04/12/2016

Littérature : Histoire à ne pas jeter aux orties

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Un roman sur la puissance des mots. « Alice et les orties » de Julie Bonnie porte sur ces histoires qui nous permettent d’aller mieux. La narratrice, Alice, mariée, mère de deux enfants, décide de raconter une histoire pour ensuite la brûler. La mise en pratique d’une vieille légende. Seule dans sa maison, volets fermés, elle cherche les mots. Un exercice délicat « Je n’ai pas écrit une ligne. Ce ne sera pas si facile de se débarrasser de l’histoire, finalement. (…) Je ne comprends pas. La seule phrase qui m’obsède »

Entre conte féerique et introspection, ce court roman est richement illustré des dessins de Robin Feix, par ailleurs bassiste du groupe Louise Attaque.  

➤ « Alice et les orties », Julie Bonnie, Grasset, 14,90 €

 

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03/12/2016

De choses et d'autres : les cartes insolites de la France bizarre

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Si vous conservez une âme d’enfant fasciné par le vaste monde, ce petit « Atlas de la France incroyable » (Le Livre de Poche) est pour vous. Olivier Marchon a collecté des centaines de données et les a retranscrites sous forme de graphiques. Au total, il propose « 50 cartes tordantes et véridiques » à votre curiosité. Une partie historique nous apprend entre autre qu’à la Révolution, nombre de communes ont changé de nom. La ville de Bordeaux par exemple s’est appelée durant quelques années « Commune Franklin », Bayonne récupérant le nom de « Jean-Jacques Rousseau ». Marseille, pour des révolutionnaires en manque d’imagination, a été rebaptisée « Ville-sans-Nom ». Vous saurez où il faut claquer deux, trois ou quatre bises, si l’on dit pain au chocolat ou chocolatine voire comment nommer une serpillière (gueille en Aquitaine, torchon en Belgique). Sans surprise, le département de l’Hérault (merci le Cap d’Agde) compte le plus de lieux voués à l’échangisme. Enfin, si vous recherchez des visites hors des sentiers battus, la région est fort bien lotie avec les musées du préservatif (dans le Gers, à... Condom), du corbillard (Tarn-et-Garonne) et de la torture (Carcassonne). 

 

 

30/11/2016

Fantasy : Arleston à mots gourmets signe "Le souper des maléfices"

MALBOUFFE. Le scénariste de Lanfeust passe au roman de fantasy pour dénoncer nos dérives. Savoureux.

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Même si Zéphyrelle, la jeune espionne de ce roman de fantasy signé Christophe Arleston est mignonne et futée, si son acolyte Fanalpe, cuisinier émérite est un surdoué des sauces, le véritable héros reste la bonne chère. Une ode au bien manger qui dénonce la nourriture industrielle et les tentatives de modification des ingrédients de bas.

A coup de manipulations transgéniques dans la vraie vie, de magie dans le cas du « Souper des maléfices ». Slarance, ville commerçante prospère, est frappée par une double épidémie. Les habitants meurent dans d’atroces souffrances et tous les flics du dynarque, le gouverneur de la cité, sont victimes d’accidents. Mortels les accidents. Toujours. Il ne reste donc que la jeune Zéphyrelle, experte en déguisements mais pas du tout expérimentée. Pourtant, elle va découvrir qu’une mystérieuse compagnie céréalière a inondé le marché d’une étrange farine.

Un autre habitant de Slarance se pose aussi des question. Fanalpe, cuisinier chez un duc, ne supporte plus que son pain devienne si peu savoureux. Il se met en quête et constate que l’emprise de la compagnie céréalière va jusqu’à la fourniture de semences aux paysans du cru. Sur cette intrigue, parabole explicite des agissements mondiaux de Monsanto, Christophe Arleston, plus connu pour ses scénarios de Lanfeust et des Trolls (plusieurs millions d’albums de BD vendus à son actif) signe un roman savoureux. Il truffe ses scènes de recettes loufoques qui font saliver.

Zéphyrelle aussi est source de fantasmes car la belle semble l’archétype des héroïnes imaginées par le créateur de Sangre, Cixi et autre Moréa. Un charme qu’elle doit confronter aux deux autres belles du roman, l’insupportable pimbêche Fiollula et Ploutre, aussi effrontée que libertine. De quoi pimenter certaines scènes et recettes du roman.  

➤ « Le souper des maléfices », Christophe Arleston, ActuSF, 19€

 

29/11/2016

Livres de poche : des éditions uniques pour les fêtes

Voyagez sur la piste du chaman Heq et son clan qui, en l’an mil, migrent à travers le Grand Nord canadien : au Groenland. D’Arluk, au XVe siècle, qui explora les confins de ce « pays merveilleux ». De Soré, jeune Groenlandaise des années 1970, en quête d’identité, happée par la légende de ses ancêtres. Ce recueil reprend trois romans de Jorn Riel, conteur amoureux de l’Arctique.

