20/01/2013

BD : Jeu de massacre à la mode Vivès

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Bastien Vivès est définitivement à part dans le petit monde de la bande dessinée. Jeune, une gueule d'ange, de longs cheveux blonds bouclés, il a fait ses premiers pas en ciblant clairement un public féminin et romantique. Succès aidant, il a mené des projets plus personnels et beaucoup moins politiquement corrects. Une évolution que l'on pouvait suivre en direct sur son blog. Les éditions Delcourt ont récupéré pas mal de ces notes, gribouillées plus que dessinées, et les a classées par thème. Le dernier parle de bande dessinée. Et c'est un véritable jeu de massacre. Vivès n'est pas tendre pour ses collègues, encore moins pour lui. Auteurs égocentriques, intéressés, colériques, coupés de la réalité... Mais c'est contre lui que Bastien Vivès est le plus méchant. Il revient sur son premier album, le dénigre, se moque de son vide, ne comprend pas son succès. En interview il agresse les journalistes, de plus en plus imbu de sa personnalité. Impossible de savoir ce qui est vrai ou faux. Mais cet exercice de style, s'il a parfois un goût amer, est quand même très réjouissant. Voire salutaire.

« La bande dessinée », Delcourt, 9,95 €


17/01/2013

BD : Grosse évasion en compagnie de "Fatman"

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Un ponte de la mafia américaine est en prison depuis quelques années. Il va y rester jusqu'à sa mort. Qui est proche. Un vieillard en train de perdre la tête. Un danger pour toute l'organisation. Il pourrait parler. Notamment quand il sera interrogé dans quelques semaines par un grand jury. Son petit frère, à la tête du clan, est bien décidé à le faire évader. Mais pour réussir il faut mettre toutes les chances de son côtés. En clair demander de l'aide à Carl, le roi de l'évasion. Cet Anglais, crane rasé, petites lunettes rondes, est surtout remarquable par son embonpoint. Fatman ne paye pas de mine, mais c'est le meilleur dans sa catégorie. Il va mettre au point cette évasion périlleuse et aux multiples enjeux.

Nouvel épisode de la série « La grande évasion », avec Denys au dessin et David Chauvel au scénario. Aussi dense qu'un film à gros budget, aussi intelligent que les séries télé US : cet album prouve que la BD peut largement rivaliser avec les meilleures productions audiovisuelles actuelles.

« La grande évasion, Fatman », Delcourt, 16,95 €


06/01/2013

BD : Borée, la frontière fantasmée de Raspail et Terpant

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La bonne littérature peut devenir de la très bonne bande dessinée. Il suffit que l'adaptation soit fidèle et surtout que le dessinateur croit en son projet. Jacques Terpant, en proposant l'adaptation du roman « Sept cavaliers » de Jean Raspail aux éditions Delcourt prenait un gros risque. Rapidement les lecteurs ont plébiscité la saga des Pikkendorff et Terpant a logiquement poursuivi sa vision d'un monde à part, où honneur et courage sont des valeurs essentielles. Dans le second tome du Royaume de Borée, Henrick, à la tête d'une petite troupe, poursuit l'exploration de la frontière de l'est. Un monde inconnu, inhospitalier, protégé par un mystérieux petit homme couleur d'écorce.

« Le royaume de Borée » (tome 2), Delcourt, 14,30 €

PS : n'hésitez pas à faire un tour sur le site de Jacques Terpant. Il regorge d'illustrations inédites toutes plus belles les unes que les autres ! 


21/12/2012

BD : Canada illustré dans l'imaginaire de Seth

 

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Le Canada, l'autre pays de la BD ? On pourrait le croire en lisant cet album de Seth. Il imagine une ville, Dominion, et un club sélect, la confrérie des cartoonists du Grand Nord. Une maison pour accueillir les dessinateurs vedettes du moment. Plongez dans ce monde feutré et totalement imaginaire. Seth raconte la vie des auteurs mais aussi de leurs créations. Et on se surprend à lire ce roman graphique comme un documentaire. Comment ne pas croire à l'existence réelle de Bartley Munn, l'inventeur en 1959 de Koa-Kuk, l'astro-eskimo ? Comment se procurer un album de Canada Jack, un des héros les plus mystérieux du Grand Nord ? Qu'est devenu Pefferlaw, l'auteur d'un unique album, « The Great Machine », BD sur un monde souterrain peuplé de machines inutiles ? Cette histoire c'est un peu le catalogue de toutes les BD que Seth aurait aimé lire en étant jeune. En les citant comme de véritables œuvres, il leur donne une vie, une existence, encore plus formidables que si elles étaient réelles. La première BD sur de fausses BD...

