10/02/2017

DVD et blu-ray : Rions avec les gros bras de la CIA

 

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Rien ne vaut des acteurs ne se prenant pas au sérieux pour réaliser une bonne comédie. Le duo de « Agents presque secrets », film de Rawson Marshall Thurber est l’exemple parfait. Kevin Hart, acteur noir surtout connu pour ses succès sur scène est là où on l’attend (et il excelle). Par contre Dwayne Johnson est plus surprenant. L’ancien champion de catch sous le pseudo de « The Rock », après quelques films d’action où ses muscles étaient pris au premier degré, s’est diversifié avec une autodérision de très bon aloi.

Dans ce film d’espionnage à l’intrique un peu légère, il interprète un agent secret américain de la CIA qui tente de découvrir qui va acheter les codes secrets des satellites pilotant les missiles nucléaires. A moins que cela ne soit lui le méchant. Kevin Hart ne le sait pas exactement. Mais là n’est pas le problème car ce grand baraqué capable d’assommer trois hommes en deux secondes est un ancien collègue du lycée. A l’époque il était le petit gros dont tout le monde se moquait. Alors que Kevin, brillant, se voyait gouverneur, il végète en petit comptable. Deux personnalités opposées, qui donnent aux scénaristes une quantité quasi illimitée de gags.

On rit beaucoup, encore plus en visionnant le bêtisier, très fourni dans ce genre de distribution avec deux acteurs toujours capables de partir dans des improvisations démentielles.

 ➤ « Agents presque secrets », Universal Vidéo, 14,99 €

 

03/02/2017

DVD et Blu-ray : Dany Boon en "Radin"

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Dany Boon a un immense talent. Il sait faire rire avec peu de choses. Mais il a aussi la mauvaise habitude de se répéter dans ses rôles et surtout de se prendre pour un jeune premier ou un acteur au fort potentiel dramatique. « Radin ! », film signé Fred Cavayé, avait tout pour devenir une comédie culte. Il suffisait d’en faire des tonnes dans le portrait de ce radin congénital. Mais comme le héros doit s’amender, la seconde partie de l’histoire tente de nous tirer des larmes de ce personnage pathétique. Dommage.

➤ « Radin ! », TF1 Vidéo, 12,99 € le DVD, 16,99 € le blu-ray

 

 

19:14 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dany boon, cavayé, radin, tf1

02/02/2017

DVD et Blu-ray : Soko redonne vie et grâce à Loïe Fuller, « La danseuse »

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Un corps massif, un visage rarement rieur, une démarche lourde et une propension à cacher ses formes sous des couches de tissus : Loïe Fuller n’avait rien pour faire carrière dans le spectacle, aux Folies Bergères notamment. Pourtant cette jeune franco-américaine, en débarquant de son Far-west natal à la fin du XIXe siècle, va devenir en quelques spectacles la coqueluche du tout-Paris. Son secret, animer des mètres de soie grâce à d’immenses bâtons dans des lumières fortes avec des variations de couleur.

 

 

Cette danse du serpentin qu’elle a inventé à New York, presque par hasard, va le rendre très célèbre à Paris. La presse est enthousiaste, le public conquis. Elle décroche même un engagement à l’opéra de Paris. Le film de Stéphanie Di Giusto, présenté à Cannes, a fait forte impression. Il offre un beau premier rôle à Soko, actrice française atypique. Un rôle physique qu’elle affectionne, où les entraînements ne sont pas simulés. Car le drame de Loïe Fuller est tout entier dans sa technique. Trop éprouvante, usante, fatigante, elle lui détruit le corps. Sans compter les dégâts occasionnés à ses yeux par les projecteurs électriques. Sa carrière comme sa gloire, sont très éphémères. Mais des années plus tard sa trace est toujours là car beaucoup la considèrent comme la première étoile de la danse contemporaine.

