23/12/2010
Jeunes et pirates
Tous les genres intéressent Jean Dufaux. Scénariste prolifique, à la formation cinématographique affirmée, il n'est pas étonnant qu'il s'attaque à son tour à un classique : le récit de pirates. Il l'assaisonne à sa sauce, avec évidement quelques jolies filles maltraitées. Barracuda n'est pas le nom du pirate mais de son bateau. Un galion mené par le sanguinaire Blackdog et son jeune fils, Raffy, adolescent n'ayant rien à envier à son père côté barbarie. Ils attaquent un navire espagnol, tuent tous les hommes et capturent les femmes et enfants, très recherchés sur le marché prospère de l'esclavage. Dans la cage Maria, jeune descendante d'une grande famille d'Espagne et Emilio, son domestique. Emilia exactement puisqu'il s'est grimé en fille afin d'être épargné. Raffy, Maria, Emilio débarquent sur l'île de Puerto Blanco et vont être séparés. Ce sont leurs trois parcours parallèles que Dufaux va raconter dans ce triptyque dessiné par Jérémy, jeune dessinateur réaliste qui s'est formé en coloriant les planches de Delaby.
« Barracuda », Dargaud, 13,50 €
10:12 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dufaux, jérémy, dargaud, barracuda
30/11/2010
Migrateur
Pas facile de se retrouver seul sur une planète inconnue. Quand Paul Clauden débarque sur Altaïr-3 en compagnie de sa mère et de sa jeune sœur, il ne se doute pas que son père ne serait pas au rendez-vous. Malgré l'adversité, il va tenter de le retrouver, se lançant dans un long périple sur ce monde étrange du à l'imagination de Léo. Ce troisième épisode permet à Paul de croiser de nouveaux personnages, d'un chercheur en biologie à une candidate à la députation en passant par le tenancier d'un tripot qui propose des shows holographiques érotiques. Sans oublier quelques monstres extraterrestres dessinés par Icar qui a la lourde charge d'animer graphiquement les inventions de Léo. Dans le genre, les porquereaux sont aussi originaux que hideux. Rien que pour eux, l'album vaut le détour.
« Terres lointaines » (tome 3), Dargaud, 10,95 €
09:43 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : léo, icar, dargaud
18/11/2010
Un Lucky Luke très politique
Espionnage, fichage, chantage : la nouvelle aventure de Lucky Luke a un air étrangement d'actualité. Le cowboy imaginé par Morris et repris graphiquement par Achdé affronte dans cet album le redoutable Pinkerton. Le célèbre détective privé semble pourtant lui aussi du bon côté de la Justice. Il démarre très fort en capturant les Dalton et en démantelant un gang de faux-monnayeurs. Mais ce n'est que façade. Pinkerton n'a qu'une ambition : devenir l'homme de confiance du président Lincoln. A la clé, les juteux contrats de sécurité que l'Etat ne manquera pas de lui commander... Toute ressemblance avec une actualité récente, tant en France qu'aux Etats-Unis n'est pas un hasard. Cette aventure de Lucky Luke est scénarisée par un duo d'auteurs n'ayant pas peur de dénoncer. Tonino Benacquista s'est associé à Daniel Pennac pour signer cette histoire qui fait référence aux grandes trouvailles de Goscinny. Une très bonne surprise après les titres en demi-teinte de Laurent Gerra.
