15/02/2014

BD : Collision d'égos à Whaligoë

 

Whaligoë, romantique, écosse, yann, augustin, casterman

On n'arrête plus Yann. Le scénariste des Innommables multiplie les projets. Sans distinction de maison d'édition. Cette fois c'est chez Casterman (d'ici à ce qu'on lui propose la reprise de Tintin qui se murmure de plus en plus...) qu'il imagine les péripéties d'un couple improbable en plein romantisme du 19e siècle. Douglas est un dandy, érudit et poète. Speranza, sa maîtresse, est aussi belle que dépendante à la drogue, du laudanum en l'occurrence. Ils sont bloqués à Whaligoë, petite bourgade écossaise. Douglas tente de découvrir qui se cache derrière le pseudonyme d'Ellis Bell, écrivain dont la première publication est d'une extraordinaire beauté. Un certain Branwell, brute épaisse, vulgaire et illettrée, prétend être cet écrivain promis à un bel avenir. Douglas ne le croit pas et le défie en duel. La dernière partie de ce diptyque dessiné par Virginie Augustin permet à Yann de pondre quelques vers et allégories que Chateaubriand ne renierait pas. Car décidément, l'ancien trublion des Hauts de page de Spirou sait tout faire.

 

« Whaligoë » (tome 2), Casterman, 13,50 €

 

21/01/2014

BD : Braquage et conséquences dans "Succombe qui doit"

 

ozanam, rica, polar, kstr, casterman

« Succombe qui doit », BD de Ozanam (scénario) et Rica (dessin) a des airs de thriller à la Tarantino. Quatre jeunes braquent une banque. Cela tourne mal. Ils trouvent refuge dans une casse auto. L'un d'entre eux est blessé. Sur place, il n'y a que José, le patron. Un ancien boxeur très désabusé. Ce huis-clos va aller crescendo dans la violence. Entre le blessé qui agonise, sa copine qui pique une crise de nerf et un des braqueurs qui se la joue de plus en plus « exterminateur », le sang coule, gicle même. Pour couronner le tout, José ne se laisse pas faire. Ses anciens réflexes de frappeur font des dégâts, mais cela ne suffit pas. Viendront pour compliquer encore les choses les sbires du commanditaire du braquage et un journaliste curieux, persuadé que raconter la déchéance de Laser Joe, roi de l'uppercut lui fera gagner des lecteurs. C'est violent. Surprenant aussi, Ozanam parvenant dans un rebondissement parfaitement amené à redistribuer les cartes entre « méchants », « très méchants » et « odieux »...

 

« Succombe qui doit », Casterman, 18 €

 

10:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ozanam, rica, polar, kstr, casterman

19/12/2013

BD : La vraie Médée selon Blandine Le Callet et Nancy Pena

le callet, pena, médée, mythologie, grèce, colchide, casterman

Médée fait partie de ces figures mythologiques réduites à deux ou trois événements. D'elle on connaît la mère qui tua ses enfants et la magicienne qui aida Jason à conquérir la toison d'or. Mais le personnage est beaucoup plus vaste et complexe. Ce que se sont essayées de raconter la romancière Blandine Le Callet et l'illustratrice Nancy Peña. Le premier tome permet au lecteur de découvrir l'enfance de Médée. Cette petite fille, très garçon manquée, joue dans les vastes jardins de son père, Aiétès, le roi de Colchide. Ce dernier se désespère car son seul descendant mâle, le jeune Absyrtos, est frêle et malade. Médée ferait une reine parfaite, mais à cette époque, les femmes brodent, les hommes guerroient. Médée, adolescente, deviendra disciple de la déesse Hécate. Elle y apprendra la magie et le secret des plantes, salvatrices ou mortelles. Dessin épuré et élégant pour une histoire toute centrée sur les interrogations d'une jeune femme, partagée entre son désir de liberté, sa soif d'apprendre et le poids de la famille. Car Médée, en plus d'être fille de roi, est petite-fille de Dieu et nièce de magicienne.

