19/02/2017

Livres de poche : du gros, très gros best-seller

 


Le soir de son mariage, Lila, seize ans, comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qu’elle déteste. De son côté, Elena, la narratrice, poursuit ses études au lycée. Quand l’été arrive, les deux amies partent pour le bord de mer. « Le nouveau nom » est le second tome de la saga d’Elena Ferrante dont la troisième partie vient de paraître chez Gallimard.
➤ « Le nouveau nom », Folio, 8,80 €


Hope, Josh et Luke, étudiants en neurosciences, forment un trio inséparable. Lorsque Hope tombe malade, ils décident de jouer aux apprentis sorciers, aux alchimistes de la vie et de se lancer dans une course effrénée pour défier la mort. Émouvant, mystérieux, plein d’humour et d’amour, « L’horizon à l’envers » de Marc Levy est un roman innovant qui explore la mémoire des sentiments.
➤ « L’horizon à l’envers », Pocket, 7,80 €


Autofiction réussie, « D’après une histoire vraie » est directement inspirée de la vie de Delphine Le Vigan. La romancière, après un important succès, passe par une période de doute. Elle rencontre L. Et c’est cette descente aux enfers qu’elle raconte à la première personne. Un texte qui va être adapté au cinéma par Roman Polanski avec Emmanuelle Seigner en vedette.
➤ « D’après une histoire vraie », Le Livre de Poche, 7,90 €

14/02/2017

Roman noir : Causse toujours

Sur le Causse, balayé par le vent et le froid, seules les bêtes vous entendent hurler, de solitude ou de terreur.

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Là-haut sur le Causse, la vie semble s’être arrêtée. Longtemps les petits villages étaient suffisamment peuplés, malgré les rigueurs de la météo et de la terre. Mais inexorablement les familles sont clairsemées, les jeunes sont partis, les derniers résistants se sentent de plus en plus seuls.

« Seules les bêtes », roman noir de Colin Niel, aborde de façon frontale ce problème. La campagne française se meurt. Est morte plus exactement. Cela n’empêche pas les faits divers. Le roman propose la version de quatre personnes qui tournent autour de la disparition d’une jolie bourgeoise. Une fille de la ville qui a dit oui à un notable du cru, assez intelligent pour délaisser les troupeaux pour la politique. Même s’il est toujours question de moutons…

Première intervenante Alice. Fille d’exploitant, elle a repris l’exploitation de son père. Exactement elle s’est mariée avec l’ouvrier agricole qui a prolongé le travail d’élevage d’un beau troupeau d’aubrac. Alice est l’assistante sociale de la région. Elle va de ferme en ferme, renseigne sur les évolutions des directives européennes. Fait beaucoup d’écoute. Des vieux.

Des hommes seuls aussi comme Joseph. Célibataire, il a perdu sa mère il y quelques années. Depuis, à part Alice, il ne voit plus personne à part sa centaine de brebis. Il raconte avec une étonnante perspicacité sa situation. « Je sais pas comment c’est pour les autres, mais moi la solitude, je dirais pas que je l’ai voulue. Et elle m’est pas tombée dessus du jour au lendemain. Non, c’est venu lentement, j’ai eu le temps de la voir arriver avec les années, de la sentir m’entourer comme une mauvaise maladie. » Alice, comme pour tenter de le sauver, s’offre à lui. Une relation adultère qui détonne et ne sera pas sans conséquence sur la suite de l’intrigue.

Car l’auteur, qui a déjà signé plusieurs romans se déroulant en Guyane, dans la troisième partie quitte le Causse pour des cieux plus exotiques. Drame de la mondialisation et de l’omniprésence des réseaux sociaux. Le mari d’Alice, sous des airs de brute épaisse, est un cœur d’artichaut. Il est amoureux fou d’Amandine, jeune femme avec qui il converse par ordinateurs interposés. Amandine qui raconte son quotidien, à mille lieues des mensonges à destination de l’agriculteur français.

De polar rural, le roman de Colin Niel bascule dans le glauque. Par l’intermédiaire de Joseph, mais aussi d’Amandine, la surprise de taille de ce texte particulièrement actuel par ses thèmes abordés.

➤ « Seules les bêtes » de Colin Niel, éditions du Rouergue, 19 €

 

13/02/2017

Livres de poche : à découvrir avant de lire les suites

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Quatre masseuses thaïlandaises sont brutalement assassinées à Stockholm. Le corps d’une autre est retrouvé mutilé. Le jour, Zack Herry fait partie d’une unité chargée d’enquêter sur les affaires les plus difficiles. Comme celle-ci. La nuit, il fréquente les boîtes et consomme de la cocaïne, entre autres avec des gens qu’il pourrait aussi bien être en train d’interroger. Et il soulève les questions qui le conduiront peut-être à résoudre ces meurtres. En proie à ses addictions, hanté par les fantômes du passé, Zack est pourtant bien décidé à résoudre cette affaire. Mons Kallentoft et Markus Lutteman s’imposent sur la scène très embouteillée du polar nordique. La suite des aventures de Zack (Leon) vient de paraître à la Série Noire.

