28/09/2015

BD : Soldats inhumains dans "Drones" au Lombard

 

drones, runberg, Louis, guerre, lombard

La guerre est en pleine mutation. Si certains sont encore à monter des opérations commando avec risque de corps à corps, d'autres préfèrent utiliser toutes les nouvelles technologies pour prendre zéro risque. Les USA sont devenus experts dans cette technique, les nouveaux pilotes ne quittent plus leurs bases aériennes. Ils se contentent de piloter à distance des drones meurtriers. Sylvain Runberg dans « Drones » pousse cette logique à son maximum. Dans un futur proche, la Chine est devenue une poudrière. Les démocraties occidentales profitent du régime de fer pour implanter des usines à bas coût. Le peuple se rebelle et des groupes de libération harcèlent les polices locales. Sous couvert de lutte contre le « terrorisme », les armées européennes mènent des opérations de représailles. Dessiné par Louis, ce premier tome présente surtout les deux principaux personnages de Drones. D'un côté Yun Shao, la rebelle chrétienne, meneuse d'hommes et autonomiste. De l'autre Louise Fernbach, pilote de drone pour l'armée européenne, capable de tuer des dizaines de personnes puis, deux heures plus tard, d'aller chercher ses enfants à l'école. La guerre aseptisée avec des soldats inhumains. Cela fait peur....

 

« Drones (tome 1), Le Lombard, 13,99 €

 

20:11 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drones, runberg, louis, guerre, lombard

22/08/2015

BD : La crème de l’humour en série

17 + 31 + 46 : Les trois séries de cette semaine proposent au lecteur pas moins de 94 albums parus. Soit une bonne centaine si l’on ajoute les hors-séries. Du rire longue durée, avec des auteurs sachant parfaitement se renouveler.

profs, leonard, pierre tombal, erroc, pica, hardy, cauvin, turk, de groot, bamboo, lombard, dupuisLes Profs”, succès éditorial depuis quelques années, accède à un statut supérieur avec le succès de l’adaptation en film. Le second volet des déboires de Gladys, Boulard and Co a attiré des millions de spectateurs. Ils se plongeront avec délice dans ce 17e recueil de gags toujours écrits par Erroc et dessiné par Pica, assisté à l’encrage par Jean Léturgie. Un des thèmes récurrents de cet album est le prochain départ à la retraite de la prof d’anglais. La tyrannique Gladys, toujours en train de hurler et de terroriser de pauvres élèves qui ne demandent qu’à dormir (to sleep en anglais) durant les cours. Au début, elle jubile de quitter ce monde impitoyable. Mais quand elle réalise qu’elle risque de perdre son seul plaisir dans la vie, elle change d’avis et va jusqu’à faire signer une pétition pour retarder son départ. Une BD dans laquelle tout le monde se reconnaît, du cancre au premier de la classe. (Bamboo, 10,60 euros)

profs, leonard, pierre tombal, erroc, pica, hardy, cauvin, turk, de groot, bamboo, lombard, dupuisPierre Tombal” fait partie du cheptel de Raoul Cauvin, prolifique scénariste des éditions Dupuis. Avec Marc Hardy au dessin, ils racontent depuis trente ans les rencontres désopilantes de ce fossoyeur poète, parlant avec la Mort, ses clients et autres promeneurs en pleine reconnaissance de leur dernière demeure. Le dessinateur, très sensible aux courbes des jolies filles, a dû se réjouir de l’arrivée d’un nouveau personnage dans la série. Marie Tombal est la cousine de Pierre. Son joli minois l’aide beaucoup dans son travail. Elle aussi s’occupe d’un cimetière. Une concurrence qui a le don de mettre le héros de très mauvais poil. Histoires courtes ou gags, les situations comiques fusent de partout. Sans doute la série la plus hilarante de Cauvin avec “Les Femmes en Blanc”. (Dupuis, 10,60 euros)

profs, leonard, pierre tombal, erroc, pica, hardy, cauvin, turk, de groot, bamboo, lombard, dupuisLéonard” est le plus ancien de la bande. “Le Génie crève d’écran” est le 46e titre de la série lancée par Turk et De Groot en 1977... Depuis près de 40 ans, le duo multiplie les inventions farfelues et les situations incongrues. Le disciple joue toujours le rôle du souffre-douleur et Léonard celui de l’inventeur totalement dénué de patience. Comme le montre la couverture, il met au point une télévision en relief aux effets immédiats sur le disciple, notamment quand la Miss Météo fait son apparition. On sent quand même une petite lassitude dans les idées, une impression de déjà-vu, malgré les jeux de mots toujours renouvelés. Par contre Turk dessine toujours avec la même précision les décors italiens d’une série qu’il faudrait inventer si elle n’existait pas. (Le Lombard, 10,60 euros)

