18/05/2017

Cinéma : Monica Bellucci se met à nue

 


Elle illuminera ce soir de sa grâce et de sa beauté la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes. Monica Bellucci est une icône du cinéma moderne. Une actrice internationale, une star dans toute sa splendeur. Mais derrière l’image parfaite, il y a une femme. Sensible. Intelligente.
Guillaume Sbalchiero, journaliste et écrivain, a voulu aller plus loin que les apparences. Un jour il a sollicité un entretien avec la comédienne. À son grand étonnement, elle a accepté. Elle s’est livrée un peu la première fois. Mais comme elle a accepté d’autres rendezvous (sept au total) elle a totalement cassé l’armure pour se livrer. « Rencontres clandestines » est le récit de ces entretiens, sur plusieurs années, avec quelques pages de liaison où l’interrogateur raconte les circonstances des rencontres et sa vision de ce travail de fond. Un texte magnifique, d’une grande profondeur parfois, qui nous apprend beaucoup sur cette femme libre, mère, épouse et muse de grands cinéastes.
Difficile de tirer des extraits tant tout est intéressant ; mais on peut mettre en lumière cette réponse sur une question portant sur son « raffermissement de caractère » : « Je souffre d’un sentimentalisme exacerbé. Je pardonne beaucoup. Trop... Certaines personnes en ont profité. J’essaie désormais d’être sentimentale sans tomber dans le piège du sentimentalisme ». Ou cette pirouette sur la vieillesse, sur l’âge qui fait que l’on est « moins désirée » : « Je ne sais pas... Il y a toujours de bons gérontophiles ! »
➤ « Rencontres clandestines » entre Monica Bellucci et Guillaume Sbalchiero, éditions l’Archipel, 15 €

15/05/2017

Thriller : les ténèbres souterraines du "Jour du Chien" de Patrick Bauwen

 


Simple moyen de transport pour des millions de Franciliens, le métro est beaucoup plus pour certains détraqués. Ce monde clos, tel un iceberg, ne montre qu’une infime partie de son réseau. Là où les lumières n’existent pas, les ténèbres règnent. Le Chien en a fait son royaume, son territoire de chasse. Ce psychopathe, après avoir poussé d’innocentes victimes sous les rues des rames, se réfugie dans des salles à l’abandon. Là, il a quelques esclaves sur lesquels il peaufine son art de la vivisection.
Le nouveau thriller de Patrick Bauwen est violent. Ce Chien va marquer les esprits. Pourtant ce n’est qu’un personnage secondaire. Le récit se focalise sur Christian, un médecin aux urgences. Dépressif depuis la mort de sa femme, Djeen. Justement poussée dans le métro par le Chien. Quand en direct sur une application du genre de Périscope, il se fait agresser dans le métro, il découvre après coup que la jeune femme, morte depuis trois ans, assiste à la scène. Une intrigue pleine de chausse-trappes, avec en plus du Chien, un couple de politiciens corrompus, des fêtes nocturnes sans limites, un policier bourru et une belle juge, planche de salut de Christian dans sa déprime chronique.
Reste à savoir si Djeen est vivante. A moins que cela soit son fantôme, revenu des profondeurs sombres du métro, qui poursuit Christian et le Chien.
➤ « Le jour du Chien » de Patrick Bauwen, Albin Michel, 21,50 €

14/05/2017

Livres de poche : Et si on essayait de rire maintenant ?

 


Ces 3 000 anecdotes, histoires drôles et mots d’esprit de l’humour juif ont été recueillis par Victor Malka, fervent partisan de l’autodérision mais aussi spécialiste d’histoire de la civilisation hébraïque. Aussi hilarant que cinglant, ce florilège n’épargne rien ni personne, des mères juives aux relations pères-fils, en passant par la vie de couple, l’argent ou encore les bar-mitsva.
➤ « Le dico de l’humour juif », Points, 7,40 €



Nouvelle fournée de ces livres signés Hazeley et Morris. Ils nous présentent les mondes merveilleux du bobo, de la femme au foyer et du premier rendez-vous. Second degré à tous les étages. Sur de gentilles gravures tirées de livres éducatifs des années 50, ils brossent une satire au vitriol de notre société moderne. A lire avec modé- ration, risque de fou-rires intempestifs.
➤ « Le monde merveilleux du bobo », 10/18, 6,50 € chaque volume (en vente le 18 mai)



Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, leurs fils, Matthieu, éternel adolescent ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et… trois belles-filles insupportables ! Satire familiale savoureuse par Aurélie Valognes.
➤ « En voiture, Simone ! », Le Livre de Poche, 7,10 €

