23/12/2017

BD : Les Forêts d’Opale reverdissent


Nouvelle époque, nouveaux personnages et nouveau cycle pour « Les Forêts d’Opale », série écrite par Arleston et dessinée par Pellet. De longues années après le sacrifice du titan de Darko, un équilibre précaire règne dans ce monde imaginaire désormais mis en images par Cédric Fernandez. Un maître archéologue recrute un petit prestidigitateur un peu escroc sur les bords, Luksand, et va tenter d’extorquer un bijou magique à une redoutable femme de pouvoir. On apprécie les animaux imaginaires, les rebondissements et la beauté de l’autre héroïne, Altä.
« Les Forêts d’Opale » (tome 10), Soleil, 14,50 € 


22/12/2017

BD : Le cauchemar Bumidom

 


Durant les années 60, l’Etat français a organisé un véritable exode forcé pour quantité de jeunes Antillais et Réunionnais. Un exil pour atténuer la pression démographique de ces petites îles et tenter de repeupler une métropole vieillissante. Ce passé coupable, tout le monde veut l’oublier, tant les organisateurs que les « victimes ». Jessica Oublié, fille d’Antillais, née en France justement, a enquêté et signe un album (dessiné par Marie-Ange Rousseau) de témoignages très forts. Entre réveil de conscience et regrets éternels, le Bumidom pour « Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer » aura amplifié le sentiment de déracinement de ces « Iliens ».
➤ « Peyi an nou », Steinkis, 20 €


19/12/2017

Quelques idées de cadeaux BD pour les fêtes de fin d'année

Ligne claire... et noire



Voici le côté Noir de la ligne Clerc avec les récits de « Manoir », de « L’irrésistible ascension », des « Mémoires de l’espion » et de nombreux inédits. Ce volume constitue une exploration chronologique et exhaustive des recoins sombres de la fiction avec Serge Clerc pour guide exclusif, assorti d’un dossier signé Frédéric Prilleux : plus de 350 dessins et pages de BD au total !
➤ « Noir », Dupuis, 48 €
Blutch le caméléon



Il est sans doute l’un des plus doués de sa génération. Blutch n’en oublie cependant pas ses maîtres. Dans cet album très grand formant, il revisite une planche de classiques de la BD. En noir et blanc, on peut redécouvrir Astérix, Gaston ou Blueberry, mais avec cette ironie et décontraction spécifiques à cet auteur. On apprécie aussi sa vision de Blake et Mortimer et de séries plus sulfureuses comme Valentina de Crépax.
➤ « Variations », Dargaud, 29,90 €
L’œuvre de Will



Durant des décennies, il a consciencieusement illustré les aventures de Tif et Tondu. Mais au fond de lui, Will ne désirait qu’une chose : « dessiner des femmes, belles de préférence ». Cette énorme anthologie, courant sur toute sa carrière, monte quantité de croquis de ces « belles ». Mais aussi nombre de reproductions des planches, avec tous les détails, ratures, collages et autres « rustines ». Une plongée dans son art. 400 pages commentées, sobrement, par Vincent Odin.
➤ « Mirages », Daniel Maghen, 59 €
Net et masques



Que se passerait-il si toutes les données stockées dans le cloud et les archives du net (mail, textos...) étaient consultables par tout le monde du jour au lendemain ? Cette idée saugrenue a été développée par Brian K. Vaughan, scénariste, dans un long roman graphique présenté à l’italienne. Cette quasi 3e guerre mondiale a laissé des traces. Tout le monde a désormais cessé d’utiliser internet et se déguise pour ne pas être reconnu. Et si on veut une identité secrète, il suffit de la tester en live. Dessinée par Marcos Martin, cette histoire de détective, de paparazzi et de star passionnera les amateurs de comics.
➤ « Private Eyes », Urban Comics, 28 €
Mondrian et ses modèles



Ses toiles sont reconnaissables au premier regard. Mondrian a toujours recherché la simplicité et les couleurs simples. Ce peintre néerlandais vivait comme un ascète dans son atelier. JeanPhilippe Peyraud et Antonio Lapone se sont inspirés d’une simple photo de cet «antre» pour imaginer une relation entre le créateur et une femme, vendeuse dans un grand magasin parisien dans ces années 20, amoureuse comme lui de la musique jazz. Les très grandes planches mettent en valeur la mise en page sophistiquée de cet album idéal à offrir à un amateur d’art contemporain.
➤ « La Fleur dans l’atelier de Mondrian », Glénat, 19,50 €
Cinéma de légendes



