01/01/2013

Chronique : les milliards du net en 2012

2012 sur le net : que reste-t-il d'une année de surf virtuel ? Tentative de bilan, épisode 5/6.

La fortune en un clic de souris. Tout le monde en rêve, certains l'ont fait. En 2012, les milliardaires d'internet passent à la vitesse supérieure. Les sociétés issues du net se lancent à l'assaut des places financières. Première bordée avec Groupon. Son introduction en bourse est un succès, ses premières cotations une catastrophe. Le trafic n'est pas toujours synonyme de bénéfices. Encore plus médiatisée l'arrivée de Facebook à Wall Street. Toutes les actions trouvent preneur à 38 dollars. Mais rapidement le cours dévisse. Mark Zuckerberg perd un milliard dans l'affaire. Il lui en reste encore 5 ou 6... Suffisamment en tout cas pour acheter Instagram, le logiciel de retouche de photos. En 2012, certains chiffres donnent le vertige. 

Le net est un peu le nouvel eldorado du XXIe siècle. Ils sont des millions à espérer faire fortune dans le virtuel. Néanmoins, peu de chanceux font partie des élus. Quand je me suis lancé il y a un peu plus d'un an dans la rédaction quotidienne (sauf le dimanche, mille mercis Jean-Paul Pelras de me permettre de respecter Shabbat) de cette chronique sur le net, je me suis dit : « Fin 2012, je suis millionnaire. » Objectivement, il ne me reste plus que deux jours pour persuader mon rédacteur en chef de m'octroyer une prime à six zéros. A moins qu'un riche mécène (Mark, si tu me lis) aie pitié d'un pauvre chroniqueur... 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue samedi en dernière page de l'Indépendant.

18/12/2012

Chronique : quand se photographier tous les jours devient ridicule

Tempus fugit. Avec les nouvelles technologies, rien de plus facile que de mettre en images cette expression latine. On ne saura jamais qui le premier a eu l'idée de se photographier quotidiennement et d'en faire un montage accéléré. Les vidéos de ce genre ont pullulé un moment sur internet. Une fois la surprise de la nouveauté passée, force est de constater que la chose n'est pas bien passionnante.

Deux sortent cependant du lot. Un père persévérant a filmé sa fille de sa naissance à ses 12 ans. Du gentil bébé joufflu, elle devient une charmante adolescente, de plus en plus réticente à l'exercice...


TimeLapse fille de 0 à 12 ans par Spi0n


Plus fun la vidéo de cet homme adepte des expériences capillaires en tout genre. De la crête d'Iroquois à la tonsure totale, de la barbe torsadée aux rouflaquettes, il devient en moins de deux minutes un catalogue complet pour coiffeur inventif. 


Se prendre en photo tous les jours pendant 2 ans ! par thony911


Les autres ne sont que fades copieurs. Sergio Salma, dessinateur de BD, imagine les pires sur son mur Facebook. « Elle se prend en photo chaque jour pendant 3 ans et demi, le temps d'un régime où elle va perdre 90 kg mais on voit rien, c'est mal cadré » est illustré par un bout d'épaule. La photo d'une souriante blonde explique qu'elle « se prend en photo tous les jours depuis 2 jours. Et c'est très con. » La dernière, ma préférée : « Il se prend en photo toutes les heures depuis 27 ans et se fait voler son ordinateur avec toutes ses photos dedans. »

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.

15/11/2012

Chronique : Marions-nous sur Facebook !

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Dans sa quête de suprématie totale et absolue sur internet, Facebook ne cesse de rajouter des fonctionnalités. Dernier gadget en date : si vous êtes en couple, vous pouvez créer une page commune avec votre moitié. Encore faut-il se méfier. Comme le souligne une abonnée de Twitter : « Facebook : le seul endroit où tu peux être marié à ton/ta meilleur(e) ami(e) et avoir 30 frères et sœurs. »


Résolu à payer de ma personne, je me lance. Sur mon profil Facebook, je passe du statut de « célibataire » à « marié ». Premier avantage, ma page ne sera plus squattée par les publicités genre « Rencontrez des femmes de votre région »... Mais encore faut-il que mon épouse accepte de confirmer notre relation... Bingo, elle dit « oui » ! Conséquence, apparaît en gros sur mon profil sa photo avec cette actualité « Mariage... le 14 novembre 2012. » « Franchement, on a l'air fin, 14 ans après... » ne peut-elle s'empêcher de remarquer sournoisement. D'autant qu'au début elle croyait à un regain de romantisme alors qu'il ne s'agissait que d'une expérience, d'un test. Reste à construire cette page commune. Patatras, la fonction n'est pas encore validée pour la France... Tout ça pour ça !

