06/01/2016

DVD : Des bruits de la vie au son électro

Zac Efron en DJ surdoué dans 'We are your friends' film musical moderne.

zac efron, dance, electro, musique, studiocanalLes amateurs de musique techno vont adorer ce film de Max Joseph. Pas forcément pour la bande son, de qualité, mais pour l'image résolument positive d'une mode musicale trop souvent décriée. Qui dit musique techno dit drogues, raves sauvages, excès... Aux USA, cela permet aussi à ces magiciens de l'assemblage de sons de bâtir des fortunes en faisant danser des milliers de jeunes et moins jeunes dans des clubs spécialisés ou en plein air. Cole Carter (Zac Efron) est un passionné. Il ne vit que pour la musique électronique. Il mixe et compose sur son vieil ordinateur. Avec ses copains, il tente de percer. Mais la lutte est rude.

Un tournage cool

Sa chance tourne quand il croise la route de James (Wes Bentley), une célébrité de la scène électro californienne. Ils vont travailler ensemble et le petit jeune va rapidement égaler voire dépasser la vedette. Une histoire d'ascension sociale basique, avec des hauts, des bas, une petite critique sociale, un embryon de romance et une scène finale qui rattrape largement les quelques longueurs et lourdeurs de l'ensemble. On vibre sur l'élaboration de ce morceau qui permettra à Cole de passer un cap. Professionnellement et humainement.

Zac Efron est crédible en DJ même si parfois il semble un peu trop « propre ». Dans les bonus du DVD et du blu-ray un reportage explique comment le jeune acteur s'est transformé en véritable DJ, prenant des cours et investissant dans du matériel pour se mettre à niveau. Quelques reportages courts donnent aussi un aperçu de l'ambiance très cool du tournage où la musique était toujours présente.

« We are your friends », Studiocanal, 14,99 euros

 

21/12/2015

Série télé : Quand « Les Revenants » reviennent

Seconde saison de la meilleure série française de ces dernières années.


Les Revenants - Chapitre 2 - Les premières... par CANALPLUS

Le film de Robin Campillo n'avait pas fait grand bruit lors de sa sortie en 2004. Fabrice Gobert l'a transformé en série et tout de suite cette fiction fantastique « made in France » a conquis un large public. La diffusion de la première saison sur Canal + a battu tous les records. Un essai qui devait être transformée par une seconde saison. Pari risqué mais réussi au final, même si le petite pointe de nouveauté et de surprise manque par rapport au premier opus.


revenants, studiocanal, canal+Six mois après la fin de la saison 1, la petite ville coupée du monde tente de se remettre des événements. Les morts sont revenus, puis sont repartis. Emmenant avec eux quelques habitants dont Simon, Camille et sa mère, Victor et Julie. Alors que l'armée a pris possession des lieux, Léna et son père n'ont pas perdu espoir de retrouver Camille. Quant à Adèle, elle est enceinte de Simon.

Pour donner un peu plus de punch, les scénaristes ont fait revenir d'autres morts, comme Milan, le père de Toni et Serge. Un trio qui apporte beaucoup dans le côté dramatique. Milan (Michaël Abiteboul) massif et méchant, revient avec l'envie de terminer ce qu'il avait commencé quelques décennies auparavant. Serge (Guillaume Gouix), se retrouve face aux femmes qu'il a assassinée dans le tunnel et Toni (Grégory Gadebois), mort à son tour, rejoint la cohorte des revenants. Laurent Lucas, vieux routier des films de série B français, apporte son expérience des rôles ambigus en interprétant Berg, un ingénieur venu inspecter le barrage (à l'origine de tous les maux).

La série vaut aussi par la richesse de son casting féminin. Céline Sallette, instable, passionnée, dépassée, est la plus émouvante. Clotilde Hesme, dans le rôle d'Adèle, jeune femme incapable d'oublier son premier amour, personnifie la folie, l'abandon face aux événements. Chez les « jeunes », Swann Nambotin dans le rôle très complique de Victor confirme la bonne impression de la première saison.

Un peu comme pour les séries HBO, le générique est soigné et la musique, signée de Mogwai, est omniprésente et essentielle. Dans le making of, le réalisateur explique qu'elle a été écrite avant le tournage et qu'elle accompagnait les acteurs durant leurs prises. Il n'y aura pas de saison 3. Logique au vu du scénario. Mais ne doutons pas que Fabrice Gobert saura de nouveau nous étonner dans son prochain projet.

« Les Revenants » (saison 2), Studiocanal, 29,99 euros le coffret DVD, 34,99 euros le coffret blu-ray. Il existe une intégrale des deux saisons pour 49,99 euros les six DVD ou 59,99 euros les six blu-ray.

 

09/09/2015

DVD : "Invasion Los Angeles", culte et prémonitoire

John Carpenter raconte dans 'Invasion Los Angeles' le B.A.BA de la résistance.

 

 

Certains tenants de la théorie du complot vénèrent toujours ce film de John Carpenter. 'Invasion Los Angeles ', sorti en 1988, sous couvert d'une histoire sur l'invasion de la terre par des extraterrestres dissimulés dans la population, faisait en réalité le procès des 'grands' de ce monde, prêts à tout pour s'enrichir et laisser les masses laborieuses dans la misère et l'ignorance.

carpenter, invasion, aliens, révolte, studiocanalUn procès en creux des années Reagan. Mais ce film est plus subtil. Largement inspirée de l'univers de Philip K. Dick, la ville décrite par John Carpenter est un mélange entre un bidonville du tiers-monde et ces quartiers aseptisés où le commerce est roi. Ce long-métrage devenu culte au fil des décennies, vient de ressortir en version restaurée et agrémentée de bonus rares.

Le film à sa sortie n'a connu qu'un petit succès. Il a certainement été victime du discours politique assez radical et d'un choix d'acteurs handicapant. Le héros, notamment, interprété par Rody Piepper, un catcheur professionnel, est assez peu crédible. Américain de base dans les premières scènes (il a perdu son emploi, va de ville en ville persuadé que cela ira mieux plus tard...), il se retrouve presque à la tête de la rébellion au final.

