02/04/2017

Livres de poche : New York, ville inspirante


New York et une multitude de personnages sont au centre de cette saga de plus de 1200 pages qui se déroule entre le 31 décembre 1976 et le blackout du 13 juillet 1977. « City on Fire » de Garth Risk Hallberg avait fait le buzz lors de sa sortie en 2016 notamment en raison de l’à-valoir « historique » qu’a reçu son auteur (deux millions de dollars) pour un premier roman.
➤ « City on Fire », Le Livre de Poche, 12,10 €

 

 

Florence Gordon est directe, brillante, acariâtre et passionnée. Maî- tresse femme, elle est capable de ré- duire les imbéciles au silence d’une seule de ses piques acérées. Les mé- moires de cette intellectuelle new-yorkaise sont l’œuvre de Brian Morton, professeur au Sarah Lawrence College et à l’université de New York.
➤ « La vie selon Florence Gordon », 10/18, 8,10 €

 

 


« Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire. » Sauf que la jeune femme avoue à son amoureux l’horreur... Guillaume Musso est un expert dans son domaine de prédilection : le thriller. On tourne les pages aimanté par ce drame aux multiples rebondissements. Son nouveau roman, « Un appartement à Paris », vient de paraître aux éditions XO.
➤ « La fille de Brooklyn », Pocket, 8,20 €

28/03/2017

Roman : Dans la tête d’une femme amoureuse

 

Gilda a un gros défaut : tomber follement amoureuse des hommes à problème. En plein été, lors d’une soirée chez sa sœur, Patrick entre dans sa vie. En plein divorce, il lui avoue être assez pessimiste. Et si c’était lui le grand amour de sa vie ?
Elle le recontacte, malgré les avertissements de Lady, son double qui « vit dans sa conscience ». Ce roman de Géraldine Barbe, au ton léger et désinvolte, parfois naïf, permet aux hommes de comprendre comment fonctionnent les femmes. Ces dernières se reconnaîtront certainement dans les aventures sentimentales de Gilda. Ensuite, dans ce roman, on ne peut que se demander quelle est la part de fiction et de vécu. La réponse vient de la bouche de Lady : « Les auteurs sont une race à part. Tout ce que je peux en dire c’est que contrairement à la croyance populaire, ils ne vivent pas d’amour mais de fantasmes. »
Alors, à vous de tenter de démêler le vrai du faux, de rire ou pleurer, de croire ou d’être sceptique sur les amours de Gilda. 
➤ « Tous les hommes chaussent du 44 » de Géraldine Barbe, Éditions du Rouergue, 14,50 €

27/03/2017

Livres de poche : des auteurs originaux et rigolos

 


Quim Vargas est détective privé. Un vrai de vrai, qui officie à Bourges. Pour sa 3e enquête, son créateur, Olivier Bardy (un Catalan exilé dans le Berry) le plonge dans le grand cirque politico-médiatique de l’élection présidentielle. Exactement c’est son garde du corps, surnommé la Légion, qui a décidé de briguer le titre suprême. Jeux de mots dans chaque phrase, caricature hilarante : Bardy a beaucoup lu San-Antonio et en est devenu un digne disciple.
➤ « Môa président », De Borée, 9,90 €



Avec sa chienne Priscilla affublée d’une banane rose, Elvis sillonne les routes au volant de sa Cadillac ornée de cornes de vache pour aller donner des concerts. Abandonné à l’âge de 5 ans près des toilettes d’un restoroute, il a été recueilli par un couple d’épiciers fans de Georgette Plana, et est devenu Ze sosie officiel du King ! Nadine Monfils n’a pas son pareil pour imaginer des « monstres » littéraires.
➤ « Elvis Cadillac », Pocket, 6,30 €



Dans ‘Le Degré zéro de l’écriture’, Roland Barthes développe une savante théorie linguistique difficilement accessible aux non-initiés. Burnier et Rambaud s’en sont donnés à cœur joie en « dézinguant » le sabir du maître à travers ce dictionnaire « franco-Barthes » aussi iconoclaste que réjouissant. Tous les admirateurs de Barthes dotés du sens de l’humour sauront apprécier cet hommage repris en poche dans la collection « Le goût des mots ».
➤ « Le Roland-Barthes sans peine », Points, 5,90 €


26/03/2017

Polar : Écoutes fructueuses pour "La Daronne"

 

