01/01/2017

Thriller : les personnage de Barbara Abel sont-ils des anges ou des démons ?

La gaieté factice des fêtes vous insupporte ? Les deux derniers romans de Barbara Abel vous raviront.

 

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Sortis l’un chez Pocket, l ‘autre chez Belfond, « L’innocence des bourreaux » et « Je ne sais pas » ont ceci en commun de remarquable la prise de position affichée de Barbara Abel de dédaigner carrément le gentil héros sauvé in extremis par le flic futé. Au contraire, elle choisit de regarder l’intrigue par l’autre bout de la lorgnette et de transformer les méchants en gagnants.

Difficile d’imaginer plus glaçant que l’histoire d’Emma dans « Je sais pas ». Au cours d’une sortie scolaire la petite disparaît dans la forêt. Les instituteurs sont sur les dents, la gendarmerie avertie de même que Camille et Patrick Verdier, ses parents. Élément clé dont les enquêteurs devront prendre en compte, loin de correspondre à l’image angélique que sa beauté renvoie, Emma possède un sacré caractère et du haut de ses cinq ans mène parfois la vie dure à ses camarades d’école comme à son institutrice Mylène de même qu’à ses parents.

Culpabilité

Mylène justement se sent affreusement coupable de la disparition de sa petite élève et s’engage loin dans la forêt pour tenter de la retrouver. Jusqu’à atterrir dans un endroit où son portable ne trouve plus de ré- seau. Camille elle aussi se torture pour une toute autre raison. Quelques jours avant la sortie scolaire, la petite Emma l’a surprise dans le hall d’entrée et les bras de son amant... Les gendarmes aidés de chiens et tous les adultes présents poursuivent les recherches jusqu’à la nuit tombée et là le soulagement est indicible quand on retrouve finalement la gamine. Par contre, les enseignants finissent par se rendre compte que Mylène ne répond plus au téléphone depuis plus de deux heures.

 

abel,barbara,belfondBarbara Abel utilise un schéma récurrent au niveau de l’écriture et de la construction du scénario dans « L’innocence des bourreaux ». Un junkie en manque braque une supérette de quartier où des gens sans histoire font leurs courses. Le pauvre gars, qui pensait récupérer la caisse et s’enfuir, voit la situation lui échapper complètement. On finit par compter les morts et les gendarmes mis sur le coup ont la surprise de leur vie en cherchant les empreintes relevées dans le fichier des personnes recherchées.

Autant dire que si vous avez la chance de recevoir pour Noël ces deux petits bijoux de noirceur et d’idées tordues, croyez-moi vous passerez à coup sûr une nuit blanche sans paillettes mais frissons assurés !  

Fabienne Huart

➤ « Je sais pas », Belfond 19,90 euros et « L’innocence des bourreaux », Pocket, les deux de Barbara Abel.

 

09:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : abel, barbara, belfond, pocket

31/12/2016

Livres de Poche : dragon, vache et baleine au menu de Noël

 

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Après avoir découvert le secret qui le lie à ses compagnons de route, Ichirô est plus que jamais décidé à anéantir le daimyo qui a tué ses parents. Il lui faudra, pour cela, partir en quête d’un katana mythique. Avec le diptyque Katana, JeanLuc Bizien nous offre un récit où action, émotion et aventure mènent la danse. Ce faisant, il rend également un brillant hommage aux films de sabre japonais.

➤ « Vent rouge » et « Dragon noir », Folio SF, 7,70 et 8,20 €

 

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François Morel signe une véritable ode à la vache. Pourquoi ? Ré- ponse de l’auteur : « Oui, j’ai de l’admiration pour la vache car elle est impassible. Elle ne joue pas au tiercé. Elle ne hurle pas dans les stades. Elle ne se gare pas en double file. Oh bien sûr, son parcours est tracé : elle vit, elle meurt. Vous vous trouvez sans doute beaucoup plus malin ? » Délicieusement étonnant et rigolo.

➤ « Meuh ! », Folio, 5,90 €

 

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Ni récit de voyage ni traité scientifique, ce livre part sur les traces d’une des plus fascinantes créatures du règne animal, la baleine. François Garde a choisi de mener son enquête le nez au vent, débusquant dans les recoins les plus inattendus de notre planète et de notre culture histoires, souvenirs, paysages, qu’il a tissés ensemble pour former une sorte d’épopée.

➤ « La baleine dans tous ses états », Folio, 7,10 €

 

Le Perry de Noël

 

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Jemina Pitt, héroïne imaginée par Anne Perry et fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner sa jeune amie Delphinia Cardew à New York, sur le point de se marier avec l’aristocrate Brent Albright. Dans la haute société newyorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles prodigieusement riches. Mais Jemina détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration. Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemina de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.

➤ « Un Noël à New York », Anne Perry, 10/18 collection Grands détective, 8,80 €

 

24/12/2016

Polar : Agatha Raisin n’a pas la main verte

L’héroïne de M. C. Beaton, présentée comme la nouvelle Miss Marple, amène de l’animation dans son village anglais.

