2013

Chronique : Nouveaux lingots d'or made in Apple

 

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Smartphones et tablettes sont les nouveaux symboles de notre société de consommation. Stars des cadeaux de fin d'année, ils amorcent une entrée fracassante dans l'actualité du grand banditisme. Signe des temps, les braqueurs ne s'attaquent plus aux bijouteries mais aux Apple Stores.

Ces attaques éclair, fréquentes aux USA, traversent pour la première fois l'Atlantique. Le soir du réveillon, quatre hommes armés pénètrent par effraction dans l'Apple Store de Paris Opéra, neutralisent les gardiens et dérobent pour un million d'euros de matériel informatique. Les malfrats high-tech emportent leur rapine dans un camion tout bêtement garé à l'entrée de la boutique. Des centaines d'iPhones et d'iPads vont se retrouver sur le marché noir à des prix défiants toute concurrence.

Paradoxe de la modernité, en s'attaquant à Apple et ses petits bijoux de technologie, les voleurs font aussi dans la culture. Un iPad, seul, n'est qu'une coquille vide. Il peut contenir des milliers de romans ou de films. Un rangement, compact et moderne, mais juste un rangement. Il y a 15 ans, les voleurs, pour obtenir un butin équivalent, auraient dû dévaliser des kilomètres et des kilomètres de rayonnages de bibliothèque. Encombrant et totalement invendable.

Smartphones et tablettes sont de plus en plus petits, compacts, performants. Comme le métal précieux, ils n'occupent quasiment pas de place au regard de leur valeur. Plus de doute, ces appareils sont les lingots d'or du XXIe siècle. 

En bonus, le reportage d'une télévision américaine sur le casse d'un Apple Store aux USA. 


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 

01/01/2013

Chronique : dernier bilan de 2012, ras le Psy

2012 sur le net : que reste-t-il d'une année de surf virtuel ? Tentative de bilan, épisode 6/6.

 

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L'année 2012 ne restera pas dans les annales comme celle de la réélection de Barack Obama ou du retour au pouvoir des socialistes en France. Cela aurait pu être celle de la fin du monde, mais au final, s'il n'en reste qu'un pour symboliser cette année, ce sera le chanteur coréen Psy. Internet a une nouvelle fois accouché d'un « phénomène » que personne n'a vu venir. Les plus « branchouilles » des veilleurs du net annonçaient le déferlement de la K-pop sur le reste du monde. C'est une parodie de cette musique sucrée et aseptisée, alliée à une danse aussi simple que ridicule, qui a mis tout le monde d'accord. Le clip « Gangnam Style » affole le compteur de YouTube depuis quelques mois. Avec plus d'un milliard de vues (1,083 exactement à 24 heures du réveillon) il pulvérise tous les records. Et ce n'est pas prêt de cesser. Il suffit d'imaginer, ce soir, les hordes de fêtards avinés en train de danser à la Psy. Après la traditionnelle chenille car tradition et bon goût français ne font pas toujours bon ménage. 

Mais comment expliquer l'inexplicable ? Quel sociologue osera décortiquer la signification cachée de ces pas de danse pour en découvrir la substantifique moëlle ? A moins que tout bêtement le physique de Psy ne plaise aux foules. Là où les groupes de K-pop sont nombreux, beaux et excellents danseurs, Psy est rondouillard, pataud et plein d’auto-dérision. Un nouveau Monsieur Tout-le-monde, mais à l'échelle planétaire.


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue lundi 31 décembre en dernière page de l'Indépendant.


 

Chronique : les milliards du net en 2012

2012 sur le net : que reste-t-il d'une année de surf virtuel ? Tentative de bilan, épisode 5/6.

La fortune en un clic de souris. Tout le monde en rêve, certains l'ont fait. En 2012, les milliardaires d'internet passent à la vitesse supérieure. Les sociétés issues du net se lancent à l'assaut des places financières. Première bordée avec Groupon. Son introduction en bourse est un succès, ses premières cotations une catastrophe. Le trafic n'est pas toujours synonyme de bénéfices. Encore plus médiatisée l'arrivée de Facebook à Wall Street. Toutes les actions trouvent preneur à 38 dollars. Mais rapidement le cours dévisse. Mark Zuckerberg perd un milliard dans l'affaire. Il lui en reste encore 5 ou 6... Suffisamment en tout cas pour acheter Instagram, le logiciel de retouche de photos. En 2012, certains chiffres donnent le vertige. 