➤ « Le chant pour celui qui désire vivre », 10/18, 12,90 €

Le roman de David Foenkinos retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin, Charlotte est exclue par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Cette édition est accompagnée de cinquante gouaches de Charlotte Salomon choisies par David Foenkinos, et d’une dizaine de photographies représentant Charlotte et ses proches.

➤ « Charlotte », Folio, 14,90 €

Paris. Une vieille dame, Alice Gauthier, est retrouvée morte dans sa baignoire, les veines des poignets tranchées. Le commissaire Bourlin, chargé du dossier, est bientôt rejoint par le commissaire Adamsberg et le commandant Danglard de la brigade criminelle. Une autre mort suspecte et paraissant liée les mène alors jusqu’en Islande. Dernier succès de Fred Vargas dans une édition collector.

➤ « Temps glaciaires », J’ai Lu, 10 €

26/11/2016

Livres de poche : le polar français a encore de l’avenir

 

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« Je suis le fils d’un fantôme et d’une bouteille de gin. » C’est ainsi que Stéphane parle de lui. Une coquille vide. Un petit caïd sans passé ni personnalité. Jusqu’à Norah, qu’il rencontre un soir, dont il tombe fou amoureux et qui, mystérieusement, passionnément, l’aime en retour, l’apaise. Mais c’est un roman noir et l’histoire imaginée par Hervé Commère se termine mal…

➤ « Le deuxième homme », Pocket, 6,60 €

 

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Antoine a 8 ans. Il joue dans une rivière dangereuse lorsque des troncs d’arbres portés par le courant l’assomment. Il se réveille dans le fourgon d’un inconnu qui vient de lui sauver la vie. 20 ans plus tard, à la télévision, on reparle de l’affaire « du découpeur ». Antoine reconnaît dans un portrait-robot l’homme qui lui a sauvé la vie. Ce roman d’Eric Maneval a obtenu le prix du polar lycéen d’Aubusson lors de sa sortie.

➤ « Retour à la nuit », 10/18, 6,10 €

 

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Le narrateur, junky, atteint du sida, vit dans un squat au milieu de détritus et de rats. Son seul plaisir, se réveiller et voir par la fenêtre un grand arbre. Avant cette grande dé- chéance, le héros a été un petit Français comme tous les autres. Le roman d’Eric Maravélias se partage en sombre description d’une ultime journée de galère et la tombée en déchéance d’un jeune perdu.

➤ « La faux soyeuse », Folio Policier, 7,70 €

 

25/11/2016

DVD : la relève des fêtardes dans "Nos pires voisins 2"

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Après l’énorme succès de la comédie totalement déjantée « Nos pires voisins », une suite a immédiatement été produite. Avec quasiment la même équipe, Seth Rogen et Rose Byrne reprenant leur rôles de parents immatures, Mac et Kelly Radner, et Zac Efron celui de Teddy Sanders, bad boy organisateur de fiesta. Ce nouveau problème de voisinage pour le couple Radner prend l’apparence de la charmante et adorable Shelby interprétée par Chloë Grace Moretz. Une gentille étudiante, qui ne supporte pas que les clubs féminins n’aient pas le droit d’organiser des fêtes. Un discours féministe dans un film transgressif et sans limite. Sans limite comme la première scène du film, quand Kelly, en plein ébat amoureux, lui apprend qu’elle est de nouveau enceinte. Les poètes apprécieront.

Ce nouveau membre de la famille pousse le couple à chercher une maison plus grande. Ils signent un compromis de vente mais doivent attendre un mois avant de finaliser la vente de leur maison. Pile au moment où Shelby emmé- nage et se lance dans l’organisation de soirées du feu de dieu, avec l’aide matérielle de Teddy qui y voit une excellente façon de se venger des Radner. La nouvelle bataille est lancée. Elle sera épique.

Forcément un peu moins surprenant que l’original, cette suite est malgré tout d’un très haut niveau. La complicité entre Seth Rogen, gros ours barbu, totalement barge et son épouse, Rose Byrne, mère indigne qui laisse traîner ses sextoys partout, surtout dans la chambre de sa fille de deux ans, est encore plus forte. On devine que le tournage est souvent parti en live, ces deux-là se lançant dans de folles improvisations.

Dans les bonus, en plus d’un making of et de longs entretiens avec tous les acteurs, on se délecte d’un bêtisier d’anthologie et d’une dizaine de scènes coupées, souvent des versions longues de passages plus ramassés dans la version finale.

➤ « Nos pires voisins 2 », Universal Vidéo

 

23/11/2016

Thriller : La glace de la résurrection dans "Le cadavre était presque parfait"

Un cadavre venu du passé sème le désordre sous l’œil débonnaire du héros très british imaginé par Giles Milton.