« La confrérie des cartoonists du Grand Nord », Delcourt, 22,95 €


08/12/2012

BD : Pilotes du futur dans "Red Wing"

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Le temps, à l'image de notre existence, semble composé d'un début et d'une fin. Il est linéaire. Erreur vous répondra tout scientifique un peu porté sur la question. Pour mieux comprendre ce concept, il suffit de se plonger dans Red Wing, une BD américaine de Hickman (scénario) et Pitarra (dessin). Et comme souvent avec les USA, la compréhension passe par les armes. Les héros sont des pilotes d'intercepteurs temporels. Des avions de chasse passant d'une époque à une autre. Ils combattent des machines venues on ne sait d'où, piller les richesses naturelles de la terre. Des combats, des dilemmes de générations, des trahisons : ces 130 pages se dévorent en plus de temps qu'il n'en faut pour détruire des siècles de civilisation.

« Red Wing », Delcourt, 14,30 €


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05/12/2012

Livre : Vampire historique dans "La Maison de la nuit"

« La maison de la nuit », saga vampirique de Kristin Cast, s'enrichit d'un épisode historique, entre France et Nouvelle Orléans, au XVIIIe siècle.

 

maison de la nuit, cast, vampire, bit-lit, pocket jeunesse, PKJ, delcourtLes vampires sont devenus les symboles absolus du romantisme. Étonnant comme ces suceurs de sang ont changé leur image de marque en quelques années. La faute à la saga « Twilight » et d'autres romans du genre bit-lit (anglicisme pour parler de littérature mordante) réservés aux jeunes filles gothiques. P. C. et Kristin Cast (mère et fille) ont surfé sur la vague avec « La Maison de la nuit ». Sept titres des aventures de Zoey sont parus chez Pocket Jeunesse et un petit hors-série historique permet aux milliers de passionnées d'attendre le 8e tome annoncé en février 2013.

« Le serment de Lenobia » débute comme un roman sentimental classique sur fond historique. Il faut attendre les deux derniers chapitres pour que magie et fantastique reprennent le dessus. Ce court récit, paru initialement aux USA, intéressera d'autant le public français qu'il débute dans le royaume de Louis XVI en 1788. Lenobia est une adolescente, une bâtarde exactement. Son père est un noble, mais il ne l'a jamais considérée à l'égal de sa demi-sœur. Désargenté, il a accepté de vendre sa fille Cécile à un riche planteur de la Nouvelle-Orléans. La vie de Lenobia bascule quand Cécile meurt dans un accident, la veille de son départ vers le Nouveau Monde. La mère de Lenobia y voit une opportunité unique pour offrir un avenir différent à sa fille. Elle va lui ordonner de prendre la place de Cécile. En moins de 24 heures, la bâtarde, plus habituée aux cuisines et aux écuries, doit se grimer en jeune femme distinguée.

 

Huis-clos maritime

Le reste du roman se déroule sur le bateau voguant vers l'Amérique. Lenobia constate avec effroi qu'un évêque fait partie du voyage. Un religieux aux mœurs dissolues, muté d'autorité le plus loin possible de Rome. Lui seul pourrait dévoiler la supercherie car il a déjà tenté d'abuser de Lenobia. La jeune fille va prétendre souffrir du mal de mer pour rester cloîtrée dans sa cabine, sous la surveillance bienveillante de sœurs ursulines. Lenobia ne s'autorise que des escapades matinales dans la cale, pour admirer deux percherons. Elle croise aussi Martin, un métis chargé de soigner les chevaux. Dans cet environnement improbable, l'amour va frapper avec toute sa puissance.

Un volet fleur bleue un peu déconcertant au début. Mais les auteurs, sûres de leur métier, vont rapidement transformer la gentille idylle naissante en choix de vie. L'évêque se révèle beaucoup plus malfaisant. Mais Martin, aux ancêtres haïtiens, saura utiliser les formules magiques de sa grand-mère pour protéger Lenobia, vouée elle aussi à être marquée par la déesse Nyx et à rejoindre une Maison de la Nuit où elle apprendra sa nouvelle existence de vampire.