13/05/2017

De choses et d'autres : Position de vieux mariés



« Ruade du phacochère », « Cécité de la taupe », « Lapin résolu », ou « Hippopotame blessé »… Ces expressions sont extraites d’un nouvel exemplaire du Kama Sutra, ce livre indien légendaire recensant les multiples positions pour se donner mutuellement du plaisir. Pourtant je ne vous souhaite pas de les expérimenter car cette version satirique de la bible érotique, signé par deux Américains malicieux, est en réalité une version réservée aux époux « après le mariage ». Notamment quand toute passion et folie ont déserté le lit conjugal.
Il est présenté, à juste titre comme « Le guide sexuel le moins érotique du monde ». La « ruade du phacochère » par exemple intervient quand « l’homme ronfle tous les soirs parce qu’il refuse de se faire opérer et que la femme n’a d’autre choix que de secouer son corps inerte dans l’espoir que, d’une manière ou d’une autre, ses ronflements s’arrêteront. » Une trentaine de situations-positions sont ainsi expliquées en quelques mots et présentées dans des gravures qui n’ont rien de libidineuses. On sourit face à ces scénettes, même si parfois on risque fort de se reconnaître dans ces amoureux de longue date.
 ➤ « Le Kama Sutra après le mariage », Hoëbeke, 12 €

13:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kama sutra, mariage, hoebeke

12/05/2017

De choses et d'autres : Un animal bizarre



Charles Foster est un drôle d’animal. Plus exactement Charles Foster se glisse dans la peau des animaux. Il a passé quelques jours sur une prairie pour connaître le quotidien d’un mouton et a depuis multiplié les expériences. Par exemple il a décidé de vivre comme un blaireau. Il s’est creusé un terrier dans une forêt du Pays de Galles, y a dormi la journée pour n’en sortir que la nuit afin de chasser les petites proies nécessaires à son alimentation. Il raconte cette aventure dans son livre de témoignages « Dans la peau d’une bête » dont la version française vient de sortir aux éditions JeanClaude Lattès.
Un blaireau, au grand désespoir de Charles Foster, se nourrit à 85 % de vers de terre. Alors il en a mangé. Beaucoup. Selon lui, ils ont « un goût de terre et de bave ». Et mystérieusement cette saveur est variable. Sans aller jusqu’à tester, je pense que l’appréciation va de « Berk ! » à « Berk ! Berk ! »
Ce test de vie animale est à comparer à la performance artistique d’Abraham Poincheval. Il a commencé par s’enfermer plusieurs jours à l’intérieur d’un rocher ; ensuite tel une poule, il a couvé dix œufs durant trois semaines, jusqu’à éclosion.
Je lui propose pour sa prochaine œuvre extrême de combiner les deux. Il se fait claquemurer dans une coquille d’œuf géante, baignant dans un liquide amniotique. Et au bout de trois semaines (ou neuf mois, ça nous fera des vacances), il en sort, soit en cassant la coquille (version oiseau), soit en empruntant un faux sexe féminin. Sa « renaissance » se transformera assurément en buzz mondial. 

07/05/2017

Livres de poche : trois échappatoires pour fuir une certaine réalité

 


Joseph, 37 ans, mène sa barque comme il peut. Comme tout le monde. Atteindre le soir, le lendemain. La fin du mois. Les prochains congés. Finalement rien n’a changé depuis l’enfance. Mais il n’est plus un enfant, il en a un, Noé, et le bateau prend l’eau. La mère de l’enfant s’en va puis l’enfant à son tour – le temps des vacances. Joseph déboussolé prend le maquis. Le baron perché se serait réfugié dans son arbre. Joseph, lui, commence par grimper dans la cabane qu’il a construite dans un arbre du jardin.
➤ « La part des nuages », Thomas Vinau, 10/18, 6,60 €

 


Tout commence alors que Myriam est encore adolescente. Extrêmement introvertie, elle vit chez son père qui l’a élevée seul. La mort de leur voisine fait débarquer dans le quartier un homme d’une quarantaine d’années, Yann, qui très vite devient son premier amant. Chronique d’une émancipation borderline, ce roman raconte une vie hors des codes, entièrement construite à la faveur de rencontres et de situations. On croit tout savoir de Myriam, mais peut- être nous a-t-on caché l’essentiel ?
➤ « Dispersez-vous, ralliez-vous ! », Philippe Djian, Folio, 6,60 €