Le film sort en DVD et blu-ray alors qu’il fait un carton presque plein pour les nominations aux César. Soko pour la meilleure actrice mais également Mélanie Thierry pour le second rôle féminin, Gaspard Ulliel pour le second rôle masculin et la très jeune mais très talentueuse Lily-Rose Deep dans la catégorie révélation féminine pour son interprétation d’Isadora Duncan, autre danseuse américaine qui a littéralement volé la vedette à Loïe Fuller dans le Paris des années folles. On rajoute une sélection parmi les meilleurs premiers films et deux nominations techniques (décors et costumes) et on comprend que cette « Danseuse » a tout pour plaire au plus grand public.

 ➤ « La danseuse », Wild Side Vidéo, 19,99 €.

 

01/02/2017

Cinéma : « Jackie », la veuve ensanglantée

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Jackie Kennedy était à côté de son mari quand une balle lui a explosé la tête. Le film de Pablo Larrain raconte ce drame du point de vue de la First Lady, interprétée par Natalie Portman.

 

 

Trois jours. Le film de Pablo Larrain présenté comme un biopic ne couvre en réalité que trois jours de la vie de Jackie Kennedy, celle qui reste la plus célèbre des First Lady. Du 22 novembre 1963, date de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy au 25, date de ses obsèques.

Les amateurs de grandes histoires romantiques avec sanglots et bonheur pour ponctuer les grandes dates d’une vie en auront pour leurs frais même si quelques flash-backs permettent un peu de contextualiser la vie du couple Kennedy à la Maison Blanche, notamment lors d’un concert prestigieux de Pablo Casals. Le cinéaste chilien, pour son premier film en anglais, tourné en grande partie à Paris, a pris le parti de se concentrer sur la vision de cette femme, à qui tout réussit, adulée des foules, qui voit sa vie s’écrouler en trois jours. Non seulement elle perd son mari dans des conditions abominables (elle a tenté de remettre le cerveau en miettes de son époux dans le crâne ouvert alors que la décapotable filait à vive allure vers un hôpital), mais elle devra quitter dans l’urgence cette Maison Blanche qu’elle aimait tant, se retrouvant quasiment à la rue si la famille Kennedy ne lui était pas venue en aide.

■ Confessions

Le film débute par l’arrivée d’un journaliste américain chargé de recueillir la première interview de Jackie Kennedy (Natalie Portman) une semaine après les obsèques de son mari. Une femme qui fume cigarettes sur cigarettes, qui se confie sans peine mais ponctue chacune de ses déclarations par un intransigeant « Vous ne publierez pas cela ». Elle entend conserver jusqu’au bout l’imprimatur de sa vie, comme pour mieux préserver la mémoire de son mari, éphémère président qui n’a pas eu le temps de réaliser ses projets, obligé, dans l’urgence, de gérer la crise des missiles à Cuba. Natalie Portman incarne la partie la moins connue de la vie de Jackie, l’épouse et mère, soumise et dépendante d’un homme devenu trop puissant et éloigné d’elle. Elle reste longtemps dans le tailleur rose Chanel, taché du sang de son mari, à tenter de comprendre, de réaliser ce qui s’est passé. C’est dans cette tenue souillée qu’elle assiste à la prestation de serment du vice-président Johnson dans l’avion présidentiel. Elle ne se changera qu’une fois revenue, seule, dans la Maison Blanche qu’elle a considérablement embellie durant ses deux années de présence.

Dès le lendemain, il faut qu’elle organise les obsèques avec le frère Bobby (Peter Sarsgaard) mais aussi qu’elle fasse ses cartons : la femme de Johnson est déjà dans les couloirs en train de donner des ordres pour changer la décoration et les tapisseries. Grâce à des images d’archives, l’intérieur de la bâtisse a été reconstitué, permettant à Natalie Portman de déambuler, en veuve nostalgique, dans ces pièces chargées d’histoire. Un dernier tour dans son royaume de Camelot comme elle l’explique au journaliste.

