17/05/2014

BD : Espions de compétitions

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Ça ne plaisante pas dans la petite coterie des espions internationaux. Pas de quartiers. Une acrimonie encore plus exacerbée tous les quatre ans lors du « Kontest ». Il s'agit d'une sorte de jeux olympiques des forces spéciales. Huit équipes, autant de codes à récupérer pour au final acquérir dans un coffre les dizaines de secrets d'État mis en jeu. L'idée de ce scénario est de Jean David Morvan. Le créateur de Sillage, pour cette série on ne peut plus internationale, a sélectionné un dessinateur coréen. Kim Jung Gi dessine les scènes d'actions, les explosions et les flingues comme d'autres, en France... les gros nez. Impossible de faire plus virtuose. La preuve en image : un flash code en couverture permet de voir l'artiste au travail. Certains dessinateurs européens, en visionnant la scène, ont abandonné le métier pour se reconvertir comme traders (fausse information propagée par le Gorafi mais qui a le mérite de faire sourire...) Parmi les 8 pays, la France : souvent qualifiée en finale mais jamais gagnante. Mais on est loin du concours de l'Eurovision. La claque graphique est monumentale !

 

« Spy Games » (tome 1), Glénat, 13,90 €

En bonus, le dessinateur virtuose en plein travail :

 

11/05/2014

BD : Au cœur du Débarquement dans une série chez Glénat

 

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A la veille de la commémoration du 70e anniversaire du débarquement en Normandie, les éditions Glénat proposent une série de trois albums sur le fameux D-Day. Les deux premiers viennent de paraître, le troisième est annoncé en librairie le 4 juin. Les histoires, indépendantes les unes des autres, racontent la prise de trois lieux symboliques. Le premier, écrit par Michael Le Galli, se focalise sur les combats autour de Sainte-Mère-eglise. Ce n'est pas à proprement parlé le débarquement mais sa préparation par les parachutistes. En pleine nuit, dans des conditions difficiles, les paras américains sautent sur la campagne normande. Beaucoup de pertes mais suffisamment d'hommes décidés pour faire quelques brèches dans la défense allemande et couper les moyens de communication avec l'arrière. Le dessin est de Davide Fabbri, artiste italien qui aime l'Amérique et les comics. Il est également à la base du story-board du second tome, finalisé par Christian Della Vecchia sur un texte de Bruno Falba. Direction la plage d'Omaha Beach et l'assaut des fortifications nazis, sous l'objectif de Cappa. Humains et documentés, ces albums permettent de ne pas oublier ces hommes morts pour un idéal et contre la tyrannie fasciste.

 

« Opération Overlord » (tomes 1 et 2), Glénat, 13,90 €

 

10/04/2014

BD : Sherlock Fox le renard curieux de Morvan et Du Yu

 

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Commissaire de police méticuleux et intransigeant, Sherlock Fox est un renard curieux et observateur. Il est le meilleur dans sa catégorie. Une excellence au détriment de sa vie personnelle, vide et solitaire. Ce héros imaginé par Morvan et dessiné par Du Yu (encore un petit génie chinois déniché par le scénariste de Sillage) est un « animain », des animaux qui ont su abandonner leurs instincts et vivre comme des humains. Après avoir résolu une énigme à base de fuite de capitaux pour cause d'addiction au jeu, le policier velu est chargé de découvrir à qui appartiennent des ossements retrouvés dans des bois. Sherlock va faire une découverte horrible : les os ont été rongés ! Une affaire de zoophagie ! C'est la première de sa carrière et cela remet bien des certitudes en doute dans cette société pacifiée. Mais ses découvertes ne s'arrêtent pas là : les os sont ceux d'une espèce inconnue des autorités scientifiques. Dans cette enquête policière classique, Morvan a mis beaucoup de philosophie et d'interrogation existentielle. L'immoralité d'être vivants s'entredévorant peut sans problème être ramenée aux dérives de notre société d'exploitation du faible par le puissant.

