18/03/2017

De choses et d'autres : Salch, prince du look

 

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Parfois dans cette chronique je me demande si je ne vais pas trop loin en étrillant certaines de mes victimes. Je ne suis pas foncièrement méchant. Enfin si, parfois, mais je refrène mes ardeurs sarcastiques.
À l’opposé, Salch, dessinateur humoriste, ne se donne absolument aucune limite dans l’outrance. Il vient de sortir son second Look Book chez Fluide Glacial. Il dessine en pied des individus (de CRS à hipster en passant par joueur de Pokemon Go) et détaille leurs habitudes vestimentaires par des flèches et de petits textes. Sa particularité, manier l’insulte sans modération. Cela donne un nombre considérable de « fils de pute » pour désigner au choix, des baskets, un pantalon de velours, un tatouage ou une coupe de cheveux qui peut aussi parfois être « de merde ». Bref, Salch n’aime personne. Des caricatures odieuses mais qui souvent font mouche. On peut même se reconnaître au gré des 100 pages.
Et l’auteur devient carrément visionnaire quand il présente le « look primaire de droite » dont le « costard sombre de fils de pute qui veut appauvrir les pauvres ». Il aurait pu ajouter « offert par un ami, et alors ? » 

17/03/2017

BD : L’enfant derrière les barreaux

 

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Série écrite et dessinée par Run, « Mutafukaz », avant d’être bientôt adaptée au cinéma, se décline sous forme de comics mensuel. Dans « Puta Madre », Run imagine le passé d’un des personnages de la série, Jésus. Ce jeune latino de Los Angeles a 13 ans quand sa vie bascule. Condamné à 7 ans de réclusion, il passe de la case école à celle, moins glorieuse, de prison. Car aux USA, les enfants peuvent être condamnés et emprisonnés. La vie de Jésus est inspirée d’un véritable fait divers. Le premier fascicule de 32 pages, dessiné par Neyef, est paru en février, le second vient d’arriver la semaine dernière dans les bacs des librairies. On ne dira pas pourquoi Jésus est emprisonné. Sachez simplement qu’il est innocent et que d’enfant aimant il va se transformer en redoutable tueur. Réservée à un public averti, cette série a tout pour passionner les amateurs de films noirs américains, de séries télé transgressives et de faits divers sordides.
➤ « Puta Madre » (tomes 1 et 2), Ankama, 3,90 €

12/03/2017

BD : Retrouver Jean-Michel Charlier et le Buck Danny d'origine

 


Buck Danny a été créé il y a 70 ans dans les pages du journal Spirou. Ce héros imaginé par Charlier et Hubinon vole toujours à bord de ses avions de combats surpuissants. Une reprise après la mort du scénariste il y a trente ans. Charlier qui avait écrit les 16 premières pages de la nouvelle aventure confiée à Bergèse. Une histoire inachevée qui va enfin être terminée par Buendia et Zumbiehl, toujours avec Bergese au dessin qui pour l’occasion est sorti de sa semi-retraite. L’histoire se déroule au Japon en pleine guerre froide. Les Américains testent de nouveaux avions espions. Buck, Sonny et Tumbler sont aux commandes des U2 et autres Blackbirds, ces derniers volant à Mach 3. Beaucoup de nostalgie dans cet album, classique dans sa conception avec comme toujours de nombreux gags fournis par un Sonny aussi extravagant que les Dupontd au pays du Soleil Levant
➤ « Buck Danny » (hors-série), Dupuis, 12,95 € 

05:01 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charlier, buck danny, bergese, dupuis

11/03/2017

BD : Enfants tolérants, adultes hargneux

 



