14/10/2008

Deux sacrées gonzesses



Ces deux sacrées gonzesses sont en fait quatre : les deux héroïnes de la BD et les deux auteurs : Lisa Mandel et Tanxxx. Dans ce gros volume de 120 pages en noir et blanc, il est question d'esthétisme (c'est le métier de la blonde et pulpeuse Adrienne) et de filatures (Marie, 16 ans, se targue d'être détective privé). Ce pourrait presque être le premier tome d'une série policière classique comme la BD en produit des dizaines chaque année. Problème, ni Lisa Mandel ni Tanxxx ont l'habitude de faire dans le formaté. Lisa Mandel c'est la créatrice de Nini Patalo, série loufoque de chez Tchô. Tanxxx a surtout fait parler d'elle dans des fanzines où l'esthétique punk rock côtoyait du pur sado-masochisme. Pas étonnant donc s'il faut préciser que cet album n'est pas à mettre entre toutes les mains.
Marie vit chez son père. Un fermier divorcé. Fatigué d'être seul, plutôt que de participer à une émission de téléréalité il achète une belle Ukrainienne sur internet. Ne maniant pas bien l'outil informatique, il a demandé conseil à sa fille Marie. Qui s'est empressée de choisir la belle blonde de l'Est. Car Marie, aux airs de garçons manqués, va vite séduire Tatiana. Mais un coup du sort va obliger les deux jeunes femmes de fuir la ferme. Marie, dans son errance, tombe sur Adrienne, ivre et malheureuse. Les deux vont s'apprivoiser et vivre des aventures mouvementées, notamment quand elles devront, pour subsister, travailler pour un producteur de films pornos gay... C'est pour ce dernier que Marie se déguise en détective privé. Totalement inclassable, cette BD ne cesse d'étonner le lecteur. Lisa Mandel n'est pas à un coup de théâtre près pour relancer l'intrigue. Tanxxx, la dessinatrice, a un trait noir et charbonneux, un peu à la Charles Burns. Parfaitement adapté aux milieux traversés par nos deux héroïnes hors du commun. Une très bonne surprise de la collection KSTR qui alterne le passable avec le très bon.
« Esthétique et filatures », de Lisa Mandel et Tanxxx, Casterman, 16 €


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11/10/2008

De la cause à l'effet



Dans cette rentrée BD 2008, rares sont les albums faisant l'unanimité. Le second tome de « La théorie du grain de sable » devrait en faire partie, à coup sûr. Le duo Schuiten (dessin) Peeters (scénario) signe une de ces BD qui restent longtemps dans la mémoire de ses lecteurs. Par l'originalité du propos, la beauté des dessins, la mise en page parfaite, les trouvailles multiples. L'album, de 120 pages au format italien, permet une publication par demi-planche dans un format plus grand que les albums ordinaires. Cela magnifie le dessin réaliste et précis de François Schuiten. Dans la ville de Brüsel, cité virtuelle, capitale de ce monde parallèle issu de l'imagination de Benoît Peeters, les événements étranges s'accélèrent. Dans l'appartement de Constant Abeels, des pierres de 6793 grammes apparaissent par enchantement. De même, du sable envahit un appartement, puis un immeuble et une rue, menaçant toute la ville. Les autorités font appel à Mary Von Rathen pour tenter d'enrayer le phénomène. En compagnie de Maurice, un homme flottant dans les airs, elle va tenter de retrouver la cause de tout cela : un objet sacré venant du Boulachistan.
« La théorie du grain de sable » (tome 2), Casterman, 17,50 €


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22/09/2008

Manigance



L'une est blonde, l'autre brune. L'une a de grandes jambes, l'autre une poitrine de rêve. L'une est étudiante, l'autre stripteaseuse. Ces deux jeunes Américaines ambitieuses ont un plan. Shannon et Girl vont de servir de leur beauté pour aborder Aaron, un étudiant influençable. Mais ce n'est peut-être pas leur véritable cible. Ce nouveau récit de Warnauts et Raives, semble un peu moins virtuose que les précédents. Il n'en demeure pas moins exemplaire dans son intrigue et ses personnages. Avec en toile de fond l'horreur de la guerre en Irak et les luttes indiennes actuelles pour faire reconnaître ce qui fut un génocide..
« A cœurs perdus », Casterman, 14 euros


