25/01/2015

BD : La politique en folie

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Mieux qu'une rétro politique, cette BD écrite par Renaud Dély et dessinée par Aurel, vous permet de revivre de l'intérieur les récents soubresauts du pouvoir socialiste. Il voulait une « République exemplaire », il s'est rapidement retrouvé avec une « république des couacs ». Pauvre François Hollande, souvent dépassé par des ministres à l'égo sur-dimensionné. Après les calamiteuses affaires Léonarda et Florange, l'exécutif pense avoir atteint des sommets de cafouillage. Pourtant, en 2014, le gouvernement fera mieux. L'affrontement entre Christiane Taubira et Manuel Valls est l'exemple de cette schizophrénie du pouvoir. L'une veut vider les prisons, l'autre veut en construire de nouvelles pour y enfermer le plus de délinquants possibles. Les militants de gauche en perdent leur latin. Pendant ce temps, François Hollande, comme absent, se désintéresse un peu des affaires de l'Etat. Il est des rendez-vous qu'il ne faut pas manquer. Les discrets, en scooter... Le meilleur reste l'affrontement entre Ayrault et Manuel Valls, puis entre Valls (qui a terrassé l'élu nantais) et Montebourg. Avec en toile de fond l'émergence d'Emmanuel Macron... Cela nous promet une année 2015 des plus agitées.

« La République des couacs », Glénat, 15,50 €

 

 

 

22/12/2014

Cadeaux de Noël : trois beaux livres marqués BD

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Écrite par Pierre Dubois, émérite elficologue barbu, « L'effroyable encyclopédie des revenants » fait suite à celle présentant les fantômes. La différence est infime, mais essentielle pour ce spécialiste de l'étrange et du surnaturel. Ces 230 pages à la mise en page particulièrement soignée, sont richement illustrées par Carine-M et Elian Black'Mor. Pleines planches en couleurs (essentiellement du rouge et du noir) ou dessins à l'encre de Chine s'intégrant dans les textes, ces « horreurs » sont paradoxalement très belles. Cette encyclopédie peut aussi se picorer par petits bouts. La table des matières donne les thèmes abordés et la liste des contes repris dans ces pages, comme « La chasse maudite », « L'auberge du Larzac » ou « Le revenant de la bouteille », hilarant récit de la mort et des obsèques de Toine, pilier de bar, fainéant et grand amateur de beuverie. Sa mort est consécutive à une bagarre avec une brouette malotrue : il finit noyé dans une fosse à purin... Alors il est revenu hanter ses copains de bistrot car « Ivre, mort et ivre mort, c'est bonnet blanc et blanc bonnet ».

« L'effroyable encyclopédie des revenants », Glénat, 39,50 €

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Gothique et violent, ce conte mélange habilement bande dessinée classique et récit littéraire. Hubert en a écrit le scénario, Gatignol donné vie graphiquement aux personnages. L'action se déroule dans une vallée isolée. Des géants y règnent en maîtres. Le plus grand d'entre eux, le roi, bafre en compagnie du reste de sa famille. Au menu : des humains. Crus ou cuits. De géants, ils sont devenus ogres. La reine, après avoir accouché de triplés dégénérés, est de nouveau enceinte. Mais au lieu de mettre au monde un fort et gros bébé qui lui aurait déchiré les entrailles, elle donne naissance à un petit avorton. Le roi lui ordonne de l'avaler sur le champ. Elle fait semblant et confie Petit à sa tante pour qu'elle l'élève dans le plus grand secret. Qui sont ces ogres ? D'où viennent-ils ? Petit va-t-il détrôner son père ? Toutes ces questions rythment les 150 pages qui peuvent se lire comme une simple BD ou un beau livre richement illustré.

