16/08/2017

Cinéma : « Une femme douce » et tenace

UNE FEMME DOUCE. La société russe passée au révélateur du cinéaste Sergei Loznitsa.

 


Pas un sourire. Quasiment pas de paroles : la femme douce personnage principal du film de Sergei Loznitsa reste une énigme pour le spectateur. Avec une lenteur que peu de créateurs peuvent se permettre (et surtout rendre intéressante, intrigante), il plante le décor et l’obsession de cette femme de prisonnier. Son mari est enfermé. Pour une histoire de droit commun. Mais dans ce pays, la justice a parfois d’étranges conceptions des crimes.
Elle lui a envoyé un colis avec des aliments en conserve, des habits, des produits de toilette. Le colis revient à destination. Sans la moindre explication. Elle tente de demander des précisions à la poste de la ville où elle réside, mais l’administration russe, si elle n’est plus soviétique, a encore conservé toutes ses incohérences. Alors, elle choisit sa plus belle robe et part en train pour la grande ville. Avec le paquet qu’elle veut donner directement à son mari.

■ Violence
On s’attend à un plaidoyer pour les droits de l’Homme, mais rapidement on constate que la Russie actuelle n’a rien à voir avec un état de droit. A la prison, dans la cohue, après des heures d’attente et le remplissage de multiples formulaires, la fonctionnaire lit le nom du prisonnier, se retourne pour vérifier dans un registre, rend le papier à la femme en lui disant simplement que cette demande n’est pas réglementaire. Point final. Pas de discussion. Guichet fermé. Perdue dans la ville, elle est « secourue » par l’épouse d’un autre prisonnier. Elle offre de l’héberger pour la nuit. Mais cela ressemble plus à un guet-apens. Dans le salon, une dizaine de personnes se saoulent à la vodka. Les femmes se dénudent. Les hommes en profitent. La femme douce observe. De loin. Mais elle est repérée par un proxénète qui lui promet de l’aider à avoir des nouvelles de son mari contre une rétribution en nature…


Le film est lent et violent à la fois. Une violence sourde, oppressante, omniprésente. Longtemps elle parvient à l’éviter, à fuir au bon moment. Mais on se doute qu’au final, il n’existe pas d’échappatoire. Même si le réalisateur, grâce à une fin entre Fellini et «Brazil » de Terry Gilliam, parvient à laisser croire que c’est possible.

➤ "Une femme douce" drame de Sergei Loznitsa (Russie, 2 h 23) avec Vasilina Makovtseva, Marina Kleshcheva.
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De la violence dans le cinéma russe

Rôle d’une rare complexité pour Vasilina Makovtseva (photo), actrice russe de théâtre venue de l’Oural, elle interprète avec brio, cette femme, douce et obstinée, perdue dans une Russie devenue incontrôlable où la violence est présente à chaque coin de rue. Du moins dans les grandes villes. Quand elle est chez elle, dans cette maison perdue dans la prairie, loin de toute route, c’est la tranquillité et le calme qui règnent. Mais jusqu’à quand. On sent que le monde russe bascule. La libéralisation du marché a littéralement désagrégé le pays. S’il a conservé sa bureaucratie pointilleuse, inflexible et incompréhensible, l’argent a transformé les hommes. Les policiers ou gardiens de prison ne sont que des corrompus en puissance. Les ambitieux deviennent les nouveaux corrupteurs, à qui rien ne peut résister. Surtout pas les femmes.
Cette thématique de la violence omniprésente dans la nouvelle société russe inspire les réalisateurs. Comme dans « Faute d’amour », nouveau film d’Andrey Zvyagintsev, en salles le 20 septembre prochain mais qui sera en avant-première au Castillet à Perpignan ce mardi 22 août à 19 h 15. Un couple se déchire, veut divorcer. Leur enfant trinque. Un film dur, bouleversant selon la critique et qui a remporté le prix du jury au dernier festival de Cannes.
Le précédent film de Zvyagintsev, « Leviathan », lui aussi primé à Cannes en 2014, explorait déjà les relations compliquées au sein de la famille d’un garagiste dans une petite ville isolée au nord du pays. 

15/08/2017

Livres de poche : retrouvez les héros de vos films préférés

 


Sorti au cinéma il y a moins d’une semaine, « La Tour sombre » est tirée d’un roman de Stephen King. Redécouvrez l’œuvre originale dans cette réédition au format poche suivi d’un court roman, « Les petites sœurs d’Elurie ». Roland de Gilead, dernier justicier et aventurier d’un monde dont il cherche à inverser la destruction programmée, doit arracher au sorcier vêtu de noir les secrets qui le mèneront vers la Tour Sombre.
➤ « La Tour sombre », J’ai Lu, 7,80 €


Le prochain Star Wars, au cinéma, est annoncé en décembre. Mais si vous êtes en manque de sabre-laser et de batailles spatiales plongez dans les romans inédits régulièrement édités en poche. Dernier en date « Liens de sang » de Claudia Gray qui a pour vedette la princesse Leia. Désespérés à l’idée de ne pas réussir à prendre les mesures nécessaires face aux menaces tant extérieures qu’intérieures, les Sénateurs réclament l’élection d’un Premier Sénateur. Ils espèrent qu’un leader fort pourra unifier une galaxie divisée.
➤ « Star Wars, Liens de sang », Pocket, 9,30 €


Magnifiquement adapté à l’écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, « Les délices de Tokyo », roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal. «Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises.
➤ « Les délices de Tokyo », Le Livre de Poche, 6,90 €

