04/12/2014

Série : Utopia, ces Anglais qui font peur

 

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Les tenants de la théorie du complot adoreront cette série anglaise moderne et pleine de rebondissements.

 

Série culte dès son lancement, « Utopia » fait partie de ces productions typiquement anglaise dans le ton, la forme et l'esprit. Une histoire de complot et de chasses à l'homme dans une Angleterre gangrénées par la corruption et le libéralisme. Tout commence dans un magasin de bande dessinée. Deux hommes viennent au moment de la fermeture. Patibulaires et peu avenants, ils demandent au gérant s'ils ont toujours le manuscrit su second tome d'Utopia. Cette BD fantastique est l'oeuvre d'un ancien scientifique devenu fou. Réalisée durant son internement, elle serait un message caché pour dénoncer un complot planétaire. Plusieurs geeks sont persuadés de la réalité de cette légende urbaine. Ils se donnent rendez-vous dans u café. Il y a Becky, la rondelette, Ian, l'informaticien noir et Wilson Wilson, le hacker paranoïaque. Le quatrième larron, Grant, se fait passer pour une milliardaire roulant en Ferrari et sortant avec une pléiade de top-modèles. En réalité c'est un gamin de 12 ans qui vit en HLM. Ce quatuor va devoir s'unir pour tenter de survivre dès que « The Network », l'organisation secrète à la recherche du manuscrit, apprend que Grant est parvenu à le dérober aux deux tueurs.

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Imaginé par Dennis Kelly, « Utopia » est une de ces séries totalement addictives. On ne peut pas s'empêcher de vouloir regarder l'épisode suivant tant le suspense est constant. Il y est question de virus, de maladie et de solution radicale pour combattre la surpopulation mondiale. Surtout les personnages principaux sont tous exceptionnels, du tueur trop placide pour être véritablement humain à la fameuse Jessica Hyde, la jeune femme mélange de Nikita (pour l'action) et de Morpheus (pour sa faculté à avoir un coup d'avance sur tout le monde).

 

 

Studiocanal propose les deux saisons dans un coffret de quatre DVD avec en bonus de nombreuses scènes coupées.

 

« Utopia », Studiocanal, 22,99 euros

 

 

04/11/2014

Lascars et Workingirls : des séries télé courtes et bonnes

Pas tout à fait des sitcoms, ces formats courts brillent par leur impertinence. Développés par Canal +, on y retrouve tout l’esprit caustique et inventif de la chaîne criptée.

 

lascars, workingGirls, studiocanal, dvd, blanche Gardin, Monsiur PoulpeUne entreprise sans âme dans un building en verre. Dans ces opens space des femmes travaillent. Du moins font acte de présence, notamment quand la patrone est là. La vision de l’entreprise donnée dans la série “Workingirls” est des plus étonnante. La DRH, totalement nymphomane, se désintéresse de ses employés, surtout s’ils sont du sexe féminin, la responsable communication ne manque jamais d’idées pour animer les équipes. Quant aux filles de l’accueil, gare, ce sont de vraies racailles.

La troisième et dernière saison est toujours aussi décapante. On retient de ces 12 épisodes de 13 minutes l’arrivée d’une vigile musclée et “burnée “interprétée par Anne Marivin et la superbe évolution pour Hélène : elle a un fiancé ! Pierrick employé au service courrier. Le couple, joué par Blanche Gardin et Monsieur Poulpe, mériterait presque une série à lui tout seul...

lascars, workingGirls, studiocanal, dvd, blanche Gardin, Monsiur PoulpeElDiablo, scénariste multitâches, après l’animation et la BD transporte son univers banlieusard des Lascars dans une série au casting impeccable. Les quatre potes vivent la “good life” dans leur banlieue. Du moins, ça, c’était la saison 1. La saison 2 débute par une scène où les Lascars se morfondent en prison. Mais qu’ont-ils fait pour finir au trou ? Ce sera le fil rouge de la série de 12 épisodes de 15 minutes chacun. Criblés de dettes, ils n’ont d’autre solution pour rembourser de travailler dans le “grec “de Mamadou, la star du quartier. Entre frites et kebab, ils vont multiplier les impairs et se mettre dans des situations pathétiques. Le tout dans un débit de paroles qui risque de désorienter toute personne qui n’a jamais entendu répéter dix fois en une minute « J’menbalécouyes ». C’est trash mais vrai. Et surtout hilarant.

