26/10/2014

BD : Fins de sagas pour Cyann et Alter Ego

Si Bourgeon et Lacroix ont mis 21 ans pour boucler « Le cycle de Cyann », les auteurs de la saison deux d'Alter Ego n'ont pas attendu une année entre le premier et quatrième tome. Deux approches différentes mais un point commun : l'excellence.

 

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Après Isa dans les Passagers du vent puis Mariotte des Sortilèges du bois des brumes, François Bourgeon imaginait en 1994 une troisième héroïne qui allait marquer les bédéphiles : Cyann. Un univers radicalement différent. Exit la BD historique pour le maître du genre et place à la science-fiction. Il s'est associé pour l'occasion avec Claude Lacroix qui a créé de toute pièce un monde-empire foisonnant. Après quelques aléas d'éditeurs, l'ensemble de la saga a rejoint les éditions Delcourt. Et enfin, le sixième et dernier tome vient de paraître en même temps que la réédition des cinq précédents. « Les aubes douces d'Aldalarann » montre une Cyann assagie. La jeune fille de riche, odieuse et futile, a pris de la bouteille au gré de ses mésaventures et saut dans le temps d'une planète à l'autre. La mort de sa sœur a considérablement modifié sa philosophie de vie. Sur une planète hostile, elle devra beaucoup faire d'effort simplement pour survivre. Un ton moins aventureux, plus écologique voire philosophique pour un dernier opus longtemps attendu. Cyann est toujours aussi belle sous le pinceau de Bourgeon et la dernière image pleine d'espoir, comme une promesse de renaissance.

 

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Pour la saison 2 d'Alter Ego c'est aussi le dénouement. Mais cette fois, le lecteur n'aura pas patienter des années pour connaître le « Verdict ». Moins d'une année pour boucler ces quatre albums soit 240 pages. Il est vrai qu'il y a deux scénaristes, Lapière et Renders, et plusieurs dessinateurs (Béneteau, Reynès, Erbetta) pour épauler Efa chargé des personnages. Le principe de la série n'a pas changé depuis la saison une Chaque album peut être lu indépendamment les uns des autres. Depuis la révélation de l'existence d'Alter Ego, les débat fait rage dans la communauté scientifique. En résumé, il existe un lien entre chaque homme et femme né au même moment sur terre. La bonne santé de l'un permet à l'autre de vivre en toute quiétude. Affabulation ou découverte scientifique majeure ? Rien n'est encore figé. D'autant que le phénomène des Alter Ego donne des idées à des organisations sectaires ou des entreprises sans scrupules. Après trois épisodes aux fins très palpitantes, la conclusion est tout aussi innovante et laisse possible une troisième saison de ce qui est la grande réussite éditoriale de ces dernières années.

« Le cycle de Cyann » (tome 6), Delcourt, 15,95 euros

 

« Alter Ego, saison 2 » (tome 4), Dupuis, 12 euros.

 

14/09/2014

BD : Si le Titanic...

 

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En 1912, le Titanic s'élance pour son voyage inaugural. Le seul et unique de notre histoire contemporaine. Jean-Pierre Pécau et Fred Duval, dans leur série « Jour J », imaginent que le paquebot ne coule pas en cette terrible nuit polaire. Le jeune Waterson est sur le pont. Il observe les étoiles avec sa lunette et parvient à repérer l'immense bloc de glace. La collision est évitée, place à une autre Histoire dessinée par Damien. Le père de Waterson fait fortune aux USA. Son fils, lui, est passionné de journalisme. Il prend la tête d'un journal à New York et se construit un empire médiatique. Seul. L'album, qui couvre toute la vie de Waterson jusqu'au jour de sa mort, montre une planète totalement différente. Hitler n'a pas eu le temps de lancer son attaque car il disparaît avec le naufrage du... Titanic. Comme il y a également à bord Einstein, le nucléaire reste au niveau de la théorie. Waterson se transforme en mécène absolu, suppléant les états déficients. Il apporte l'eau partout dans le monde et nombre d'innovation. Mais son action caritative n'est pas au goût de tout le monde. Sous des aspects de saga humanitaire et industrielle, cet album s'interroge sur cette question essentielle : Peut-on imposer le bonheur sans passer par une dictature ?

