10/02/2017

De choses et d'autres : La pétition exponentielle

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Désolé, une nouvelle fois je vais parler de l’affaire Fillon. Dans le but de rééquilibrer la balance, tentons de savoir s’il y a véritablement acharnement contre Penelope. Dès que l’affaire a été révélée par le Canard Enchaîné, Christophe Grébert élu à Puteaux, a lancé une pétition sur Change.org. L’intitulé a l’avantage de la clarté : « Mme Fillon, rendez-nous ces 500 000 euros ».

Rapidement plusieurs milliers de personnes signent sur le net ce nouveau genre de manifeste. 40 000 le premier jour et depuis la vague ne cesse de monter. 400 077 exactement hier à 12 h 30. Mais il n’y a pas que la quantité de signataires qui voit son nombre croître de façon exponentielle. La semaine dernière, après les nouvelles révélations du palmipède en papier, l’intitulé de la pétition est devenu « Mme Fillon rendez les 800 000 euros ».

Et au troisième épisode du FillonGate mercredi dernier, elle a encore grimpé d’un cran. Là, on frise effectivement l’acharnement car Christophe Grébert annonce carrément la somme de 1,5 million d’euros à rembourser. Mais comment est-il parvenu à un tel montant ? Tout simplement en précisant que le calcul est basé sur « l’euro constant 2016 ». Il exagère un peu, l’élu de Puteaux. 1,5 million représentent deux fois la valeur de l’habitation principale des Fillon selon l’estimation officielle du candidat. Après avoir sali son honneur, on va quand même pas mettre toute sa famille à la rue ? Allons. 

09/02/2017

De choses et d'autres : faire et défaire c’est toujours travailler

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L’affaire Fillon et le supposé emploi fictif de son épouse fait gamberger la mienne. Férue de Grèce antique, pour elle «la Pénélope d’Ulysse défaisait la nuit ce qu’elle tissait le jour. La Penelope de Fillon se contente de faire tapisserie. Tandis que François s’emberlificote dans un tissu de mensonges.» On peut aussi imaginer une autre interprétation.

Faire et défaire, c’est toujours travailler. Même si au petit matin, toute trace du labeur de la veille a disparu. Et c’est bien le problème. Des années et des années de labeur, mais plus le moindre dossier, email ou agenda des rendez-vous. Comme si elle utilisait, tel dans un mauvais film de série Z, un effaceur de mémoire. La journée elle participe à une réunion sur un futur projet de loi défendu par son mari. À la fin, armée de son flasheur à la Men In Black, elle presse le bouton et «pfuit», tout le monde l’oublie. Sauf le comptable bien évidemment, qui chaque mois transférait le salaire bien effectif selon les dires du mari. Un flasheur testé sur elle-même et qui lui a occasionné un trou noir juste avant l’interview accordée à un journal anglais au cours de laquelle elle regrette ne pas travailler et avoue s’ennuyer dans son statut peu valorisant de femme au foyer. Après le coup d’état institutionnel et le complot médiatique, «Men In Black» sera peut-être la nouvelle explication fournie par le candidat de la droite pour laver son honneur. Pas forcément la moins crédible. 

07/02/2017

De choses et d'autres : l'art du laid

 

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Chaque week-end sur la radio France Info, Michel Serres, philosophe, converse avec Michel Polacco dans sa chronique « Le sens de l’info » et nous ouvre l’esprit. Ce dimanche il a abordé le thème de la beauté. « À mesure que le temps passe, le temps filtre de façon implacable, rejette les mauvaises productions et garde les meilleures. »

Entièrement d’accord. Voilà bien pourquoi il faut se précipiter sur le site du MOBA, le Museum of bad art que l’on peut aisément traduire par musée du mauvais goût. Créé par un antiquaire, il est exclusivement composé de peintures abandonnées par leurs créateurs. Le genre de toiles que l’on tente désespérément de vendre sur un vide-greniers et qui finit à la poubelle au terme de la journée, la croûte ne valant même pas que l’on récupère le support. Dans le genre laideur absolue, le MOBA reste le mètre étalon. Entre les anatomies ratées, les couleurs criardes et les compositions aléatoires pour ne pas dire délirantes, tout absolument tout est remarquable de mocheté.

J’ai une petite préférence pour la création intitulée « Giraffe at the beach » représentant, comme son nom l’indique une girafe les quatre pattes dans la mer. Mais cela ne vaut pas « A mariachi in Tienanmen Square ». L’artiste a repris la célèbre photo de l’homme seul face aux chars de l’armée chinoise sur la place Tien Anmen. Mais en le grimant en mariachi mexicain. Faut-il y trouver un sens caché ? S’il vous plaît M. Serres, éclairez-moi. 

06/02/2017

De choses et d'autres : Marcel le tempétueux

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Quelle drôle d’idée de donner des pré- noms aux tempêtes. J’ai connu ça pour les cyclones quand je vivais outre-mer. J’ai passé une nuit assez éprouvante quand Hugo a frappé les Antilles en septembre 1989. Par chance il a en partie épargné la Martinique où je travaillais à l’époque pour se déchaîner sur la Guadeloupe. Peu de chose à côté de Firinga, autre cyclone passé juste au-dessus de la Réunion en janvier de la même année. Deux ouragans dans la même année, sensations fortes garanties.

