26/07/2016

BD : Humour décalé à base de chaussons aux pommes et de savant fou

 

Un peu dans le même format et le même esprit que le « Vaisseau Spécial », le recueil de gags signés Kaze Dolemite est lui aussi une mine de rires décalés. Le dessin est, là aussi, minimaliste, les dialogues essentiels et les personnages encore plus caricaturaux. Un riche savant part à l'aventure dans un ballon dirigeable avec son équipage. Presque du Jules Verne, si on oublie que la priorité du professeur est de faire provision de chaussons aux pommes. Et là aussi, il y a une héroïne à forte poitrine, source de tous les fantasmes de l'équipage. De l'humour sans limite, répétitif et brillant.

« Chaussons aux pommes et autres péripéties », Delcourt, 16,95 €

 

08/07/2016

BD : La vie de Bianco est torride

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Guillaume Bianco est un sacré rigolo. Dessinateur de BD, il a la prétention de raconter sa vie sous forme d'histoires courtes en noir et blanc. Mais les allergiques à l'autofiction ne trouveront pas dans ces 200 pages des introspections sombres et dépressives. Sur les conseils de son directeur de collection, l'inénarrable Lewis Trondheim, Bianco parle de ce qu'il connaît le mieux : les femmes. Du corps des femmes exactement. Le premier tome se consacrait exclusivement aux seins, ce second revient sur le sujet, mais explore un peu plus l'anatomie féminine. Il raconte, avec un humour décoiffant et une autodérision salvatrice, sa première fois, son amitié avec une nana (oui c'est possible) ou la visite médicale au cours de laquelle une superbe médecin va lui faire un prélèvement urétral. On laisse au lecteur le plaisir de découvrir en quoi consiste cette manipulation. Les filles riront, les garçons compatiront.

"Les carnets secrets de Guillaume Bianco" (tome 2), Delcourt, 9,95 euros

 

08:21 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bianco, seins, femmes, delcourt

04/07/2016

BD : Nouveau monde, nouveaux monstres

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L'exploration de l'Amérique du Nord a réservé bien des surprises aux pionniers courageux. Tribus d'Indiens hostiles, animaux sauvages : les dangers étaient nombreux. Pour corser cette histoire récente, Chris Dingess, le scénariste, envisage d'autres découvertes. Une expédition est envoyée vers l'Ouest, au cœur des forêts inconnues, à la rencontre de colons français. Une petite communauté décimée par une maladie inconnue. Et avant d'arriver dans le village fortifié, les hommes du capitaine Lewis et du lieutenant Clark subissent les assauts de minotaures à tête de bison. Mais ce sont des broutilles face au risque de l'infection verte transformant les humains en zombies végétaux. Imagination débridée pour ce comics dessiné par Matthew Roberts.

« Manifest Destiny » (tome 1), Delcourt, 15,95 euros

 

 

12/06/2016

BD : Baltimore, ses flics, ses crimes

Avant d'écrire le scénario de la série "The Wire", David Simon a été reporter. Il a notamment couvert les faits divers dans la ville de Baltimore. Durant l'année 1988, il a suivi tous les inspecteurs de la section des homicides de cette grande ville américaine, gangrénée par le trafic de drogue. Philippe Squarzoni, connu pour ses reportages dessinés, se lance dans l'adaptation de "Homicide" tiré des chroniques de Simon. On est à 1 000 lieues des "Experts" et autres séries télévisées américaines. À Baltimore, les flics chargés de résoudre les homicides sont surchargés de boulot. Trop souvent les affaires restent non résolues car impossible de trouver un témoin. Le mensonge est systématique. Ce sont donc des portraits d'hommes frustrés mais pas encore totalement découragés qui se succèdent dans ces 120 pages retraçant seulement un mois d'enquêtes. Et même si les faits datent de près de 30 ans, cela permet de mieux comprendre cette Amérique, violente, pauvre et abandonnée.