 

 

 

11/08/2015

BD : Un dessinateur sachant parodier

 

parodie, rodrigue, lombard, XIII, Thorgal, astérix, cubitus

Michel Rodrigue a de la suite dans les idées. Ce dessinateur, expert en style franco-belge, a débuté à la fin des années 80 en participant à un album collectif de parodie d'Astérix. Il a par la suite acquis ses lettres de noblesse en reprenant les aventures de Clifton puis celles de Cubitus. Ce milieu de la BD, il adore et maîtrise à la perfection. Il a donc délaissé, le temps de cet album hors collection, ses personnages préférés pour signer une « parodie » loufoque et bourrée de clins d'œil. Le gros de l'album est le mélange improbable de l'univers de Thorgal et de XIII. L'enfant des étoiles, Thoraxe, adopté par un clan viking, tente de séduire la belle Aarissa. Mais un inconnu débarque un matin, un amnésique, beau comme un dieu et tatoué sur l'épaule d'un énigmatique « XIII & 1/2 » Les deux héros vont s'écharper comme le montre la couverture, parodie elle aussi de l'album d'Astérix, « La zizanie ». Rodrigue n'étant pas avare de caricatures dans ce 46 pages, glisse quelques figures incontournables du 9e art qui en prennent pour leur grade. Alix et Enak, en couple homo aux relations assez troubles, le professeur Tournesol en mode Léonard, Sœur Marie-Thérèse des Batignolles ou Michel Vaillant en preux chevalier. On a même droit à la participation de Dark Vador et du troll Hébus de l'univers de Troy. Un album à lire en deux temps. Premièrement profitez de l'histoire et des dialogues parfois surréalistes, puis reprenez chaque planche et cherchez les « petites bêtes » comme Blacksad, Cubitus ou l'hommage à la série Croisade de Jean Dufaux qui signe la préface de cette désopilante « Parodie ».

« La parodie » de Michel Rodrigue, Lombard, 12 €

 

 

 

07/07/2015

BD : Résistance en culottes courtes

 

ers, dugomier, résistance, guerre, nazis, lombard

Sujet sensible que celui abordé par Dugomier (scénario) et Ers (dessin) : Comment la Résistance est-elle apparue en France ? Si l'appel du 18 juin est une date clé, il n'a pas été entendu par grand monde. En réalité, la Résistance a été inventée par autant de Résistants durant les premiers mois d'occupation allemande. Et comme l'a fait remarquer Germaine Tillion, récemment panthéonisée, « Ce ne sont pas des réseaux qui cherchaient des volontaires mais des volontaires qui cherchaient des organisations. » Un des nombreux documents reproduits en fin d'album dans un dossier pédagogique très riche. En cet été 1940, les troupes allemandes déferlent sur la France. La débâcle laisse un pays aux mains des envahisseurs. L'arrivée de Pétain change la donne. Ce héros national sait parler au peuple. Mais trois jeunes du village de Pontain l'Ecluse ne veulent pas obéir. Ils vont tenter de trouver des moyens pour ralentir les Allemands et surtout ouvrir les yeux aux Français. La meilleure BD sur le sujet depuis très longtemps.