Ça bouge au 36 Quai des Orfèvres. De nouvelles recrues rejoignent les rangs de la brigade maudite du commissaire Anne Capestan, dont Saint-Lô, sorti de l’hôpital psychiatrique et Ratafia, rat policier. Sale affaire pour l’équipe de bras cassés : trois assassinats éparpillés sur le territoire. Dialogues hilarants, suspense et dérision... après le succès de Poulets grillés (Prix Polar en série, Prix des lecteurs du Livre de Poche), Sophie Hénaff récidive. On adore !
➤ « Rester groupés », Sophie Hénaff, Le Livre de Poche, 7,30 €

06/05/2017

Livre : Devenez incollable sur le cinéma

 


L’époque est au court. Au bref. Au succinct. On veut tout savoir, mais vite et sans se prendre la tête. Exemple avec ce gros livre de plus de 300 pages fourmillant d’informations utiles ou légères sur le 7e art. « Le zapping du cinéma » est organisé par thèmes, avec à chaque fois une dizaine d’entrées. Par exemple, au rang du « politiquement incorrect », on trouve les premières œuvres de Peter Jackson comme le film de marionnettes « Meet the Feebes » ou « Tueurs nés » d’Oliver Stone avec aussi le rare et bourré de violence gratuite « Rampage » de Uwe Boll, présenté comme le « pire réalisateur de tous les temps ».
En plus de nous faire réviser nos grands classiques, le Zapping déniche nombre de pépites injustement oubliées. Le tout dans une présentation très graphique et riche en illustrations.
➤ « Le zapping du cinéma », Larousse, 17,95 €

04/05/2017

Thriller : Quand Sire Cedric fait dans le démoniaque montpelliérain

 


Il s’agit d’avoir le cœur bien accroché pour lire les cinq pages du prologue de ce thriller de Sire Cedric, Toulousain qui place l’intrigue « Du feu de l’enfer » dans l’Hérault. De nuit, une jeune femme fuit dans le parc d’une grande propriété. Nue. Affolée. Elle est rattrapée par un homme, nu lui aussi, mais le visage caché par une « tête de bouc. Cornes recourbées. Oreilles pointues. Poils épais. Une tête monstrueuse, démesurée par rapport à sa silhouette. » L’inconnue n’échappe pas à son poursuivant, personnification du diable. Premier cadavre de ce roman haletant. Ce n’est que le début.
Les cadavres, constituent le quotidien de Manon Virgo, l’héroïne du roman. Son fonds de commerce même ! Elle est diplômée de thanatopraxie et pratique en indépendante pour plusieurs entreprises de pompes funèbres. Un métier atypique, qui rebute le commun des mortels, mais une véritable révélation pour la jeune femme. Elle est le dernier interlocuteur d’hommes et de femmes qui viennent de perdre la vie. Avant de leur rendre beauté ou normalité pour les proches, elle aime leur parler, comme s’ils l’entendaient.
Manon va se retrouver malgré elle embarquée dans cette histoire satanique. A cause de son frère, Ariel. Limite zonard, instable, il a accepté d’aider son copain garagiste spécialisé dans le maquillage des voitures volées. Un soir, il dérobe une belle berline dans le parc d’une propriété à l’abandon supposée accueillir des parties fines entre notables de la région. Et dans le coffre, Ariel a récupéré une valise contenant un masque. Du type de celui utilisé par le tueur du prologue...
■ Terreur absolue
Ariel, jeté dehors par sa petite amie, trouve refuge dans l’appartement de Manon. Le lendemain, le voisin du dessus est retrouvé mort, les veines tranchées. Suicide, dé- cide rapidement la police locale. Mais un nouvel arrivé dans la brigade, Raynal, tente de creuser un peu plus. Il plaît bien à Manon ce flic atypique, qui se mouille pour elle quand elle découvre que le garagiste, copain d’Ariel, vient d’être assassiné. Elle décide de rendre la valise aux supposés amateurs de parties fines mais découvre, en plus de traces évidentes d’orgies, des cadavres de chiens. Elle se renseigne sur le net et trouve de nombreux articles sur le bétail mutilé, dont un fait divers, relaté dans l’Indépendant, « où pas loin de Perpignan un promeneur avait trouvé des chiens égorgés sur un terrain vague. L’article évoquait des actes de zoophilie sur ces bêtes » D’autres sites parlent de « messes noires » avec sacrifices d’animaux.
Le roman, après un début sanglant, met un peu de temps à se décanter. Pour mieux connaître les tourments de Manon. Son métier aussi. L’arrivée du policier, point romantique obligé, distrait un moment le lecteur. Mais quand les véritables méchants entrent en jeu, Sire Cedric atteint son meilleur niveau. Car l’écrivain français, aux faux airs de gothique, excelle dans la description des pires abominations. Le lecteur qui aime à se faire peur est servi avec « Du feu de l’enfer », les pages sont gorgées de sang, d’entrailles fumantes, de coups de théâtre, de trahisons et de rédemption. 
"Du feu de l'enfer", Sire Cédric, Presses de la Cité, 21,50 €