La campagne anglaise, ses vertes pelouses, ses pubs, sa pluie, ses meurtres mystérieux et ses enquêtrices insoupçonnées. Il y a eu Miss Marple d’Agatha Christie et puis plus récemment Agatha Raisin de M. C. Beaton, autre grande dame de la littérature anglaise. Mais là où Miss Marple était sage et bienveillante, démasquant les meurtriers tout en parlant couture avec ses amies, Agatha est plus « cash ». Ses amies elle les retrouve au pub, aime bien boire, se met souvent en colère et en bonne ancienne Londonienne, a tendance à prendre d’un peu haut les provinciaux du village de Corsely dans les Cotswolds.

Pour sa troisième aventure publiée pour la première fois en français dans la collection dédiée à cette héroïne, le lecteur découvre toute la complexité des concours horticoles britanniques. Dans ce petit village, au mois d’août, tous les jardins sont ouverts au public. Le plus beau reçoit un prix décerné par un jury indépendant. Agatha Raisin, de retour sous la brume anglaise après des vacances au soleil (jeune retraitée elle profite de son temps libre) décide de se lancer dans l’aventure.

Mais elle a fort à faire face à une nouvelle arrivante experte en jardinage. Mary Fortune, toujours habillée en vert, encore jeune et au corps parfait, a de plus la mauvaise idée d’être devenue la meilleure amie de James Lacey, le célibataire le plus convoité du village.

■ Étrange plantation

Ce même James avec qui Agatha a résolu ses précédentes enquêtes et qu’elle aimerait bien mettre dans son lit pour pimenter les longues soirées d’hiver solitaires. Agatha est jalouse. Et vaniteuse. Elle ne remporte pas le concours, mais sa rivale non plus. « Quelqu’un avait planté Mary Fortune. Sa tête n’était pas visible : elle était dans la terre. On avait suspendu Mary par les chevilles, avant d’enfouir sa tête dans un grand pot en terre cuite. Ses pieds étaient accrochés par une corde à l’un des crochets plantés dans les poutres du plafond pour y suspendre des pots de fleurs. » Agatha Raisin revit. Enfin un nouveau meurtre dans le village et l’occasion de démontrer toute sa perspicacité pour démasquer le tueur. D’autant que ce drame la rapproche de James...

M. C. Beaton, d’une écriture simple et souvent pleine d’esprit, raconte essentiellement les rapports humains dans un petit village anglais. Un polar provincial en somme. Comme l’œuvre de cette romancière est gigantesque, deux nouveaux romans paraitront tous les trois mois (il y en tout plus de trente enquêtes de Miss Raisin). Après le jardinage, faites une promenade dans la verte campagne en découvrant « Mortelle randonnée ».

➤ « Pas de pot pour la jardinière » et « Randonnée mortelle », deux enquêtes d’Agatha Raisin par M. C. Beaton, Albin Michel, 14 €

 

22/12/2016

Roman : Quand l’art danse au « Bal mécanique »

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Pour son second roman, après le très remarqué « La déesse des petites victoire », Yannick Grannec persiste dans sa veine artistico-psychologique en signant un roman sur le phénomène du Bauhaus dans l’Allemagne des années 30 et le pire de la téléréalité. La romancière, à la culture indéniable, parvient à mettre en perspective manipulation des foules présente et passée.

Les lecteurs les plus savants se délecteront des passages historiques sur cette école d’un art nouveau, rapidement détesté par les nazis aux portes du pouvoir. Mais le roman offre aussi une parfaite traduction des méthodes beaucoup plus élaborées qu’on n’y croit pour confectionner une émission de téléréalité. Cette partie du roman est particulièrement édifiante.

Josh Shors, bellâtre imbu de sa personne, dé- barque chez des candidats volontaires pour refaire leur intérieur en une semaine. Chaque semaine une nouvelle famille espère être choisie. Le début du show débute comme un ouragan. Au petit matin, Josh sonne chez les chanceux et se met immédiatement à l’ouvrage. Devant les caméras et les voisins envieux, il détruit méthodiquement le mobilier existant. Comme pour bien faire comprendre aux occupants qu’il y a un avant et un après.

Un début d’une rare violence symptomatique de la télévision d’aujourd’hui où rien ne se fait dans le consensus. Un romancier moins exigeant se serait contenter de cette histoire pour vendre des milliers d’exemplaires en profitant, honteusement de cette mode. Yannick Grannec met la barre beaucoup plus haut. C’est tout à son honneur.

➤ « Le bal mécanique », Yannick Grannec, Anne Carrière, 22 €

 

20/12/2016

Dessin d'humour : le regard de Plantu sur 2016

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Que restera-t-il de 2016 ? Un 14 juillet sanglant ? La mort de quelques figures importantes du siècle dernier (Elie Wiesel, Rocard, Castro) ?

Plantu, en dessinant tous les jours un dessin en première page du Monde donne sa vision de ce monde en plein bouleversement. Alors mieux qu’une rétrospective exhaustive, le traditionnel recueil de ses traits d’humour et d’humeur permet de revivre cette année 2016. Et aussi d’y réfléchir. Car Plantu ne se contente pas de nous faire sourire avec ses Marianne, souris et autres papillons tricolores. Il tente aussi de mettre en perspective décisions politiques, retour et renoncement.