 

« Médée » (tome 1), Casterman, 15 €


27/11/2013

BD : Sokal envoie son canard à la mer

canardo, sokal, mérou, tropiques, tourisme, casterman

Canardo enchaîne les enquêtes avec une régularité de chronomètre depuis une dizaine d'années. Le canard détective privé, anti-Donald de légende, n'a pourtant pas l'intention de se remettre à travailler. Il a accepté de garder son neveu, Marcel, adolescent à la langue bien pendue, pendant les vacances chirurgicales de sa sœur et de son mari (il vient de lui payer une nouvelle poitrine dans une clinique aux Seychelles...). Notre héros va devoir cependant partir en urgence au Koudouland, île paradisiaque mais où des terroristes viennent d'enlever la femme d'un riche entrepreneur immobilier. Il rejoint donc pour les rivages du lagon d'un célèbre mérou à pois rouge au centre d'une polémique internationale. Un peu plus décousue et moins sombre que les précédents albums, cette enquête de Canardo semble marquer un tournant dans la série. Carrément en retrait, Canardo est comme absent. Le vieux canard en a marre de l'aventure. Et franchement il ne supporte pas cette chaleur. Vite, que Sokal son créateur le remettre dans les brumes et pluies glacées du Belgambourg...

 

« Canardo » (tome 22), Casterman, 10,95 €


10/10/2013

BD : Conflit global dans UW2 de Bajram

universal war 2, uw2, bajram, casterman, soleil

Entre 1998 et 2006, Denis Bajram a conté en six volumes denses les grands épisodes du la première guerre universelle. « UW1 » (Universal War 1) a tenu en haleine des milliers de lecteurs. Le cycle terminé, tous espéraient que Bajram se remette au travail. Il a pris le temps de vivre un peu, s'est détendu la main dans d'autres projets et a finalement accepté de se lancer dans le chantier gigantesque et tant attendu de « Universal War 2 ». Nouveaux personnages, nouvelle époque et nouvel éditeur, Casterman récupérant ce qui s'annonce comme une des meilleures ventes de la rentrée. La terre détruite, les derniers humains ont été déplacés sur Mars par la civilisation Kalish. Des Humains toujours aussi râleurs et mécontents, dénonçant colonisation et esclavage. Les Kalish, si intelligents qu'ils en deviennent hautains et méprisants, se retrouvent une nouvelle fois face à une menace inconnue. Des triangles noirs sortent du soleil, l'anéantissant en quelques heures. Sur une planète vouée à la glaciation, le lecteur suit les doutes et révoltes de Théa, fille des héros d'UW1. Attention, claque graphique assurée !

 

« Universal War 2 » (tome 1), Casterman, 12,95 €


28/09/2013

BD : la vengeance absolue made in Vautrin et Moynot

vautrin, moynot, malet, burma, bordeaux, casterman

Emmanuel Moynot, après trois aventures de Nestor Burma, délaisse Léo Malet pour Jean Vautrin. Avec un point commun : une noirceur absolue du récit. Mais là où Malet donnait toujours une chance à Burma, régulièrement tabassé mais toujours vivant à la fin du roman, Vautrin est beaucoup plus expéditif pour ses personnages. Les cadavres tombent comme des PV sur vos pare-brises après la publication d'une circulaire du ministère de l'Intérieur réclamant de « meilleurs résultats ». François-Frédéric, bon chic bon genre, vient de passer trois années en prison. Abus de biens sociaux. Il a porté le chapeau pour son beau-père. Qui pour le remercié lui a piqué sa fiancée. C'est peu dire que François-Frédéric est colère. Il achète un flingue et décide d'assassiner sa vie : tuer froidement tous ceux qui l'ont côtoyé. Cela va de la vieille servante à sa première femme en passant, bien sûr, par le beau-père. 100 pages hyper violentes, avec heureusement une intrigue secondaire pour « adoucir » le récit.