Dans l’Amérique des années 30, la ségrégation raciale est toujours très forte. Certes les Noirs ne sont plus esclaves, mais ils sont ostracisés par les Blancs et surtout, la nuit venue, chassés comme du bétail par les membres du Ku Klux Klan. Stéphane Louis (également dessinateur de Tessa) a imaginé cette histoire d’amitié et l’a confiée au dessinateur Lionel Marty. William, fils d’un riche patron, est costaud mais pas futé. Abelard, petit Noir vivant dans la misère, est au contraire très intelligent. Loin des clichés colportés par les adultes (selon les Blancs, les Noirs n’ont pas d’âme et sont des animaux, selon les Noirs tous les Blancs sont des esclavagistes haineux), ils vont devenir amis et s’entraider. Mais en cachette. Des années plus tard, William est à la tête de l’entreprise familiale. Abelard son employé. En réalité c’est ce dernier qui mène la barque. Toujours en cachette. Un modus vivendi acceptable jusqu’à l’apparition d’une jolie blonde qui tape dans l’œil de William. Amitié contre amour, la lutte sera violente.
➤ « L’amour est une haine comme les autres », Bamboo Grand Angle, 16,90 €

19:11 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : louis, marty, amour, haine, frand angle, bamboo

10/03/2017

BD : L’art de l’horreur

 

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Alcante et Gihef, deux scénaristes aux multiples productions, s’unissent pour nous faire visiter leur « Dark Museum ». Une série concept, prévue en quatre tomes, basée sur la peinture. Ils ont sélectionné des tableaux célèbres et ont brodé autour des histoires sombres. Avant de s’intéresser au « Cri » de Munch (dessin de Luc Brahy), ils ouvrent le bal avec « American Gothic » de Wood. Sur cette toile, deux paysans américains figés, rigides et austères, devant une grange. L’homme plus âgé a une fourche en main. La femme, pas riante pour deux sous, se tient légèrement en retrait. Les scénaristes ont demandé à Stéphane Perger d’illustrer la vie du paysan, Lazarus Henkel. Durant les années 30, la famine menace les riches plaines américaines. Lazarus et sa fille vendent leurs dernières machines pour acheter de quoi manger. Quand cela ne suffit plus, ils trouvent une solution pour subvenir à leurs besoins. Et comme ils sont pétris de charité chrétienne, ils en font bénéficier tout le village. Le côté « dark » est parfaitement retranscrit par des dessins particulièrement expressifs dans les moments les plus terribles.
➤ « Dark Museum » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

05/03/2017

BD : les Médicis, banquiers devenus trop ambitieux

 


Florence, superbe ville d’Italie, doit beaucoup à la famille des Médicis. Ces simples banquiers à qui tout sourit, ont fait main basse sur la ville italienne. Pas pour la piller comme certains despotes égoïstes mais pour l’embellir, la transformer en cité radieuse et rayonnante. Olivier Peru pour raconter cette saga dresse le portrait de cinq des plus célèbres membres de la famille. Tout débute par Cosme l’Ancien. Lui le premier, a deviné que son argent serait plus puissant que les origines nobles ou les qualités guerrières. Dans l’ombre, il place des pantins aux postes importants, réforme les statuts de la petite république, conclut des alliances avec le clergé et finalement se retrouve à la tête d’une cité devenue essentielle dans cette Italie divisée. Dessinée par l’Italien Giovanni Lorusso, sa vie alterne idées visionnaires, intrigues et grandes trahisons.
➤ « Médicis » (tome 1), Soleil, 14,95 € 

19:03 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : medicis, soleil, peru, cosme, lorusso, florence

04/03/2017

BD : Irena, héroïne du ghetto de Varsovie

 


Le décalage est étonnant. Mais vite dépassé par la force du récit. Décalage entre le dessin très simple de David Evrard (mieux connu sous le pseudonyme de E411) et le récit du combat d’Irena Sendlerowa en faveur des enfants du ghetto de Varsovie en pleine guerre mondiale. En mars 1941, tous les Juifs de la capitale polonaise sont parqués dans le centre-ville. Interdiction pour eux de sortir. Famine et maladies font des ravages. Seuls les bénévoles du département d’aide sociale ont le droit d’aller les aider. Parmi eux Irena, jeune femme dévouée et courageuse. Face à l’innommable, elle se rebelle et malgré le danger, fait sortir clandestinement des enfants de cet enfer imaginé par les nazis pour exterminer à petit feu tout un peuple. Un biopic prévu en trois tomes, indispensable au fameux devoir de mémoire destiné aux générations futures.
➤ « Irena » (tome 1), Glénat, 14,95 €