« Petit », Soleil, collection Métamorphoses, 26 €

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Les Bidochon retournent au musée. Le couple des Français très moyens imaginé par Binet semble pourtant totalement imperméable à la beauté. Certes, mais quand il pleut, un musée est bien pratique pour pique-niquer à l'abri. Il suffit de dégotter une toile dans le style du « Déjeuner sur l'herbe » de Manet pour que l'illusion soit parfaite. Le grand écart est absolu mais très amusant. Binet, par ailleurs excellent peintre, a donné l'occasion à ses personnages de commenter vingt toiles exposées à Caen et Lyon. Tous les styles sont représentés, de « Vénus et Adonis » de Cornelis Van Haarlem au « Canapé » d'Antoni Tapies. Les œuvres sont reproduites pleine page, en vis-à-vis du dessin en noir et blanc de Binet. Ensuite, Patrick Ramade et Pierre Lacôte détaillent la vie de l'artiste, explicitent la peinture et la replacent dans son contexte historique. Voilà comment Raymonde et Robert Bidochon vont vous donner envie d'aller faire un tour dans ces deux musées. Non pas pour manger un sandwich au saucisson devant le « Coucher à l'italienne » de Jacob Van Loo, mais admirer ces chefs-d'œuvre de la peinture européenne, toutes époques confondues.

« Un 2e jour au musée avec les Bidochon », Fluide Glacial, 25 €

 

19/12/2014

BD : Le péteur penseur de Tébo

 

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Il n'y a pas de connaissance inutile. Dans le vaste champ de l'anatomie humaine, ce petit livre va révolutionner bien des existences. Tebo, dessinateur de BD (Captain Biceps avec Zep) a une nouvelle fois exploré. un monde tabou de notre civilisation très policée. Après « In caca veritas » puis « In pipi veritas », il signe les illustrations de « Je pète donc je suis » sur des textes de Ben Applebaum et Dan Disorbo. Ce petit livre discret de 130 pages fait le tour de la question des flatulences, vesses et autres pets (le fait que notre langue ait plusieurs mots pour définir ces gaz prouve leur importance). S'il y a une partie technique (composition des pets, aliments à éviter pour les limiter...) le bouquin vaut surtout pour les légendes des prouts, leur conséquence dans notre entourage et leur utilisation pour détendre l'atmosphère. George Clooney, le playboy de ces dames n'a-t-il pas affirmé : « Rien que de penser aux pets ça me fait rire. Dire le mot péter me fait rire. Pour moi, il n'y a rien de plus drôle. » Les pages sont ainsi parsemée de « Perle de sagesse ». Comme ce bon mot attribué à Redd Foxx, acteur comique américain, « Dieu a créé le pet. Ensuite, il lui a donné une odeur pour que les sourds puissent en profiter ». Par contre, plus on progresse dans la connaissance des flatulences, plus le livre aborde des sujets un peu plus étonnants. Un chapitre vous permet d'acquérir des « connaissances approfondies pour atteindre des sommets de puanteur ». Le livre se termine par une ode aux pétomanes, ceux qui font de la musique et parfois des effets enflammés du plus bel effet. Attention cependant « cela risque de provoquer un incendie qui pourrait détruire votre maison. La perspective de voir des flammes jaillir de votre postérieur en vaut-elle la peine ? »

« Je pète donc je suis », Glénat, 8 euros

 

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17/12/2014

BD : Nostalgie automobile

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Même si certaines voitures contemporaines ont un peu de gueule, rien ne vaudra certains anciens modèles, ancrés dans les mémoires de plusieurs générations de Français. Dugomier (scénario) et Bazile (dessin) font revivre quelques modèles de légende dans ce recueil d'histoires courtes au délicieux parfum de nostalgie. Cap sur les années 50-70 en Aronde, Alpine, Panhard ou Deux-Chevaux. Au total dix voitures hors du commun qui se prêtent aux récits exceptionnels. En plus d'être une délicieuse plongée dans le passé, chaque récit apporte quelques renseignements techniques sur les modèles utilisés. On apprend ainsi que la Panhard a véritablement été la première voiture révolutionnaire, quelques années avant la DS. Quatrième vitesse, phare antibrouillard, tableau de bord rembourré, carrosserie ultra légère en aluminium, optimisation de l'aérodynamisme : tout est nouveau. Sa carrière sera de courte durée mais elle fera bien des petites sœurs. L'Aronde aussi aura une durée de vie assez limitée mais restera très longtemps sur les routes françaises. Son look de fausse américaine en fera une compagne idéale pour les « mas-tu-vu » de l'époque. La BD s'achève avec l'Alpine, la reine des rallyes. Mais pour elle, une seconde jeunesse est à l'étude...