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Un bon héros récurrent de roman policier doit avoir un métier atypique. Terminé le temps ou commissaire ou détective privé suffisait à le rendre intéressant. Giles Milton, qui semble bien décidé à faire vivre plusieurs aventures à son personnage Jack Raven, n’a pas choisi la facilité côté CV. Jack, professeur british, est exactement « paléopathologiste, spécialisé en anthropologie médico-légale ». Ce que sa dernière cliente résume par « spécialiste en cadavre, c’est l’expert en criminologie archéologique le plus qualifié du milieu. »

En plein été, alors qu’il s’ennuie et se lamente car sa petite amie (une journaliste allemande) vient de le quitter, il reçoit une proposition qu’il ne peut refuser. Zakron, société américaine spécialisée en cryogénie veut ses lumières pour identifier le cadavre d’un homme entièrement nu et parfaitement conservé retrouvé dans les glaces du Groënland. Rapidement il s’aperçoit que sa venue n’est pas souhaitée par tous les membres du conseil d’administration. Pour eux, le cadavre est celui d’un soldat américain disparu en 1944. Tout est déjà réglé pour le rendre, avec les honneurs, à sa famille.

■ Dégeler le mort

En réalité, le mort, absolument préservé dans la glace, sera le premier à tester une nouvelle technique pour « réveiller » des cadavres gelés. Zakron conserve dans ses frigos de riches clients persuadés que dans un lointain avenir, ils pourront être dégelés, être rajeunis, devenir quasi immortels. Une expérience top secret qu’un vulgaire Anglais ne doit pas ébruiter.

Cela n’empêche pas Jack de continuer ses recherches. Sur la raison du décès et l’identité du mort. Quand il découvre la vérité, il est trop tard : l’expérience a débuté. Or il ne s’agit pas du tout d’un soldat américain. Les multiples cadavres qui jonchent les pages suivantes lui donnent malheureusement raison. Une seule chose importe désormais : arrêter ce massacreur venu du passé.

Entre polar classique, notamment avec l’intervention de policiers pas très futés, précis de science-fiction et récit historique voire fantastique, ce roman tape large dans les intérêts des lecteurs. Et comme l’ensemble est cohérent et parfaitement écrit, on en ressort avec l’impression d’être beaucoup plus intelligent concernant la seconde guerre mondiale au Groënland, les techniques de cryogénie et même les secrets pour séduire les jolies femmes américaines divorcées avec enfants à charge. Tout cela grâce aux lumières de Jack Raven.

➤ « Le cadavre était presque parfait », Giles Milton, Buchet Chastel, 22 €

 

22/11/2016

Littérature : Philippe Claudel originel

 

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Court roman paru en 2001, « Au revoir Monsieur Friant » de Philippe Claudel est une pépite d’émotion et de style. Le lauréat du Renaudot et du Goncourt des lycéens explique avoir écrit de texte après avoir remporté quelques succès publics, comme pour se rassurer sur sa capacité à écrire naturellement. En racontant la vie d’Emile Friant, peintre originaire de Nancy du début du XXe siècle, il met surtout en scène sa grand-mère adorée et sa propre jeunesse. Douceur de la jeunesse, exaltation de l’adolescence, premières amours (« Les amours juvéniles entretiennent des parentés avec les grandes diarrhées et comme pour elles, heureusement, peu de choses suffit à les faire passer »), on trouve tout l’univers personnel si intense de l’auteur des « Âmes grises » et du « Rapport de Brodeck », merveilleusement adapté en bande dessinée par Manu Larcenet.

➤ « Au revoir Monsieur Friant », Philippe Claudel, Stock, 13,50 €

 

19/11/2016

De choses et d'autres : Tous présidents !

 

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S’ils sont sept à la primaire de la droite, sans doute encore plus nombreux pour la gauche, pourquoi n’envisageriez-vous pas aussi votre propre destin présidentiel ? Ou plutôt « le tien » car les auteurs de ce manuel sur « tout ce qu’il faut savoir pour remporter brillamment une élection » ont tendance à tutoyer le lecteur. Le titre du livre est éloquent : « Toi, président de la République ».

Joliment présenté avec du bleu, du blanc et du rouge en couverture, ce carnet qui ne se prend pas au sérieux bénéficie d’une fabrication soignée avec rabats et élastique tricolore. Même si, comme le programme de Montebourg, il a été imprimé à l’étranger. En Espagne cette fois.

Grâce aux tests, jeux et autres exercices pratiques, vous saurez si vous avez une chance de devenir « l’homme providentiel que tous les Français attendent. » Mais dans un premier temps vous apprendrez à choisir une cravate, un nom et un logo pour votre parti et même à éviter les questions pièges de Jean-Jacques Bourdin.