Solide au niveau reconstitution historique, le film de Pablo Larrain évite les trémolos, gommant toute émotion, comme si face à ce bouleversement mondial d’ampleur, les sentiments s’effaçaient au profit de la raison d’État. 

25/01/2017

Cinéma : Les Puissants passent à confesse

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Petit film italien, « Les Confessions » de Roberto Ando aborde la problématique du pouvoir des Puissants sur le devenir des peuples. Comment quelques économistes à la tête des ministères des 8 plus grandes puissances mondiales peuvent, dans le calme feutré d’un palace, jeter à la rue toute la population d’un pays ? Sans le dire ouvertement, ce faux thriller fait référence à la Grèce qui, un temps, a failli être éjectée de la zone euro, comme mise au ban des nations pour une faute originelle inacceptable dans ce monde de la finance : voter pour des hommes voulant faire de la politique autrement, contre les influences de l’argent, du capitalisme et de la spéculation.

 

 

En Allemagne, dans ce manoir isolé de tout et de tous, ce sont des hommes et des femmes sans cœur qui mettent les dernières touches à leur pacte pour remettre un peu d’ordre dans leur monde. Sous la houlette de Daniel Roché (Daniel Auteuil), directeur du Fond monétaire international, ils sont presque parvenus à un accord. Deux représentants rechignent encore : l’Italie et le Canada. Pour la première fois, en plus des négociations secrètes, Roché a désiré inviter à ce conclave des représentants de la société civile. Une romancière pour enfant mondialement célèbre, un chanteur de folk tout aussi connu dans le monde entier et... un prêtre italien ayant fait vœu de silence.

Le moine Roberto Salus (Toni Servillo) semble totalement incongru dans cet univers de luxe et de plaisirs. Lors du repas d’arrivée, il refuse les plats car il ne mange pas le soir. Ne dit pas un mot, évidemment, et à la fin des agapes, quand les ministres sirotent un digestif que l’on imagine fort et raffiné, il débarrasse la table, mettant dans l’embarras l’armée de serviteurs déboussolés par cette entorse au protocole. Salus, doux rêveur ou conscience éveillée ? Le spectateur se pose la question au début du film. À la fin aussi tant la mécanique de Roberto Ando est bien huilée.

■ Secret de la confession

Si Roché a invité Salus, c’est pour se confesser. L’homme considéré comme le plus puissant de la planète a-t-il quelque chose à se faire pardonner ? Mystère dans un premier temps. D’autant que le lendemain, Roché est retrouvé mort dans sa chambre, étouffé dans un sac plastique appartenant à Salus. Suicide ? Le moine est mis en examen. Début de l’enquête policière. Et des soupçons multiples et variés. Le refus de répondre aux questions du religieux, sous couvert de secret de la confession, complique sérieusement la donne. La ministre canadienne (Marie-Josée Croze) avait-elle une liaison avec Roché ? La romancière (Connie Nielsen), insomniaque, en sait-elle plus qu’elle ne le prétend ?

Le suspense n’est en réalité qu’un prétexte pour faire réfléchir sur la marche du monde. Et de l’importance de la spiritualité dans cette société ayant élevé l’argent au rang de Dieu planétaire. Le tout magnifié par des images léchées, au cadrage soigné et lumière très travaillée. Sans compter la qualité de tous les acteurs, Toni Servillo en tête. 

19/01/2017

DVD : "Moka" ou le deuil impossible d’une mère

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Emmanuelle Devos est de tous les plans de « Moka », second film du Suisse Frédéric Mermoud. Ce réalisateur a déjà tourné avec elle « Complices » et cherchait une histoire lui permettant « d’épuiser » son actrice fétiche, sa muse. En découvrant le roman de Tatiana de Rosnay il a eu le déclic. Cela donne un thriller au rythme parfois un peu lent mais transcendé par une actrice atypique à l’immense talent.

