18/03/2017

De choses et d'autres : Salch, prince du look

 

look book,salch,fluide glacial,fils de pute


Parfois dans cette chronique je me demande si je ne vais pas trop loin en étrillant certaines de mes victimes. Je ne suis pas foncièrement méchant. Enfin si, parfois, mais je refrène mes ardeurs sarcastiques.
À l’opposé, Salch, dessinateur humoriste, ne se donne absolument aucune limite dans l’outrance. Il vient de sortir son second Look Book chez Fluide Glacial. Il dessine en pied des individus (de CRS à hipster en passant par joueur de Pokemon Go) et détaille leurs habitudes vestimentaires par des flèches et de petits textes. Sa particularité, manier l’insulte sans modération. Cela donne un nombre considérable de « fils de pute » pour désigner au choix, des baskets, un pantalon de velours, un tatouage ou une coupe de cheveux qui peut aussi parfois être « de merde ». Bref, Salch n’aime personne. Des caricatures odieuses mais qui souvent font mouche. On peut même se reconnaître au gré des 100 pages.
Et l’auteur devient carrément visionnaire quand il présente le « look primaire de droite » dont le « costard sombre de fils de pute qui veut appauvrir les pauvres ». Il aurait pu ajouter « offert par un ami, et alors ? » 

16/03/2017

De choses et d'autres : enfants envahissants


Pour les allergiques à internet, le terme de « video bombing » ne dit pas grand-chose. Pourtant ils en ont certainement déjà vu dans les innombrables bêtisiers multidiffusés en fin d’année. Une video bombing c’est un aléa du direct. Il y en a eu un mardi sur BFM TV. La journaliste chargée de couvrir la manif des pompiers place de la République à Paris a réussi à éviter un bisou donné par un manifestant un peu trop entreprenant.

Rien d’exceptionnel à côté de la séquence diffusée en direct par la BBC la semaine dernière. Un professeur de sciences politiques est interrogé sur la crise présidentielle en Corée du Sud, pays où il vit. Filmé dans son bureau, tout se passe normalement, jusqu’à l’ouverture de la porte du fond. Une fillette regarde par l’entrebâillement et pénètre dans la pièce en se dandinant. Elle se place juste à côté de son père et regarde la caméra. L’expert tente de la repousser. Elle résiste. A chacun son heure de gloire. Et le petit frère n’est pas en reste. Il arrive par la porte ouverte dans un trotteur. En plateau, le journaliste rigole, l’expert semble désespéré.
Tout dégénère quand sa femme pénètre à son tour dans la pièce en courant. Sans ménagement elle tente de ramener les enfants d’où ils viennent. Elle glisse, tombe, marche à quatre pattes et parvient finalement à refermer la porte. Fin de l’interview. Début de la célébrité pour la famille de Robert Kelly : plus de 90 millions de vues en moins d’une semaine. 

09:14 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : videobomb, enfants, corée, bbc

15/03/2017

De choses et d'autres : France 2, télé frileuse


Ça ne rigole plus sur France 2. Plus du tout même pour Mathieu Madénian et Thomas VDB. Les deux compères, présents depuis octobre dans la défunte émission de fin d’après-midi AcTualiTy, devaient continuer leur programme court tous les soirs après le journal télévisé. Une exposition maximale pour une pastille humoristique très appréciée sur internet. Et puis patatras. Au dernier moment, la direction décide de les déprogrammer. Et quand je dis au dernier moment, c’est véritablement dans l’urgence car la décision a été prise deux heures avant la première diffusion, directement par Delphine Ernotte, la présidente de France Télé- vision.
Les deux copains ne se démontent pas et publient un sketch sur Twitter, dans l’esprit de ce qu’ils font habituellement. Ils s’y étonnent que l’argument principal de leur éviction serait que la direction ignorait qu’ils parlent politique et qu’en cette période de campagne électorale, mieux vaut ne pas prendre le risque de se fâcher avec un candidat. Surtout celui ou celle qui pourrait dans six semaines se retrouver à l’Elysée, serais-je tenté d’ajouter.
À se poser des questions sur le management de la chaîne. Car la politique, Madénian et Thomas VDB l’abordent deux fois sur trois dans les 120 messages déjà diffusés à l’antenne, sans le moindre problème jusqu’à présent. Réponse sèche sur Twitter de la PDG (même si elle est agrémentée d’un smiley clin d’œil) : « Je vous dois la vérité : vous ne me faites pas rire... » Peut-être préfère-t-elle Jean Roucas et le Bébête Show ? 