 

« Garage de Paris », Glénat, 13,90 €

 

09:15 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bazile, dugomier, garage, glénat

06/12/2014

BD : Secret et silencieux

 

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Parmi les auteurs qui ne se reposent pas sur leurs lauriers, Eric Stalner occupe une place à part. S'il a débuté sa carrière avec son frère Jean-Marc sur la série « Le Bôche », il a depuis repris sa liberté et multiplie les projets. Mais contrairement à certains qui mettent des années à finaliser une idée, autant pour publier le premier tome et deux fois plus pour le second opus, Eric Stalner dessine presque plus vite que le lecteur ne lit. En moins de quatre ans il vient de boucler une série de SF en quatre tomes (La zone), lancer un conte fantastique sur trois volumes (Vito) et imaginer une nouvelle série historique. Cette dernière, « Un long silence », débute à New York en 1890 à Long Island. Will Campbell et sa mère viennent de débarquer en provenance de leur Irlande miséreuse. Un nouveau départ. Mais dans la gare, un attentat tue sa mère. Se faisant passer pour sourd-muet, il passe dix ans dans un institut spécialisé. Devenu adulte, il se fait engager comme comptable au Pink Flamingo, un cabaret qui sert aussi de couverture à une maison close. Il espère toujours découvrir qui a posé la bombe meurtrière. Stalner nous plonge dans cette ville de gueules cassées et de rebuts de la société. Son trait, entre réalisme et caricature, fait des merveilles pour brosser cette galerie de portraits.

 

« Un long silence », Glénat, 13,90 €

 

09:48 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stalner, silence, glénat

10/11/2014

BD : Sombre plongée dans "Sunlight" de Bec et Khattou chez Glénat

 

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Nouvelle collection chez Glénat. « Flesh & Bones », comme son nom l'indique (de chair et d'os) est spécialisée dans l'horreur. Le premier titre donne la tonalité de l'ensemble : copieux (168 pages) et en noir et blanc pour plus d'efficacité dans la peur. Christophe Bec s'est associé avec son collègue dessinateur Tarnais Bernard Khattou pour une histoire se déroulant en grande partie sous terre. Trois jeunes, deux filles et un garçon, passionnés de plongée et de spéléo se retrouvent en boîte de nuit. Un « ami d'un ami » leur donne un tuyau de première main. Dans une mine abandonnée entre Salvetat et Saint-Dourdou (localités imaginaires mais qui semblent directement inspirées par les villages aveyronnais), des dizaines de galeries sont inondées. Un terrain de jeu idéal pour les trois amateurs de sensations fortes. Seule condition : ne rien dire à personne car tout accès à la mine est interdit. Ils partent donc un matin, en catimini, pour une journée de plongée qui va se transformer en cauchemar puis en horreur absolue. Une chute dans un puits non identifié, une blessure, des restes humains, la faim, la soif... Tout se ligue contre les trois naufragés du gouffre, aux prises avec leurs pires peurs au bout de quelques jours. Scénario digne d'un film d'horreur, dessin noir et ténébreux : ce premier titre a tout pour lancer sous de bons auspices cette prometteuse collection.

 

« Sunlight », Glénat, 15,50 €

 

08/11/2014

BD : Adorables voleurs

 

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Dans l'univers Disney, les méchants ne sont pas nombreux. Les frères Rapetou, voleurs maladroits, s'ils commettent de mauvaises actions, ne sont pas à proprement parler méchants. Dans la collection des grands Héros Disney, ce recueil de 150 pages propose une dizaine d'histoires courtes farfelues pour ces « irrécupérables Rapetou ». Attirés par les diamants, billets et autres babioles qui brillent, ils tentent en vain de cambrioler riches et nantis. Spécialistes des déguisements improbables, ils ratent systématiquement leurs coups et finissent régulièrement en prison. Mais ce n'est pas pour leur déplaire. Car en plus d'être voleurs, les Rapetou sont fainéants et passer quelques mois nourris logés blanchis n'est pas pour leur déplaire. Parfois, les histoires font penser à des aventures des Pieds Nickelés. Comme ce récit où ils découvrent les prix exorbitants de certaines œuvres d'art contemporain. Ils deviennent donc artistes et voient leur côte monter en flèche. Enfin riche ? Patatras, nouvelle désillusion... Simples et efficaces, ces histoires courtes traversent les décennies sans aucune difficulté.

