28/05/2017

BD : Les religions de la haine

 


Nous sommes en état d’urgence pour cause de terrorisme religieux. Certains parlent de guerre. Ils devraient lire cette série historique de Richelle et Wachs sur la persécution des réformistes par les catholiques. En 1557, les écrits de Calvin gagnent en renommée. Le roi de France, Henri II, veut éradiquer l’hérésie. La police pourchasse les réunions clandestines et torture les pasteurs, imprimeurs ou libraires qui diffusent cette pensée. Dans « Les guerriers de Dieu », un noble désargenté est soupçonné d’hérésie. Il va sauver sa vie, mais ce ne sera pas le cas des autres personnes découvertes avec lui lors d’une réunion dans une cave. Il voulait voir. Il a surtout pris conscience de l’intolérance des Catholiques. On découvre qu’il y a quelques siècles, les « bons » n’étaient pas du même côté et qu’avant de prôner amour et pardon, le clergé aimer torturer et brûler en place publique…
➤ « Les guerriers de Dieu » (tome 1), Glénat, 14,50 € 

25/05/2017

BD : Presque mieux que du Jules Verne


Prêts pour la grande aventure au fond des mers ? Embarquez à bord du Fulgur, ancêtre du sous-marin inventé par un savant français et financé par un riche Américain. Avec équipage et explorateurs, ils décident de plonger à plus de 4 000 mètres pour explorer des fosses marines mystérieuses. Mais ce n’est pas la science qui guide le promoteur de l’expédition mais l’appât de l’or. Il compte renflouer un bateau chargé de tonnes du métal précieux. Mais rien ne se passe comme prévu et le Fulgur, pris dans un tourbillon, est englouti dans des cavernes. Le reste du récit raconte sa dérive, dans des cavernes gigantesques, à chercher une sortie tout en affrontant des animaux monstrueux, du calamar géant au requin préhistorique. Une série prévue en quatre tomes, écrite par Christophe Bec en hommage à Jules Verne et dessinée par le serbe Nenadov.
➤ « Le Fulgur » (tome 1), Soleil, 15,50 €

09:03 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fulgur, verne, bec, nenadov, soleil

24/05/2017

BD : "Ter", la « Main d’or » du futur


Dans un futur que l’on imagine très éloigné, quand la civilisation se sera écroulée sur elle-même, une petite communauté survit sur un bout de terre. Pip, adolescent qui améliore l’ordinaire en pillant des tombes la nuit venue, découvre dans un caveau un homme nu. A son contact, il se réveille. Ne sait pas parler, n’a pas de mémoire. Seule indication : il a tatoué sur l’épaule droite le sigle « Main d’Or 1 ». Pip lui donne le nom de Mandor et le ramène à la maison. L’homme a la particularité de savoir réparer les objets cassés. Et même de connaître leur utilité, chose que Pip et sa sœur Yss ne savent souvent pas. Un récit de science-fiction signé Rodolphe, dessiné par Christophe Dubois, éclatant d’imagination dans les costumes ou les bestioles dangereuses qui vivent sur Ter. Un zeste de religion et nous voilà embarqués dans une saga prometteuse d’autant que la dernière image rebat toutes les cartes.
➤ « Ter » (tome 1), Daniel Maghen éditions, 16 €

09:54 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ter, maghen, rodolphe, dubois

21/05/2017

BD : La petite Louve à la manœuvre



Quand Yann, scénariste des Innommables, de Bob Marone ou de Sambre, se lance dans la réinterprétation du monde de Thorgal, il truffe ses récits de références aux légendes et dieux nordiques. Avec Roman Surzhenko (un dessinateur Russe parfait continuateur de la période au trait de Rosinski) il a imaginé la jeunesse de Thorgal et des aventures spécifiques à sa fille, Louve. Cette dernière série est très riche. Déjà le 7e album et peut-être la fin. La petite fille, accompagnée du nain Tjahzi, se rend dans l’entre-deux-mondes pour persuader le serpent Nidhog de l’aider à chasser les Alfes noirs. Une mission impossible dont elle réchappe de justesse. Pour finalement tomber dans griffes du mage Azzalepston. L’intervention d’Aaricia sera-t-elle suffisante ? Comme souvent pour satisfaire les Dieux et obtenir des faveurs de leur part, il faut faire de grands sacrifices…
➤ « Louve » (tome 7), Le Lombard, 12 € 