Variation historique des romans originaux, « Le serment de Lenobia » est une parfaite respiration pour les fans, mais aussi une première expérience pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore la saga.

Autre façon de découvrir l'univers mis en place par P. C. et Kristin Cast, l'adaptation en BD sous forme de comics. Le premier album vient de paraître chez Delcourt.

M. Li.

« Le serment de Lenobia », P. C. et Kristin Cast, Pocket Jeunesse PKJ, 9,90 €

« La maison de la nuit » (La Marque, tome 1), Delcourt, 14,95 €


 

27/11/2012

Achats sexuels au "Magasin sexuel" de Turf

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Amandine, jeune orpheline à la fibre innovante, reprend le commerce de son père. Mais au lieu de vendre des ustensiles de jardinage, elle se lance dans le sextoy. Un « magasin sexuel » ambulant, prenant place une fois par semaine sur la place du petit village des Bombinettes. Forcément, cela ne plaît pas à tout le monde. Chance ou malheur, Amandine charme le maire, le très caricatural Raymond Orloff, dit le père Dodu. Si le premier tome était plus centré sur la jeune fille, le second se met le focus sur ce maire vieux jeu, concentré de machisme et d'arrogance. Grosse moustache, calvitie naissante et bedon proéminent, comment peut-il s'imaginer réussir à séduire la frêle mais têtue jeune femme ? Turf oscille entre fable provinciale et critique acerbe de notre société rétrograde. Un petit bijou de lucidité.

« Magasin sexuel » (tome 2), Delcourt, 14,95 €


19/11/2012

BD : Jacobs, le dessinateur à voix

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Alors que vient de sortir un nouveau « Blake et Mortimer », Rodolphe et Alloing signent une biographie passionnante et exhaustive de la vie et l'œuvre de Edgar P. Jacobs. Surdoué du dessin, il a pourtant durant de longues années vécu essentiellement de sa voix. Un baryton de talent, enchaînant les rôles à Bruxelles et Lille. Mais tout en dessinant, presque pour le plaisir, décors ou costumes. Durant l'occupation il met son crayon au service de l'hebdomadaire Bravo. Il lance « Le Rayon U », le baryton se tait définitivement, un des piliers de la BD franco-belge prend ses marques. En 1946, pour le lancement de l'hebdomadaire Tintin, il créé Blake et Mortimer... Mais il n'est pas que question de travail dans cet album. Amitié et amour sont aussi présents, Jacobs étant fidèle dans les deux cas.

« La marque Jacobs », Delcourt, 15 €, parution le 14 novembre


09/11/2012

BD : Fuite dans le vide avec "Void 01" de Hanna et Phillips

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Seul dans l'espace. Ce concept a été vu et revu des centaines de fois tant en roman, film que bande dessinée. Il permet pourtant à Herik Hanna et Sean Phillips de signer une BD aussi angoissante que réussie. 3e titre de la collection « La grande évasion », Void 01 se déroule dans l'immense vaisseau spatial chargé de convoyer des détenus. Une pluie d'astéroïdes endommage gravement la coque, l'engin se retrouve à la dérive dans le vide sidéral. Une seule solution : l'évacuation. C'est compter sans le sens du devoir du colonel Mercer, seul maître à bord après Dieu. Il considère que ce serait une évasion. Il s'oppose à l'abandon du vaisseau et préfère massacrer équipage et détenus pour éviter le pire. Reste un certain John, unique survivant, bien décidé à sauver sa peau. Un scénario machiavélique illustré par un virtuose américain, Sean Phillips, également à l'honneur dans les librairies avec une autre série, « Fatale », dont le premier tome vient de sortir.

« La grande évasion, Void 01 », Delcourt, 13,95 €


20/10/2012

BD : une chasseuse sachant chasser dans Sillage

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La crise frappe aussi dans le monde de la science-fiction. Navïs, l'héroïne de la série Sillage de Morvan et Buchet, se retrouve acculée par les dettes. Elle accepte n'importe quel job un peu rémunérateur. Elle se retrouve donc sélectionnée pour « nettoyer » un astéroïde peuplé de grosses bébêtes toutes plus dangereuse les unes que les autres. La jeune humaine n'en oublie quand même pas ses principes et plutôt que d'exterminer les monstres, elle les capture pour les réimplanter dans un autre monde, plus vaste et réservé. Mais la chasseuse se retrouve transformée en gibier par des nemrods ayant moins de scrupules. Récit complet à part dans la saga, cet album permet aux auteurs de rendre plusieurs hommages (notamment la tenue de Navïs directement inspirée de celle du Major Fatal) à un maître récemment disparu : Moëbius.