Des muscles et de grosses armes n'ont jamais permis de changer le monde. En plus le film souffre de longueurs comme ce combat à mains nues entre les deux 'bons', qui paraît encore plus long qu'un film français intimiste, c'est dire... Alors on ne retiendra d'Invasion Los Angeles que la technique des aliens pour faire passer des messages subliminaux par la télévision et les publicités. En 1988 ce n'était que de la science-fiction, aujourd'hui ils font encore plus fort, après avoir inventé internet, ils viennent chez vous, à votre invitation...

'Invasion Los Angeles', Studiocanal, 9,99 euros le DVD, 14,99 euros le blu-ray

 

29/08/2015

DVD : Se relever, toujours se relever quand on est "En équilibre"

dupontel, cécile de france, cheval, cascadeur, studiocanalDeux êtres à vif se rencontrent, s'affrontent, se comprennent, s'aident et s'aiment dans "En équilibre" de Denis Dercourt. Victime d'un grave accident, Marc (Albert Dupontel), cascadeur équestre, se retrouve dans un fauteuil roulant. Les assurances vont tenter de minimiser ses indemnités. Pour faire baisser le montant, la grosse compagnie envoie sa meilleure arme, Florence (Cécile de France). Prototype de l'execute woman, elle sait manipuler les clients.

Après plusieurs mois d'hôpital, Marc rentre dans sa ferme où il n'a qu'un seul et unique bien de valeur : Othello, son cheval. Pourtant c'est lui qui l'a conduit au bord de la faillite. Lors du tournage d'un film historique, Marc traverse un champ de bataille, une bombe explose, le cheval se cabre et il chute. Un enfantillage pour le duo qui a réalisé cette cascade des centaines de fois. Mais un chien est le grain de sable dans les rouages, le cheval fait un écart et piétine Marc. Colonne vertébrale brisée, il se retrouve privé de ses jambes. De son métier aussi. Florence rend visite régulièrement à Marc. Pour négocier les termes définitifs de l'indemnisation. Mais Marc veut plus. Beaucoup plus.

De la haine à l'amour

Les premiers face à face sont tendus. Si la jeune femme tente la douceur dans un premier temps, sa hiérarchie la pousse à passer à la vitesse supérieure. Pression et intimidation. Acculé, Marc est sur le point d'accepter pour sauver le cheval en passe d'être saisi. Mais Florence, comme dégoûtée par son propre double jeu, l'en dissuade et lui donne des armes pour remporter son procès contre les assurances. Ce revirement est au centre du film. Outre une attirance physique pour le fier cavalier, Florence découvre une force dans cet homme cloué dans sa chaise roulante, force qui lui a fait défaut à un moment de sa vie. Avant de s'occuper de sinistres, de devenir une mère exemplaire et une épouse déçue, Florence se rêvait en pianiste professionnelle. Au premier échec elle a abandonné... Marc, malgré son handicap, n'a qu'un désir : remonter à cheval. Rien ne peut l'arrêter.

Albert Dupontel, cavalier émérite, a tourné toutes les scènes équestres. Cécile de France a pris des cours de piano pour se mettre dans la peau de cette musicienne aigrie, passionnée mais incertaine de son talent.

Reste les plus belles scènes, les regards entre ces deux êtres que normalement tout oppose. Langoureux, admiratifs, amoureux : ils transcendent cette relation, se fortifient l'un l'autre pour au final atteindre "leur quête, leur inaccessible étoile... »

 

"En équilibre", Studiocanal, 14,99 euros le DVD, 15,99 euros le blu-ray.

 

09/07/2015

Cinéma : En route pour l'adolescence avec "Microbe et Gasoil" de Michel Gondry

Si pour certains l'adolescence est la pire des périodes, pour d'autres elle est éternelle. Avec « Microbe et Gasoil », Michel Gondry vous fait regretter vos comédons.

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Daniel et Théo. Deux adolescents se retrouvent par hasard dans la même classe. Deux exclus, des « bannis » qui vont faire cause commune et se trouver suffisamment de points en commun pour devenir copains, voire amis. Daniel (Ange Dargent) est le plus jeune. Du moins en apparence. Petit, cheveux longs, il doit supporter de se faire traiter de Microbe à longueur de journée par d’autres ados qui ont juste 10 centimètres de plus et un duvet au-dessus des lèvres. Théo (Théophile Baquet) est devenu Gasoil. La faute à son odeur. Grand bricoleur devant l’éternel, il est souvent mis à contribution par son père pour réparer la camionnette familiale au petit matin.

 

 

Microbe et Gasoil, incompris et un peu à part, vont se forger un monde bien à eux, résurgence de la propre adolescence de Michel Gondry, rêveur et inventeur de contrées de génie.

 

Trop ou pas assez d’amour maternel

Avec intelligence et naturel, le réalisateur plante le monde normal de ses deux héros. Microbe est couvé par sa mère (Audrey Tautou), dépressive tendance bio, végan et lâcher prise. Il partage sa chambre avec un petit frère sérieux et intégré mais s’entend beaucoup moins avec l’aîné, devenu depuis quelques mois Punk réfractaire à tout.

Gasoil vit seul avec ses parents. Sa mère, cardiaque, ne lui cache pas qu’elle préfère l’aîné, qui lui à son âge rapportait déjà de l’argent à la maison et qui aujourd’hui a réussi sa vie en devenant militaire de carrière. Le père, brocanteur, n’est que reproches. D’un côté trop d’amour, de l’autre pas assez, ces deux se trouvent une nouvelle raison de parfaitement se comprendre.

L’année scolaire s’écoule, lente et ennuyeuse. Heureusement Gasoil a un projet génial : construire sa propre voiture. Tout part d’un moteur de tondeuse à gazon, un deux-temps simple et increvable. Au détriment de leur assiduité en cours, les deux compères travaillent d’arrache-pied. Mais leur carrosse, s’il roule parfaitement, n’a pas le droit d’aller sur les routes. L’administration française, toujours un peu tatillonne, refuse d’homologuer cet engin peu sûr. Alors Microbe a une idée de génie : maquiller la bagnole en maisonnette. Au moindre risque de contrôle, il suffit de se garer et de redevenir une habitation fixe.