Ce polar de Hannelore Cayre commence comme un roman français contemporain. La vie du personnage principal, détaillée sur la première moitié du livre, est originale mais loin, très loin de la pègre. Petite fille sauvage, ses parents ont fait fortune dans le transport international. Mariée à un entrepreneur, elle a connu le vertige de l’extrême richesse quelques années. Mais un AVC a tout fait chavirer.
Depuis, elle vit seule dans un petit appartement parisien et survit en servant d’interprète pour les stups. D’origine juive, elle parle parfaitement l’arabe. Souvent mieux que les petits dealers qu’elle écoute à longueur de journée. Fière de son titre de veuve, à presque 50 ans elle tourne un peu en rond.
Alors, dans la seconde partie du roman, elle plonge dans l’inconnu quand un go fast tourne mal. Elle garde les informations pour elle et récupére des centaines de kilos de résine. Seule, elle devient la Daronne et va changer sa vie. Celles de beaucoup de truands et de flics aussi car quand de si grosses quantités disparaissent, les lésés sont très nombreux.
➤ « La Daronne » de Hannelore Cayre, Métailié Noir, 17 €

21/03/2017

Thriller : Gamins américains à l’école de la vengeance

 


Un innocent, une fois condamné, peut devenir la pire des racailles. Car rien de plus marquant et de formateur que l’injustice. Le nouveau thriller de Claire Favan, romancière française mais qui aime placer ses intrigues dans l’Amérique actuelle, raconte d’abord une erreur judiciaire.
Max, un jeune Américain, vivant seul avec sa mère, survivant en accumulant les petits boulots, est accusé du meurtre d’un adolescent, son meilleur ami. Il nie, mais l’enquête, expédiée et à charge, le condamne à la réclusion à perpétuité. Quelques années plus tard, le véritable meurtrier est retrouvé. Max est libéré et largement indemnisé. Mais cela ne lui fait pas oublier le shérif qui l’a arrêté, l’avocat qui l’a mal défendu, le juge qui l’a condamné ou le maton qui l’a placé entre les mains de son colocataire de cellule.
Max sort de son enfermement avec un seul et unique but : se venger. Il achète un campingcar et rode dans l’entourage de ses tortionnaires. Il est patient. Et surtout a envie de faire du mal indirectement à ses victimes. Il enlève trois de leurs très jeunes enfants et les dresse littéralement comme des chiens. Cameron, Randall et Dylon deviendront ses bras armés. Des gamins coupés du monde, endoctrinés pour haïr la société, formés pour tuer vite et sans le moindre remord.
Trois anges de la mort que Max teste en groupe ou en solo. A trois, ils peuvent massacrer une famille de quatre personnes. En solitaire ils tuent des clochards, des dealers ou des commerçants pour voler le contenu du tiroir-caisse. Cameron, le premier formé, est le plus intelligent, Randall le plus fort et violent, Dylon le plus lâche, mais il sait aussi tuer froidement, même des « innocents » s’il est en difficulté.
■ Ange ou flic ?
Toute la première partie du roman est consacrée à cette phase d’apprentissage, au domptage de ces petits anges. A la fin, Cameron, persuadé que Max lui ment, dé- cide de s’enfuir. Il sera adopté par une famille de Floride. La seconde partie de déroule 15 ans plus tard. Cameron, comme pour se racheter de ses années de violence qui sont toujours restées secrètes, est devenu policier.
Un inspecteur brillant, aux résultats exceptionnel. Normal car « entre sa connaissance pratique du mal et l’apprentissage de la théorie, Cameron a une bonne longueur d’avance sur les flics lambda. » Sur la piste d’un tueur en série, il le localise après avoir utilisé comme appât la seule rescapée de ses griffes. Une arrestation largement médiatisée, c’est comme ça que Max retrouve la trace de Cameron. Max qui depuis a d’autres anges tout aussi bien dressés qu’il va lancer aux trousses de son premier enfant, celui qui l’a trahi.
Un univers très sombre, où toutes les limites sont bannies. Pourtant à la base, Max comme Cameron n’ont pas de prédestination à la violence. Ils deviennent tueurs par hasard, au gré des erreurs de certains ou de la volonté des autres. C’est aussi la principale interrogation du roman de Claire Favan : dans le fond, n’est-on pas tous un peu prédestinés à devenir des assassins ?  
➤ « Dompteur d’anges » de Claire Favan, Robert Laffont, 20 €

20/03/2017

Livres de poche : les auteurs français de polar en vedette

 


Une Vénus vieille de 15 000 ans vient d’être découverte dans la grotte de Combéjac, proche du village de Mont-Rouquel. Skander Corsaro, jeune journaliste au Courrier du Sud-Ouest imaginé par François-Henri Soulié, s’y rend pour un reportage. Au bout d’une journée, Skander craint d’y mourir d’ennui. Mais le lendemain, une enfant disparaît. Une aventure « anarcoleptique » sur fond de drames shakespeariens où l’on s’interroge sur la nature de l’Homme et son devenir.
➤ « Un futur plus que parfait », Editions du Masque (inédit), 7,90 €