« Sillage » (tome 15), Delcourt, 13,95 €



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14/10/2012

BD : Sacrés saints !

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Le premier tome de cette série écrite par Corbeyran débute un peu comme un film d'horreur américain. Un groupe de six personnes, des scientifiques et une journaliste, se rendent au plus profond d'une forêt pour y étudier un phénomène étrange : du lichen se développant en forme de spirale et mortel pour les animaux. Une seule survivante : la blonde journaliste qui va devenir une bombe à retardement. Kidnappée dans l'hôpital par une rousse gothique, elle est remise à un vieux bonhomme, le véritable héros de « Septième sens ». C'est Luc. Le saint qui au premier siècle a développé un don pour la médecine, un « septième sens », lui permettant de guérir ses semblables. Il est à la tête du groupe « Présence », le regroupement de ces Saints chargés de veiller sur le monde. Dans ce premier épisode intervient une certaine Jane, célèbre dans le temps sous le sobriquet de Jeanne la Pucelle. Elle fera équipe avec Georges, le tueur de dragon et Antoine, capable de discerner les créatures démoniaques.

L'originalité du propos devrait assurer un beau succès au concept. Defali, au dessin, s'approche de plus en plus de l'efficacité d'un Guérineau (Stryges).

« Septième sens » (tome 1), Delcourt, 14,30 €


30/09/2012

Chronique : succès confirmé pour le Festiblog

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La BD bouge encore. Pour preuve le succès du Festiblog dont c'est la 8e édition ce week-end à Paris (cour de la mairie du 3e arrondissement). L'idée de ce festival est à mettre à l'actif de Yannick Lejeune. Il constate l'incroyable vitalité des blogs BD, propose aux plus célèbres de participer à une séance de dédicace en pleine rue. Quelques tentes, des auteurs en devenir n'ayant pour la plupart encore rien publié : le pari était risqué. Mais les milliers de visites virtuelles se transforment en milliers de visiteurs, en chair et en os.

Depuis, les pionniers sont devenus des valeurs sûres de la BD. Boulet explose les ventes avec ses « Notes », Laurel enchaîne les projets, Pénélope Bagieu vend des milliers de « Joséphine », Margaux Motin est incontournable dans les magazines féminins. Ces stars ne dédicacent pas au Festiblog de ce week-end. Place aux jeunes : dans le numérique, une génération ne dépasse pas 5 ans... Le festival s'est étoffé. Les partenaires se bousculent car le public est au rendez-vous.

Mais comme partout, les réussites font office d'arbre qui cache la forêt. La simplicité de mise en œuvre d'un blog BD ne garantit pas la qualité. Et Bastien Vivès, le premier, a osé une BD critique sur le phénomène. « La Blogosphère » chez Delcourt se moque de ces gribouilleurs tentés de reproduire les recettes des plus originaux. Une sorte de consécration pour un phénomène de mode de plus en plus concurrencé par les réseaux sociaux.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue samedi en dernière page de l'Indépendant

25/09/2012

BD : la Balance à la barre pour la série Zodiaque de Corbeyran

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La série Zodiaque, scénarisée par Corbeyran, arrive à la moitié de l'aventure. Le septième signe, la Balance, se déroule en partie dans le milieu de la justice. Logique, ce signe est par excellence celui de l'équilibre, de la diplomatie. L'histoire de Benjamin Brass, procureur à New York, est dessiné par Ullcer. Un trait réaliste, renforçant le côté implacable de cette BD. Brass obtient de très bons résultats contre le crime organisé. Sa spécialité : convaincre des seconds couteaux de témoigner contre les parrains. Il n'a pas de mal à obtenir leur collaboration. Grâce à son talisman zodiacal et ses talents de sorcier, il les persuade que c'est ce qu'ils doivent faire. Des résultats qui font jaser. Suspecté de collusion avec la dernière famille, il est enlevé et conduit, inconscient, dans une petite ferme en Sicile. C'est là, au cœur de la région d'origine de la mafia qu'il va devoir faire un choix. Un choix d'autant plus difficile pour lui qu'il est de ce satané signe toujours oscillant entre le bien et le mal. Toujours aussi brillant, de plus en plus fantastique, « Zodiaque » par son rythme effréné de parution est une des séries phares de cette année 2012.