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04/09/2008

Printemps nauséabond



Se déroulant à Paris fin 1941 et début 1942, les événements décrits dans « Opération vent printanier » sont véridiques. Philippe Richelle, le scénariste, a souhaité leur donner une âme en les racontant à travers les regards de personnes banales, des Français moyens, aux attitudes parfois extrêmes mais tout à fait plausibles. Dans ce Paris occupé, le petit peuple est essentiellement tracassé par le rationnement. Le marché noir se met en place, mais un autre phénomène est en train de modifier le paysage économique du pays. Alors que le gouvernement fixe les prix au plus bas, des officines allemandes font des offres d'achat aux industriels français deux à trois fois supérieures au marché. Reste le plus difficile : accepter de commercer avec l'occupant. Et alors que certains s'enrichissent très vite, d'autres ne sont pas insensibles au sort réservé aux juifs, de plus en plus montrés du doigt. Pierre Wachs, le dessinateur, va animer ces hommes et femmes à un tournant de leur existence. 60 pages pour mieux connaître l'industriel ruiné, l'apprentie secrétaire, le jeune commercial et le policier obligé d'obéir aux ordres de René Bousquet, le préfet de Paris qui va mettre en place l'opération « Vent printanier », rafle de 13 000 juifs dont 4 000 enfants, tous livrés aux Allemands.
« Opération vent printanier » (tome 1), Casterman, 15 €


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04/08/2008

Prédateurs financiers

540fdba7d38ddd9c1866ea22cae1514e.jpgCette série, entre polar et analyse politique, est ancrée dans la réalité. Même si en préambule, l'auteur, Philippe Richelle, précise que "cette histoire est une oeuvre de fiction", on ne peut s'empêcher de retrouver dans ces planches des réminiscences d'une actualité récente. "Les coulisses du pouvoir" se passent en Angleterre, mais souvent la commission européenne joue un rôle important. Caine et Burkinshaw, duo d'enquêteurs, tentent de comprendre comment un administrateur de sociétés immobilières, John Atkins a pu se suicider de deux balles dans la tête. Un de ses associés, McCaine, vient de disparaître. L'enquête progresse et les policiers anglais trouvent dans les casseroles des deux hommes une histoire d'escroquerie aux subventions européennes. Le commissaire européen de l'agriculture de l'époque semble avoir touché sa part. Un commissaire qui est aujourd'hui ministre de l'Economie... Ce sont donc les très gros bonnets qui se retrouvent impliqués dans ce meurtre maquillé en suicide. Et l'enquête progressant, d'autres crimes seront commis. Richelle, qui a repris toute la série à son compte, décortique des rouages inéluctablement truqués du pouvoir.
"Les coulisses du pouvoir" (tome 8), Casterman, 9,80 €


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08/07/2008

Noirceur provinciale

9247d680f11d23b76f54f0c53bde4c96.jpgPierre Pelot, auteur de polars enracinés dans la France profonde et Baru, dessinateur de cette même France provinciale et industrieuse, auraient pu se rencontrer dans ce gros bourg de l'Est servant de théâtre à « Pauvres zhéros ». Le roman, paru chez Rivages au début des années 80, est adapté par Baru dans cette nouvelle collection frisant l'excellence. Toute l'histoire tourne autour de l'hospice Saint-Maurice. Une institution servant d'orphelinat, d'hospice pour enfants handicapés mentaux et de mouroir pour vieillards. Au cours d'une sortie à la campagne, la jeune fille chargée de surveiller des enfants attardés mentalement, constate que l'un d'entre eux manque à l'appel. Branle-bas de combat pour tenter de le retrouver. Ce petit faits divers est l'occasion pour les auteurs de passer en revue une bonne partie de la population du village. Du maire, notable intouchable utilisant sa fonction pour cacher ses multiples exactions, au journaliste local, obligé de taire ces scandales pourtant évidents. Et puis les vrais personnages comme Anastase, toujours à l'affût pour mettre en place une petite combine ou Manucci, un ancien pensionnaire de Saint-Maurice bien décidé de se venger des vexations subies dans son enfance.
« Pauvres zhéros », Casterman/Rivages, 15,95 €