Aujourd'hui, j'hésite. Vais-je « divorcer » deux jours après mon mariage ? Ou entériner ma nouvelle situation amoureuse ? Courageux, mais pas téméraire, je ne vais pas trop jouer avec les nerfs de ma femme. Cela a beau être sur Facebook, donc totalement virtuel, ce n'est pas sans conséquences dans la vraie vie.  

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce jeudi.

18:23 Publié dans Humeur, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mariage, couple, facebook, web

11/11/2012

Chronique : Sam et Bob vont en boîte

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Sam en France, Bob en Belgique ont un point commun. Ils vont faire la fête en boîte de nuit, mais ne boivent pas une goutte d'alcool. Sam et Bob sont les sobriquets donnés par la Prévention routière au conducteur volontaire chargé de raccompagner à bon port les camarades alcoolisés. En Belgique, voilà des années que toute sortie d'un groupe d'amis débute par l'interrogation « Bon, qui fait Bob ce soir ? » Le volontaire (ou désigné d'office) s'engage à ne pas boire d'alcool. Retour sans risque assuré pour les autres. Et s'il croise une patrouille de gendarmes, son alcoolémie négative lui fera gagner un porte-clé Bob « qui brille dans la nuit »... 

La France vient de copier le concept et lancer le personnage de Sam, le capitaine de soirée. Il dispose d'une application pour smartphone et d'une page Facebook intitulée « Vie de Sam », un peu sur le principe de « Vie de merde ». Chaque Sam peut y raconter ses anecdotes les plus originales. Hadrien par exemple, désigné pour reconduire un pote, s'est doublement dévoué puisqu'en plus de l'ami, il s'est chargé de la jolie fille draguée durant la soirée. Le pote s'est endormi, Hadrien, sobre, a assuré... L'histoire recueillant le plus de « j'aime » sera illustrée et publiée sur Facebook. En jeu également chaque semaine une soirée VIP avec limousine et chauffeur. Le Sam sobre et sérieux pourra pour une fois se lâcher complètement. Mais attention, aucune précision dans le règlement du jeu ne prévoit le nettoyage de la moquette.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue samedi 10 novembre en dernière page de l'Indépendant. 

08/11/2012

Chronique : Ma nuit américaine

barack obama, romney, USA, élections, twitter, facebook« Four more years » et une photo de Barack Obama enlaçant tendrement sa femme Michelle. Une image et ces trois mots, tweetés et publiés sur Facebook par l'équipe de campagne du candidat démocrate à 5 h 16, mercredi matin, mettent fin à une « nuit américaine » palpitante. « Quatre années de plus » au poste de président des USA. Le message prend presque de court les instituts de sondage. Immédiatement, des milliers de personnes propagent la nouvelle, phénomène de bouche à oreille virtuel sans précédent. Plus de 600 000 « retweets », 2,8 millions de « j'aime » sur Facebook à 14 heures, le « chouchou » des réseaux sociaux enfonce le clou. 

Durant cette nuit, le civisme  des électeurs américains s'étale au grand jour. Les messages annonçant « #Ivoted » sur Twitter déferlent au rythme de 2000 par minute. Une élection suivie aussi sur une carte interactive de Facebook. Chaque abonné peut signaler son passage dans l'isoloir. Près de 10 millions de personnes jouent le jeu, surtout des femmes et des jeunes. 

Les réseaux sociaux permettent aussi aux peoples de réagir instantanément. Joie pour Lady Gaga et son équipe après un concert.


Grosse fiesta chez Eva Longoria et un petit mot en français pour le rappeur Jay-Z : « Encore ». On attend toujours la réaction de Clint Eastwood. Les mauvaises langues prétendent qu'il demande conseil à une chaise vide...


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce jeudi.


 

Pour les archives, la Chronique parue mercredi matin en dernière page de l'Indépendant. Ecrite la veille, sans connaître le résultat de l'élection...