En ce mois de janvier de l’an de grâce 1423, la capitale du royaume de France est vouée au dé- mon. Les Armagnacs ont pris la forteresse du pont de Meulan, la famine règne. Pire, la Mort en personne rôde dans Paris, revêtue d’une pèlerine à chaperon : un être au visage effroyable, sans nez ni yeux. Quiconque s’en approche perd aussitôt la vie. Après plusieurs crimes inexplicables, Edward Holmes est convaincu de l’existence d’une puissance occulte régnant sur la capitale du royaume. Un très grand roman policier historique signé Jean d’Aillon.
➤ « La ville de la peur », 10/18 (inédit), 8,80 €


Patagonie. Dans la steppe balayée par des vents glacés, Rafael est le dernier enfant d’une fratrie de quatre garçons. Depuis toujours, il est martyrisé par ses frères aînés. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. Dans ce monde qui meurt, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer pour Rafael. Sandrine Collette s’impose titre après titre parmi les grandes romancières françaises du genre policier.
➤ « Il reste la poussière », Le Livre de Poche, 7,90 €

14/03/2017

Nouvelles : la petite musique de Gaëtan Roussel

 


Il sait écrire court. Normal, depuis des années ses couplets et refrains sont dans toutes les têtes. Gaétan Roussel, seul ou dans son groupe « Louise Attaque », cisèle des histoires du quotidien en moins de quatre minutes, durée standard d’une chanson. Se sentant sans doute un peu à l’étroit, il a laissé sa plume prendre un peu d’ampleur. Pas au point de pondre un roman fleuve, mais d’aligner quelques nouvelles désenchantées sur le thème de l’au revoir. De trois à 15 pages, concises, belles et poétiques, ces historiettes pourraient, pour certaines, être reprises en musique. On retrouve le rythme, la beauté de la formule comme cette fin où le narrateur parle de sa mère, malade « A mon départ, elle m’a dit au revoir en baissant les paupières. Plus tard dans la semaine, à son départ, j’ai su lui dire au revoir en gardant les yeux ouverts. »
➤ « Dire au revoir », Gaëtan Roussel, Flammarion, 15 € (sortie le 15 mars)


13/03/2017

Livres de poche : de l’inédit à petit prix

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Bastien Regnault part à la recherche de Diane, sa sœur jumelle, dont la famille n’a plus de nouvelles depuis plusieurs mois. Des indices convergents le mènent très vite à la Défense. Le quartier d’affaires, chargé d’histoire, va, petit à petit, se dévoiler à lui, lui révé- lant un monde inconnu et souterrain, où, semble-t-il, officie une mystérieuse et très ancienne société secrète : la Panse. Après Le casse du continuum, Léo Henry poursuit, avec La Panse, son exploration des genres dits « populaires ». Il propose cette fois un thriller d’infiltration lovecraftien ancré dans l’ici et maintenant.
➤ « La panse », Folio SF, 8,20 €

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De Primo Levi, chacun connaît l’inoubliable récit qu’il écrivit à son retour d’Auschwitz. Des souvenirs du lager, il sera peu question ici, mais bien plutôt du jeune garçon qu’il était en y entrant. D’une enfance timide et bourgeoise, à Turin, de la chimie qui fut sa première passion (et son autre métier), des livres, de l’amitié, d’un parcours scolaire soumis aux lois fascistes, des premiers émois amoureux, de la montagne et du goût du risque – témoignage rare, pré- cis et pudique de celui qui devint, malgré l’horreur et à travers elle, « un homme ».
➤ « Moi qui vous parle, entretien avec Primo Levi », Pocket, 6,30 €

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Nouvel an tragique à Cologne. Des centaines d’Allemandes sont agressées. Une riche Iranienne, dont la fille compte parmi les victimes, charge Kali Grant et son jumeau Odys de découvrir la vérité… L’enquête traverse une Europe menacée et déchirée par l’extrême droite. En suivant la piste des réfugiés, Kali ira jusqu’à Mossoul. Dans cette ville tombée aux mains de Daech, une jeune Yézidie est sur le point de connaître un sort tragique. Pour la libérer, Kali monte une opération commando extrêmement périlleuse…
➤ « Opération Mossoul », Le Livre de Poche, 7,60 €

08/03/2017

Livres de poche : ouvrons-nous à d’autres horizons


Japon. Dans ce roman d’Edogawa Ranpo, Minoura tombe éperdument amoureux d’une jeune collègue de bureau au passé mystérieux, Hatsuyo, avec qui il se fiance… Peu après, Hatsuyo est brutalement assassinée, dans sa chambre apparemment close. Michio Moroto, ancien colocataire et rival, a ses propres raisons de s’intéresser à cette affaire. Leur enquête mènera le duo jusqu’à une île mystérieuse où se déroulent des expériences abominables visant à transformer l’humanité.
➤ « Le démon de l’île solitaire », 10/18, 8,10 €