« L'homme qui assassinait sa vie », Casterman, 18 €


 

 

27/07/2013

BD : les voleurs planétaires de Jake Raynal

cambrioleurs, jake raynal, casterman

Il y a voleur et voleur. Ruben, Elias et Prev, un trio originaire des Balkans, survit en France en cambriolant des villas cossues. D'autres volent plus gros. Comme le responsable d'une organisation de redistribution d'aides alimentaires internationales. Il détourne des millions de dollars destinés à la reconstruction de la Somalie après la guerre civile du début des années 2000. Embauchés par des Africains, Ruben et sa bande vont tenter une première incursion dans l'hôtel particulier parisien de l'escroc. Ils tombent nez à nez avec sa collection d'animaux empaillés. Girafe, rhinocéros et léopards. Ces derniers, par la magie africaine, s'animent et font fuir les cambrioleurs. Mais ce n'est que partie remise.

La seconde partie de cette série très réaliste de Jake Raynal porte un regard désabusé sur notre société. Il semble que l'argent n'existe que pour permettre aux malhonnêtes de donner libre cours à leur soif de pouvoir. Le zeste de fantastique concourt à rendre inclassable cette BD définitivement atypique.

 

« Cambrioleurs » (tome 2), Casterman, 13,95 €


10/06/2013

BD : Les jolis souvenirs d'Ardalèn de Miguelanxo Prado

ardalen, prado, casterman

Une méduse flottant dans une cuisine, des baleines surgissant de l'orée de la forêt, une fée et son coquillage, un naufragé... Miguelanxo Prado a vu très grand dans son dernier roman graphique. Plus de 250 pages en couleurs directes, fourmillant de détails et d'invention. Un long poème sur les souvenirs et la transmission.

Sabela, une jeune femme en plein doute privé et professionnel, se rend dans un petit village de Galice. Elle cherche des traces de son grand-père, disparu dans les années 30. Il aurait rejoint Cuba. Seule piste, Fidel, surnommé le Naufragé. Lui aussi est passé par Cuba. Aujourd'hui c'est un vieil homme seul avec ses fantômes. Sabela et Fidel vont s'apprivoiser, se comprendre, s'aider.

Beau et émouvant.

 

« Ardalén », Casterman, 24 euros


07:31 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ardalen, prado, casterman

03/05/2013

BD : La Beauce brulante du "Canicule" de Vautrin et Baru

Vautrin, Baru, Canicule, casterman

Classique du roman noir, « Canicule » de Jean Vautrin est un texte lumineux sur le côté sombre de l'âme humaine. Rendu célèbre grâce à son adaptation au cinéma, le polar va gagner de nouveaux fans avec cette transcription ne BD par Baru. Dessinateur de la banlieue et des milieux ouvriers, Baru quitte son monde de prédilection pour la blondeur d'un été sur la Beauce. Au milieu des blés, dans un corps de ferme, l'arrivée d'un malfrat et de son butin va révolutionner la petite communauté. Le père sadique et autoritaire, l'oncle débile, la fille nymphomane, la mère aigrie : personne n'est normal. Chim, le gamin, battu, voit lui aussi l'arrivée du gangster américain comme une chance à ne pas rater. C'est noir, sans concession, vrai. Baru est fidèle à l'œuvre, éclaircissant ses couleurs directes pour mieux éblouir le lecteur.

« Canicule », Casterman, 18 €


08:36 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vautrin, baru, canicule, casterman

07/04/2013

BD : Deux détectives

marion mouse, lisa mandel, brune platine, détectives, kstr, casterman

L'une est maigre et taciturne. L'autre volubile et bien en chair. La première s'appelle Brune. La seconde Platine. Cela donne le duo improbable de Brune Platine, détectives privées et héroïnes de cet album de BD écrit par Lisa Mandel et dessiné par Marion Mouse. Platine ne refuse jamais des affaires. Même quand sa collègue est réticente. C'est le cas dans la demande de cette jeune fille à la recherche de son père. Il y a 15 ans, ce médecin a disparu du jour au lendemain. Envolé, avec toutes les économies de la famille. Aujourd'hui, une vieille plaie s'est rouverte et la jeune femme engage ces détectives d'un genre nouveau pour le retrouver. Si Platine travaille beaucoup en restant derrière son bureau, Brune aime aller sur le terrain. Elle va rencontrer les rares connaissances du disparu, explorer par procuration son passé, ses secrets, et remonter jusqu'à un séjour dans un pays des Balkans, quand il était militaire pour l'ONU. Elle s'y rend en compagnie de la cliente. Pour son plus grand malheur. Une histoire noire, de sang et de mort, au final terrifiant.