 

« Sherlock Fox » (tome 1), Glénat, 14,95 €

 

25/03/2014

BD : Lady Elza enquête

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Elle a du chien cette Lady Elza. Elle a aussi un chien, mais cela na rien à voir. Cette brune piquante, Anglaise jusqu'au bout des bottes de cuir, est née de l'imagination de Jean Dufaux. Pour lui donner un corps, Philippe Wurm a trempé sa plume dans une encre érotico-sensuelle. Une héroïne du style de celles que les fans de BD adorent tomber amoureux dans leurs rêves les plus fous. Au début de l'histoire, la belle cherche un appartement dans Londres suffisamment vaste pour accueillir ses 400 paires de chaussures. Elle pense avoir trouvé la perle rare. Problème, son ancien locataire a été assassiné et toutes les personnes intéressées par ce vaste duplex avec vue sur la Tamise n'ont pu signer le bail pour cause d'accident fortuit, au mieux invalidant, au pire mortel. En fait ce bien immobilier servirait de cachette à des photos compromettantes pour la famille royale. Lady Elza va foncer tête baissée dans le piège, mais sa ruse et son cynisme lui permettront de tirer les marrons du feu. C'est délicieusement british, subtil et alambiqué, du genre Blake et Mortimer en bas résille...

 

« Lady Elza » (tome 2), Glénat, 13,90 €

 

07:23 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : elza, dufaux, wurm, londres, reine, glénat

02/03/2014

BD : Clarke va mieux, il le raconte dans les Etiquettes

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Clarke, dessinateur de Mélusine, a une vie de rêve. La série marche très bien, il a suffisamment de temps pour signer des albums plus personnels, ses enfants sont en bonne santé. Le seul problème, c'est son couple. Il a explosé. Avec pertes et fracas. Il ne comprend toujours pas et a décidé de mettre ces interrogations sur papier. Des histoires courtes de trois à cinq pages, en noir et blanc, écrites et dessinées avec les tripes. Il y a des passages assez déprimants, d'autres plus joyeux. Car même si on s'enfonce dans une dépression, la vie autour de soi continue et parfois vous révèle de belles surprises. Comme cette jolie demoiselle rencontrée en terrasse et qui lui explique comment remplir des étiquettes autour de soi. Et de s'en coller une sur le front. Clarke sera le « dessinateur ». Il l'accepte et va déjà beaucoup mieux. Il raconte aussi ses amours furtives dans les festivals, ses tentatives de faire du sport ou de comprendre ses enfants, quasiment adultes... Et puis il rend visite à son oncle, dessinateur de BD aussi. Un certain Pierre Seron. Attention, émotion garantie dans ces quelques dessins d'une grande tendresse.

 

« Les étiquettes », Glénat Treize Etrange, 15 €

 

07/02/2014

BD : Le Scrameustache en orbite

 

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Arriver au 42e tome d'une série de BD est un exploit en soi. Par contre, il est des suites qui ressemblent plus à de l'acharnement thérapeutique qu'autre chose. Ma tristesse est grande de constater que la magie du Scrameustache n'agit plus. Suis-je devenu trop vieux ? Pas assez naïf. Voire trop moderne ?

Cette BD de science-fiction créée par Gos dans les pages de Spirou a cultivé l'imaginaire de plusieurs générations d'enfants et d'adolescents. Aujourd'hui elle semble n'être que l'ombre d'elle même. Gos est toujours aux manettes, aidé de son fils Walt. Mais c'est trop gentil, de plus en plus mal dessiné et aux scénarios insipides. « Le géant d'Imenoca » en est l'exemple parfait. L'intrigue ne semble être qu'un prétexte à faire intervenir les nouveaux personnages, notamment le frère et la sœur de Khéna. Ce dernier s'efface progressivement au détriment de Bérengère. Pas l'ombre d'un Galaxien ni du moindre Kromok. Juste le retour du Grand télépathe, le mini-homme de l'Œuf astral.

Bref c'est plat, sans aucun relief. Le pire : cela ne remue même pas agréablement nos souvenirs d'enfance. Dupuis avait cessé les dégâts. Glénat tente de relever le flambeau. Mais cela semble peine perdu...

 

« Le Scrameustache » (tome 42), Glénat, 9,99 €

 

05/02/2014

BD : Naufragés des glaces sur Sibéria 56

 

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Comment survivre sur une planète hostile ? Cette question est à la base de nombre d'œuvres de science-fiction. Dans « Sibéria 56 », Christophe Bec, le scénariste, apporte sa vision, magistrale et spectaculaire, sur des dessins d'Alexis Sentenac. Sibéria est la 56e planète de précolonisation terrienne. Une base scientifique y est installée depuis quelques années. La relève arrive. Mais la navette avec quatre astronautes dedans est prise dans une tempête de glace. L'engin se crashe à des kilomètres de la base. Ils devront faire le trajet à pied, dans des combinaisons performantes mais qui ne les mettent pas à l'abri de tous les dangers de ce monde hostile. Il y a un peu d'Alien (le groupe diminue au fil des jours), de Dune (de gros vers affamés chassent les petits humains) et de la planète interdite (le principal ennemi est quasiment invisible). Toute une ribambelle d'hommages à un genre que Bec raffole. Et comme il est excellent dans son domaine, le tout est cohérent et original alors que cela aurait pu tourner au bête plagiat. Grâce aussi aux dessins de Sentenac, très à l'aise dans ces décors de glace et de désolation.