 

« Jour J » (tome 16), Delcourt, 14,50 €

 

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19/07/2014

BD : Courts mais bons

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Les revues de BD se font de plus en plus rares. Un modèle économique triomphant dans les années 80, complètement dépassé dans ce 21e siècle. Mais cela n'empêche pas certains auteurs de toujours rechercher les bienfaits de la prépublication. Lewis Trondheim, jamais en mal d'idées, a lancé « Papier », une revue trimestrielle, format manga, en noir et blanc, composé de récits de 5 à 30 pages. Les auteurs viennent de tous les horizons. Dans la troisième livraison, sur le thème de la magie, deux récits sortent du lot. Boulet revisite l'histoire du prince charmant, de la gentille princesse et du méchant sorcier. Du rêve à la réalité, le célèbre blogueur tord le cou à quelques clichés et propose une fin machiavélique. L'autre histoire à ne pas manquer est signée Trondheim en personne. Un dialogue surréaliste entre deux copains, l'un juge, l'autre s'énerve. Dessin minimaliste mais intelligence supérieure.

 

« Papier » (Numéro 3), Delcourt, 9,95 €

 

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08/07/2014

BD : Bitch ô ma bitch !

 

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Les blogs BD de filles regorgent de talent. Il y a eu Pénélope Bagieu, Laurel, Margaux Mottin... Mais elles sont toutes battues à plate couture par Bérénice. Dessinatrice pour des agences de pubs, elle manie la couleur à la perfection. Et les filles qu'elle dessine sont fines, racées, jeunes et modernes. Dévergondées aussi. C'est tout l'attrait de cette série de gags. Les paroles sont en opposition complète avec les images. Certes, elle sont jolies et souvent sexy, mais leur langage est d'une crudité jamais atteinte. Un album à réserver aux adultes. Par contre il convient autant aux garçons qu'aux filles. Les premiers baveront sur les audaces des copines de Bérénice (elle avoue dans la préface que rien n'est inventé, tout est véridique), les secondes y trouveront peut-être le courage de mettre en pratique des expériences que la morale réprouve mais qui s'avèrent très efficaces pour atteindre le 7e ciel. Et au final, le sexe s'avère beaucoup moins sale quand il est dessinée par Bérénice.

 

« Des yeux de bitch », Delcourt, 14,95 €

 

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25/05/2014

BD : Le retour des superhéros français

 

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Comment, il existe des superhéros français ? Pas notre SuperDupont national, non, de véritables personnages aux pouvoirs exceptionnels, capables de sauver la planète... ou de rayer un continent de la carte en fonction de leurs humeurs. « SuperWorld », écrit par Jean-Marc Rivière et dessiné par Francesca Follini, se déroule à Paris dans un futur proche. Dans le premier tome, le lecteur a fait connaissance avec les enfants des superhéros, disparus depuis 15 ans après avoir mis en place un bouclier protecteur contrer une invasion extraterrestre. Tamara, fille de Zoltar, le plus puissant des gardiens de l'univers, assiste à la destruction du bouclier et à la réapparition des héros. Le second tome montre la difficile cohabitation entre les enfants et les parents. D'autant que les superhéros ne sont plus les bienvenus. Parqués dans un ghetto, ils sont sous le contrôle de la police. Un mélange entre complot planétaire, action et psychologie qui donne une touche très frenchie à une BD qui aurait tout à fait sa place aux USA.