De bric et de broc, la maison sur roulettes est la troisième vedette de ce film d’une grande finesse. Les deux jeunes acteurs incarnent ces deux adolescents en mal de découverte, de dépassement et surtout de compréhension de l’autre. Car pour découvrir ses propres secrets, rien ne vaut un bon ami qui vous dit « cash » ce qu’il pense de vous. Microbe va se bonifier au contact de Gasoil, Gasoil va se sociabiliser en traînant avec Microbe. Un film sur l’amitié, l’amour, la famille et ses limites dans le temps. Car l’adolescence, malgré tous les exploits du monde, ne dure jamais plus d’un été. Si vous voulez la retrouver, plongez-vous sans réserve dans l’univers de Michel Gondry.

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Le copain parfait

 

 

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Film ouvertement autobiographique, « Microbe et Gasoil » est un peu la madeleine de Proust de Michel Gondry. Son personnage c’est Microbe. Il a longtemps eu les cheveux longs et souvent on l’a pris pour une fille. Une humiliation régulière qu’il décrit parfaitement dans son long-métrage. Cela passe par une prise de conscience radicale avec l’aide d’une tondeuse à même le rayon d’électroménager.

 

Par contre « Gasoil est la combinaison de deux ou trois amis, dont un qui était très bricoleur et dont le père sévère était antiquaire, se souvient Michel Gondry. Je ne l’ai jamais revu. Mais il y avait aussi ce cousin bricoleur, qui faisait des maquettes d’archi : ensemble, on a même inventé une machine à faire du dessin animé. » Interprété par Théophile Baquet (déjà entraperçu dans « La guerre des boutons »), Gasoil est le copain dont on rêve tous quand on est jeune. Original, imprévisible, hâbleur et jamais décontenancé, il est toujours là pour nous remonter le moral et tout relativiser. Un peu casse-cou, confident à l’écoute : son seul défaut est qu’il ne s’arrête jamais. Cela épuise Microbe, mais c’est si bon. Et puis des années plus tard, cela donne des souvenirs impérissables.

11/06/2015

DVD : “Imitation Game”, risqué jeu de la guerre

Remarquable biopic d’Alan Turing (Benedict Cumberbatch), mathématicien incompris.

imitation game, turing, guerre, nazis, Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, StudiocanalLes héros de guerre ne se trouvent pas toujours au front. Pour l’emporter, il faut également des hommes et des femmes œuvrant dans l’ombre. Il y a les espions. Les chercheurs aussi. Simples pions dans un immense mikado, ils jouent pourtant un rôle imminent. Durant la seconde guerre mondiale, les Allemands ont longtemps pris le dessus sur les alliés grâce à un système de communication plus efficace. Tous les ordres étaient cryptés selon un code, le fameux Enigma, d’autant plus compliqué qu’il changeait chaque jour. Les Anglais ont longtemps eu un coup en retard en raison de leur incapacité ç comprendre d’où venaient les attaques. Des centaines « d’oreilles » interceptaient les échanges radio, mais en pure perte, le tout n’étant qu’un charabia incompréhensible.

Un homme est cependant parvenu à casser Enigma : Alan Turing (Benedict Cumberbatch), mathématicien génial mais à la limite de l’autisme dans son rapport aux autres et surtout homosexuel, tare coupable de prison dans cette Angleterre encore très puritaine. Au lieu de tenter de comprendre le code, il a imaginé une machine qui pourrait tester les millions de combinaisons en un minimum de temps. Il a mis des années à construire ce qui pour beaucoup est l’ancêtre de nos ordinateurs modernes. Le film de Mortem Tyldum raconte ces longues recherches mais surtout le mur d’incompréhension face auquel Turing a dû lutter. Sa logique mathématique, robotique, ne faisant pas le poids face aux exigences de l’état-major d’obtenir des résultats. Mais le film est aussi intéressant par les relations très compliquées entre Turing et sa principale collaboratrice, Joan Clarke (Keira Knightley), elle aussi génie des maths et elle aussi stigmatisée pour la simple raison qu’elle est une femme. Le blu-ray propose en bonus un making of classique, deux scènes coupées et quelques éclairages particuliers sur la vraie vie d’Alan Turing et la création la machine.

 

« Imitation Game, Studiocanal, 19,99 euros le DVD, 21,99 euros le blu-ray.

 

20/05/2015

DVD : Les risques du capitalisme dans "A most violent year"

Comment développer son entreprise en restant honnête ? Un dilemme traité dans « A most violent year » de J.-C. Chandor.

 

a most violent year, chandor, oscar isaac, studiocanalAu début des années 80 à New York, la crise économique complique la survie des entreprises. La pauvreté et la misère gangrènent la métropole. Pour s'en sortir, mieux vaut être peu regardant sur la légalité. Dans ce contexte où la violence explose de toute part, Abel Morales (Oscar Isaac) refuse tout écart avec la légalité. A la tête d'une entreprise de livraison de fioul, il s'appuie sur une équipe de commerciaux très motivés pour prendre des parts de marché à ses concurrents. Une réussite qui le pousse à voir plus loin, plus grand. Il met toutes ses économies dans l'achat d'un terminal au bord du fleuve. Pour boucler son budget, il veut emprunter à sa banque.

Le film, très réaliste, tourné en plein hiver, montre toute l'horreur du capitalisme forcené. Abel, fils d'immigré latino, croit encore au rêve américain. Il se veut proche de ses employés, aimant auprès de sa femme Anna (Jessica Chastain). Il dénote dans le reste de la société. Ses camions sont régulièrement braqués par des voyous attirés par la valeur du fioul. Sa femme, fille de gangster, s'occupe de sa comptabilité et jongle avec certaines dispositions de la loi. Conséquence un procureur intègre lance une procédure contre l'entreprise des Morales. A même moment, la banque se retire du projet. Acculé, Abel va tenter se sauver son rêve, au prix de certains renoncements.

Troisième film de J.C. Chandor, « A most violent year » n'est qu'un instantané, sans jugement. Le réalisateur s'intéresse surtout à l'humain de ses personnages. Les bonus sont copieux avec 20 minutes de scènes inédites, les coulisses du tournage et les interviews d'une grande partie de l'équipe.