"Workingirls”, Studiocanal, 14,99 euros

"Les Lascars”, Studiocanal, 14,99 euros

 

24/10/2014

DVD : Engrenage fatal en Méditerranée

 

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Adapté d'un roman de Patricia Highsmith, « The Two Face of January » est un film noir comme on en voyait régulièrement dans les années 60. Hossein Amini, le réalisateur, avoue une grande admiration pour ce genre cinématographique et a particulièrement soigné sa mise en scène et sa lumière pour être fidèle à cette époque.

 

 

L'intrigue débute en Grèce. Rydal (Oscar Isaac), jeune Américain, vivote en servant de guide touristique à de riches compatriotes. Au cours d'une balade, il remarque un couple lumineux formé par Chester (Vigo Mortensen) et Colette (Kirsten Dunst). Chester, sous ses airs de millionnaires en villégiature est sur ses gardes. Tout de suite il se sent espionné par Rydal. Colette va se renseigner sur lui et leur destin va alors se retrouver lié. Rydal, petit escroc, tombe amoureux de Colette. Mais cette dernière est liée à Chester, un autre escroc, d'une tout autre envergure. Il a délesté quelques spéculateurs de leurs économies et profite grassement de ce pactole, caché dans une simple valise. Quand un détective privé, mandaté par des clients mécontents, retrouve l'Américain en fuite, la belle vie insouciante prend fin immédiatement.

Le film joue surtout sur les attitudes ambiguës des personnages. Que veulent-ils exactement ? Amour ou profit ? La fuite passe par les magnifiques paysages de la Crète puis les rues grouillantes et inquiétantes d'Istanbul. Les décors naturels somptueux rattrapent un peu l'intrigue par trop simpliste et prévisible.

 

« The Two Faces of January », Studiocanal, 17,99 euros.

 

18/10/2014

Cinéma : Lou, nouvelle coqueluche des ados

Julien Neel a adapté sa bande dessinée « Lou, journal infime » avec des « vrais personnages en viande ».

 

 

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Le premier film de Julien Neel a un petit air de ressemblance avec « Amélie Poulain ». Comme Jeunet, le dessinateur de BD qui passe pour la première fois derrière la caméra a entièrement recrée un quartier, une ville voire tout un univers avec de nombreuses références aux objets obsolètes, vieillots mais plein de charme. La faute à la mère de Lou (Ludivine Sagnier), adulescente assez irresponsable. Derrière sa grande frange et ses grosses lunettes rondes, elle ne sort quasiment plus. Elle passe ses journées vautrée sur un canapé à jouer aux jeux vidéo, ne tenant debout qu'en ingurgitant une quantité phénoménale de café. Lou (Lola Lasseron) elle, est du genre petite fille rêveuse. Très rêveuse. Elle a pris la manie d'observer les gens et de tout noter dans des carnets. Depuis son toit terrasse, avec sa meilleure amie Mina, elles observent la chambre du joli garçon. Un certain Tristan qui fait briller les yeux de Lou. Ce petit monde assez farfelu et très poétique est encore plus chamboulé quand Richard (Kyan Khojandi, le créateur de Bref pour son premier grand rôle au cinéma), baba cool à la peau de mouton, emménage dans l'appartement de l'autre côté du palier. Lou y voit immédiatement un possible petit ami à sa mère trop seule et malheureuse. Son plan se déroule à merveille, jusqu'à cette soirée pendaison de crémaillère. Richard et la maman sont effectivement sur la même longueur d'ondes. Mais il y a surtout le beau Tristan...

