28/05/2015

DVD : « Invincible » leçon d’espérance

 

Angelina Jolie signe un film puissant sur le parcours d'un soldat américain durant la guerre du Pacifique.

 

invincible, angelina jolie, universalUn destin exceptionnel. Louie Zamperini (Jack O’Connell) a vécu une existence riche en péripéties. Ce fils d’émigrés italiens se découvre un don pour la course à pied. Jeune, quand il chaparde à droite et gauche, c’est le meilleur moyen pour échapper aux forces de l’ordre. Son frère le pousse à développer ce talent. À 18 ans à peine, le voilà aux Jeux olympiques de Berlin de sinistre mémoire. Il ne remporte pas de titre mais fait forte impression. Tous les spécialistes s’accordent pour voir en lui le favori des prochains JO, à Tokyo. Un certain Hitler en décide autrement.

L’Europe est à feu et à sang. Le Japon attaque les USA. Louie est mobilisé. Direction le Pacifique à bord d’un bombardier. Loin de sa famille et des anneaux cendrés de sa gloire promise, il risque sa vie à chaque sortie. Jusqu’à la mission de trop. Son avion s’écrase en mer. Il fait partie des trois survivants de l’équipage. La véritable épopée de Louie Zamperini peut débuter.

 

 

Angelina Jolie à la réalisation c’est beaucoup d’action, de la psychologie fortement teintée de spiritualisme et quelques scènes de bravoure. Celle qui a connu la célébrité mondiale en tant qu’actrice, a choisi de raconter une histoire d’hommes, entre hommes. Pas de vedette féminine dans le film si ce n’est quelques images de la mère de Louie dans des flash-back. La guerre, c’est souvent une histoire de mecs. La preuve avec Invincible.

 

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Après 47 jours de survie dans le radeau pneumatique à manger du poisson, repousser les attaques des requins et tenter de garder la raison en se racontant les meilleures recettes familiales, Louie et son ami Phil (Domhnall Gleeson) sont secourus par un navire japonais. Secours est un grand mot. Immédiatement faits prisonniers, ils croupissent de longues semaines au fond d’un trou dans une île du Pacifique. À l’isolement, torturé quotidiennement, Louie croit devenir fou. Mais ce n’est que le début de ses tourments. Transféré dans un camp de prisonniers près de Tokyo (la ville où il pensait remporter une médaille pour son pays), il devient la tête de turc du sergent Watanabe (Miyavi), tortionnaire le plus horrible de toute l’histoire du cinéma. Un calvaire qui n’ira qu’en augmentant jusqu’à la libération.

Les bonus relativisent l’image de cet homme atroce, son acteur, musicien par ailleurs, reprenant forme humaine dans un concert à Sydney réservé à l’équipe du film. Une histoire à montrer à tous les défaitistes et pessimistes.

 

 

« Invincible », Universal, 14,99 euros le DVD, 17,99 euros le blu-ray

 

07/05/2015

DVD : Équarrisseur de sorcières

Adapté du roman “L’épouvanteur”, “Le septième fils” est une mine d'effets spéciaux.

septième fils, jeff bridges, julianne moore, barnes, fantasy, alicia vikander, universalMaître Gregory (Jeff Bridges) est l’épouvanteur. Ce chevalier combat les forces du mal. Essentiellement les sorcières, véritable malédiction de ce monde médiéval très fantasy. Ses armes, en plus du fameux bâton de sorbier, sont de la limaille de fer, un filet d’argent et quantité de sabres, épées et autres haches au fil tranchant. Il n’agit pas seul. En plus de son fidèle Tusk, guerrier troll peu bavard mais très efficace et quasi indestructible, il a toujours un apprenti avec lui. Au début de ce film à grand spectacle, il est interprété par Kit Harrington, vedette montante au rôle marquant dans la saga « Game of Thrones ». Mais les apprentis de Maître Gregory ne durent jamais bien longtemps. Au cours d’un combat avec Mère Malkin (Julianne Moore), reine des sorcières et méchante absolue, il se fait trucider. Maître Gregory se met en quête d’un nouvel apprenti, le septième fils d’un septième fils. Il le trouve au foyer Ward.

Tom (Ben Barnes), paysan chargé de nourrir les porcs, devient donc le second de Gregory. Content de quitter la fange de sa campagne, inquiet car il se doute que cette existence est pleine de dangers. Le début de l’histoire se déroule comme une classique initiation. Il y a un peu du Luke Skywalker dans Tom et du Yoda dans Gregory. Jeff Bridges, vieux routier du cinéma américain, semble très à l’aise dans ce rôle de tueur de sorcières, alcoolique, vénal et ne se faisant plus d’illusions depuis très longtemps. Malgré le poids des ans, il se débrouille dans les scènes d’action et reste crédible dans toutes les situations. Côté féminin, si Julianne Moore en fait parfois des tonnes dans son interprétation de la grande méchante, Alicia Vikander, « gentille » et sensuelle sorcière est plus convaincante. Dommage que son personnage manque un peu de profondeur. Il aurait sans doute fallu rallonger le film d’un bon quart d’heure pour mieux utiliser le potentiel de la jeune actrice suédoise.