 

 

« A most violent year », Studiocanal, 19,99 euros le DVD, 21,99 euros le blu-ray. 

 

08/04/2015

DVD : Une peluche craquante

Les aventures de l’ours Paddington, entre tendresse et humour anglais.

 

paddington, studiocanalPetit ours orphelin cherche foyer accueillant. Le film de Paul King, adapté des livres pour enfants de Michael Bond, débute comme une annonce du Bon Coin. Mais en Angleterre, les aventures de Paddington ont bercé plusieurs générations de gamins. Une histoire archiconnue, revisitée grâce aux techniques d’animation les plus modernes. L’ours, adorable petite peluche sous son chapeau rouge, devient un personnage à part entière s’intégrant parfaitement dans les scènes tournées par des acteurs en chair et en os. L’effet est bluffant.

Ours du Pérou, vivant au plus profond de la forêt, Paddington devenu orphelin va tenter de retrouver l’explorateur qui a donné des rudiments d’anglais à sa famille. Il traverse l’Atlantique en passager clandestin, caché dans un canot de sauvetage, se nourrissant exclusivement de marmelade, son péché mignon.

Mais une fois arrivé dans la capitale anglaise, il déchante. Il n’est qu’un étranger parmi d’autres et est rejeté par une population stressée et déshumanisée. Heureusement il croise le chemin de la famille Brown. Si le père tente de l’ignorer, la mère, gentille rêveuse le cœur sur la main, se propose de l’héberger pour une nuit. À la grande joie de leurs deux enfants.

La première partie du film est bourrée de gags. L’ourson, très naïf, accumule les gaffes transformant l’appartement des Brown et véritable champ de bataille. La scène de la salle de bains, notamment des brosses à dents, est irrésistible. La suite devient plus dramatique avec l’irruption de Millicent (Nicole Kidman), une taxidermiste qui voudrait bien ajouter ce trophée à son tableau de chasse. Ce film est proposé avec de nombreux bonus, notamment un reportage sur les séances de doublage en français. Guillaume Galienne explique comment il s’est approprié le personnage de Paddington. Instructif et passionnant.

 

« Paddington », Studiocanal, 19,99 euros le DVD, 24,99 euros le blu-ray.

 

09:01 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paddington, kidman, studiocanal

06/04/2015

Cinéma : Shaun, irrésistible mouton farceur

 

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Les créateurs de « Wallace et Gromit » récidivent avec une nouvelle création, « Shaun le mouton », dans une aventure désopilante mais aussi très poétique.

Vous avez aimé Wallace et Gromit, vous allez adorer Shaun le mouton. Apparu une première fois dans un épisode de la série animée anglaise, le petit mouton a rapidement tapé dans l’œil des spectateurs. Il est revenu, seul en vedette dans une série entièrement consacrée à son univers. Des dizaines d’épisodes diffusés dans le monde entier, repris récemment dans des DVD (voir ci-contre). Le succès a logiquement permis de développer le passage sur grand écran.

Mark Burton et Richard Starzak ont donc planché sur un long-métrage qui sort cette semaine. Premier défi : le film se passe de dialogues. Cela renforce son côté visuel mais complique la tâche des animateurs obligés de faire passer toutes les émotions dans les attitudes des marionnettes. Tourné en stop motion (animation image par image), Shaun le mouton n’est pas de ces films bourrés d’effets numériques trop lisses. Les animaux ressemblent à des peluches et sont donc encore plus accessibles aux jeunes spectateurs.

Perdus dans la grande ville

Le film débute par une présentation de l’univers de Shaun pour ceux qui ne connaîtraient pas la série. Le fermier, un peu myope, doux dingue toujours un peu dans la lune, s’occupe avec amour de son troupeau. Une dizaine de moutons, dont le petit Shaun, le plus dégourdi de la bande, surveillés par le chien Bitzer, le plus sérieux et consciencieux de la distribution. La vie à la ferme est douce mais répétitive. Shaun se lasse chaque matin de quitter l’étable pour aller dans la prairie. Il rêve d’ailleurs et de confort.

Il va mettre un plan au point pour prendre la place du fermier dans sa jolie demeure. Mais un concours de circonstance fait que le pauvre homme se retrouve propulsé loin de ses bases dans les rues agitées de la grande ville. Shaun et ses amis vont donc prendre leur courage à deux mains et partir à l’aventure pour ramener leur maître au bercail.

Narration fluide, trouvailles incessantes font que ces 90 minutes passent à une vitesse folle. Parfois poétiques (comme la rencontre avec la chienne errante qui survit en faisant les poubelles), d’autres scènes sont carrément hilarantes. Le sketch du restaurant provoque une belle explosion de rires. Les moutons, déguisés en humains, sont à table dans un palace. Ils ne savent pas quoi faire alors ils reproduisent les faits et gestes d’une rock star adulée. Autre moment irrésistible, quand Bitzer, le chien, à la recherche de son maître hospitalisé pour amnésie, est confondu avec un chirurgien. La réaction du futur opéré vaut tous les gags des meilleurs films d’humour adulte.

Bref, ce bijou de drôlerie séduira petits et grands.

 

Des heures de Shaun en DVD

 

shaun, studiocanal, mouton, burton, starzakAvant le film, Shaun le mouton a connu la gloire sur les écrans de télévision.

La série, diffusée dans plus de 170 pays, cumule déjà 130 épisodes de 7 minutes. Deux premiers volumes reprennent à chaque fois 20 épisodes. Cela fait plus de deux heures de fiction qui passionneront vos enfants. Le premier, intitulé La fête foraine, voit aussi l’intervention d’une chèvre, d’abeilles, d’une taupe et même de pizzas... Le second, La grande lessive, est encore plus extravagant avec en vedette un chien-robot, un visiteur de l’espace, un campeur sans oublier la nièce du fermier.

En bonus vous aurez droit à un long extrait du film et dix épisodes de Shaun le champion, petites virgules sur les sports pratiqués à la ferme, du saut à la perche à la natation synchronisée...

 

« Saun le mouton » (volume 1 et 2), Studiocanal, 9,99 euros le DVD.

 

13/03/2015

DVD : Le monde un peu trop lisse du « Giver »

Dans un futur proche, toute émotion est bannie. Un jeune homme va se souvenir...