 

 

 

Beaucoup plus qu'une simple bluette d'adolescent, ce film a la grâce des albums de BD. Le dessinateur aux couleurs pastels et douces a été très exigeant dans la reconstitution de son univers de papier. Cela donne un ovni visuel où le moindre détail est soigné. Il s'est même payé le luxe d'intégrer des effets numériques dans la grande scène de combat au laser et des séquences en images de synthèse pour présenter l'univers de Sidéra, le personnage principal du roman en construction de la maman. Plein d'espoir, de tendresse et de justesse, ce film s'adresse avant tout aux jeunes filles. Mais les adultes feraient bien aussi d'aller le voir. A l'image de la grand-mère de Lou (Nathalie Baye), vieille casanière revêche, un contact prolongé avec l'univers de Julien Neel peut avoir un effet bénéfique sur vos humeurs.

 

 

 

Sur papier aussi

 

Lou, julien Neel, Glénat, sagnierA la base, Lou est une série de bande dessinée. Publiée dans le magazine Tcho ! De Titeuf, les gags et histoires courtes ont donné naissance à six albums publiés aux éditions Glénat. A l'occasion de la sortie du film, ces mêmes éditions Glénat proposent deux livres autour du long métrage. En premier lieu l'adaptation du film, avec quelques dessins de Julien Neel mais surtout une farandoles de photos et une mise en page très recherchée. Idéal pour revivre le film après son visionnage. En cadeau, en fin d'album, l'affiche officielle.

Lou, julien Neel, Glénat, sagnierPlus pointu (et cher), « Lou ! Journal d'un film » est un beau livre retraçant toute l'aventure du projet. De la première rencontre avec le producteur aux bruitages en postproduction, Julien Neel livre son processus de création. Une formidable immersion dans un univers fabriqué de toutes pièces, des bijoux de pacotille de Lou au costume de Mister Juice. Sans oublier les séquences en animation de Sidéra, la justicière intergalactique issue de l'imagination de la maman de la jeune héroïne. Un film, six BD et deux livres : l'univers de Lou est de plus en plus riche.

« Lou, journal infime », Glénat, 9,99 euros

« Lou, journal d'un film », Glénat, 30 euros.

 

 

08/10/2014

DVD : Brigitte Bardot, cinq films éclectiques

bardot, BB, studiocanalBrigitte Bardot vient de fêter ses 80 ans. La fantastique actrice a délaissé depuis des décennies les plateaux. Sa vie l'a mené ailleurs. Près de ses animaux de compagnie, loin des hommes. La vieille dame aux positions politiques parfois extrêmes ne doit pas faire oublier la comédienne qui a marqué des générations. Pour ceux qui ne la connaissent pas ou ceux qui voudraient la redécouvrir, Studiocanal propose un coffret de 5 films pour bien prendre conscience de l'étendue du talent de la jolie blonde. De la comédie « Cette sacrée gamine » au drame « Le mépris » en passant par le sulfureux « Repos du guerrier » ou tout simplement le western dans « Shalako ». Dans ce dernier film, certainement pas le meilleur de sa carrière, elle interprète le rôle d'une noble Européenne venue chasser dans l'ouest américain. Une fine gâchette qui tue dans les premières images un puma puis quelques coyotes, avec une joie non dissimulée. Des images qui plairont aux détracteurs de la passionaria de la cause animale. Mais ce n'est que du cinéma, un rôle, forcément de composition... Elle partage la vedette de Shalako avec Sean Connery, vedette mondiale surtout connue à l'époque pour son interprétations d'un certain Bond, James Bond...

 

« Coffret Brigitte Bardot, 5 DVD », Studiocanal, 29,99 euros.  

 

07:40 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bardot, bb, studiocanal

02/10/2014

DVD : Grand-père explosif

Réjouissante adaptation du best-seller « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ».