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02/07/2008

Le mystère de Baharia

4b1f0d4bdffc48471bab6c3192157ba9.jpgLe professeur Challenger, héros librement inspiré des romans de Conan Doyle, revient chez Casterman après avoir vécu une première aventure, « Le monde perdu de Maple White », en deux tomes chez un autre éditeur. Ventripotent, barbu, très poilu, imbu de sa personne, il a été la risée de la communauté scientifique quand il affirmé à Londres avoir découvert des dinosaures vivants. Cette fois, il se lance à la poursuite d'une civilisation cachée en Egypte. Exactement c'est l'égyptologue français Lempereur qui part en expédition. Challenger voudrait être de l'aventure, mais le chercheur français, prétentieux comme il se doit, refuse catégoriquement. Scénarisées par Laurence Tramaux, ces nouvelles aventures conduit le lecteur au pied des pyramides égyptiennes puis dans la vallée des rois, là où se trouve le passage, souterrain, permettant d'aller au-delà du Fleuve des morts. Patrick Deubelbeiss, le dessinateur, semble très à l'aise dans ces séries fleurant bon le feuilleton extravagant de la fin du 19e siècle. Son trait, entre réalisme et ligne claire expressive, est tout à fait adapté à ces rocambolesques péripéties exotiques.
« Les mondes perdus de Conan Doyle » (tome 1), Casterman, 11,50 €


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22/06/2008

Londres en péril

d6145ac9c594ba9e2e0947fbe6db8049.jpgGuy Lefranc, héros contemporain de Jacques Martin, après une longue éclipse, est de plus en plus présent grâce à une politique de reprise agressive. Francis Carin et Patrick Weber imaginent les aventures du reporter en parallèle à Taymans et Drèze qui eux se placent résolument dans une veine nostalgique. Ce 19e tome intitulé « Londres en péril » s'insère chronologiquement entre « Le Maître de l'atome » et « L'ouragan de feu ». Dans cette ambiance de fin de seconde guerre mondiale, des attentats frappent plusieurs quartiers de Londres. Il ne semble pas y avoir d'explication logique pour Scotland Yard. C'est Lefranc qui découvre le lien entre ces explosions. Les dates correspondent à des défaites importantes de l'armée nazie. Et sur le plan de Londres, si l'on rejoint les différents lieux frappés, ont obtient une croix gammée dont le centre est le quartier populaire de Pimlico. Lefranc va se rendre outre-Manche et se battre contre des nazis qui veulent venger leur führer. Une histoire qui manque un peu de densité, un dessin fidèle au maître, mais sans casser des briques : on reste un peu sur sa faim. Mais l'ensemble est distrayant et prenant.
« Lefranc » (tome 19), Casterman, 9,50 €


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15/06/2008

Casterman offre de nouveaux « Rivages » au polar en BD

Nouvelle collection présentant des adaptations en BD de romans policiers. Première fournée avec Jim Thompson, Donald Westlake, Miles Hyman, Lax...