➤ « Zack » Folio, 8,20 €

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Brünhilde Blum déteste son prénom. Elle dé- teste encore plus ses parents adoptifs, qui dirigent une entreprise de pompes funèbres. C’est pour cela que, à 24 ans, elle décide qu’il est temps pour eux de mourir… Huit ans plus tard, elle a tout pour être heureuse : un époux aimant, deux adorables fillettes. Jusqu’au jour où son époux Mark, policier, passe sous les roues d’un chauffard. L’enquête qu’il menait autour d’une sans papiers moldave, séquestrée durant cinq ans, serait-elle à l’origine de cet « accident » ? Blum décide alors de venger Mark. Or, quand il s’agit de tuer – on l’a vu –, Blum n’a aucun scrupule. Un drôle de personnage imaginé par Bernhard Aichner. On la retrouve, toujours aussi froide et déterminé dans « La maison de l’Archipel » qui vient de paraître aux éditions de l’Archipel.

➤ « Vengeances », Pocket, 7,40 €

 

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08/02/2017

Livres de poche : sacrés détectives pour grandes séries

 

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Chicago, ses buildings, ses gangsters, ses dancings… Quand le vocabulaire vient à manquer, il suffit de faire parler la poudre. Quant aux dames, San-Antonio a développé un langage bien à lui. Tout à fait l’homme qu’il faut pour débrouiller cette affaire de taxi-girls zigouillées par un sadique français. Un San-Antonio des années 50, toujours aussi vert et incisif.

➤ « Bas les pattes », Pocket, 6,30 €

 

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Au XIIe siècle, les moines de Glastonbury ont découvert deux étranges squelettes enterrés dans leur cimetière. L’île d’Avalon se situant à Glastonbury, il pourrait s’agir des restes du roi Arthur et de la reine Guenièvre. Les moines l’espèrent. Le roi Henry II a également besoin de la preuve de la mort du légendaire Arthur. Il fait donc appel à l’anatomiste Adelia Aguilar, pour qu’elle examine les os. Un roman inédit d’Ariana Franklin, romancière anglaise morte en 2011

➤ « Le secret des tombes », 10/18, 8,40 €

 

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Été 1946. Ex-flic et sousoff tout juste démobilisé, Douglas Brodie a frôlé la mort plus d’une fois. Engagé à la Gazette de Glasgow, il doit vite faire ses preuves en tant que reporter. Quand une bande de fanatiques décide d’infliger d’horribles châtiments aux criminels passés entre les mailles de la justice, l’occasion est toute trouvée. « Les Justiciers de Glasgow » est la deuxième enquête de Douglas Brodie imaginé par Gordon Ferris.

➤ « Les justiciers de Glasgow », Points, 8,10 €

 

07/02/2017

Littérature : Lire, écrire, vivre...

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Si vous êtes un lecteur compulsif, ce petit livre de Julia Kerninon est pour vous. Il ne vous occupera qu’une petite demi-journée (ou une demi-nuit d’insomnie dans mon cas) mais vous fera beaucoup de bien.

La romancière y raconte son enfance baignée de lecture, puis d’écriture. Très jeune, sa mère lui confie son plus grand secret : rien n’est mieux que de lire. Depuis, Julia dévore les livres, et a décidé de devenir écrivain. Soutenue par sa mère qui la gronde parfois « Tu prétends que tu veux être écrivain, mais il y a longtemps que je n’ai pas entendu le bruit de ta machine à écrire. Il va falloir te mettre au travail, parce ce que c’est ça que font les écrivains, ils travaillent ». Depuis, tous les soirs, Julia noirci les pages et cette « Activité respectable » lui permet d’en vivre et de la partager avec ses lecteurs.  

➤ « Une activité respectable » de Julia Kerninon, Les éditions du Rouergue, 9,80 €

 

31/01/2017

Roman : Légumes et adultères prospèrent "Sous le compost"

SOUS LE COMPOST. Être un homme au foyer réserve bien des surprises au héros imaginé par Nicolas Maleski.

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Franck s’est longtemps rêvé écrivain. Finalement il a suivi sa femme Gisèle, vétérinaire, quand elle s’est installée dans une petite ville de province, à flanc de montagne. La belle et féline Gisèle, travaille 10 heures par jour pour faire bonne impression auprès de ses deux associés, hommes et plus âgés.

