13/07/2012

L'immense succès du petit livre de poche

 Apparu en 1953 en France, le livre de poche, de petite révolution des habitudes de lecture, est devenu un mode incontournable de consommation de la littérature. Pratique, peu encombrant, pas cher : le concept est plébiscité par toutes les générations depuis un demi-siècle. Et à l'heure du numérique, il fait plus que de la résistance.

 

 

 

A la plage, dans les transports en commun ou les salles d'attente : avoir un livre de poche avec soi c'est tromper l'ennui, transformer des heures inutiles en vaste découverte des histoires du monde. Facile à glisser dans un sac ou une poche, peu fragile, d'un coût réduit : le concept est originaire des USA et été popularisé en France au début des années 50 par Hachette. Un lancement laborieux (il était suspecté de « tuer » la littérature), puis un succès éclatant, multipliant les tirages de romans devenus véritablement accessibles par tous. Rapidement les autres maisons d'édition ont voulu occuper le marché. J'ai Lu, Presses Pocket, Folio : le secteur a ses propres marques et couvre plus de 50 % de la production grand format. Avec l'avantage d'un prix divisé par quatre et beaucoup plus de points de vente, notamment toutes les grandes surfaces.

 

Le livre de poche a radicalement modifié la façon de choisir ses lectures. Le prix modique permet de se décider plus facilement. C'est aussi l'apparition de couvertures accrocheuses, composées comme des affiches de films. Le résumé en dernière page a tout de l'appel publicitaire pour encourager l'achat. Mais le livre de poche n'est pas une simple opération commerciale mettant l'accent sur le packaging. Sinon, le succès ne serait toujours pas au rendez-vous plus de 50 ans plus tard. Le format de poche c'est un peu la seconde vie d'un roman. L'occasion pour une œuvre de trouver d'autres lecteurs et parfois de relancer la carrière d'un auteur passé inaperçu.

 

Enfin l'apparition du livre de poche a été une bénédiction pour les gros lecteurs. A budget égal, vous avez quatre fois plus à lire et côté encombrement (les collectionneurs), c'est la solution idéale.

 

Le seul bémol contre ce format vient avec l'âge : les caractères sont forcément plus petits et donc plus difficiles à lire. Mais même à ce niveau des progrès ont été réalisés. Souvent les éditeurs font le choix d'augmenter la pagination...

 

Michel Litout

 

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LES TOPS DE L'ETE

 

 

 

« Les carnets secrets de Miranda » de Julia Quinn (J'ai Lu)

 

livre de poche, points, folio, pocket, 10/18, babelAlors que la petite Miranda se désolait de ses taches de rousseur et de sa grande bouche, Nigel, le frère aîné de son amie Olivia, a su lui rendre confiance en elle. Ce jour-là, la fillette est tombée éperdument amoureuse... Dix ans plus tard, Miranda, qui fait ses débuts dans le monde, est toujours convaincue qu'il est l'homme de sa vie. Mais comment toucher ce cœur claquemuré dans la haine ?

 

 

 

« Les vacances d'un serial killer » de Nadine Monfils (Pocket)

 

livre de poche, points, folio, pocket, 10/18, babelEn quittant sa fabrique de boulettes sauce lapin pour l'été, Alfonse s'imaginait pépère au soleil de la mer du Nord... On n'a pas fait 100 bornes que sa femme, mégère aux fausses allures de starlette, et ses gosses, deux ados décérébrés, lui tapent sur le pompon. Et que dire de sa belle-mère et de sa roulotte pourrie qui casse l'esthétique de la bagnole ? Roman hilarant, à déguster obligatoirement en vacances !

 

 

 

« L'impossible pardon » de Randy Susan Meyers (Le Livre de Poche)

 

livre de poche, points, folio, pocket, 10/18, babelMalgré l’interdiction formelle de sa mère, Lulu, dix ans, ouvre la porte à son père. L’homme, ivre et hors de lui, poignarde sa femme et blesse la petite Merry, six ans. Alternant les récits des deux sœurs sur une trentaine d'années, ce roman bouleversant aborde avec force et nuance les questions de la survie, de la culpabilité et de la lente reconstruction de ces enfants meurtries.