Ed Brubaker et Sean Phillips revisitent la période noire du maccarthysme à Hollywood dans ce roman graphique de 400 pages. Charlie, scénariste, n’arrive plus à écrire. Alors il passe un accord avec son collègue et meilleur ami Gil. Ce dernier, dénoncé comme communiste, ne pourra plus écrire officiellement mais en coulisse c’est lui qui finalisera les scripts de Charlie. Un marché du diable qui va mal tourner. Car Charlie tombe amoureux d’une starlette et Hollywood, à cette époque, était peu fréquentable.
➤ « Fondu au noir », Delcourt, 34,95 € 

18/12/2017

BD : Un groom qui a de l'avenir


D’où viens-tu Spirou ? Sente, le scénariste et Verron le dessinateur tenaient à donner une réponse à cette question. Ainsi est donc née l’histoire de Ptirou. Ce gamin, à la tignasse rousse, acrobate dans un cirque, devient groom sur un transatlantique. Le même qui a à son bord un certain Robert, jeune Français qui aime tant dessiner. Ptirou a pour lui un indécrottable optimisme et une audace à toute épreuve. Sur ce bateau, il croise la route de la jolie et si gentille Juliette. Un peu comme dans le film Titanic, cette histoire d’amour va servir de fil conducteur à cet album entre hommage, critique sociale et plongée dans le passé. Raconté par l’Oncle Paul, le périple de Ptirou sait aussi émouvoir. Le lecteur et surtout Robert, qui, une fois rentré en France, s’inspirera de son espièglerie pour imaginer Spirou, version éternelle de cet orphelin frappé par le destin.
➤ « Il s’appelait Ptirou », Dupuis, 16,50 €

11/12/2017

BD : Guy Lefranc enquête sur l’Aubrac

 


Plus habitué à faire des reportages aux quatre coins de la planète, Guy Lefranc s’offre pour sa 28e aventure un périple dans la France rurale. En Aveyron exactement, au cœur de l’Aubrac entre Espalion et Saint-Geniez-d’Olt. A la base, c’est un simple fait divers crapuleux. Le massacre de trois personnes dans une forêt. A la hache. Mais les gendarmes locaux trouvent cela suspect car des impacts de balles sont retrouvés sur les corps. Le commissaire Renard, en vacances dans la région, alerte son ami journaliste qui descend immédiatement dans la région et remonte la piste. Espionnage, technologie nucléaire, savant fou : Corteggiani, le scénariste multiplie les fausses pistes et introduit, grande nouveauté, un personnage féminin qui pourrait faire de l’ombre à Jeanjean. Au dessin, Christophe Alves se fond dans le style de Jacques Martin et Bob de Moor.
➤ « Lefranc » (tome 28), Casterman, 11,50 €  

05/12/2017

BD : Batman saveur Marini

 


Les personnages des comics américains ont définitivement conquis le monde. Grâce aux films plus que les BD, mais Superman, Batman et autres Surfer d’argent sont devenus des références planétaires. Au point que les meilleurs des dessinateurs de la « franco-belge » se proposent désormais d’animer ces héros. Moebius en son temps et aujourd’hui c’est Enrico Marini qui se frotte à l’homme chauve-souris. Batman en couleurs directes, c’est rare et remarquable. D’autant que Marini a profondément humanisé le personnage et pris beaucoup de plaisir à dessiner les deux héroïnes féminines emblématiques de la série, la chipie Harley Quinn et la très sexy Catwoman. Bref, ce premier tome d’un diptyque plaira à tous, des inconditionnels du héros comme des amateurs de jolis dessins sans trop d’effets superflus.
➤ "Batman, The Dark Prince Charming » (tome 1), DC et Dargaud, 14,99 €

10:39 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : batman, marini, dargaud, dc comics

01/12/2017

BD : Bilal revient sur fond de bug numérique mondial

 


Enki Bilal, après quelques excursions dans le cinéma ou l’art pur, revient à son média de prédilection : la bande dessinée. Les nombreux admirateurs de la trilogie Nikopol apprécieront ces 88 pages sur un avenir proche qui forcément nous parle. Car on pourrait tout à fait se retrouver, dans une trentaine d’années dans ce bug numérique mondial. En 2041, à 23 h 61, internet est mort. Tout ce qui fonctionne grâce au numérique disjoncte. Panique au plus haut niveau, mort et pillages chez les anonymes. Un homme semble avoir toutes les réponses car colonisé par un insecte extraterrestre, un bug. Kameron Obb arrive de Mars et se retrouve au centre de l’intrique. Captivant, pessimiste et prémonitoire : du grand Bilal tant du point de vue dessin que thématique.
➤ « Bug » (tome 1), Casterman, 18 € Édition luxe, format plus grand et avec un ex-libris, 30 € 

12:16 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bug, bilal, bande dessinée, bd, casterman

28/11/2017

BD : Soigner ou tuer, pourquoi choisir ?