 

giver, bridges, streep, studiocanalLe projet de faire un film avec « The Giver », célèbre roman d'anticipation américain est très ancien. Jeff Bridges a acheté les droits il y a plus de 20 ans. Il désirait confier le rôle du Giver, le passeur de mémoire, à son père, Lloyd. Finalement, il aura fallu attendre 2014 pour que le projet voit le jour. Et c'est le fils qui récupèrera le rôle principal. Dans un futur proche, il ne reste de l'Humanité qu'une petite communauté vivant en autarcie dans un monde aseptisé. Pour éradiquer guerre, violence et famine, un conseil des sages a décidé de gommer toute émotion et souvenirs. Chaque membre de la communauté prend une injection au réveil qui le maintient dans un état de béatitude obéissante. La population est stable. Les anciens acceptent de se faire « élargir vers l'ailleurs » le moment venu pour laisser place aux plus beaux bébés. Les « ratés » sont eux aussi « élargis vers l'ailleurs ». Plus d'émotion, plus de souvenirs : personne ne sait ce que mourir veut dire. Aimer non plus. Mais pour que l'équilibre soit possible, il faut un gardien de la mémoire, le passeur.

 

 

 

Ce rôle va bientôt être dévolu à Jonas (Brenton Thwaites), jeune et impétueux, qui apprend à distinguer les couleurs, apprécier la musique et même aimer. Problème, ce qu'il découvre semble tellement merveilleux qu'il veut en faire profiter toute la communauté. Cela ne plait pas à la grande sage (Meryl Streep).

De la SF philosophique tendance « l'amour est plus fort que tout », honnête mais sans grande nouveauté.

 

 

« The Giver », Studiocanal, 15,99 euros le DVD et 19,99 euros le blu-ray.

 

17:44 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : giver, bridges, streep, studiocanal

03/03/2015

Gomorra et Girls, séries en « G » comme Géniales

gomorra, girls, canal+, studiocanal, saviano, adam driver, lena dunham, warner bros Diffusée sur Canal + jusqu’à la semaine dernière, l’intégrale de la première saison de la série “Gomorra” est à retrouver dans ce coffret de quatre DVD ou trois blu-ray. Adaptée du roman de Roberto Saviano, cette production italienne plonge le spectateur dans le monde impitoyable de la mafia sicilienne. Don Pietro (Fortunato Cerlino) dirige d’une main de fer ses troupes. Son fils Genny (Salvatore Esposito) doit lui succéder. Mais ce gros garçon, encore dans les jupes de sa mère, doit s’aguerrir. C’est la mission de Ciro (Marco D’Amore), un porte-flingue du parrain. Ces douze épisodes de 52 minutes montrent une Naples peu touristique. L’action se passe essentiellement dans des cités misérables ou en prison, où Don Pietro va passer beaucoup de temps à cause des errances de son fils. Heureusement Imma (Maria Pia Calzone), son épouse, est là pour reprendre les affaires en main. Du suspense, des coups fourrés, beaucoup de violence et une fin qui laisse entrevoir une saison 2, “Gomorra” passionnera les amateurs de séries sombres et réalistes.

gomorra, girls, canal+, studiocanal, saviano, adam driver, lena dunham, warner bros Rien à voir avec l’univers de “Girls” la série de Lena Dunham diffusée sur HBO aux USA et OCS en France. Viennent de sortir simultanément l’intégrale de la saison 3 ainsi qu’un coffret reprenant la trentaine d’épisodes des trois saisons. Lena Dunham interprète le rôle de Hannah Horvath, jeune New-yorkaise tentant de percer dans l’édition. Petite, grosse, très délurée et totalement barrée, elle tente d’avoir une relation “normale” avec Adam (Adam Driver), comédien encore plus déjanté que sa petite amie par intermittence. Autour de ce couple improbable gravite trois amies : Jessa, la camée incontrôlable, Marnie, la gravure de beauté pleine de principes et Shoshanna, l’éternelle étudiante en mal d’amour. Bourrée de scènes très osées, tant par les propos que les actes (sexuels essentiellement) Girls prouve que la télévision américaine peut produire des programmes d’une grande originalité, loin du formatage des tristes sitcoms aux rires enregistrés.

« Gomorra », Studiocanal, 29,99 euros le coffret DVD, 39,99 euros le coffret blu-ray.

 

« Girls », Warner Bros, intégrale des trois saisons, 40 euros, saison 3, 20 euros

 

11/02/2015

DVD : Emmanuelle n'a pas vieilli

emmanuelle, just, arsan, kristel, studiocanalAlors que sort sur grand écran « Cinquante nuances de Grey », Studiocanal propose la réédition en DVD et blu-ray de ce qui s'est fait de mieux dans le cinéma érotique : « Emmanuelle ». Sylvia Kristel y dévoile ses courbes et son appétit féroce pour les jeux de l'amour. Loin d'avoir vieilli, ce film de Just Jaeckin prouve que le sexe est par excellence un sujet qui traverse les époques. On remarquera d'ailleurs que comme Emmanuelle, Cinquante nuances de Grey est l'adaptation d'un roman. Les images c'est bien pour la libido basique, mais rien ne vaut un bon texte suggestif pour enflammer les sens...