29/04/2017

Livres de poche : les reines du crime vous saluent bien

 

 


Dans une petite ville du Yorkshire, des femmes sont retrouvées mortes. Leur point commun : elles sont toutes blondes aux yeux bleus. Ce tueur pas comme les autres cherche en chacune de ses victimes la femme parfaite, amante soumise et ménagère accomplie, avant de les massacrer avec la plus grande cruauté. Au moment où le meurtrier se prépare à fondre sur sa future proie, Tony Hill se retrouve au cœur de l’enquête mais cette fois sur le banc des accusés. Dans ce thriller psychologique à glacer le sang, le duo formé par Tony Hill et Carol Jordan est plus que jamais mis en péril.
➤ « Une victime idéale », Val McDermid, J’ai Lu, 8 €


En arrivant au bureau un matin, Robin – la jeune assistante du détective privé Cormoran Strike – trouve un colis qui lui est personnellement adressé. À l’intérieur : la jambe tranchée d’une femme. Pour Cormoran Strike, seuls quatre individus sont capables d’une telle atrocité. Quatre noms tout droit sortis de son propre passé. Ce roman noir d’un réalisme saisissant nous plonge dans les ténèbres des perversions les plus troublantes. Thriller d’une densité psychologique rare, il met aussi en scène un homme et une femme arrivés à la croisée des chemins. Robert Galbraith est le pseudonyme de J.K. Rowling.
➤ « La carrière du mal », Robert Galbraith, Le Livre de Poche, 8,90 €


Lorsque Thomas Pitt arrive sur la scène d’un attentat dévastateur dans Lancaster Gate, il dé- couvre deux policiers morts et trois autres gravement blessés. Les anarchistes de Londres font des suspects idéaux, mais l’enquête de Pitt et de l’inspecteur Tellman les oriente vers la piste d’une vendetta personnelle. Ces policiers auraient-ils menti pour saisir de la drogue et laissé un innocent être condamné à la pendaison ? L’idée que la police puisse se montrer malhonnête pique Tellman à vif ; il a rejoint les forces de l’ordre pour protéger la société, et non pas l’exploiter.
➤ « L’attentat de Lancaster Gate », Anne Perry, 10/18, 7,80 €

23/04/2017

Livres de poche : les belles histoires de Moura, Alice, Minöa et Silnëi


Dans les tourmentes de la Révolution bolchevique, d’une guerre à l’autre, Moura a traversé mille mondes. Aristocrate d’origine russe, elle s’est appelée Maria Zakrevskaïa, Madame Benckendorff, la baronne Budberg… et elle a bien existé. Elle a été la passion d’un agent secret britannique, la muse de Gorki, la compagne de H.G. Wells, l’égérie de l’intelligentsia londonienne. Elle a côtoyé tous les grands du XXe siècle, le Tsar, Staline, Churchill, De Gaulle. Les uns chantèrent son courage, sa chaleur et sa fidélité. Les autres dénoncèrent ses mensonges. Tous s’entendirent néanmoins sur un point : Moura incarna la vie, à tout prix.
➤ « Moura la mémoire incendiée » d’Alexandra Lapierre, Pocket, 10 €


Alice a tenté de se suicider après l’accident qui a coûté la vie à Franck son fils de 11 ans dans une catastrophe fluviale. A l’hôpital, après 53 jours de coma elle rencontre un flic en convalescence un certain Van Dern. Comme les souvenirs d’Alice reviennent avec la douleur, elle se confie à cet homme blessé. Celui-ci l’écoute mais se pose aussi des questions. Car tout ne s’est peut-être pas passé comme Alice le croit : qu’est-il vraiment arrivé ce jour-là près de l’écluse n°9 dans la Nièvre ? Le troisième opus de Michel Moatti qui se pose ici en réel instillateur d’angoisse et de mystère.
➤ « Alice change d’adresse » de Michel Moatti, 10/18, 7,80 €