« Brune Platine », Casterman, 13,95 €


04/04/2013

BD : "Pacifique", tout un océan à lire

pacifique, trystam, Baudy, Casterman, guerre, livre

A la fin de la seconde guerre mondiale, nombre de sous-marins allemands, privés de commandement, ont continué un combat inutile. Pacifique de Trystam et Baudy raconte les derniers ronds dans l'eau d'un U-boat nazi. Lassitude de l'équipage, folie du commandant : tout est réuni pour que la crise éclate. C'est l'arrivée d'un nouveau radio, à peine sorti de l'adolescence, qui va tout déclencher. Il a dans son bagage un livre interdit. Un roman qui fait rêver, éveille les consciences. Cette BD, format à l'italienne, flirte avec le fantastique. Un huis clos oppressant, des couleurs angoissantes : tout pour transformer cette dernière plongée en long cauchemar.

« Pacifique », Casterman, 15 €


31/03/2013

BD : Entraide fasciste

odessa, dufranne, peka, casterman, argentine, collabos

La seconde guerre mondiale, en Europe, a coupé la France en deux. On oublie trop souvent que durant les années d'occupation, une importante partie de la population française, au lieu de choisir la Résistance, a été fidèle au gouvernement officiel, celui de Pétain. Un choix parfois motivé par la politique. Ainsi à l'époque, la peur du communisme a poussé de nombreux citoyens dans les bras de partis nationalistes. Et beaucoup ont même fait le forcing pour s'engager dans le combat pour prêter main forte aux nazis dans leur conquête de Moscou. Michel Dufranne ouvre ce dossier noir dans « Odessa », série complète en deux volumes.

Un résistant part à la recherche de son frère, supposé disparu sur le front de l'Est alors qu'il portait l'uniforme vert de gris. Il va plonger dans ces milieux fascistes, très efficaces quand il a fallu « exfiltrer » certaines têtes pensantes vers l'Amérique latine.

De Bruxelles aux plaines russes en passant par la pampa argentine, un périple peu glorieux illustré par Peka, dessinateur au trait très comparable à celui de Kas.

« Odessa » (tomes 1 et 2), Casterman, 12,95 € chaque volume


13/03/2013

Chronique : Les bonus de Lastman, BD de Vivès, Balak et Sanlaville chez Casterman

lastman, delitoon, casterman, vivès, balak, Hitomi Tanaka

Face au numérique, l'édition classique n'a pas dit son dernier mot. Il faut innover pour exister. Aujourd'hui les libraires sont inondés d'exemplaires de Lastman, une BD de trois jeunes auteurs, Bastien Vivès, Balak et Mickaël Sanlaville. Ils ont relevé le challenge des mangakas japonais : 20 pages par semaine. Et comme il n'existe pas de revue de prépublication, c'est en ligne, sur le site de Delitoon, que ce combattant taciturne fait ses premiers pas. L'album complet est publié alors que les internautes en attendent encore la fin sur le net. Une prime au papier qui propose également des bonus. Dans une édition collector, sous pochette argentée comme les images Panini, on découvre un sticker original. 

Les éditions Casterman multiplient les appels pour populariser la BD. Des présentoirs personnalisés dans les librairies et même la diffusion sur le net d'un making-of hilarant. Les dessinateurs étant également de très bons acteurs (au moins du niveau des participants aux téléréalités), ils mettent en scène leur collaboration. Enthousiasme, tension, dispute, pression de l'éditeur : on s'y croirait. L'arrivée d'un coach japonais remet un peu d'ordre dans tout cela. Et quel coach ! Hitomi Tanaka, experte en apaisement de relations de travail, crève l'écran. En deux sourires et un décolleté plongeant, la pornstar japonaise renvoie tout ce petit monde au travail. Et sert au passage de modèle pour l'héroïne de Lastman, la pulpeuse Marianne.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 