 

« Irrécupérables Rapetou », Glénat, 14,95 €

 

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29/10/2014

BD : Aller-retour temporel dans "Paradoxes" de Convard et Bidot

 

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Il est des BD plus exigeantes que d'autres. Si vous avez l'image de « petits Mickeys » pour gamins idiots ou asociaux bas du plafond, n'ouvrez pas le second tome de « Paradoxes », série écrite par Convard et dessinée par Bidot. Il y est essentiellement question de voyage dans le temps, avec anomalies liées à l'interférence du futur sur le passé. Le récit se déroule en fait sur plusieurs niveaux de réalité. Un présent de base montre le professeur Edwel Conrad, éminent chercheur en supra-physique, en train de découvrir le principe qui va révolutionner le monde. Mais en même temps, des hommes venus du futur tuent sa femme. Et un autre Conrad, plus âgé, vient le prévenir. Conrad en fait est omniprésent. Dans le présent pour faire sa découverte, dans le futur pour la développer et dans le passé du futur pour la glisser à l'oreille de son ancien double. Dire que c'est à la portée de tout le monde serait mentir. Il ne faut pas hésiter à faire plusieurs allers-retours pour saisir toutes les nuances de cette histoire en forme de spirale temporelle. Une fois cet écueil passé, c'est passionnant !

 

« Paradoxes » (tome 2), Glénat, 13,90 €

 

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21/10/2014

BD : Aberration urbaine dans "Memphis" de Rodolphe et Marchal

 

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En cage ! Plus les personnages principaux de cette série fantastique de Rodolphe et Marchal progressent dans leurs recherches, plus l'évidence s'impose à eux : ils sont prisonniers d'une ville qui a cessé d'évoluer depuis des décennies. L'action se déroule à Memphis et donne son nom à la série. Cette ville moyenne américaine, célèbre pour avoir hébergé Elvis Presley, a le look des années 60. Pourtant l'action se déroule de nos jours. Louis et Roosevelt, journalistes au quotidien local, ont découvert dans le premier album que toutes les routes sortant de Memphis sont coupées. Et parfois, des aberrations apparaissent. Comme ce livre trouvé sur un vide-greniers. Il est consacré à Elvis. Et le dernier chapitre présente sa maison. Or, quand Louis cherche cette fameuse bâtisse, soit-disant très prisée des fans et des touristes, il ne la trouve pas. Comme si le Memphis dans lequel il vivait était une version différente de celui présenté dans ce livre. Par petites touches Rodolphe fait progresser l'intrigue jusqu'au dernier coup de théâtre qui permettra certainement de relancer l'attente du lecteur...

 

« Memphis » (tome 2), Glénat, 13,90 €

 

12:38 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : memphis, rodolphe, marchal, glénat

18/10/2014

Cinéma : Lou, nouvelle coqueluche des ados

Julien Neel a adapté sa bande dessinée « Lou, journal infime » avec des « vrais personnages en viande ».