Découpées en chapitres thématiques (Europe, international, présidentielle), les 200 pages débutent par une longue préface dans laquelle l’auteur précise son combat pour la liberté de la presse. La liberté tout court. 

➤ « Debout ! », Plantu, Seuil, 18 €

 

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14/12/2016

Livres de poche : télé, musique et cinéma inspirent les romanciers

 

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Un lieu : le sanatorium de Waverly Hills, dans le Kentucky, aux États-Unis. Entre ses murs doit se dérouler le show de TV-réalité le plus extrême de l’histoire. Huit tueurs y sont enfermés, prêts à tout, surtout le pire, pour convaincre des millions de spectateurs qu’ils méritent de vivre. Entres psychopathes un ordre froid s’établit. Jusqu’à ce qu’un corps soit retrouvé sans vie. Par écrans interposés, Armelle Carbonel interroge notre monstruosité.

➤ « Criminal loft », Milady Thriller, 7,90 €

 

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Une jeune femme nue, traumatisée, mutique est retrouvée sur un palier d’immeuble. Si elle refuse de parler, le voisinage, lui, est plus bavard. Et accuse sans hésitation le propriétaire de l’appartement devant lequel elle se trouvait. Le réparateur de piano John Gideon doit, selon eux, au mieux être un pervers, au pire un pédophile. L’inspecteur Petra Westman, héros de Carin Gerhardsen, aimerait bien éclaircir ce point.

➤ « Dissonances », 10/18, 8,10 €

 

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McKenzie, homme de confiance de John Edgar Hoover, a longtemps travaillé au FBI. Désormais à la retraite, il se voit contacté par Forrest J. Ackerman. Ce célèbre collectionneur passionné de cinéma a accumulé nombre d’objets au fil des ans. Une pièce de choix lui manque cependant : une copie de Londres après minuit, film muet réalisé par Tod Browning en 1927. Augusto Cruz tisse une intrigue riche en rebondissements, en forme d’éloge au septième art.

➤ « Londres après minuit », Folio, 8,20 €

 

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13/12/2016

Thriller : Belladone, alias "La Chimiste", en cavale

Après le fabuleux succès de Twilight, Stephenie Meyer se lance dans le thriller avec sa « Chimiste »

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Dans son service, elle est surnommée « la Chimiste », ailleurs elle est affublée du nom de Belladone. Alex, anciennement Dr Juliana Fortis, est en cavale depuis quelques années. Cette jeune femme, très douée dans sa matière, a été recrutée par un service officieux de la CIA. Son rôle, trouver les meilleures drogues pour faire parler des suspects récalcitrants. Dans son labo elle a fait des recherches et pu les tester sur des « méchants ». Forcément, elle était là quand ils lâchaient prise et racontaient tout. Alex, en connaissant nombre de secrets d’état, devenait elle aussi encombrante. Un jour, avec son mentor, elle bascule du mauvais côté. Et devient une cible à éliminer. Par chance elle évite l’assassinat programmé et prend la fuite. Une cavale qu’elle a préparée de longue date.

Toute la première partie du roman de Stephenie Meyer raconte cette survie au jour le jour. Forcément, quand on échappe plusieurs tentatives d’attentat, on devient de plus en plus paranoïaque. Ce qui explique les nombreux pièges qu’Alex porte sur elle. En plus de bagues avec pointe imprégnée de poison, elle a des boucles d’oreilles charmantes, mais dangereuses. « à manipuler avec précaution ». « Une fois les boucles accrochées à ses oreilles, elle devait faire attention à ses mouvements de tête. C’étaient de petits globes de verre, mais le verre était si fin qu’une note aiguë les briserait, d’autant plus facilement que la substance à l’intérieur était sous pression ». Gaz mortel pour l’assaillant. Alex, pour survivre, devait retenir sa respiration durant une bonne minute…

Quand le responsable de son ancien service, celui-là même qui a lancé ses tueurs à ses trousses, la recontacte pour lui demander de l’aide, elle est sceptique. Craint le piège. Pourtant les preuves sont là. Daniel, un simple prof d’université est sur le point de répandre un virus mortel dans plusieurs villes des USA. Il faut le faire parler, lui extorquer la cachette de l’arme biologique. Alex le kidnappe et entame son interrogatoire.

■ Deuxième cible

Rien ne se passe comme prévu. Dans cette ferme isolée, Daniel semble sincère quand il explique être étranger à cette machination. Alex doute. Serait-elle en train de torturer un innocent ? L’intervention d’un mercenaire, lui aussi en cavale va lui permettre de comprendre. Kevin, frère de Daniel, est la véritable cible du service. Lui aussi est en cavale. Il intervient pour secourir son frère, mais d’autres l’attendent. Roman passionnant, bourré d’informations sur les mauvaises pratiques de certains organismes américains, « La Chimiste » se lit d’une traite. On tombe rapidement sous le charme de ce petit bout de femme terrorisée mais déterminée. Un rôle en or pour toute actrice qui rêve d’un oscar si une adaptation au cinéma est lancée.