Une mite dans la baraque

 

Barack Obama a remporté l'élection présidentielle américaine. Du moins, sur les réseaux sociaux. Parce que dans la vraie vie, celle où les citoyens votent (vieille invention d'un pays en perdition : la Grèce), à l'heure où sont imprimées ces lignes, le résultat est indécis. Reste les réseaux sociaux, boule de cristal moderne. Nombre d'abonnés sur Twitter, partages de ses messages, « like » sur Facebook : partout Barack casse la baraque (je me permets ce jeu de mot usé jusqu'à la corde car en cas de défaite, c'est ma dernière occasion de le placer...). Logique finalement car Romney, avec son image de chef de famille mormon, n'a rien du geek à la page. Il ferait plutôt penser à un costume sentant la naphtaline pour effrayer les mites, Romney (celui-là, il est carrément tiré par les cheveux, mais là aussi, s'il perd, difficile de le replacer...) De cette campagne électorale, vu du net, on ne retiendra que quelques images reprises à l'envi. Clint Eastwood, soutien du candidat républicain, dialoguant avec une chaise vide, Obama étrangement absent dans le premier débat, brillant dans le second avec sa tirade sur les baïonnettes. La palme revient quand même à Romney quand il s'est « attaqué » à Big Bird, un héros de Sesame Street, l'émission pour la jeunesse. Non il n'a pas la phobie des bêtes à plumes, il veut simplement réduire les crédits de la télévision publique. Et du coup toute la campagne se trouve résumée en une phrase : « Obama a tué Ben Laden, Romney va s'occuper de Big Bird ».

01/11/2012

Chronique : Suicides d'adolescents après des harcèlements sur le net

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Va-t-on bientôt voir, au bas des pages d'accueil des réseaux sociaux, cet avertissement : « Attention, l'abus d'internet tue » ? Ce raccourci, à priori excessif, s'avère pourtant parfaitement justifié dans les cas d'Amanda et de Gauthier, une adolescente canadienne et un jeune Brestois, retrouvés morts chez eux. Deux suicides directement liés à des histoires de harcèlement sur le net.

Gauthier, au cours d'une conversation via webcam sur le site chatroulette, accepte de se montrer nu pour une amie. Cette dernière enregistre la performance et menace Gauthier d'en diffuser un extrait sur Facebook s'il ne lui fait pas parvenir 200 euros. C'en est trop pour le jeune homme de 18 ans qui se pend le 10 octobre dans le cabanon de jardin de la demeure familiale. La police criminelle de Brest cherche à identifier la maître-chanteuse.

C'est aussi une photo de nu qui conduit Amanda, Canadienne de 15 ans, à la dernière extrémité. Devant sa webcam, elle accepte de dévoiler sa poitrine pour un « ami ». La photo est publiée sur le mur Facebook de ses connaissances. Honte, déprime, harcèlement : la descente aux enfers débute pour la lycéenne. N'en pouvant plus, elle poste une vidéo particulièrement émouvante où elle raconte sa détresse sur des feuilles de papier. Quelques jours plus tard, Amanda se donne la mort.

Oui, internet peut se transformer en arme mortelle. Ce média si puissant peut décupler une situation déjà problématique. Mais il est du ressort de chacun de se méfier, d'être attentif, notamment les parents.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

18/10/2012

Chronique : Les nuits de Christophe H.

Il se passe des choses bizarres la nuit sur la toile. Christophe Hondelatte, ancien journaliste, nouveau chanteur, en fait le sujet de son nouveau single intitulé « Cybernight ». Virtuose de la rime riche, il frappe fort. Après son légendaire Dr House/Mickey Mouse, il ose le SMS/fesses. Et comme jamais rien n'est simple avec lui, lorsqu'Europe 1 diffuse sa chanson mardi sans son autorisation, « Aux voleurs » s'indigne-t-il immédiatement sur son mur Facebook. Reprise sur nombre de sites, « Cybernight » fait beaucoup jaser. Il est vrai que les phrases crues sur les rencontres d'un soir via le net ont de quoi interpeller. « T'es OK pour un plan ce soir ? Moi je ne peux pas recevoir. J'aime le cuir et le latex, et les toilettes du Grand Rex ». Le premier couplet plante le décor. Et de demander ensuite d'envoyer « par SMS », une photo « de tes fesses ». Les commentaires et avis sur les réseaux sociaux déferlent. Assez méchants dans l'ensemble. Christophe Hondelatte endosse involontairement le rôle de la tête de Turc dont il est si facile de se moquer. Beaucoup se demandent si les paroles sont inspirées des expériences personnelles de l'auteur...