 

« Sibéria 56 » (tome 1), Glénat, 13,90 €

 

09:41 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sibéria, bec, sentenac, glénat, alien, dune, sf

18/01/2014

BD : Les manœuvres de Pinkerton

 

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L'agence Pinkerton a beaucoup fait pour la sécurité des USA. Alors que l'Ouest sauvage était gangréné par les méfaits de bandes de voyous, voleurs de grands chemins et autres agités de la gâchette, les frères Pinkerton ont eu la lumineuse idée de proposer leurs services au gouvernement fédéral. Une sorte de police privée qui parfois avait des méthodes encore plus limites que les truands quelle mettait hors d'état de nuire. Mais au pays de l'efficacité maximum, seul le résultat compte. C'est un peu la face sombre de ces célèbres détectives que Guérin, le scénariste, met en lumière. Le second tome, après une ouverture nerveuse et musclée (classique attaque de train parfaitement dessinée par Damour), se concentre sur le dossier Abraham Lincoln. Récemment élu, le grand homme est déjà détesté par beaucoup. Quand Pinkerton apprend qu'un complot est en train de se tramer, il propose ses services au futur président des États-Unis. Une façon aussi de mettre un pied dans le cercle fermé du pouvoir et de faire de Lincoln son obligé. Une machination machiavélique, même si c'est pour la bonne cause...

 

« Pinkerton » (tome2), Glénat, 13,90 €

 

14/01/2014

BD : New York, jouet de Robert Moses

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Derrière chaque ville se cache un mentor, un penseur. Si Paris ne serait pas Paris sans les grands travaux de Haussmann, New York doit beaucoup à Robert Moses. Moins connu car beaucoup plus discret, il a pourtant régné sur la ville durant des décennies, construisant plus de 150 000 logements, des ponts et quasiment toutes les autoroutes. Il toujours su profiter de l'argent public pour aménager l'habitat urbain de façon progressiste. Les plages publiques, les piscines et les centaines d'aires de jeu font également partie de ses réalisations. Le parcours étonnant de ce riche juif foncièrement Américain est raconté par Pierre Christin. Le scénariste de Valérian est aussi un grand spécialiste des USA. Il ne romance pas l'existence de R. Moses, mais sa science de la mise en scène rend cette BD aussi passionnante qu'instructive. Au dessin, Olivier Balez, délaisse pour une fois la bio d'artiste (Le chanteur sans nom, Dominique A) pour celle d'un industriel visionnaire. Il y montre toute sa technique a reproduire des ambiances urbaines, des années 20 à nos jours.

 

« Robert Moses, Le maître caché de New York », Glénat, 22 euros


10/01/2014

BD : Virus révolutionnaire dans Métronom'

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Dans le genre « Ne vous plaignez pas du présent, ce sera pire dans le futur », la série « Metronom' » de Corbeyran et Grun en impose. Vraiment pas réjouissant l'avenir décrit par les deux auteurs bordelais (qui parviennent quand même à glisser une pub subliminale pour les vins de Graves). Dans quelques décennies, un pouvoir autoritaire et policier bride la liberté des citoyens. Et pour abolir la moindre velléité de rébellion, le gouvernement a interdit toute création artistique. L'histoire, assez dense, se déroule sur plusieurs niveau. Il y a la fuite d'une famille et la mission d'un couple pour récupérer un savant dans le coma. Ce dernier serait à l'origine d'un virus venu de l'espace. Il a muté et est dangereux. En fait, à la base, il devait simplement augmenter les envies de révolte du peuple. Mais le meilleur dans cette BD est le travail d'un petit groupe de résistants. Ils écrivent et impriment un livre illustré pour dénoncer la dictature. Le prochain coup d'éclat, se sera en public. Ils répètent en secret une pièce de théâtre. Ce qu'ils ne savent pas c'est qu'il y a un traitre dans leurs rangs, Radcliffe, un policier infiltré. Mais qui sait, l'art est parfois plus fort que la violence et l'intolérance.

