31/03/2011

Le Sud désolé

 

Lepage, FuturopolisEmmanuel Lepage, formidable dessinateur de BD est également un peintre aimant croquer ses sujets in-situ. Ses aquarelles, notamment de l'Amazonie, sont très cotées. Ce Breton de 44 ans, aimant les voyages, s'est embarqué sur le Marion Dufresne pour deux mois de voyage aux Terres australes françaises. Cet album de plus de 150 pages raconte ce périple. Une partie reprend les dessins exécutés à bord du navire et sur ces confettis glacés uniquement peuplés d'animaux. Ils sont intégrés dans une BD plus classique racontant le voyage, les rencontres, la vie à bord et sur ces bases coupées de tout. Un reportage dessiné se transformant en témoignage sur la passion d'hommes et de femmes sacrifiant beaucoup pour cette zone de la planète jadis surnommée les îles de la Désolation.

« Voyage aux îles de la Désolation », Futuropolis, 24 €

15:52 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lepage, futuropolis

26/03/2011

Nuit singulière

Appollo, Oiry, Futuropolis, Barjot

Le bac en poche, Mathieu, 18 ans, s'apprête à rejoindre Paris pour y poursuivre ses études. Il va quitter cette ville de province et tous ses copains. L'album de Appollo (récit) et Oiry (dessin) relate cette dernière nuit. Il erre, à pied, en compagnie de son pote Christophe, idéaliste qui aimerait devenir écrivain culte et de Jean-Mohamed, surnommé Barjot. Ce dernier a élaboré une théorie qu'il a érigé en mode de vie « La vie est une saloperie. Et il n'y a qu'un moyen de lutter contre cette pute. C'est d'être con. Si tu es un bon gros débile, tu est plus fort que la chierie de la vie ! ». Barjot fait rire Mathieu, mais parfois il va un peu trop loin. Notamment quand Mathieu se met à la recherche de Noémie, la petite brune piquante dont il est amoureux secrètement. Un roman graphique frais, plein de dérision, d'espoir et d'amour. Sa lecture ne peut que vous faire du bien...

« Une vie sans Barjot », Futuropolis, 16 €

09:05 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : appollo, oiry, futuropolis, barjot

07/02/2011

Alien breton

Tombé du ciel 1.jpg

Emile a plus de 45 ans. Bientôt 50. Emile n'est pas spécialement satisfait de sa vie à Perros-Guirec. Divorcé de la mère de son fils, il vit chez ses beaux-parents qui ont pris fait et cause pour lui. Pour le petit aussi dont ils assurent l'éducation. Côté boulot ce n'est pas la joie non plus. Emile tente de vendre de vieilles fermes à de riches acheteurs. C'est la crise. Seul avantage, quand Emile emballe une jeune femme (cela lui arrive encore parfois) il finit la soirée dans une de ces demeures inoccupées. Alors qu'il profite de la grande baignoire en compagnie d'une ravissante bouchère, son patron débarque. Il avait des soupçons, il a maintenant des certitudes. Emile risque le licenciement. Heureusement Boris intervient. Boris c'est un extraterrestre qui vient de s'échouer en Bretagne. Avec le rayon sorti d'une de ses tentacules, il désintègre la tête du patron... Cela part comme une étude sociale de la déprime des quadras, cela dévie vers la SF déjantée. « Tombé du ciel », écrit par Berberrian et dessiné par Gaultier est un ovni à plus d'un titre. Imaginatif, profond, actuel et parfois philosophique, cet album vous séduira par son côté foutraque.

« Tombé du ciel » (Première partie), Futuropolis, 20 €


27/10/2010

Truands

Fais péter les basses.JPG

 

Un jeune Africain, virtuose du foot mais sans papiers, quelques truands sur le retour, une bande de « cailleras » de la banlieue et des Anciens combattants d'Algérie sont au générique de ce roman graphique de Baru. L'auteur de « La piscine de Micheville » nous ressert sa critique acerbe de notre société manquant de solidarité à la sauce « hommage au cinéma de Lautner et d'Audiard ». On ne peut qu'avoir de la sympathie pour les vieux truands rangés des affaires, paisible retraité en banlieue pavillonnaire ou garagiste faisant marcher son petit commerce. Avec ce dernier gros coup ils empochent le magot, mais aussi pas mal de soucis à cause de leurs jeunes associés. On apprécie le parfait enchaînement des complications et on se réjouit de la morale finale...