14/03/2017

De choses et d'autres : Et alors ?

« Se faire tailler un costard », « prendre une veste »… la dernière mésaventure de François Fillon et ses costumes taillés sur mesure, habituellement hors de prix mais gratuits pour lui, prête à rire. Jusqu’à sa réponse hier matin dans une interview aux Échos : « Un ami m’a offert des costumes. Et alors ? »
Tout tient dans le « et alors ? » désinvolte. Comme ce présent allait de soi pour le député de Paris. Il brigue la présidence de la République, mais ne semble vraiment pas vivre dans le même pays que ses électeurs. Combien de personnes en France comptent dans leurs intimes des amis si généreux qu’ils leur offrent des vêtements taillés sur mesure ? Comme ça, juste par gentillesse ? Sans prendre trop de risque, je peux affirmer qu’on en dénombre moins que de doigts dans une main.
Des fleurs, des bonbons, un livre ou une cravate, d’accord. Mais des costumes à plus de 6 000 euros pièce, cela ne relève pas de la rareté mais carrément de l’exceptionnel, genre cocher les bons numéros du loto deux fois dans la semaine…
L’anecdote est à rapprocher avec une autre saillie médiatique d’il y a quelques mois. Emmanuel Macron, en visite dans l’Hérault, apostrophé en pleine rue par deux syndicalistes en T-shirt, sort cette réplique qui lui colle encore aux basques : « La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler ». Voilà peut-être toute la différence entre le programme des deux candidats : pour l’un son costume on se l’achète, pour l’autre on se le fait offrir. 
 
(Chronique parue le 14 mars en dernière page de l'Indépendant)

13/03/2017

De choses et d'autres : La baleine morbide

 

Le jeu viendrait de Russie. Imaginé par un psychopathe. Et quand vous jouez sur le net ce n’est pas une personne que vous pouvez manipuler mais des dizaines, des centaines. Sous prétexte de relever des défis, de ceux qui vous donnent le frisson dans une vie quotidienne morne, le concepteur de Blue Whale (en français la baleine bleue) manipule des ados au point de les pousser au suicide.
Tout commence par des échanges sur les réseaux sociaux. Envie de participer à un nouveau challenge excitant ? Accepte de relever 50 défis, un par jour. Au début c’est simple et presque fun comme écrire sur son mur Facebook « je suis une baleine », regarder des films d’horreur durant 24 heures ou se lever en pleine nuit et écouter une chanson spécifique. Petit à petit les épreuves se compliquent. Se durcissent surtout. Scarifications, coupures aux lèvres ou prises de risques inconsidérés comme se tenir assis sur le rebord d’un pont, escalader une grue ou monter sur le toit d’un immeuble. Le cinquantième défi, aussi délirant qu’il puisse paraître consiste tout simplement à se suicider, par pendaison ou en se jetant dans le vide.
Délirant car certains jeunes, pris dans la tourmente, s’exécutent. Les autorités russes estiment à plus de cent en une année les victimes de ce « jeu » morbide. En Angleterre les premiers cas sont signalés. Alors si dans votre entourage, surtout chez les jeunes, vous entendez parler de Blue Whale ou de Baleine bleue, soyez vigilants. 