 

« Metronom' » (tome 4), Glénat, 14,50 €


07:26 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : metronom, corbeyran, grun, glénat

23/12/2013

BD : Maëster, le maître

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Il y a 30 ans, un drôle d'obsédé sexuel a fait ses premières apparitions dans les pages de Fluide Glacial. Athanagor Wurlitzer cherche l'âme sœur. Ce grand romantique a un gros problème : le sexe. La vue d'un décolleté, du galbe d'une cuisse ou de la rondeur d'une fesse ferme suffisent pour lui faire exploser les neurones. Et perdre tout sens commun. Bref, Athanagor est obsédé par le sexe, mais n'arrive jamais à conclure. Ces histoires courtes marquaient les quasi débuts d'un futur grand de la BD humoristique : Maëster. Histoires courtes délirantes, parodies de contes, conseils pratiques... ces 140 pages présentent l'intégralité de ses déboires libidineuses. Et comme les éditions Glénat ont décidé de faire les choses en grand pour cette réédition ultime (et en noir et blanc), le lecteur trouvera en fin de volume un cahier graphique avec quelques recherches et des couvertures du magazine créé par Gotlib. A l'époque, Maëster débutait, aujourd'hui c'est un maître.

 

« Athanagor Wurlitzer, obsédé sexuel » (intégrale), Glénat, 25,50 €


22/12/2013

BD : Belles intégrales à offrir

500 histoires drôles en BD

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirEnvie de rigoler ? De beaucoup rigoler ? Ce recueil ultime est pour vous. Vous y trouverez 500 histoires drôles en BD étalées sur plus de 330 pages. Pas moins de 25 dessinateurs au sommaire et trois scénaristes. Découpé en chapitres thématiques, ce livre vous permettra de vous moquer des couples ou des toubibs sans oublier un très gros contingent de scénettes polissonnes. (Vents d'Ouest, 13,90 €)

 



Bidouille et Violette

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirSérie culte des années 80 dans le journal de Spirou, Bidouille et Violette revient dans une intégrale sous-titrée « Chronique mélancolique d'un premier amour ». Bernard Hislaire, jeune auteur complet, voulait casser les codes de la BD pour adolescents. Son personnage principal est un gros garçon timide, fils du tenancier d'une baraque à frites. Ses aventures ? Il n'y en a pas. Bidouille est simplement amoureux de la belle et évanescente Violette. Cet amour naïf, voire impossible, est une sorte de BD documentaire avant la lettre. On y retrouve toute la poésie de Hislaire, mais avec aussi la dureté de notre monde. C'est beau et triste à la fois. Conséquence, avec le temps, cette BD culte est devenue un classique. (Glénat, 38 €)

 

Le très gros livre de Simon's Cat

 

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirApparu dans des petits films animés sur le net, Simon's Cat a depuis conquis le marché du livre. Et comme ses histoires sont muettes, il inonde la planète entière. Pour ces fêtes de fin d'année retrouvez ce gros chat un peu nigaud, toujours partant pour faire une bêtise, dans un gros recueil de dessins et d'histoires courtes. En noir et blanc, Simon Tofield avec son trait simple et efficace, raconte les mille déboires d'un matou qu'on aimerait câliner tout en redoutant ses envies de destruction. Idéal pour tout public et tous les âges. (Fleuve Noir, 14,90 €)


15/12/2013

BD : Le retour du requin par Schultheiss

 

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Plus de 20 ans après, Matthias Schultheiss reprend sa série phare en France : « Le rêve du requin ». Ce thriller hyper violent se déroulant en Afrique était emblématique de la BD adulte de la fin des années 80. Exit les bons sentiments, place à l'action. Même si au final le héros parvenait à s'en tirer en compagnie de sa belle. On les retrouve sur un bateau voguant sur l'océan Indien vers un avenir meilleur. Lambert et Sarah ne sont pourtant qu'au début de leurs nouvelles péripéties. Tragiques. Un cyclone se place en travers de leur chemin. La belle histoire d'amour est engloutie par une vague géante... Résultat Lambert se retrouve de nouveau seul sur une épave, redevenu bête pour survivre. Là, Schultheiss se déchaîne de nouveau dans des planches, désormais en couleurs directes mais tout aussi extrêmes. Notamment quand le héros se bat au corps à corps avec un requin, un grand bleu qui ne voit dans l'humain qu'un peu de chair fraîche alors que c'est la mort qu'il croise. Lambert, increvable et fou, mord à pleines dents ses proies comme le poisson dont il a volé la force. Un album à ne pas mettre entre toutes les mains, violence oblige.