"Homicide" (tome 1), Delcourt, 16,50 euros

 

07/06/2016

BD : Souvenirs et maison en héritage

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Paco Roca, dessinateur espagnol, aime particulièrement se pencher sur la transmission des souvenirs. Il avait signé une remarquable BD sur la maladie d'Alzheimer (« La tête en l'air », adaptée au cinéma) et livre un peu de sa propre histoire dans « La maison ». Un album à l'italienne, aux dessins d'une grande douceur, comme la campagne méditerranéenne environnant cette résidence secondaire familiale. La première planche montre un vieil homme qui sort de sa maison. La suivante retrace une année d'abandon. On comprend qu'il est mort et que ce n'est qu'une année après le décès que les enfants viennent s'occuper de cette bâtisse qui symbolise tous leurs souvenirs d'enfance. Le premier à remettre les pieds dedans est l'écrivain. Il n'est pas manuel, n'a jamais trop apprécié son père, trop terre-à-terre. Le second est l'ainé, celui qui a hérité de la force de travail physique du patriarche. Il est remonté contre l'écrivain, toujours en retard et indécis. Enfin la petite dernière regrette surtout que son père n'ait pas pu profiter de sa petite-fille. Les trois se retrouvent dans la maison pour la remettre en état. Le projet : la vendre le plus vite possible. Mais cela ne va pas se passer comme prévu, comme si les souvenirs du lieu se révolté contre l'oubli. Sensible et juste. Plein d'espoir aussi.

« La maison », Delcourt, 16,95 euros

 

 

01/06/2016

BD : La justice expéditive du Bourreau

Dans le Paris grouillant du Moyen âge, la justice est expéditive. Son bras est incarné par le Bourreau, mystérieux personnage masqué, capable de retrouver les tueurs et autres malandrins pour leur faire payer le prix fort. Cette histoire de Mathieu Gabella mise en images par Julien Carette a des airs de super-héros historique. Mais l'intrigue se révèle bien plus complexe. Ce Bourreau n'est que le bras armé de notables qui font la pluie et le beau temps. Il tue sans poser de questions, invincible tant qu'il reste anonyme. Le récit se déroule sur deux niveaux temporels. Lors de la mission du Bourreau pour châtier les tueurs d'une noble dame et 20 ans auparavant, quand il a été recruté par le précédent exécuteur masqué qui lui a appris les rudiments du "métier". Un soupçon de fantastique avec l'apparition d'un Bouffon justicier donne à l'ensemble un attrait certain, dans la lignée de l'autre série de Gabella, "La Licorne".

"Le Bourreau" (tome 1), Delcourt, 14,95 euros

 

 

09:29 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : delcourt, bourreau, gabella, carette

10/05/2016

BD : La mort arrive par les airs

Alors que tous les élevages de canards du sud-ouest sont en vide sanitaire pour encore de longues semaines, cette BD fait froid dans le dos. Jean-Pierre Pécau, le scénariste, a simplement brodé sur une mise en garde de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "La question n'est pas de savoir si le virus de la grippe aviaire risque de muter pour devenir mortel pour l'homme, mais quand ?". Cette série de science-fiction apocalyptique dessinée par Damien débute quinze années après le début de l'épidémie. Le héros, un ancien militaire, tente de rejoindre la Suisse, seul pays épargné selon les rumeurs. Il avance dans les Alpes avec sa mule mécanique, un robot de défense qui détecte tout ce qui bouge dans les airs. Car dans ce monde où la vie est devenue rare, le danger vient du ciel. Le moindre corbeau qui approche de trop près est inexorablement abattu. Ce premier épisode revient sur le passé du héros, son désenchantement, ses cauchemars et sa nouvelle mission : retrouver dans les Pyrénées un point d'extraction vers une station spatiale épargnée. Efficace et passionnant.