 

 

Diane (Emmanuelle Devos), après quelques mois en maison de repos, quitte ce cocon pour reprendre sa quête, sa seule raison de vivre. Il y a huit mois, son fils Luc est renversé par une voiture qui prend la fuite. Diane veut retrouver la conductrice. Comprendre pourquoi elle ne s’est pas arrêtée. Elle a embauché un détective. Ses résultats sont maigres. La voiture serait de couleur Moka, a quatre phares à l’avant, immatriculée en France et conduite par une blonde. Un recoupement lui permet d’avancer les noms de trois personnes.

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Diane, qui vit à Lausanne en Suisse, traverse le lac pour aller à Evian, là où est installée la propriétaire d’une BMW suspecte. La mère éplorée a rapidement la certitude que Marlène (Nathalie Baye) est bien la conductrice qui a brisé la vie de son fils. La sienne aussi. Une rencontre fortuite lui permet d’acheter un revolver. C’est armée qu’elle va s’incruster dans la vie de Marlène pour trouver le courage de se faire vengeance. Mais rien ne se passe comme prévu. Car Marlène, avenante, gentille, a beaucoup de points communs avec Diane. Notamment une fille. On sent Diane prise de doute. Pesant le pour et le contre. Tout un travail intérieur retranscrit à la perfection par Emmanuelle Devos. Les scènes entre cette dernière et Nathalie Baye sont d’une intensité, d’une force et d’une tension dignes des grands drames américains. Et cerise sur le gâteau, la fin de cette histoire très noire est positive.

Dans les bonus du DVD, un long entretien du réalisateur permet de mieux comprendre son cheminement et sa méthode de travail, notamment avec son actrice principale. Emmanuelle Devos qui est également en vedette du court-métrage de Frédéric Mermoud « Le créneau », joli exercice en noir et blanc datant de 2007.

➤ « Moka », Pyramide vidéo, 19,99 €

 

18/01/2017

Cinéma : Une jeunesse en mal d'envol dans "Corniche Kennedy" de Dominique Cabrera

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CORNICHE KENNEDY. Ils sont jeunes, Marseillais et vivent dans l’insouciance. Seule distraction, plonger dans la mer, à quelques centimètres des rochers. Dangereux mais si grisant.

 

 

Marseille, sa lumière, sa jeunesse et la Méditerranée. Dominique Cabrera a planté ses caméras sur la corniche, pour saisir ces moments magiques, ceux du passage de l’adolescence à l’âge adulte. De Marseille, l’actualité nous donne l’image d’une ville gangrenée par la violence et les trafics. Une réalité montrée aussi dans ce film aux lectures multiples. A la base, tout débute par des cris. De joie. Des jeunes, entre 16 et 20 ans, s’élancent de la route et plongent dans la mer. Une dizaine de mètres de hauteur, des risques fous.

De la terrasse de sa villa, Suzanne (Lola Creton) les regarde. Elle ne devrait pas. Dans une semaine elle passe le bac et doit réviser. Mais la fille des beaux quartiers n’en peut plus de rester enfermée. Elle prend son sac de plage et va se mêler à la bande qui bronze sur les rochers après leurs sauts. Un premier contact rugueux, mais quand elle accepte de sauter malgré son vertige tétanisant, avec l’aide de Mehdi (Alain Demaria) et Marco (Kamel Kadri), non seulement elle se sent revivre mais découvre avec émerveillement cette insouciance, prémices des amours de jeunesse. Terminées les révisions, Suzanne traîne de plus en plus avec Marco et Mehdi, écumant les « spots » jusqu’aux plus dangereux et vertigineux.

■ Acteurs de leurs vies

Le film, entièrement tourné en extérieur, est une ode à la vie au grand air et à Marseille. Mais si l’eau de la Méditerranée est claire, sur terre, tout est plus trouble. Marco, sans emploi, vivote en rendant des services à un truand. Il conduit des voitures, transporte de la drogue sur de courtes distances. Et devient une cible pour les policiers qui veulent faire tomber le gros caïd. Une policière (Aïssa Maïga) va tenter de le retourner.