« Fais péter les basses Bruno ! », Futuropolis, 20 €

11:06 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : baru, futuropolis

24/10/2010

La Réunion cachée

 

Pes Rekin 1.jpg

Parfois, les DOM-TOM sont présentées comme les dernières poussières de l'empire colonial français. Des poussières qu'il vaut mieux cacher sous le paillasson. La Réunion a l'image d'une île tropicale paradisiaque. La réalité est tout autre. Si vous envisagez de passer quelques jours au soleil de l'Océan Indien, cette BD devrait vous en dissuader. Stéphane Presle, le scénariste, met en lumière La Réunion cachée, celle que les touristes ne voient pas. Les bidonvilles, les épaves alcooliques, celle des voleurs et des drogués. Dessinée par Jérôme Jouvray, la première partie de « La Pès Rekin » se lit comme un reportage sur la misère d'une certaine France. Les deux personnages principaux sont peu recommandables. Nelson, un ado en rupture de ban, erre dans le port, cambriolant le jour, survivant la nuit. Phil, malade, alcoolique, vole des chiens pour les utiliser comme appât vivant. Il pêche le requin, le poisson symbolisant si bien les profiteurs ayant mis en coupe réglée ce paradis perdu. Sombres et déprimants sont ces nouveaux tristes tropiques.

« La Pès Rekin » (tome 1), Futuropolis, 15 €

16:59 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presle, jouvray, futuropolis

02/10/2010

Noirs souvenirs

 

Page noire.jpg

Deux scénaristes (et pas des moindres) se sont associés pour cette histoire de vengeance et de culpabilité. Frank Giroud et Denis Lapière, sur plusieurs années, ont écrit de concert ce long thriller magnifié graphiquement par Ralph Meyer. Kerry, jeune journaliste américaine, tente d'obtenir l'interview de Carson McNeal, l'écrivain à succès dont on ne connait ni le visage si son lieu de résidence. La rusée blondinette va le localiser et le séduire. Elle découvrira les premiers chapitres de son nouveau roman, l'histoire d'Afia, une rescapée libanaise recherchant les assassins de sa famille. Un double récit (avec deux techniques de dessins radicalement différentes) qui finira par s'imbriquer et se confondre. Si vous avez décidé de n'acheter qu'un seul album pour cette rentrée, « Page noire » est celui-ci.

« Page noire », Futuropolis, 18 €

02/09/2010

Sombres sous-sols

 

Sous-sols.jpg

Wazem, scénariste suisse, s'est imposé par ses histoires cauchemardesques, entre fantastique et réalité sociale. « Koma » en est le plus bel exemple (une intégrale est sortie cette année aux Humanos). Il retrouve cette veine avec Tirabosco, dessinateur expert en fusain. « Sous-sols » est un peu le roman de l'anti-matière. Dans notre réalité, depuis quelques jours, la lumière du jour a disparu. Le monde est plongé dans les ténèbres. Cette victoire de la noirceur serait due à la mise en route de l'accélérateur de particules du CERN, machine gigantesque construite à cheval entre la France et la Suisse. A la surface, une jeune fille tente de survivre tout en restant au chevet de sa sœur jumelle, plongée dans un profond sommeil depuis l'expérience. Une jumelle qui cauchemarde dans les entrailles de l'accélérateur, poursuivie par les noires créatures de son passé. Le haut et le bas, le blanc et le noir, la matière et l'anti-matière : cela semble un récit binaire, c'est beaucoup plus dense et passionnant.

« Sous-sols », Futuropolis, 20 €

27/07/2010

Amour multiple avec Djian et Peyraud

 

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Pas évident d'adapter en bande dessinée une pièce de théâtre. La BD aime les grand espaces et permet, à moindre coût, de présenter des scènes gigantesques ne lésinant pas sur le figurant. Le théâtre c'est plus limité, surtout quand il s'agit d'une pièce minimaliste de Philippe Djian : quatre personnages et un seul décor. Dans le salon d'une luxueuse villa, un homme se dispute avec une femme. On comprend que c'était son infirmière, elle est devenue sa maîtresse. Elle l'a soigné, lui permettant de remonter la pente. Il souffre psychologiquement. A cause de son ancienne femme. Elle vient souvent le hanter. Il y a deux ans, il s'est mal comporté avec elle. Adaptée par Jean-Philippe Peyraud, cette pièce peut être considérée par certains comme la longue prise de tête d'un homme aimant les femmes mais trop lâche pour en assumer les conséquences. En fait, en se laissant prendre à ces dialogues incisifs, on pénètre l'âme humaine. Attention, cela chamboule. Mention spéciale aux portraits de Peyraud : lui aussi semble aimer les femmes...