Lancée en 1986, la collection Rivages/Noirs est devenue une référence en matière de littérature policière, détrônant la Série Noire. Une collection de poche dirigée par François Guérif qui va maintenant se décliner en bande dessinée grâce à un partenariat avec les éditions Casterman. Les quatre premiers titres (il devrait ne pas y en avoir une demi-douzaine par an) permettent à quatre dessinateurs confirmés de s'approprier l'univers d'auteurs français et américains. Et logiquement c'est par un roman de Jim Thompson que tout débute.
9208baf0f434f56c4516df7a3a31658e.jpgNuit de fureur. Peardale, années 40, quelque part dans l’Amérique profonde. Un homme à l’allure juvénile débarque dans cette petite ville tranquille, pour y suivre de sages études, dit-il à Mme Winroy, la séduisante logeuse qui l’accueille dans sa pension de famille. Mais évidemment, la réalité est tout autre. Carl Bigelow, alias Charlie “Little” Bigger, tueur à gages officiellement reconnu coupable d’au moins seize assassinats, est en repérage pour le compte d’un ponte de la pègre new-yorkaise, afin de préparer la liquidation en douceur d’un escroc repenti. Miles Hyman peint cette Amérique profonde des années 40 avec talent. Il déshabile les quelques femmes de l'histoire avec un brio étonnant. Le héros, froid et sinistre, se bat avec son absence totale de moralité. Il se sait condamné, par la maladie et son employeur, mais honore son contrat quand même. Une désespérance typide des romans de Jim Thompson adapté par Rodolphe.
fd5a2b1f012a084283de7d19720b6765.jpgPierre qui roule. New York, juin 1969. Fraîchement sorti de prison, John Dortmunder se voit proposer un “coup” par l’un de ses anciens complices, Kelp, spécialiste du vol de voitures : profiter d’une exposition d’art africain à New York pour dérober le clou de la manifestation – une émeraude d’une valeur d’un demi-million de dollars – au bénéfice d’un obscur état africain dont la pierre précieuse constitue le totem. L'adaptation de Lax (auteur du Choucas) est aussi délirante que le récit original. Elle souligne à la perfection la démesure progressive des plans imaginés par le sympathique mais très malchanceux cambrioleur. Les dessinateur, plus habitué aux décors parisiens ou exotiques (le dernier Choucas se déroule au Mali après une aventure népalaise), est très à l'aise avec les décors très verticaux de Big Apple.
« Nuit de Fureur » de Jim Thompson (adaptation Matz, dessin Miles Hyman), 16,95 €
« Pierre qui roule » de Donald Westlake (adaptation et dessin Lax), 16,95 €





26/05/2008

Complots et sacrifices

ef2fdc739b446e05d0dbc66f4d7b7a19.jpgDans le premier tome de cette série se déroulant dans le Paris du début du XIXe siècle, Noirhomme, créature maléfique, digne de Fantomas, a poussé au suicide quelques hommes ayant de trop lourds secrets. Dans le second tome, Noirhomme quitte la pages des journaux où ses aventures font frémir la France pour écumer les rues de la capitale. La nuit venue, il assassine sauvagement les solitaires qui traînent dans les bas-fonds de la ville. Une série de crimes qui permet à un ambitieux politicien, Eugène Monceaux, de briguer le poste de ministre de la police. Il profite de l'ambiance de peur pour assouvir ses envies de pouvoir. Un véritable complot car le Noirhomme qui terrorise Paris est un de ses hommes, tuant des innocentes pour protéger la femme de sa vie menacée par un dossier de Monceaux, l'ancien magistrat. Le problème, c'est que le véritable Noirhomme va intervenir dans cette partie d'échec et mettre mat le pauvre Monceaux. Une série en hommage à l'esprit feuilletonnesque, écrite par Antoine Maurel et dessinée par Hamo, jeune illustrateur belge recréant à merveille cette ambiance XIXe, avec une mention spéciale au masque réellement terrifiant du héros.
"Noirhomme" (tome 2), Casterman, 9,80 €