 

 

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Le premier film de Julien Neel a un petit air de ressemblance avec « Amélie Poulain ». Comme Jeunet, le dessinateur de BD qui passe pour la première fois derrière la caméra a entièrement recrée un quartier, une ville voire tout un univers avec de nombreuses références aux objets obsolètes, vieillots mais plein de charme. La faute à la mère de Lou (Ludivine Sagnier), adulescente assez irresponsable. Derrière sa grande frange et ses grosses lunettes rondes, elle ne sort quasiment plus. Elle passe ses journées vautrée sur un canapé à jouer aux jeux vidéo, ne tenant debout qu'en ingurgitant une quantité phénoménale de café. Lou (Lola Lasseron) elle, est du genre petite fille rêveuse. Très rêveuse. Elle a pris la manie d'observer les gens et de tout noter dans des carnets. Depuis son toit terrasse, avec sa meilleure amie Mina, elles observent la chambre du joli garçon. Un certain Tristan qui fait briller les yeux de Lou. Ce petit monde assez farfelu et très poétique est encore plus chamboulé quand Richard (Kyan Khojandi, le créateur de Bref pour son premier grand rôle au cinéma), baba cool à la peau de mouton, emménage dans l'appartement de l'autre côté du palier. Lou y voit immédiatement un possible petit ami à sa mère trop seule et malheureuse. Son plan se déroule à merveille, jusqu'à cette soirée pendaison de crémaillère. Richard et la maman sont effectivement sur la même longueur d'ondes. Mais il y a surtout le beau Tristan...

 

 

 

Beaucoup plus qu'une simple bluette d'adolescent, ce film a la grâce des albums de BD. Le dessinateur aux couleurs pastels et douces a été très exigeant dans la reconstitution de son univers de papier. Cela donne un ovni visuel où le moindre détail est soigné. Il s'est même payé le luxe d'intégrer des effets numériques dans la grande scène de combat au laser et des séquences en images de synthèse pour présenter l'univers de Sidéra, le personnage principal du roman en construction de la maman. Plein d'espoir, de tendresse et de justesse, ce film s'adresse avant tout aux jeunes filles. Mais les adultes feraient bien aussi d'aller le voir. A l'image de la grand-mère de Lou (Nathalie Baye), vieille casanière revêche, un contact prolongé avec l'univers de Julien Neel peut avoir un effet bénéfique sur vos humeurs.

 

 

 

Sur papier aussi

 

Lou, julien Neel, Glénat, sagnierA la base, Lou est une série de bande dessinée. Publiée dans le magazine Tcho ! De Titeuf, les gags et histoires courtes ont donné naissance à six albums publiés aux éditions Glénat. A l'occasion de la sortie du film, ces mêmes éditions Glénat proposent deux livres autour du long métrage. En premier lieu l'adaptation du film, avec quelques dessins de Julien Neel mais surtout une farandoles de photos et une mise en page très recherchée. Idéal pour revivre le film après son visionnage. En cadeau, en fin d'album, l'affiche officielle.

Lou, julien Neel, Glénat, sagnierPlus pointu (et cher), « Lou ! Journal d'un film » est un beau livre retraçant toute l'aventure du projet. De la première rencontre avec le producteur aux bruitages en postproduction, Julien Neel livre son processus de création. Une formidable immersion dans un univers fabriqué de toutes pièces, des bijoux de pacotille de Lou au costume de Mister Juice. Sans oublier les séquences en animation de Sidéra, la justicière intergalactique issue de l'imagination de la maman de la jeune héroïne. Un film, six BD et deux livres : l'univers de Lou est de plus en plus riche.

« Lou, journal infime », Glénat, 9,99 euros

« Lou, journal d'un film », Glénat, 30 euros.

 

 

15/10/2014

BD : Le dernier cri

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Inspiré en partie de la véritable vie de Johnny Weismuller, « Johnny Jungle » est un roman graphique signé Deveney et Jouvray. Le premier maitrise à la perfection ce mélange d'anecdotes véridiques et de délires junglesques. Le second dessine ce bestiaire avec une précision et une finesse du plus bel effet. Dans la seconde partie de ce biopic imaginaire, Johnny Jungle raconte la suite de sa carrière. Pas forcément la plus glorieuse. L'effet de surprise retombe (les aventures exotiques d'un homme singe ne passionnent plus les foules), les scénarios tournent en rond, les moyens diminuent et le grand amour avec Jane s'étiole. Un enfant, trouvé dans la jungle, relance leur amour. Mais la mauvaise habitude de Johnny d'épouiller ses partenaires met à mal le couple. Ensuite c'est la dégringolade, les apparitions comme portier à Las Vegas et la ruine définitive par les actions en justice de ses nombreux enfants illégitimes. Jusqu'à l'enfermement dans un hôpital psychiatrique. Une histoire qui vous fera souvent rire et finalement pleurer dans les dernières planches au son du dernier cri de Johnny Jungle.