➤ « La chimiste » de Stephenie Meyer, éditions Lattès, 22 €

 

12/12/2016

Fred Hidalgo raconte 30 années d’amitié avec Jean-Jacques Goldman

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Il se présente comme un « faiseur de chanson ». Pas compositeur, ni parolier. Encore moins interprète. Jean-Jacques Goldman est un simple « faiseur de chanson ». Mais le meilleur. Depuis des années. Devenu vedette un peu par hasard, il a longtemps été considéré comme un simple voire vulgaire « chanteur à midinettes ». Fred Hidalgo, créateur du mensuel spécialisé « Paroles et musique », avoue ne pas avoir immédiatement accroché aux premiers tubes. « On était plus Balavoine, voix grave » explique-t-il. Mais quand la grande presse se déchaîne contre ce chanteur dont leur fille, adolescente, leur rabâche les oreilles, il se décide à lui consacrer un dossier. « Je découvre un personnage intéressant et cultivé » se souvient celui qui va finalement devenir ami avec le chanteur et entreprendre une longue correspondance de 30 ans entre réflexions professionnelles sur le milieu et choses de la vie quotidienne. C’est cette matière qu’il a utilisée pour écrire de longs passages de son « Jean-Jacques Goldman confidentiel » paru le mois dernier. « Nous avons fait un vrai travail journalistique, avec longue interview, témoignages de proches et analyses des chansons. » Résultat Jean-Jacques Goldman apprécie et sera toujours fidèle à Fred Hidalgo et ses aventures de presse (création de Chorus après la fin de Paroles et Musiques). Au point qu’en 2005, lors d’une longue interview à Marseille, le chanteur qui n’est plus remonté sur scène depuis fin 2002 et n’a pas sorti de nouvel album glisse à Fred sa décision d’arrêter sa carrière. Définitivement. Un « J’arrête » qui a beaucoup fait parler à l’époque.

■ Cap vers Londres

Seule concession, « JJG » continue les Enfoirés, donnant de son temps à l’organisation du spectacle au point que parfois il dort carrément dans la salle lors des répétitions. Mais même ça c’est trop. Touché par la polémique de l’an dernier sur la nouvelle chanson des Enfoirés (presse et réseaux sociaux l’accusent d’être réactionnaire), il abandonne l’œuvre chère à Coluche. Fred Hidalgo revient longuement sur cet épisode dans le livre. Par contre il n’y a pas la décision de Goldman de quitter Marseille pour aller habiter à Londres. Encore une fois le journaliste défend la star. Pas d’exil fiscal selon lui, c’est une idée ridicule, simplement « il veut que ses trois filles soient bilingues, il désire s’éloigner des Enfoirés en 2017 et surtout vivre dans un pays où il peut se balader en tout anonymat. » Continuer cette nouvelle vie qu’il s’est choisie en 2002, de père disponible et présent, d’époux attentionné. D’homme normal en résumé. Loin de la gloire et de la célébrité qu’il n’a jamais désirée.

 ➤ Fred Hidalgo a également publié « La mémoire qui chante », livre sur une cinquantaine de chanteurs francophones qui comptent (dont Cali ou Jordi Barre) en vente sur son site sicavouschante.over-blog.com

 

 

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Une chanson par titre de chapitre

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Le pavé de 560 pages de Fred Hidalgo sur Jean-Jacques Goldman est construit autour de chapitres qui ont tous pour titre le nom d’une chanson. Même le titre est inspiré d’une composition, « Confidentiel » dans l’album « Non homologué » paru en 1985. De « A nos actes manqués » à « Une autre histoire », ce sont les 30 années de relation professionnelle et d’amitié que l’ancien journaliste raconte. Toujours à la première personne, de façon très subjective. « Il faut que je m’implique, je suis incapable de faire autrement » explique Fred Hidalgo, sommité dans le monde de la chanson française. Ça tombe bien, Jean-Jacques Goldman, avare de confidences, n’a pas voulu collaborer directement à la rédaction du livre. Tout en faisant une entière confiance à l’auteur qui a puisé dans la longue et ininterrompue correspondance (sans oublier les interviews officielles) pour décrypter les grandes étapes de sa carrière. Notamment quand il annonce son intention de ne plus faire de scène. Ni de sortir d’album. De se donner une seconde chance d’élever les enfants de sa seconde épouse. Modeste et normal, telle est l’image de Jean-Jacques Goldman qui ressort de cette biographie lumineuse.