Après, si vous êtes élu, remerciez les auteurs, Arnaud Demanche et Stéphane Rose. Un conseil : ne vous faites quand même pas trop d’illusions sur ce coup-là.

➤ « Toi, président de la République », Jungle, 9,90 €

 

18/11/2016

Roman : "Soleil Amer" de Jacques Verdier ou les dramatiques conséquences des libertés issues de Mai 68

SOLEIL AMER. Jacques Verdier raconte les amours compliquées voire impossibles entre deux jeunes provinciaux des années 70 que tout oppose.

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Amateurs de rugby passez votre chemin. Jacques Verdier, directeur du Midi Olympique, « bible » des amateurs de XV, grand spécialiste des groupés pénétrants et autres « up and under », abandonne le temps de ce roman son domaine de prédilection. Preuve que le sport mène à tout, à condition d’en sortir... Par contre Jacques Verdier fait partie de ces hommes qui n’oublient jamais leurs racines, l’action du roman se dé- roulant à Saint-Gaudens, cité pyrénéenne où il a lui même usé ses fonds de culottes dans sa jeunesse. Il admet d’ailleurs avoir instillé un peu de son adolescence dans le personnage de Pierre, piochant dans ses souvenirs pour apporter quelques touches de vérité.

L’authenticité est d’ailleurs l’impression générale qui ressort de la lecture de ce texte entre chronique rurale, roman d’apprentissage et portrait d’une France provinciale défunte. Le roman est construit comme un dialogue à deux voix. Pierre et Juliette, chacun de leur côté, sans encore se connaître, partagent leur quotidien avec le lecteur

. Pierre est le fils d’un couple aimant. Mais quand le père meurt subitement, le monde de cet adolescent solitaire, passionné de dessin, se fissure, « J’essayais, mais en me cachant, déchirant les pages aussitôt dessinées, de tracer les contours du visage de mon père sur son lit de mort, sa rigidité mortuaire. Ce n’était pas vraiment un portrait. Je ne voulais pas restituer son visage tel qu’il me revenait dans mon souvenir, mais ses angles, ses creux, son vide, la couleur de la mort. »

■ Léo Ferré, le point commun

L’image du père de Juliette, l’autre protagoniste du roman, est radicalement différente. Ce chirurgien, abreuvé des discours révolutionnaires et libertaires de Mai 68, est un notable aux mœurs plutôt dissolues. Sa femme, adepte de l’amour libre, participe à ses jeux sexuels. Juliette, encore enfant, les surprend un jour lors de vacances en Espagne. Depuis elle est partagée entre dégoût et envie.

Adolescente, sans doute par provocation, elle devient une de ces « filles faciles » qui rencontrent tant de succès auprès des jeunes hommes. Des plus âgés aussi. « Rico me fait signe de le suivre. Je suis sa proie, sa chose. Ça ne me plaît pas. Ça ne me déplaît pas non plus. Ce n’est pas moi, cette fille à moitié saoule qui suit ce mec de trente ans. »

Autant la partie Pierre est sage, nostalgique, parfois presque digne d’un roman de terroir, autant les passages avec Juliette sont chauds et osés. Deux mondes qui se côtoient sans se croiser dans ces années 70 si particulières.

Pour les rapprocher, Jacques Verdier trouve le vecteur parfait : Léo Ferré. Pierre adore ce poète d’un nouveau genre, Juliette adhère à ses idées anarchistes, voire nihilistes. Ferré incarnation d’une époque capable d’être corsetée dans une rigidité extrême tout en vénérant ces personnalités si scandaleuses et provocatrices. Une fracture irrémédiable. Qu’illustre la difficulté pour Pierre et Juliette de trouver une façon de s’aimer. Car « Soleil amer » est aussi (et surtout) un roman d’amour. Un amour fou et absolu, de ceux qui ne durent pas et laissent des cicatrices à vie.

L’écriture fluide et imagée de Jacques Verdier emporte le lecteur loin dans cette histoire passionnée. On vibre avec Pierre quand il boxe ou au côté de Juliette lors de ses promenades à cheval sur les bords de Garonne. Deux personnages lumineux, que l’on quitte à regret. A moins que l’auteur ne se dé- cide d’imaginer une suite à leur relation. Dans les années 80 ?

➤ « Soleil amer » de Jacques Verdier, éditions Anne-Carrière, 19,50 € 

(Chronique parue le dimanche 13 novembre dans la page livres de l'Indépendant)

 

16/11/2016

Livres de poche : condensés des noirceurs américaines

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En répondant à cette mystérieuse annonce, les vingt-trois protagonistes d’« A l’estomac », roman de Chuck Palaniuk, s’imaginaient couler des jours tranquilles dans un endroit de rêve. Oui, mais voilà, l’endroit en question, un théâtre délabré est... terrifiant. Isolés du monde, maltraités, nos écrivaillions s’affolent et leurs écrits, qui composent le livre, de plus en plus déviants.