 

« SuperWorld » (tome 2), Delcourt, 14,95 €

 

18/05/2014

BD : Héritage en errance

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Chaque année en France des milliers de personnes meurent sans avoir le moindre héritier. Si personne ne se manifeste, tout va à l'État. Certains notaires cherchent cependant à trouver le fils caché ou le petit neveu oublié. Ils utilisent les services de « chasseurs d'héritiers ». Lélio fait partie de cette confrérie très réduite. Il vit largement de ses recherches car empoche 25 % de la somme en jeu à chaque dossier résolu. La série, écrite par Jarry et Rivière et dessinée par Tavernier, débute dans la jungle d'Amérique du Sud. Un loser, pourchassé par des trafiquants de drogue, est sauvé in extrémis par Lélio, porteur d'une très bonne nouvelle. Il vient d'hériter d'un peu plus d'un million d'euros d'une tante très éloignée. Un prologue animé pour une suite tout aussi mouvementée avec la recherche d'héritiers d'un baron assassiné dans son château. Lélio va devoir faire des recherches du côté de la mère du baron. Une artiste qui a eu la mauvaise idée de tomber amoureuse d'un officier allemand durant l'occupation. Au centre des recherches, un tableau convoité par un peu trop de personnes...

 

« Chasseurs d'héritiers » (tome 1), Delcourt, 13,95 €

 

10/05/2014

BD : 30 pièces magiques selon Pécau et Kordey chez Delcourt

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A près 32 tomes de l'Histoire secrète, Pécau et Kordey reprennent leur collaboration. Mais cette fois « Les 30 deniers » est prévu en seulement 4 volumes. Quatre titres qui prendront pour titre les maximes de l'ordre secret des Régents : « Savoir, oser, vouloir et garder le silence ». Dans « Savoir », le tome 1, Yann Gral, ancien agent des services secrets français, apprend que sa petite fille souffre d'une tumeur au cerveau. Elle n'a plus que quelques mois à vivre. La médecine ne pouvant pas opérer, il se tourne vers son vieil ami, Constantin Vangelis. Cet homme de l'ombre, prototype de l'éminence grise (il a longtemps côtoyé le président Mitterrand) l'envoie chez Sinoe, une sorte de guérisseuse. Effectivement, la tumeur régresse rapidement. Yann, qui a perdu sa femme en Afghanistan, revit. Mais c'est de courte durée. En se rendant chez Sinoe, il la découvre morte, assassinée. Le meurtrier est encore là. Il s'enfuit fier d'avoir dérobé le « talent » de la jeune femme. Yann va alors découvrir l'histoire des 30 deniers, pièces magiques très convoitées. Sociétés secrètes, magie, manipulation : tous les ingrédients sont réunis pour une série prometteuse.

 

« Les 30 deniers » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

 

25/04/2014

BD : Machination infernale dans la suite du "Pouvoir des innocents"

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« Le Pouvoir des innocents » de Brunschwig (scénario) et Hirn (dessin) est un des grands succès de la BD moderne des années 90. Les cinq premiers tomes sont parus chez Delcourt. La suite a migré vers Futuropolis. Hirn a laissé le pinceau à Nouhaud. On retrouve les différents protagonistes de ce complot six mois après l'attentat qui a endeuillé la fin de l'élection municipale de New York. La réformatrice Jessica Ruppert, contre toute attente, a été élue. Le présumé terroriste, Joshua Logan, est toujours en fuite. Il décide de se rendre en clamant son innocence. Selon lui, l'attentat n'est qu'une machination pour permettre l'élection de Jessica. On suit dans le second tome les doutes et découvertes de Cyrus, l'avocat de Logan. Noir et gay, Cyrus doit subir les attaques de sa communauté. Il finit même à l'hôpital après un passage à tabac. C'est de son lit de souffrance qu'il va rechercher la vérité. Passionnante, cette série, après la claque du premier cycle, parvient encore à nous tenir en haleine. Le scénariste est de la race des très grands. Il fait de la BD mais risque, s'il continue à être aussi brillant, être remarqué par le cinéma. Américain, évidemment...