Hugo et Firinga resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Il en sera certainement de même pour Marcel qui a traversé le sud-ouest de la France hier soir. Mais pas pour la même raison. Car Marcel le tempétueux est aussi le nom d’un de nos trois chats. Or Marcel n’a rien d’un foudre de guerre capable de gros dégâts.

Ce gentil et pacifique bâtard noir et blanc, recueilli il y a plus de cinq ans, a officiellement été nommé « Petit Marcel » après être passé entre les mains des vétérinaires de l’association de « L’école des chats » de mon village. De petit il est vite devenu gros. Il a doublé de volume, dédaignant les croquettes light pour se goinfrer de granulés plus goûteux. Notre cher gros Marcel, si peureux. Pour le passage de son homonyme météorologique, il est resté prudemment lové sur le canapé, ne se levant que pour vider la gamelle ou gratter dans la litière. Franchement, Marcel est inoffensif à un point tel que donner son nom à une tempête est au mieux incongru, au pire ridicule. 

04/02/2017

De choses et d'autres : Python d’oreille

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On ne se félicitera jamais assez des effets bénéfiques des réseaux sociaux sur notre moral quotidien. Le moral plombé par le PenelopeGate, l’attaque au Louvre ou tout simplement la météo, on ne peut que relativiser ces « broutilles » face à certaines informations.

Comme la mésaventure arrivée à cette adolescente américaine. Pas banale l’ado. Une gothique avec tempes rasées et gros trou dans l’oreille destiné à y encastrer ces anneaux de plusieurs centimètres de diamètres. Comme beaucoup de ses congénères, elle décide de prendre des selfies avec son animal de compagnie favori, Bart de son petit nom. Elle aurait pu avoir un rat. Mais Bart est un python, encore bébé heureusement. Le serpent, sans doute pour protester contre l’usage abusif de son image, décide de visiter le lobe si accueillant de sa propriétaire. Et y reste bloqué…

Panique de la jeune fille qui publie un SOS sur Instagram, nouvelles mœurs nouvelles pratiques. Résultat, elle et Bart deviennent les vedettes de la toile durant 24 heures. Il faudra l’intervention des secours et de beaucoup de lubrifiant pour la tirer de ce mauvais pas. Et parvenir à nous faire sourire malgré tout. 

19:18 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : python, oreille, trou

03/02/2017

De choses et d'autres : Pour une poignée de milliards

facebook,capital,milliards,bénéfices10,2 milliards de dollars de bénéfices en 2016. Les rares voyants qui ont pré- dit l’effondrement de Facebook en sont pour leurs frais (et peuvent changer de métier). Le géant des réseaux sociaux, loin de perdre des parts de marché face aux Twitter, Snapchat et autres gadgets destinés aux plus jeunes, a vu son chiffre d’affaires progresser de 57 % en un an. Bientôt 2 milliards d’utilisateurs « likeront » à tour de bras.

Un rouleau compresseur impossible à arrêter, devenu phénomène de société mondial aussi important que la télévision ou les smartphones à une époque. A la diffé- rence que Facebook ne partage pas le gâteau. L’essentiel des revenus de la publicité présente sur vos pages file directement dans les poches de Marck Zuckerberg et de ses quelques associés. Ne cherchez plus les maîtres du monde, ce sont eux. Cela ne durera pas. Forcément. Ainsi va la vie, une succession de grands bouleversements. Un auteur de science-fiction pourrait en tirer un bon roman.

Dans quelques siècles, après un big bang, des chercheurs extraterrestres découvrent un serveur miraculeusement préservé. Ils extraient les données et reconstituent la vie au début du XXIe siècle. Ils ne voient que chats mignons, chutes de skate, accidents de voitures, photos de vacances et assiettes de nourriture. Travail ? Presque rien. École. Très peu ! Comme si les « faits alternatifs » chers à l’administration Trump constituent déjà la réalité de nos vies virtuelles, seules traces de notre passage sur terre.

02/02/2017

De choses et d'autres : Marketing fumeux

tabac, santé, touraine, cancer, cigarettesOn ne plaisante plus dans la lutte contre le tabagisme en France. Après les paquets neutres et les fortes augmentations de prix, le ministère de la Santé s’attaque au marketing. Marisol Touraine a annoncé l’interdiction pure et simple de certaines « marques qui sont attractives, qui donnent le sentiment que fumer ces cigarettes c’est chic. » Sont visées les Fine, Corset, Allure et autres Vogue. Beaucoup plus longues et étroites que les classiques elles ne sont pas moins nocives, au contraire, mais plus classes, plus élégantes au bout des doigts des femmes modernes. Les cigarettiers avaient trouvé cette astuce pour dédiaboliser un produit accusé de causer des milliers de morts chaque année. Une trouvaille marketing décriée par le gouvernement qui sort l’arme fatale de l’interdiction. De la marque seulement, pas du produit. Mesdames vous pourrez toujours griller avec élégance votre clope « slim » mais elle portera un autre nom. Les équipes sont à la recherche d’autres appellations.