Le problème est que la teneur du texte a éclipsé l'affaire du vol. Enregistré cet été, le single ne devait être dévoilé que le 15 novembre. L'énorme buzz a entraîné un changement de planning. On peut donc écouter « Cybernight » sur Youtube. Mais pas la noter. Logique : « Dr House » a recueilli 1234 « j'aime » contre 6219 « Je n'aime pas »...


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.

13/10/2012

Chronique : Les « plus » de Facebook, nouveau dada des sociologues

Facebook, sociologues, méchant, surpoids, sexe, réseaux sociaux, chroniqueS'il en est bien dont le succès de Facebook booste les carrières ce sont les chercheurs en sociologie. Pas un jour ne passe sans que les journaux ne décryptent une étude comportementale sur les habitudes du milliard d'utilisateurs du troisième pays (virtuel) le plus peuplé de la planète.

Après « Pourquoi les utilisateurs du réseau social sont-ils plus méchants que la moyenne des gens ? », une nouvelle étude démontre que « plus on est sur Facebook, plus on est en surpoids et à découvert. »

Dans le même temps, des chercheurs de l'université de Chicago affirment que « consulter Facebook et Twitter semble plus tentant que d'avoir des relations sexuelles ou de fumer une cigarette. »

Une constante dans ces études : plus on est sur Facebook, moins on a de qualités... Au final, si l'on additionne tous les résultats, le portrait type d'un utilisateur a tout du monstre : un être renfrogné, détestant les vrais gens, gros, pauvre, méchant et affabulateur. Le portrait craché du regretté "Gros Dégueulasse" de Reiser (illustration)... Pas étonnant dans ces conditions s'il se tourne vers des amis « virtuels ».

A moins que ces adeptes de Facebook fassent eux aussi partie du domaine de l'imaginaire. Quel outrecuidant irait vérifier la pertinence d'études de prétendus chercheurs qui passent leur temps à diaboliser le grand méchant Facebook et si ça se trouve, sont encore plus asociaux que les cobayes débusqués sur le net ? Reste à analyser l'étude ultime, celle encore à réaliser qui démontrera, à coup sûr, que « plus on est sur Facebook, plus on se prend pour des chercheurs en sociologie qui ont réponse à tout. » 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant.

04/10/2012

Chronique : recherche en paternité

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L'information a tourné en boucle mardi sur tous les sites internet. Si bien que pour certains c'est « la fin d'un des plus grands mystères de ce siècle : on sait qui est le père de l'enfant de Rachida Dati. »

 

 

A l'origine un article du Point affirme que l'ancien Garde des Sceaux « a assigné Dominique Desseigne, le P-DG du groupe de casinos et hôtels Lucien Barrière, devant un tribunal civil hors de Paris pour reconnaissance de paternité ». Information immédiatement démentie par la maire UMP du VIIe arrondissement de Paris. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, elle demande, une nouvelle fois, que « l'on respecte ma famille et particulièrement la santé de ma fille souvent perturbée par ce type d'agissements. »

Ce nouveau rebondissement de la « peopolisation » de la vie politique française atteint une ampleur démesurée sur internet. Tous les sites accordent une importance énorme à ce genre de nouvelles car elles assurent de fortes audiences. Il est fini le temps où la politique se suffisait à elle-même.

Le meilleur exemple en est Roselyne Bachelot. Cette ministre emblématique de tous les gouvernements Fillon, se reconvertit comme chroniqueuse à la télévision. Lors de la présentation de l'émission (dès lundi sur D8, la chaîne customisée par Canal+), elle a volé la vedette à la présentatrice Laurence Ferrari. Et ce n'est pas un hasard si l'autre chroniqueuse mise en avant est Audrey Pulvar... compagne de ministre. Pour une fois je vais être nostalgique : rendez-nous Simone Veil !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

26/09/2012

Chronique : Facebook, présumé coupable, explication d'un faux-bug

 Ça chauffe pour Facebook. Le méchant mastodonte numérique, victime d'un « énorme bug », publie les messages et discussions privés des années 2007 à 2009 de ses abonnés sur leur mur. L'information a affolé la toile toute la journée de lundi. Du moins ceux qui ont des choses à cacher à leurs « amis ». En clair, maris infidèles, épouses volages et employés critiques envers leurs collègues ou hiérarchie...