« Zodiaque, le jugement de la Balance » (tome 7), Delcourt, 13,95 €


19/09/2012

BD : le petit commerce mortel de Jean Teulé, Olivier Ka et Domitille Collardey

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La maison Tuvache est un commerce sérieux. Ses propriétaires assurent un service de qualité. Le couple accueille les désespérés et leur vend cordes, poisons, armes et autres ustensiles très efficaces pour se suicider. Tout irait pour le mieux si le dernier rejeton, Alan, n'avait pas une joie de vivre communicative. « Le magasin des suicides » est à la base un roman de Jean Teulé. Ce succès de librairie est adapté par Olivier Ka (scénario) et Domitille Collardey (dessin). On retrouve toute la poésie de l'histoire originale dans cet album aux dessins simples, parfois enfantins. Les auteurs ont alterné séquences classiques et dessins pleines pages comme pour mieux donner une vue d'ensemble de cette boutique hors du commun.

« Le magasin des suicides », Delcourt, 14,95 €


14/09/2012

Cercles de mystère et symboles cachés

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Scénariste prolixe, Makyo explore sans fin les effets du fantastique dans notre quotidien. Après son coup de maître, « Balade au bout du monde », il a multiplié les variations sur ce thème. Pour « Les cercles de mystères » il retrouve un des dessinateurs de la Balade, Laval. L'illustrateur mauricien allège son trait, se rapprochant plus de Rossi que de Vicomte. Gabrielle Flye, le personnage central de l'histoire, fait partie d'un groupe d'études des crop circles. Ces dessins apparaissent dans des champs de céréales et sont de plus en plus nombreux en France. Elle est persuadée qu'ils ont une signification bien précise. Elle partage sa passion avec sa sœur qui va avoir un bébé. Deux sœurs très inquiètes pour la santé de leur père. Un peintre victime d'une attaque. Durant de longues minutes tout le monde l'a cru mort. Il est revenu à la vie, mais depuis est mystérieux. Est-il devenu fou où a-t-il véritablement vu l'avenir durant son malaise ? En 56 pages les auteurs présentent les personnages, la thématique et surtout plantent une ambiance mystérieuse et fantastique. Une mise en bouche très prometteuse.

« Cercles de mystère » (tome 1), Delcourt, 14,30 €


27/08/2012

Lady Spitfire : la fille de l'air

 

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La guerre est une affaire d'hommes. Pas sûr en lisant cette BD écrite par Latour et dessinée par Maza. L'héroïne, Laure Chevalier, est une passionnée d'aviation. En 1940, avec son père un ancien as de la 1ere guerre mondiale, elle rejoint l'Angleterre pour échapper aux hordes nazies en train de déferler sur la France. Elle se retrouvera orpheline, avec une farouche volonté de se venger et de voler. Cantonnée au début dans les transports de troupes en dehors des zones de combat, Laure devra se faire passer pour un garçon afin d'intégrer une escadre de chasseurs. Avec la complicité d'un chef excentrique, elle prendra enfin les commandes d'un Spitfire et pourra démontrer sa virtuosité dans le combat aérien. Cette reconstitution romancée de la guerre côté anglais bénéficie de dessins réalistes dignes des plus grandes séries du genre, de Buck Danny aux Chevaliers du Ciel.

 

« Lady Spitfire » (tome 1), Delcourt, 14,30 €


 

24/08/2012

Vierge vengeresse, nouvel épisode du Zodiaque signé Corbeyran et Lannoy

 

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La série « Zodiaque » écrite par Corbeyran et illustrée par douze dessinateurs différents, est arrivée à mi-course. Après le Lion, c'est la Vierge qui est sous les projecteurs. Celle qui porte le talisman magique (le lien entre tous les albums) a l'apparence d'une petite employée de bureau russe. Quasi invisible, sans personnalité. Selena Takian a pourtant un un vice, un seul et unique vice : la littérature. La nuit, elle devient Elena Satanik et écrit des romans à succès « gorgés d'orgies décadentes et de meurtres épouvantables. » Sa vie va basculer à la fin d'une dédicace. Dans une rue déserte elle est enlevée par quelques moralisateurs. Ils improvisent un procès et condamnent Elena Satanik à la peine de mort. Ils risquent de le regretter un peu plus tard, le talisman de Selena lui permettant de fomenter une vengeance redoutable. Un peu faible au niveau du dessin de Nicolas Lannoy, cet album ravira cependant tous les amateurs de fantômes et de revenants.