"Soleil froid" (tome 1), Delcourt, 14,50 euros

 

30/03/2016

BD : Centaurus, cette nouvelle Terre

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L'imagination de Léo et de Letendre semble sans limite. Ces deux auteurs sont devenus les spécialistes des histoires d'exploration spatiale. "Centaurus" raconte comment l'Humanité, face à la désertification de la Terre, a lancé un immense vaisseau monde dans l'espace pour coloniser une planète dotée d'une atmosphère compatible à la vie. Un périple de 400 ans, plusieurs générations et enfin l'exploration de cette "terre étrangère" nommée Vera. Un petit groupe se rend sur place pour évaluer les possibles dangers. Et rapidement ils sont légion : des insectes gigantesques, des oiseaux pieuvres, des petits hommes blanchâtres, des ruines menaçantes... Des découvertes qui n'empêchent pas les savants de progresser jusqu'à un lieu en tout point identique à un monument de la vraie Terre. Dessinée par Janjetov, cette saga passionnante et palpitante s'intéresse aussi aux relations entre explorateurs. Ou comment trouver l'équilibre dans un groupe disparate et jamais d'accord...

« Centaurus" (tome 2), Delcourt, 12 euros

 

12/02/2016

BD : Un traître chez les "Sept Frères"

 

 

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Didier Convard connaît parfaitement l'univers de la franc-maçonnerie. Il a signé la série au long cours du « Triangle secret », mais ne s'arrête pas en si bon chemin. Avec Jean-Christophe Camus, il a imaginé ce « Sept frères » dessiné par Hervé Boivin au trait de plus en plus proche de celui de Jacobs. Ils sont sept membres de la loge de la Rose silencieuse. En 1943, leur confrérie sert surtout à abriter un réseau de Résistance. Mais un matin, le vénérable est abattu et les sept frères interpellés par la milice ou la Gestapo. Près de dix ans plus tard, tous reçoivent une convocation pour une réunion destinée à démasquer le traitre. Alors qui du libraire, du dessinateur, du journaliste, du fonctionnaire, du grand bourgeois, du romancier ou du photographe a donné ses frères ? Durant les 56 pages le lecteur se pose la question, tentant de découvrir le coupable. Une intrigue digne des meilleurs Simenon ou Agatha Christie.

« Sept frères », Delcourt, 14,95 euros

 

 

 

25/01/2016

BD : Aile volante en pleine uchronie

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Suite de l'uchronie imaginée par Jean-Pierre Pécau. Hitler, renversé par des généraux, est un mauvais souvenir que l'Europe tente d'oublier. Les USA occupent la partie ouest. Mais la guerre n'est pas terminée. Maintenant l'ennemi est à l'Est, Staline refusant de cesser le combat. Dans cette France toujours occupée (par les Américains et certains Allemands qui ont changé de camp), le général de Gaulle est en exil à Colombey-les deux églises. Dans les Landes, la très secrète base 51 sert de laboratoire à des ingénieurs en aéronautique. Le près prometteur Dassault tente de mettre au point une aile volante capable de dépasser le mur du son. Il doit pour cela avoir de bons pilotes. Nicolas Charlier est de ceux-là. Mais des années d'emprisonnement en Sibérie font que les Américains le soupçonnent d'être un agent infiltré. Sous le dessin efficace et précis de Maza, Pécau réécrit la guerre froide. Il fait intervenir quelques personnages réels. Notamment un certain Kennedy, témoin de moralité pour Charlier. Et pour faire encore plus vrai, le troisième tome devrait voir l'entrée en scène du préfet de Bordeaux. Un certain... Maurice Papon.