Russie. 2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inhabitable, est désormais livrée à des monstruosités mutantes. Moscou est une ville abandonnée. Les survivants se sont réfugiés dans les profondeurs du métropolitain où le jeune Artyom entreprend une mission qui pourrait le conduire à sauver les derniers hommes d’une menace obscure… mais aussi à se découvrir luimême à travers des rencontres inattendues. Terreur et science-fiction sous la plume de Dmitry Glukhovsky.
➤ « Metro 2033 », Le Livre de Poche, 9,90 €

Belgique. Jean Villemont, brillant avocat pé- naliste bruxellois, accepte par principe de défendre le jeune auteur d’un braquage foireux dans un bureau de poste. Cette affaire, à l’origine sans envergure, va pourtant les mener à Franck Jammet, braqueur et pianiste virtuose, auteur pré- sumé du légendaire casse de l’aéroport de Zaventem dont la bande est menée par la discrète Julie Narmon. Un polar mené à la baguette par Paul Colize
➤ « Concerto pour quatre mains », Pocket, 7,80 €

07/03/2017

Roman : Petite déambulation républicaine de nuit

LES RÉPUBLICAINS. Anciens de sciences-po, un homme et une femme se souviennent de leurs excès et ambitions



Le titre est un peu trompeur. Le roman Les Républicains de Cécile Guilbert n’a rien à voir avec l’histoire très brève du parti politique qui depuis quelques semaines semble engagé « dans une course vers l’abîme » selon l’expression de Dominique de Villepin pour fustiger l’obstination d’un François Fillon, totalement discrédité mais candidat à la présidentielle jusqu’au bout. Il est beaucoup question de politique dans ce roman, mais de ses à-côtés, de ses coulisses. Et à droite justement.
La narratrice, qui se présente comme « La fille en noir » (tenue qu’arbore toujours Cécile Guilbert, essayiste de renom), croise au sortir d’une émission de Thierry Ardisson Guillaume Fronsac, longtemps conseiller de multiples ministres, recasé dans le privé comme banquier d’affaires. Ils se connaissent depuis de longues années. Ils étaient sur les bancs de Sciences-po en 1986. Cette fameuse promo qui comptait dans ses rangs pléthore de talents devenus, trente années plus tard des noms connus du grand public. D’Anne Roumanoff à Jean-François Copé en passant par David Pujadas, Alexandre Jardin ou Frédéric Beigbeder.
La fille en noir, en plus de ses essais savants, a prêté sa plume à des ministres ou joué les nègres. Fronsac a prolongé en passant par l’ENA, devenu un proche de Balladur il a joué les hommes de l’ombre, vivant au plus près les victoires, défaites et autres coups fourrés qui jalonnent la vie politique française. À l’époque de sciences-po, la fille en noir abusait des drogues et des fêtes. Fronsac, plus sérieux, avait déjà de l’ambition. Cela ne les a pas empêchés, un soir, de s’embrasser. Depuis plus rien. Ils ont suivi leurs carrières, leurs réussites, de loin sans jamais chercher à se revoir.
■ Le règne de l’ordre
Le roman raconte leur départ du studio d’enregistrement. Ils marchent ensemble, nonchalamment, dans ce Paris bourgeois, à se remémorer leur jeunesse, se racontant, comme pour mieux s’apprivoiser. Cela donne l’occasion à la romancière d’asséner quelques vérités sur un milieu qu’elle semble bien connaître. Sur les écrivains par exemple. Du moins ceux qui font tout pour être publié : « Mais le vrai ressort résidait bien sûr dans la vanité, cette poupée mécanique qui rend idiots les plus intelligents, ridicules les plus talentueux et résume à Paris toutes les passions ». Fronsac de son côté épingle « la vie de courtisan, de conseiller en particulier… Ce cloaque de petitesses arrangées, d’empressement ignobles, saturé de pièges et de manèges où tu ne te grandis pas sans te courber, où la souplesse le dispute à la bassesse et la jalousie à l’hypocrisie. »
Leur promenade nocturne les conduit devant la statue de Jeanne d’Arc. Ils vont boire un verre au Regina. Vont-ils prendre une chambre, reprendre leur flirt ? Pas évident car leur jeunesse est loin. L’ordre règne désormais dans leur vie « L’ordre qui est le jumeau de la mort quand le plaisir le déserte. L’ordre et sa tranquillité si violente qu’elle donne parfois envie de hurler. » Mais sont-ils encore capables de hurler ?
➤ « Les Républicains » de Cécile Guilbert. Grasset. 19 €