"Lucky Luke" (tome 4), Lucky Comics, 9,95 €
08:29 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : morris, achdé, pennac, benacquista, dargaud, lucky comics
15/11/2010
Bureaucratie mortelle
Dictature et bureaucratie ne riment pas avec efficacité. Notamment en matière de santé. Staline en a fait les frais. Le 28 février 1958, le dirigeant soviétique est victime d'une attaque cérébrale. Muré dans son isolement de maître tout puissant, il n'est découvert inanimé qu'au petit matin. Les membres du comité central se rendent dans sa datcha et décident de se réunir pour savoir qui va appeler les médecins. Puis quels médecins. Ce sont des heures de perdues qui ont prolongé l'agonie. Il ne sera déclaré mort que trois jours plus tard. Ce pan de l'histoire contemporaine est raconté dans le détail par Fabien Nury qui s'est beaucoup documenté pour se rapprocher au plus près de la réalité. Il se permet cependant, en début d'ouvrage, de trouver une explication au déclenchement de l'attaque. Un prélude musical montrant déjà la terreur qui régnait dans ce pays dès que le nom de Staline était cité. Dessiné par Thierry Robin, cet album aux teintes sombres et rougeoyantes, se lit comme un roman de Kafka : absurde et cruel.
« La mort de Staline » (tome 1), Dargaud, 13,50 €
08:34 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nury, robin, staline, dargaud
10/11/2010
Complot et uchronie
Philippe Berthet est abonné aux héroïnes aussi belles que dangereuses. Il a délaissé les aventures de Poison Ivy pour lancer Nico dans le grand bain de la BD de série B. C'est d'ailleurs Fred Duval, un des piliers de la collection chez Delcourt, qui signe les scénarios. L'action se déroule au début des années 60. Un passé légèrement différent, Kennedy est bien président, mais Staline est toujours vivant et Fidel Castro un simple espion du KGB. Il croisera la route de Nico, espionne de la CIA qui devra déjouer un complot fomenté par Ike Eisenhower, ancien général américain désirant déclencher le feu atomique. Cette BD pleine de trouvailles et de clins d'œil est divertissante, avec suspense, rebondissements et coup de théâtre final. Sans oublier un soupçon d'érotisme, Nico n'hésitant pas à dévoiler sa plastique parfaite.
« Nico » (tome 2), Dargaud, 13,50 €
08:52 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : berthet, duval, nico, dargaud
15/10/2010
Scorpion révélé
Cela fait 10 ans que le Scorpion, mystérieux justicier imaginé par Desberg et Marini, promène sa gueule d'ange et son épée pointue dans l'Italie de la Renaissance. Il s'oppose à la famille Trebaldi, notamment un des fils devenu pape et qui fait régner la terreur à Rome avec ses moines rouges. Dans ce neuvième tome intitulé « Le masque de la vérité », les fans de la série sauront enfin d'où vient la marque sur l'épaule du héros, la cicatrice d'une ancienne brûlure en forme de scorpion et qui donne son nom au personnage. Une révélation qui ne marque pas la fin de la série, loin de là, puisqu'un ultime rebondissement maintient le suspense d'un univers au ton très feuilletonnesque.
« Le Scorpion » (tome 9), Dargaud, 11,50 €
08:04 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : desberg, marini, scorpion, dargaud
08/10/2010
Shérif mentaliste
Andrew Barrymore a des petits airs de « Mentalist », la série policière qui cartonne actuellement sur les petits écrans. Avec une bonne dose d'humour en plus. Andrew est un jeune citadin (il sort d'une école de détective de San Francisco) débarquant à Old Creek Town, petite bourgade perdue au fin fond du far-west. Il sera l'adjoint de Jim Patherson qui n'a pas inventé la poudre mais sait se faire respecter. Andrew va rapidement pouvoir faire ses preuves car le lendemain de son arrivée l'épicier du village est retrouvé assassiné dans son magasin. Le crâne fracassé, le coffre-fort ouvert et vide. A force d'observations et de déductions Andrew va démasquer le coupable avant de se raviser et démontrer que la solution est plus complexe. Une nouvelle série écrite par Délestret très à l'aise dans cette histoire bourrée d'énigmes. Valambois, au dessin, apporte une touche très personnelle à une BD très classique sur le fond mais particulièrement originale sur la forme.