 

 

 

« Les heures secrètes » de Elisabeth Brami (Points)

 

livre de poche, points, folio, pocket, 10/18, babelPierre n’y croit plus vraiment. Veuf, il a fermé sa librairie de la rue Mouffetard et doute de sa capacité à redonner du sens à sa vie. Seules les visites à Léa, son imprévisible belle-mère, illuminent sa vie. En toute complicité, en l’aidant à affronter les blessures de son enfance, l’énergique vieille dame parviendra-t-elle à le convaincre qu’il n’est jamais trop tard pour aimer ?

 

 

 

 

 

« Nous, les noyés » de Carsten Jensen (10/18)

 

livre de poche, points, folio, pocket, 10/18, babelDu port de Marstal, les hommes libres se lancent à la conquête des furies océanes. Contre les flots noirs et les terres proscrites, contre le deuil, trois générations de marins affrontent depuis 1848 leur destinée épique. Au seuil de leurs limites, de leurs forces et de leurs rêves, ils gravent, de continent en continent, l'horizon flamboyant d'une odyssée humaine. Une saga danoise par un auteur prometteur.

 

 

 

« Just kids » de Patti Smith (Folio)

 

livre de poche, points, folio, pocket, 10/18, babelC’était l’été de la mort de Coltrane, l’été de l’amour et des émeutes, quand une rencontre fortuite à Brooklyn guida deux jeunes gens dans la vie de bohème, sur la voie de l’art. Patti Smith et Robert Mapplethorpe avaient vingt ans ; elle deviendrait poète et performeuse, il serait photographe. Avec pudeur et émotion, Patti Smith retrace l'ascension de deux gamins inséparables qui insufflèrent la même énergie à leur vie qu’à leur art.

 

 

 

« Les talons hauts rapprochent les filles du ciel » d'Olivier Gay (Le Masque)

 

livre de poche, points, folio, pocket, 10/18, babelUn serial killer rôde dans les rues de Paris. Plusieurs filles sont retrouvées assassinées de manière atroce dans leur appartement. Leur seul point commun ? Elles fréquentaient toutes le milieu de la nuit et les clubs à la mode. John-Fitzgerald, parasite par excellence, dragueur paresseux et noctambule, va se retrouver au cœur d'une enquête de plus en plus dangereuse, avec l'aide de ses conquêtes d'un soir et de ses amis toxicomanes.

 

 

 

« Meurtre en la majeur » de Morley Torgov (Babel)

 

livre de poche, points, folio, pocket, 10/18, babelQuand l'un des nombreux parasites qui constituent l'entourage de Robert et Clara Schumann est assassiné dans d'étranges circonstances, l'inspecteur Hermann Preiss de Düsseldorf tente de résoudre le mystère, ainsi que l'énigme d'un "la" qui s'obstine à sonner faux sur le piano du maestro. Un roman policier canadien de la collection Babel Noir dans laquelle vous pourrez aussi retrouver « Millénium ».

 

 

 

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Folio, 40 ans, 5000 titres

 

 

 

 

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Parution en poche a souvent été synonyme de littérature populaire. Avec souvent une arrière-pensée péjorative. Le format a acquis ses lettres de noblesses en 1972 avec le lancement de Folio par les éditions Gallimard. La maison d'édition était du lancement du Livre de Poche en 1953. Mais à la recherche effrénées d'une totale indépendance, la famille Gallimard a repris les titres de son catalogue pour les proposer dans une collection de poche jouant ouvertement la qualité littéraire. Résultat des tirages mirobolants pour des œuvres faisant partie du patrimoine français. Record absolu pour « L'étranger » de Camus avec 6,6 millions d'exemplaires. Une quinzaine de titres (de Ionesco à Gide en passant par Orwell ou Goscinny) dépassent les 2 millions d'exemplaires.

 

En 40 ans, le catalogue Folio ne cesse de s'enrichir. Aujourd'hui ce sont plus de 5000 titres qui ont connu une version poche. Dans tous les genres c'est le meilleur qui est publié. Car à côté de la collection générale (reprenant des romans français et étrangers), on peut retrouver des polars (avec nombre de « Série Noire »), la science-fiction (tout le catalogue Denoël) et la littérature jeunesse (Folio Junior). Dernière création en date, Folio 2€ proposant des livres à petits prix, dont certains inédits.