En cette fin de XXIe siècle, la loi des Dates de naissance régit l’accès aux métiers. Né en janvier, vous avez accès au métier de vos rêves : acteur, chanteur, tout est possible. Né en décembre, préparez-vous à racler le fond de l’océan et à plonger les mains dans des algues gluantes ! Minöa et Silnëi sont sœurs jumelles, nées à quelques minutes d’intervalle la nuit du 31 décembre. La première à 23 h 58 et la seconde à 0 h 17 ! La tyrannie des Dates de naissance leur promet des destins radicalement différents, mais cela ne les empêchera pas d’unir leurs forces pour combattre l’injustice.
➤ « Aussi libres qu’un rêve » de Manon Fargetton, Castelmore, 5,90 €

22/04/2017

De choses et d'autres : beauté durable

 


Contrairement à une rumeur tenace dans le milieu macho, les femmes ont beaucoup d’humour. Non seulement elles sont sensibles aux bonnes blagues (ne dit-on pas d’ailleurs, toujours parmi les mecs « Femme qui rit à moitié dans ton lit ») mais elles peuvent se montrer elles aussi irrésistiblement marrantes. Florence Roman et Françoise Baroni ont disséqué nombre de magazines féminins avant d’imaginer ce faux journal « Belle sans conservateur », bourré de conseils pour être irrésistible sans laisser d’empreinte carbone. Les auteures sont respectivement « spécialiste de la connerie renouvelable » et « intolérante à l’huile de coude ». 100 pages de papier glacé où tout est faux. Le dossier sur le gluten vaut son pesant de cacahuètes (à moins que vous n’y soyez intolérant). Les autres rubriques sont à l’avenant, du conseil beauté à l’indiscrétion people, l’horoscope ou la recette équitable. Sans oublier les fausses pubs pour les « Loulou Boutin » (chaussures à fond vert) ou le shampooing « Deg », approuvé par Johnny Depp, « à effet cheveux sales pour un rendu vintage et branché ». 
➤ « Belle sans conservateur », Jungle, 12,95 €

18/04/2017

Thriller : la cuisine de l'horreur de "Mör" de Johana Gustawsson

 

Le titre du second roman de Johana Gustawsson interpelle. « Mör » ? Explication en quatrième de couverture : « Mör : en suédois, signifie tendre. S’emploie pour parler de viande. » Les amateurs de cuisine scandinave pourraient être tentés d’acheter cette enquête de la profileuse Emily Roy. La mode est à aux références culinaires ces derniers temps. Parsemer une intrigue de quelques bons repas, avec recettes en annexe, donne une saveur supplémentaire aux thrillers. Mais si parfois un des détectives suédois mange avec grand appétit des « kanelbulles », des « petits pains à la cannelle », tout en détaillant les photos des victimes mutilées, quand il est question de viande tendre, ce n’est pas du tout appétissant. Car il s’agit bien d’une histoire de cannibalisme qui est développée dans cette histoire à cheval entre Londres et Falkenberg en Suède.


Première victime découverte au bord d’un lac. Une jeune femme, nue, fesses, cuisses et seins découpés. La mort est donnée par strangulation. Karla, une policière suédoise est chargée de l’enquête. Au même moment, une vedette du cinéma anglais est enlevée à Londres. Falkenberg et Londres, les terrains de chasse habituels d’Emily Roy, profileuse canadienne pour Scotland Yard et Alexis Castells, romancière française (avec des origines catalanes comme l’indique son nom). Elles ont formé un redoutable duo dans « Block 46 », premier roman de Johana Gustawsson, française vivant à Londres.
■ Atout Asperger
Rapidement, les deux jeunes héroïnes vont faire le rapprochement avec les meurtres commis dix ans plus tôt dans un quartier de Londres. Le coupable, Richard Hemfield, qui a été arrêté et jugé, est enfermé dans un hôpital psychiatrique. Il a toujours clamé son innocence. Mais lors de son arrestation, il a tué un policier français en stage à Londres. Le fiancé d’Alexis... Si d’autres crimes sont en cours en Suède, et même en Angleterre, Hemfield serait donc innocent. Alexis ne supporte pas cette éventualité. Et va tout faire pour tenter de dé- mêler cet écheveau compliqué bourré de fausses pistes et de personnages aux lourds secrets de famille. Surfant sur le succès de son premier roman, Johana Gustawsson se permet même de rajouter des personnages secondaires au rôle prépondérant, notamment une stagiaire du procureur, Alienor Lindgergh, encore plus brillante qu’Emily question déduction tout en soufrant d’une forme d’autisme qui la coupe du monde réel. Mais avoir une « Asperger » dans son équipe se révèle d’une incroyable efficacité pour voir les faits avec un regard différent.
 ➤ « Mör » de Johana Gustawsson, Bragelonne, 21,50 €