Alors un peu par la force des choses, Franck est devenu homme au foyer, s’occupant du ménage, des courses, des repas et de l’éducation de leurs trois petites filles. Et sur son temps libre, il a entrepris de cultiver un jardin potager avec les conseils éclairés de son voisin, Francis, agriculteur. Ce premier roman de Nicolas Maleski a des airs des précis horticole dans les premières pages. Franck s’esbaudit devant la beauté de la nature et la pousse des courgettes, tomates et autres radis. Il sème, éclaircit, bute et même entretient son compost naturel. Car Franck, en bon ancien urbain qui se respecte, veut éviter les désherbants, pesticides et autres saletés toujours en vente libre. Une vie pépère, sans grande ambition. Heureuse quand même, avec de nouvelles amitiés et des sorties en VTT dans les forêts environnantes. Rapidement, l’auteur abandonne les plantes pour s’intéresser en profondeur aux personnalités de ses créations. Notamment quand Franck reçoit une lettre anonyme lui annonçant que Gisèle le trompe avec un des associés.

■ Une, voire deux maîtresses

Il bouillonne. « Je sentais monter à mon cerveau une énergie noire et pleine d’humeurs. Je me coltinais nos gamines, je faisais la boniche. Pendant ce temps, elle pavanait dans son 4 x 4 et elle offrait les prérogatives de ses cuisses à son connard d’associé. » Il n’y croit pas trop cependant. Jusqu’à ce jour où Valérie, la femme de l’associé en question, débarque chez lui pour lui annoncer que son mari la trompe avec Gisèle. Le croustillant du roman monte d’un cran car Franck, au lieu de tout déballer, décide de se venger de la plus simple des façons : prendre Valérie pour maîtresse. Et tant qu’à faire, séduire aussi la femme de l’autre associé. Homme au foyer laisse pas mal de temps libre, mais entre le jardin, les trois enfants, une épouse et deux maîtresses il faut jongler. Et parfois cela se retourne contre vous quand une jeune femme disparaît.

D’autant que Franck, calculateur et un peu trop dé-taché de ses actions, cache des montagnes de violences. Notamment quand il se dit, à propos d’un ami d’enfance un peu trop envahissant à son goût : « Je l’aurais volontiers mis dans mon compost, celui-là ; mes légumes se seraient régalés avec un fumier pareil. » Un premier roman assez réjouissant dans sa façon de présenter le franchissement de certains interdits moraux.

➤ « Sous le compost » de Nicolas Maleski, Fleuve éditions, 18,90 €

 

30/01/2017

Roman : Maurice Sachs, escroc cultivé

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Écrivain maudit, mort en Allemagne à la fin de la guerre d’une balle dans la nuque tirée par un SS, Maurice Sachs est présenté dans ce livre de correspondances imaginaires comme un « Saint Salopard ».

Barbara Israël ne trouve pas d’excuses à cet escroc de génie, Juif devenu serviteur zélé des nazis, il est capable d’aimer mais aussi de trahir. Il écrit à sa mère, ou à de grands écrivains qu’il a croisés comme Marcel Proust ou Julien Green. A son père, qu’il a très peu connu, il tente de se justifier sur ses errances : « Avec le recul, je sais que nous avions raison d’être dissolus. C’était le lieu même où s’exprimait notre génie. » L’autre facette de Maurice Sachs est son homosexualité. Certains passages sont très crus et mettent en scène des célébrités comme Cocteau ou Marc Allégret. Quant à Gide, il lui explique simplement : « Ma plus grande douleur aurait été de me contraindre, j’avais horreur de souffrir. »

➤ « Saint Salopard » de Barbara Israël, Flammarion, 18 €

 

29/01/2017

Livres de poche : histoires de menaces

 

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Quinze ans après avoir contribué à stopper l’invasion qui menaçait la France, Tom Costa est porté disparu. Miki, son jeune frère désormais responsable de la petite communauté installée à Port Leucate se lance à sa recherche et va devoir affronter les périlleuses routes d’Espagne pour retrouver sa trace. Ce roman d’aventures post-apocalyptiques de Laurent Whale offre un divertissement intelligent sur la poursuite de la vérité et la fidélité.

➤ « Les damnés de l’asphalte », Folio SF, 8,80 €

 

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Paris, 11 mars 1944. Appelés pour un incendie rue Le Sueur, les pompiers et la police découvrent dans les caves d’un hôtel particulier un charnier de vingt-sept cadavres dissous dans la chaux vive. Lancé à la poursuite de celui que la presse surnomme « Docteur Satan », le détective privé Jérôme Dracéna imaginé par Jean-Pierre de Lucovich va devoir affronter un génie du crime, maître de l’illusion, à l’image de Fantômas ou du diabolique Dr Mabuse.

➤ « Satan habite au 21 », 10/18, 8,80 €

 

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Il a suffi de quelques jours au charismatique révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow, dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité. Trente ans plus tard, Jamie est un guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue. Il va croiser à nouveau le chemin de Jacobs. Un roman électrique de Stephen King sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir.