06/03/2017

Roman : Jean-Marie Rouart explore les désirs de la vieillesse

 


La vieillesse implique-t-elle l’abandon de toute passion ? Cette question est au centre de ce roman de Jean-Marie Rouart de l’Académie française. Pour le narrateur, un riche intellectuel qui dirige une revue d’art, la vieillesse c’est avant tout « Une jeunesse perdue », titre de l’ouvrage.
Il se morfond, constatant que le poids des ans lui enlève fougue et audace lui permettant de conquérir des femmes aux corps doux et parfaits. Aujourd’hui, « quand un miroir se trouvait à portée, je m’observais sans pitié. La flétrissure de mon visage m’affligeait. (…) Cet implacable travail du temps sur mon corps, jamais il ne m’était apparu aussi flagrant que depuis que j’avais besoin qu’il se montrât alerte et séduisant ». Il se croit perdu, incapable de passion. Jusqu’à sa rencontre avec Valentina, une superbe Russe dont il tombe amoureux.
A moins qu’il ne la désire simplement pour une dernière étreinte avec le corps jeune et ferme d’une « femme tempête ».
➤ « Une jeunesse perdue » de Jean-Marie Rouart. Gallimard. 19 € 

05/03/2017

Livre : Maigret, des romans avant une série télé

 


Depuis dimanche dernier, France 3 diffuse une nouvelle version des enquêtes du commissaire Maigret, policier issu de l’imagination foisonnante de Georges Simenon. Après Jean Richard et Bruno Kremer c’est l’étonnant Rowan Atkinson qui endosse le costume (et la pipe) du plus célèbre enquêteur du 36 quai des orfèvres. Un choix qui a dérouté certains (l’acteur britannique est surtout connu pour les pitreries de Mr Bean), mais qui finalement s’en tire parfaitement. Que cela ne vous empêche pas de relire les romans d’origine. Justement les éditions Omnibus viennent de ressortir un gros volume reprenant les quatre romans adaptés par la télévision anglaise.
➤ « Le commissaire Maigret enquête » de Georges Simenon, Omnibus, 672 pages, 20 €

04/03/2017

De choses et d'autres : le top des tops

 

 

 

Beaucoup de livres, comme un buffet à une réception, sont meilleurs quand on picore une page au hasard. » Les tops 5 » de Lucas Thorens en fait partie. Avec le problème qu’on n’est jamais rassasié et toujours étonné d’avoir envie de découvrir un nouveau classement érudit ou loufoque. Cet animateur radio suisse a compilé des milliers d’informations pour les transformer en petits articles très instructifs mais « avec leur nécessaire dose d’humour ».
Savez-vous ainsi que la première femme chef d’État a été Khertek Anchimaa-Toka, à la tête de la petite république soviétique de Touva entre 1940 et 1944. Le gingembre n’est pas du tout aphrodisiaque, contrairement au ginseng. Les champions de tir à la corde ont participé aux Jeux olympiques de 1900 à 1920. Ou que l’on trouve dans le top des « animaux mignons les plus fourbes » les loutres de mer qui aiment attaquer les bébés phoques (mais que fait Brigitte Bardot ?) et les dauphins, tellement comparables à l’homme que les mâles harcèlent régulièrement leurs femelles. 
➤ « Les tops 5 essentiels à votre culture avec leur nécessaire dose d’humour » de Lucas Thorens, Favre, 19 €

28/02/2017

Livres de poche : histoires d'amours multiples, futures et familiales


Olympe est une femme pressée. 37 ans, galeriste réputée, elle butine de Paris à New York avec cette énergie conquérante, irrésistible, qu’engendre la liberté en étendard. Ce qu’elle désire, elle le prend. Jusqu’au jour où, rencontrant trois indociles (ses semblables, ses pareils), elle se prend au jeu de l’art et de l’amour. Murielle Magellan, au style direct et vif, dresse le portrait réussi d’une femme d’aujourd’hui.
➤ « Les indociles », Pocket, 6,95 €


Émile a quinze ans. Il vit à Montargis, entre un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis toujours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand la fille qui lui plaît plus que tout l’invite à Venise pour les vacances, il est fou de joie. Seul problème, ses parents décident de l’accompagner... Dans ce road-book d’Ivan Calbérac, l’humour se mêle à l’émotion.
➤ « Venise n’est pas en Italie », Le Livre de Poche, 7,60 €


Jean-Michel sombre dans la nuit, absent à tout. Sa femme lutte à ses côtés, espérant que son amour inébranlable pourra faire revivre l’homme qu’il était avant. Face au déclin de ce père tant aimé, sa fille trouve un moyen de tenir le malheur à distance en tenant un journal. À travers ce vibrant hommage à son père, Marie Griessinger tente de conjurer le mauvais sort. Tout s’efface, mais les écrits restent.
➤ « On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en s’en allant », Milady Poche, 6,90 €


27/02/2017

Roman : Cyril Massarotto invente le monologue à deux

 



"QUELQU’UN À QUI PARLER". Cyril Massarotto joue avec le temps. Son narrateur va dialoguer avec son double enfant.