Ralph Meyer, Belge installé en Catalogne, ne s’inspire cependant pas des paysages méditerranéens l’entourant pour planter le décor de sa série Undertaker que l’on peut cataloguer dans le genre western. Au contraire, dans le 4e album « L’ombre d’Hippocrate », suite et conclusion de « L’ogre de Sutter Camp », il n’y a que froid, humidité et forêts. Le héros, Jonas Crow, croque-mort itinérant, ancien soldat nordiste, se retrouve face à un de ses pires cauchemars. Quint, chirurgien, fou en liberté, maniant la psychologie et le chantage aussi bien que ses bistouris et sa scie à amputer, a enlevé Rose, cette femme que Jonas ne voudrait pas aimer. Il va pourtant tenter de la retrouver, de tuer Quint même si son alliée de circonstance, une Chinoise dure au mal est plus philosophe que son aspect de petite femme boulotte le laisse penser. Xavier Dorison déroule son intrigue, multipliant les coups fourrés dans les décors grandioses de ces Rocheuses désertes et hostiles. Décors magnifiés par Ralph Meyer, particulièrement à l’aide dans ces compositions minérales et organiques.
➤ « Undertaker » (tome 4), Dargaud, 13,99 €

13/11/2017

Bande dessinée : itinéraires artistiques parallèles

Remarquable travail graphique et éditorial réalisé par Samir Dahmani et Yunbo. Deux albums, deux romans, sur un même sujet, mais vu par des yeux différents et surtout dans une temporalité décalée.



Même si l’ordre de lecture importe peu, les deux récits étant totalement indépendants, mieux vaut débuter par « Je ne suis pas d’ici ». Une jeune dessinatrice sud-coréenne raconte son arrivée en France pour y suivre des études. Directement inspiré de sa propre histoire, ce récit montre une jeune femme déboussolée, perdue dans des pratiques sociétales radicalement différentes de son pays d’origine. Elle raconte sans détour ses mésaventures. Avec les Français, mais aussi ses compatriotes, eux aussi exilés. Un dessin très sensuel donne un tour intimiste à cette BD. Yunbo, après ses études à Angoulême, est retournée au pays. Même si elle a rencontré chez nous et aimé un étudiant au parcours un peu identique.



Samir Dahmani, en plus de ses doubles racines (né en France de parents maghrébins), a décidé d’apprendre le coréen pour rejoindre sa bien-aimée en Asie. Mais dans « Je suis encore là-bas », il ne raconte pas sa plongée dans cette civilisation différente. Il se base en fait sur le ressenti de son amie pour raconter la suite du voyage. Isnook est de retour en Corée après dix ans passés en France. Elle travaille pour une grosse société. Chargée d’accueillir et de servir d’interprète à un client français, elle va se replonger avec délice dans cette langue. Mais surtout elle va se rendre compte que c’est à cet étranger, qui ne la juge pas qu’elle va raconter tout son mal-être.
 ➤ « Je ne suis pas d’ici », Warum, 16 €
➤ « Je suis encore là-bas », Steinkis, 15 €

18:55 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : steinkis, warum, corée, angoulême, dessin

11/09/2017

BD : Kurdy Malloy, avant sa rencontre avec Jeremiah

 


Une aventure de Jeremiah sans Jeremiah ? Hermann a osé. Il se penche dans ce 35e album sur le second personnage important de la série : Kurdy. À l’époque il est déjà en fuite. Mais c’est une casquette qu’il porte et pas son casque militaire. Il trouve refuge dans les jupes de Mama Olga, vieille femme obèse, dérangée, parlant avec une croix, persuadée d’y voir le fantôme du Christ. Enfin pas si folle puisqu’elle devine dans Kurdy le portrait d’une « mule » pour transporter de la drogue dans un camp de rééducation voisin. Cela tombe bien Kurdy veut s’y rendre pour retrouver un ami qui a une information essentielle à lui communiquer. Un épisode très « grande évasion » que tous les fans de la série apprécieront.
➤ « Jeremiah » (tome 35), Dupuis, 12 €

09:26 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeremiah, kurdy, mama olga, dupuis, hermann