Le net est un peu le nouvel eldorado du XXIe siècle. Ils sont des millions à espérer faire fortune dans le virtuel. Néanmoins, peu de chanceux font partie des élus. Quand je me suis lancé il y a un peu plus d'un an dans la rédaction quotidienne (sauf le dimanche, mille mercis Jean-Paul Pelras de me permettre de respecter Shabbat) de cette chronique sur le net, je me suis dit : « Fin 2012, je suis millionnaire. » Objectivement, il ne me reste plus que deux jours pour persuader mon rédacteur en chef de m'octroyer une prime à six zéros. A moins qu'un riche mécène (Mark, si tu me lis) aie pitié d'un pauvre chroniqueur... 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue samedi en dernière page de l'Indépendant.

31/12/2012

Chronique : 2012, l'année des Twitteuses !

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2012 sur le net : que reste-t-il d'une année de surf virtuel ? Tentative de bilan, épisode 4/6.

Twitter a ses stars. Et en 2012, elles étaient surtout féminines. De Valérie Trierweiler à Audrey Pulvar en passant par Nadine Morano, elles ont parfaitement maîtrisé le réseau social pour faire parler d'elles. Pas toujours en bien, mais le résultat est le même.

François Hollande à peine élu, la nouvelle première dame de France réussit l'exploit de faire oublier « Carlita » en un seul tweet. Alors que les législatives s'annoncent plus serrées que prévu pour le PS, elle lance un pavé dans la mare en soutenant Olivier Falorni, le dissident de La Rochelle opposé à Ségolène Royal. Exit le débat politique, la guerre entre l'ex et la nouvelle éclipse tout débat de fond. Depuis @Valtrier a fermé son compte, puis en a rouvert un nouveau, beaucoup moins personnel, plus politiquement correct...

twitter, morano, pulvar, valtrierAndrey Pulvar aussi fait beaucoup jaser les twittos. Journaliste reconnue et compétente, elle change de statut en devenant la compagne d'Arnaud Montebourg. Là aussi, un certain voyeurisme est à l'origine de son succès. Femme de ministre, elle doit mettre un bémol dans ses interventions. Et c'est sur Twitter qu'elle annonce sa séparation. Qui dit que la gauche ne peut pas faire dans la peopolitique ?

twitter, morano, pulvar, valtrierMais la reine de Twitter reste et restera pour toujours Nadine Morano. Un délice pour les observateurs amateurs de second degré involontaire. Nadine, surtout, ne change rien !  

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue vendredi en dernière page de l'Indépendant.

13:56 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : twitter, morano, pulvar, valtrier

30/12/2012

Chronique : Prisonniers du net en 2012

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2012 sur le net : que reste-t-il d'une année de surf virtuel ? Tentative de bilan, épisode 3/6.

Utiliser Internet n'est pas dénué de danger. En cette année 2012, en plus des blogueurs chinois, arabes ou cubains emprisonnés arbitrairement (mais ce n'est pas nouveau), deux fortes personnalités sont privées de liberté pour un tout autre motif. Coup de théâtre en janvier : le site Megaupload (60 millions d'utilisateurs) est supprimé et son fondateur, le très folklorique Kim Dotcom, arrêté en Nouvelle-Zélande. Ce milliardaire du piratage internet, adepte des voitures de course et du clinquant en tout genre, reste un mois dans les geôles d'Auckland. Les USA tentent vainement de l'extrader. On chiffre les pertes pour les ayants droit, en raison du piratage, à près de 500 millions de dollars. Placé sous contrôle judiciaire, Kim Dotcom a l'intention de se relancer : il annonce l'ouverture de Mega vers le 20 janvier 2013, pile une année après la mort de Megaupload. 

Très différent le parcours de Julian Assange. Le fondateur australien de Wikileaks dérange de nombreux Etats. Le site publie des documents confidentiels, véritables bombes pour quelques démocraties. L'extradition le menace, pour une affaire de mœurs montée de toutes pièces selon ses avocats, il se réfugie dans l'ambassade d'Equateur à Londres le 19 juin. Depuis, il n'a pas quitté le bâtiment, bien que le pays lui ait accordé l'asile politique. Entrepreneur mégalo ou défenseur des libertés, leur point commun : une indépendance entravée par Internet.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue jeudi en dernière page de l'Indépendant.