Nos rêves d’enfant prennent-ils fin un jour ? Cette question est lancinante dans le nouveau roman de Cyril Massarotto. L’ancien instituteur des Pyrénées-Orientales, devenu écrivain à plein-temps, semble encore nostalgique du contact avec les enfants. Ils tiennent régulièrement une grande place dans ses livres et ce huitième opus ne déroge pas à la règle. Samuel le narrateur, fête ses 35 ans.
■ Un simple coup de fil
Seul. Employé dans une société spécialisée dans les habits pour chien, il n’a quasiment pas de vie sociale en dehors des repas avec ses voisins du dessous, les « M & M’s » Marcel et Marceline. Il passe ses journées dans son petit bureau à imaginer des slogans publicitaires. Depuis très longtemps. Trop. Mais son patron, un tyran l’apprécie : il peut le martyriser à loisir. Un peu désenchanté donc le Samuel, à se remémorer l’époque où il était plein d’ambition (devenir écrivain...) entouré de copains, heureux chez ses parents. Il se souvient tellement bien de l’époque qu’il a toujours en mémoire le numéro de téléphone de la maison.
Sur une impulsion il le compose et quelqu’un décroche. À l’autre bout du fil, la voix d’un enfant. Un gamin de 10 ans. Samuel aussi. Le jeune. L’excellente idée de départ de Cyril Massarotto (les dialogues entre Samuel 35 ans et Samuel 10 ans) lui permet ensuite de dé- rouler son intrigue en toute décontraction car le lecteur est happé par cette relation dans laquelle il ne peut que se projeter. L’occasion d’émouvoir ou d’amuser. Côté émotion les larmes silencieuses de l’enfant et cet aveu de l’adulte « C’était ma grande fierté : personne n’a jamais su que j’étais un petit garçon désespéré ». On imagine facilement que Cyril Masarrotto a beaucoup mis de lui-même dans le personnage de Samuel. Entre sa phobie de l’avion et ses envies d’écrire, il a certainement puisé dans ses souvenirs.
Cela ne l’empêche pas de glisser dans le fil du roman des considérations plus générales qui sont devenues un peu sa marque de fabrique. Sur l’amitié : « Chacun sait plus ou moins comment l’on fait pour tenter de séduire quelqu’un, mais il n’y a pas de recette pour se faire des amis ». Les ruptures : « La vie après un amour envolé se couvre d’une boue épaisse dans laquelle on patauge en essayant de ne pas se noyer. » Reste ce dialogue vivifiant entre un enfant plein d’espoir et un adulte résigné. Un dialogue constructif qui permettra à Samuel de s’envoler, au propre comme au figuré.  
➤ « Quelqu’un à qui parler », Cyril Massorotto, XO éditions, 18,90 €

20/02/2017

Roman : Retour gagnant pour Malaussène et Daniel Pennac

Daniel Pennac exhume son personnage fétiche de la naphtaline. Il est toujours aussi séduisant.