● Jean-Jacques Goldman confidentiel » de Fred Hidalgo, l’Archipel, 23 €

 

10/12/2016

De choses et d'autres : Oh ! Les beaux jours

 

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Souvenez-vous. Dehors la pluie menace. La télévision devient votre meilleure alliée. Sur le petit écran vous suivez les aventures de vaillants héros ou de personnages attachants. Et comme le marketing n’est pas une invention du XXIe siècle, pour Noël, vous réclamez des jouets qui vous permettront de recréer ces histoires passionnantes. Vous voilà Zorro, épée, cape, chapeau et masque noirs. Ou alors, dans les vignes, vous vous mettez en quête des cailloux avec lesquels, grâce à la fronde du beau Thierry, vous décanillerez quelques méchants branchages. La Ford Gran Torino de Starsky et Hutch est de loin la préférée de toutes vos petites voitures. Vous, les filles (celles du moins qui ne préfèrent pas les héros ci-dessus), assumez votre faible pour la peluche de Pollux ou de Belle, le chien des Pyrénées de Sébastien. Retrouvez tous ces héros devenus joujoux en vous plongeant dans le livre richement illustré de Christophe Mourthé. Il liste « Mes jouets de quand j’étais petit... », ceux des années 60 et 70. Une grosse bouffée de nostalgie pour tous ceux qui se rappellent les plus beaux jours de leur enfance.  

➤ « Mes jouets de quand j’étais petit... », Hugo, 16,95 €

 

 

09/12/2016

De choses et d'autres : Titre

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La politique du clic sur internet (en résumé, plus les gens cliquent sur un article, plus les revenus publicitaires augmentent) pousse certains médias, pourtant des plus respectables, à multiplier les titres racoleurs et infos improbables. Compilés au quotidien sur le site « Ajustetitre », ils sont désormais repris dans un petit livre, parfait reflet de notre étrange époque. On apprend ainsi sur le site d’un grand quotidien du Sud-Ouest (on ne le dénoncera pas ici) que « La Nasa lance un concours de caca dans l’espace ». Les références scatologiques ou sexuelles sont omniprésentes comme « Au Japon, en pleine opé- ration, le pet d’une patiente provoque un incendie » ou « Le visage couvert de caca, il tente de se mutiler avec un gobelet dans sa cellule ». Sans compter la ribambelle de « Ivre virgule », star des intitulés accrocheurs. Un dans le lot, « Ivre, il rampe dans le faux plafond et tombe dans les toilettes des filles ». Certaines manchettes de faits divers, allez savoir pourquoi, nous font plus sourire que d’autres. Dans le genre « Les maîtres-nageurs se blessent en tombant de leur chaise. » Reste enfin le poétique, tendance surréaliste : « Cette chèvre anxieuse ne se calme qu’avec son costume de poussin géant ». Gare cependant à la grippe aviaire doublée d’une tremblante du mouton.

➤ « Le tout va bien », Le Tipode, 8 €

 

07/12/2016

Littérature : Une femme libre sous le masque de Mata Hari racontée par Paulo Coelho

Paulo Coelho, en retraçant la trajectoire de « L’espionne » Mata Hari  réhabilite une femme éprise de liberté.

 

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Son malheur : être trop belle. Trop libre aussi. Margaretha Geertruida « Grietje » elle est inconnue du grand public. Par contre, le nom de Mata Hari a traversé les siècles. L’arché- type de l’espionne, séductrice et secrète, a ensorcelé une nouvelle fois un homme. Après les ministres et autres militaires de haut rang, c’est un célèbre écrivain qui vient de tomber sous sa coupe. Et pas des moindres puisque Paulo Coelho, l’illustre auteur de «L’alchimiste», signe un très beau texte entre roman, biographie et confession de la belle Hollandaise, fusillée un petit matin d’octobre 1917.

■ Incessante fuite

Mariée très jeune à un militaire, Mata Hari, avant de prendre ce nom, a connu bien des déboires. Dont un viol, adolescente, dans sa pension pour jeunes filles. Dés lors elle n’aimera plus et comprend que son corps sera son meilleur allié pour se venger des hommes. Aux Indes, avec son mari, elle découvre les danses exotiques. De retour aux PaysBas elle prend la fuite vers la France. Son arrivée à Paris équivaut à un coup de foudre.

Dans sa confession imaginaire, elle parle à sa fille en ces termes « Toute ma vie j’ai pensé et agi en Mata Hari, celle qui restera toujours la fascination des hommes et la plus enviée des femmes. Depuis que j’ai quitté la Hollande, je n’ai plus la notion de distance, du danger, rien de tout cela ne m’effraie. Je suis arrivée à Paris sans argent et sans une garderobe adéquate et vois comment je me suis élevée dans la société.» Rapidement, Mata Hari devient une danseuse renommée. Elle n’hésite pas à se déshabiller entièrement sur scène. Une attraction très prisée à l’époque dans cette France beaucoup plus libre et dévergondée que la puritaine Hollande.

Mata Hari se produit à Paris, accumule les conquêtes, se fait entretenir et rêver le tout Paris. Mais même à l’époque, les modes sont éphémères. Pour survivre, Mata Hari se comporte de plus en plus comme une prostituée. De luxe cependant. Et c’est la raison qui pousse les Allemands à s’intéresser à la belle. Elle pourrait obtenir des renseignements essentiels pour le pays qui vient de déclarer la guerre à la France. Pourtant Paris est très cher à la belle apatride. Et jamais elle n’aurait voulu trahir son pays d’adoption qui l’a portée au pinacle. Mais en ces temps de guerre il faut des exemples. Elle en fera les frais. Paulo Coehlo dans ce roman plein de fougue, raconte les tourments d’une femme en avance sur son temps. Libre, elle pensait pourvoir s’affranchir de la matérialité de la vie. Une pluie de balles a mis fin à son rêve. 