➤ « Revival », Le Livre de Poche, 8,30 €

 

28/01/2017

De choses et d'autres : Tweets d'outre tombe

Le réseau Twitter est devenu le grand défouloir de la planète. En 140 signes il faut être percutant et pertinent. Une nouvelle façon de s’exprimer, de faire rire ou dire ses quatre vérités à ceux qui nous énervent. Mais Twitter est récent. Jeff Domenech, auteur de « Tweets post mortem » imagine ce que pourraient twitter les célébrités aujourd’hui disparues. Une sorte d’hommage à leur personnalité, tout en conservant le côté persifleur du réseau. Un florilège classé par catégories, de musique à politique en passant par littérature ou sport. Wolinski prend sa revanche : « Dites aux kamikazes de Daech que depuis mon arrivée au paradis, leurs 72 vierges ne le sont plus ». Coco Chanel donne son avis sur la mode actuelle : « L’élégance se perd de nos jours. Se promener dans la rue avec un maillot du PSG ou de l’OM devrait être passible de la peine de mort ». Au total plus de 300 tweets imaginaires, à picorer avec gourmandise et sans modération.

➤ « Tweets post mortem », Jungle, 9,90 €

 

26/01/2017

Roman : La dégringolade des super-héros français

LES PREMIERS. Sept jeunes Français se découvrent des pouvoirs. Xabi Molia raconte leur histoire qui finit mal.

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Le premier découvre dans la rue qu’il peut voler. Un autre qu’il a la capacité de manœuvrer l’esprit des gens, une autre qu’elle se déplace à la vitesse de l’éclair. En une semaine, ils sont sept, un peu partout en France, à se découvrir un super-pouvoir. Les super-héros sont devenus très connus dans l’imaginaire collectif. Merci les comics et leurs adaptations au cinéma. Mais Xabi Molia, romancier et cinéaste, imagine un groupe d’invincibles dans une république française en pleine déconfiture.

■ Dérapages

Immédiatement, les sept sont mis à l’abri, ils signent un contrat avec l’État et se mettent au service de la communauté. Même si ce n’est pas évident pour tout le monde. L’un des élus le confesse dans une interview « On faisait le Bien, b majuscule, parce que c’était notre rôle et qu’on se sentait obligés, mais ça nous venait pas naturellement. On n’avait pas vocation à ça. Et même, je vais vous dire, c’était tout le contraire : on avait vocation à faire des conneries. Parce que quand vous avez des capacités comme les nôtres, c’est très difficile de dominer vos envies. » De simple histoire de science-fiction, l’auteur transforme son roman en résumé de toute la difficulté d’être différent dans une France de plus en plus repliée sur elle-même.

xabi molia,super-héros,seuilAu début, les héros sont adulés. Mais quelques dérapages suffisent à ternir leur étoile. Et comme ce sont des hommes et des femmes ordinaires, pas préparés à cette mise en lumière, certains craquent. Pire, une bête histoire d’adultère va mettre en péril le groupe. Et le plus puissant va même basculer du côté obscur. Sans oublier le moindre aspect du genre (Faut-il se masquer ? D’où viennent ces pouvoirs ? Sont-ils éternels ? Y en a-t-il d’autres qui restent cachés ?) Xabi Molia revisite avec brio un canevas vu et revu.

Avec cette touche frenchy qui fait toute la différence. « Les Premiers » ont tout pour être adaptés sous forme de série télé, made in France évidemment.

 ➤ « Les Premiers » de Xabi Molia, Seuil, 19 €

 

24/01/2017

Roman : Virée dans Barcelone la nocturne avec Hélène Couturier

Bienvenue à Barcelone, ses rues typiques, ses ramblas, ses quartiers chauds. Très chauds.

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Mathilde, 50 ans, est responsable d’une agence immobilière dans la capitale catalane. Depuis plus de 15 ans elle vit avec Jo, un pur Catalan. Elle l’aime d’amour fou, mais ne peut pas s’empêcher d’aller « s’amuser » avec d’autres beaux garçons, généralement jeunes et moins sérieux que Jo, cadre dans une entreprise spécialisée dans les statistiques. Mathilde insouciante, est mise sur le gril par son compagnon. Une question qu’il répète à l’envi et qui donne le titre au roman d’Hélène Couturier : « Combien de fois m’as-tu trompé ? » Habituée aux mensonges, la belle volage cherche une parade. Mais c’est peine perdue. Car si Jo a décidé de crever l’abcès, ce n’est pas par hasard. Il a rencontré une autre femme et veut quitter Mathilde.