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Coucou le revoilou... Malaussène, le héros parisien imaginé par Daniel Pennac, après des millions d’exemplaires vendus de ses précédentes mésaventures, revient sur le devant de la scène littéraire. Il a toujours la même verve, avec un poil de sagesse en plus. « Ils m’ont menti » est le premier tome de la nouvelle trilogie de Pennac au titre évocateur de « Le cas Malaussène ». Oui c’est un cas ce Benjamin Malaussène à la famille recomposée et compliquée immense et labyrinthique racontée dans les six premiers tomes de son existence hors du commun (tous les titres sont disponibles en Folio sous de très belles couvertures signées Tardi).
Près de 20 ans après, certains personnages ont grandi. Notamment les enfants, devenus adultes, travaillant aux quatre coins du monde. Malaussène lui est toujours employé dans la maison d’édition de la Reine zabo, grande prêtresse de la littérature de la « vérité vraie », autrement dit de l’autofiction. Les auteurs racontent leur vie, sans tabou ni garde-fous. Malaussène se charge de les protéger car les révélations ne font pas toujours plaisir.
C’est le cas d’Alceste qui a remporté un incroyable succès avec « Ils m’ont menti », l’histoire de sa famille. Il met la touche finale à la seconde partie, « Leur très grande faute », dans un chalet isolé sur le Vercors. Une région idéale pour les jeunes selon Pennac : « L’immensité convient à l’enfance que l’éternité habite encore. Passer des vacances à plus de 1 000 mètres d’altitude et à 80 kilomètres de toute ville c’est alimenter le songe, ouvrir la porte aux contes, parler avec le vent, écouter la nuit, prendre langue avec les bêtes, nommer les nuages, les étoiles, les fleurs, les herbes, les insectes et les arbres. C’est donner à l’ennui sa raison d’être et de durer. » De la poésie pure, à picorer entre les pages plus classiques sur l’intrigue.
■ Critique sociale et littérature
Car une nouvelle fois de l’exceptionnel arrive dans l’entourage de Malaussène. L’affairiste George Lapieta est enlevé. Le montant de la rançon réclamée est la somme exacte du parachute doré qu’il vient de toucher, un peu plus de 2,8 millions. Critique sociale fait bon ménage avec réflexion sur la littérature quand Pennac explique toute la difficulté de débuter un roman : « Par quel bout attraper le réel ? (…) Décider de raconter une histoire, c’est se soumettre à un début. Dire le réel c’est envisager tous les commencements possible. » Mais pour « Le cas Malaussène », la problématique est différente car il s’agit d’un recommencement. Pour le plus grand plaisir des fans du personnage. 
➤ « Le cas Malaussène » (Ils m’ont menti, tome 1), Daniel Pennac, Gallimard, 21 €

09:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : malaussène, pennac, gallimard

19/02/2017

Livres de poche : du gros, très gros best-seller

 


Le soir de son mariage, Lila, seize ans, comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qu’elle déteste. De son côté, Elena, la narratrice, poursuit ses études au lycée. Quand l’été arrive, les deux amies partent pour le bord de mer. « Le nouveau nom » est le second tome de la saga d’Elena Ferrante dont la troisième partie vient de paraître chez Gallimard.
➤ « Le nouveau nom », Folio, 8,80 €


Hope, Josh et Luke, étudiants en neurosciences, forment un trio inséparable. Lorsque Hope tombe malade, ils décident de jouer aux apprentis sorciers, aux alchimistes de la vie et de se lancer dans une course effrénée pour défier la mort. Émouvant, mystérieux, plein d’humour et d’amour, « L’horizon à l’envers » de Marc Levy est un roman innovant qui explore la mémoire des sentiments.
➤ « L’horizon à l’envers », Pocket, 7,80 €


Autofiction réussie, « D’après une histoire vraie » est directement inspirée de la vie de Delphine Le Vigan. La romancière, après un important succès, passe par une période de doute. Elle rencontre L. Et c’est cette descente aux enfers qu’elle raconte à la première personne. Un texte qui va être adapté au cinéma par Roman Polanski avec Emmanuelle Seigner en vedette.
➤ « D’après une histoire vraie », Le Livre de Poche, 7,90 €

14/02/2017

Roman noir : Causse toujours

Sur le Causse, balayé par le vent et le froid, seules les bêtes vous entendent hurler, de solitude ou de terreur.

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Là-haut sur le Causse, la vie semble s’être arrêtée. Longtemps les petits villages étaient suffisamment peuplés, malgré les rigueurs de la météo et de la terre. Mais inexorablement les familles sont clairsemées, les jeunes sont partis, les derniers résistants se sentent de plus en plus seuls.

« Seules les bêtes », roman noir de Colin Niel, aborde de façon frontale ce problème. La campagne française se meurt. Est morte plus exactement. Cela n’empêche pas les faits divers. Le roman propose la version de quatre personnes qui tournent autour de la disparition d’une jolie bourgeoise. Une fille de la ville qui a dit oui à un notable du cru, assez intelligent pour délaisser les troupeaux pour la politique. Même s’il est toujours question de moutons…

Première intervenante Alice. Fille d’exploitant, elle a repris l’exploitation de son père. Exactement elle s’est mariée avec l’ouvrier agricole qui a prolongé le travail d’élevage d’un beau troupeau d’aubrac. Alice est l’assistante sociale de la région. Elle va de ferme en ferme, renseigne sur les évolutions des directives européennes. Fait beaucoup d’écoute. Des vieux.

Des hommes seuls aussi comme Joseph. Célibataire, il a perdu sa mère il y quelques années. Depuis, à part Alice, il ne voit plus personne à part sa centaine de brebis. Il raconte avec une étonnante perspicacité sa situation. « Je sais pas comment c’est pour les autres, mais moi la solitude, je dirais pas que je l’ai voulue. Et elle m’est pas tombée dessus du jour au lendemain. Non, c’est venu lentement, j’ai eu le temps de la voir arriver avec les années, de la sentir m’entourer comme une mauvaise maladie. » Alice, comme pour tenter de le sauver, s’offre à lui. Une relation adultère qui détonne et ne sera pas sans conséquence sur la suite de l’intrigue.