« Les enquêtes d'Andrew Barrymore » (tome 1), Dargaud, 11,50 €
07:50 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : délestret, valambois, dargaud
30/09/2010
L'enfer du bureau
A l'heure du débat sur l'âge de la retraite et de la pénibilité de certains emplois, cet album vient éclairer d'un regard nouveau le travail de bureau. Certes, il n'est pas difficile physiquement de faire des photocopies, mais la pression morale peut parfois faire encore plus de dégâts que des tonnes de parpaings à transporter. James dans sa série de gags « Dans mon Open Space » décrit avec une acuité redoutable ces petit désagréments du quotidien. Et tout en faisant œuvre de critique sociale, il nous fait rire en brocardant le machiavélisme de certains chefs ou directeurs. Dans cette entreprise de textile, le thème de la délocalisation est bien évidemment abordée, de même que la protection de l'environnement. Les solutions prônées sont parfois radicales : « On va lancer une nouvelle ligne de lingerie 100 % recyclable, en toile de jute. On n'en vend pas, on n'en produit pas... on sauve la planète ! ». La séquence sur la venue d'un trader en phase de désintoxication de bonus colle particulièrement à l'actualité. Une BD à faire lire dans toutes les écoles de commerce.
« Dans mon open space » (tome 3), Dargaud, 10,95 €
07:50 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : james, open space, dargaud
17/08/2010
Toutes les richesses humaines du Grand Nord
Venue voir l'ancienne mine d'or de son père, Valentine Pitié, 20 ans, riche héritière, se retrouve seule dans le Grand Nord canadien à la suite d'un accident. Elle verra la mort de près, mais l'intervention miraculeuse d'un chasseur inuit, Yakupi, lui redonne espoir. Dès cet instant sa vie va changer du tout au tout. La jeune occidentale va découvrir les mœurs et coutumes de ce peuple ayant su s'adapter à des conditions de vie si rudes. Durant de longues semaines, elle va se lier d'amitié (et un peu plus même) avec Yakupi, sa femme, ses enfants et les autres membres de la tribu. La jeune femme, poète dans l'âme, est souvent en admiration devant les paysages vierges. Ces mêmes paysages qui permettent à Benn se signer un album d'une exceptionnelle luminosité. Ce dessinateur belge a déjà une très longue carrière mais a pris le risque du récit réaliste. Coup d'essai, coup de maître !
« Valentine Pitié » (tome 1), Dargaud, 15,50 €
07:58 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : benn, valentine pitié, dargaud
14/08/2010
Afrique : du rêve à la réalité

Il ne vit que pour l'Afrique. Une Afrique du passé, celle des colonies. Quand la savane regorgeait de fauves que l'on pouvait chasser en toute impunité. Dans son appartement parisien, ses murs sont ornés de masques tribaux, il écoute Joséphine Baker et sa femme de ménage est noire. Charles n'est pourtant pas méchant. Simplement un peu perdu dans le temps et l'espace. L'Afrique, il la rêve. Et un jour, le rêve devient réalité. Il gagne à un concours sponsorisé par Banania. Le premier prix : un voyage organisé. Direction Cotonou au Bénin. L'aventure peut commencer...
Jean-Christophe Chauzy aime dessiner les chaudes ambiances africaines. Il se régale également à montrer ses personnages perdus dans un monde qu'ils ne comprennent pas. Charles ne fait pas exception à la règle. Le continent noir a beaucoup évolué depuis ses lectures de jeunesse. Il se trouve confronté à un tourisme de masse, à des populations urbaines, des fauves apprivoisés et des « tigresses » peu farouches au premier abord, très mordantes dans l'intimité de la chambre. Ecrite par Anne Barrois, cette histoire balance entre nostalgie du temps des colonies et description réaliste d'une Afrique moderne où tous les coups sont permis pour s'en sortir.
« Bonne arrivée à Cotonou », Dargaud, 13,50 €
07:11 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chauzy, barrois, dargaud
06/08/2010
Léa ne sait plus vivre...