De cette classique scène de ménage entre un couple équilibré, Hélène Couturier, connue pour ses romans noirs, plonge son héroïne dans une découverte du Barcelone by night. Car Mathilde, malgré ses 50 ans, croque la vie à pleines dents. Elle ne veut pas se contenter de ce que son âge l’autorise : « au-dessus de quarante ans les sorties semblent réduites au dîner dans les restaurants lounge concept avec éclairage bougies qui atténuent les rides de chacun mais requièrent lunettes pour déchiffrer le menu s’il n’est pas rédigé grand format sur une ardoise ».

Direction les quartiers interlopes pour tenter de mettre la main sur son dealer attitré. Introuvable, elle se rabat sur un « Paki » qui lui propose de la MD. Avec une précision presque journalistique, la romancière raconte ces quartiers déshérités, où la misère est la norme. Où les téléphones portables volés aux touristes deviennent presque une monnaie parallèle aux euros. Mathilde, pour oublier ses amours défuntes, décide de se donner au premier bel homme qu’elle croise. Ce sera un Martiniquais, rasta au corps sculptural. Mais il est plus intéressé par les croyances religieuses de la Blonde occidentale que par ses avances.

L’errance dans Barcelone occupe une grande partie du roman. Comme si se perdre dans cette ville aux multiples visages allait lui permettre d’oublier cette vie qu’elle semble gâcher. Notamment dans le quartier de Poblenou et « ses avenues bordées de vaisseaux de pierre et de béton qui fendent le ciel.» Quartier découvert par Jo (elle résidait avant à Gracia) endroit qu’elle ne quitterait pour rien au monde. Cela tombe bien, Jo est en train de reprendre ses livres. Il laisse l’appartement à Mathilde. Mathilde, seule face à Barcelone. 

➤ « Il était combien de fois » d’Hélène Couturier, Le Dilettante, 15 €

 

20/01/2017

Roman : la catastrophe annoncée

La catastrophe annoncée Dans 100 jours, les Français votent. Début mai, ils auront un nouveau président de la République. Eric Pessan dans ce court roman, imagine le pire.

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A 20 heures, sur tous les écrans, l’extrême droite l’emporte. Immédiatement la ville s’embrase. David, cadre oppressé par un travail déshumanisé, n’ose pas rentrer chez lui. Mina, son ancienne compagne, a préféré anticiper et elle passe cette nuit sur un cargo à destination des Antilles. Mina, isolée mais aussi désespérée que David qui lui est au cœur de la tourmente. « La maladie a infecté la ville. C’est la nuit de la grande contagion généralisée. Attaqué par un virus, l’organisme élève sa température en dernier recours. » Conséquence, la voiture de David est incendiée par les mécontents. Si le roman a une trame amoureuse (Mina a quitté David mais le regrette), il est surtout intéressant par son analyse politique : « L’addition des crises et des promesses trahies, des dépressions et des chances ratées, des petitesses et des rancœurs, des ego et des arrivismes, plus la conviction profonde que le pire ne se produira jamais ont permis que cela advienne ». A lire avant d’aller voter…

➤ « La nuit du second tour » d’Eric Pessan, Albin Michel, 16 €

 

17/01/2017

Roman : Aveuglement du petit copropriétaire

Avec sa verve habituelle, Philippe Ségur raconte les déboires d’un couple dans « Extermination des cloportes ».

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Don Dechine, professeur de lycée, a le secret espoir d’écrire un roman. Pas n’importe lequel, le chef-d’œuvre qui lui vaudra direct le Nobel de littérature. Don Dechine s’y croit un peu. Beaucoup même. Ce n’est pas la modestie qui l’étouffe. Dans son appartement de la ville de Nî- mes, il vit avec sa femme Betty, gentille demoiselle qui espère elle aussi faire carrière dans l’éducation nationale. Encore faut-il qu’elle passe son doctorat.

Le roman de Philippe Ségur, professeur de droit constitutionnel et de philosophie politique à l’université de Perpignan, déroute dans les premières pages. Don et Betty sont pleins de bonnes volontés. Ils planifient leur travail comme des enfants sages et vertueux. Mais rapidement les engrenages se grippent. Et ils finissent dans le canapé à regarder les sept saisons des Soprano, tout en dégustant du Maury, vin préféré du héros et cité une bonne dizaine de fois dans le roman. Tout change quand Don, un matin, se réveille avec la bizarre impression d’avoir des cloportes dans l’œil. Des bestioles noires qui se baladent devant lui, perturbant sa vue. Une idée kafkaïenne parfaitement amenée par l’auteur jusqu’à la révélation du toubib de famille : Don souffre de la maladie de Fuchs.

A moyenne échéance il deviendra aveugle. Il n’existe pas de traitement. Peut-être une opération, mais Don refuse. « Je préférais continuer d’élever des cloportes et regarder le monde derrière ma vitre sale. » La comédie va-t-elle sombrer dans le mélodrame ? Pas du tout. N’oubliez pas que c’est Philippe Ségur qui est aux manettes. L’humour l’emporte toujours avec cet auteur à l’optimisme chevillé au corps.