 

« Le pouvoir des innocents » (cycle 2, tome2), Futuropolis, 13 €

 

07/04/2014

BD : La police des caractères

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Bibelosse, petite cité à l'écart des modes, a la particularité de n'être habité que par des écrivains, correcteurs, cruciverbistes, typographes, imprimeurs et autres ouvriers du livre. Tout commence par l'arrivée de Ramon Hache, installateur de bandeaux et enseignes. Il vient livrer de grandes lettres à un certain Tézorus. Très grandes, « à vue de nez, du corps 2500 » d'après un trio d'imprimeurs le regardant déambuler un « A » sous le bras. Dans ce village de fous, Ramon assiste à un duel de rimes, puis à un crime. La victime est un écrivain, sans bras ni jambes, retrouvé pendu dans un puits. Un policier, sorte de Maigret mâtiné de Raymond Devos va tenter de mener l'enquête et tenter, dans un premier temps, de déterminer s'il est mort noyé ou pendu... Le commissaire va aller de surprises en surprises. Comme cette famille dont chaque membre n'utilise qu'une seule voyelle pour s'exprimer. Ben se contente du « e », sa maman du « a » et son tonton du « o ». Cela donne des dialogues surréalistes que Perec aurait apprécié. Il est vrai que François Ayroles, l'auteur de ces 70 pages bourrées de références, est un adepte de l'OuBaPo (Ouvroir de Bande dessinée Potentielle). Et logiquement, cet album remarquable d'ingéniosité et d'originalité, dont la scène finale se déroule dans une bibliothèque (Maison de détention des livres), a reçu le soutien du Centre National du... Livre. 

 

« Une affaire de caractères », Delcourt, 14,95 euros

 

07:34 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ayroles, delcourt

30/03/2014

BD : gare au Ninja malvoyant de Blind Dog Rhapsody

 

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Si vous aimez les dialogues qui claquent et font sourire, cette BD est pour vous. Eric Hanna, le scénariste, a visiblement pris beaucoup de plaisir à imaginer les échanges entre ce héros non voyant, son maître fantôme ayant l'apparence d'un raton laveur et la pauvre serveuse de bar au chômage dont la principale utilité est d'avoir... de gros seins. Ça a le format d'un comics américain, mais l'histoire ressemble plus à un manga. Le héros, sans nom précis, est généralement nommé « sale bâtard blanc infirme ». Une insulte qu'il n'apprécie que moyennement. Expert en art martial, bien qu'il soit aveugle, il peut décimer une armée en quelques secondes. Sur les 100 pages de ce premier tome, il y a bien 40 pages de baston pure, avec os broyés et cervelles apparentes. Redec, le dessinateur, excelle dans ces combats aux noms si poétiques comme « attaque surprise de la queue cachée du crapaud » ou « Botte secrète de la chaussure flottante ». On rit beaucoup à la maladresse du héros, aux idées salaces du raton laveur et à la mégalomanie du méchant. Quant à Maï, la serveuse à forte poitrine, elle a d'autres atouts pour fasciner le lecteur.

 

« Blind Dog Rhapsody » (tome 1), Delcourt, 15,95 €

 

22/03/2014

BD : Cobayes en prison dans "Asylum" de Lehman et Teague

 

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La série concept « La grande évasion » permet à des duos inédits de signer des histoires complètes sur l'univers carcéral. Dylan Teague, dessinateur anglais déjà remarqué sur Judge Dreed et un des tomes du « Casse », est associé à une pointure de la SF française : Serge Lehman. La cité d'Asylum, dans les entrailles de la terre, n'est peuplée que de criminels en puissance. Ils sont regroupés par déviances, les psychotiques violents sont habillés de jaune et les politiques en bleu. Le tout est surveillé depuis quatre générations par des robots placés sous le commandement d'un certain Pastor. Anton-5 n'est ni bleu ni jaune. Il est vert, issu de l'union (contrenature selon Pastor) d'un bleu et d'une jaune. Perdu dans cette société en vase clos, il va trouver un indice prouvant l'existence d'un ailleurs et tout faire pour s'évader. Un scénario rempli de références psychologiques, un dessin réaliste efficace : cet album est à classer dans la catégorie des grandes réussites. Même la fin est heureuse. Mais depuis Brazil, il faut se méfier des illusions finales.