Une intrigue policière pour faire monter la tension. Car à Marseille, dès qu’on ne marche pas droit, on risque de se faire « rafaler », mot tristement devenu courant dans le langage des jeunes. On apprécie dans ce long-métrage, en plus des décors d’une rare beauté, l’interprétation des jeunes, toujours juste.

Si Lola Creton est une actrice professionnelle, ce n’est pas le cas de ses deux amoureux. Marseillais, plongeurs aguerris, ils ont été contactés par la réalisatrice quand elle faisait des repérages. Ils ont cette spontanéité qui donne une incroyable force à des scènes a priori banales. 

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Roman solaire

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Maylis de Kerangal semble la romancière à la mode actuellement dans le cinéma français. Après « Réparer les vivants », « Corniche Kennedy » est à son tour adapté avant la sortie, dans quelques mois de « Naissance d’un pont » (prix Médicis 2010) adapté par Julie Gavras. De ce roman sur Marseille et sa jeunesse, la réalisatrice a gardé le côté solaire du roman. « La fidélité au roman ne s’exprime pas sur le plan du scénario mais dans les énergies primitives du texte qui se retrouvent à l’écran » a noté Maylis de Kerangal dans des notes de productions.

Les différences sont pourtant nombreuses, le commissaire de police devient une femme dans le film et la relation amoureuse entre la jeune bourgeoise et un des « sauteurs » du roman est plus compliquée au cinéma car Suzanne n’arrive pas à choisir entre les deux amis. On peut donc relire le roman paru en poche chez Folio sans hésitation.

 

13/01/2017

DVD : Le blues des soldats après les batailles

 

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Engagez-vous, vous verrez du pays » vantaient de vieilles publicités pour l’armée fran- çaise. Ce fameux « Voir du pays » est au centre du film de Delphine et Muriel Coulin. Pourtant, les militaires français dont l’histoire est racontée n’en ont pas beaucoup vu de la région où ils ont combattu. Depuis une base reculée en Afghanistan, ils ne verront que quelques montagnes enneigées, des villages déserts... À la fin de leur séjour de six mois, ils connaîtront mieux Chypre, île où se déroule le film.

Avant de revenir dans leur famille, les militaires passent par un « sas » de trois jours dans un hôtel 5 étoiles. Pour se réhabituer à la vie simple et insouciante. Les réalisatrices suivent deux jeunes femmes, engagées et combattantes. Aurore (Ariane Labed) et Marine (Soko) sont amies depuis l’enfance. La première est heureuse de quitter le champ de bataille. D’autant qu’elle a été prise dans une embuscade, a été blessée et a vu mourir trois de ses camarades. L’autre, taciturne, perpétuellement énervée, à fleur de peau, redoute ce sas. Car en plus de la détente (sorties touristiques, plage et boîtes de nuit), les gradés procèdent à un débriefing et une évaluation psychologique. Les militaires du rang doivent notamment raconter et revivre, en réalité virtuelle, leurs traumatismes. Ce sera très dur pour Aurore. Encore plus pour Marine qui n’est pas allée l’aider, la défendre, sous le feu ennemi.

Les actrices, dans deux caractères opposés, sont particulièrement crédibles. Des rôles physiques, éprouvants, mais qui n’occultent pas le côté humain. Un film à montrer à tous les jeunes tentés par un engagement dans l’armée française.