07/02/2013

BD : le commandant Achab, un flic tenace

achab, le havre, Piatzszek, douay, casterman

Maigret n'a qu'à aller se rhabiller. Les nouveaux flics ont un peu la même dégaine bonhomme, mais ce n'est qu'une apparence. Prenez le commandant Cohen, surnomme Achab, il a une jambe de bois, une mauvaise humeur permanente à peine atténuée par sa forte consommation de cannabis. Achab est en vacances. Il décide de passer quelques jours au Havre en compagnie de son adjoint, Karim. Il tente de résoudre une vieille histoire de trahison. Mais quand son supérieur apprend sa présence dans la ville normande, il lui ordonne d'enquêter sur le meurtre, tout chaud, du maire de la ville. Les voilà embarqués dans une histoire de tueur en série aux motifs obscurs. Stéphane Piatzszek, le scénariste, renouvelle le genre avec brio. Douay, au dessin, apporte juste la petite touche de noirceur rendant le tout encore plus crédible.

« Commandant Achab » (tome 3), Casterman, 13,95 €


25/01/2013

BD : Tuer, toujours tuer...

Le tueur, matz, jacamon, casterman

Très difficile la reconversion professionnelle du héros de la série écrite par Matz et dessinée par Jacamon. Riche, il n'a plus besoin de travailler pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Mais il est des métiers plus difficiles que d'autres à abandonner. Le Tuer reprend donc du service, plus par désœuvrement que par nécessité. Il se met au service d'un ami colombine devenu ministre. Pour favoriser son accession au sommet de l'État, le Tueur va « éliminer » quelques obstacles. Nouveau cycle pour cette série de plus en plus littéraire. La voix intérieure du Tueur est parfaitement retranscrite par Matz qui ferait mieux d'écrire un polar plutôt que de la BD ou des jeux vidéo.

« Le tueur » (tome 11), Casterman, 10,95 €


09:11 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le tueur, matz, jacamon, casterman

15/01/2013

BD : quand les "Cambrioleurs" deviennent des voleurs de voleurs

cambrioleurs, jake raynal, casterman

La construction européenne a considérablement modifié les pratiques économiques. Pour tous les secteurs. Même celui de la cambriole ! Exemple avec le premier tome d'une série très sombre signée Jake Raynal. Deux cambrioleurs se spécialisent dans le vol des autres malfrats. Pourquoi se compliquer la vie à fabriquer des drogues de synthèse puisqu'il suffit de les dérober à plus malhonnête que soi ? Ce n'est pas sans risque, mais les deux compères, anciens de la guerre des Balkans, ne sont pas à un cadavre prêt.

Après une présentation sommaire des activités des deux principaux protagonistes, l'histoire se déplace à Mostar. Cette ville est toujours coupée en deux. D'un côté les Musulmans, de l'autre les Serbes. Les rancœurs sont tenaces, la ville aux mains des gangs. Un endroit idéal pour les trafics en tout genre. Justement une cargaison très juteuse se profile à l'horizon : du combustible nucléaire.

Une vison très sombre de l'Europe et de son marché économique ouvert à toutes les perversions.

« Cambrioleurs » (tome 1), Casterman, 13,95 € 


13/01/2013

BD : Tardi, père et fils

 

tardi, stalag, père, fils, légion d'honneur, casterman

Jacques Tardi, dès ses débuts dans le monde de la bande dessinée, a marqué son territoire. Malgré le succès de son héroïne, Adèle Blanc-Sec, il se lance dans des récits complets plus sombres sur la guerre 14/18. Et toute son œuvre est marquée par un profond et radical antimilitarisme. Celui ou celle, au ministère de la Culture, qui a décidé de lui décerner la Légion d'honneur n'a sans doute pas pris l'exacte mesure du personnage. Ainsi, le 2 janvier, Tardi fustige cette breloque : « je refuse avec la plus grande fermeté » la Légion d'honneur pour « rester un homme libre et ne pas être pris en otage par quelque pouvoir que ce soit », a-t-il déclaré à l'AFP. On n'en attendait pas moins de Tardi dont le dernier livre, un pavé de 200 pages sur les années de prison de son père en Allemagne est doublement poignant. L'histoire d'un Français pris dans la tourmente de ces années de guerre mais aussi les souvenirs d'un gamin au caractère bien trempé. L'affaire de la Légion d'honneur en est le dernier exemple en date...