 

« Le rêve du requin » (cycle 2, tome 1), Glénat, 13,90 €


10:46 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : schultheiss, requin, glénat, afrique

01/12/2013

BD : Revanche pour les exploités

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Vous vous sentez harcelé au travail pour un petit chef odieux ? Au chômage après une délocalisation sauvage justifiée pour assurer les dividendes des actionnaires ? Ou tout simplement lassé de l'inaction (voire parfois de la complicité) des syndicats ? Votre solution se nomme Revanche. M. Revanche est au cœur du système. La journée, il est l'assistant de la patronne du Modef, la puissante organisation patronale. La nuit, c'est le justicier des victimes du capitalisme. Nicolas Pothier, le scénariste, imagine un monde où seule la manière forte importe. Contre la violence sociale des fonds d'investissement, il oppose la rudesse des poings de Revanche. Le justicier des « masses laborieuses » ne fait pas dans la dentelle. Et généralement ça marche car les patrons exploiteurs sont souvent des couards. A des milliers de kilomètres du politiquement correct, ces histoires courtes sont mises en images par Jean-Christophe Chauzy, au style hybride entre réalisme cru et caricature rigolarde. Dans ce second tome vous croiserez la route d'un fabricant de prothèses mammaires défectueuses, d'un contremaître raciste et d'un producteur de cinéma véreux. Toute ressemblance avec de véritables personnes... apporte encore plus de saveur à l'ensemble.

 

 

« Revanche » (tome 2), Éditions Treize Étrange, 13,90 €


24/11/2013

BD : Contes revisités chez Glénat

 

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Les éditions Glénat viennent de lancer une ambitieuse collection : « A l'origine des contes ». Des gros albums de près 70 à 80 pages, sur des histoires connues de tous. Les trois premiers titres viennent de paraître. On y retrouve les variations autour de Pinocchio, Blanche Neige (splendides dessins de Fabrice Meddour) et Barbe Bleue. A chaque fois c'est Philippe Bonifay qui signe le scénario. Pour le dernier titre, dessiné par Stéphane Duval, c'est Perrault en personne, sur la tombe de son jumeau imaginaire, qui raconte l'origine du conte. Du fait divers car Perrault prétend que rien n'est inventé dans cette histoire de mari tueur d'épouses. En fait c'est le jumeau maléfique et laid de la Barbe Bleue qui occis les femmes et maîtresses de son frère angélique. Dès lors une lutte implacable s'engage entre les deux frères. Elle les conduira jusqu'aux confins du monde connu, au cœur de l'Afrique, pour les courbes parfaites d'une vénus noire à faire damner un évêque. Réflexion sur la création artistique, la vengeance et surtout le rejet de la « différence », cet album n'excuse pas les crimes, mais permet au lecteur de les comprendre.

 

« La Barbe Bleue », Glénat, 18,50 €


11/11/2013

BD : Titeuf a 20 ans...

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« 20 ans... et toujours à l'école ! » Triste sort pour les héros de bande dessinée souvent condamnés à ne jamais grandir. De Tintin à Spirou en passant par Boule et Bill ou Astérix, ils ne prennent pas une ride en plusieurs décennies d'aventures et de gags. Titeuf rejoint cette cohorte de malheureux, figés dans une époque, un âge, qu'ils voudraient tant quitter. En 1993, Zep, dessinateur Suisse « survivant en illustrant la rubrique économique d'un hebdomadaire » se lance dans un 261e projet de BD. La mise en images de ses souvenirs d'enfance. Des gags publiés dans un fanzine et repérés par les éditions Glénat. Dix années plus tard Titeuf domine le marché. Aujourd'hui il a 20 ans et Zep raconte cette incroyable success story dans un luxueux album collector. Reprise des meilleurs gags, chronologie originale, bons mots du créateur : ces 100 pages sont une excellente mise en bouche pour ceux (mais cela existe-t-il encore) qui auraient raté le phénomène Titeuf. Et comme le tirage de cet album anniversaire est limité, c'est aussi un excellent placement financier...

 

« Titeuf » (hors série), Glénat, 18 €


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26/10/2013

BD : R. G. de retour au Congo avec Hermann et Yves H.