■ « Granch » rêvé

Don fait comme si de rien n’était, cache même ses problèmes de vision à sa douce Betty. Pourtant il l’adore : « Avec Betty, nous faisons tout ensemble. Le travail, les courses, le sport et même l’amour. C’est dire si nous sommes proches. » Une bonne partie du roman raconte les aléas de la copropriété. Don et Betty affrontent le syndic qui veut leur faire payer des charges considérables. Ils décident alors de vendre et d’acheter un « granch » (une grange transformée en ranch…) à la campagne. Des passages très édifiants sur les pratiques des banques et autres assurances où on croit dé- celer du vécu.

Un roman vivifiant en ces sombres heures d’une société trop souvent ré- signée et manquant cruellement de fantaisie.  

➤ « Extermination des cloportes », Philippe Ségur, Buchet Chastel, 18 €

 

09/01/2017

Livre de poche : de SAS à KO

La référence est explicite. A la 43e page de sa première aventure, l’héroïne de cette nouvelle série de polars internationaux se plonge dans un SAS de Gérard de Villiers. L’écrivain récemment disparu a fait des émules. Alex de Brienne revendique l’influence et on la retrouve souvent dans « Massacre à Odessa ». KO ce sont les initiales de Kaly et son frère Odyss. Officiellement consultants, ils sillonnent le monde, sollicités par les plus grands pour enquêter, déjouer et arrêter de savants complots. Ce premier titre se déroule en Ukraine, pays en plein bouleversement après la révolution de la place Maydan et le coup de force des prorusses en Crimée. Une poudrière expliquée par Alex de Brienne, pseudonyme d’une personnalités parfaitement informée. Cette collection de romans lui permettra, selon l’éditeur, « de partager des informations décisives sur des événements réels grâce à la fiction ». Déjà les prochains titres sont annoncés en quatrième de couverture, preuve que malgré la fin de la guerre froide et l’envol du numérique, la littérature populaire n’a pas dit son dernier mot. 

➤ KO, massacre à Odessa » d’Alex de Brienne, Le Livre de Poche (inédit), 7,30 €

 

08/01/2017

Livres de poches : romans extrêmes

Une jeune fille a été retrouvée morte, avec d’étranges blessures au cou. Le lieutenant Eve Dallas enquête jusqu’au cœur des souterrains de Manhattan. Au cours d’une réception, le corps d’une femme est découvert gisant sur un pentagramme. Un meurtre a été commis à bord d’un ferry et le cadavre a disparu. Nouvelle enquête de cette héroïne créée par Nora Roberts.

➤ « Crimes sans fin », J’ai Lu, 7,80 €

Depuis la Panique, du monde d’hier, il ne reste rien, ou presque. L’humanité a dû se reconstruire en évitant de reproduire les erreurs de ses aïeux. À Rouperroux, petit village, arrive Jason, un saltimbanque, porteur de l’écho des temps d’avant. Par ses questions, ses contes et ses chansons, Jason va ranimer les braises d’une histoire que tous veulent oublier. Loïc le Borgne signe un roman de SF atypique.

➤ « Hysteresis », Pocket, 8,50 €

Lizzie Prain, femme au foyer, la cinquantaine, vit dans un cottage au milieu des bois. Elle aime cuisiner, vendre les gâteaux qu’elle prépare, et préfère éviter les voisins. Lundi dernier, sans crier gare, elle a tué son mari d’un grand coup de pelle sur la tête. Et pour se débarrasser du corps elle a trouvé une solution radicale. Un bijou d’humour noir, drôle, et subversif signé Natalie Young.

➤ « Assaisonnez à votre goût », Le Livre de Poche, 7,30 €

 

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03/01/2017

Livre : Vogue la galère avec la belle Marion

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Infatigable Serge Brussolo, toujours à chercher de nouveaux mondes à explorer. Le voilà lancé dans une grande saga de pirates. Du moins c’est ce que laissent entendre le titre et la couverture du roman, mais il semble avoir oublié en cours de route de faire vivre le vaisseau baptisé « L’oiseau des tempêtes ». Ce sera pour la suite des aventures de la belle Marion, véritable héroïne et fil rouge de ces multiples péripéties.

On a droit à des naufrageurs, un peu de bagne en Bretagne, des larcins à Marseille puis une vie de recluse, avec des araignées, sur une île des Caraïbes. Bref, en 400 Pages, l’auteur français le plus prolifique utilise autant de personnages et de lieux qu’un collègue en cinq romans. Direct et sans fioritures, le style Brussolo fait toujours merveille.

➤ « L’oiseau des tempêtes » de Serge Brussolo, Fleuve éditions, 19,90 €

 

01/01/2017

Thriller : les personnage de Barbara Abel sont-ils des anges ou des démons ?