Facebook a souvent été cloué au piloris de la confidentialité. Lundi, comme pris d'une frénésie sécuritaire, ils sont nombreux à recommander d'effacer en urgence les historiques. Mais hier, après 24 heures d'un buzz négatif, Facebook dément l'information. Et d'expliquer que ce que l'on croit être des messages privés ne sont que des notifications publiques, de mur à mur. Du temps où les inscrits n'avaient pas compris que ces statuts, adressés à une seule personne, étaient visibles par tous. L'arrivée l'an dernier de la nouvelle version de la timeline a exhumé ces messages oubliés.

Le site du journal Metro, le premier à avoir levé le lièvre, a fait son mea culpa. Mais l'incident risque de laisser des traces. Pour preuve cette discussion (publique) entre deux amis : « Tous nos messages privés, même les plus privés des plus privés, sont stockés en Irlande. Ils pourront toujours resurgir un jour » et l'autre de surenchérir : « C'est aussi pour ça que je détruis mon compte tous les 6 mois, et change de nom à chaque fois. » Paranoïa et réseaux sociaux feront toujours bon ménage.

Chronique "ça bruisse sur le net" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

25/09/2012

Chronique : réseaux (trop) sociaux

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Une nouvelle fois, le monde du travail pointe les réseaux sociaux dans sa ligne de mire. Une récente étude américaine chiffre la perte pour l'économie, en raison du temps passé sur internet au travail, à la somme astronomique de 650 milliards de dollars. Une infographie synthétise les données et certains chiffres ont de quoi faire bondir les patrons à la recherche d'une meilleure productivité. En moyenne, un employé américain est interrompu dans sa tâche toutes les dix minutes par du courrier électronique ou un réseau social. Encore plus dramatique : une fois le travail arrêté, l'employé met 23 minutes pour le reprendre... Aux USA, on consacre en moyenne 28 % de son activité professionnelle à la lecture d'emails. Facebook aussi est un dévoreur de temps : 405 minutes par mois environ.

Mais pour être honnête, il faut noter que les Français n'ont pas attendu les statistiques américaines pour plomber leur productivité. Pause cigarette, déjeuner qui s'éternise, coups de fil aux amis, papotage à la machine à café : certains sont les rois de la débrouille quand il s'agit de faire semblant de travailler.

Et personne n'est parfait : durant l'écriture de cette chronique (interrompue à trois reprises durant plus de 20 minutes), j'ai reçu 12 emails (dont 11 spams), été une fois sur Facebook, fumé trois cigarettes, répondu 14 fois à mon épouse (oui, elle est très bavarde...), envoyé balader un démarcheur téléphonique et totalement ignoré Twitter sans quoi je n'aurais pas dépassé la seconde phrase.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce mardi.

31/08/2012

Et si vous changiez de réseau social ?

A l'heure où l'action Facebook joue au yo-yo, le leader mondial des réseaux sociaux doit faire face à l'arrivée de concurrents inspirés directement de son concept. Cet été est apparu, en version bêta, Thechangebook.org. Ça ressemble à Facebook, ça a le goût de Facebook, mais c'est différent. Les créateurs expliquent « Thechangebook fonctionne sans publicité. Il est financé par Actualutte qui est garant de la préservation de l'identité des membres du réseau. » Pour Actualutte, Facebook fait trop penser à un Big Brother puissance un milliard (le nombre d'abonnés), à l'affût des goûts de chacun pour ensuite revendre ces informations aux sociétés mercantiles.

La société de Mark Zuckerberg doit également faire face à une initiative élitiste. L'entrepreneur suédois Erik Wachtmeister va lancer un réseau social visant les « 1% au sommet », appelé Best of All Worlds. Selon M. Wachtmeister, « les 1% au sommet des internautes, des personnes qui sont en pointe dans leur domaine : banquiers d'affaires, gens de la communication et des médias, de la mode, de la politique... Il ne s'agit pas de la jet-set ou des riches, mais de gens sophistiqués qui ont bon goût ». Sympa pour les 99% restants.

Quant au meilleur, toujours pour la fin ! La semaine prochaine vous pourrez vous inscrire sur flèchebook, le réseau social du paléolithique. Un site dérivé de la série animée « Silex and the city » adaptée de la BD de Jul. Tous les soirs à 20 h 45 sur Arte à partir de lundi. A ne manquer sous aucun prétexte.