11/03/2017

De choses et d'autres : Aspirine préhistorique

Arrêtez de vous moquer des médecines douces ou traditionnelles. Une récente dé- couverte de chercheurs spécialisés dans la préhistoire vient de faire voler en éclat nombre de préjugés. Ils ont démontré que les hommes de Néandertal soulageaient leurs douleurs avec... de l’aspirine. Le médicament mis au point par un Allemand pour la société Bayer n’est que la synthèse d’un acide contenu dans certaines plantes comme l’écorce de saule ou le peuplier. En analysant le tartre entre les dents de squelettes datant de Néandertal, les scientifiques ont déterminé avec précision leur alimentation. Un peu comme une énigme policière, les chercheurs sont arrivés à cette étonnante conclusion après étude de l’ADN du tartre dentaire d’un jeune adulte retrouvé en Espagne. Il souffrait d’un abcès dentaire encore visible sur la mâchoire. Et entre les molaires, des morceaux de bourgeons de peupliers ont été retrouvés. Pour combattre la douleur, l’homme de Néandertal a donc, bien avant Bayer, découvert les vertus de l’aspirine connue aussi sous son appellation générique d’acide salicylique. Il consommait également de la camomille, autre plante médicinale toujours en vogue de nos jours. 
 Dernier enseignement du tartre d’antan, côté viande les hommes de Néandertal étaient friands de rhinocéros laineux, gros herbivore qui pullulait à l’époque. Mais on ne sait pas ce qu’ils faisaient des cornes.

10/03/2017

De choses et d'autres : Vestes retournées


Voilà qui ne va pas améliorer l’image des politiques auprès des Français. La semaine dernière, après une nouvelle salve du Canard Enchaîné autour des soucis judiciaires de François Fillon, des dizaines d’élus de droite et du centre annonçaient ne plus pouvoir soutenir le vainqueur de la primaire.
Au point que le site de Libération a mis en place le « compteur des lâcheurs de Fillon » avec en face des noms le tweet ou le communiqué annonçant leur décision. Mais Fillon s’accroche et n’en démord pas : il sera candidat. Résultat depuis dimanche et la manif du Trocadéro, le compteur diminue. Une bonne vingtaine de personnalités, dont Christian Estrosi ou Christine Boutin ont retourné leur veste. Sur le compteur leur nom est rayé d’un trait rouge, celui de leur pragmatisme, ou opportunisme dixit Jacques Dutronc.
Car tout bien considéré pour ces anciens « traîtres », Fillon est un bon candidat. Ses pratiques peu orthodoxes d’emploi de sa famille ? Les mensonges éhontés sur les plateaux de télé dénoncés par la presse ? La remise en cause des institutions ? Broutilles. Des faits alternatifs, sans plus. Une seule chose leur importe désormais : la victoire du projet. Et in fine leur possible élection aux législatives de juin. Voire pour certains la possibilité de rejoindre le gouvernement de François Baroin. Car à droite, tout est déjà programmé. Mais attention, certains électeurs aussi pourraient changer d’avis du jour au lendemain.

09/03/2017

De choses et d'autres : Ces femmes qui comptent


Hier, c’était la journée des femmes. Une appellation entrée petit à petit dans les mœurs. Longtemps ça a été la journée de la Femme et quelques connaissances féministes me reprennent sur ce raccourci. En réalité le 8 mars est « la journée internationale des droits des femmes ». Une petite précision sémantique, notamment adressée aux publicitaires qui profitent de cette date et lancent des campagnes incitant les hommes à offrir des fleurs, des parfums, voire des appareils électro-ménagers pour les plus vicieux, aux femmes qu’on aime. Triste époque mercantile, qui détourne le moindre événement afin de vendre l’inutile. Inutile, l’exact opposé du rôle des femmes dans notre société. Où serions-nous, nous les hommes, si un jour une femme n’avait décidé de nous donner la vie ? Endurer les neuf mois à nous porter puis nous donner naissance, souvent dans des souffrances que nous n’arriverons jamais à imaginer, douillets comme nous sommes.
Mesdames, je vous admire, définitivement. Pour tout ce que vous m’avez apporté, la tendresse de ma mère, l’amour de mon épouse, le soutien de mes sœurs, les encouragements de mon institutrice, la passion d’une professeure de français qui m’a fait découvrir la littérature, les collègues qui m’ont apporté rigueur, professionnalisme, amitié ou légèreté.
Je suis un homme. Cela ne changera jamais. Mais j’essaie chaque jour de mieux vous comprendre. 
(chronique parue le 9 mars en dernière page de l'Indépendant)