➤ « A l’estomac », Points, 8,20 €

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Alex et Leslie Twisden mènent une vie radieuse : jobs en or, luxueux hôtel particulier en plein Manhattan et mariage passionnel. Ils vont en Slovénie pour avoir des enfants. Dix ans plus tard, couvés et dorlotés, les jumeaux Alice et Adam sont pourtant enfermés chaque soir dans leur chambre. La suite, toujours de Chase Novak, vient de paraître aux éditions Préludes.

➤ « Conception », Le Livre de Poche, 7,90 €

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A la suite de son enquête sur le Grand Maître, l’inspecteur Sunderson, ultime héros imaginé par Jim Harrison, n’aspire qu’à se mettre au vert dans un bungalow du Nord-Michigan. Mais quand la jeune Lily Ames, qu’il employait comme femme de ménage, est violemment assassinée en pleine saison de pêche à la truite, l’inspecteur décide que la coupe est pleine et reprend du service.

➤ « Péchés capitaux », J’ai Lu, 7,60 €

 

12/11/2016

Polar historique : Intrigue à Prague dans "Le songe de l'astronome"

 

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Thierry Bourcy et François-Henri Soulié ont uni leurs plumes pour ce polar historique inédit se déroulant à Prague de 1601. L’empereur Rodolphe II a convié plusieurs personnalités à un repas pour que son astronome attitré, Tycho Brahé, présente sa théorie qui va à l’encontre de celle de Copernic. Sont présents une cantatrice aux formes voluptueuses, une noble anglaise et son mari cacochyme (en réalité c’est une redoutable espionne), un ambassadeur danois, un peintre flamand, un nain dévergondé, un représentant du Vatican, le médecin du roi et un autre astronome, plutôt copernicien.

Le château va se transformer en huis clos à la mort de Tycho Brahé. Le chef des gardes, Kassov, devra se transformer en enquêteur pour démasquer le coupable. Intrigue soignée, personnages étonnants, lieux mystérieux : tout dans ce roman est réussi.

➤ « Le songe de l’astronome », éditions 10/18, inédit, 7,50 €

 

 

11/11/2016

Thriller : Il est des crimes impossibles à regarder

LA PRUNELLE DE SES YEUX. Ce thriller d’Ingrid Desjours entraîne le lecteur dans le monde sombre de la cécité.

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Entre Maya et Gabriel, le courant passe immédiatement. La jeune fille, Française installée en Irlande, cherche un nouveau travail. L’homme, la cinquantaine triomphante, profite de sa fortune pour visiter l’île. Mais il a besoin d’un guide car il est aveugle. Le roman d’Ingrid Desjours débute comme une gentille comédie. La guide avenante, le beau malvoyant, généreux et passionnant. Ils poursuivent leur collaboration en France, dans divers lieux de province.

En parallèle à ces scènes presque bucoliques, la romancière raconte l’entrée d’un adolescent dans une école supérieure. Une boîte privée qui « fabrique » les futurs dirigeants du pays. Mais il ne s’intègre pas. Il est en réalité infiltré comme journaliste en devenir pour dénoncer les pratiques de bizutage. On comprend rapidement que Gabriel est le père du jeune garçon. Que ce dernier est mort assassiné et que c’est de ce jour qu’il est devenu aveugle. Une pathologie rare, la cé- cité de conversion. En clair, les yeux fonctionnent parfaitement, mais le cerveau refuse de convertir ces images, le plus souvent après un profond traumatisme psychologique.

Construit avec une précision chirurgicale, le roman alterne scènes dans l’école, quelques jours avant la nuit tragique, et piège présent qui se referme sur Maya. Car Gabriel est persuadé que c’est cette jeune femme, pourtant charmante avec lui, dont il pourrait presque tomber amoureux, qui est la responsable de la mort de son unique enfant. 

➤ « La prunelle de ses yeux », Ingrid Desjours, Robert Laffont, 20 € (« Les Fauves », précédent roman d’Ingrid Desjours vient de sortir en poche chez Pocket)

 

09/11/2016

Livres de poche : histoires de disparitions et de kidnappings

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Nouvelle-Zélande, 1866. En pleine ruée vers l’or, l’île voit dé- barquer Walter Moody, un jeune Britannique bien décidé à faire fortune. Mais dans son hôtel, douze hommes du cru tiennent une réunion secrète pour tenter d’élucider des faits étranges qui agitent la communauté. Un notable a disparu, une prostituée a tenté de mettre fin à ses jours. Un grand roman, une belle saga signée Eleanor Catton..

➤ « Les Luminaires », Folio, 13,50 €

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Dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, la belle Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett, ex-fiancé de sa sœur Juliet. Il devient alors le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre… Sept ans après, un étrange personnage surgit pour peut-être résoudre l’impossible mystère. Les tourments de l’âme disséqués par Joyce Carol Oates.