Album très littéraire que cet énigmatique « Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur ». Beaucoup moins étonnant quand on sait que c'est Corbeyran qui a scénarisé cette belle histoire dessinée par un petit prodige coréen, Gwangjo. Une BD littéraire dont le personnage principal est Louis Levasseur. Ce prototype d'écrivain fauché et en mal d'inspiration trouve son salut dans les poubelles de ses voisins. Un soir, il récupère un cahier d'écolier dans lequel Léa raconte ses malheurs. Une maladie en fait. Léa est incapable de se souvenir comment fonctionne les appareils ménagers. De l'aspirateur à la cafetière électrique en passant par le lave-linge. Cette jeune épouse au foyer confie au cahier sa détresse. Elle ira même consulter une voyante pour tenter de trouver une solution. Ce qu'il est advenu de Léa, le cahier ne le dit pas, mais Louis va l'imaginer et signera ainsi un best-seller international qui lui permettra de changer de vie. Quelques années plus tard, l'écrivain, par hasard, tombe sur Léa. Il va tenter de la séduire, comme pour s'excuser de s'être enrichi avec ses difficultés. Il découvrira une femme plus complexe que prévue, fière et indépendante. Cela aurait pu être une petite bluette dans l'air du temps avec fin heureuse et jolie morale. Corbeyran y met beaucoup plus, s'attaquant à un fait de société qui risque d'en surprendre plus d'un. Ces 128 pages sont dessinées au crayon à papier par un jeune dessinateur maîtrisant à la perfection toutes les nuances de gris de sa palette.
« Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur », Dargaud, 19 €
07:28 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : corbeyran, gwangjo, dargaud
29/07/2010
Paulette, héroïne ingénue
Il est des héroïnes qui ne peuvent pas laisser insensibles les lecteurs mâles. Précédemment, une première Paulette (dessinée par Pichard sur des scénarios de Wolinski) avait fait quelques dégâts chez les adolescents prépubères des années 70. Cette nouvelle Paulette, Comète de son nom, marche sur ses traces. Paulette est une ravissante étudiante en sociologie qui devient, la nuit venue, justicière à mi-temps. Dans sa première aventure, totalement déjantée, imaginée par Mathieu Sapin, elle va se mettre en travers de malfrats classiques et d'autres plus ambitieux, les patrons d'une multinationale voulant asservir tous les peuples de la planète. Le ressort comique est dans le fait que Paulette ne fait rien volontairement. C'est une cruche, devenant nymphomane dès qu'elle boit une goutte d'alcool. Bref, elle est souvent en petite tenue. Un régal car c'est sous le crayon de Christian Rossi...
« Paulette Comète » (tome 1), Dargaud, 10,95 €
08:06 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rossi, sapin, paulette, pichard, wolinski, dargaud, poisson pilote
09/07/2010
« Le prétexte » pour partir, mourir...
Pas spécialement sympathique le héros de cette histoire complète. Marc, trentenaire, bossant dans l'informatique, gagne très bien sa vie. Il a fait des choix qu'il assume. Notamment d'être entier et cassant. Cela ne l'empêche pas d'être depuis deux ans en couple avec Karine. Ils envisagent même de se marier. Mais Karine, un soir de déprime, avoue l'avoir trompé. Avec un homme atteint du sida. Sans s'être protégée. Cette révélation va totalement transformer Marc. La rage d'abord. Il jette Karine, l'humilie. Puis, conscient qu'il risque lui aussi d'être infecté, il ne veut pas savoir et choisit la fuite. Il retire tout l'argent du compte commun et entreprend un tour du monde. Il commence par New York. Un touriste un peu paumé, qui va trouver une béquille en la personne de Maddie, jeune traductrice. Ce récit, très masculin, est pourtant écrit par une femme, Isabelle Bauthian qui semble parfois prendre un réel plaisir à décrire un Marc très beauf et négatif. Sylvain Limousi, au dessin, en fait juste assez pour rendre cette histoire passionnante. On sent qu'il a particulièrement apprécié la partie se déroulant en Chine.