08/03/2017

De choses et d'autres : signatures uniques


Le nouveau système de parrainage des candidats à l’élection présidentielle, dénoncé par les petits candidats, offre pourtant une transparence totale. Le Conseil constitutionnel publie chaque mardi et vendredi le nombre de signatures obtenues par les différents candidats. En réalité, il publie sur son site tous les parrainages validés.
On découvre ainsi avec étonnement des noms que personne n’a encore repérés parmi les prétendants. Premier cas particulier celui de Bernard Trambouze. Comment, vous ne connaissez pas Bernard Trambouze ? Voyons c’est le maire de Vielle-SaintGirons dans les Landes, commune de 1 000 habitants près de l’océan. Qui peut bien soutenir Bernard Trambouze ? Ne cherchez pas loin, il s’est autoparrainé. Aucun des candidats ne l’emballe, alors il explique à la presse locale, non sans humour : « Je ne suis séduit que quand je me regarde. Alors un comique de plus ou de moins à l’élection ! ».
Dans la liste, le nom de Michel Vernier a lui aussi un seul et unique parrainage. Pas d’ambition pour cet élu du Lot-et-Garonne, juste un pari avec un collègue de la même communauté de communes, histoire racontée par la Dépêche du Midi. Lors d’une discussion sur les fameuses signatures, Roland Soca, maire de Pinel Hauterive, lui dit que les candidats déclarés ne parlent pas des vrais problèmes et de lancer à Michel Vernier, « tiens je vais te parrainer ! » « T’es pas cap ! » lui répond le maire de Labretonie. Et si, il est cap...
Voilà comment on se retrouve dans les listes publiées par le Conseil constitutionnel.

07/03/2017

De choses et d'autres : Peinture politique


L’affaire prête à rire tant elle est anecdotique face aux véritables scandales de cette campagne présidentielle. Pourtant elle est symptomatique d’une certaine ambiance, d’un bruit de fond lancinant sur une défiance généralisée envers les politiques, tous les politiques.
A Paris, dans le 8e arrondissement, la mairie organise dans ses locaux un salon des artistes. Parmi les nombreuses toiles présentées, un portrait signé Marie Dague. Celui d’un jeune homme de face, petite mèche, yeux bleus et nez aquilin. Plusieurs visiteurs reconnaissent Emmanuel Macron, le candidat d’En Marche ! L’artiste proteste. Ce visage est issu de son imagination. Il y a certes un petit air de ressemblance mais rien de flagrant. Cela devient plus croquignolesque quand une adjointe à la maire Les Républicains décide de faire du zèle et ordonne qu’on retire le tableau des cimaises, comme s’il s’agissait d’un vulgaire affichage sauvage ou de pub subliminale. Les antagonismes sont tels en ce moment que même un portrait présentant un vague air de déjà-vu avec un candidat (pas de son camp, cela va de soi), pousse de zélés censeurs à s’arroger le droit de décrocher, ne pas montrer, de cacher, une œuvre d’art. 
Oui on en est là... aujourd’hui, en 2017 en France. Et il reste encore sept semaines de campagne avant le premier tour. 50 jours de coups fourrés, peaux de bananes et autres boules puantes certainement conservées en réserve par certains. Sans compter les bourdes et dérapages des candidats eux-mêmes.