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15/05/2008

Immunité présidentielle

e1a0fe1e6c23ad93fe0c213d036f9d26.jpgDébutée en mars 2007, cette série plonge le lecteur dans les arcanes de la politique française. Rémy Le Gall, le scénariste, a utilisé toute son expérience d'homme de l'ombre des hommes politiques chargé de les préparer à affronter les médias. Il décrit ainsi les tentatives de prise de pouvoir au sein d'un parti politique d'opposition. Lancée en pleine campagne des présidentielles, cette série revient pour un second tome une année après l'élection de Nicolas Sarkozy. Et dans le scénario on trouvera quelques références à la réalité avec un président en perte de vitesse dans les sondages, en prise avec une forte contestation dans la rue et qui pour reprendre la main envisage d'être à nouveau omniprésent dans les médias et traiter tous les problèmes à l'affectif. Mais ce n'est que la toile de fond de cette BD qui raconte les aventures de Constant Kérel, opposant, bien décidé à faire tomber ce président qui en plus a du sang sur les mains. Mais comment traduire devant la justice un homme qui bénéficie d'une immunité présidentielle à toute épreuve, même en prouvant qu'il est un assassin ? Frisco, le dessinateur, illustre sans fioritures cette série sérieuse et réaliste.
« Elysée République » (tome 2), Casterman, 9,80 €


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04/05/2008

A quatre, c'est mieux

f876adcc94019a53c7303d59a96605e8.jpgCatel, dessinatrice pour la jeunesse, a changé de registre en dessinant l'histoire de Kiki de Montparnasse sur un scénario de Jean-Luc Fromental. Elle reprend un peu cette veine en proposant « Quatuor », recueil de quatre récits mettant des femmes en vedette. Des nouvelles d'auteurs venant de divers horizons. Jacques Gamblin explore la danse, la valse exactement et sa communion entre les deux partenaires, José-Louis Bocquet nous entraîne a 100 à l'heure sur des routes sinueuses au volant de bolides, objets sexuels de plaisir ultime, Thierry Bellefroid raconte de façon détournée comment il est tombé amoureux du dos de la princesse Mathilde, future reine des belges et Pascal Quignard nous emmène dans une vieille histoire d'amour entre un tailleur et une belle brodeuse. Chaque histoire est en bichromie, rouge pour la danse, bleu pour les voitures, verte pour la princesse et jaune pour la brodeuse. L'ensemble, malgré l'impression de disparité est très cohérent. J'avoue avoir un faible pour l'histoire de Thierry Bellefroid. Ce journaliste à la RTBF a parfaitement rendu la fascination que l'on a parfois pour des personnages publics et totalement inaccessibles. Une histoire douce amère sur la passion, la fatalité et la résignation. Les illustrations de Catel se mettent au service de ces histoires que la dessinatrice a adapté elle même.
Catel et Jean-Luc Fromental (qui signe la préface) préparent une nouvelle biographie dessinée consacrée à Marie-Olympe de Gouges, l’une des figures marquantes du dix-huitième siècle, intellectuelle ayant beaucoup fait pour l'émancipation des femmes.
« Quatuor », Casterman, 17,95 €


26/04/2008

Frères de sang

13f9f2442407efd409005942e0b31995.jpgHenscher (scénario) et Fabien Rondet (dessin) signent un premier album très viril. Très masculin également. L'action se déroule au Moyen-Orient, au temps des croisades, à Alamut, une école un peu particulière. On y apprend à des enfants à devenir de redoutables assassins. Le seigneur des couteaux, maître absolu de cette forteresse, explique à des nobles chrétiens qui veulent acheter ses services : « Je commande à une armée de jeunes gueux sans honneur ni armoiries, c'est vrai. Mais ils peuvent frapper n'importe qui, n'importe où. Et ils n'ont pas de voeu plus cher que de mourir au combat ». Ce premier tome, en couleurs directes au tons sombres, raconte l'apprentissage de plusieurs novices. Selim, surnommé le poète, prend la défense du chétif Hicham contre les intentions belliqueuses de Brahim. Ces trois vont apprendre, ensemble, à tuer et, à la fin de leur formation, il se pourrait que l'un d'eux fasse partie des frères de sang morts durant la nuit de l'initiation. Violence, guerre de religion, foi aveugle : cette BD historique résonne d'une façon très contemporaine. Rien n'a changé dans cette région ?
« Le seigneur des couteaux » (Tome 1), Casterman, 11,50 €