« USA über alles » (tome 2), Delcourt, 14,95 €

 

 

07:32 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pécau, maza, charlier, delcourt

16/01/2016

BD : Un autre regard sur le 11 janvier

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Écrit durant l'été par Serge Lehman, mis en image par Gess à l'automne, cet album revient sur les attentats de janvier mais surtout la manifestation monstre du 11 janvier qui a répondu dans la dignité à la tentative de destruction du pays. Pourtant, selon l'auteur, six mois après ce rassemblement historique, « il ne reste rien de l'Esprit du 11 janvier ». Triste constat pourtant bien réel, même si on constate un regain de cette fameuse prise de conscience depuis le 13 novembre. Serge Lehman, écrivain de science-fiction (entre autres activités), était dans la foule le 11 janvier à Paris. Il a marché contre la peur. L'idée de son livre vient de là : « Ce sera sur la foule du 11 janvier comme phénomène quantique » explique-t-il succinctement à son éditeur. A l'arrivée ces 80 pages en noir et blanc, en plus de mieux comprendre l'émotion de tout un pays, permet également de mettre en vedette quelques héros anonymes des événements. Ahmed Mérabet, le policier abattu dans la rue, Lassana Bathily, le jeune Malien qui a sauvé des dizaines de clients de l'Hyper Cacher. Mais aussi la policière municipale de Montrouge, Clarissa Jean-Philippe. Indirectement, c'est elle qui a certainement fait le plus pour l'émergence de ce 11 janvier. Quand elle est abattu dans la rue par Amedy Coulibaly, elle ne se doute pas qu'elle empêche au autre massacre. Coulibaly, en cagoule et gilet pare-balles, semblait se diriger vers une école juive. Le tueur de l'Hyper Cacher voulait tuer des enfants. Le choc, après Charlie, aurait été encore plus fort. La BD se termine par une image, une femme, belle et forte dans la foule. L'image de cet Esprit du 11 janvier que Serge Lehman veut garder pour toujours présent à son esprit.

« L'esprit du 11 janvier : une enquête mythologique », Delcourt, 9,95 euros

 

 

 

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07/12/2015

BD : Fille à baba

 
Ellen Forney poursuit son autobiographie en bande dessinée. Exactement, le lecteur français peut enfin lire le premier tome de ses souvenirs. Après le succès de « Une case en moins » où elle racontait sa maladie (diagnostiquée bipolaire), voici la réédition de « J'avais 7 ans en 75 », publié en 1999 aux USA. La petite Ellen raconte sa vie de famille peu banale. Ses parents, membres de l'église Unitarienne, pratiquent le camping naturiste et surtout sont de grands fumeurs d'herbe. Cela ne les empêche pas d'être des parents aimant et protecteurs. Pour preuve la réussite d'Ellen dans ce milieu de la création graphique qui l'a toujours fascinée. Avec beaucoup de tendresse et de pudeur, la dessinatrice américaine se souvient de ces fêtes d'Halloween, notamment celle où elle a eu l'autorisation de se déguiser en bourreau, la lecture d'un roman pour grands adolescents, décrivant sans fioritures les premiers émois de l'héroïne, sa hantise qu'un idiot transforme son nom en « forniquer » ou la joie de sa mère de jouer au tennis, juste avec des chaussures aux pieds. Un témoignage passionnant sur le milieu libertaire d'une certaine Amérique.

 

« J'avais 7 ans en 75 », Delcourt, 16,95 €
 

07:39 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : forney, 1975, delcourt, underground

08/11/2015

BD : Sillage face à un redoutable virus psy

 
Nävis, la dernière humaine de la série de SF « Sillage », est de nouveau mise à contribution pour sauver le convoi d'espèces extraterrestres à la recherche de nouvelles planètes à coloniser. Alors qu'elle tente de faire intégrer la jeune Juliette à Sillage, une entité est libérée par mégarde. Il s'agit d'un virus qui s'attaque à toute espèce qui a des pouvoirs psy. L'effet est immédiat : dégradation physique et surtout, tels des zombies incontrôlables, l'envie de tuer et détruire. Bref rien ne va plus dans Sillage. Un scénario bourré d'action signé Morvan, dessiné par Buchet, toujours aussi pointilleux dans ses créations aliens. Bien que publiées en grand format, ces planches bourrées de détail mériteraient une exploitation encore plus grande. Alors si vous voulez pleinement profiter de ce grand art, munissez-vous d'une loupe et n'hésitez pas à détailler chaque case.