En bonus, très bonne interview de Jul sur France Info :



Jul : Silex and the City, un voyage au... par FranceInfo

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant.

27/05/2012

Facebook a sa Camera au détriment de toute logique économique

 Mark Zuckerberg avait un milliard de dollars à perdre. Il y a un peu plus d'un mois il annonçait avoir racheté Instagram, le logiciel de retouche et de partage de photos, pour cette somme astronomique. Hier, Facebook a officiellement dévoilé « son » propre logiciel, Facebook Camera. Il permet, à peu de choses près, de faire les mêmes opérations qu'avec Instagram. Donc, le réseau social qui vient d'être introduit en bourse a racheté très cher quelque chose qu'il avait déjà dans ses cartons... La logique sur internet est parfois déroutante.

 

Mais on ne manque jamais d'économistes en herbe sur le net. Et ce qui paraît une aberration financière à première vue peut être facilement expliqué. Première hypothèse, Facebook Camera n'a que peu de chance de s'imposer face à son prédécesseur. Autant anticiper l'échec et racheter la concurrence.

 

Autre version, Facebook Camera est un pur plagiat d'Instagraman. Avant de perdre des plumes dans un procès, mieux vaut acquérir l'original pour éteindre tout risque de poursuites...

 

La dernière, la plus tordue : face à l'échec de l'introduction en bourse, faire diversion. Annoncer une nouveauté (même si cela n'en est pas vraiment une) permet de provoquer un contre-buzz. Au moins, tant qu'on parle de Facebook Camera sur les réseaux sociaux ou dans la presse, on ne parle pas du cours de l'action... A ce niveau, le tour d'entourloupe digne des pires politiciens est magistralement exécuté.

(Chronique ça bruisse sur le net" parue samedi 26 mai en dernière page de l'Indépendant)

08:32 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : facebook, camera, instagram, bourse

17/02/2012

L'éducation à l'américaine : au pistolet et avec un ceinturon...

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Comment éduquer sa fille de 15 ans en pleine crise d'adolescence ? Tommy Jordan, un Américain devenu très célèbre grâce à une vidéo visionnée plusieurs millions de fois sur Youtube, a la solution : exploser son ordinateur portable en le perforant de 9 balles tirées de son pistolet. Hannah a eu le malheur de poster sur son mur facebook un texte dans lequel elle se plaint des nombreuses tâches ménagères que lui imposent ses parents. Tommy, stetson sur le crâne, a dit ce texte devant la caméra. Et à la fin, décide de donner une bonne leçon à sa fille. Il se filme en train de truffer de plomb l'ordinateur d'Hannah. Et de conclure : « Tu pourras avoir un nouvel ordinateur portable quand tu te l'achèteras. Il faut aussi que tu me rembourses les balles parce qu'elles coûtent chacune à peu près un dollar. »

Cette grande leçon d'autorité parentale à l'américaine a déchaîné les passions. Certains approuvaient la démarche de ce père responsable. D'autres s'inquiétaient, craignant que la prochaine fois ce ne soit pas sur l'ordinateur qu'il tire.

Une histoire à mettre en parallèle avec cette autre querelle père-fille. Un honorable juge, reprochant à sa fille de trop surfer sur internet, a préféré l'intimité de sa chambre pour lui expliquer son courroux. Un tabassage en règle à coups de ceinturons qui lui a coûté sa carrière. Sa fille avait branché la webcam de son ordinateur et a diffusé la scène au monde entier...

(Chronique "Ça bruisse sur le net" parue dans l'Indépendant du jeudi 16 février)

16/02/2012

La Saint-Valentin sur les réseaux sociaux : une orgie d'amour

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Ils ont bien réussi leur coup les publicitaires. La Saint-Valentin, la fête des amoureux, connaît un regain de vitalité grâce à internet. Depuis une semaine, on percevait un frémissement, hier c'était l'apothéose, l'overdose même. Partout et à propos de tout, on ne parlait que de ça. Les moutons de la toile avaient les yeux en forme de cœur, les bisous contaminaient tout...

Même des virus ont pris la sympathique forme d'une application à partager sur Facebook pour mettre votre profil aux couleurs de la Saint-Valentin (à dominante rose !). Ne succombez pas à ce bête excès de romantisme, vous le regretteriez...