Car l’auteur, qui a déjà signé plusieurs romans se déroulant en Guyane, dans la troisième partie quitte le Causse pour des cieux plus exotiques. Drame de la mondialisation et de l’omniprésence des réseaux sociaux. Le mari d’Alice, sous des airs de brute épaisse, est un cœur d’artichaut. Il est amoureux fou d’Amandine, jeune femme avec qui il converse par ordinateurs interposés. Amandine qui raconte son quotidien, à mille lieues des mensonges à destination de l’agriculteur français.

De polar rural, le roman de Colin Niel bascule dans le glauque. Par l’intermédiaire de Joseph, mais aussi d’Amandine, la surprise de taille de ce texte particulièrement actuel par ses thèmes abordés.

➤ « Seules les bêtes » de Colin Niel, éditions du Rouergue, 19 €

 

13/02/2017

Livres de poche : à découvrir avant de lire les suites

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Quatre masseuses thaïlandaises sont brutalement assassinées à Stockholm. Le corps d’une autre est retrouvé mutilé. Le jour, Zack Herry fait partie d’une unité chargée d’enquêter sur les affaires les plus difficiles. Comme celle-ci. La nuit, il fréquente les boîtes et consomme de la cocaïne, entre autres avec des gens qu’il pourrait aussi bien être en train d’interroger. Et il soulève les questions qui le conduiront peut-être à résoudre ces meurtres. En proie à ses addictions, hanté par les fantômes du passé, Zack est pourtant bien décidé à résoudre cette affaire. Mons Kallentoft et Markus Lutteman s’imposent sur la scène très embouteillée du polar nordique. La suite des aventures de Zack (Leon) vient de paraître à la Série Noire.

➤ « Zack » Folio, 8,20 €

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Brünhilde Blum déteste son prénom. Elle dé- teste encore plus ses parents adoptifs, qui dirigent une entreprise de pompes funèbres. C’est pour cela que, à 24 ans, elle décide qu’il est temps pour eux de mourir… Huit ans plus tard, elle a tout pour être heureuse : un époux aimant, deux adorables fillettes. Jusqu’au jour où son époux Mark, policier, passe sous les roues d’un chauffard. L’enquête qu’il menait autour d’une sans papiers moldave, séquestrée durant cinq ans, serait-elle à l’origine de cet « accident » ? Blum décide alors de venger Mark. Or, quand il s’agit de tuer – on l’a vu –, Blum n’a aucun scrupule. Un drôle de personnage imaginé par Bernhard Aichner. On la retrouve, toujours aussi froide et déterminé dans « La maison de l’Archipel » qui vient de paraître aux éditions de l’Archipel.

➤ « Vengeances », Pocket, 7,40 €

 

10:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : folio, pocket

08/02/2017

Livres de poche : sacrés détectives pour grandes séries

 

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Chicago, ses buildings, ses gangsters, ses dancings… Quand le vocabulaire vient à manquer, il suffit de faire parler la poudre. Quant aux dames, San-Antonio a développé un langage bien à lui. Tout à fait l’homme qu’il faut pour débrouiller cette affaire de taxi-girls zigouillées par un sadique français. Un San-Antonio des années 50, toujours aussi vert et incisif.

➤ « Bas les pattes », Pocket, 6,30 €

 

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Au XIIe siècle, les moines de Glastonbury ont découvert deux étranges squelettes enterrés dans leur cimetière. L’île d’Avalon se situant à Glastonbury, il pourrait s’agir des restes du roi Arthur et de la reine Guenièvre. Les moines l’espèrent. Le roi Henry II a également besoin de la preuve de la mort du légendaire Arthur. Il fait donc appel à l’anatomiste Adelia Aguilar, pour qu’elle examine les os. Un roman inédit d’Ariana Franklin, romancière anglaise morte en 2011

➤ « Le secret des tombes », 10/18, 8,40 €

 

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Été 1946. Ex-flic et sousoff tout juste démobilisé, Douglas Brodie a frôlé la mort plus d’une fois. Engagé à la Gazette de Glasgow, il doit vite faire ses preuves en tant que reporter. Quand une bande de fanatiques décide d’infliger d’horribles châtiments aux criminels passés entre les mailles de la justice, l’occasion est toute trouvée. « Les Justiciers de Glasgow » est la deuxième enquête de Douglas Brodie imaginé par Gordon Ferris.

➤ « Les justiciers de Glasgow », Points, 8,10 €