 

« Sillage » (tome 18), Delcourt, 14,50 €
 

08:17 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sillage, navis, morvan, buchet, delcourt

27/09/2015

BD : De la rural fantasy fromagère

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Wilfrid Lupano, excellent scénariste des « Vieux fourneaux » chez Dargaud, tel un couteau suisse multitâches, peut écrire sur tout et n'importe quoi. Comme des défis qu'il se lancerait, histoire de renouveler des genres manquant cruellement de variétés. Prenez la fantasy. Rien de plus manichéen et finalement peu enchanteur que ces univers de trolls, dragons, mages et autres héros flamboyants. Avec Lupano, la fantasy entre dans une nouvelle ère, celle dite « rurale et fromagère ». Pistolin, paisible berger, vit du commerce de ses pécadous, fromages issus de la fermentation du lait de ses cornebiques. Un berger simple, dans tous les sens du terme. Pas très futé notre paysan. Quand des mercenaires déciment son troupeau (il ne lui reste plus qu'une seule et unique biquette, Myrtille), il fait le serment de se venger et de tuer tous les mages du royaume. Le voilà donc parti en vadrouille pour trouver une solution à son problème. Il rencontre dans son périple une gentille fée, Pompette, adorant la potion magique, surtout si elle est très alcoolisée. Dessinées par Relom (Andy et Gina), ces pérégrinations un peu foutraques sont aussi improbables que réjouissantes. De l'humour extrême servi par un dessinateur réaliste qui s'ignorait.

 

« Traquemage » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

 

20/09/2015

BD : Robots psychopathes dans "RUST"

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Dans un futur proche, la Terre est victime d'une attaque surprise. Pas des terroristes, ni des extraterrestres, mais des robots géants sortis des entrailles de la terre. Les S-Cats ont tué les deux-tiers des humains en une semaine. Seule solution pour survivre, s'enterrer. 25 ans plus tard quelques zones de survivants tentent de lancer la contre-attaque. Des savants ont mis au point des Robot Unit, gigantesques machineries d'acier et de matière vivante que de rares humains peuvent contrôler. Problème, les pilotes « compatibles » sont tous morts au combat. Il ne reste plus aux autorités qu'une « black list » pour sauver l'Humanité. Voilà comment un serial killer, un révolutionnaire, un tueur à gages, un mercenaire et une prêtresse fanatique se retrouvent aux commandes des armes les plus puissantes de l'histoire. Le résumé de cette série écrite par Blengino et dessinée par Nesskain est prometteur. Les 150 pages du premier tome confirment qu'une bonne idée peut se transformer en excellente BD. Personnages atypiques, créatures imaginaires époustouflantes, combats épiques et suspense grandissant font de RUST la très bonne surprise de cette rentrée dans la catégorie Comics.

 

« R.U.S.T. » (tome 1), Delcourt, 17,95 €

 

14/09/2015

BD : Rentrée résolument "comics"

Si la BD Franco-belge a encore de beaux jours devant elle, le comics américain a de plus en plus d’adeptes. Et il n’est plus spécifiquement réalisé par des auteurs outre-atlantique.

 

comics, orphelins, recchioni, mammucari, gaiman, russell, glénat, delcourt"Orphelins” des Italiens Robert Recchioni (scénario) et Emiliano Mammucari (dessin) ont sans doute beaucoup aimé le film “Starship Troopers” de Paul Verhoeven. Comme dans le long-métrage, la terre est attaquée par des aliens et des commandos de jeunes terriens sont envoyés sur des planètes hostiles pour “botter le cul à ces monstres”. À la différence que les auteurs ont apporté beaucoup plus de soin aux personnalités composant le groupe de combattants. Tout débute par un flash. Une grande lumière blanche qui rend aveugle et sourd des millions d’Humains. L’attaque, un rayon, vient du fin fond de l’espace. Les différents pays s’unissent pour répliquer. Et profitent de la recrudescence d’orphelins pour les enrôler de force, malgré leur jeune âge, dans des bataillons d’élite. La première partie montre ces enfants originaires d’Espagne (Madrid et Barcelone), paumés, seuls, largués en pleine nature, obligés de tuer pour survivre. D’apprendre la solidarité aussi. Quelques années plus tard, les rares survivants forment un commando redoutable. Ils seront en première ligne pour se battre contre les extraterrestres, sortes d’ours en cristal, furtifs et puissants. 200 pages au rythme soutenu (format comic oblige), avec quelques superbes inventions sur la planète ennemie, notamment une réplique de la Sagrada familia de Barcelone tout en cristal.