➤ « Carthage », Points, 8,80 €

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Ils sont onze et constitués en « Brigade du rire ». Ils kidnappent Pierre Ramut, l’éditorialiste vedette de Valeurs françaises, et le forcent à travailler selon ses préceptes : semaine de 48 heures, salaire de 20 % inférieur au SMIC, productivité maximum, travail le dimanche. Il saura désormais de quoi il parle… Un roman social, méchant et hilarant de Gérard Mordillat.

➤ « La brigade du rire », Le Livre de Poche, 8,60 €

 

07/11/2016

Ces femmes-là, elles sont « super » !

comics,stan lee,super hérosSUPERHÉROS. Au commencement il n’y avait que des hommes : Superman, Batman, Spiderman. Et puis les femmes ont, elles aussi, eu des super pouvoirs. Bonnes à la castagne, effrontées et souvent très belles, elles s’imposent dans un monde beaucoup moins macho qu’il n’y parait.

 

Décembre 1941, un nouveau personnage entre avec fracas dans l’univers des super héros qui se cantonnent à cette époque dans les comics publiés aux USA. La princesse Diana est une Amazone. Seule sur son île paradisiaque, elle voit débarquer un aviateur américain. Ce dernier l’emmène dans son mode et elle devient Wonder Woman. La première super héroïne vient de naître. Le succès est immédiatement au rendez-vous et la jolie brune armée d’un lasso magique et des ses bracelets anti-balles, obtient six mois plus tard un titre spécifique à son nom. La consécration. Dans ce monde exclusivement masculin des super héros américains, cette première femme dotée de pouvoirs va rapidement se transformer en apôtre du féminisme. Même si au fil des décennies (et d’une certaine « morale » typiquement américaine) elle a parfois été réduite à une simple femme au foyer... Dans les années 70, Wonder Woman franchit un nouveau cap avec la série télévisée où le rôle titre est incarné par Linda Carter. Totalement kitch, mais plein de charme un demi-siècle plus tard. L’an prochain, au début de l’été, le film « Wonder Woman » devrait confirmer que les femmes aussi peuvent attirer les foules. Le personnage, interprété par Gal Gadot, a déjà fait une apparition dans le récent « Batman VS Superman ». Mais cette fois elle sera la vedette incontestée d’un long-métrage réalisé par Patty Jenkins.

■ Girl power

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Même si les comics, comme la société en général, sont loin de la parité, les femmes occupent de plus en plus d’espace. Que serait Superman sans Loïs Lane ? Spider- man serait-il si cool s’il n’y avait pas la belle Mary ? Mais ce ne sont que des rôles annexes. Importants mais surtout de fairevaloir. Pourtant les femmes ayant des pouvoirs sont légion dans les « teams ». Parmi les Avengers on trouvez la Guêpe dans la série dessinée et la Veuve Noire dans les films sortis ces dernières années. Un quart des quatre Fantastiques est féminin. Paradoxalement c’est la femme invisible... Chez les super-vilains aussi les femmes sont de plus en plus présentes. La dernière en date, qui a crevé l’écran cet été dans «Suicide Squad» a un parcours complexe. Comme si la psychologie féminine était forcément plus élaborée que celle des mâles bêtement primaires. Harley Queen (Margot Robbie) est à la base une psychiatre folle amoureuse du Joker, ennemi mortel de Batman. Mais elle parviendra à se défaire de son emprise pour devenir la bad girl dont on rêve tous de devenir amoureux. Provocante et effrontée, ce n’est pas elle qui va faire la vaisselle en plus de ses missions. Elle incarne à la perfection l’avenir des super- héroïnes : des femmes fortes et à la personnalité développée. Il y en aura de plus en plus dans l’univers foisonnant des super héros. Comme dans la vraie vie, on l’espère... 

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 Stan Lee, le maitre-étalon des comics

comics,stan lee,super hérosIcône de la Pop culture américaine, Stan Lee fait partie de ces auteurs qui n’ont obtenu une reconnaissance mondiale que sur la fin de leur carrière. Scénariste de bande dessinée, il a longtemps pondu des kilomètres d’intrigues, toutes plus alambiquées les unes que les autres, multipliant les personnages et les coups de théâtre. Nouveau feuilletoniste de la fin du XXe siècle, son génie a finalement été admis quand des chercheurs et exégètes ont analysé les mondes imaginaires qu’il a mis sur pied. Pour la première fois, un Français se penche sur le phénomène. Jean- Marc Lainé signe une biographie critique sur cet « Homère du XXe siècle ». Celui qui a quasiment tout créé de l’univers Marvel, de Spider-man à Captain America en passant par Hulk ou les X-Men n’est pas le plus offensif pour la cause des femmes, mais il a toujours tenté de les valoriser. L’exemple le plus flagrant étant Misses Marvel, «le pendant féminin de Captain Marvel. Elégante et raffinée, elle devient un dragon dès qu’il s’agit de préserver ses droits, jusque dans l’art délicat de la négociation de salaire. » Très complète, cette biographie s’adresse essentiellement aux passionnés, ceux qui connaissent tout de l’univers Marvel.