 

« Zodiaque, le supplice de la vierge », Delcourt, 13,95 €


 

21/08/2012

Guerre civile française dans Jour J de Pécau, Duval et Damien

 

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Mai 68, révolution, avortée, n'a finalement accouché que d'une souris. Dans la série de politique fiction « Jour J », Duval et Pécau ont imaginé une autre suite pour le mouvement étudiant. De Gaulle retrouvé mort à l'Elysée (attentat ou suicide ?), les deux France se retrouvent face à face. Certains militaires tentent d'en profiter pour mener un coup de force. Les armes parlent. La guerre civile se répand partout, rouges contres bleus. Après 8 années de guerre civile, l'ONU tente de calmer le jeu. Des troupes américaines encerclent Paris. L'album, dessiné par Damien, s'accroche aux basques de Oliver Nooman, un photographe de presse pour le Boston Globe. Il se retrouve au cœur des combats dans un Paris ravagé, partagé en zones contrôlées par différentes milices, de celle des intégristes religieux aux punks anarchistes. Un déchaînement de violence comme on en voit actuellement, mais à Bagdad... Particulièrement crédible, cette histoire démontre qu'aucun pays n'est à l'abri. Une étincelle parfois suffit pour embraser une Nation toute entière...

 

« Jour J, Paris brûle encore » (tome 8), Delcourt, 14,40 €


 

28/07/2012

Une charmante rebelle dans "Snuff" de Nihoul et Lemmens

 

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Ethan Fargo, l'improbable héros de cette série décalée de Nihoul et Lemmens est bien mal en point. Ce cinéphile, grand fan des comédies musicales, est tombé par hasard sur la copie d'un snuff movie dans son vidéo club préféré. Depuis les ennuis s'amoncellent à vitesse grand V. Dans les premières pages du second épisode, il est recherché par la police du petit état du Matamayas en Amérique centrale. Acculé dans une impasse, il croit sa dernière heure venue mais il est sauvé in extrémis par Ines, capitaine de la rébellion. Le rouquin américain va taper dans l'œil de la brune sud-américaine. Mais ce n'est pas parce qu'il la charme que ses ennuis vont s'arrêter. Ensemble ils vont partir au cœur de la jungle tenter de retrouver un certain Delrio, vedette du snuff movie et ancien amant d'Ines. Le scénario de Nihoul est agrémenté d'excellents dialogues, renforçant l'impression d'ovni dessiné, un peu à la Tarantino. Lemmens, au dessin sec et anguleux, est particulièrement à l'aise dans cette jungle oppressante.

 

« Snuff » (tome 2), Delcourt, 13,95 €


 

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23/06/2012

Deux nouveaux signes pour le Zodiaque de Corbeyran

 

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Corbeyran, fait partie avec Morvan, Giroud et Desberg de ces scénaristes prolixes, touche-à-tout et capables de mener des projets lourds avec plusieurs dessinateurs sur une période très réduite. Il vient de se lancer dans l'aventure Zodiaque. Une année, 12 titres sur chaque signe rythmant notre horoscope. Les deux premiers étaient particulièrement réussis, les deux suivants tout aussi concluants. L'idée est excellente, les récits sont indépendants tout en laissant une petite place au feuilleton, les différents protagonistes semblant tous se connaître d'un passé commun. Chaque personnage a un talisman lui donnant des pouvoirs surnaturels. Agatha, voyante du signe du gémeaux, a le don de localiser les disparus si elle est en possession d'un objet de la personne recherchée. Elle va se mettre au service d'une jeune femme malade, à la recherche de son frère jumeau. Dans « L'héritage du Cancer », Naomie, bouquiniste new-yorkaise, retrouve dans sa boutique inondée un vieux grimoire donnant le secret de la vie. Côté dessin, le Cancer, de Robin, est d'un très haut niveau.

 

« Zodiaque » (tomes 3 et 4), Delcourt, 13,95 € chaque volume