 

« Johnny Jungle » (tome 2), Glénat, 17,25 €

 

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12/10/2014

BD : La folie du front

 

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Centenaire oblige, quantité de publications portent sur la première guerre mondiale. La BD n'est pas en reste. Même si il est difficile de faire mieux que Tardi dans le genre, plusieurs auteurs ont plongé dans l'enfer des tranchées pour raconter des pans de cette incroyable boucherie. « La patrouille des invisibles » d'Olivier Supiot est un roman graphique sombre malgré des couleurs éclatantes. Un aviateur français abattu au dessus du front, est récupéré, blessé, par une patrouille. Il va falloir le ramener à l'arrière pour le soigner. Mais ces quelques kilomètres sont très risqués. Les francs-tireurs allemands sont partout. Un obus ou une balle peut vous exploser la tête à tout moment. Heureusement la petite troupe compte dans ses rangs Titouan Kerzadec une montagne de muscles surnommée Titan. Il se fond dans la boue et le sang pour surprendre les ennemis. Un tueur né qui s'accommode de cet enfer. Avant, sa vie était pire. Il était à Cayenne au bagne. S'engager c'est l'assurance de retrouver la liberté à la fin de la guerre. A condition de survivre et ne pas devenir complètement fou.

 

« La patrouille des invisibles », Glénat, 12,90 €

 

13:32 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1418, tardi, supiot, glénat

24/09/2014

BD : Japon féodal

 

 

 

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Le Japon regorge de vieilles légendes fantastiques. Une source inépuisable pour des scénaristes européens un peu curieux. Morvan le premier a ouvert le chemin, Sylvain Runberg semble lui aussi tombé sous le charme du pays du soleil levant. Des Shinobis exactement. Ce sont des mercenaires, mi-hommes, mi-démons. Hideyoshi est l'un d'eux. Exactement ce sont ses trois enfants qui sillonnent la campagne, incognito, pour se vendre aux plus offrants. Dans ce premier tome dessiné par Xu Zhifeng, le trio joue un double jeu. Si l'un des démons passe au service du shogun Ashigaka, c'est pour mieux le trahir au profit de l'impératrice. Histoire complexe mais prenante, dessin lumineux d'un virtuose venu de Chine, cette nouvelle série marche sur les traces d'Okko chez Delcourt. Avec cependant la touche Runberg (Orbital) qui se caractérise par des personnages aux psychologies très détaillées et riches en contradictions.

« L'ombre des Shinobis » (tome 1), Glénat, 13,90 €

 

 

24/08/2014

BD : Alexandre avant la grandeur

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La Macédoine, en 300 avant Jésus Christ, rayonne sur la région. Le roi Philippe vient de mourir et la ville de Pella, capitale du royaume, est en fête pour l'accession au trône du jeune Alexandre. Sa fulgurante ascension, jusqu'à dominer la moitié du monde civilisé, est racontée par l'intermédiaire de quelques uns de ses proches ou de ses simples sujets. Le scénario de Chauvel et Le Galli se concentre sur Pyrrhus et Eurydice. Frère et sœur, ils ont été spolié de leurs titres de noblesse. Alexandre est ami avec Pyrrhus et Eurydice est sa maîtresse, mais pour ne pas se mettre la noblesse à dos, il laisse les choses en l'état. D'autant qu'il a d'autres chats à fouetter : éliminer ses rivaux, conquérir la Thrace et se lancer à l'assaut de l'Orient. Dans sa conquête il emmène un soldat, Karanos, une prostituée, Apamée et un médecin, Philippe. Rigueur historique et solidité de l'intrigue transforment cette série, dès le premier tome, en réelle réussite. Surtout que le dessin du Breton Gildas Java est d'une rare méticulosité.