● « Stan Lee, Homère du XXe siècle », Jean-Marc Lainé, Fantastik, 25 €

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Encore plus d’héroïnes à la télévision

 

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Si le cinéma n’a pas encore joué à fond la carte féminine, les séries télé ont franchi le pas depuis longtemps. Depuis Wonder Woman, les héroïnes sont très présentes dans les feuilletons tirés des comics américains. Parmi les plus récentes, notons «Supergirl» avec Melissa Benoist ou «Agent Carter» actuellement en diffusion sur TMC tous les samedis. Tirée de l’univers Marvel, l’histoire se déroule durant la seconde guerre mondiale. Peggy Carter, grand amour du Captain America, se transforme la nuit en justicière et espionne. Deux saisons ont été tournées. « Jessica Jones » a elle aussi eu beaucoup de difficultés dans la vie. A l’origine, adolescente sans intérêt, elle acquiert des pouvoirs après un accident. Beaucoup plus tard, elle les perd et redevient humaine. Mais son envie de combattre pour le bien demeure et elle ouvre une agence de détective privé. C’est cette histoire qui est racontée dans le 13 épisodes de la première saison produite et diffusée sur Netflix. Le succès étant au rendezvous Jessica Jones et son monde assez sombre sera de nouveau sur la plateforme de vidéo à la demande l’an prochain. Une production très féministe puisque tous les épisodes de la saison 2 seront confiés à des réalisatrices. Dernier exemple de ces personnages féminins marquant dans les séries de superhéros, celui de la cheerleader de «Héros», création originale de Tim Kring. Parmi les personnages récurrents, Claire Bennet interprétée par Hayden Panettiere a marqué toute une génération. Cette ado américaine dans tout ce qu’il y a de plus caricatural (pompom girls, blonde et vaguement décérébrée...) cache un pouvoir qui la rend quasiment immortelle. Elle ne paye pas de mine mais est presque la plus puissante de tous les héros imaginés de la série.

(Dossier paru le dimanche 30 octobre dans l'Indépendant.)

 

 

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05/11/2016

De choses et d'autres : Le monde merveilleux... de l'humour anglais

Les Anglais pratiquent l’humour radical. Ils n’ont pas leur pareil pour faire rire simplement en décalant juste un peu des scènes simples. Hazeley et Morris sont des prototypes d’auteurs de cet humour britannique irrésistible. Ils publient ces petits livres illustrés des dessins d’origine parus dans les anciennes publications Ladybird entre 1950 et 1970 et destinées aux enfants. Mais cette collection du « Monde merveilleux » ne se cantonne pas aux plus petits.

Petit exemple avec cet extrait du « Monde merveilleux de la gueule de bois » : « Prévoyez un kit de secours spécial gueule de bois : disposez une banane et un verre d’eau sur votre table de nuit avant de sortir boire des coups. En vous réveillant le matin, dans vos habits de la veille, vous pourrez regarder le verre et la banane intacts et vous demander qui a bien pu les poser là. »

Autre titre paru, celui consacré au « Mari idéal » : « Alban et Anaëlle sont désormais parents d’un petit garçon. Anaëlle dévore des yeux son nouveau-né. Quant à Alban, il dévore des yeux les infirmières. Les maris aiment bien les infirmières. »

Les textes sont délicieux, parfaitement en accord avec ces illustrations très vintage. Un éclat de rire assuré à chaque page.

 ➤ « Le Monde merveilleux de... », éditions 10/18, 6,50 € le volume.

 

04/11/2016

Roman : Un Poirot tout frais

LA MORT A SES RAISONS. Sophie Hannah reprend avec brio le détective belge créé par Agatha Christie.

 

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Les plus grands personnages de la littérature en meurent jamais. La preuve avec le retour sur le devant de la scène d’Hercule Poirot, le dé-tective belge aux jolies moustaches, aimant titiller ses cellules grises pour dé- masquer les coupables. Poirot, création d’Agatha Christie, fait partie des plus célèbres héros de romans policiers, au même titre que Sherlock Holmes ou James Bond. Après de longues hésitations, les héritiers d’Agatha Christie ont accepté qu’il vive de nouvelles aventures sous la plume de Sophie Hannah. La romancière anglaise, à la tête d’une importante œuvre, a accepté de se couler dans le style de Christie pour écrire des intrigues dignes des romans de la grande époque.