 

« Les enfants de la Résistance » (tome 1), Le Lombard, 10,60 €

 

06/07/2015

BD : Avec Van Hamme, beaucoup, un peu et pas du tout

Scénariste prolifique et abonné aux gros succès éditoriaux, Jean Van Hamme est triplement d'actualité. Omniprésent dans son autobiographie, il n'est que co-scénariste de Rani et simple superviseur de la série XIII Mystery, issue de sa saga imaginée avec Vance.

van hamme, rani, XIII, dargaud, lombard, bamboo, Valles, alcante, colin wilson, giroudComment un ingénieur commercial, promis aux plus hautes fonctions dans la multinationale Philips, se retrouve simple scénariste de BD dans les années 70 ? Ce mystère est en partie résolu dans « Mémoires d'écriture », autobiographie de Jean Van Hamme richement illustrée de quelques dessins inédits ou rares. En fait, quand on lui propose début 1976 le poste de directeur général adjoint de Philips Mexique, il craque : « Je venais d'avoir 37 ans, était-ce là l'avenir dont rêvait l'adolescent que j'avais été ? Allais-je passer à côté de la vie pour laquelle je me sentais fait ? » Il abandonne le confort de son somptueux bureau avec « fauteuil basculant plein cuir » pour l'écriture. Il ambitionne d'écrire des best-sellers. De devenir riche et célèbre... Cela ne se passera pas exactement comme cela, mais au final il vivra bien de sa plume. Et très confortablement. Dans l'ordre, il imaginé Thorgal avec Rosisnski, XIII pour William Vance, Largo Winch avec Philippe Francq. Trois des séries les plus vendues de ces trente dernières années. Il reprend Blake et Mortimer et lance d'autres héros, moins connus mais tout aussi passionnants pour les amateurs de BD de détente comme Lady S ou Wayne Shelton. Le récit de cette vie d'écriture manque parfois un peu de modestie. Les millions d'albums vendus font parfois des dommages collatéraux. Mais Van Hamme n'enjolive pas son histoire. Au contraire, il n'est pas tendre pour quelques confrères qui l'ont pris de haut à ses débuts.

van hamme, rani, XIII, dargaud, lombard, bamboo, Valles, alcante, colin wilson, giroudOn retrouve Jean Van Hamme à la base du scénario de Rani dont le quatrième tome vient de paraître. C'est pourtant Alcante qui est crédité en couverture. Normal, Rani est un feuilleton télé. Ecrit par Jean Van Hamme et donc adapté par son jeune protégé. Marc Vallès au dessin rend Rani encore plus belle que l'originale (l'actrice Mylène Jampanoï). La jeune Française, après avoir été condamnée à mort, a changé d'identité, s'est retrouvée fille de joie en Inde et dans ce quatrième volet tape dans l'oeil du maharaja de Sandrapur. De l'épopée historique, bourrée de rebondissements et de retrouvailles émouvantes.

van hamme, rani, XIII, dargaud, lombard, bamboo, Valles, alcante, colin wilson, giroudPar contre Jean Van Hamme n'est pour rien dans le 8e volet de la série dérivée « XIII Mystery ». Il se contente de choisir les duo qui vont donner un prolongement aux existences des personnages secondaires de l'univers du célèbre amnésique. Martha Shoebridge, l'ancien médecin alcoolique qui a soigné XIII dans le premier album, avait déjà croisé la route du président Sheridan. Frank Giroud signe le scénario, Colin Wilson le dessin. Martha, jeune médecin, a le malheur de tomber amoureuse de ce jeune loup d ela politique. Il va honteusement profiter d'elle pour régler un petit problème. Ça la détruira.

« Mémoires d'écriture », Bamboo, 15,90 euros

« Rani » (tome 4), Le Lombard, 14,45 euros

 

« XIII Mystery » (tome 8), Dargaud, 11,99 euros

 

23/06/2015

BD : Ric Hochet, même pas mort !

 

ric hochet, tibet, duchateau, zidrou, van liemt, lombard

 

Les héros de BD peuvent-ils survivre à leurs créateurs ? Cette question revient régulièrement en fonction des disparitions des grandes gloires de la BD. Quand Tibet, dessinateur de Ric Hochet, meurt soudainement, l'aventure en cours n'est pas terminée. Elle sera publiée en l'état, avec simplement le scénario d'André-Paul Duchâteau pour savoir qui a tué (le principe de toutes les enquêtes du jeune et impétueux journaliste). Quelques années plus tard, le reporter de la Rafale est de retour pour des enquêtes développées sous la houlette de nouveaux auteurs. Zidrou se charge du scénario et Van Liemt du dessin. Un pari risqué car tout en conservant l'esprit d'origine, il est clairement demandé aux nouveaux venus de moderniser et dépoussiérer une recette efficace durant de longues décennies mais aujourd'hui complètement obsolète pour ne pas dire ringarde. Certains puristes vont hurler au sacrilège, mais finalement voir Ric en slip et Nadine entièrement nue est une évidence qu'on ne pouvait plus nous cacher. Quant au méchant de ce retour, c'est un revenant aussi. Mais il ne faut pas trop en dire...