La gaieté factice des fêtes vous insupporte ? Les deux derniers romans de Barbara Abel vous raviront.

 

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Sortis l’un chez Pocket, l ‘autre chez Belfond, « L’innocence des bourreaux » et « Je ne sais pas » ont ceci en commun de remarquable la prise de position affichée de Barbara Abel de dédaigner carrément le gentil héros sauvé in extremis par le flic futé. Au contraire, elle choisit de regarder l’intrigue par l’autre bout de la lorgnette et de transformer les méchants en gagnants.

Difficile d’imaginer plus glaçant que l’histoire d’Emma dans « Je sais pas ». Au cours d’une sortie scolaire la petite disparaît dans la forêt. Les instituteurs sont sur les dents, la gendarmerie avertie de même que Camille et Patrick Verdier, ses parents. Élément clé dont les enquêteurs devront prendre en compte, loin de correspondre à l’image angélique que sa beauté renvoie, Emma possède un sacré caractère et du haut de ses cinq ans mène parfois la vie dure à ses camarades d’école comme à son institutrice Mylène de même qu’à ses parents.

Culpabilité

Mylène justement se sent affreusement coupable de la disparition de sa petite élève et s’engage loin dans la forêt pour tenter de la retrouver. Jusqu’à atterrir dans un endroit où son portable ne trouve plus de ré- seau. Camille elle aussi se torture pour une toute autre raison. Quelques jours avant la sortie scolaire, la petite Emma l’a surprise dans le hall d’entrée et les bras de son amant... Les gendarmes aidés de chiens et tous les adultes présents poursuivent les recherches jusqu’à la nuit tombée et là le soulagement est indicible quand on retrouve finalement la gamine. Par contre, les enseignants finissent par se rendre compte que Mylène ne répond plus au téléphone depuis plus de deux heures.

 

abel,barbara,belfondBarbara Abel utilise un schéma récurrent au niveau de l’écriture et de la construction du scénario dans « L’innocence des bourreaux ». Un junkie en manque braque une supérette de quartier où des gens sans histoire font leurs courses. Le pauvre gars, qui pensait récupérer la caisse et s’enfuir, voit la situation lui échapper complètement. On finit par compter les morts et les gendarmes mis sur le coup ont la surprise de leur vie en cherchant les empreintes relevées dans le fichier des personnes recherchées.

Autant dire que si vous avez la chance de recevoir pour Noël ces deux petits bijoux de noirceur et d’idées tordues, croyez-moi vous passerez à coup sûr une nuit blanche sans paillettes mais frissons assurés !  

Fabienne Huart

➤ « Je sais pas », Belfond 19,90 euros et « L’innocence des bourreaux », Pocket, les deux de Barbara Abel.

 

09:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : abel, barbara, belfond, pocket

31/12/2016

Livres de Poche : dragon, vache et baleine au menu de Noël

 

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Après avoir découvert le secret qui le lie à ses compagnons de route, Ichirô est plus que jamais décidé à anéantir le daimyo qui a tué ses parents. Il lui faudra, pour cela, partir en quête d’un katana mythique. Avec le diptyque Katana, JeanLuc Bizien nous offre un récit où action, émotion et aventure mènent la danse. Ce faisant, il rend également un brillant hommage aux films de sabre japonais.

➤ « Vent rouge » et « Dragon noir », Folio SF, 7,70 et 8,20 €

 

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François Morel signe une véritable ode à la vache. Pourquoi ? Ré- ponse de l’auteur : « Oui, j’ai de l’admiration pour la vache car elle est impassible. Elle ne joue pas au tiercé. Elle ne hurle pas dans les stades. Elle ne se gare pas en double file. Oh bien sûr, son parcours est tracé : elle vit, elle meurt. Vous vous trouvez sans doute beaucoup plus malin ? » Délicieusement étonnant et rigolo.

➤ « Meuh ! », Folio, 5,90 €

 

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Ni récit de voyage ni traité scientifique, ce livre part sur les traces d’une des plus fascinantes créatures du règne animal, la baleine. François Garde a choisi de mener son enquête le nez au vent, débusquant dans les recoins les plus inattendus de notre planète et de notre culture histoires, souvenirs, paysages, qu’il a tissés ensemble pour former une sorte d’épopée.

➤ « La baleine dans tous ses états », Folio, 7,10 €

 

Le Perry de Noël

 

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Jemina Pitt, héroïne imaginée par Anne Perry et fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner sa jeune amie Delphinia Cardew à New York, sur le point de se marier avec l’aristocrate Brent Albright. Dans la haute société newyorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles prodigieusement riches. Mais Jemina détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration. Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemina de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.