■ Avant le meurtre

Après un premier essai concluant, voici la seconde enquête du nouvel Hercule Poirot. Toujours accompagné de l’inspecteur Catchpool, le narrateur de l’histoire, Poirot se rend en Irlande à la demande de lady Athelinda Playford. Cette vieille dame un peu extravagante, écrit des romans policiers destinés à la jeunesse. Dans ce domaine coupé de l’extérieur, les tensions sont vives entre les différents protagonistes. Il y a les deux enfants de lady Playford, l’aîné un peu niais affublé d’une femme très intéressée par l’argent et la seconde, jolie et vive, fiancée à un médecin américain passionné par l’œuvre de Shakespeare. On trouve aussi le secrétaire de la romancière, gravement malade et soigné par une infirmière dévouée corps et âme, un notaire et l’associé de ce dernier, chargé de gérer les droits de la maîtresse de maison.

Lors du repas du soir, Poirot comprend que lady Playford l’a fait venir car elle redoute que l’on attende à sa vie. Et effectivement, après les repas, quelqu’un est assassiné. Ce genre de roman vaut surtout par les fausses pistes que l’auteur répand au gré des pages. Sans cesse on espère démasquer le meurtrier avant Poirot. Et on se trompe tout le temps. Preuve que Sophie Hannah a parfaitement intégré les techniques d’Agatha Christie, experte en fausses pistes et coups de théâtre de dernière minute.  

➤ « La mort a ses raisons » de Sophie Hannah, Éditions du Masque, 20,90 €

 

01/11/2016

Polar : Mal aux poings

 

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Un boxeur au visage cassé et une luciole fêlée se rencontrent par hasard. Une nuit d’amour dans le noir et le début d’une grande histoire d’amour. Mais dans ce premier roman de Benoît Philippon, le bonheur est aux abonnés absents. Roy, diminutif de Raymond, n’a jamais été verni. Les drames ont marqué son enfance. Devenu adulte il se sert plus de ses poings que de son intelligence pour obtenir ce qu’il veut. Alors quand Guillemette fond dans ses bras, il ne sait pas comment faire et la protège, au risque de se retrouver avec toutes la flicaille du pays aux trousses.

Une écriture entre poésie et réalisme brut donne une ambiance unique à ce polar qui prouve que les auteurs français peuvent encore se mesurer avec les grands Américains. 

➤ « Cabossé », Benoît Philippon, Série Noire, 18 €

 

31/10/2016

Humour, polar et SF : toutes les émotions en poche

 

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À la veille d’un concours de sauce barbecue, Stanley Chipotle, célèbre cuisinier de la télévision, est assassiné à coups de hachoir dans un quartier louche de Trenton, sous les yeux de Lula. Qui de mieux que Stéphanie Plum pour se lancer sur la piste des tueurs avant que Lula ne se retrouve à son tour dans leurs filets ? Aventure inédite de la détective imaginée par Janet Evanovich.

➤ « Retour à la quinze départ », Pocket, 6,95 €

 

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En pleine ascension du glacier Vatnajökull, deux jeunes randonneurs sont brutalement précipités au fond d’une crevasse. Juste avant de disparaître, l’un d’eux parvient à contacter sa sœur Kristin. Il n’y a pas encore la noirceur et le pessimisme des romans suivants d’Arnaldur Indridason, mais on retrouve quand même son style, essentiellement dans la description du grand méchant, un certain Ratoff.

➤ « Opération Napoléon », Points, 8,10 €

 

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En 2009, lan McDonald a rassemblé, sous le titre « La petite déesse », les sept nouvelles et courts romans qu’il avait écrits sur cette Inde du futur imaginée dans « Le fleuve des dieux ». On y découvre un souscontinent où les hommes sont quatre fois plus nombreux que les femmes, où se côtoient des gens d’une extrême pauvreté et des stars virtuelles, tous confrontés à des menaces d’un genre nouveau.

➤ « La petite déesse », Folio SF, 8,20 €

 

Roman : Le libraire et la mer

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Les relations mère-fils sont décidément dans l’air du temps. Françoise Bourdin se penche ici sur la vie de Matthieu, libraire passionné du Havre, qui néglige sa vie familiale. Un divorce après et l’adolescence de sa fille vécue en pointillé, il retrouve un certain équilibre, croit-il, auprès de Tess et de sa fille Angélique. Personne, encore moins lui-même, ne comprend donc pourquoi il s’écroule soudain. Matthieur décide alors de mener son introspection dans la belle villa rachetée en viager à son vieil ami César, trop tôt disparu. Ecriture fluide, personnages attachants malgré quelques aspects caricaturaux et l’atmosphère d’une ville reconstruite sur les ruines d’après-guerre parfaitement retranscrite, la mayonnaise prend. Goûtez-y.

F. H.

➤ « Face à la mer » par Françoise Bourdin, Belfond, 21,50 €