01/07/2017

De choses et d'autres : Le rire en mode «Data Life »

 


Selon quelques cerveaux de la profession, le data-journalisme est l’avenir du métier. Le journaleux du futur ne tentera plus de former de belles phrases, avec vocabulaire enrichi, descriptions au cordeau et retranscription de l’ambiance à grand renfort de métaphores savamment élaborées. Il devra se contenter de collecter des chiffres, des centaines, des milliers de chiffres (nommées data dans ce futur numérique) et les transformer pour les moins bons en tableaux, pour les meilleurs en cartes et autres infographies lisibles, ludiques et intéressantes. Car comme dans toutes les matières ou spécialisations, on trouve du bon et du franchement mauvais. Rarement les data m’ont intéressé. Sans doute trop compliquées dans ma tête pour comprendre du premier coup ce qui normalement est évident pour les intelligences moyennes du XXIe siècle.
Par contre cette « Data Life » imaginée par le magazine NEON m’a bien plu. Car en plus d’apprendre quantité de choses (souvent futiles, mais notre vie ne l’est-elle pas la plupart du temps), on se marre souvent. Savez-vous par exemple qu’il y a dans les 5 saisons de Game of Thrones, 122 scènes de nudité, 25 plans de foufounes, 39 paires de fesses et 58 poitrines ? Et je repense au salarié qui a visionné ces centaines d’heures de fiction, cochant méticuleusement son tableau quand apparaissaient les fameuses foufounes. Vous parlez d’un sale boulot...
➤ « Data Life », by NEON, Hugo, 16,50 €

11:21 Publié dans Chronique, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : data, hugo image, life, neon

17/06/2017

De choses et d'autres : visites et clics


J’ai un problème. Si cette chronique suscite quelques commentaires positifs (négatifs aussi...) de certains lecteurs, sa version sur internet passe presque totalement inaperçue. Pourtant tous les matins elle paraît en ligne, gratuitement, souvent agrémentée d’une illustration, sur lindependant.fr. Je la reprends aussi en décalé sur un blog. Mais je dois me rendre à l’évidence, je suis loin, très loin des records de clics obtenus par un fait divers sordide, un orage de grêlons ou le dernier dérapage de Hanouna. Logique. Mais que le compte-rendu d’un match de tennis de table dans un village isolé de l’Aude ou la fête de l’école communale d’un hameau de la montagne catalane me passe devant, c’est forcément un peu vexant. Pas que je me considère supérieur, mais en théorie, mes chroniques s’adressent à un plus large lectorat que ces niches ultralocales. 
Alors que faire ? La raison devrait me pousser à me résigner. Le public du net n’a rien à voir avec les acheteurs ou abonnés d’un quotidien papier. Mais j’ai ma fierté. 
Comme certains je pourrais «acheter» une réputation numérique. Facile et pas si cher. Pour quelques poignées de dollars vous pouvez acquérir des milliers de clics à des usines installées en Thaïlande. 
L’une d’entre elles vient d’être démantelée. L’activité est tout ce qu’il y a de plus légale,mais c’était des Chinois sans contrat de travail qui œuvraient derrière les écrans. Trois employés qui depuis leur ordinateur commandaient à 500 smartphones et 400 000 cartes SIM. Imaginez, un seul ordre sur un de mes articles et je multiplie par 100 000 mon audience. Malhonnête, mais une récente étude démontre que 50 % des clics sont générés par des robots. Tout bien considéré, mon taux de visibilité n’est peut-être pas si mauvais que cela.