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Rémy Georget, le R. G. de la BD, est un jeune journaliste au Matin, journal de Bruxelles. Georget, timide et effacé, découvre par hasard qu'il a un oncle, Célestin, au Congo. On est en 1928 et l'immense pays africain fait rêver toute la Belgique. Il est engagé comme secrétaire par le conservateur d'un musée faisant partie du voyage du roi sur ses terres équatoriales. Rémy, accusé à tort de l'avoir assassiné durant la traversée, va devoir fuir durant les 56 pages de cet album dessiné par Hermann sur un scénario de Yves H, son fils. L'intrigue n'a rien d'exceptionnelle (une histoire de vengeance) mais vaut surtout par les clins d'œil, allusions et autres private joke cachées à chaque coin de page. L'oncle Célestin ressemble à un Tintin ayant mal tourné, un marin écossais est aussi barbu que le capitaine Haddock, on a même droit à une Castafiore en puissance. Mais comme c'est Hermann qui dessine, elle est belle à couper le souffle. Dans un registre radicalement différent, le dessinateur de Jeremiah et de Bernard Prince prouve qu'il arrive encore à s'amuser devant sa planche à dessin. Nous aussi !

 

« Retour au Congo », Glénat, 13,90 €



08:53 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : congo, hermann, uves h, hergé, hommage, glénat

11/10/2013

BD : Planète hostile

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Les amateurs de jeu vidéo connaissent déjà Lost Planet. C'est un jeu vidéo développé par Capcom dont le troisième opus est sorti en juin dernier. « First colony », l'album de BD écrit par Izu et dessiné par Dall'Oglio se situe 40 ans avant le jeu. La Terre, en mal de ressources énergétiques, envoie des centaines de vaisseaux pour prospecter. La planète EDN III semble regorger de T-eng, de la thermo-énergie. C'est en tentant de l'extraire au cœur d'une montagne, qu'un groupe de colons réveille Nushi, reine mère des Akrids. En résumé, plein de petits monstres et un autre, gros, très gros. Et en colère... Bref quand les pirates menés par le capitaine June, belle mais incapable du moindre sentiment, débarquent sur EDN III en catastrophe, ils ne sont pas au bout de leurs difficultés. Obligé de respecter la trame et le décor du jeu, le scénario manque parfois d'originalité. Mais les incroyables paysages et encore plus étonnants monstres permettent au dessinateur de nous plonger dans un monde totalement virtuel.

 

« Lost Planet », Glénat, 13,90 €


 

30/09/2013

BD : Fantastique Chine dans le 1er album de Pascal Magnat

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« Mad in China » est le premier album de Pascal Magnat. On pourrait en douter car ses histoires courtes sont parfaitement abouties, tant au niveau du dessin (un réalisme tirant vers Moebius par moment) que du scénario. « Mad in China » est une boutique où tous les gadgets sont un peu magiques. Le vendeur, un peu caricatural, explique systématiquement aux clients sceptiques que ce stylo/bonzaï/livre... est magique. La suite du récit complet (entre 5 et 10 pages) lui donne raison. Ainsi ce vieux monsieur en achetant un stylo ne croit pas le vendeur. D'autant plus qu'il est un peu sourd. Pourtant le stylo pourra réaliser quatre vœux correspondant aux premiers mots écrits. Conséquence, le vieillard qui n'en a même pas conscience en faisant ses mots croisés, se retrouve immortel, riche, dans le corps d'Hitler et sur la planète Mars. Le reste est à l'avenant, avec parfois une bonne dose d'horreur (le sablier) ou de mysticisme (la tirelire). Coup d'essai, coup de maître. S'il garde son ton très conte fantastique, Pascal Magnat est un auteur qui devrait durer.

 

« Mad in China », Glénat, 18,50 €


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24/09/2013

BD : Lancaster, le nouvel aventurier

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Lancaster, autant l'avouer immédiatement, a des airs de Bob Morane. Ce lord anglais, jeune, blond, athlétique et séduisant, part à l'aventure comme vous allez au boulot le matin. Il est accompagné de son alter-ego comique, Robert, un Français persuadé de faire chavirer tous les cœurs. Un duo complété par la journaliste Audrey Duquesne, pulpeuse tête brûlée. L'histoire imaginée par Christophe Bec et dessinée par Dzialowski se déroule durant les années 50. Les trois compères participent à une expédition dans le grand Nord. Un milliardaire cherche la preuve de la présente humaine sur terre il y a 70 millions d'années. Savants fous, complot nazi, révélations scientifiques, trahison : les 48 pages de cette première partie sont palpitantes.

 

« Lancaster » (Tome 1), Glénat, 13,90 €