 

100 ans ! Allan a 100 ans. Cela se fête. Tous les employés de la maison de retraite où il coule des jours trop tranquilles s'apprêtent à lui offrir un énorme gâteau d'anniversaire. Mais quand ils entrent dans sa chambre, Allan (Robert Gustafsson) a pris la poudre d'escampette. Une fugue de plus pour cet homme à la vie bien remplie. Le film de Felix Herngren est adapté du livre du Suédois Jonas Jonasson, traduit partout dans le monde. Un best-seller loufoque et iconoclaste construit en flash-back. Allan, avec ses quelques piécettes en poche, achète un billet de bus pour une petite bourgade. Avant cela, un jeune très énervé, pressé d'aller satisfaire un besoin pressant, lui confie sa valise. Allan, un peu à l'ouest (il a quand même 100 ans et n'a jamais été un foudre de guerre côté intelligence et concentration), part avec la valise. Début des véritables ennuis car cette dernière contient 50 millions... Mais il en faut plus pour déstabiliser cet homme qui a côtoyé les plus grands du siècle dernier. De Franco à Staline en passant par Truman ou Gorbatchev, sa vie a suivi des chemins tortueux. En raison de sa passion pour les explosifs. Allan, dès son plus jeune âge, a aimé faire exploser des bâtons de dynamite. Voilà comment il se retrouve au coeur de la guerre d'Espagne puis impliqué dans le projet Manhattan.

Vieux.jpgDonc ce ne sont pas quelques voyous lancés à ses trousses qui vont le déstabiliser. D'autant qu'il bénéficie dans sa fuite de l'aide de quelques amis tout aussi timbrés que lui, du multi-diplômé maladivement timide en passant par la propriétaire d'un éléphant (peu banal en Suède) sans oublier un autre retraité, Jonsson (Iwar Wiklander), bien décidé de se payer une belle retraite au soleil avec cet argent tombé du ciel.

Le film est un enchaînement de quiproquos et coup du sort, parfois énormes mais toujours efficaces. On voyage beaucoup, de la Catalogne au goulag russe en passant par Bali, cadre du dénouement d'un long-métrage hilarant.

 

 

« Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire », Studiocanal, 19,99 euros 

 

04/09/2014

DVD : "Barbecue" ou le chant de l'amitié

barbecue, wilson lambert, lavaine, dubosc, forresti, de tonquédec, studiocanalFilm choral, « Barbecue » d'Eric Lavaine explore toutes les facettes de l'amitié, des meilleures aux pires.

 

Qu'est-ce qui compte plus que l'amitié ? L'amour étant hors catégorie, il reste la santé. Antoine (Lambert Wilson) va fêter ses 50 ans. Beau, sportif, à l'hygiène de vie irréprochable, il profite de ce présent radieux entre bande de potes sympas, femme aimante et aventures sans lendemain (ses trophées n'ont jamais plus de 25 ans...). Et puis c'est la tuile. Un gros infarctus, quelques jours dans le coma, une opération et une rééducation accompagnée de recommandations draconiennes. Mais à quoi ça sert d'être exemplaire dans son cas. Il l'a été et ça n'a servi à rien. Alors Antoine reprend sa vie en main et laisse place au plaisir, le vrai. Notamment en invitant potes et famille dans une belle maison nichée au cœur des Cévennes. 15 jours de vacances qui commencent bien mais qui finissent très mal.

 

 

Éric Lavaine, le réalisateur et scénariste de cette comédie très enlevée, semble avoir écrit son film en fonction de son casting. Chaque personnage colle parfaitement au comédien choisit. Si Lambert Wilson sert de liant, de fil rouge, tous les autres sont beaucoup plus que des « seconds rôles » (horrible terme dans ce genre de réalisation. Mention spéciale à Florence Foresti, parfaite en divorcée un peu fofolle et dévergondée. Franck Dubosc, son ancien mari, jaloux et rancunier prouve que s'il s'en donne la peine, c'est un excellent acteur. Jérôme Commandeur, en simplet de la bande est criant de vérité. Lionel Abelanski, le plus renfermé, n'en occupe pas un moins un rôle central pour le final. Mais une nouvelle fois, la révélation est Guillaume de Tonquédec. L'acteur de « Fais pas ci, fais pas ça » endosse de nouveau le costume du pédant prétentieux. On aime le détester...

 

 

Dans le DVD de cette excellente comédie qui a dépassé le million d'entrée, on retrouve les 9 extraits qui ont donné envie aux spectateurs de découvrir ces vacances atypiques. En bonus également un documentaire sur les coulisses du film, notamment les explications de la personne chargée de confectionner les menus. Car on mange beaucoup dans ce film tourné à Lyon et dans l'Hérault.