comics, orphelins, recchioni, mammucari, gaiman, russell, glénat, delcourtL’étrange vie de Nobody Owens” est l’adaptation en BD du roman de Neil Gaiman paru chez Albin Michel. L’auteur s’est logiquement chargé de la transposition, déjà connu pour les séries “Sandman” et “Coraline”. Craig Russell a dessiné une aventure et la bible de cet univers, laissant plusieurs autres auteurs jouer avec Nob’. Une nuit, un tueur assassine toute une famille. Le père, la mère, la fille. Mais arrivé dans la chambre du petit dernier, le lit est vide. Il s’est réfugié dans un cimetière. Là, un couple de défunt décide de la protéger et de l’adopter. L’enfant devient Nobody Owens et va grandir entre tombes et chapelles, avec pour seuls compagnons des spectres et Silas, inquiétant homme en noir qui ne sort que la nuit. Entre récit fantastique et conte gothique, des histoires courtes permettent de comprendre comment le petit garçon va se forger une personnalité. Il descendra au plus profond des entrailles du cimetière pour un face-à-face avec une vouivre. Au pays des goules, il manquera mourir sans l’intervention d’un loup-garou (une louve en l’occurrence). Il parvient même à se faire une amie, une petite fille téméraire, prête à croire tout ce que raconte Nob’. Car s’il voit les spectres, pour elle ils restent invisibles. Reste le fil rouge de l’album : le tueur du début qui est toujours sur les traces de l’enfant. Mais ce sera pour le second tome annoncé début 2016...

 

Orphelins” (tome 1), Glénat, 14,95 euros

 

L’étrange vie de Nobody Owens” (tome 1), Delcourt, 19,99 euros.

 

27/08/2015

BD : Melting-pot d'amies

 

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Connue pour son franc-parler et ses positions tranchées, Rokhaya Diallo fait partie de cette nouvelle génération de Françaises qui ne se laissent pas marcher sur les pieds. Noire et Française, elle revendique son originalité et lutte sans cesse contre le racisme. Après avoir longtemps travaillé comme journaliste et chroniqueuse dans différents médias parisiens, elle franchit le cap de la fiction en signant le scénario de « Pari(s) d'amies », chronique sociale contemporaine dessinée par Kim Consigny. Ce roman graphique raconte la vie quotidienne de ces cinq jeunes Parisiennes. Une métisse qui revient des USA, le cœur brisé, une Africaine devenue executive woman en couple avec un aristocrate, une Maghrébine reine de l'évènementiel et une Asiatique, lesbienne et rappeuse. Sans oublier la Française de souche, la plus politisée au final, prof engagée tombée dans les griffes d'un beau philosophe des plateaux télé. C'est léger, frais et drôlement réaliste. Un certain Paris, joli melting-pot de couleurs et de personnalités.