 

Depuis janvier, Folio fête ses 40 ans. Chaque mois un titre du catalogue est réédité sous une élégante jaquette anniversaire accompagné d'un bonus. En mars, par exemple, « Candide ou l’Optimisme » de Voltaire paraît dans une édition exceptionnelle illustrée par Quentin Blake. La trentaine de dessins, en noir et blanc et en couleurs, n'étaient parus jusqu'ici que dans une édition de luxe au Royaume-Uni. Et ne manquez pas en juin « Sa majesté des Mouches », le chef-d'œuvre de William Golding, est accompagné, dans cette édition au tirage limité, d'une préface inédite de Stephen King.

 

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Point.2, l'autre format poche

 

 

 

livre de poche, points, folio, pocket, 10/18, babelDepuis avril 2011, un nouveau format de livre de poche a fait son apparition dans certaines librairies. « Point Deux » (ou Point.2) est, selon le slogan de l'éditeur, « le plus portable des livres ». D'un format deux fois plus petit qu'un poche normal, l'innovation vient du fait que les pages ne se tournent plus de droite à gauche, mais de bas en haut. Papier ultra léger, reliure flexible au point qu'il reste naturellement ouvert quand il est posé, il tient dans une seule main. L'encombrement est véritablement minimal. Une cinquantaine de titres sont déjà proposés. Un nouveau concept de lecture, comme pour prouver que les éditeurs croient toujours à l'avenir du papier...

 

 

 

21/06/2012

Jouons avec les mots

 

 

 

Jouons avec les mots, FolioVoilà un petit livre idéal à emporter pour vos vacances. Les soirs d'ennui, ensemble, testez vos connaissances littéraires. Des quizz originaux vous permettront de briller en société... ou d'apprendre une multitude de choses. Non, la culture n'est pas ennuyeuse ! (Folio, 2 €)

 

08/04/2012

Un exercice de style "made in internet"

Raymond Queneau, Exercices de style, Folio

« Dans l'S, à une heure d'affluence, cet autobus n'avait pas du tout la rapidité des autoroutes de l'information surfant sur les réseaux en fibre optique. Au contraire, il faisait penser à un minitel démodé avec sa plateforme. Un passager, vieux geek de 23 ans, au long cou et chapeau mou, tel une caricature des Sim's, s'énerve. A chaque arrêt, son voisin le dérange. Une scène cocasse, vue plusieurs milliers de fois sur Youtube grâce à la caméra de vidéosurveillance du transport en commun. Finalement, il change de place avec précipitation, comme d'autres migrent d'Orange à Free appâtés par la nouveauté. Deux heures plus tard, on le retrouve sur un site de discussion en ligne. Il utilise son smartphone. La géolocalisation permet de savoir qu'il est devant la gare Saint-Lazare, cour de Rome exactement (Latitude : 48.8757482, Longitude : 2.3247553). Sur un forum consacré à la mercerie, il parle chiffons avec un ami rencontré sur Facebook. Faut-il mettre un bouton supplémentaire à son pardessus ? Il pose la question à la cantonade, attend les réponses de connectés. Un des abonnés à son compte Twitter publie une photo pour qu'il voie exactement où rajouter ce bouton (à l'échancrure) et pourquoi. »

Le vendredi 13 avril est parue une nouvelle édition des «Exercices de style» de Raymond Queneau dans la collection Folio qui fête ses 40 ans. Cette chronique, parue en dernière page de l'Indépendant, est un hommage à ce chef-d'oeuvre de la littérature française.


31/07/2010

Devenir le « Liseur » de la femme aimée

Le Liseur.jpgAu début des années 60, Michaël, un jeune Allemand de 15 ans, découvre l'amour dans les bras d'une femme de 35 ans. Une relation forte mais déséquilibrée. Certes Hanna lui apprend tout ,des choses de l'amour, mais elle reste très mystérieuse sur sa vie. Il sait qu'elle est receveuse dans un tramway, mais n'arrive pas découvrir ce qu'elle faisait auparavant, avec qui elle vivait. Ils prennent l'habitude de se voir chaque fin d'après-midi. Ils font l'amour puis Michaël lit quelques pages à sa maîtresse.

Après six mois de cette relation lecteur-auditeur, Hanna disparait du jour au lendemain. Michaël mettra quelques années à oublier son premier amour.