09/05/2017

BD : Pigalle, sa nuit et ses cadavres

 


Nostalgie quand tu nous tiens. Noël Simsolo ne cache pas son amour du cinéma noir des années 50. Dominique Hé, lui, est un adepte de la ligne claire. Ensemble ils ont déjà signé une série se déroulant à Hollywood au milieu du XXe siècle. Ils récidivent avec « Les miroirs du crime », mais en version française puisque l’essentiel de l’intrigue se déroule dans les cabarets de Pigalle. Guy Natale, patron de « La Perle Noire », flirte avec le monde du crime tout en conservant une relative honnêteté. En clair, il refuse de prostituer ses danseuses et de vendre de la drogue. Une intégrité qui n’est pas du goût des nouveaux caïds du quartier. Il échappe à un guet-apens, sauvé par un clochard. Guy prend soin de son « ange gardien » et va devoir mener une lutte sans merci contre des tueurs sans foi ni loi. Difficile combat dans lequel il recevra l’aide d’un policier cachant son jeu. Il mène une vendetta contre le chef de gang qui en veut à Natale. Ambiance film noir dans cette BD prévue en deux parties. On croise d’ailleurs le cinéaste JeanPierre Melville dans un cabaret et même Léo Malet, en plein repérage pour son nouveau roman policier qui verra l’éclosion d’un célèbre détective privé français. Nostalgie...
➤ « Les miroirs du crime » (tome 1), Glénat, 13,90 €

08/05/2017

BD : Voleurs, poison et magie dans « Venosa »



La ville de Venosa a mauvaise réputation. Cité marchande très fortifiée, elle abrite plusieurs guildes. Celle des brigands et voleurs n’est pas la plus forte. Mais elle a de l’honneur. Les autres ont délibérément choisi le pire commerce possible : la drogue. L’opalium, qui se fume, est devenue la pire menace du royaume. Aussi le roi assiège la forteresse dans l’espoir de faire cesser le trafic. Sur cette trame d’héroic fantasy, Olivier Milhiet, rajoute un peu de magie et beaucoup de complot. Sans compter une multitude de personnages et des monstres à foison. Une plongée dans un riche imaginaire, étonnante et passionnante. On suit plus particulièrement Epine, voleur plus intelligent que la moyenne, Gargarine, chef de la police et du renseignement, Neige, la fille du roi, droguée et en manque et le fameux Ibzik, droguiste et magicien de son état. Ce nain est celui qui va relier l’ensemble. Il connaît la drogue, fait chanter Epine, n’aime pas Gargarine et surtout a le moyen d’aller de l’autre côté du quartier maudit, là où les habitants de Venosa n’osent plus mettre les pieds depuis des décennies. Riche, dessinée dans un style très personnel, cette série confirme le talent d’Olivier Milhiet.
➤ « Venosa » (tome 1), Delcourt, 14,50 €

10:59 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : venosa, milhiet, delcourt

02/05/2017

BD : La révolte des mammifères marins

 


Suite et fin de la série « Mermaid Project », écrite par Léo avec Corine Jamar et dessinée par Fred Simon. Dans un futur proche, l’équilibre politique du monde a changé. Crise écologique oblige, certains pays émergents ont pris le dessus. Mais cela n’empêche pas les vieilles démocraties d’exister et surtout, les grands groupes industriels d’avoir la mainmise sur nombre de leviers. Romane et El Malik, deux policiers français, tentent de déjouer un complot de la société Algapower. Grâce à des manipulations génétiques, ils ont rendu compatibles certains humains avec des dauphins. Sur une plateforme au large du Brésil, ces savants fous procèdent aux premières hybridations. Une buste humain greffé à une queue de dauphin. La lutte finale verra l’arrivée d’une armée de mammifères marins, bien décidés à dire leur mot sur cette aberration de la nature. Dessinée dans une ligne claire d’une rare efficacité, cette série dont le premier cycle est clos, va se prolonger, les trois premières pages de la suite étant proposées, en noir et blanc, en fin d’album. Alléchant.
➤ « Mermaid Project » (tome 5), Dargaud, 13,99 € 