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20/04/2008

Quête maritime

a42076e42a7c1ad8f6b1f4954b396128.jpgSur la Mer du Nord et la Manche, à plusieurs époques différentes, « Lautremer » raconte la quête d'hommes et de femmes fascinés par un roi de la mer, le général Carausius. Cette série de Heurteau (dessin) et Leclercq (scénario), mélange plusieurs mythes. Une sorte de dieu maritime, mais également Alceister Crowley, ce mage du début du siècle, présent dans nombre de récits fantastique et dont la fille cachée, Marcia, est une des héroïnes de l'album. Cette Marcia qui découvre à la mort de son père qu'elle est en fait une petite fille adoptée. Un soir de tempète, son véritable père, l'a confiée à ce couple de pêcheurs. Elle se lance donc à la recherche de ses véritables parents aidée d'un trésor en pièces anciennes légué par son père. Elle retrouvera l'épave du yacht de ce dernier, le restaurera et repartira sur les flots à la recherche d'un hypothétique ailleurs. Assez dense, cette histoire balade le lecteur entre différentes époques (entre 1910 et 1930 et du temps de la conquête romaine de la Gaule) . Avec cependant un même « méchant », énigmatique capitaine d'une goélette allemande.
« Lautremer » (tome 1), Casterman, 11,50 €


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07/04/2008

Art-mement

f40ae9edb384650c732848205946300c.jpg1912 à Paris, l'artiste peintre Luciano Salvatori ne s'en sort pas. Ce créateur adepte du futurisme, ne mange pas à sa faim. Sur le point de tout abandonner, il rencontre un riche mécène qui lui commande des centaines de dessins. Une demande qui semble extravagante : imaginer et peindre les machines de destruction qui pourraient être utilisées dans les guerres du futur. Salvatori va totalement s'investir dans cette oeuvre, délaissant amis et compagne pour laisser libre cours à son imagination. Ce roman graphique ambitieux et réussi est le premier album de deux auteurs venus de l'animation, Olivier Cotte qui signe le scénario et Jules Stromboli au dessin.
« Le Futuriste », Casterman, 13,75 €


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01/04/2008

Quand les Indiens se rebellent

5c18ff8560cebf882af1453c5da9830f.jpgAu début du 19e siècle, dans l'Ouest américain, Robert Frazer, un ancien soldat ayant participé à l'expédition héroïque de Lewis et Clark six ans auparavant, est installé au bord de la rivière Missouri. Dans une cabane construite de ses mains, il vit avec sa femme Elizabeth et son fils Joshua. Il chasse et revend les peaux dans la ville distante de quelques kilomètres. Au début du premier album de cette nouvelle série de Seiter (scénario) et Wagner (dessin), il est justement en train de vendre une partie de sa production et en profite pour accueillir son frère, James, médecin fraîchement diplômé. Au même moment, une bande d'Indiens Crows attaque la maison isolée, vole armes et denrées et enlève la jeune Blanche et son fils. Quand Robert, de retour, découvre la maison saccagée, il se lance à la poursuite des ravisseurs. Il a deux jours de retard et trouve des preuves de la survie de sa femme et de son fils. Le long du fleuve, en canoë et à cheval, c'est une course poursuite âpre et difficile qui attend les Occidentaux. Les Indiens, de leur côté, attaquent des trafiquants et tentent de soulever toutes les tribus qu'ils rencontrent sur leur chemin. Une BD qui revisite le mythe des pionniers, montrant des Indiens ivres de sang et des colons pillant une terre qui n'est pas la leur.
« Wild River » (tome 1), Casterman, 11,50 €