C'est en poursuivant ses études de droit, sept ans plus tard, qu'il retrouvera Hanna. Elle est dans le box des accusés. Durant la guerre, elle s'était engagée dans les SS. Elle dirigeait un camp de déportation pour femmes. Son procès fait grand bruit dans cette Allemagne qui tente d'exorciser ce sinistre passé. Une autre relation va se nouer entre Michaël et Hanna. Une nouvelle fois c'est en lisant que Michaël va lui prouver son amour.

Ce roman de Bernhard Schlink est d'une force incroyable, On ne peut que tomber en admiration devant Hanna, la comprendre, vouloir également lui lire un de ces romans qu'elle apprécie tant.

« Le liseur », Bernhard Schlink, Folio, 6,10 € (Chronique parue en mars 1999)

 

08:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bernhard schlink, folio

30/07/2010

Deux romans de Serge Brussolo à redécouvrir

chateau des poisons.jpgLe Moyen-Age c'est Lancelot et Perceval, mais dans la réalité, les chevaliers avaient beaucoup moins de classe. Serge Brussolo en fait la démonstration dans ce roman noir de crasse et de manigances. Le héros, Jehan, est un simple bûcheron. Mais sa bravoure et sa force lui permettent, sur un champ de bataille d'être ordonné chevalier. Un chevalier sans terre, errant de château en château, convoyant documents ou personnalités sur des chemins peu sûrs. Il accepte ainsi d'escorter Dorius, un moine chargé d'une mission secrète par le seigneur Ornan de Guy. Ce dernier va bientôt se marier avec la belle et frêle Aude. Mais avant de consommer le mariage, le seigneur tout puissant désire guérir de la peste qu'il aurait conntracté en croisade. C'est la mission de Dorius : récupérer des reliques censées supprimer les effets de cette terrible maladie. Jehan, sans le savoir, va devenir un pion dans cette vaste machination qui aboutira à la malédiction du territoire d'Ornan de Guy.

Sorcière, poison, bête méhaignée, prêtre exorciste, bourreau et troubadours se relaieront sous la plume acérée de Serge Brussolo pour alimenter les multiples rebondissements de ce roman à l'ambiance si vénéneuse, un peu comparable au film «La chair et le sang» de Paul Verhoeven. Bref les coups bas et trahisons prennent le pas sur les sentiments purs.

les ombres du jardin.jpgOn retrouve Serge Brussolo dans «Les ombres du jardin» mais l'auteur plante cette fois le décor de son cauchemar dans la France des années 50. La nostalgie de cette époque où on s'enthousiasmait de la moindre nouveauté est très présente tout au long du roman.

Mais très vite, le lecteur partage les angoisses de Jeanne et de Martine, sa fille de 8 ans. Un homme déboule dans la vie de cette famille monoparentale. Avec violence il réclame Martine, ce serait sa fille... La fuite semble la seule solution. Le virtuose français del'angoisse frappe. juste et fort.

«Le château des poisons», Serge Brussolo, Le livre de Poche, 5 €

« Les ombres du jardin », Serge Brussolo, Folio, 7,70 € (Chroniques parues une première fois en 1999)

17/05/2010

Jonquet broie du noir

romans noirs.jpgCe gros volume hommage reprend quatre romans policiers de Thierry Jonquet, disparu l'an dernier. Quatre romans noirs, parfaits exemples des récits que cet écrivain et militant de gauche aimait signer. « Les orpailleurs », « Moloch », « Mygale » et « La Belle et la Bête » sont regroupés dans cette somme de plus de 1 000 pages. Les personnages sont déchirés, les situations extrêmes. Intrigues au cordeau, psychologies fouillées, rebondissements : les romans policiers de Thierry Jonquet sont des bijoux qu'on a parfois quelques difficultés à digérer. Il écrivait des textes à des lieues des romans formatés, lisses, prévisibles. Thierry Jonquet, à son corps défendant, était devenu un exemple, un maître du genre. En plus de ses œuvres, vous pourrez mieux connaître l'homme en lisant une longue préface de Martine Laval et une postface de Patrice Bard.

« Romans noirs », Thierry Jonquet, Folio Policier, 10,90 €

 

08:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jonquet, folio

27/02/2010

Le dictateur et le hamac

dictateur hamac.jpgSelon Daniel Pennac, il n'y a pas de meilleur endroit qu'un hamac pour imaginer des histoires. Un hamac si possible accroché pas trop loin d'un flamboyant. Ce serait dans ces conditions que lui est venue l'idée d'écrire un roman sur un dictateur agoraphobe. Ce dictateur, Manuel Pereira da Ponte Martins, « un nom plausible pour un dictateur », règne sur un petit état du Brésil ayant pour capitale Teresina. Mais une fois que Pereira a assassiné le précédent dictateur, il s'ennuie. La vie en Europe semble tellement plus exaltante. Il décide donc de mettre à sa place un sosie et de profiter du luxe de l'autre côté de l'Atlantique.