 

« Emmanuelle », Studiocanal, 9,99 euros

 

05/02/2015

DVD : Le grand écart entre "Trafic" de Jacques Tati et "N'importe qui" de Rémi Gaillard

trafic, jacques tati, rémi gaillard, n'importe qui, ferroni, studiocanal, wild side videoJacques Tati, dans sa courte filmographie, a sacrifié à un exercice étonnant : le road trip. Mais avec Monsieur Hulot, pas de grands espaces américains ni de vitesse excessive. Son voyage va de Paris à Amsterdam, dans un vieux camion qui se démarre à la manivelle. Trafic, réalisé en 1971 après l'échec de Playtime, a un budget moindre. Au centre de ce périple, une petite voiture se transformant en camping car bourré de trouvailles en forme de gadget. Monsieur Hulot est chargé de convoyer ce prototype au salon de l'automobile d'Amsterdam. Il accompagne la chargée des relations publiques (Maria Kimberly). Ce qui aurait du n'être q'une formalité se transforme en périple sans fin, semé de difficultés. Dès le départ, le convoi prend du retard. Sur l'autoroute, le camion crève. Puis il tombe en panne d'essence. L'occasion pour Tati de déambuler dans la campagne nordiste à la recherche d'une petite station comme il n'en existe plus nulle part ailleurs. A la frontière, les policiers hollandais font du zèle et confisquent de camion. De plus en plus en retard, le prototype n'arrive finalement à bon port que le lendemain de la fermeture... Quasiment muet, ce film est aussi un regard sur le comportements des automobilistes. Quelques scènes volées les montre comme absents, occupés à farfouiller au plus profond de leurs narines dans les embouteillages... Il manque un peu de maîtrise, mais on retrouve toute la douce folie de M. Hulot dans cette version restaurée par les Films de Mon Oncle.

trafic, jacques tati, rémi gaillard, n'importe qui, ferroni, studiocanal, wild side videoSi Tati a toujours fait du grand cinéma, ce n'est pas véritablement le cas pour la première apparition sur grand écran de Rémi Gaillard, le trublion du net. Les intentions sont bonnes, le résultat beaucoup moins convaincant. Rémi Gaillard, dans son propre rôle, revient sur son succès sur le net. Un milliard de vues pour des sketches où il « fait n'importe quoi pour devenir n'importe qui ». Mais cette soudaine notoriété le coupe de sa fiancée (Nicole Ferroni, excellente dans ce rôle de fille à papa amoureuse et terriblement terre à terre) et ses amis. S'en suit une grave dépression. Gavé d'antidépresseur, Rémi devient représentant de commerce. Une vie insipide peuplée de cauchemars. Heureusement, sa folie reprend le dessus et reprend le chemin des tournages clandestins avec les policiers en victimes récurrentes. En truffant le film d'extraits de ses délires, Rémi Gaillard sauve l'ensemble.

« Trafic », Studiocanal, 19,99 euros le DVD, 21,99 le blu-ray

 

« Rémi Gaillard est n'importe qui », Wild Side Vidéo, 14,99 euros

 

04/12/2014

Série : Utopia, ces Anglais qui font peur

 

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Les tenants de la théorie du complot adoreront cette série anglaise moderne et pleine de rebondissements.

 

Série culte dès son lancement, « Utopia » fait partie de ces productions typiquement anglaise dans le ton, la forme et l'esprit. Une histoire de complot et de chasses à l'homme dans une Angleterre gangrénées par la corruption et le libéralisme. Tout commence dans un magasin de bande dessinée. Deux hommes viennent au moment de la fermeture. Patibulaires et peu avenants, ils demandent au gérant s'ils ont toujours le manuscrit su second tome d'Utopia. Cette BD fantastique est l'oeuvre d'un ancien scientifique devenu fou. Réalisée durant son internement, elle serait un message caché pour dénoncer un complot planétaire. Plusieurs geeks sont persuadés de la réalité de cette légende urbaine. Ils se donnent rendez-vous dans u café. Il y a Becky, la rondelette, Ian, l'informaticien noir et Wilson Wilson, le hacker paranoïaque. Le quatrième larron, Grant, se fait passer pour une milliardaire roulant en Ferrari et sortant avec une pléiade de top-modèles. En réalité c'est un gamin de 12 ans qui vit en HLM. Ce quatuor va devoir s'unir pour tenter de survivre dès que « The Network », l'organisation secrète à la recherche du manuscrit, apprend que Grant est parvenu à le dérober aux deux tueurs.

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Imaginé par Dennis Kelly, « Utopia » est une de ces séries totalement addictives. On ne peut pas s'empêcher de vouloir regarder l'épisode suivant tant le suspense est constant. Il y est question de virus, de maladie et de solution radicale pour combattre la surpopulation mondiale. Surtout les personnages principaux sont tous exceptionnels, du tueur trop placide pour être véritablement humain à la fameuse Jessica Hyde, la jeune femme mélange de Nikita (pour l'action) et de Morpheus (pour sa faculté à avoir un coup d'avance sur tout le monde).

 

 

Studiocanal propose les deux saisons dans un coffret de quatre DVD avec en bonus de nombreuses scènes coupées.

 

« Utopia », Studiocanal, 22,99 euros

 

 

04/11/2014

Lascars et Workingirls : des séries télé courtes et bonnes

Pas tout à fait des sitcoms, ces formats courts brillent par leur impertinence. Développés par Canal +, on y retrouve tout l’esprit caustique et inventif de la chaîne criptée.

 

lascars, workingGirls, studiocanal, dvd, blanche Gardin, Monsiur PoulpeUne entreprise sans âme dans un building en verre. Dans ces opens space des femmes travaillent. Du moins font acte de présence, notamment quand la patrone est là. La vision de l’entreprise donnée dans la série “Workingirls” est des plus étonnante. La DRH, totalement nymphomane, se désintéresse de ses employés, surtout s’ils sont du sexe féminin, la responsable communication ne manque jamais d’idées pour animer les équipes. Quant aux filles de l’accueil, gare, ce sont de vraies racailles.

La troisième et dernière saison est toujours aussi décapante. On retient de ces 12 épisodes de 13 minutes l’arrivée d’une vigile musclée et “burnée “interprétée par Anne Marivin et la superbe évolution pour Hélène : elle a un fiancé ! Pierrick employé au service courrier. Le couple, joué par Blanche Gardin et Monsieur Poulpe, mériterait presque une série à lui tout seul...

lascars, workingGirls, studiocanal, dvd, blanche Gardin, Monsiur PoulpeElDiablo, scénariste multitâches, après l’animation et la BD transporte son univers banlieusard des Lascars dans une série au casting impeccable. Les quatre potes vivent la “good life” dans leur banlieue. Du moins, ça, c’était la saison 1. La saison 2 débute par une scène où les Lascars se morfondent en prison. Mais qu’ont-ils fait pour finir au trou ? Ce sera le fil rouge de la série de 12 épisodes de 15 minutes chacun. Criblés de dettes, ils n’ont d’autre solution pour rembourser de travailler dans le “grec “de Mamadou, la star du quartier. Entre frites et kebab, ils vont multiplier les impairs et se mettre dans des situations pathétiques. Le tout dans un débit de paroles qui risque de désorienter toute personne qui n’a jamais entendu répéter dix fois en une minute « J’menbalécouyes ». C’est trash mais vrai. Et surtout hilarant.