 

« Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet » (tome 1), Le Lombard, 12 €

 

01/06/2015

BD : Benoît Brisefer en Afrique

 

brisefer, peyo, culliford, garray, lombard

Depuis la mort de Peyo, tous ses personnages ont retrouvé une seconde jeunesse sous la houlette de son studio. Beaucoup de Schtroumpfs, quelques Johan et Pirlouit et malheureusement de trop rares Benoît Brisefer. Plus de dix ans après le 13e titre de la série, place au 14e qui se déroule en grande partie en Afrique noire, celle qui ressemble tant aux anciennes colonies belges. Au scénario, comme d'habitude, Thierry Culliford (fils de Peyo) reprend quelques personnages imaginés par son père. Le dessin de Pascal Garray est classique, même s'il manque ce minimum de personnalité qui a permis à Walthéry de supporter la comparaison avec son maître. Benoît est en vacances. Il s'ennuie. Par chance, son ami chauffeur de taxi gagne un voyage en Afrique. Un safari au Mulundi, petit pays célèbre pour sa faune sauvage. Benoît sera du voyage. Dans l'avion il tombe sur Tonton Placide, le musculeux garde du corps chargé de la sécurité du président. Dans la savane et la forêt, ils croiseront la route du mystérieux gorille blanc. Ainsi que celle de braconniers. Simple et amusante, cette aventure de 52 pages pourrait relancer cette série injustement oubliée.

« Benoît Brisefer » (tome 14), Le Lombard, 10,60 €

 

 

 

10:05 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brisefer, peyo, culliford, garray, lombard

07/05/2015

BD : Les dilemmes de Louve

 

louve, throgal, van hamme, Surzhenko, Yann, Lombard, rosinski, aaricia,

Louve, fille de Thorgal et Aaricia, est la vedette de sa propre série dérivée. La petite viking a une double personnalité. L'humaine, gentille et aimante, espérant sans cesse le retour du père absent, et l'animal, méchant et hargneux, rejetant ce monde des humains si ingrat. Si au départ, le passionné de BD a suspecté la simple opération commerciale (multiplier les séries pour augmenter les ventes...), il a dû rapidement constater que finalement le « spin-off » vaut largement l'original. Côté scénario, Yann a parfaitement exploité les talents de Louve. Elle comprend le langage des bêtes et en profité dans ce tome 5 pour renforcer son amitié avec un petit singe perdu dans les froides forêts du Nord. Au niveau du dessin, Surzhenko dessine comme Rosinski, du temps où l'artiste polonais maniait encore la plume et l'encre de Chine. De la très haute qualité. Quant à l'intrigue, elle bénéficie de personnages secondaires originaux comme cette louve devenue humaine ou ce Skald qui donne son nom au tome 5, géant taciturne aux pouvoirs immenses.

« Les Mondes de Thorgal, Louve » (tome 5), Le Lombard, 12 €

 

 

 

15/04/2015

BD : Dieux en galère

 

dieux, prométhéens, herzet, henscher, lombard

On a tous des souvenirs de mythologie appris au collège. Les dieux grecs et romains, pour beaucoup, ressemblaient à des héros de merveilleuses histoires. Un formidable terreau que les scénaristes font fructifier au gré de leurs inspirations. Henscher et Herzet, les auteurs des « Prométhéens » ont révisé leurs classiques pour imaginer une suite à la chute de l'Olympe. L'idée de la série est résumée en couverture : « Jadis, les Dieux de l'Olympe étaient craints, aujourd'hui ils sont traqués ». Le chasseur c'est Thymos. Il cherche à venger sa mère. Les proies ce sont ces dieux qui ont dû abandonner leur immortalité pour redescendre sur terre. Certains se cachent, d'autres profitent des plaisirs, tous sont en danger. Poséidon, dieu de la mer, tombe dans les filets de Thymos. Il est exécuté et sa tête rejoint la salle des trophées. Zeus, très affaibli, est affecté par la perte de son frère. Il décide de demander de l'aide aux héros que sont Ulysse et Jason pour mettre hors d'état de nuire Thymos. Passionnante, cette BD réactualise des ressorts connus de tous. Hermès est sage, Dionysos une outre à vin, Héra une femme dure et impitoyable, Apollon un prétentieux. Une modernisation du mythe qui passe aussi par le dessin nerveux et précis de Rafa Sandoval.