 

« Barbecue », Studiocanal, 15,99 €

 

31/07/2014

DVD : Manu Payet se souvient de son amour de collège

 

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Écrit, réalisé et interprété par Manu Payet, « Situation amoureuse, c'est compliqué » est un film parfois déroutant. On s'attend à une comédie désopilante dans la droite ligne des One man show de l'acteur d'origine réunionnaise, mais il a avant tout voulu mettre des sentiments dans cette romance entre passage à l'âge adulte et résurgence d'un amour de collège.

Ben est sur le point de se marier avec Juliette (Anaïs Demoustier) . Ils vivent ensemble depuis trois ans et ont décidé de franchir le pas. Mais à une semaine de la date fatidique, Vanessa (Emmanuelle Chriqui) revient à Paris. Cette Américaine, amour caché de Ben durant ses années collège, est devenue une bombe. Libre de surcroit. Ce ménage à trois va conduire Ben à la catastrophe. Un premier film parfois inégal, souvent trop invraisemblable, sauvé par des seconds rôles savoureux et eux, complètement déjantés, de l'ami d'enfance relou (Jean-François Cayrey) au futur beau-père (Philippe Duquesne) qui semble évadé d'un film de Mocky.

manu payet, situation amoureuse, c'est compliqué, studiocanalEn bonus dans le DVD et le blu-ray, deux petites reportages sur le tournage et pas moins de 13 minutes de scènes coupées, dont un long mariage onirique qui en dit long sur la perturbation mentale de cet adulte encore gamin dans ses fantasmes.

 

Studiocanal, 14,99 €  

 

 

 

 

09/07/2014

DVD : Louis De Funès, immensément comique

Louis de Funès aurait eu 100 ans cette année. L'occasion de redécouvrir ce monstre sacré du cinéma comique français.

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Il faut trop souvent passer par la case « mort » pour voir son talent reconnu à son juste titre. Louis de Funès, malgré une popularité inégalée et des succès commerciaux phénoménaux, n'a pas échappé à la règle. En ce mois de juillet 2014, le cinéma français se souvient de lui et célèbre ses 100 ans. « L'aile ou la cuisse » et « La soupe aux choux », deux de ses derniers films, sortent en DVD et Blu-ray remastérisés alors que Jean-Marc Loubier consacre une imposante biographie très documentée chez Robert Laffont sur le comique le plus célèbre de France.

 

 

Après de graves problèmes cardiaques au milieu des années 70, Louis de Funès ne tourne plus beaucoup. Les médecins lui préconisent du repos et encore du repos. Le bouillonnant acteur, frustré de ne pouvoir remonter sur les planches, reçoit pourtant quantité de scénarios. Et notamment des projets du producteur Christian Fechner. Après bien des déboires pour trouver des assureurs, Claude Zidi lance enfin son projet « L'aile ou la cuisse ». De Funès partage la vedette avec un jeune comique en plein essor: Coluche. En salles, le film fait un triomphe sur un sujet toujours d'actualité, la malbouffe.

 

Cœur fragile

de funès, carmet, villeret, girault, fechner, Loubier, robert laffont, studiocanalQuelques années plus tard, De Funès retrouve Jean Girault (le réalisateur des gendarmes) pour une adaptation du roman de René Fallet, « La soupe aux choux ». Un projet qui tient à cœur à l'acteur. Il assure l'adaptation et coréalise cette histoire de voisins, paysans à la retraite, contactés par un extraterrestre (Jacques Villeret). On retient surtout de ce film champêtre la confrontation entre De Funès et Carmet. Deux stars de l'époque, complices dans la caricature de ces poivrots péteurs. Le DVD offre en bonus un documentaire de 30 minutes sur les conditions de tournage très particulières. Louis de Funès avait l'interdiction formelle de jouer de nuit. Et devait faire une sieste de deux heures après le repas de midi. Il est convalescent, mais cela ne se voit pas du tout à l'écran.