17/04/2017

Livres de poche : premiers romans et coups de maître

 


En pleine mer, au sud des Philippines, Marc Meneric disparaît. Du moins, c’est ce qu’indique sa montre GPS, qu’il portait comme tous les autres employés de la société de prospection minière. Son frère, Vincent, lobbyiste dans la même entreprise en Afrique, décide de retracer le parcours enregistré par la montre pour tenter de le retrouver. Un premier roman de Philippe Rouquier au rythme implacable.
➤ « Tant pis pour le sud », éditions du Masque, 8,50 €


Un soir de pluie à Bristol, un petit garçon est renversé par un chauffard qui prend la fuite. L’enquête du capitaine Ray Stevens ne donne rien. Après cette nuit tragique, Jenna a tout quitté et trouvé refuge dans un cottage battu par les vents. Mais plus d’un an après les faits, Kate, une inspectrice de la criminelle, rouvre le dossier du délit de fuite. Le premier livre de Clare Mackintosh a connu un immense succès en Angleterre.
➤ « Te laisser partir », Le Livre de Poche, 8,10 €


Le 26 avril 1986, dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer. Le monde ne sera plus jamais le même pour ces hommes et femmes, personnages principaux de ce roman de Darragh McKeon. Salué par ses pairs, Colum McCann et Colm Tóibín en tête, et par la critique, ce texte révèle un immense talent littéraire. Il a été élu meilleur Premier roman étranger 2015 par le magazine Lire.
➤ « Tout ce qui est solide se dissout dans l’air », 10/18

15/04/2017

De choses et d'autres : redécouvrir l'enfance


Heureux grand-père d’un petit garçon depuis presque deux ans, je me suis précipité sur ce livre entre humour et conseils pratiques. « Le guide de survie des mamans débordées »  de Rim et Liliaimelenougat peut tout à fait s’appliquer aux papys déboussolés de mon acabit. Dans son blog et sur sa chaîne YouTube, Rim s’insurge sur le fait que les « bébés ne soient pas livrés avec un mode d’emploi ». Alors elle l’a écrit, avec les dessins simples et expressifs d’une jeune illustratrice, elle aussi maman et on le ressent à chaque page.
L’avantage de ce bouquin rédigé par deux mères modernes, c’est qu’il n’y a pas de tabou. Ni de langue de bois. Un chapitre sur les gros mots, en plus de faire rire, me dédouane de mes quelques écarts de langage en présence des oreilles chastes et vierges de mon petit-fils. Pour une garde à plus long terme, appréciez également les conseils pour déterminer quand laver le doudou. Généralement, la décision se prend à l’odeur. Quand Lapinou sent la rose, pas de problème. Le moindre relent de « fromage qui pue » doit alerter avant le stade ultime du « caca caillé pourri de fennec ».
Sans oublier le meilleur chapitre, celui du «Bisou power», leur arme de destruction massive pour tout obtenir de nous... 
➤ « Le guide de survie des mamans débordées », Hugo Images, 12,95 euros

11/04/2017

Roman : Le village sans bruit de "Silencieuse" de Michèle Gazier

 


Michèle Gazier aime raconter l’intime et l’enfance. Originaire de la région, l’ancienne journaliste à Télérama a déjà souvent situé ses romans dans des villages que l’on reconnaît. Dans « Silencieuse », l’action se déroule dans un petit village d’une vallée qui pourrait se trouver autant dans l’Aude que les Pyrénées-Orientales, les personnages visitent le parc animalier de Sigean.
Tout le monde se connaît et quand deux étrangers viennent s’installer, ils deviennent des attractions. Mais si le « Blondin », discret, arrive à se faire oublier et même à séduire une fille du pays, l’artiste allemand Hans Glawe fait l’unanimité contre lui. Il est et restera le « Boche ».
La romancière raconte avec simplicité et sans niaiserie cette vie de village entre repli sur soi et besoin de l’autre. Mais de toutes les nouveautés l’arrivée d’une petite fille différente, joyeuse mais silencieuse, va tout bouleverser.
 ➤ « Silencieuse » de Michèle Gazier », Seuil, 17 €

09:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : silencieuse, gazier, seuil

10/04/2017

Roman : Mais qui a trucidé la jolie starlette dans le roman "VIP" de Laurent Chalumeau ?