 

« Les Prométhéens » (tome 1), Le Lombard, 13,99 €

 

28/11/2014

BD : Sisco au centre de magouilles diplomatiques

 

sisco, benec, legrain, lombard

Certaines séries semblent se bonifier au fil des épisodes. Exemple flagrant avec Sisco, écrite par Benec et dessinée par Thomas Legrain. Une amélioration nette du côté de ce dernier. Dessinateur réaliste, il parvient à trouver son style, entre la rigueur d'un Francq et l'élégance d'un Gillon. Côté scénario aussi l'intrigue, plus épurée, rejoint parfois l'efficacité d'un Desberg.

Sisco, ancien responsable de la sécurité du président de la République, homme de l'ombre habitué aux basses œuvres nécessitées par le secret d'état, est de plus en plus sur la sellette. Il se trouve soupçonné d'avoir fomenté un projet d'assassinat pour les services secrets indiens. Si toute la police française, officielle comme secrète, est lancée à ses trousses, lui doit absolument découvrir qui tire les ficelles dans l'ombre et tente de lui faire porter le chapeau. Violent et palpitant, ces 46 pages se lisent d'une traite, avec l'apparition d'un « méchant » qu'on aimerait revoir dans les prochains épisodes.

 

« Sisco » (tome 8), Le Lombard, 12 €

 

08:07 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sisco, benec, legrain, lombard

07/10/2014

BD : Mutins des tranchées

poilus, guerre, dorison, herzet, babouche, lombard

En 1917, cela fait déjà trois ans que les soldats français se font trouer la peau dans les tranchées. Le moral des troupes est au plus bas. Les gradés, bien au chaud à l'arrière, se moquent du désespoir grandissant des Poilus. La révolte gronde. Elle prend la forme d'une pétition. Un texte pour que le peuple connaisse la réalité du front. Cette histoire, en partie authentique, est écrite par Dorison et Herzet, deux des plus brillants jeunes scénaristes actuels. Le premier a Long John Silver ou WEST à son actif, le second s'est révélé dans La branche Lincoln. Pour dessiner cette histoire entre cavale dans la campagne bucolique et scènes d'horreur sous les obus, ils ont fait confiance à Cédric Babouche. C'est son premier album, mais c'est déjà un grand professionnel. Passé par l'école d'art Olivier de Serres à Paris, il est professeur de BD et d'animation à l'école Émile Cohl. Ses illustrations en couleurs directes, un peu impressionnistes, apportent beaucoup à l'ambiance du récit.

 

« Le chant du cygne » (tome 1), Le Lombard, 14,99 €

 

15/09/2014

BD : Magique Islande à travers la "Saga Valta"

 

saga valta, dufaux, aouamri, lombard, islande

Le second album de la série « Saga Valta » de Dufaux et Aouamri s'ouvre sur une préface du scénariste. Jean Dufaux s'excuse auprès des lecteurs. Prévue en deux tomes, cette histoire de guerrier islandais en comptera finalement un peu plus... « Je crois dominer mon récit et c'est le récit qui s'ouvre, s'amplifie sans me demander mon avis. » Franchement, que Jean Dufaux se rassure : on ne lui en tient pas compte. Bien au contraire. Cette saga est de la veine des best-sellers et le lecteur ne sera jamais rassasié. D'autant que le dessin de Mohamed Aouamri est de plus en plus flamboyant et abouti. Valgar de Valta est donc vivant et son épopée pourrait se prolonger à l'image de son illustre ancêtre, Thorgal. Le second tome permet au lecteur de découvrir la sœur de Hildegirdd, la maîtresse de Valgar. Sosjia au noir manteau est une redoutable sorcière. Elle vit recluse dans un château au delà des terres mortes en compagnie de sa horde de chiens et de son fils, l'impétueux Hanserr. De son côté, Valgar poursuit toujours son but : récupérer la femme qu'il aime, la belle et jeune Astridr. Il va demander de l'aide à Njall-le-Brûlé, un valeureux chef. Valgar lui sauvera deux fois la vie, même si dans l'aventure il perd sa lance magique...