➤ « Un Noël à New York », Anne Perry, 10/18 collection Grands détective, 8,80 €

 

24/12/2016

Polar : Agatha Raisin n’a pas la main verte

L’héroïne de M. C. Beaton, présentée comme la nouvelle Miss Marple, amène de l’animation dans son village anglais.

La campagne anglaise, ses vertes pelouses, ses pubs, sa pluie, ses meurtres mystérieux et ses enquêtrices insoupçonnées. Il y a eu Miss Marple d’Agatha Christie et puis plus récemment Agatha Raisin de M. C. Beaton, autre grande dame de la littérature anglaise. Mais là où Miss Marple était sage et bienveillante, démasquant les meurtriers tout en parlant couture avec ses amies, Agatha est plus « cash ». Ses amies elle les retrouve au pub, aime bien boire, se met souvent en colère et en bonne ancienne Londonienne, a tendance à prendre d’un peu haut les provinciaux du village de Corsely dans les Cotswolds.

Pour sa troisième aventure publiée pour la première fois en français dans la collection dédiée à cette héroïne, le lecteur découvre toute la complexité des concours horticoles britanniques. Dans ce petit village, au mois d’août, tous les jardins sont ouverts au public. Le plus beau reçoit un prix décerné par un jury indépendant. Agatha Raisin, de retour sous la brume anglaise après des vacances au soleil (jeune retraitée elle profite de son temps libre) décide de se lancer dans l’aventure.

Mais elle a fort à faire face à une nouvelle arrivante experte en jardinage. Mary Fortune, toujours habillée en vert, encore jeune et au corps parfait, a de plus la mauvaise idée d’être devenue la meilleure amie de James Lacey, le célibataire le plus convoité du village.

■ Étrange plantation

Ce même James avec qui Agatha a résolu ses précédentes enquêtes et qu’elle aimerait bien mettre dans son lit pour pimenter les longues soirées d’hiver solitaires. Agatha est jalouse. Et vaniteuse. Elle ne remporte pas le concours, mais sa rivale non plus. « Quelqu’un avait planté Mary Fortune. Sa tête n’était pas visible : elle était dans la terre. On avait suspendu Mary par les chevilles, avant d’enfouir sa tête dans un grand pot en terre cuite. Ses pieds étaient accrochés par une corde à l’un des crochets plantés dans les poutres du plafond pour y suspendre des pots de fleurs. » Agatha Raisin revit. Enfin un nouveau meurtre dans le village et l’occasion de démontrer toute sa perspicacité pour démasquer le tueur. D’autant que ce drame la rapproche de James...

M. C. Beaton, d’une écriture simple et souvent pleine d’esprit, raconte essentiellement les rapports humains dans un petit village anglais. Un polar provincial en somme. Comme l’œuvre de cette romancière est gigantesque, deux nouveaux romans paraitront tous les trois mois (il y en tout plus de trente enquêtes de Miss Raisin). Après le jardinage, faites une promenade dans la verte campagne en découvrant « Mortelle randonnée ».

➤ « Pas de pot pour la jardinière » et « Randonnée mortelle », deux enquêtes d’Agatha Raisin par M. C. Beaton, Albin Michel, 14 €

 

22/12/2016

Roman : Quand l’art danse au « Bal mécanique »

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Pour son second roman, après le très remarqué « La déesse des petites victoire », Yannick Grannec persiste dans sa veine artistico-psychologique en signant un roman sur le phénomène du Bauhaus dans l’Allemagne des années 30 et le pire de la téléréalité. La romancière, à la culture indéniable, parvient à mettre en perspective manipulation des foules présente et passée.

Les lecteurs les plus savants se délecteront des passages historiques sur cette école d’un art nouveau, rapidement détesté par les nazis aux portes du pouvoir. Mais le roman offre aussi une parfaite traduction des méthodes beaucoup plus élaborées qu’on n’y croit pour confectionner une émission de téléréalité. Cette partie du roman est particulièrement édifiante.

Josh Shors, bellâtre imbu de sa personne, dé- barque chez des candidats volontaires pour refaire leur intérieur en une semaine. Chaque semaine une nouvelle famille espère être choisie. Le début du show débute comme un ouragan. Au petit matin, Josh sonne chez les chanceux et se met immédiatement à l’ouvrage. Devant les caméras et les voisins envieux, il détruit méthodiquement le mobilier existant. Comme pour bien faire comprendre aux occupants qu’il y a un avant et un après.

Un début d’une rare violence symptomatique de la télévision d’aujourd’hui où rien ne se fait dans le consensus. Un romancier moins exigeant se serait contenter de cette histoire pour vendre des milliers d’exemplaires en profitant, honteusement de cette mode. Yannick Grannec met la barre beaucoup plus haut. C’est tout à son honneur.

➤ « Le bal mécanique », Yannick Grannec, Anne Carrière, 22 €