« Moi, René Tardi, prisonnier de guerre, Stalag II B », Casterman, 25 €


08/01/2013

BD : Les griffes du boxeur

Yoshihiro Yanagawa, chat, boxe, casterman, sakka

Il y a un peu de BlackSad dans cette BD japonaise de Yoshihiro Yanagawa. Tous les personnages ont des visages de chats. De jolis matous, aux traits fins et délicats. Pourtant le héros, Nido, est un boxeur. Un dur. Surnommé la locomotive car il boxait toujours en avançant. Aujourd'hui, blessé, il est presque à la rue. Une rencontre va pourtant lui donner l'occasion de s'enthousiasmer à nouveau sur un ring. Loin d'être une BD sportive, l'histoire de Nido est surtout celle de la culpabilité d'un frère incapable de protéger son cadet. Un manga hors genre capable d'arracher quelques larmes aux plus sensibles.

« Bye bye, my brother », Casterman, 7,50 €


15/12/2012

BD : Une armée d'auteurs pour Alix

 

alix,jacques martin,morales,corteggiani,venanzi,casterman

Comme Jacobs et Hergé, Jacques Martin était du début de l'aventure de l'hebdomadaire Tintin. En 1948, il dessine les première planches d'Alix l'intrépide, la série historique sur la Rome antique la mieux documentée du moment. Le succès est immédiat, Alix devient un personnage central de la BD francophone. La grande méticulosité de Jacques Martin ralentit son rythme de production. Les albums d'Alix sont rares. Il faut parfois attendre quatre années avant de découvrir une nouveauté. C'est la maladie qui poussera Martin à déléguer le dessin de son personnage préféré. Il demandera à Rafael Morales de finaliser et d'encrer ses crayonnés. Une expérience à oublier car très peu concluante. Finalement, à la mort de Jacques Martin, ce sont plusieurs auteurs, en parallèle, qui endossent les destinées d'Alix. Christophe Simon s'appuie sur des scénarios de Patrick Weber alors que Marco Venanzi obtient le renfort de François Corteggiani (déjà scénariste de la jeunesse de Blueberry). Ainsi, il ne se passe plus une année sans une nouvelle aventure du blond Gaulois au service de la Rome impériale.

Le dernier titre paru, début novembre, conduit Alix et Enak en Egypte. Ils sont à la recherche de Césarion, le fils de César, mystérieusement disparu. Ils croiseront une nouvelle fois la mère de Césarion, la très ambitieuse et ambiguë Cléopâtre. Le 31e titre de la série colle parfaitement à l'esprit : complot, traîtrise, soif du pouvoir... les ingrédients classiques d'un album d'Alix. 


09/12/2012

BD : Le Che à l'Eden hôtel

eden hotel, che, ippoliti, agrimpau, casterman, argentine

L'engagement politique du Che débute en pleine seconde guerre mondiale. Le jeune Argentin fait partie, avec son père, de Action Argentina, une organisation dénonçant les agissements de l'Allemagne fasciste en Amérique du Sud. Sur cette base historique, Diego Agrimpau imagine une « folle rencontre » près des ruines de l'Eden Hôtel dans la province de Cordoba. Cet hôtel est la tête de proue de la communauté allemande de la région. Depuis les années 30, on y vénère le culte du Fuhrer. Le Che va infiltrer cette communauté pour le compte des Alliés. Il y nouera une brève histoire d'amour avec l'autre héroïne de l'histoire, Helena Werber, sublime jeune fille sous le pinceau de Gabriel Ippoliti, le dessinateur de cette brillante fiction historique.

« Eden Hôtel », Casterman, 13,50 €