 

« La saga Valta » (tome 2), Le Lombard, 14,45 €

 

09/09/2014

BD : Les cancres aussi prennent des vacances

 

ducobu, boulard, pica, erroc, mauricet, godi, zidrou, lombard, bamboo

Dans ce duel de cancres de la bande dessinée, l’élève Ducobu l’emporte sur Boulard par son ancienneté. Côté résultats aussi il est le plus performant. Il est définitivement abonné au zéro alors que Boulard parvient à sauver les meubles en obtenant, au mieux, un 2 sur 20. Mais l’un comme l’autre sont parfaits pour nous faire rire de leur ignorance crasse. Boulard est un des personnages des Profs, série imaginée par Erroc et Pica. Pour ce “spin-off” de la série vedette des éditions Bamboo, c’est Mauricet qui officie seul au dessin. Boulard éternellement en retard, amoureux transi de la belle et inaccessible Chloé et champion de l’excuse moisie pour justifier, dans le désordre, un devoir non fait, une absence inexplicable ou l’oubli de ses affaires de classes. Moderne, il ne craint véritablement qu’une chose : la coupure de la liaison internet.

ducobu, boulard, pica, erroc, mauricet, godi, zidrou, lombard, bamboo

Moins actuel et branché, l’élève Ducobu de Godi et Zidrou, fait plus dans la poésie et le comique de répétition. Ducobu, gros cancre au tricot de forçat et qui semble redoubler éternellement, a deux ennemis : l’instituteur Latouche et cette peste de Noémie. Le premier veut encore et toujours le piéger avec une dictée pleine de mots improbables, la seconde passe son temps à l’empêcher de copier. Pourtant, cela ne lui coûterait pas grand-chose d’aider le dernier, elle qui est toujours première. Ce 20e recueil de gags et d’histoires complètes s’ouvre par une jolie histoire animalière. Pendant que les enfants apprennent (Ducobu dort lui...), les petits animaux prennent possession de la cour de récréation. C’est un peu une mise en bouche pour la sortie, en septembre, du nouvel album de Chrorophylle, le loriot imaginé par Macherot et repris par Godi et Zidrou. Vous pourrez même lire les cinq premières pages en bonus de cet album de Ducobu.

« Boulard » (tome 2), Bamboo, 10,60 €

 

« L’élève Ducobu » (tome 20), Le Lombard, 10,60 €

 

09/08/2014

BD : Playmate à vif

miss octobre, desberg, californie, playboy, queireix, lombard

Mais qui a décidé de violer, tuer et lacérer au couteau de jeunes Américaines, tellement belles qu'elles pourraient toutes poser pour Playboy ? Le troisième et dernier tome de « Miss Octobre », écrit par Desberg et mis en images par Queireix donne enfin toutes les explications au lecteur impatient. L'assassin, dont on ne voit le visage que dans les deux dernières planches, tue une nouvelle fois. Et la prochaine sur la liste est Viktor Scott, la fille d'un riche promoteur de Los Angeles. Sourde, elle est de plus amnésique depuis qu'elle a subi une tentative de viol dans sa chambre. Elle se sent menacée et demande à une ancienne prostituée mexicaine devenue détective de surveiller ses arrières. Cette dernière est également la maîtresse du lieutenant Clegg Jordan, chargé de l'enquête. Il se dispute le leadership avec l'inspecteur Ariel Samson, lui-même amant de Mme Jordan... Un joli imbroglio dans l'Amérique des années 60, bel hommage aux romans et films noirs de la grande époque. Queireix, au dessin prend beaucoup de plaisir à dessiner les courbes des jolies Américaines... femmes comme voitures.