de funès, carmet, villeret, girault, fechner, Loubier, robert laffont, studiocanalOn retrouve nombre d'anecdotes sur le tournage du film dans la biographie signée Jean-Marc Loubier. Ce pavé de 550 pages balaye toute la carrière de l'homme aux millions d'entrées. Des débuts difficiles comme simple pianiste de bar aux ors de la République (Chevalier de la Légion d'honneur), on en apprend beaucoup sur son rapport avec l'argent, son amour de la famille et sa foi inébranlable. Par exemple, il a tourné deux fois dans l'Aude, à Carcassonne pour « Le Corniaud » et près de Narbonne pour « Le petit baigneur ». A chaque fois, il passe de longues heures dans les églises et cathédrales. Jean-Marc Loubier dévoile ce pan méconnu de la personnalité du clown facétieux.

Michel Litout

« La soupe aux choux » et « L'aile ou la cuisse », Studiocanal, 14,99 euros

 

« Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles », Jean-Marc Loubier, Robert Laffont, 22,50 euros

 

 

11/06/2014

DVD : "Robocop" 2.0, plus moderne et actuel

Le remake du film de Paul Verhoeven est très abouti techniquement.

 

Visionnaire en 1987, le film Robocop a depuis fait beaucoup de petits. Des suites, des séries télé et finalement un remake américain en bonne et due forme qui sort en DVD et blu-ray chez Studiocanal. La réalisation en a été confiée à José Padilha, Brésilien qui fait carrière à Hollywood et le rôle titre à Joël Kinnaman (The Killing). Pour le scénario, les producteurs ne se sont pas trop cassé la tête reprenant presque mot pour mot l'intrigue originale. Il y a donc un flic intègre, Murphy, qui est sur la piste de ripoux. Ces derniers n'ont pas l'intention de se laisser démasquer. Ils piègent la voiture de Murphy. Boum ! Le beau flic devient un légume. Place alors aux véritables méchants, les capitalistes de la société de robotique Omnicop. Ils fabriquent des robots pour maintenir l'ordre et la loi. Ils inondent le monde mais n'arrivent pas à passer la barrière légale aux USA. Des « rétrogradent » n'acceptent pas que des machines, sans conscience, puissent tuer des humains. Le Pdg Raymond Sellars (Michael Keaton, bien meilleur dans ce rôle cynique que dans le costume de Batman...) a l'idée de récupérer un bout de Murphy (cerveau, visage, cœur et... deux poumons) pour lancer sur la piste du crime le premier homme-cyborg. Robocop est né.

 

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Pas de surprise au niveau de l'histoire si ce n'est une actualisation qui place les usines d'Omnicop en Chine, mais au niveau effets spéciaux, les trente années d'écart avec l'original fait toute la différence. Bourré d'effets numériques, le film en met plein la vue. Notamment au niveau des robots combattants, des bipèdes aux monstres d'acier à la puissance de feu impressionnante. Dans les bonus du DVD et blu-ray, on peut détailler tous les modèles imaginés par les concepteurs des effets spéciaux. Mais la scène la plus impressionnante rester quand Murphy tombe l'armure. Incroyable comme des poumons sous verre sont peu avenants.

 

« Robocop », Studiocanal, 19,99 €

 

30/04/2014

DVD : Les hauts et les bas d'un couple suédois

 

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Chef d'œuvre du cinéma des années 70, « Scènes de la vie conjugale » d'Ingmar Bergman avec Liv Ullmann et Erland Josephson ressort en DVD et Blu-ray après un remarquable travail de restauration.

bergman, ullmann, josephson, dvd, studiocanalDans le coffret édité par Studiocanal, vous trouverez le film, mais également les six épisodes de la série TV à l'origine du long métrage. En grande partie autobiographique, cette histoire universelle des hauts et des bas dans un couple traverse les décennies. Mariés depuis dix ans, Marianne et Johann ont tout pour être heureux: deux enfants, d'excellents emplois... Mais quand le mari tombe amoureux de la jeune Paula, tout vole en éclat. Le film raconte vingt années de vie commune. Du bonheur des débuts à la violence de la séparation puis les retrouvailles. Très écrit, comme toujours avec Bergman, ce long-métrage permet à Liv Ullmann d'incarner une femme partagée entre amour fou, humiliation et désir impulsif. A redécouvrir. 