"Workingirls”, Studiocanal, 14,99 euros

"Les Lascars”, Studiocanal, 14,99 euros

 

24/10/2014

DVD : Engrenage fatal en Méditerranée

 

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Adapté d'un roman de Patricia Highsmith, « The Two Face of January » est un film noir comme on en voyait régulièrement dans les années 60. Hossein Amini, le réalisateur, avoue une grande admiration pour ce genre cinématographique et a particulièrement soigné sa mise en scène et sa lumière pour être fidèle à cette époque.

 

 

L'intrigue débute en Grèce. Rydal (Oscar Isaac), jeune Américain, vivote en servant de guide touristique à de riches compatriotes. Au cours d'une balade, il remarque un couple lumineux formé par Chester (Vigo Mortensen) et Colette (Kirsten Dunst). Chester, sous ses airs de millionnaires en villégiature est sur ses gardes. Tout de suite il se sent espionné par Rydal. Colette va se renseigner sur lui et leur destin va alors se retrouver lié. Rydal, petit escroc, tombe amoureux de Colette. Mais cette dernière est liée à Chester, un autre escroc, d'une tout autre envergure. Il a délesté quelques spéculateurs de leurs économies et profite grassement de ce pactole, caché dans une simple valise. Quand un détective privé, mandaté par des clients mécontents, retrouve l'Américain en fuite, la belle vie insouciante prend fin immédiatement.

Le film joue surtout sur les attitudes ambiguës des personnages. Que veulent-ils exactement ? Amour ou profit ? La fuite passe par les magnifiques paysages de la Crète puis les rues grouillantes et inquiétantes d'Istanbul. Les décors naturels somptueux rattrapent un peu l'intrigue par trop simpliste et prévisible.

 

« The Two Faces of January », Studiocanal, 17,99 euros.

 

18/10/2014

Cinéma : Lou, nouvelle coqueluche des ados

Julien Neel a adapté sa bande dessinée « Lou, journal infime » avec des « vrais personnages en viande ».

 

 

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Le premier film de Julien Neel a un petit air de ressemblance avec « Amélie Poulain ». Comme Jeunet, le dessinateur de BD qui passe pour la première fois derrière la caméra a entièrement recrée un quartier, une ville voire tout un univers avec de nombreuses références aux objets obsolètes, vieillots mais plein de charme. La faute à la mère de Lou (Ludivine Sagnier), adulescente assez irresponsable. Derrière sa grande frange et ses grosses lunettes rondes, elle ne sort quasiment plus. Elle passe ses journées vautrée sur un canapé à jouer aux jeux vidéo, ne tenant debout qu'en ingurgitant une quantité phénoménale de café. Lou (Lola Lasseron) elle, est du genre petite fille rêveuse. Très rêveuse. Elle a pris la manie d'observer les gens et de tout noter dans des carnets. Depuis son toit terrasse, avec sa meilleure amie Mina, elles observent la chambre du joli garçon. Un certain Tristan qui fait briller les yeux de Lou. Ce petit monde assez farfelu et très poétique est encore plus chamboulé quand Richard (Kyan Khojandi, le créateur de Bref pour son premier grand rôle au cinéma), baba cool à la peau de mouton, emménage dans l'appartement de l'autre côté du palier. Lou y voit immédiatement un possible petit ami à sa mère trop seule et malheureuse. Son plan se déroule à merveille, jusqu'à cette soirée pendaison de crémaillère. Richard et la maman sont effectivement sur la même longueur d'ondes. Mais il y a surtout le beau Tristan...

 

 

 

Beaucoup plus qu'une simple bluette d'adolescent, ce film a la grâce des albums de BD. Le dessinateur aux couleurs pastels et douces a été très exigeant dans la reconstitution de son univers de papier. Cela donne un ovni visuel où le moindre détail est soigné. Il s'est même payé le luxe d'intégrer des effets numériques dans la grande scène de combat au laser et des séquences en images de synthèse pour présenter l'univers de Sidéra, le personnage principal du roman en construction de la maman. Plein d'espoir, de tendresse et de justesse, ce film s'adresse avant tout aux jeunes filles. Mais les adultes feraient bien aussi d'aller le voir. A l'image de la grand-mère de Lou (Nathalie Baye), vieille casanière revêche, un contact prolongé avec l'univers de Julien Neel peut avoir un effet bénéfique sur vos humeurs.

 

 

 

Sur papier aussi

 

Lou, julien Neel, Glénat, sagnierA la base, Lou est une série de bande dessinée. Publiée dans le magazine Tcho ! De Titeuf, les gags et histoires courtes ont donné naissance à six albums publiés aux éditions Glénat. A l'occasion de la sortie du film, ces mêmes éditions Glénat proposent deux livres autour du long métrage. En premier lieu l'adaptation du film, avec quelques dessins de Julien Neel mais surtout une farandoles de photos et une mise en page très recherchée. Idéal pour revivre le film après son visionnage. En cadeau, en fin d'album, l'affiche officielle.

Lou, julien Neel, Glénat, sagnierPlus pointu (et cher), « Lou ! Journal d'un film » est un beau livre retraçant toute l'aventure du projet. De la première rencontre avec le producteur aux bruitages en postproduction, Julien Neel livre son processus de création. Une formidable immersion dans un univers fabriqué de toutes pièces, des bijoux de pacotille de Lou au costume de Mister Juice. Sans oublier les séquences en animation de Sidéra, la justicière intergalactique issue de l'imagination de la maman de la jeune héroïne. Un film, six BD et deux livres : l'univers de Lou est de plus en plus riche.

« Lou, journal infime », Glénat, 9,99 euros

« Lou, journal d'un film », Glénat, 30 euros.