« Lui », Futuropolis, 24 €

16/06/2010

Le Japon besogneux

Face cachée 1.jpgPlongée dans le monde du travail japonais avec cet album d'un grande virtuosité graphique. « Face cachée » s'attache au quotidien de quelques analystes financiers employés dans une société de Tokyo qui cultive le goût du résultat, de l'efficacité et de la convivialité (quand le patron décide d'offrir une soirée détente dans un bar ou un karaoké). Satoshi, la trentaine, est un des éléments les plus brillants. Il dort dans une minuscule chambre d'hôtel, rejoignant le week-end sa femme et sa fille restées dans une ville côtière. Sa collègue, la belle, jeune et célibataire Mayumi, craque pour lui. Il cèdera à ses avances un soir de blues. Junishi, le troisième larron, jalouse Satoshi. Au point de vue professionnel et sentimental. Ce qui, pourrait être un vaudeville exotique se révèle sous la plume de Runberg une passionnante études de mœurs bien plus compliquée qu'en apparence. Olivier Martin, grâce à un dessin réaliste et précis, parvient exprimer les frustrations, secrets et espoirs des protagonistes.

« Face cachée » (tome 1), Futuropolis, 19 €

05/06/2010

Quand la police devient pur esprit

Derniers jours d'un immortel.jpgA quoi serviront les policiers dans le futur ? Un futur où les progrès de la médecine et de la technologie auront transformé chaque être humain en immortel. Qui aura l'étrange idée de tuer un immortel ? Sur ce canevas simple Fabien Vehlmann a imaginé une longue histoire de 150 pages, « Les derniers jours d'un immortel », dans laquelle le héros, Elijah, est le plus célèbre enquêteur de la police philosophique.

Les hommes sont devenus immortels car ils peuvent se dupliquer en autant « d'échos » qu'ils le désirent. Des doubles qui peuvent vivre des vies autonomes. Il suffit, à un moment, que l'écho fusionne son esprit avec le « corps premier » pour qu'ils aient des souvenirs en commun. Sur cette base très intellectuelle, le scénariste déroule plusieurs intrigues purement policières. Pourquoi un extraterrestre, en très bon terme avec son collègue humain, l'a-t-il écrasé de ses bras vigoureux ? Que reprochent les Aleph, de pures vibrations intelligentes vivant dans des cavernes, aux Ganédons, l'autre race de la planète ?

Face à des énigmes semblant insolubles, Elijah va trouver les solutions simplement en tentant de comprendre le fonctionnement de ces races extraterrestres totalement différentes. Un travail prenant, difficile, épuisant intellectuellement. Pas étonnant donc si ces immortels, à un moment, choisissent de lâcher prise et de mourir. Ce temps est-il venu pour Elijah ?

Ce récit de science-fiction semble au premier abord austère et tordu. Mais si on fait l'effort d'y plonger corps et âmes, il ouvre des perspectives étonnantes. Comme le dessin de Gwen de Bonneval, faussement simple, beaucoup plus élaboré qu'il n'y paraît. Un OVNI dans la production actuelle, preuve que si Vehlmann a accepté de reprendre les aventures de Spirou et Fantasio (avec Yoann au dessin), il garde toute latitude pour signer des récits plus personnels.

« Les derniers jours d'un immortel », Futuropolis, 20 €

24/05/2010

Amour glauque

Sarah Cole.jpgL'amour se moque des classes sociales. En fait on nous ment dans les jolis romans à l'eau de rose. Dans la réalité, qui se ressemble... s'accouple. Parfois il y a des exceptions. C'est le thème de cet album de Grégory Mardon, adapté d'une nouvelle de Russell Banks.

Sarah est une américaine divorcée, la quarantaine, ouvrière, joignant difficilement les deux bouts car elle élève seule ses trois enfants. Paul est un jeune avocat, lui aussi récemment divorcé, beau comme un dieu grec, riche, sportif. Un soir, Paul et Sarah se rencontrent au comptoir d'un bar. Ils se parlent, se comprennent. Ils s'aimeront, mais en cachette.

Une œuvre forte, qui prend aux tripes, devenue un classique de la littérature féministe.