Daniel Pennac raconte la vie du dictateur, jusqu'à sa mort, inéluctable puisque prédit par une voyante. Fin du roman ? Non car dans des chapitres de transition, où l'auteur se livre, racontant son processus de création et les réactions de son entourage, il annonce la suite : la vie du sosie. Tout le roman prend alors sa force, son souffle et son originalité. Ce sosie, dont on ne saura pas le nom, ancien barbier, remplit son rôle le mieux qu'il peut. Ce roman, très différent de la série des Malaussène, parsemé de réflexions personnelles, nous emmène également au Sertao, région très pauvre du Brésil, sur le plateau du Vercors et dans les cinémas de Chicago.

Sans oublier la présence permanente de Charlie Chaplin, enchanteur éternel, celui qui a tout inventé au cinéma.

« Le dictateur et le hamac », Daniel Pennac, Gallimard, 22,50 € (roman paru en 2004 et disponible en Folio au prix de 7,70 €)

 

12/02/2010

Livres de poche : des pépites à petit prix

Dans la vaste production des livres de poche, il y a parfois des pépites à ne pas manquer. Petite sélection, forcément subjective, de quelques titres récents.

Nous étions jeunes.jpgAu moment de sa sortie, ce livre de souvenirs signé Laurent Fignon avait fait grand bruit. Car il y révélait que déjà, à son époque, le dopage était monnaie courante et qu'il était atteint d'un cancer. Devenu consultant sur France Télévisions et Europe 1, l'ancien champion cycliste a enduré un véritable enfer pour assurer jusqu'aux Champs Elysées. Dans ces confessions-confidences intitulées « Nous étions jeunes et insouciants » il reprend sans langue de bois les grandes étapes de sa carrière, des plus belles, ses deux victoires au Tour de France, aux plus sombres, défaite par 8 secondes d'écart au bout de trois semaines de course. Il jette un regard sans nostalgie sur ce milieu du cyclisme sportif si particulier. Dans cette édition en poche, Laurent Fignon a rajouté un avant-propos dans lequel il revient notamment sur l'annonce de sa maladie. Et fait le point sur son combat. Il n'est pas gagné. Loin de là. Mais il garde l'espoir. Sans pour autant se refuser à envisager la mort. Ce sportif, à l'image d'éternel étudiant, parfois cassant, voire arrogant, fait dans ces pages une démonstration d'humanisme et d'espoir revigorante. Chapeau le champion ! (Le Livre de Poche, 6,50 €)
Il n'est jamais trop tard pour découvrir l'œuvre de Conan Doyle. Un écrivain anglais qui a été complètement éclipsé par son personnage principal, Sherlock Holmes. Ce médecin, écrivant des nouvelles policières par passion mais aussi pour arrondir ses fins de mois, a été dépassé par le succès de son héros, l'ancêtre de tous les détectives. Se sentant enfermé, il a fait mourir Sherlock Holmes assez rapidement, mais la pression populaire l'a poussé à le faire revenir des morts. Au final Conan Doyle aura signé quatre romans et 56 nouvelles formant ce que les spécialiste appellent le « Canon » ou les « Textes sacrés ». Pour débuter, n'hésitez pas à faire l'acquisition de ces deux premiers Folio 2€ reprenant chacun trois nouvelles : « L'interprète grec » et « Une affaire d'identité ». (Folio 2 €)
Histoires secretes de Sherlock.jpgSherlock Holmes fait partie de ces personnages qui ont survécu à leur créateur. Ils ont été très nombreux à tenter de reprendre les aventures du locataire du 221b Baker Street. René   Reouven fut un des plus talentueux. L'ensemble des ses contributions Holmésiennes sont reprises dans ce gros volume de plus de 1100 pages intitulé « Histoires secrètes de Sherlock Holmes ». Des dizaines de nouvelles donnant l'occasion à cet écrivain français de faire se rencontrer le héros de Conan Doyle et quantité de personnages réels, notamment du monde littéraire, de Poe à Gérard de Nerval. Jacques Baudou, dans une passionnante et très instructive préface, estime que « René Reouven est sans conteste l'auteur qui s'est confronté avec le plus d'opiniâtreté, mais aussi avec le plus d'originalité et d'invention, à la grande saga détective créée par Conan Doyle et déclinée depuis par de très nombreux écrivains. » Une œuvre à redécouvrir (les titres ont été publiés entre 1982 et 1992) de toute urgence. (Folio Policier, 10,20 €)