Je ne suis pas un très bon publicitaire mais pourquoi ne pas proposer des termes explicites, tout en rappelant avec délicatesse le bon goût et le luxe à la française. Craquez pour la « Goudron N° 5 », un maximum de saleté dans vos poumons, mais avec la délicieuse fragrance d’un grand parfum. Ou l’« Insane-Laurent », pour l’achat de dix cartouches vous aurez droit à une petite robe noire, celle que vous porterez dans votre cercueil, une fois morte d’un cancer. 

31/01/2017

De choses et d'autres : Rondeurs flatteuses

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Le petit monde de la chirurgie esthétique tenait salon la semaine dernière au Palais des Congrès de Paris. De grands spécialistes ont échangé sur les dernières nouveautés dans une activité qui ne connaît pas la crise. Je vous épargnerai les techniques sur le remodelage du sexe féminin, paraît-il en plein boum, pour me concentrer sur la graisse, ces bourrelets devenus la hantise de quantité de femmes (et d’hommes). La cryolipolyse ou « coolsculpting » en anglais est en plein boum. Elle consiste à refroidir la graisse durant une heure. Celle-ci va alors se désintégrer au bout de deux à trois semaines. Pas invasif et sans douleur. 120 000 Américains l’ont testée en 2015.

Cet été, je tenterai l’expérience. De façon artisanale avec un simple bac à glaçons sur mes abdos. Enfin, sur le gras qui cache mes abdos. Si tant est qu’ils existent...

L’autre nouveauté est encore plus incroyable. Avant quand on pratiquait une liposuccion, toute la graisse aspirée partait à la poubelle. Désormais on peut la « nettoyer » (enlever le sang et l’eau) et la réinjecter là où il en manque. Voilà comment ses poignées d’amour ou petit bidon (terme politiquement correct pour désigner un gros ventre) se transforment en poitrine opulente ou fesses rebondies. Et avec des seringues de précision, la mauvaise graisse peut même servir à combler des rides trop marquées, encore mieux que le botox. Bref, de l’auto-chirurgie esthétique à destination de rondeurs flatteuses.

08:26 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gros, chirurgie, graisse

30/01/2017

De choses et d'autres : Jurisprudence Penelope

 

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Ce «Penelope Gate» me plonge dans l’embarras. Jeudi soir sur TF1, l’ancien député, sénateur, Premier ministre et actuel candidat de la droite a détaillé en quoi consistait le travail d’attachée parlementaire de son épouse. Elle «corrigeait mes discours, me faisait une synthèse de la presse» a-t-il expliqué en direct pour justifier les milliers d’euros qu’elle touchait chaque mois.

Je suis dans l’embarras car moi aussi je demande à mon épouse de lire et corriger ces chroniques. Et chaque jour, elle commente les titres des journaux, me glissant au passage quelques idées pour le futur. Là, en écrivant ces lignes, je comprends tout le problème. Car en les découvrant elle ne manquera pas de me faire remarquer: «Pourquoi moi je ne touche pas un centime alors que Penelope a empoché entre 3000 et 8000 euros mensuels ?» Que puis je lui répondre? Désolé, mais je suis pauvre. Pauvre et honnête de surcroît.

J’entrevois bien une solution mais elle risque de ne pas plaire à mon directeur. Selon cette fameuse «jurisprudence Penelope», je vais demander l’alignement de mes piges sur son barème de critique littéraire à la Revue des Deux mondes. Elle a été payée 100.000 euros (sur 20 mois de travail) en écrivant deux textes de 3500 signes au total. Conséquence, à raison de 24 chroniques de 1.500 signes chacune, je devrais gagner un peu plus d’un million d’euros par mois. Facile dans ces conditions d’en céder une infime partie à ma première lectrice. Dans mes rêves...

(Chronique parue le 30 janvier en dernière page de l'Indépendant)

28/01/2017

De choses et d'autres : Tweets d'outre tombe

Le réseau Twitter est devenu le grand défouloir de la planète. En 140 signes il faut être percutant et pertinent. Une nouvelle façon de s’exprimer, de faire rire ou dire ses quatre vérités à ceux qui nous énervent. Mais Twitter est récent. Jeff Domenech, auteur de « Tweets post mortem » imagine ce que pourraient twitter les célébrités aujourd’hui disparues. Une sorte d’hommage à leur personnalité, tout en conservant le côté persifleur du réseau. Un florilège classé par catégories, de musique à politique en passant par littérature ou sport. Wolinski prend sa revanche : « Dites aux kamikazes de Daech que depuis mon arrivée au paradis, leurs 72 vierges ne le sont plus ». Coco Chanel donne son avis sur la mode actuelle : « L’élégance se perd de nos jours. Se promener dans la rue avec un maillot du PSG ou de l’OM devrait être passible de la peine de mort ». Au total plus de 300 tweets imaginaires, à picorer avec gourmandise et sans modération.

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