01/05/2017

BD : Charlie Chan, dessinateur fictif

 


Énorme album de près de 500 pages, cette biographie de Charlie Chan Hock Chye permet au lecteur de découvrir l’histoire politique de Singapour. Cette minuscule ville, enclavée en Malaisie, a longtemps été une base arrière pour les Britanniques. Une fois les colonisateurs partis, plusieurs lignes politiques se sont opposées. Charlie Chan, le héros de cette fausse biographie imaginée par Sonny Liew, est un jeune fils d’épicier. Il adore dessiner. Et envisage même d’en faire son métier quand il découvre les revues anglaises et américaines. Il se lance dans la réalisation de comics ayant pour héros des enfants et un immense robot, avec la volonté de peser dans le débat sur la décolonisation. Plusieurs échecs commerciaux plus tard, il imagine une série de SF et adapte Pogo à la réalité de son pays en pleine crise d’indépendance. La force de cette BD est que Sonny Liew, en plus de faire parler Charlie devenu vieux, propose des facsimilés des fameuses BD d’époque. Un mélange des genres et des styles comme pour mieux faire la part des choses entre vie quotidienne, création et censure politique. Un exercice d’une incroyable virtuosité, édifiant sur la difficulté de percer dans ce milieu et très pédagogique sur la voie politique choisie par certains dirigeants de cette place forte de la finance en Asie.
➤ « Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée », Urban Comics, 22,50 €

30/04/2017

BD : Petite fille deviendra grande geisha

 


Le Japon a lui aussi connu sa révolution culturelle. Moins brutale que dans la Chine de Mao, mais aux conséquences radicales pour toute une partie de la population. Pas de revirement politique, mais simplement une modernisation de la vie quotidienne impliquant l’abandon de traditions séculaires. L’histoire de Setsuko Tsuda, petite fille de 8 ans, débute en 1912. Son père, samouraï déchu, quitte la campagne pour la grande ville. Là, incapable de nourrir sa famille, il vend Setsuko à une maison de geisha. La gamine au visage disgracieux et aux allures sauvages deviendra Kitsune, la renarde. Utilisée comme bonne à tout faire les premières années, elle va révéler un don pour le shamisen, cet instrument de musique typique. La première partie raconte sa dure vie dans un milieu où les femmes ne sont que des jouets pour les hommes. Le dessin en noir et blanc de Christian Durieux (sur un scénario de Perrissin) rend cette œuvre aussi délicate qu’un air joué sur cette guitare si particulière.
➤ « Geisha ou le jeu du shamisen » (tome 1), Futuropolis, 19 €

29/04/2017

BD : De la beauté de la simple lumière


Juste retour des choses, les peintres célèbres sont de plus en plus au centre d’albums de BD où les dessinateurs d’aujourd’hui peuvent rendre hommage à leurs grands maîtres. Deux Espagnols, Salva Rubio pour le scénario et Efa pour la mise en images, racontent dans ce roman graphique de plus de 110 pages la vie de Claude Monet. La narration très linéaire et chronologique se révèle idéale pour expliquer le combat de toute une vie vers la simplicité de la lumière. Le jeune Claude Monet, incompris, créateur du mouvement des impressionnistes, a beaucoup galéré avant de trouver son cadre idéal, à Giverny. Un dossier en fin d’album permet d’expliquer les références de certaines cases, avec en vis-à-vis les œuvres qui ont inspiré les auteurs. Superbe objet qui donne envie de redécouvrir un artiste essentiel dans l’histoire de la peinture.
➤ « Monet, nomade de la lumière », Le Lombard, 17,95 € 

11:07 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monet, efa, rubio, peintre, lombard