 

13/03/2014

DVD : Les frères Coen rendent hommage au folk

Le film « Inside Llewyn Davis », musical et nostalgique, suit les déboires d'un jeune musicien au début des années 60.

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Grand prix au dernier festival de Cannes, ce film des frères Coen est un peu à part dans leur filmographie. Il paraît moins abouti, moins dense que leurs précédents longs-métrages. Comme fabriqué de bric et de broc, certaines séquences semblent rajoutées. L'explication est donnée par le co-producteur et musicien T Bone Mulligan dans une interview. Les réalisateurs, pour rendre hommage à la folk américaine, ont voulu bâtir leur film comme une chanson. La première scène, le passage à tabac de Llewyn Davis (Oscar Isaac) dans une cour sombre derrière un bar, revient à la fin, comme dans une chanson. La boucle est bouclée avec entre plusieurs couplet pour raconter l'histoire, pas forcément de manière linéaire.

Llewyn, jeune musicien et chanteur, vivote dans le Village à New York. Son disque ne marche pas, à la rue, il survit en donnant des concerts dans des bars. Pour dormir, il squatte chez des amis. Notamment chez Jim (Justin Timberlake) et Jean (Carrey Mulligan). Mais là il est devenu indésirable depuis que Jean, chanteuse à la voix douce mais au langage incroyablement ordurier quand elle est en colère, a découvert qu'elle est enceinte.

 

 

En plein doute, Llewyn part à Chicago rencontrer un producteur découvreur de talent. Le voyage a tout l'air d'un court-métrage dans le film. Il profite d'un co-voiturage et doit supporter les bavardages d'un John Goodman au sommet de son art. Ils roulent de nuit, sous la neige. Se font arrêter par un policer. Comme des réminiscences de Fargo...

Oscar Isaac dans le rôle de Llewyn est étonnant de vérité. Il est vrai qu'il joue parfaitement de la guitare et a un beau brin de voix. Si le film n'a pas le même pouvoir d'envoûtement que les précédentes productions des frères Coen, cela reste une référence pour les amoureux de la musique folk et du New York du début des années 60, gris, froid mais terriblement inventif.

En bonus, sur le DVD sorti chez Studiocanal, en plus du classique making-of avec de longues explications des frères Coen, retrouvez les entretiens avec Oscar Isaac, Justin Timberlake, Carrey Mulligan et T Bone Burnett, co-producteur du film et incontournable musicien de la folk aux USA. Dans le blu-ray, le film du concert « Another day, another time » est inclus en bonus exclusif.

 

 

19/02/2014

DVD : La totale de Tati en coffret chez Studiocanal

Studiocanal propose l'intégrale des œuvres restaurées de Jacques Tati dans un coffret DVD ou Blu-ray.

 

 

tati, école facteurs, coffret, hulot, studiocanalPerfectionniste, Jacques Tati n’a pas beaucoup tourné. Mais chacun de ses films fait partie du patrimoine cinématographique français. De « Jour de fête » à « Parade », Tati n’a que six longs-métrages à son actif. Avec les deux chefs-d’œuvre que sont « Les vacances de Monsieur Hulot » et « Mon oncle ». La restauration a pris de longues années. Avec le secours de toutes les nouvelles technologies numériques, les pellicules d’époque ont été analysées, traitées, nettoyées de certaines imperfections et défauts, « tout en veillant à ne jamais dénaturer l’œuvre originale ». Le résultat est éblouissant, donnant une nouvelle modernité à des films qui ont fait rêver et rire des millions de spectateurs. Pour chaque film des bonus sont proposés (versions colorisées, films didactiques par l’exégète Jacques Boudet) dont un long reportage de la chaîne de télévision américaine ABC sur le tournage de « Playtime » dans la ville moderne entièrement reconstituée en studio. Enfin découvrez les débuts de Jacques Tati. Simple clown burlesque dans « On demande une brute », il tient déjà son personnage de Jour de Fête dans les 15 minutes du très pédalant « École des facteurs ».