« Miss Octobre » (tome 3), Le Lombard, 12 €

 

 

 

23/07/2014

BD : Orphelins manipulés dans la "Hell School"

ers, dugomier, hell school, lombard

Une île au large en Méditerranée, une école de l'élite, des professeurs brillants, des élèves triés sur le volet. Mais que se passe-t-il exactement dans cette fabrique de l'élite ? Ers et Dugomier, dans leur série judicieusement intitulée « Hell School », ont planté le décor dans le premier tome. Ils ont développé l'intrigue dans le second et proposent une fin assez déconcertante dans cette troisième et dernière partie. Dans ce pensionnant, tout le monde a droit à plein d'égards. Sauf les « bâtards », les orphelins placés dans cette institution privée et très coûteuse, comme pour se donner bonne conscience. Pour Bastien, Hina et Boris, c'est véritablement l'enfer. Mais Bastien, le plus rebelle, parvient à se faire la belle. Il va tenter de découvrir ce qui se cache derrière cette éducation à la violence. Car sous couvert de bizutage, le chef de la confrérie d'étudiants (un peu à la mode américaine) a tué un élève. Un bâtard, évidemment... Hina et Boris mènent enquête dans les archives de l'école, Bastien se met à la recherche des familles d'accueil de tous les orphelins passés par l'école. Il va remonter jusqu'à un certain Mennert, richissime philanthrope aux méthodes trop belles pour être honnêtes.

 

« Hell School » (tome 3), Le Lombard, 10,60 €

 

07:38 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ers, dugomier, hell school, lombard

29/06/2014

BD : Foot ou fric, il faut choisir

irs team, desberg, bourgle, koller, lombardLes amateurs de beau jeu, d’incertitude du sport, de Pierre de Coubertin et autre jolie fable ne doivent pas s’approcher de cette série écrite par Stephen Desberg. Larry Max, le héros, agent des impôts américain, tente de découvrir comment de l’argent sale est blanchi dans le milieu du ballon rond. Une enquête de longue haleine dont les deux dernières parties paraissent simultanément. Un album dessiné par Koller, un autre par Bourgne et c’est toutes les illusions des fans qui s’envolent. Larry poursuit plusieurs lièvres à la fois. D’un côté il se penche sur les trafics d’influence au sein de la fédération mondiale, de l’autre il enquête sur les agents des joueurs et enfin il relie tout cela avec les sociétés de paris de ligne. De l’ancienne mafia (italienne) à la nouvelle (chinoise), il se rend compte qu’il n’a pas beaucoup de marge de manœuvre. En fait le système est gangrené de haut en bas. Pour faire tomber des têtes, il va devoir déclencher une guerre fratricide entre toutes les factions. Le Mundial vient de débuter depuis trois jours. Dans la série, la prochaine coupe du Monde est attribuée à l’Inde. Les opérations immobilières décrites dans la BD ont de fortes similitudes avec la réalité, en Amérique du Sud. Alors avant de vous enflammer pour les exploits de tel ou tel joueur, dites-vous bien que tout cela n’est qu’une gigantesque machine à fric. Et que les gagnants ne sont pas toujours ceux que l’on croit....

 

« IRS Team » (tomes 3 et 4), Le Lombard, 12 euros.

 

07:26 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irs team, desberg, bourgne, koller, lombard

07/06/2014

BD: "Golden dogs", les voleurs trahis

 

golden dogs, desberg, londres, griffo, lombard

Quatre voleurs. Quatre experts dans leur spécialisation. Orwood est le cerveau, Fanny la belle prostituée qui conquiert les cœurs et les secrets, Lario le castrat transformiste et Lucrèce, sa compagne. Seuls, ils sont vulnérables, unis, ils deviennent les irrésistibles « Golden dogs ». Dans le Londres de la fin du 19e siècle, ils sont sur le point de réaliser un énorme coup. Les trafics de drogues sont en plein essor. L'argent coule à flot et est très tentant. Mais impossible de dérober la recette. Donc les quatre s'attaquent à la matière première. Cela met en colère les malfrats et la police londonienne. Cette série écrite par Desberg (omniprésent en cette fin mai avec trois autres albums, deux IRS Team et Miss Octobre) et dessinée par Griffo, après les aventures en commun, s'intéresse aux différents membres du quatuor. Fanny est la vedette de ces 56 pages. Après la dissolution des Golden Dogs, elle parvient à fuir à Paris. Elle devient une célèbre courtisane. Retrouvée par la police britannique, elle se réfugie en Espagne et séduit un riche hidalgo. Ils s'installent au Mexique. Plus qu'une histoire d'amitié, c'est une véritable saga que les auteurs proposent aux lecteurs.