 

« La grande évasion, Asylum », Delcourt, 14,95 €

 

18/02/2014

BD : Papiers courts chez Delcourt

 

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A l'heure où l'ogre numérique menace de tout dévorer sur son passage, notamment le livre imprimé sur du bête papier, certains auteurs ont volontairement lancé une expérience digne du siècle dernier : créer une revue de BD. Lewis Trondheim est derrière ce projet intitulé « Papier ». Cela ressemble à un livre de poche de 200 pages, du noir et blanc simple et un générique entre valeurs sûres, petits jeunes et découvertes internationales. Le second numéro vient de sortir (disponible dans les librairies spécialisées). On retrouve une longue histoire politique de Trondheim himself, mais les deux véritables pépites sont placées au début et à la fin. En ouverture de ce numéro sur la famille, Pénélope Bagieu, dans un style moins léché, plus torturé, revient sur la mort de son père et les jours qui ont suivi. En fin de volume, Julien Frey (dessin de Mermoux) raconte sa première rencontre avec son père. Rien que pour ces deux histoires complètes, Papier mérite votre attention et montre toute l'étendue des talents de la BD actuelle.

 

« Papier » (numéro 2), Delcourt 9,95 €

 

14/12/2013

BD : Justicière de cape et d'épée en rose écarlate

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Maud, la belle héroïne masquée de la Rose écarlate, remporte un succès grandissant. Patricia Lyfoung, la scénariste et dessinatrice de cette série sentimentale de cape et d'épée fortement teintée de manga, déborde d'idées. Elle a donc décidé de confier des « Missions » à une dessinatrice pour satisfaire l'impatience des fans. Jenny (Pink Diary et Mathilde) a su couler son trait dans le style de la créatrice de la série. Les Missions seront en deux parties. Le premier tome du « Spectre de la Bastille » inaugure la série. Maud, justicière qui prend aux riches pour redistribuer aux pauvres, est fiancée avec Guilhem. Ils viennent de rentrer de Turquie et Guilhem est contacté par une ancienne amie d'enfance, la rousse et généreuse Adèle. Crise de jalousie de Maud qui suit les deux amis. Bien lui en prend puisqu'elle sauve sa jeune rivale des griffes de mystérieux fantômes blancs sévissant depuis quelques semaines dans les bas-fonds de Paris. Destinée aux adolescents amoureux de romance et d'action, cette série, tout en restant une opération commerciale évidente, se laisse lire avec plaisir.

 

« La rose écarlate - Missions » (tome 1), Delcourt, 10,95 €


25/11/2013

BD : Course au trader en réalité augmentée

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Parfois, mieux vaut disparaître. Perdre son identité pour faire table rase, effacer son passé. Eric Magoni a tout pour être heureux dans ce monde aimant les signes extérieurs de richesse. Un trader dans toute sa splendeur. Riche, ayant femme et enfant, entretenant une relation extra-conjugale avec une femme distinguée... Il passe justement une bonne partie de l'après-midi dans ses bras. Quand il revient au bureau, il constate effaré que son ordinateur a été utilisé pour faire des placements hasardeux. Et ruineux. 5 milliards envolés. Ça chauffe pour Magoni. Il tente de prendre la fuite, mais sa femme le dénonce. Placé en garde à vue, son dernier espoir réside dans le témoignage de sa maîtresse. Elle affirme froidement que cette relation n'est que mensonge d'un homme acculé. Magoni est mis en examen et le juge décide de son incarcération. Lors de son transfert, le véhicule de police est attaqué par des... pigeons. Le trader va saisir sa chance et tenter de changer d'identité grâce à une mystérieuse organisation. Une BD dans l'air du temps, entre fantastique et grosse manipulation informatique. Simon au scénario et Émilie au dessin ont prolongé l'album par un site internet et un jeu vidéo. Là aussi, on est dans une autre dimension.