14/06/2009

Fondation, la totale

Les éditions Folio SF proposent, au format poche, les cinq titres du cycle de Fondation d'Isaac Asimov. Un chef-d'oeuvre de la science-fiction.

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Dans le Cycle de Fondation (qui a reçu, en 1966, le prix Hugo de « la meilleure série de tous les temps »), Isaac Asimov imagine le futur de l'humanité. Il commence avec l'effondrement d'un empire galactique qui se décompose. Les trois premiers tomes, écrits entre 1951 et 1953, composent le coeur du cycle. Les deux derniers opus ont été rajoutés en 1982 et 1986. Voici les résumés fournbis par l'éditeur des cinq volumes :

FONDATION
En ce début de treizième millénaire, l'Empire n'a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la galaxie. C'est dans sa capitale, Trantor, que l'éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l'avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l'effondrement de l'Empire d'ici cinq siècles, suivi d'une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. (416 pages, 5,50 €)
FONDATION ET EMPIRE
Tandis que les crises qui secouent l'Empire redoublent de violence et annoncent son effondrement définitif, la Fondation devient de plus en plus puissante, suscitant naturellement convoitise et visées annexionnistes. C'est alors qu'apparaît un mystérieux et invincible conquérant, surnommé le Mulet, que le plan de Seldon n'avait pas prévu... (432 pages, 6 €)
SECONDE FONDATION
La Fondation est désormais aux mains du Mulet, un mutant imprévisible capable de manipuler les esprits et d'imposer sa volonté à quiconque. Avec ses pouvoirs et les immenses ressources que lui procurent la Fondation, il s'est donné pour objectif d'étendre sa domination aux ultimes vestiges de l'Empire défunt. Mais déjà une nouvelle légende prend forme : il existerait une seconde Fondation, consacrée aux sciences mentales, œuvrant de façon occulte pour garantir l'accomplissement des desseins du légendaire Hari Seldon... (432 pages, 6 €)
FONDATION FOUDROYÉE
Cinq siècles après l'établissement des deux fondations, alors même que la Première Fondation n'a jamais été aussi puissante, un nouveau protagoniste semble entrer en jeu, œuvrant dans l'ombre à l'insu de tous. Peut-être tient-il entre ses mains le devenir de l'humanité tout entière... (640 pages, 7 €)
TERRE ET FONDATION
Tout porte à croire que le légendaire berceau de l'humanité se trouve au cœur d'un vaste plan à l'échelle galactique, destiné à garantir en coulisses la pérennité de la civilisation : une synthèse parfaite entre le matérialisme de la Première Fondation et le mentalisme de la Seconde. (688 pages, 7, 60 €)
Ces titres, qui peuvent se lire indépendamment les uns des autres, sont également proposés dans un élégant coffret à 32,10 euros.

06:30 Publié dans SF | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asimov, fondation, folio

28/06/2008

Amour captif

3df44f8e01ad56c8fc0a9353c6483d97.jpgUn homme, une femme. Ils sont voisins. Tous les deux divorcés, avec enfants à charge. Le matin, le père conduit sa voisine à l'école. Il se trouve que c'est l'institutrice de sa fille. Elle lui plaît. Il n'ose pas lui dire. Jusqu'au jour où ils arrivent en retard. Dans la classe, un homme cagoulé, ceinturé d'explosifs, a pris en otage cette classe de maternelle d'une banlieue chic. L'homme et la femme, otages eux aussi, vont passer 48 heures ensemble. 48 heures de peur et de passion. Cette nouvelle de Jean-Philippe Djian (qui reparaît en même temps chez Folio), est adaptée par Jean-Philippe Peyraud. D'un faits divers encore dans les mémoires, ils font une superbe histoire d'amour.
« Mise en bouche », Futuropolis, 19 euros