 

« Pari(s) d'amies », Delcourt, 17,95 €

 

18/08/2015

BD : Reine chinoise

 

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Cap vers l'Asie pour la nouvelle héroïne de la collection « Les Reines de Sang ». Après avoir suivi les parcours d'Isabelle, la Louve de France, Aliénor, la légende noire et Frédégonde, la sanguinaire, découvrez la vie tumultueuse et machiavélique de Tseu Hi, impératrice de Chine à la fin du XIXe siècle. Philippe Nihoul raconte ce destin dessiné par Fabio Mantovani. Jeune fille un peu trop délurée pour l'époque, la jolie Tseu Hi va devenir une des nombreuses concubines de l'empereur. Un destin peu enviable car elle se retrouve cloitrée dans la Cité interdite, obligée d'attendre que le souverain daigne s'intéresser à elle. Elle va cependant avoir un allié dans la place, un mendiant devenu eunuque pour échapper à la faim. Tous les deux très ambitieux, ils vont mettre au point un plan pour que Tseu Hi devienne incontournable. Elle apprend donc toutes les techniques possibles pour satisfaire un homme et va même parvenir à tomber enceinte. En devenant mère, elle passe au statut de seconde femme. Un coup du sort plus tard, elle est au pouvoir et devra régler le problème des Européens de plus en plus exigeants. Passionnante histoire où tous les coups sont permis.

 

« Tseu Hi, la dame dragon » (tome 1), Delcourt, 14,50 €

 

14/08/2015

BD : La bataille des profondeurs

 

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Les super héros ne sont pas tous américains. Superdupont fera son grand retour en septembre (toujours avec Gotlib au scénario) et d'autres personnages profitent de la vague des films à gros budget. « L'œil de la nuit » de Lehman (scénario) et Gess (dessin) ne porte pas de costume moulant. Il évolue dans une Europe steampunk héritée de l'univers de Jules Verne. A la base Théo Sinclair n'a rien d'un fier redresseur de torts. Cardiaque, malingre, il préfère le calme des bibliothèques aux combats nocturnes. Mais un accident va le transformer. Il devient nyctalope et bénéficie d'un cœur artificiel expérimental. Non seulement la machine lui redonne une seconde jeunesse, mais elle décuple ses forces. Théo abandonne son statut d'intellectuel pour endosser celui de justicier de la nuit au service de l'État français. Dans cette seconde aventure de près de 100 pages, il affronte un androbathe, homme des profondeurs issu des manipulations génétiques d'un savant fou. Un hybride entre homme et requin, unique de son espèce mais programmé pour éradiquer les hommes de la surface de la terre. Un délicieux air rétro transforme cette BD d'aventures en bel hommage aux feuilletonistes du XIXe siècle.

 

« L'œil de la nuit » (tome 2), Delcourt, 15,95 €

04/08/2015

BD : Lewis Trondheim en balade

 

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Ecosse, Angoulême, Canada... Lewis Trondheim, le succès aidant, a l'occasion de dépenser ses énormes droits d'auteur en divers voyages d'agrément. Donc, entre deux bouclages, il découvre le monde et en profite pour se dérouiller la main dans des gags où il se met en scène ou dans des dessins d'après décors authentiques. Il distille le tout sur son blog puis reprend ces tranches de vie dans des albums aux parutions aléatoires. Le septième recueil vient de paraître. On apprend que Lewis a visité l'Ecosse, le Canada, a participé à quelques festivals, s'est cassé le coude et a croisé la route d'un « arbre en furie » qui a donné son titre à l'album. Avec souvent des réflexions sur le temps qui passe et l'âge avec. Le tout avec une certaine ironie comme quand il décide de mettre à jour son répertoire téléphonique et découvre que certaines de ses connaissances sont mortes. Quatre, pas mal... Il s'inquiète quand à la boulangerie, voulant régler avec des petites pièces, la jeune vendeuse lui demande de tout lui donner qu'elle triera. « Comme les vieux... » ne peut-il s'empêcher de penser. Mais le coup dur, la page qui marque, c'est celle dessinée le jour de la tuerie à Charlie Hebdo. Parmi les victimes, Wolinski, son « meilleur ennemi » dans la profession...

 

« Les petits riens de Lewis Trondheim » (tome 7), Delcourt, 12,50 euros

 

09:08 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trondheim, petits riens, delcourt