➤ « Voir du pays », Diaphana Vidéo, 19,99 € le DVD

 

12/01/2017

Blu-ray : Indémodable « Petit baigneur »

 

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Un demi-siècle. Cette année 2017 marque le 50e anniversaire du tournage dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales du film « Le Petit Baigneur », réalisé et interprété par Robert Dhéry. On retrouvait dans cette comédie burlesque Louis de Funès et Michel Galabru en tête d’affiche. Le film, dépoussiéré, vient de sortir en blu-ray, comme pour mieux profiter des dé- cors lumineux des Cabanes de Fleury et de Collioure. Le scénario basique (l’inventeur d’un voilier révolutionnaire est sollicité par deux entrepreneurs) est surtout l’occasion pour Robert Dhéry de jouer à la Tati et De Funès de piquer des colères mémorables. Quant à Galabru, en clairon d’une fanfare, il se lamente à qui mieux mieux après que la décapotable de De Funès lui a roulé sur le pied.

Ce n’est pas un chef-d’œuvre du 7e art, mais ces 90 minutes permettent de revoir quelques lieux emblématiques de la région avant l’invasion massive des touristes. Notamment les rues étroites et tortueuses de Collioure ou le côté sauvage du littoral audois. Une jolie bouffée de nostalgie, la haute définition en plus.

➤ « Le petit baigneur », Studiocanal, 14,99 €

 

11/01/2017

Cinéma : Paris reste "Ouvert la nuit"

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Une nuit dans Paris, tel est le programme du film signé Edouard Baer. Paris et ses artistes, ses paumés, ses lieux de fête et de déprime. Venez voir, c’est « Ouvert la nuit ».

Paris, ville lumière, ville qui ne dort jamais, est la vedette invisible de « Ouvert la nuit », écrit, réalisé et interprété par Edouard Baer. Une œuvre très personnelle, qui pourrait exaspérer les allergiques au parisianisme. Pour éviter cette réaction, il suffit de se dire que les personnages ne sont pas comme nous, plutôt des animaux de foire pour qui tout est différent. Leur normalité n’a rien de commun avec la nôtre. Jamais ils ne regardent la télévision, jamais ils ne cuisinent ou mettent leur réveil afin de se lever le matin pour prendre le métro.

Au milieu du zoo, Luigi (Edouard Baer), directeur d’un théâtre. Un millier de pépins lui tombent dessus à la veille d’une première. Deux plus importants que tout : trouver un singe pour le spectacle et combler le trou financier pour payer les salaires en retard. En compagnie de Faeza, la stagiaire de sciences-po (Sabrina Ouazani) il se lance dans un road-movie mouvementé à travers les rues d’une capitale aux multiples visages.

■ Théâtre en grève

Des rencontres magiques ou décevantes. Comme ce dresseur d’animaux (Jean-Michel Lahmi) qui a consacré dix années à éduquer la guenon qui pourrait sauver la pièce de Luigi. Ou cette milliardaire, généreuse mécène propriétaire du théâtre mais qui ce soir a décidé d’humilier une dernière fois cet artiste trop futile à ses yeux de grande bourgeoise capitaliste.

 

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Mais Luigi, tout en étant dans la panade la plus complète, ne se laisse pas abattre. Avec le chéquier du théâtre, il fait la tournée des grands ducs dans les bars branchés. Par contre sur les planches, rien ne va plus. Les techniciens menés par Marcel (Grégory Gadebois) se mettent en grève. Le redoutable syndicaliste hausse le ton. Luigi va donc tenter de le convaincre de reprendre le travail en allant chez lui. Faeza découvre une autre facette de Luigi. Marcel vit dans une véritable tribu africaine et c’est en boubou qu’il reçoit son patron, le chouchou de ces dames. Un des meilleurs passages du film, dépaysant mais si représentatif de Paris, ville multiculturelle et ouverte.

Les catastrophes au théâtre s’enchaînent : un acteur se blesse et le metteur en scène meurt d’une crise cardiaque en pleine nuit. Sans argent et sans singe, Luigi croit que tout est terminé. Mais comme Edouard Baer est un indécrottable optimiste, il déniche une « happy end » dans une pirouette totalement improbable. Mais la normalité, dans ce monde... 

10:00 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ouvert la nuit, baer