06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Djian, Peyraud, Futuropolis, Folio

04/09/2007

Petites mi-temps

medium_Le_temps_des_citrons.jpgIl existe deux rugbys. Celui des pros, que vous verrez dans la coupe du monde qui débute la semaine prochaine, et celui des villages, ressemblant plus parfois à un combat de gladiateurs qu'à un sport collectif. À travers quelques nouvelles pleines d'humour et de tendresse, Michel Embareck nous entraîne dans les vestiaires ou sur les terrains de rugby, sport aussi rude qu'élégant. Des textes vifs, remplis de ces expressions entendues sur les mains courantes autour des stades comme « Macarel » ou « Quel bouchon ! ». Dans la nouvelle « Gracieusetés », l'auteur donne la définition anglaise du mot provocation : « Il s'agit d'une plaisanterie virile, expliquée sournoisement à main nue, et à laquelle ne pas répondre par un sourire devient une circonstance aggravante. ». ("Le temps des citrons", Folio, 2 €)

07:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : embareck, folio

21/07/2007

Philippe Labro s'est relevé

Dans "Tomber sept fois, se relever huit", le célèbre journaliste et écrivain raconte par le menu sa lutte contre une redoutable dépression nerveuse.

medium_Tomber_sept_fois.2.jpgPersonne n'est à l'abri. La dépression nerveuse, mal du siècle, peut fondre sur le petit employé comme le grand patron. En l'occurrence, Philippe Labro, journaliste, écrivain, cinéaste, homme de média reconnu, admiré, envié et en passe de devenir président de RTL, première radio de France, se retrouve un matin de septembre sous une chape de nuages noirs.
Réveils en sueur la nuit, plus d'appétit, désintérêt de ce qui l'entoure, perte de l'envie de découvrir et de rire : en peu de temps, cet homme qui avait pour habitude de briller en société comme sur les plateaux devient fade, sans esprit, éteint. Plus rien ne l'intéresse si ce n'est les soucis de sa vie quotidienne qu'il trouve de plus en plus insurmontables.
Philippe Labro raconte avec beaucoup de franchise son enfermement volontaire, cette tentation perpétuelle du repli sur soi reconnaissant que « le déprimé est fondamentalement un égoïste, autocentré, il ne s'intéresse qu'à sa maladie, il est incapable de se mettre à la place des autres. Il ne connaît plus l'affection. Il est même amoureux, d'une certaine façon, de sa propre dépression. »

« Il est foutu ». Le grand directeur tente de sauver les apparences. Mais personne n'est dupe dans on entourage. Celui qui avant insufflait une énergie à ses troupes est aujourd'hui totalement démobilisé. La phrase commence se répandre à grande vitesse dans les couloirs de la radio : « Il est foutu ». Certains s'inquiéteront de cette situation, d'autres y verront l'opportunité d'une place à prendre. « J'apprendrai plus tard, expique Labro, que l'un des plus "fidèles parmi les fidèles" se répand dans les couloirs et à l'extérieur de l'entreprise et va dire à plusieurs bavards professionnels, aux rumoristes parisiens qui se chargeront de la formule : "Il est foutu. On ne le reverra pas" ».
Après coup, l'auteur revient sur cette période noire, mais admet que sa dépression l'a empêché de voir venir l'épreuve et les retournements d'alliance. Il va, sur le conseil de sa femme, consulter un spécialiste qui va l'écouter et tenter de trouver le bon antidépresseur qui le remettra droit qui le remettra droit sur les rails.
La lente guérison. Après des mois d'échecs et de chute au plus profond de son âme, Philippe Labro retrouvera un peu de volonté. Un premier indice de la guérison : « Votre guérison est invisible, inaudible. Elle arrive à tout petits pas sur les toutes petites pattes d'un tout petit chat, on ne l'entend pas venir. Mais si on ne l'entend pas, on le perçoit, on le devine, on le renifle. » Au final, Philippe Labro ira mieux. Il parviendra même à écrire ce témoignage. Souvent pathétiques, parfois risibles, ces lignes seront cependant un secours appréciable pour ceux qui comme l'auteur se retrouvent un jour « l'esclave d'une chose indéfinissable qui est en train de me détruire et je lui obéis sans résistance. »

« Tomber sept fois, se relever huit », Philippe Labro, Albin Michel, 17 € (En poche chez Folio, 5,6 €)