➤ «L’espionne» de Paulo Coelho, Flammarion, 17,90 € 

 

06/12/2016

Livres de poche : trois intégrales pour vous faire frémir

 

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Cette première intégrale, signée DOA, contient « Citoyens clandestins » et « Le serpent aux mille coupures ». Le premier polar est un effrayant compte à rebours sur fond de virus. Le second se déroule à Moissac, paisible bourgade viticole du Quercy, trois criminels sud-américains sont tués. Règlement de comptes ou drame du hasard, le mauvais endroit au mauvais moment ?

➤ « Le cycle clandestin », Folio Policier, 13,50 €

 

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Les quatre tomes du cycle « Malhorne » de Jérôme Camut pour la première fois réunis en un volume. Une somme de près de 2000 pages, une plongée dans un univers dense et captivant, véritable quête initiatique à travers l’Histoire, les cultures et les religions du monde entier. Le premier cycle de Jérôme Camut, co-auteur des séries « Les Voies de l’ombre » et « W3 » avec Nathalie Hug.

➤ « Malhorne », Le Livre de Poche, 22,90 €

 

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Ce recueil de deux romans signés Franck Thilliez, parmi les premiers de sa carrière, est idéal pour découvrir ce roi du thriller à la française. « La forêt des Ombres » est une histoire d’écrivain maudit. « L’anneau de Moebius » raconte la première enquête de Victor Marchal, flic face au monde des déviants sexuels et des monstres de la nature. Redoutablement passionnant et efficace.

➤ « La forêt des Ombres » et « L’anneau de Moebius », Pocket, 10 €

 

04/12/2016

Littérature : Histoire à ne pas jeter aux orties

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Un roman sur la puissance des mots. « Alice et les orties » de Julie Bonnie porte sur ces histoires qui nous permettent d’aller mieux. La narratrice, Alice, mariée, mère de deux enfants, décide de raconter une histoire pour ensuite la brûler. La mise en pratique d’une vieille légende. Seule dans sa maison, volets fermés, elle cherche les mots. Un exercice délicat « Je n’ai pas écrit une ligne. Ce ne sera pas si facile de se débarrasser de l’histoire, finalement. (…) Je ne comprends pas. La seule phrase qui m’obsède »

Entre conte féerique et introspection, ce court roman est richement illustré des dessins de Robin Feix, par ailleurs bassiste du groupe Louise Attaque.  

➤ « Alice et les orties », Julie Bonnie, Grasset, 14,90 €

 

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03/12/2016

De choses et d'autres : les cartes insolites de la France bizarre

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Si vous conservez une âme d’enfant fasciné par le vaste monde, ce petit « Atlas de la France incroyable » (Le Livre de Poche) est pour vous. Olivier Marchon a collecté des centaines de données et les a retranscrites sous forme de graphiques. Au total, il propose « 50 cartes tordantes et véridiques » à votre curiosité. Une partie historique nous apprend entre autre qu’à la Révolution, nombre de communes ont changé de nom. La ville de Bordeaux par exemple s’est appelée durant quelques années « Commune Franklin », Bayonne récupérant le nom de « Jean-Jacques Rousseau ». Marseille, pour des révolutionnaires en manque d’imagination, a été rebaptisée « Ville-sans-Nom ». Vous saurez où il faut claquer deux, trois ou quatre bises, si l’on dit pain au chocolat ou chocolatine voire comment nommer une serpillière (gueille en Aquitaine, torchon en Belgique). Sans surprise, le département de l’Hérault (merci le Cap d’Agde) compte le plus de lieux voués à l’échangisme. Enfin, si vous recherchez des visites hors des sentiers battus, la région est fort bien lotie avec les musées du préservatif (dans le Gers, à... Condom), du corbillard (Tarn-et-Garonne) et de la torture (Carcassonne). 

 

 

30/11/2016

Fantasy : Arleston à mots gourmets signe "Le souper des maléfices"

MALBOUFFE. Le scénariste de Lanfeust passe au roman de fantasy pour dénoncer nos dérives. Savoureux.

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Même si Zéphyrelle, la jeune espionne de ce roman de fantasy signé Christophe Arleston est mignonne et futée, si son acolyte Fanalpe, cuisinier émérite est un surdoué des sauces, le véritable héros reste la bonne chère. Une ode au bien manger qui dénonce la nourriture industrielle et les tentatives de modification des ingrédients de bas.

A coup de manipulations transgéniques dans la vraie vie, de magie dans le cas du « Souper des maléfices ». Slarance, ville commerçante prospère, est frappée par une double épidémie. Les habitants meurent dans d’atroces souffrances et tous les flics du dynarque, le gouverneur de la cité, sont victimes d’accidents. Mortels les accidents. Toujours. Il ne reste donc que la jeune Zéphyrelle, experte en déguisements mais pas du tout expérimentée. Pourtant, elle va découvrir qu’une mystérieuse compagnie céréalière a inondé le marché d’une étrange farine.