« Sarah Cole », Futuropolis, 17 €


20/05/2010

Premières vacances

Tous à Matha 1.jpgJean-Claude Denis va avoir 60 ans. Un âge vénérable mais toujours la même fraîcheur. Difficile de réaliser que cet album de BD sur l'adolescence, la liberté, la rébellion, est l'œuvre d'un quasi retraité. Jean-Claude Denis va avoir 60 ans, mais dans sa tête il est resté cet adolescent un peu timide, ouvert aux autres, désirant absolument s'en sortir c'est à dire ne pas faire le même métier que ses parents, vivre de ses créations culturelles. Dans cette France d'avant mai 68, Antoine, lycéen, est également guitariste dans un groupe de rock. Il est amoureux de Christelle, en apprentissage dans une pharmacie. Ils se voient en coup de vent. Et attendent impatiemment les vacances. Avec leurs copains, ils vont tous se retrouver à Matha, une petite ville balnéaire près de l'île d'Oléron. Les premières vacances sans les parents. 64 pages de bonheur, de communion, de découverte et surtout d'émancipation.

« Tous à Matha » (première partie), Futuropolis, 16 €


19/04/2010

Explorateur perdu

Dernier voyage 1.jpgLe baron Alexandre de Humbolt est un célèbre explorateur et naturaliste du 19e siècle. Etienne Le Roux fait le récit de son dernier voyage, en Amérique du Sud et c'est Vincent Froissard qui se charge de l'illustrer. Derrière une couverture assez austère, se cache un objet graphique d'une grande originalité. D'une grande beauté surtout. Les errances de l'explorateur (accompagné d'une jeune femme et poursuivi par un rival) sont prétexte à des tableaux somptueux, entre gravure d'époque et effets actuels. Au fil des pages, on est littéralement transporté dans cette jungle hostile et inamicale, on sent l'humidité et la moiteur, on fait corps avec le milieu. Rarement un dessinateur aura réussi à ce point à faire passer des sensations avec de simples images.

« Le dernier voyage » (tome 1), Futuropolis, 17 €

30/03/2010

Lulu revient

Lulu 2.jpgLulu, mère au foyer, la quarantaine, coincée entre mari et enfants, un jour, en a eu assez. Elle est partie. Sans un mot d'explication. Cette fuite, Etienne Davodeau nous la raconte avec une extraordinaire empathie. A la fin du 1er tome, il a laissé Lulu errante après avoir croqué à pleine dents cette liberté, sans pour autant y trouver toute la saveur qu'elle espérait. Dans une cité balnéaire, hors saison, elle va croiser la route d'une vieille dame qui, elle aussi, cherche à s'évader. Lulu va y rester quelques jours, le temps de faire le point, de se sentir prête pour un retour au bercail. Mais s'il est facile de partir, il est plus dur de revenir. Un album sensible, plein d'espoir et de « bons sentiments », expression trop souvent galvaudée.

« Lulu, femme nue » (tome 2), Futuropolis, 16 €

17/03/2010

Tueur futuriste

 

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Eberoni, illustrateur rare, a été découvert dans les pages de Métal Hurlant dans les années 80. Il s'est ensuite fait plus discret, ses images léchées et futuristes semblaient le destiner à une carrière de peintre. Il revient au 9e art dans cet album hommage au « Samouraï », film de Melville. Dans un Paris futuriste où les images pornographiques foisonnent dans la rue, un homme se rend à un rendez-vous que l'on sait dramatique. Il marche dans cette capitale cauchemardesque en rêvant à des femmes lascives et voluptueuses. Si l'histoire est microscopique, les dessins méritent que l'on s'attarde dessus. Il faut savourer chaque courbe, chaque effet de relief et autre trouvaille architecturale.

« Samouraï », Futuropolis, 16 €

06:30 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eberoni, futuropolis

10/11/2009

La mauvaise herbe

Rebetiko.jpgEn Grèce, dans les années 30, l'arrivée au pouvoir de militaires aux tendances fascisantes a provoqué la mort d'un style de musique : le rébétiko. Cette partie ignorée de l'histoire de ce pays européen est mis en lumière dans cet album magistral signé David Prudhomme. Sur une centaine de pages aux couleurs pastels de cette Méditerranée languissante, il raconte la vie de ces musiciens, devenus les ennemis du pouvoir, simplement pour exacerber le sentiment national et dénoncer la prétendue fainéantise de ces nomades inventeurs du blues grec. Armés de leur bouzouki, ils jouent, chantent et fument du haschich. C'en est trop pour les tenants de la « troisième civilisation hellénique ». Stravos, amateur de jolies filles, à l'esprit particulièrement frondeur, et Markos, à peine sorti de prison (où il a joué un dernier morceau pour le directeur, accro à ces airs) déambulent dans cette ville en pleine mutation. Ils vivotent et résistent jusqu'à ce qu'ils aient l'opportunité de quitter l'Europe pour aller enregistrer un disque aux USA. Un récit fort, politique et poétique ; certainement le meilleur album de cette seconde partie d'année 2009.