09:38 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irena, evrard, morvan, glénat

03/03/2017

BD : Quand les femmes se font justice

 


La libération des femmes n’a pas été un long fleuve tranquille. Avant le MLF et même les suffragettes, certaines ont tenté de briser le joug de la société exclusivement masculine. Parfois avec violence comme raconté dans cette nouvelle série (prévue en quatre tomes dans un premier cycle) écrite par Zidrou et dessinée par le Barcelonais José Homs. « Shi » est tiré d’un idéogramme japonais, le symbole de la mort. Tout débute à Londres en 1851. Dans le Crystal Palace inauguré pour l’exposition internationale, Jennifer, jeune fille de bonne famille, tombe sur Kita, une Japonaise exhibée telle un animal. Elle serre dans ses bras son bébé mort. Ce petit cadavre va rapprocher les deux femmes et servir de détonateur à leur haine des hommes. Des années plus tard l’organisation « Shi » est toujours active et s’attaque aux pires tueurs de la planète, les marchands d’armes. Une dimension politique renforcée par l’aspect historique du récit, le tout dessiné par un génie de la couleur directe propulse Shi parmi les séries les plus remarquées au dernier festival d’Angoulême.
➤ « Shi » (tome 1), Dargaud, 13,99 €

08:59 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shi, zidrou, homs, dargaud, londres

25/02/2017

BD : Oublier les malheurs de l’enfance




Espé, après avoir illustré des séries réalistes scénarisées par Corbeyran (Le Territoire, Sept jours pour une éternité ou Châteaux Bordeaux), délaisse ces mondes imaginaires pour se pencher sur une histoire triste et dramatique : la sienne. Il a huit ans et sa maman est souvent absente. Elle fait des crises. Seule solution : l’hospitaliser dans une clinique psychiatrique. Sous forme de petites histoires courtes, il raconte comment il vit cette situation si compliquée. Une mère entre folle hystérique et zombie rendue amorphe par les médicaments. Mais il a quand même de beaux moments, comme cette balade en famille au Pic de Nore près de Carcassonne. Rarement une BD parvient à ce point à émouvoir le lecteur. Une réussite qui en plus se termine sur une note optimiste avec la naissance du premier enfant de l’auteur, dans une maternité d’Ariège où il a décidé de s’installer avec sa petite famille.
➤ « Le perroquet », Glénat, 19,50 € 

09:17 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : perroquet, enfance, espé, glénat

24/02/2017

BD : Paul Dini et le justicier masqué




De l’influence des héros imaginaires dans nos vraies vies, tel aurait pu être le titre de cet album de BD dessiné par Eduardo Risso et écrit par Paul Dini. Ou plus exactement des héros que l’on a imaginé. Paul Dini raconte dans ces pages comment Batman, le personnage dont il écrivait les aventures (Batman, la série animée) au moment des faits, lui a permis de surmonter l’épreuve. Dini dans cette autofiction se décrit comme un geek heureux, gagnant bien sa vie en faisait ce qu’il aime le plus : raconter des histoires. Mais un soir, dans un jardin public, il est agressé par deux jeunes voyous. Laissé pour mort, le crâne défoncé. Et de se demander pourquoi dans la réalité il n’y a pas de super-héros masqué pour vous défendre. Une longue introspection très édifiante sur l’état d’esprit actuel des Américains, blancs, cultivés et célibataires.
➤ « Dark Night, une histoire vraie », Urban Comics, 14 €