 

« Media Entity » (tome 1), Delcourt, 13,95 €


03/11/2013

BD : Very bad girl

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Les super héros sauveurs de la planète ont du plomb dans l'aile. La vision manichéenne imposée durant des années dans les comics américains est totalement dépassée. Comme dans les séries télé, les méchants tirent toute la couverture à eux. « Bad Ass », série écrite par Herik Hanna et dessinée par Bruno Bessadi pour la collection « Comics Fabric » joue clairement la surenchère dans ce registre. Le second tome de la série braque ses projecteurs sur « The Voice ». Vue de l'extérieur c'est une ravissante jeune femme blonde et accorte. En réalité c'est la « chose la plus horrible qu'il m'ait été donné d'entendre » explique le psychologue chargé de la suivre. Sophie, à 3 ans, a poussé son père au suicide. Elle peut entendre les pensées les plus secrètes des hommes et femmes en sa présence. Elle parle, ils obéissent. Si elle avait choisi le camp du bien, elle inonderait le monde de bonheur. Mais Sophie est une dangereuse psychopathe. Son plaisir c'est de détruire, mutiler, faire souffrir, tuer... En 100 pages, on découvre son enfance puis son passage dans les forces armées secrètes américaines qui voient en elle une arme ultime. Mais Sophie est aussi très individualiste... Planquez-vous, elle est de sortie !

 

« Bad Ass » (tome 2), Delcourt, 14,95 €


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25/10/2013

BD : Super gamins crétins

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D'ordinaire, les super héros n'ont pas de famille. Exceptions rarissimes, ils ne peuvent se reproduire. Pourtant toute la trame de Super World, comics made in Europe par Rivière (France) et Follini (Italie), est basée sur la descendance. Dans un Paris imaginaire, les super héros ont éradiqué la délinquance, la menace nucléaire et les méchants. Quand une invasion extra terrestre se précise, ils construisent un bouclier autour de la Terre. Mais en le mettant en marche, ils disparaissent tous, comme désintégrés. De nos jours, les fils et filles de super héros ne servent plus à rien. Une jeunesse dorée, multimilliardaires à ne rien faire si ce n'est profiter de la gloire de leurs parents. Mais la populace gronde. Quand un attentat détruit la tour de commande du bouclier, la situation devient intenable. Les autorités emprisonnent les descendants des super héros. Seule Tamara, fille de Zoltar, reste libre de ses mouvements et de ses pouvoirs. Une première livraison copieuse de 100 pages, bourrées de rebondissement. La suite est annoncée au premier semestre 2014 et le troisième et dernier tome fin 2014.

 

« Superworld » (tome 1), Delcourt, 14,95 €


18/10/2013

BD : Peur parisienne chez Delcourt

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Alors que prolifèrent depuis quelques temps les BD régionalistes, Delcourt lance une collection consacrée aux maléfices parisiens. Et en découvrant ce premier épisode écrit par Pécau et dessiné par Dim D. on se dit « Mais pourquoi on n'y a pas pensé avant ? » Car Paris, capitale de légende, regorge de contes et histoires fantastiques, d'autant plus faciles à mettre en scène que les lieux sont souvent conservés en l'état. Le décor est prestigieux, reste à trouver des personnages un peu accrocheurs et des intrigues basées sur des histoires encore en vogue. Challenge relevé avec brio par les deux auteurs. Un vieux flic très influent est à la tête du BAP, Bureau des affaires publiques. Il a sous sa responsabilité un commissaire, sceptique et bougon mais efficace. Pour cette enquête, ils embauchent Victor, jeune spécialiste en sciences occultes et escroc à la petite semaine. Ils vont tenter de mettre fin à la malédiction de la tour Saint-Jacques en pleine rénovation. 56 pages denses et passionnantes, qui distillent entre les scènes d'actions quelques infos sur le passé de la capitale de façon encore plus ludique que les monologues de Lorant Deutsch.