« Rébétiko », Futuropolis, 20 €

 

09:23 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prudhomme, futuropolis, rebetiko

16/10/2009

Ecolo à vélo

Main verte.jpgEt si la crise écologique qui nous pend au bout du nez était plus proche qu'on ne le croit ? Les pessimistes parlent d'une dizaine d'années, les optimiste un bon siècle. Et si c'était l'année prochaine ? C'est le postulat de départ de cette BD de Hervé Bourhis. Le héros, dessinateur de BD insouciant travaillant sans grand entrain à un projet ésotérique, met de longues semaines à prendre conscience de la réalité, notamment quand son éditeur lui avoue que la boite a fermé, que plus personne n'achète de BD, objet superflu par excellence. Sont beaucoup plus prisés les légumes frais, le kilo de tomates affichant un incroyable 50 euros... Passé le choc, le narrateur trouve une solution en devenant vélotaxi (il n'y a plus d'essence). Cela fait de belles fesses, de beaux mollets et un peu d'argent. Mais le must ce serait de faire son potager sur la terrasse. Reste à apprendre à faire pousser légumes et fruits. Demander à son père serait la meilleure solution. Encore faut-il se réconcilier avec lui et franchir les 400 kilomètres qui séparent Bordeaux de Tours. Une BD visionnaire, entre noir pessimisme et vert optimisme...

« La main verte », Futuropolis, 15 €

06:23 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bourhis, futuropolis

21/09/2009

Fin de vie

appelle-moi Ferdinand.jpgCadre moyen menant une vie anodine, Oscar est en train de changer. Il semble ne plus supporter sa femme (qui le trompe), ses deux filles (qui l'ignorent) et son père (artiste qui se moque de sa médiocrité). Oscar change car il vient d'apprendre qu'il a un cancer. Il n'a plus que quelques mois à vivre. Il va tenter de rattraper le temps perdu. Il va méthodiquement faire ce qu'il n'a jamais osé réaliser dans sa vie raisonnable. Voiture de sport, escort girl, opéra, vol à l'étalage. Il transgresse au maximum et décide même de régler ses comptes avec son père. Ce récit de Bourhis et Conty est dessiné par Durieux. Un trait réaliste épuré amplifiant l'impression de sentiments bruts, sans fioritures ni concession.

« Appelle-moi Ferdinand », Futuropolis, 16 €

06:57 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : durieux, bourhis, conty, futuropolis

18/08/2009

De sacrées nanas...

 

oh les filles 2.jpgVous êtes de sexe féminin et cherchez une BD qui ne caricature pas votre genre ? Achetez sans attendre cet album, le second de la série. Vous êtes de sexe masculin et cherchez une BD qui pourrait vous donner quelques clés pour mieux comprendre les filles ? Achetez cet album de toute urgence. Emmanuel Lepage, dessinateur de la « Terre sans mal » a mis son trait fin et délicat au service de ce récit de Sophie Michel. La première incursion de cette jeune enseignante dans le monde de la BD est une réussite éclatante. Dans une ville moyenne comme il y en a des milliers en France, trois adolescentes deviennent amies. La seconde partie décrit leur adolescence et passage à la vie adulte. Agnès, en rébellion contre ses parents trop absents, fugue et vit de longs mois dans la rue. Mais elle ne perd pas le contact avec ses deux amies. Leïla, fille d'immigrés, accumule les bons résultats scolaires pour accéder à son rêve : faire médecine. Chloé, protégées par une mère célibataire aimante, trouve sa voie depuis qu'elle fait de la danse. Ces trois trajectoires, tout en étant banales, sont le résumé de milliers de vies. Des femmes qui se cherchent dans une société qui n'est pas souvent clémente pour elles.

« Oh les filles ! », Futuropolis, 15 €

03/07/2009

Afrique aimée

 

Landais volant 1.jpgJean-Dextre Pandar de Cadillac, baron et Landais, part à l'aventure en Afrique. Il arrive plein de bonne volonté, comme pour rattraper toutes les horreurs de ses ancêtres. Mais le continent noir a bien évolué. La naïveté du héros est du pain béni pour quelques aigrefins qui font commerce de l'attrape-nigaud. Mais comme il a bon fond, il fait aussi de remarquables rencontres. Cette BD de Nicolas Dumontheuil est très librement inspirée de ses périples en Afrique alors que le personnage est plutôt la représentation de Jean-Denis Pendanx, autre dessinateur des éditions Futuropolis. On retrouve dans ces trois premiers chapitres une Afrique envoutante, celle qui fera toujours rêver les jeunes aventuriers blancs.

« Le Landais volant » (tome 1), Futuropolis, 16 euros