De choses et d'autres : visites et clics


J’ai un problème. Si cette chronique suscite quelques commentaires positifs (négatifs aussi...) de certains lecteurs, sa version sur internet passe presque totalement inaperçue. Pourtant tous les matins elle paraît en ligne, gratuitement, souvent agrémentée d’une illustration, sur lindependant.fr. Je la reprends aussi en décalé sur un blog. Mais je dois me rendre à l’évidence, je suis loin, très loin des records de clics obtenus par un fait divers sordide, un orage de grêlons ou le dernier dérapage de Hanouna. Logique. Mais que le compte-rendu d’un match de tennis de table dans un village isolé de l’Aude ou la fête de l’école communale d’un hameau de la montagne catalane me passe devant, c’est forcément un peu vexant. Pas que je me considère supérieur, mais en théorie, mes chroniques s’adressent à un plus large lectorat que ces niches ultralocales. 
Alors que faire ? La raison devrait me pousser à me résigner. Le public du net n’a rien à voir avec les acheteurs ou abonnés d’un quotidien papier. Mais j’ai ma fierté. 
Comme certains je pourrais «acheter» une réputation numérique. Facile et pas si cher. Pour quelques poignées de dollars vous pouvez acquérir des milliers de clics à des usines installées en Thaïlande. 
L’une d’entre elles vient d’être démantelée. L’activité est tout ce qu’il y a de plus légale,mais c’était des Chinois sans contrat de travail qui œuvraient derrière les écrans. Trois employés qui depuis leur ordinateur commandaient à 500 smartphones et 400 000 cartes SIM. Imaginez, un seul ordre sur un de mes articles et je multiplie par 100 000 mon audience. Malhonnête, mais une récente étude démontre que 50 % des clics sont générés par des robots. Tout bien considéré, mon taux de visibilité n’est peut-être pas si mauvais que cela.

16/06/2017

De choses et d'autres : Un minimum de courtoisie


Depuis quelques semaines une campagne fait rage sur les réseaux sociaux. Des femmes ont décidé de fustiger, photos à l’appui, les hommes qui dans le métro ont les jambes largement ouvertes, ne laissant qu’une place minime aux femmes obligées de se serrer dans le peu de place qui reste. L’opération a pris pour nom «manspreading» et a particulièrement pris de l’importance dans le métro de Madrid. Au point que la société en charge des rames a décidé d’accoler des logos dans les wagons pour interdite aux hommes d’écarter les jambes. En France, une première alerte avait été lancée en 2014 par «Osez le féminisme». Mais à l’époque le logo a été refusé par la RATP. Un pictogramme accompagné de quelques lignes particulièrement ironiques : «L’ouverture des cuisses n’est pas utile. La fermeture des cuisses est préférable car les testicules ne sont pas en cristal, elles ne risquent pas d’exploser». Et de poursuivre, sur le même ton, «Vous pourrez ainsi laisser plus de place à vos voisines et vous ne polluerez plus leur champ visuel.» 

Bon, on l’admet volontiers, nous les hommes, on a souvent tendance à prendre nos aises. L’écartement des cuisses est presque inconscient, un geste naturel. A l’opposé, les femmes ont tendance à croiser les jambes. Mais ce problème est plus général. Il montre surtout que la courtoisie, cette vertu si importante dans la vie en société, a du plomb dans l’aile. Car certains, non seulement écartent les jambes,mais en plus ne cèdent jamais leur place à une personne prioritaire. Goujats jusqu’au bout ! 
(Chronique parue le 16 juin en dernière page de l'Indépendant)

15/06/2017

De choses et d'autres : Animal, on est mal

 


Personne ne les a vus venir. Ils ont fait patte de velours et à l’arrivée ce sont eux les grands gagnants de ces législatives. Pas les Marcheurs de Macron chaussés des bottes de sept lieux pour écraser la concurrence. Je parle des animaux, ou plus exactement des candidats du parti animaliste. Une formation toute jeune (2014) qui pour la première fois se lançait dans le bain du suffrage universel. Quelques centaines de candidats (dont trois dans les circonscriptions de l’Aude et des Pyrénées-Orientales) et à l’arrivée suffisamment de voix pour toucher la fameuse subvention d’aide aux partis politiques représentatifs. Il faut pour en bénéficier, avoir au moins 50 représentants dépassant les 1 %. Emmanuel Cousty dans la 1re desPO (373 voix et 1,14%) et Patricia Dandeu dans la 1re de l’Aude (573 voix et 1,17 %) ont apporté leur pierre à l’édifice. Moins concluant pour Pierre Martinez dans le 2e de l’Aude (311 voix et seulement 0,52 %). 
Mais au final cela suffit pour empocher plus de 90 000 euros de financement public par an. Un sacré pactole qui confirme la domination des chatons sur le monde. Car le parti animaliste n’avait qu’une seule et unique affiche pour faire campagne : celle d’un petit chat tout mignon qui regarde l’électeur droit dans les yeux. Ils sont 63 637 Français et Françaises à avoir craqué dimanche dernier. 
(Chronique parue le 15 juin en dernière page de l'Indépendant)

12/06/2017

De choses et d'autres : Merci, vous êtes "à vomir"

La défaite est parfois difficile à avaler. Dans le cas d’Henri Guaino, elle provoque de sérieux problèmes gastriques.