 

« Paris maléfices » (tome 1), Delcourt, 14,30 €


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08/10/2013

BD : La famille de Nävis

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Au rythme soutenu d'un album par an, Jean-David Morvan et Philippe Buchet font vivre le monde de Sillage. Des aventures spatiales épatantes avec en toile de fond la quête de Nävis, dernière terrienne, autour de son identité. Les aléas du convoi (immense train de vaisseaux spatiaux dérivant dans la galaxie) sont un peu mis de côté pour recentrer l'intrigue sur la belle et fougueuse orpheline. Celle qui a longtemps cru être la dernière représentante de son espèce a finalement retrouvé quelques humains. Un contact de courte durée mais qui lui a permis de découvrir l'amour et d'avoir un enfant. Oui, Nävis maman ! Que les fans se rassurent, l'aventurière ne va pas remiser ses sabres pour les couches culottes. Morvan, le scénariste, a trouvé la parade non seulement pour éviter la grossesse, l'accouchement et l'allaitement, mais également l'enfance du marmot. C'est un adulte, aussi impétueux qu'elle, que Nävis découvre au détour d'un complot. Et dans ce 16e tome, ils ne seront pas trop de deux pour sauver Sillage d'une destruction programmée. Beaucoup de baston, des aliens en pagaille et quelques pleurs : un savant dosage pour une série devenue incontournable.

 

« Sillage » (tome 16), Delcourt, 13,95 €


08:48 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sillage, navis, morvan, buchet, delcourt

06/10/2013

BD : "Mauvais genre", l'histoire d'un couple maudit par Chloé Cruchaudet

Mauvais genre.jpg

La guerre 14/18 a laissé de profondes plaies dans la société française. Visibles et cachées. Dans « Mauvais genre », Chloé Cruchaudet raconte, sans pathos, le terrible destin de Paul et Louise. Marié juste avant son départ sur le front, Paul plonge dans un cauchemar sans fin. On retrouve les classiques de la guerre des tranchées : morgue des gradés, rats, famine, cadavres... Suffisamment pour pousser Paul à se mutiler (un doigt en moins, l'index pour ne plus pouvoir appuyer sur la gâchette). Mais cela ne suffit pas. Il déserte et va se cacher dans une chambre d'hôtel en région parisienne. Il va y rester plusieurs semaines avant de craquer et sortir. Mais pour ne pas être pris, il se déguise en femme. Voilà comment Paul se transforme en Suzanne. La vie du couple est radicalement modifiée, Paul découvrant les joies du travestissement et de l'amour libre. Une mascarade qui durera toute la guerre. C'est à l'armistice que cela se complique. Un récit captivant tiré d'une histoire vraie.

 

« Mauvais genre », Delcourt, 18,95 €

26/09/2013

BD : Truands ratés dans "Ma révérence" de Lupano et Rodguen

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Changer le monde, changer de vie. Les ambitions de Vincent, trentenaire idéaliste semblent de plus en plus hors de portée. La crise, l'individualisme... C'est en traînant dans les bars qu'il a le déclic. Il croise la route d'un transporteur de fonds. Pourquoi ne pas délester ces fourgons blindés des millions qu'ils convoient ? Argent souvent mal acquis par les banques, assurances et autres sociétés financières occultes. Un braquage « équitable », sans arme et avec redistribution d'une partie du butin aux pauvres, à la Robin des Bois. Problème, Vincent a pour associé Gaby Rocket, vieux rocker alcoolique, Gabriel Roquet de son vrai nom. Wilfrid Lupano, le scénariste, raconte avec brio, entre tragique et comique, le parcours de ces deux bras cassés. Un polar avec de gros morceaux d'humanité dedans. Rodguen, le dessinateur, est d'origine picarde. Mais il a fait sa carrière à Los Angeles, chez Dreamworks. Il a mis trois ans pour achever ces 120 pages en y travaillant tous les week-ends.

« Ma révérence », Delcourt, 17,95 €