« Le prétexte », Dargaud, 14,50 €
08:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prétexte, limousi, bauthian, dargaud
05/07/2010
Naja flingue
Tueuse professionnelle, Naja est une héroïne à part dans l'univers de Morvan, le scénariste. Naja découvre au fil des épisodes (déjà le 4e d'une série prévue en 5) que Zéro, le chef de son organisation, a lancé les autres tueurs à ses trousses. Toujours dessinée par Bengal, cette série, violente et psychologique, étonne par son graphisme épuré. Etonnant également la charge contre les Catalans. Naja doit se rendre à Barcelone. L'occasion pour elle de leur dire ses quatre vérités : « Les Catalans, des gens qui s'enorgueillissent d'avoir refusé le franquisme mais qui ont passé toute la dictature à descendre les ramblas. Comme avant... Ils ressemblent finalement à leur patois. Trop français pour être de l'espagnol, trop espagnol pour être du français. Les Catalans n'ont jamais su vraiment qui ils étaient. C'est pour cela qu'ils préfèrent rester entre eux. » Morvan semble avoir vécu une expérience malheureuse dans la région...
« Naja » (tome 4), Dargaud, 13,50 €
09:32 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : morvan, bengal, naja, dargaud
29/06/2010
Vitesse et politique dans le "Grand Prix" de Marvano
Parfois, des batailles diplomatiques ou d'opinion se gagnent sur des terrains de sport ou des circuits automobiles. Hitler, passionné de voitures bien qu'il ne sache pas les conduire, avait parfaitement compris cet attrait des foules pour les héros modernes que sont les pilotes de grand prix. Et qu'espérer de mieux que des victoires allemandes pour montrer au monde entier la force et la suprématie du IIIe Reich ? Cette histoire dans l'Histoire, Marvano se propose de la raconter dans ce triptyque aux dessins léchés et précis. Le premier volume relate une renaissance, celle de la firme Mercedes qui va s'imposer sur les circuits européens, durant ces années 30, avec ses célèbres flèches d'argent. Manipulation politique, apologie du génie technique allemand mais surtout passion des pilotes. Ce récit aurait pu être très technique. Il devient beaucoup plus humain quand l'auteur s'intéresse aux parcours des pilotes, des passionnés pour qui mourir était peu important, du moment que c'était à pleine vitesse.
« Grand Prix » (tome 1), Dargaud, 13,50 €
08:18 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marvano, grand prix, dargaud
22/06/2010
Coulisses diplomatiques
Envie de connaître les secrets de la diplomatie française ? Plongez alors dans cet album racontant dans le détail le quotidien des conseillers d'un ministre visionnaire. Abel Lanzac, le scénariste, s'est directement inspiré de son expérience en tant que membre de cabinets ministériels. Pour illustrer ce récit se passant presque exclusivement dans des bureaux, Christophe Blain a mis l'accent sur le ministre, Alexandre Taillars de Worms, géant hyperactif, toujours en avance d'un coup, même si parfois c'est involontaire. Un portrait très ressemblant à Dominique de Villepin. Un ministre impossible à arrêter, au verbe fort et généreux, désespéré par la mollesse de ses collaborateurs, leur manque d'audace. Un portrait saisissant qui subjugue le lecteur comme l'est le personnage principal, le narrateur, Arthur, jeune conseiller chargé d'écrire les discours du ministre.
« Quai d'Orsay » (tome 1), Dargaud, 15,50 €
11:30 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lanzac, blain, dargaud, quai d'orsay, de villepin
06/06/2010
Intrigue familiale
Pour la première fois de sa carrière, Cyril Bonin signe scénario et dessin d'une série de BD. Remarqué sur Fog (avec Roger Seiter), il a poursuivi en dessinant des histoires de Giroud et Galandon. « Chambre obscure » est un hommage à la magie des romans de Maurice Leblanc. Au début du XXe siècle, on y retrouve l'ambiance des récits d'Arsène Lupin. Dans le personnage du héros qui n'a pas froid au yeux : Alma, jeune femme libre, tante de Séraphine, encore une fillette malgré ses 18 ans, vivant dans le milieu guindé de la grande bourgeoisie. Séraphine est en pamoison devant cette sufragette qui tire au pistolet, conduit une automobile et envisage de piloter un avion. Quand deux voleurs dérobent des toiles (trois croutes représentant des ancêtres) dans la maison familiale, la police enquête mais Alma sera bien évidemment plus efficace. Une ambiance particulière émane de cet album, renforcée par le papier plus épais et le dos toilé. Un bel objet en plus d'une bonne BD.