Pour preuve, dimanche soir, en direct sur un plateau télé pour commenter les résultats des législatives et de sa sévère défaite (4,5 % dans la 2e circonscription de Paris) il a cette saillie définitive : « L’électorat qui a voté est, à mes yeux, à vomir. »
Pas très sympa pour les forces vives de la démocratie. Certes, ne se sont déplacés, selon Henri Guaino, que les « bobos d’un côté qui sont dans l’entresoi » et « la bourgeoisie traditionnelle de droite qui va à la messe, envoie ses enfants au catéchisme » et vote pour un type qui « a triché par tous les moyens ».

  • Il se retire de la vie politique

Les électeurs « à vomir » ne le regretteront pas. A l’opposé, il y a les perdants qui ont compris que ce sont les choses de la vie. Parfois ça passe, d’autres ça casse. Prenez Élisabeth Guigou. Ancienne ministre, cadre du Parti socialiste, elle est éliminée dès le premier tour ?
Mais ce n’est pas une raison pour elle de fustiger les électeurs. Au contraire, elle constate tout simplement qu’une « page se tourne ». « Merci à tous les militants, électeurs et amis. Une page se tourne. Je suis fière de tout ce que nous avons accompli ensemble », a-t-elle tweeté.
Encore plus classe, Benoît Hamon. Déjà sèchement battu à la présidentielle, vilipendé part son propre camp, il n’a pas hésité à se lancer dans une nouvelle campagne éprouvante. Député sortant, élu local, il connaît bien sa circonscription. Mais cela n’a pas suffi. Les a-t-il vomis comme Henri Guaino ? Non il a tweeté « Ce fut un honneur de les représenter » pendant cinq ans. Contrairement à Guaino, il est jeune. On le retrouvera dans cinq ou dix ans.


(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 12 juin 2017)

11/06/2017

De choses et d'autres : âme sœur

La parité, imposée en politique, était vraie à 100 % en matière matrimoniale. Enfin jusqu’à la décision de voter une loi pour le mariage pour tous. De ce jour,pour se marier, il suffisait d’être deux. Quel que soit le sexe des deux amoureux ou amoureuses. Une grande évolution de mentalité mais qui ne va suffisamment pas assez loin pour les adeptes de la sologamie. Tout est expliqué dans les deux premières syllabes. Solo. Comme seul. Ou comment décider de se marier avec soi-même. 
Le concept paraît complètement idiot mais existe pourtant dans certains pays comme le Japon ou les États-Unis. Le principe même du mariage est de montrer à sa famille, ses amis, que l’on a décidé de partager sa vie avec l’être aimé. Vivre avec soi-même, a priori, on le fait naturellement. Et pas par choix parfois. Celui ou celle qui décide de s’automarier est suspecté, au choix, d’être très égocentrique, schizophrène ou bipolaire. 
J’imagine bien la scène devant le maire. « Mme Sophie Pétoncule, acceptez-vous de prendre pour épouse Sophie Pétoncule ? ». « Oui, nous le voulons » répond la fameuse Sophie d’une seule et même voix… S’il existait des associations d’adeptes de sologamie, ils se retrouveraient le soir et parleraient de leurs difficultés de couples isolés. Mais attention au coup de foudre. Si Sophie tombe amoureuse de Marcel, marié avec lui-même depuis 5 ans, ils devront avant de convoler, entamer une procédure de divorce avec eux-mêmes. Et ils seront obligés de prendre chacun deux avocats pour trouver un terrain d’entente avec eux-mêmes. 
Un peu compliquée cette sologamie. Et je n’ai même pas osé imaginer la question de la garde d’enfants, si elle se posait. 

10/06/2017

De choses et d'autres : Merveilles de la francophonie

 


Le français est une langue merveilleuse. Compliquée selon l’avis général mais prodigue en possibilités souvent très imagées pour faire comprendre une situation, une attitude, un sentiment. Une langue vivante qui rayonne sur le monde. Loin de se contenter de notre petit Hexagone, le français a conquis de vastes territoires. Et de langue des colons, elle est devenue celle des natifs de ces pays. Pour preuve ils l’ont aménagée, accommodée et au fil des siècles certaines expressions ont gagné en popularité au point de devenir courantes. Une richesse à découvrir dans « Casse-moi l’os ! » livre-jeu inédit signé de trois passionnés.
Connaîtriez-vous par exemple la signification de faroter ? En Côte d’Ivoire, c’est frimer. Et passer la panosse ? Si vous êtes en Suisse, vous nettoyez avec une serpillière. Les exemples s’enchaînent, tous explicités car la logique est toujours à la base de ces habitudes très localisées. On se délecte des trouvailles des Québécois, (mouiller à siaux, bidous ou clavarder) aussi poétiques que celles des africains (cartouchard, chicoter ou le grivois ‘deuxième bureau’)
Et pour terminer, je me contenterai de vous demander « Boulette ou quoi ? ». Un indice, l’expression vient du Caillou.
 ➤ « Casse-moi l’os ! », Le Livre de Poche, 5,30 €