 

« Alexandre, l'épopée » (tome 1), Glénat, 14,95 €

 

06:50 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alexandre, chauvel, le galli, java, glénat

10/08/2014

BD : Un classique de la littérature en images

 

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Certains classiques n'en finissent plus d'inspirer les jeunes auteurs. Si tout le monde n'a pas lu « Notre Dame de Paris » de Victor Hugo, personne de plus de 12 ans n'ignore plus rien de l'histoire de la belle Esmeralda et du laid Quasimodo. Jean Bastide (aidé de Robin Recht au scénario) propose sa version de ce classique de la littérature française. Fidèle à l'histoire (mais comment pourrait-il en être autrement tant elle est forte) Bastide se concentre surtout sur Esmeralda. La belle Égyptienne, aux jupes trop courtes et décolletés généreux, est d'une rare beauté sous son pinceau. Quasimodo, surtout présent en fin de volume, est plus musculeux que déformé. Quelques gros plans sur son regard suffit à lui donner cette humanité chère à l'auteur.

Reste Frollo, l'abominable Frollo, monstre de cruauté pour cause d'amour impossible. Certaines planches quasi muettes sont dignes d'être exposées dans des musées.

« Notre Dame » (tome 2), Glénat, 14,95 €

 

 

 

03/08/2014

BD : La guerre 14-18 en Afrique

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Si la guerre 14/18 est devenue planétaire, c'est aussi en raison de l'implication des puissances coloniales dans le conflit. Pendant que Français et Allemands s'affrontaient dans les tranchées du Nord, d'autres soldats mouraient sous la chaleur des tropiques. Barly Baruti, dessinateur d'origine zaïroise installé en Belgique, retrace une partie de cette bataille africaine. Sur les rives du lac Tanganyika, forces belges et allemands sont face à face. Les premières viennent de recevoir des avions. Les seconds ont pour eux la puissance de feu d'un cuirassé quasi indestructible. Gaston Mercier, jeune aviateur, survole la région à la recherche du gigantesque bateau pour tenter de le détruire. Il est aidé par un autochtone surnommé « Madame Livingstone » car il prétend être le fils du célèbre explorateur et se balade en... kilt. Scénarisée par Christophe Cassiau-Haurie, cette histoire, en partie basée sur des faits avérés, permet à Baruti de faire passer un message fort contre le colonialisme. Étrangère au conflit européen, l'Afrique a pourtant payé un lourd tribut, tant dans les tranchées que sur les rives de ce fleuve de légende.

 

« Madame Livingstone », Glénat, 22,50 €

 

26/07/2014

BD : Chemins d'espérance

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Compostelle, terminus ! Quatrième et dernier tome de « Campus Stellae », la série historico-religieuse de Pierre-Roland Saint-Dizier (scénario) et Andrea Mutti (dessin). Quatre volumes, pour quatre chemins différents, sur les pèlerins de Compostelle. Après Conques, la Gironde et Le Languedoc, « La mort aux quatre visages » passe par Vézelay, Bourges et Crozant. En 1348, la peste fait des ravages dans le royaume de France. A tel point que le roi a signé une trêve avec les Anglais dans la terrible guerre de 100 ans. Grégoire, un mystérieux homme au passé obscur, découvre que son frère est atteint par la maladie. Il apprend qu'un moine aurait trouvé un remède. Grégoire prend son bâton de pèlerin et retrouve l'abbaye. Une fois le grimoire en sa possession, pour mettre toutes les chances de son côté, il décide de poursuivre son chemin vers Compostelle et le Cap Finisterre. Une belle histoire de rédemption, sans espoir mais symptomatique des croyances de l'époque. Bel ouvrage de Mutti, dessinateur italien talentueux et d'une rare efficacité : quatre albums en moins de deux ans...