 


Forcément, en refermant ce roman jubilatoire de Laurent Chalumeau, on se demande ce qui retourne du vrai et ce qui n’est que fiction pure et dure. Puis on se souvient qu’avant la première page du récit, il y a un avertissement vite parcouru et qui prend, une fois le livre refermé, toute sa signification. « Alors, personne ne le croira, mais tant pis : toute ressemblance avec des personnes vivantes ou ayant existé serait fortuite et involontaire. Surtout, franchement, elle serait assez déprimante. » Mais pourquoi ce serait si déprimant vous demandez-vous ? Impossible de vous donner le fin mot de l’histoire, il est des précisions qu’il v
aut mieux ne jamais savoir avant de lire un roman. Dans la vraie vie non plus d’ailleurs... L’entame de « VIP » (comme Very important people) a tout du polar. Dans un appartement luxueux du Paris bourgeois, deux cambrioleurs fouillent les tiroirs à la recherche des objets de valeur. Une jeune femme, quasi nue, sort de la salle de bain. Panique. Des deux côtés. Maîtrisée, elle n’a pas le temps de donner l’alerte et de prévenir son amant qui doit la rejoindre dans quelques minutes.
Jeune actrice, primée d’un césar du meilleur espoir, Anaïs Carvin est une habituée des pages people. Pourtant les deux malfrats mettent du temps à la reconnaître. Sans maquillage elle a une tout autre apparence. Mais reste très belle. Beaucoup plus que le plus haut de gamme de leur banlieue minable. Encore plus quand ils enlèvent la serviette de bain.
■ Scandale étouffé
La starlette se croit seule et abandonnée mais un témoin ne rate rien de la scène. Patrice Corso est paparazzi. Il a eu l’info que la jolie mais très volage Anaïs serait rejointe par son nouvel amant. Un autre people, du croustillant. Patrice, qui a déjà perdu nombre de procès contre la comédienne, y voit l’occasion de se venger. Et de vendre cher ces clichés exclusifs pris depuis l’appartement en travaux en face de celui d’Anaïs. Même quand ça dérape, il continue à photographier et filmer. Juste avant que le viol ne débute, une quatrième personne arrive dans la pièce.
Et là, Patrice n’en croit pas ses yeux. Il voulait du scoop, mais à ce point... Du très haut niveau. Mais comment exploiter l’événement quand la scène se transforme en carnage ? Faisons confiance à Patrice qui sait que « Dans la presse caniveau, mon petit pote, t’es dégourdi ou tu dures pas. »
15 minutes plus tard pourtant, Patrice s’enfuit, terrorisé, laissant quatre morts dans l’appartement, dont sa starlette. La suite du roman décrit comment ce scandale sera méticuleusement étouffé, malgré la perspicacité de policiers et l’opiniâtreté d’une juge d’instruction.
Une description minutieuse du travail d’enquête par un Laurent Chalumeau particulièrement au fait. Et quand de grands intérêts entrent en jeu, dictature africaine et ambitions politiques, les quatre morts de la scène première sont rejoints par quelques lampistes pour noyer le tout. Mais tout ça n’est que fiction. Du moins, on l’espère.
 ➤ «VIP» de Laurent Chalumeau, Grasset, 18,90 €


09/04/2017

Livres de poche : histoires de pauvres et de minorités

 


Dans une langue épurée et puissante, Erri De Luca nous offre ici l’histoire d’une jeune femme vivant sur une île grecque qui passe ses nuits à nager avec les dauphins. Un ré- cit inclassable aux frontières du réalisme, traversé de références à la mythologie grecque mais aussi à la Bible. Ce texte est accompagné de deux autres courts récits, « Le ciel dans une étable » et « Une chose très stupide ».
➤ « Histoire d’Irène », Folio, 5,90 €


Les locaux du site d’info W3 ont été soufflés par une terrible explosion. Qui a voulu museler la voix des innocents ? S’agit-il d’un complot d’État comme tous les pensent ? Ou bien de tout autre chose, que les membres de W3 n’ont pas su voir ? Les survivants comprennent vite qu’ils ne sont pas sortis d’affaire. Après le succès des deux premiers volumes de la série Jérôme Camut et Nathalie Hug clôturent la saga W3 sans laisser le moindre répit à leurs personnages.
➤ « Le calice jusqu’à la lie », Le Livre de Poche, 9,40 €