09/06/2017

De choses et d'autres : Il ne reste plus qu’à pleurer


Est-ce un mauvais alignement des planètes ou l’évolution normale de l’humanité mais j’ai la désagréable impression ces derniers temps que plus rien ne tourne rond. Comme si notre société était en train de virer folle en deux temps trois mouvements. Un sentiment personnel d’être largué, ne plus trop comprendre ce qui arrive. Comment, par exemple, expliquer le succès de l’émission de Cyril Hanouna ? Bête, vulgaire, humiliant : le programme est pourtant de plus en plus suivi. Qui peut trouver de l’intérêt à ces soliloques obséquieux entrelardés de blagues sexistes et autres mots d’une langue inconnue (rassrah, darka...) ? Suis-je à ce point devenu vieux, allergique aux nouveautés ?

Autre exemple, les publicités. Comment imaginer que l’on vende quoi que ce soit en diffusant des spots encore plus mauvais que les sketches tournés dans les MJC au début des années 80 lors des balbutiements de la vidéo amateur. Gifi se distingue dans le genre, si ridicule qu’on ne peut même pas en rire, il ne nous reste plus qu’à pleurer. Pour vendre un jacuzzi, la marque de magasins fait appel à deux stars françaises : Benjamin Castaldi et Loana. Un Castaldi qui surjoue ses prétentions de cinéaste et une Loana choisie uniquement pour se moquer d’elle. Castaldi, à grand renfort de gesticulations et de grimaces, prétend diriger la starlette déchue. Il lui demande de tremper un pied dans le jacuzzi. Et quand elle effleure l’eau, un trucage vidéo la transforme en pin-up jeune et longiligne. 
Car Loana, selon l’expression populaire, a mal vieilli et pris des rondeurs.
Jouée de manière exécrable, idiote, stigmatisant les gros, cette pub est un ultime signe dans une société en décrépitude. 
Je serais dépressif, je me flinguerais dans la minute. 

08/06/2017

De choses et d'autres : La méchanceté n’attend pas les années

Question méchanceté, je ne suis certainement pas le mieux placé pour critiquer. Parfois je m’emballe et oublie un peu la portée des mots. Au risque de blesser les égratignés. Mais je ne m’attaque pas à n’importe qui. J’estime qu’ils l’ont mérité les Morandini, Hanouna, Depardieu et autres célébrités à l’égo surdimentionné. Ce n’est visiblement pas la ligne de conduite d’une journaliste du site de Madame Figaro. Elle a publié mardi sur le site un papier incendiaire sur une certaine Blue Ivy, « la ballerine qui en faisait trop ». Petit résumé, la danseuse, « Blue Ivy a donné dans le gloubi-boulga d’entrechats et de port de bras, au point de presque assommer ses voisines en tutus. » Et la journaliste de continuer : « On la voit (trop) confiante, (trop) envahissante. Seule à avoir les cheveux détachés, alors que ses consœurs portent toutes le sacro-saint chignon. » Une sacrée critique pour un premier gala de danse. Car Blu-Ivy est débutante, comme les autres. 
Une très jeune débutante de 5 ans et demi. Oui, vous avez bien lu, même pas 6 ans et déjà démolie dans la presse nationale. Mais qui est cette Blue Ivy ? Tout simplement la petite fille de Beyoncé et Jay-Z. On se permet de critiquer les parents, alors pourquoi pas les enfants ? En réalité Blue Ivy, sur scène, dansait comme une fillette de 5 ans, un peu maladroite,fofolle et désordonnée. Un spectacle de fin d’année pour les parents, pas les critiques de danse. 
Rapidement l’article a été repris et dénoncé sur les réseaux sociaux. Résultat une note a été rajoutée. Des excuses mais aussi une justification : la vie des enfants de stars peut être commentée comme celle des parents. Dès 5 ans et demi ?