Un autre habitant de Slarance se pose aussi des question. Fanalpe, cuisinier chez un duc, ne supporte plus que son pain devienne si peu savoureux. Il se met en quête et constate que l’emprise de la compagnie céréalière va jusqu’à la fourniture de semences aux paysans du cru. Sur cette intrigue, parabole explicite des agissements mondiaux de Monsanto, Christophe Arleston, plus connu pour ses scénarios de Lanfeust et des Trolls (plusieurs millions d’albums de BD vendus à son actif) signe un roman savoureux. Il truffe ses scènes de recettes loufoques qui font saliver.

Zéphyrelle aussi est source de fantasmes car la belle semble l’archétype des héroïnes imaginées par le créateur de Sangre, Cixi et autre Moréa. Un charme qu’elle doit confronter aux deux autres belles du roman, l’insupportable pimbêche Fiollula et Ploutre, aussi effrontée que libertine. De quoi pimenter certaines scènes et recettes du roman.  

➤ « Le souper des maléfices », Christophe Arleston, ActuSF, 19€

 

29/11/2016

Livres de poche : des éditions uniques pour les fêtes

Voyagez sur la piste du chaman Heq et son clan qui, en l’an mil, migrent à travers le Grand Nord canadien : au Groenland. D’Arluk, au XVe siècle, qui explora les confins de ce « pays merveilleux ». De Soré, jeune Groenlandaise des années 1970, en quête d’identité, happée par la légende de ses ancêtres. Ce recueil reprend trois romans de Jorn Riel, conteur amoureux de l’Arctique.

➤ « Le chant pour celui qui désire vivre », 10/18, 12,90 €

Le roman de David Foenkinos retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin, Charlotte est exclue par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Cette édition est accompagnée de cinquante gouaches de Charlotte Salomon choisies par David Foenkinos, et d’une dizaine de photographies représentant Charlotte et ses proches.

➤ « Charlotte », Folio, 14,90 €

Paris. Une vieille dame, Alice Gauthier, est retrouvée morte dans sa baignoire, les veines des poignets tranchées. Le commissaire Bourlin, chargé du dossier, est bientôt rejoint par le commissaire Adamsberg et le commandant Danglard de la brigade criminelle. Une autre mort suspecte et paraissant liée les mène alors jusqu’en Islande. Dernier succès de Fred Vargas dans une édition collector.

➤ « Temps glaciaires », J’ai Lu, 10 €

26/11/2016

Livres de poche : le polar français a encore de l’avenir

 

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« Je suis le fils d’un fantôme et d’une bouteille de gin. » C’est ainsi que Stéphane parle de lui. Une coquille vide. Un petit caïd sans passé ni personnalité. Jusqu’à Norah, qu’il rencontre un soir, dont il tombe fou amoureux et qui, mystérieusement, passionnément, l’aime en retour, l’apaise. Mais c’est un roman noir et l’histoire imaginée par Hervé Commère se termine mal…

➤ « Le deuxième homme », Pocket, 6,60 €

 

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Antoine a 8 ans. Il joue dans une rivière dangereuse lorsque des troncs d’arbres portés par le courant l’assomment. Il se réveille dans le fourgon d’un inconnu qui vient de lui sauver la vie. 20 ans plus tard, à la télévision, on reparle de l’affaire « du découpeur ». Antoine reconnaît dans un portrait-robot l’homme qui lui a sauvé la vie. Ce roman d’Eric Maneval a obtenu le prix du polar lycéen d’Aubusson lors de sa sortie.

➤ « Retour à la nuit », 10/18, 6,10 €

 

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Le narrateur, junky, atteint du sida, vit dans un squat au milieu de détritus et de rats. Son seul plaisir, se réveiller et voir par la fenêtre un grand arbre. Avant cette grande dé- chéance, le héros a été un petit Français comme tous les autres. Le roman d’Eric Maravélias se partage en sombre description d’une ultime journée de galère et la tombée en déchéance d’un jeune perdu.

➤ « La faux soyeuse », Folio Policier, 7,70 €

 

25/11/2016

DVD : la relève des fêtardes dans "Nos pires voisins 2"

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Après l’énorme succès de la comédie totalement déjantée « Nos pires voisins », une suite a immédiatement été produite. Avec quasiment la même équipe, Seth Rogen et Rose Byrne reprenant leur rôles de parents immatures, Mac et Kelly Radner, et Zac Efron celui de Teddy Sanders, bad boy organisateur de fiesta. Ce nouveau problème de voisinage pour le couple Radner prend l’apparence de la charmante et adorable Shelby interprétée par Chloë Grace Moretz. Une gentille étudiante, qui ne supporte pas que les clubs féminins n’aient pas le droit d’organiser des fêtes. Un discours féministe dans un film transgressif et sans limite. Sans limite comme la première scène du film, quand Kelly, en plein ébat amoureux, lui apprend qu’elle est de nouveau enceinte. Les poètes apprécieront.