Yonkers, dans l’État de New York. Ville paisible où il fait bon vivre. S’il n’y avait pas cette ligne invisible : d’un côté des quartiers aux pavillons coquets, aux rues propres bordées d’arbres. De l’autre, les barres d’immeubles, les graffitis, la misère. Lorsque tombe l’annonce qu’une loterie permettra à certaines familles modestes d’intégrer des maisons flambant neuves dans les beaux quartiers, ce qui paraît comme un rêve pour certains est vécu comme un cauchemar par d’autres. Roman dur et réaliste de Lisa Belkin.
➤ « Show me a hero », 10/18, 8,80 €

08/04/2017

De choses et d'autres : Un amour de végane


L’amour nous réserve souvent d’étranges surprises. Fausto Brizzi, romancier, l’a appris à ses dépens. Quand il tombe follement amoureux de Claudia, actrice italienne passée par la case Miss Monde, il met tout en œuvre pour la séduire. Conscient de l’importance du premier rendez-vous, il l’invite dans un restaurant huppé, spécialisé dans les grillades. Lorsqu’elle lui apprend qu’elle est végane, non seulement il comprend que ses rêves érotiques s’arrêtent là ce soir mais qu’en plus il n’y aura même « pas de rapprochement entre sa cavité buccale végane et immaculée et mes lèvres carnivores et voraces. » Fin de la belle histoire d’amour ? Que nenni !
À force de surveiller le contenu de son frigo et sa forme physique, il conquiert le cœur de la belle qui, pour le bien de son futur mari, entame la révolution de ses papilles. Comment abandonner le jambon « pata negra », le fromage et même le miel ? (« Pauvres abeilles ! » s’exclame Claudia).
Ce récit, entre rite d’initiation et franche rigolade, en plus de nous en apprendre beaucoup sur le véganisme, est une jolie histoire d’amour, de partage et de renaissance.
➤ « J’ai épousé une végane », Fleuve éditions, 14,90 €

03/04/2017

Livre : Les pouvoirs déclinants du héros de "Super normal"

 

 

 

Paru en 1977, ce roman de Robert Mayer est considéré par tous les passionnés de comics comme une œuvre culte. Un basculement vers un enrichissement du genre. Alors qu’auparavant les héros étaient sans peur et sans reproches, vivant des aventures linéaires sans relief, ce journaliste newyorkais les a humanisés. L’histoire se déroule alors que les superhéros ont tous disparus. Devenus inutiles. Le plus célèbre d’entre eux est retombé dans l’anonymat sous le nom de David Brinkley. Marié, père de deux petites filles, il a pris du poids, est devenu journaliste rewriter (celui qui reste dans un bureau) et il n’utilise, bien entendu, plus ses pouvoirs. Mais quand une vague d’attaques embrase la ville, il ressort son uniforme. Le roman, en plus d’être particulièrement marrant, ouvre aussi des pistes qui n’étaient pas d’actualité à l’époque comme l’écologie ou la fascination du peuple pour les loosers.
Une pépite qui tombe à point pour comprendre la mode des superhéros qui déferle sur le monde depuis une dizaine d’années.
➤ « Super Normal » de Robert Mayer, Aux forges de Vulcain, 21 €

02/04/2017

Livres de poche : New York, ville inspirante


New York et une multitude de personnages sont au centre de cette saga de plus de 1200 pages qui se déroule entre le 31 décembre 1976 et le blackout du 13 juillet 1977. « City on Fire » de Garth Risk Hallberg avait fait le buzz lors de sa sortie en 2016 notamment en raison de l’à-valoir « historique » qu’a reçu son auteur (deux millions de dollars) pour un premier roman.
➤ « City on Fire », Le Livre de Poche, 12,10 €

 

 

Florence Gordon est directe, brillante, acariâtre et passionnée. Maî- tresse femme, elle est capable de ré- duire les imbéciles au silence d’une seule de ses piques acérées. Les mé- moires de cette intellectuelle new-yorkaise sont l’œuvre de Brian Morton, professeur au Sarah Lawrence College et à l’université de New York.
➤ « La vie selon Florence Gordon », 10/18, 8,10 €

 

 


« Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire. » Sauf que la jeune femme avoue à son amoureux l’horreur... Guillaume Musso est un expert dans son domaine de prédilection : le thriller. On tourne les pages aimanté par ce drame aux multiples rebondissements. Son nouveau roman, « Un appartement à Paris », vient de paraître aux éditions XO.
➤ « La fille de Brooklyn », Pocket, 8,20 €