 

« Golden Dogs » (tome 2), Le Lombard, 14,45 €

 

01/05/2014

BD : Gargamel amoureux

schtroumpfs, peyo, culliford, jost, lombard

Les Schtroumpfs n'en peuvent plus. Il ne se passe pas un jour sans que Gargamel, le méchant sorcier ne tente de les capturer. Ils décident donc d'agir après avoir surpris un monologue du triste sire. Il se sent seul. Personne à qui parler. Voilà la solution : lui trouver une gentille femme pour calmer ses ardeurs guerrières. Sur cette intrigue minimale, Alain Jost et Thierry Culliford, les scénaristes fidèle au monde de Peyo, signent une histoire complète enlevée et plaisante, avec en vedette un Gargamel comme on ne l'a encore jamais vu. Après un premier rendez-vous arrangé avec une jolie paysanne (qui se passe très mal, tous les goujats devraient en prendre de la graine), le sorcier tombe sous le charme d'une certaine Roxana. Brune ténébreuse, herboriste, elle s'intéresse beaucoup aux grimoires. Discuter avec un sorcier est pour elle une aubaine. Alors, Gargamel va-t-il conclure ? Ne rêvez pas ! Tous les efforts des Schtroumpfs vont se heurter à un obstacle infranchissable : la mère de Gargamel, l'acariâtre belle-mère par excellence.

 

« Les Schtroumpfs » (tome 32), Le Lombard, 10,60 €

 

08:19 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : schtroumpfs, peyo, culliford, jost, lombard

20/03/2014

BD : Hacker dans le temps

 

section infini, queyssi, tocchini, lombard

La curiosité d'Edgar Cadès, jeune génie de la physique quantique et hacker à ses heures perdues risque de le perdre. Alerté sur la recrudescence de micro séismes dans le secteur du bois de Vincennes, il se rend sur place en compagnie d'un ami, armé d'une caméra numérique, toujours à l'affût de phénomènes inexpliqués. Là, il découvre un bosquet gelé (alors que la température ambiante est largement supérieure à 20°) et un groupe d'hommes, nus et tatoués. Ces derniers, en le découvrant, l'attaquent immédiatement. Il ne doit son salut qu'à l'intervention des membres de la section infini. Le prologue de la série écrite par Laurent Queyssi et dessinée par Tocchini plonge rapidement le lecteur dans cette histoire de course dans le temps. Les hommes nus, des pirates, vont du futur au passé et luttent contre cette cellule secrète en action depuis un siècle et dont la direction est occupée par l'arrière petite-fille de la première victime des pirates. Outre son intrigue prenante, cette BD vaut par le dessin de Tocchini. Élégant, tout en mouvement et lignes de force, il fait parfois penser à Poïvet voire Gillon, autres experts en histoires de naufragés du temps.

 

« Section infini » (tome 1), Le Lombard, 13,99 €

04/03/2014

BD : Argent puant dans "Hedge Fund"

 

hedge fund, sabbah, roulot, hénaff, finance, lombard

Inspiré des souvenirs de Philippe Sabbah, banquier et co-scénariste, la série « Hedge Fund » ne vous réconciliera pas avec le capitalisme s'il vous fait horreur. Sabbah a parfaitement connu ce milieu de traders et hommes d'affaires qui manient les millions comme d'autres des pièces de 1 euro. Avec l'aide de Tristan Roulot il a romancé cette histoire de jeune loup prêt à tout pour s'imposer dans un monde impitoyable. Il fallait un dessinateur réaliste pour cette série. Patrick Hénaff se charge parfaitement de la mission, alternant open space, villas luxueuses et boites de nuit branchées. Franck Carvale, jeune Français, exilé à Hong Kong pour cause de faillite à Paris, vivote en vendant des assurances retraite peu rémunératrice. En rencontrant un certain Bilkaer, il met le pied dans ce système des hedges funds, abomination capitalistique qui rapporte gros aux plus joueurs... et immoraux. Grâce à des explications claires et simples, on a presque l'impression de se retrouver dans la peau de Carvale. Cela peut donner envie à certains. Faire vomir d'autres. Un premier tome épatant qui annonce une suite encore plus palpitante.

 

« Hedge Fund » (tome 1), Le Lombard, 12 €