Qui dit Saint-Valentin dit ébats amoureux. Une étude américaine nous apprend que chez les moins de 35 ans, la classique cigarette d'après l'amour est en train d'être détrônée par les réseaux sociaux. Ils sont 35 % à aller raconter leurs exploits, essentiellement depuis des smartphones. Saluons au passage le format de Twitter (140 signes maximum), idéal pour les éjaculateurs précoces.

Sur Twitter justement, le nouveau jeu à la mode est une petite application qui se charge de trouver votre âme sœur sur le réseau. Je l'ai testé et il ressort que @litout (moi, en l'occurrence) serait amoureux de... @lindependant (le compte du journal, mon boulot quoi). Ça semble complètement idiot, mais finalement mon épouse n'est pas loin de confirmer. A son grand regret, je passe beaucoup trop de temps à travailler.

Sur ce, je met un point final à cette chronique. J'ai un cadeau à trouver moi...

(Chronique "Ça bruisse sur le net" parue dans l'Indépendant du mercredi 15 février)

15/02/2012

Les vraies et fausses morts annoncées sur internet

Dimanche matin, au réveil, mon fil twitter était rempli des ultimes trémolos de Whitney Houston et de ses fans inconsolables. On aurait pu se douter en voyant sa dernière apparition publique dans une discothèque que tout cela allait mal finir. Titubante, elle monte sur scène, prend le micro et tente de chanter de sa voix éraillée par les excès.

Il y a eu beaucoup de « RIP Whitney » et des rigolos qui ont parodié la NASA avec « Allo Whitney, on a un problème... »

J'avais déjà trois refrains de ses tubes en tête et ne savait plus quoi faire pour m'en défaire quand le salut est venu de Facebook. Une amie me prévenait : « Whitney se défonçait, Keanu faisait du sport. La vie est décidément une maladie mortelle. » Et un lien renvoyait sur la page d'un site américain annonçant la mort de Keanu Reeves dans un accident de snowboard... Je découvrais rapidement que c'était une fausse information, un fake. J'aurais dû me souvenir que Keanu Reeves est déjà mort sur internet il y a cinq ans... Son « avis de décès » sur les pistes suisses de la station de Zermatt est issu d'un site spécialisé dans ces mauvaises blagues. Un générateur de fake. Il suffit de rajouter le nom du prétendu mort.

Je n'ai pas résisté à la tentation. Je me suis tué. J'avais le choix entre le naufrage de mon yacht au large de Saint-Tropez ou l'accident de voiture en Australie. J'ai finalement opté pour la disparition dans la forêt au Congo. Ce sera plus simple pour les obsèques...

(Chronique "Ça bruisse sur le net" parue dans l'Indépendant du mardi 14 février)

14/02/2012

Timeline sélective sur Facebook pour l'ami Nicolas...

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Chouette, j'ai un nouvel ami sur Facebook. Nicolas. Il habite Paris, a quatre enfants et travaille à la... présidence de la République. Il est même président, Nicolas. Pas encore candidat, mais je sens qu'il va bientôt le devenir en changeant son statut. Il devrait l'annoncer en modifiant le bandeau de sa timeline.

Car c'est un nouveau profil personnel que Nicolas vient d'ouvrir. Il prend l'apparence du journal, tant décrié par les habitués du réseau social. On peut retrouver toutes les dates charnières de mon nouvel ami depuis sa naissance. Ainsi il obtient son bac en 1973, il passe pour la première fois à la télé en 1975. En 1976, les mains dans les poches d'un pantalon très serré, il défile pour demander la reprise des cours à Nanterre et Dauphine.

Ensuite ce sont les premières élections gagnées, la montée des marches du pouvoir jusqu'au poste suprême.

Une timeline sélective comme l'a fait remarquer Guy Birenbaum sur son blog. Nicolas n'a rien retenu de 1995, année de l'élection de Jacques Chirac face à Edouard Balladur. 1999 aurait pu être aussi une année blanche. Mais il a quand même noté le résultat des européennes : 12,82 %, le plus mauvais score de son parti.

A partir de 2002, le journal est très actif. Mais n'y cherchez pas de photos de Cécilia. Par contre Carla est très présente dès 2008. Et très belle comme sur cette photo en noir et blanc de janvier 2009, main dans la main avec son amoureux, dans une rue de Paris. Il a l'air sympa mon nouvel ami. Du moins sur Facebook.

(Chronique "Ça bruisse sur le net" parue en dernière page de l'Indépendant le lundi 13 février)