Ce nouveau membre de la famille pousse le couple à chercher une maison plus grande. Ils signent un compromis de vente mais doivent attendre un mois avant de finaliser la vente de leur maison. Pile au moment où Shelby emmé- nage et se lance dans l’organisation de soirées du feu de dieu, avec l’aide matérielle de Teddy qui y voit une excellente façon de se venger des Radner. La nouvelle bataille est lancée. Elle sera épique.

Forcément un peu moins surprenant que l’original, cette suite est malgré tout d’un très haut niveau. La complicité entre Seth Rogen, gros ours barbu, totalement barge et son épouse, Rose Byrne, mère indigne qui laisse traîner ses sextoys partout, surtout dans la chambre de sa fille de deux ans, est encore plus forte. On devine que le tournage est souvent parti en live, ces deux-là se lançant dans de folles improvisations.

Dans les bonus, en plus d’un making of et de longs entretiens avec tous les acteurs, on se délecte d’un bêtisier d’anthologie et d’une dizaine de scènes coupées, souvent des versions longues de passages plus ramassés dans la version finale.

➤ « Nos pires voisins 2 », Universal Vidéo

 

23/11/2016

Thriller : La glace de la résurrection dans "Le cadavre était presque parfait"

Un cadavre venu du passé sème le désordre sous l’œil débonnaire du héros très british imaginé par Giles Milton.

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Un bon héros récurrent de roman policier doit avoir un métier atypique. Terminé le temps ou commissaire ou détective privé suffisait à le rendre intéressant. Giles Milton, qui semble bien décidé à faire vivre plusieurs aventures à son personnage Jack Raven, n’a pas choisi la facilité côté CV. Jack, professeur british, est exactement « paléopathologiste, spécialisé en anthropologie médico-légale ». Ce que sa dernière cliente résume par « spécialiste en cadavre, c’est l’expert en criminologie archéologique le plus qualifié du milieu. »

En plein été, alors qu’il s’ennuie et se lamente car sa petite amie (une journaliste allemande) vient de le quitter, il reçoit une proposition qu’il ne peut refuser. Zakron, société américaine spécialisée en cryogénie veut ses lumières pour identifier le cadavre d’un homme entièrement nu et parfaitement conservé retrouvé dans les glaces du Groënland. Rapidement il s’aperçoit que sa venue n’est pas souhaitée par tous les membres du conseil d’administration. Pour eux, le cadavre est celui d’un soldat américain disparu en 1944. Tout est déjà réglé pour le rendre, avec les honneurs, à sa famille.

■ Dégeler le mort

En réalité, le mort, absolument préservé dans la glace, sera le premier à tester une nouvelle technique pour « réveiller » des cadavres gelés. Zakron conserve dans ses frigos de riches clients persuadés que dans un lointain avenir, ils pourront être dégelés, être rajeunis, devenir quasi immortels. Une expérience top secret qu’un vulgaire Anglais ne doit pas ébruiter.

Cela n’empêche pas Jack de continuer ses recherches. Sur la raison du décès et l’identité du mort. Quand il découvre la vérité, il est trop tard : l’expérience a débuté. Or il ne s’agit pas du tout d’un soldat américain. Les multiples cadavres qui jonchent les pages suivantes lui donnent malheureusement raison. Une seule chose importe désormais : arrêter ce massacreur venu du passé.

Entre polar classique, notamment avec l’intervention de policiers pas très futés, précis de science-fiction et récit historique voire fantastique, ce roman tape large dans les intérêts des lecteurs. Et comme l’ensemble est cohérent et parfaitement écrit, on en ressort avec l’impression d’être beaucoup plus intelligent concernant la seconde guerre mondiale au Groënland, les techniques de cryogénie et même les secrets pour séduire les jolies femmes américaines divorcées avec enfants à charge. Tout cela grâce aux lumières de Jack Raven.

➤ « Le cadavre était presque parfait », Giles Milton, Buchet Chastel, 22 €

 

22/11/2016

Littérature : Philippe Claudel originel

 

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Court roman paru en 2001, « Au revoir Monsieur Friant » de Philippe Claudel est une pépite d’émotion et de style. Le lauréat du Renaudot et du Goncourt des lycéens explique avoir écrit de texte après avoir remporté quelques succès publics, comme pour se rassurer sur sa capacité à écrire naturellement. En racontant la vie d’Emile Friant, peintre originaire de Nancy du début du XXe siècle, il met surtout en scène sa grand-mère adorée et sa propre jeunesse. Douceur de la jeunesse, exaltation de l’adolescence, premières amours (« Les amours juvéniles entretiennent des parentés avec les grandes diarrhées et comme pour elles, heureusement, peu de choses suffit à les faire passer »), on trouve tout l’univers personnel si intense de l’auteur des « Âmes grises » et du « Rapport de Brodeck », merveilleusement adapté en bande dessinée par Manu Larcenet.

➤ « Au revoir Monsieur Friant », Philippe Claudel, Stock, 13,50 €