 

« Campus Stellae » (tome 4), Glénat, 13,90 €

 

20/07/2014

BD : Wika, jolie petite fée

ledroit, wika, fée, magie, sirtilège, glénat, Day, ogreAttention, claque graphique assurée. Si la couverture déjà en jette un maximum, l'intérieur est sublime. Olivier Ledroit travaille sur ce projet depuis plus de deux ans mais cela valait la peine d'attendre. Il signe des planches en couleurs directes d'une incroyable richesse. Impossible de lire cet album en dix minutes. En fait, c'est le temps qu'il faudrait consacrer à chaque case pour en apprécier tous les détails. Alors si vous êtes du genre pressé, lisez ce tome 1 d'un coup, mais surtout reprenez-le après et savourez chaque composition. Dans cet univers d'heroic fantasy mâtiné de steampunk, le prince Obéron prend le pouvoir en tuant le duc Claymore Grimm et la duchesse Titania. Mais sa victoire n'est pas totale car leur petite fille, Wika, est sauvée. Pour passer inaperçue, son protecteur coupe les ailes de cette jeune fée. 13 années plus tard, Wika quitte la ferme où elle a été élevée et va à la grande ville, Avalon. Elle y rencontre un jeune voleur, Bran, et apprend l'art de dérober aux plus riches. Devenue adulte, Wika, en plus de l'amour, découvre ses pouvoirs magiques. Elle ne peut plus se cacher d'Obéron et ses sbires, ses sept enfants-loups et l'ogre Kabulguen. L'histoire, imaginée par Ledroit, est retravaillée par Thomas Day, écrivain de SF français régulièrement primé.

 

« Wika » (tome 1), Glénat, 14,95 €

 

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12/07/2014

BD : Temps glacial pour Lancaster, nouveau héros de Bec et Dzialowski

 

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Si Christophe Bec s'est imposé dans la BD en tant que dessinateur, il a rapidement débordé de projets. Incapable matériellement de dessiner toutes les histoires issues de son imaginaire fécond, il a distribué ses intrigues à plusieurs illustrateurs. Voilà comment le scénario de Lancaster est arrivé entre les mains de Dzialowski. Ce récit, hommage assumé aux grandes séries des années 50 et 60 comme Bob Morane ou Valhardi..., met en scène Jim Lancaster, lord anglais épaulé par un ami Français, Robert, amateur de jolies filles, de cognac et de bagarre. Ils ont été contactés par un savant pour aller explorer un mystérieux gouffre découvert en Antarctique. Le scénariste a mis un maximum de références dans ces 48 pages très denses : civilisation perdue, nazis revanchards, voyage dans le temps sans oublier une pin-up, la journaliste Audrey. Impossible de réaliser mieux dans le genre « faisons du neuf avec du vieux ».

 

« Lancaster » (tome 2), Glénat, 13,90 €

 

10/06/2014

BD : "Lucifer Sam", un thriller satanique chez Glénat

Lucifer sam, nizzoli, la neve, glénat

Si vous aimez frissonner en lisant des BD d'horreur, cette nouvelle série italienne est pour vous. Les images ne sont pas spécialement horribles, mais certaines scènes sont très dures. Tout débute aux USA. Liz Frazier, romancière à succès, offre à son fils Sam des vacances à Paris. Alors qu'il s'envole en compagnie d'une charmante mannequin sensible à ses 18 ans, sa mère est kidnappée sur le parking de l'aéroport, assommée, jetée dans un trou, brûlée vive et enterrée. En France, Sam, au lieu de Paris, se retrouve chez de riches amis de sa mère dans un château de la proche banlieue. Il ne sait pas que cette luxueuse demeure va se transformer en prison. Victime d'un complot à très grande échelle, il est enfermé dans une pièce aveugle, avec seulement un trou pour faire ses besoins. Seul les premiers jours, il a finalement la compagnie d'un petit chat. Un peu de douceur dans une situation infernale. Puis une évidence : le chat n'est que de la nourriture pour survivre... Son calvaire dure des mois. Après des dizaines de chats. Et quand il décide d'en finir, la porte s'ouvre... Secte satanique, machination, vengeance : la BD de La Neve (scénario) et Nizzoli (dessin) est aussi passionnante qu'angoissante.

 

« Lucifer Sam » (tome 1), Glénat, 13,90 €

 

08:06 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lucifer sam, nizzoli, la neve, glénat