Dans le blu-ray (dont une version en 3D), les bonus donnent une petite idée de ces variantes. La fin alternative par exemple est plus positive, moins sombre que la version retenue. On peut également voir près de 30 minutes de scènes coupées ou modifiées, comme si ce film avait à un moment donné changé de direction. Plus classique, le making of notamment sur les effets spéciaux. Un bon divertissement au final, qui offre en plus l’avantage de reformer le couple Bridges/Moore de « The Big Lebowski ». Rien que pour cela, et la scène de la taverne où Gregory se bat avec un gobelet dont pas une goutte ne se renverse, ce « Septième fils » mérite que l’on s’attarde sur lui.

« Le septième fils », Universal, 16,99 euros le DVD, 20 euros le blu-ray.

 

03/02/2015

Livre : Aux sources des légendes hollywoodiennes

Dans « Hollywood Monsters », Fabrice Bourland revisite le Los Angeles des années 1930, celui de l'âge d'or du cinéma américain.

 

bourland, singleton, hollywood, universal, 10/18 Les amateurs de cinéma américain d’avant-guerre vont adorer ce roman policier de Fabrice Bourland. Ses deux héros, dont c’est déjà la 6e aventure, quittent le smog londonien pour le soleil californien. Singleton et Trelawney, sortes de Holmes et Watson des années folles, délaissent la riviera française (où les bruits de bottes de Mussolini font résonnent un peu trop fort) pour un séjour réparateur au bord du Pacifique. Dans la capitale mondiale du septième art, ils vont croiser la route d’un loup-garou sur la Mulholland Highway à quelques centaines de mètres des rives du Malibu Lake. Ils se retrouvent plongés dans une enquête policière hors du commun où la victime, une jeune femme, cache dans son corsage un secret inavouable.

Perdus sur cette petite route, un brouillard dense limitant la visibilité, les deux amis ont la peur de la vie quand ils manquent de percuter un homme surgit des fourrés. « L'espace de quelques instants, le visage de celui que j'avais pris au premier abord pour un être humain fut à quelques pouces du mien » raconte Singleton. « c'était une sorte de créature fantastique, mi-homme mi-bête, échappée tout droit d'un conte populaire. Sa face tout entière, ses oreilles, son cou, de même que l'extrémité de ses membres, tout chez lui était recouvert d'une épaisse fourrure. Des poils bruns, longs et drus, pareils à ceux d'un chien... ou d'un loup. » A-t-il un lien avec le meurtre ? Que fuyait-il ? Les questions sont nombreuses et le formidable esprit de déduction des deux détectives va faire merveille au pays de flics dus à cuire.

 

Quelques stars du passé

Ce polar dense, aux entrées multiples, ne se contente pas de broder sur l’intrigue policière. On devine surtout l’envie de l’auteur de faire revivre une époque qu’il connaît sur le bout des doigts. Des tournages des films d’horreur des studios Universal, aux cabarets de freaks en passant par les soirées arrosées regorgeant de starlettes, « Monsters Hollywood » est une plongée dans un monde où l’insouciance, la joie et l’extravagance étaient les seuls mots d’ordre d’un milieu privilégié.

En plus de quelques monstres bien réels, on croise d’autres monstres sacrés comme Katharine Hepburn ou Dorothy Lamour dans ce roman qui prend parfois des airs de reportage dans le passé.

 

« Hollywood Monsters » de Fabrice Bourland, 10/18, 7,50 €

 

25/12/2014

DVD : Des “Catacombes” sans dessus dessous

Plongée dans les bas-fonds parisiens avec ce film d’horreur malin et angoissant.

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John Erick Dowdle est devenu un spécialiste du “found footage”, cette technique popularisée avec le “Projet Blair Witch”. En présentant le film comme un reportage, il plonge les spectateurs au cœur de l’intrigue. Mais avec toujours l’impression de ne voir qu’une partie de l’action, angoissé à l’idée de découvrir ce qui peut se passer derrière le caméraman. Si Blair Witch se déroule au grand air dans une forêt déserte, “Catacombes “au contraire se déroule en permanence sous terre, loin de la lumière. Les claustrophobes ne seront pas à la fête, sauf s’ils aiment se faire peur.

 

 

Scarlett (Perdita Weeks), jeune historienne passionnée d’ésotérisme, est à la recherche de la fameuse pierre de rosette, le graal de tout alchimiste. Elle suit les traces de son père, et pense avoir trouvé son trésor en déchiffrant un message codé sur la tombe de Nicolas Flamel, le plus célèbre alchimiste parisien. Elle embarque dans son expédition souterraine son ancien petit ami (Ben Feldman) et le caméraman Benji (Edwin Hodge). Pour ne pas se perdre dans les dédales, elle embauche un marginal, Papillon (François Civil) habitué de ces endroits peu accueillants.

Ce petit film d’horreur a l’avantage de ne pas trop tourner autour du pot. Il faut moins de 20 minutes avant de plonger dans les entrailles parisiennes. Ensuite les ennuis arrivent très vite, la peur aussi. Mieux vaut s’accrocher tant les rencontres dans ces sinistres catacombes rappellent nombre de très mauvais souvenirs aux participants de l’expédition.

Le DVD offre en bonus un petit making of pour expliquer toute la difficulté de tourner dans ces lieux clos et oppressants. Certaines scènes de panique ne sont peut-être pas jouées...

 

 

“Catacombes”, Universal, DVD et blu-ray, 16,99 euros.

10:11 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : catacombes, horreur, universal