 

 

08/10/2014

DVD : Brigitte Bardot, cinq films éclectiques

bardot, BB, studiocanalBrigitte Bardot vient de fêter ses 80 ans. La fantastique actrice a délaissé depuis des décennies les plateaux. Sa vie l'a mené ailleurs. Près de ses animaux de compagnie, loin des hommes. La vieille dame aux positions politiques parfois extrêmes ne doit pas faire oublier la comédienne qui a marqué des générations. Pour ceux qui ne la connaissent pas ou ceux qui voudraient la redécouvrir, Studiocanal propose un coffret de 5 films pour bien prendre conscience de l'étendue du talent de la jolie blonde. De la comédie « Cette sacrée gamine » au drame « Le mépris » en passant par le sulfureux « Repos du guerrier » ou tout simplement le western dans « Shalako ». Dans ce dernier film, certainement pas le meilleur de sa carrière, elle interprète le rôle d'une noble Européenne venue chasser dans l'ouest américain. Une fine gâchette qui tue dans les premières images un puma puis quelques coyotes, avec une joie non dissimulée. Des images qui plairont aux détracteurs de la passionaria de la cause animale. Mais ce n'est que du cinéma, un rôle, forcément de composition... Elle partage la vedette de Shalako avec Sean Connery, vedette mondiale surtout connue à l'époque pour son interprétations d'un certain Bond, James Bond...

 

« Coffret Brigitte Bardot, 5 DVD », Studiocanal, 29,99 euros.  

 

07:40 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bardot, bb, studiocanal

02/10/2014

DVD : Grand-père explosif

Réjouissante adaptation du best-seller « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ».

 

100 ans ! Allan a 100 ans. Cela se fête. Tous les employés de la maison de retraite où il coule des jours trop tranquilles s'apprêtent à lui offrir un énorme gâteau d'anniversaire. Mais quand ils entrent dans sa chambre, Allan (Robert Gustafsson) a pris la poudre d'escampette. Une fugue de plus pour cet homme à la vie bien remplie. Le film de Felix Herngren est adapté du livre du Suédois Jonas Jonasson, traduit partout dans le monde. Un best-seller loufoque et iconoclaste construit en flash-back. Allan, avec ses quelques piécettes en poche, achète un billet de bus pour une petite bourgade. Avant cela, un jeune très énervé, pressé d'aller satisfaire un besoin pressant, lui confie sa valise. Allan, un peu à l'ouest (il a quand même 100 ans et n'a jamais été un foudre de guerre côté intelligence et concentration), part avec la valise. Début des véritables ennuis car cette dernière contient 50 millions... Mais il en faut plus pour déstabiliser cet homme qui a côtoyé les plus grands du siècle dernier. De Franco à Staline en passant par Truman ou Gorbatchev, sa vie a suivi des chemins tortueux. En raison de sa passion pour les explosifs. Allan, dès son plus jeune âge, a aimé faire exploser des bâtons de dynamite. Voilà comment il se retrouve au coeur de la guerre d'Espagne puis impliqué dans le projet Manhattan.

Vieux.jpgDonc ce ne sont pas quelques voyous lancés à ses trousses qui vont le déstabiliser. D'autant qu'il bénéficie dans sa fuite de l'aide de quelques amis tout aussi timbrés que lui, du multi-diplômé maladivement timide en passant par la propriétaire d'un éléphant (peu banal en Suède) sans oublier un autre retraité, Jonsson (Iwar Wiklander), bien décidé de se payer une belle retraite au soleil avec cet argent tombé du ciel.

Le film est un enchaînement de quiproquos et coup du sort, parfois énormes mais toujours efficaces. On voyage beaucoup, de la Catalogne au goulag russe en passant par Bali, cadre du dénouement d'un long-métrage hilarant.

 

 

« Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire », Studiocanal, 19,99 euros 

 

04/09/2014

DVD : "Barbecue" ou le chant de l'amitié

barbecue, wilson lambert, lavaine, dubosc, forresti, de tonquédec, studiocanalFilm choral, « Barbecue » d'Eric Lavaine explore toutes les facettes de l'amitié, des meilleures aux pires.

 

Qu'est-ce qui compte plus que l'amitié ? L'amour étant hors catégorie, il reste la santé. Antoine (Lambert Wilson) va fêter ses 50 ans. Beau, sportif, à l'hygiène de vie irréprochable, il profite de ce présent radieux entre bande de potes sympas, femme aimante et aventures sans lendemain (ses trophées n'ont jamais plus de 25 ans...). Et puis c'est la tuile. Un gros infarctus, quelques jours dans le coma, une opération et une rééducation accompagnée de recommandations draconiennes. Mais à quoi ça sert d'être exemplaire dans son cas. Il l'a été et ça n'a servi à rien. Alors Antoine reprend sa vie en main et laisse place au plaisir, le vrai. Notamment en invitant potes et famille dans une belle maison nichée au cœur des Cévennes. 15 jours de vacances qui commencent bien mais qui finissent très mal.

 

 

Éric Lavaine, le réalisateur et scénariste de cette comédie très enlevée, semble avoir écrit son film en fonction de son casting. Chaque personnage colle parfaitement au comédien choisit. Si Lambert Wilson sert de liant, de fil rouge, tous les autres sont beaucoup plus que des « seconds rôles » (horrible terme dans ce genre de réalisation. Mention spéciale à Florence Foresti, parfaite en divorcée un peu fofolle et dévergondée. Franck Dubosc, son ancien mari, jaloux et rancunier prouve que s'il s'en donne la peine, c'est un excellent acteur. Jérôme Commandeur, en simplet de la bande est criant de vérité. Lionel Abelanski, le plus renfermé, n'en occupe pas un moins un rôle central pour le final. Mais une nouvelle fois, la révélation est Guillaume de Tonquédec. L'acteur de « Fais pas ci, fais pas ça » endosse de nouveau le costume du pédant prétentieux. On aime le détester...

 

 

Dans le DVD de cette excellente comédie qui a dépassé le million d'entrée, on retrouve les 9 extraits qui ont donné envie aux spectateurs de découvrir ces vacances atypiques. En bonus également un documentaire sur les coulisses du film, notamment les explications de la personne chargée de confectionner les menus. Car on mange beaucoup dans ce film tourné à Lyon et dans l'Hérault.

 

« Barbecue », Studiocanal, 15,99 €