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29/02/2008

Canardo à la filature

b08e39281b491cc5df6ee94f493adbd3.jpg17e enquête de l'inspecteur Canardo. Il est en service commandé pour le maire de la ville en pleine campagne électorale pour sa réélection. Il doit surveiller la femme du notable. Un travail nécessitant « discrétion, ennui et routine ». Quand le jeune et impétueux policier Garenni arrive, pour la discrétion, c'est râpé. Mais l'avantage c'est qu'il permet également de rompre un peu l'ennui puisqu'il emmène Canardo sur la scène d'un crime tout frais. Une prostituée vient d'être abattue, une balle dans l'arrière du cou. Le tueur, avant de quitter les lieux, a fouillé dans la vidéothèque de la victime. Une vielle cassette porno semble avoir été dérobée. Un meurtre qui est suivi d'un second puis d'un troisième. En attendant, Canardo s'ennuie à mort en surveillant une femme qui passe ses après-midi dans une chambre d'hôtel, mais seule. Sokal n'a pas perdu son mordant dans la description des moeurs parfois peu recommandables de la bourgeoisie. A la manière d'un Chabrol, il met avec plaisir un coup de pied dans la fourmilière. Le lecteur lui aussi prend son pied...
« Canardo, une bourgeoise fatale », Casterman, 9,80 €

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30/01/2008

Iconoclaste

16ea2ecf68203426f2addb0b088ea457.jpgMarc Villard, avant de se faire un nom dans le polar, a été lycéen, étudiant, poète maudit puis simple employé dans une grande société. Des souvenirs qui lui ont donné de la matière pour quelques nouvelles, adaptées pour Jean-Philippe Peyraud. On découvre donc les exploits du jeune Marc Villard, un iconoclaste, soucieux de la longueur de son sexe, persuadé de devenir une rock star et prêt à déclencher une grève pour le retour de certaines friandises dans le distributeur de l'entreprise qui l'emploie. Certaines histoires sont à hurler de rire, d'autres plus tristes et nostalgiques. Entre tendresse et humour, les auteurs ont trouvé un parfait équilibre d'émotions.
« Quand j'étais star », Casterman, 12,95 euros

06:15 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Villard, Peyraud, Casterman

30/12/2007

Froidure canadienne

195cb54193940f0b8365fb7a3e5f254d.jpgLa 13e aventure de Caroline Baldwin débute par l'arrivée du facteur. Caroline réceptionne un colis destiné à son grand-père... décédé depuis des années. Elle y découvre un livre racontant le début d'histoire d'amour entre ce fier indien canadien et une jeune institutrice. La jeune femme, rejetée, a pris la fuite et trouvé refuge à l'extrême nord du pays. C'est dans cette communauté d'Ivulvik, en plein pays Inuit, que Caroline retrouve la vieille dame. Mais ce ne sont pas les seuls souvenirs qui reviennent à la surface à la faveur du réchauffement climatique. Un album de Taymans, abordant intelligemment la mort annoncée de ces communauté pour cause de fonte des glaces.

"Caroline Baldwin", Casterman, 9,80 euros


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16/12/2007

Tout Alack Sinner

5da853bc0eafafe7c58883e6fa095945.jpgJosé Munoz a obtenu en janvier dernier le grand prix de la ville d'Angoulême. Il présidera donc le 35e festival qui se déroule du 24 au 27 janvier. Ce dessinateur argentin est essentiellement connu en France pour son personnage d'Alack Sinner (scénario de Sampayo). Le premier tome de cette intégrale en noir et blanc arrive à point pour redécouvrir ce maître des ombres. Alack Sinner est un ancien flic new yorkais devenu détective privé. Il doute souvent, est teigneux, parfois découragé, ou déprimé. Il a une vraie vie, n'est plus le héros de papier sans peur et sans reproche. Un choc dans les années 70. Trente années plus tard, cette BD est toujours aussi moderne et authentique. (Casterman, 392 pages noir et blanc, 19,95 €)




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