« Chambre obscure » (tome 1), Dargaud, 13,50 €
16:37 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bonin, dargaud
26/05/2010
Folie maternelle
Décidemment, les éditions Dargaud ont l'art de dénicher des auteurs espagnols talentueux. Après Blacksad (Guarnido et Canales) et Jazz Maynard (Roger et Raule), voici une nouvelle signature qui devrait refaire parler d'elle : Jordi Lafebre. Ce Barcelonais illustre un récit complet de Zidrou qui fera pleurer dans les chaumières. Une petite ville du Nord de la France, les années 30 ; Camille, une jeune femme un peu simplette est sur le point d'accoucher. On ne connait pas le père. Et l'enfant ne survit pas. Lydie est morte à la naissance. Mais Deux mois plus tard, Camille se persuade que son bébé est revenue. Et elle va élever cette enfant imaginaire, avec la complicité de tout le quartier. On se fait happer par cette tendre et folle histoire d'amour maternel et on se surprend à vouloir prendre dans ses bras cette petite fille virtuelle...
« Lydie », Dargaud, 14,50 €
06:29 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jordi lafebre, zidrou, dargaud
12/05/2010
Parodie extrême
A l'époque, dans les années 80, cette parodie de Bob Morane avait fait grand bruit. Il est vrai que Yann et Conrad, les dynamiteurs des Hauts de page de Spirou, les créateurs des Innommables, avaient placé la barre très haut. Bob, petit, malingre, hanté par l'image du père parti avec la bonne, est harcelé par Carlotta, la femme d'un ami. Mais Bob Marone n'en a que pour son compagnon d'aventures, Bill Galantine, solide Ecossais, qui vibre... sous ses coups de reins. Car dans ce pastiche acidulé, nos deux héros sont homosexuels. Ils se retrouvent coincés dans le passé, à affronter un dinosaure blanc. Parus initialement chez Glénat, ces deux albums sont repris dans une intégrale au look soigné : dos toilé, couleurs d'époque et en bonus quelques esquisses, peintures et autres planches inédites.
« Bob Marone » (intégrale), Dargaud, 25 €
06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bob morane, yann, conrad, dargaud
05/05/2010
Mémoire fugitive
En couverture, les auteurs de Re-mind annoncent la couleur : « La technologie du FBI n'a plus de limites ». Cette série (en deux parties seulement) est à la frontière entre thriller et science-fiction. Tout commence le 11 septembre 2001. John Geb est médecin aux urgences. Il est au pied des tours. Il parvient à sauver une femme en arrêt cardiaque. Elle lui en sera reconnaissante, avouant après coup avoir vu sa vie défiler devant ses yeux. Un phénomène bien connu du FBI qui a mis au point un appareil permettant de filmer cette vie en accéléré. Il faut juste être là au bon moment. Une formidable machine à aveux. Car si la personne ne veut pas parler, il suffit de l'abattre pour récupérer toutes ses connaissances. Une vie contre des informations. Les froids agents du FBI ne se posent pas longtemps la question. John va en faire les frais, obligé de mettre son fils à l'abri car il détiendrai des révélations sur un possible attentat. Palpitant, digne d'un film à grand spectacle américain, cette BD d'Alcante (Pandora Box) est illustrée par l'Italien Andrea Mutti (Nero).
« Re-mind » (tome 1), Dargaud, 10,95 €
06:15 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alcante, mutti, re-mind, dargaud