De choses et d'autres : Orages, cèpes et embrouilles


Grosse chaleur, orages chargés en eau : les cèpes poussent ! Voilà une activité intelligente en vacances. Ramasser des champignons c’est réunir plusieurs hobbies en un seul. Découverte de la nature, randonnée, gastronomie et, plus rarement heureusement, combat au corps à corps. Car les champignons, comme tout ce qui pousse sur terre, doivent bien appartenir à quelqu’un. Le propriétaire du terrain ou le cueilleur ? Les cèpes ne se cultivent pas, ils poussent seuls, sans l’aide de personne et de façon tout à fait aléatoire. Un peu comme entre l’œuf et la poule, personne n’a jamais pu trancher. Au point que trop souvent des propriétaires interdisent l’accès à ces endroits que certaines familles se repassent pourtant de génération en génération. Hier matin dans un champ du Lot-et-Garonne cette rivalité a franchi un cap. Âgé de 70 ans, un ramasseur de champignons, se doutant d’une belle pousse après les orages, se rend dans un champ qu’il connaît bien.
Effectivement les bolets sont au rendez-vous. Il remplit son panier mais au moment de quitter la place, un homme, le propriétaire, lui entonne l’ordre de restituer sa cueillette. Immédiatement, le ramasseur a sorti un couteau de cuisine (ustensile obligatoire pour nettoyer la récolte au fur à mesure) de son panier et a menacé ce « propriétaire » osant réclamer ces cèpes sans avoir eu à se baisser une seule fois. Face à la détermination du septuagénaire armé, le demandeur a préféré prendre la fuite. Pour la gendarmerie. Il dépose plainte et les gendarmes interpellent dans la foulée le ramasseur de champignons qui, hier après-midi, était toujours en garde à vue.
Quant aux cèpes, de mets d’exception, ils se sont transformés en pièces à conviction. Quel gâchis.

Chronique parue le 15 juillet 2017 en dernière page de l'Indépendant

14/08/2017

Livres : Roi des Aulnes et maître du polar

 


Les lecteurs habituels de Musso (Guillaume, pas Valentin, qui lui, a opté pour le polar dès ses débuts) seront sans doute un peu étonnés. Mais alors, les surprises de ce genre, on les découvre avec délectation. Reprenant avec bonheur les péripéties de son héroïne devenue récurrente, la flic de choc et de charme Madeline Greene, rencontrée dans « L’appel de l’ange », l’écrivain qui tombait souvent dans le sentimentalo-fantastique, a l’air d’avoir trouvé son vrai créneau. C’est ainsi qu’on est immédiatement conquis par Gaspard, écrivain lui-même, désabusé, misanthrope, dégoûté des autres et de lui-même, qui va se sentir tout à coup très concerné (et nous avec) par les énigmes qui entourent la soi-disant mort du petit Julien, fils du célèbre peintre Sean Lorenz. De Paris à New-York, Madeline et lui se mettent en chasse. Chaud devant !
 ➤ « Un appartement à Paris », Guillaume Musso, XO, 21,90 €

Fabienne Huart
 
 

11/08/2017

DVD et blu-ray : « Osiris », sacrifice dans l’espace

 

L’Australie doit son développement au travail des forçats exilés sur l’île-continent par la Grande-Bretagne. Cette histoire, peu glorieuse, se retrouve un peu en filigrane de « Osiris - La 9e planète », film de science-fiction de Shane Abbess.
Aux confins de la galaxie, Osiris est peuplée par quelques colons, aidés par le travail forcé des détenus. Mais derrière ces murs, sous couvert de rédemption de fortes têtes, les autorités profitent de l’éloignement pour réaliser des expériences génétiques. Les plus récalcitrants sont transformés en monstres sanguinaires quasi indestructibles. Une bonne façon pour dépeupler des planètes avant à l’arrivée des Terriens. Quand ces monstres sont libérés lors d’une mutinerie, il ne reste plus beaucoup de solution pour rétablir l’ordre : détruire Osiris dans le feu nucléaire.
Un militaire, Kane Sommerville (Daniel MacPherson) quitte la station spatiale en orbite contre les ordres de sa hié- rarchie pour tenter de sauver sa fille Indi âgée de 10 ans, restée au sol. Découpé en chapitres, le film offre l’avantage de ne pas s’embarrasser de scè- nes de transition. Quand la petite équipe de Kane dit, on va aller secourir Indi, deux secondes plus tard cela tire de partout.
Des créatures très réussies, avec de véritables acteurs à l’intérieur. Il y a un petit côté Mad Max, avec barjots crados et désert à gogo. Et les passionnés se délecteront du making-of très détaillé.
➤ « Osiris - La 9e planète », Wild Side, 19,99 € le DVD, 24,99 € le blu-ray

12:33 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : osiris, sf, wild side, australie

10/08/2017

Cinéma : Si Dieu pardonne, pas les policiers dans "Que Dios nos perdone"


Le cinéma espagnol a fait son trou dans la production européenne. Abandonnant son image folklorique ou de genre, il est désormais largement au niveau des productions les plus ambitieuses de France, Allemagne ou Italie. Nouvelle preuve avec « Que Dios nos perdone » de Rodrigo Sorogoyen, thriller se déroulant dans Madrid écrasé de chaleur et en tension perpétuelle avec la tenue des Journées mondiales de la jeunesse en présence du pape, des contre-manifestations de plus en plus violente et l’émergence du mouvement des Indignés.

■ Meurtres et viols
Dans cette ville sur les nerfs, Alfaro (Roberto Alama), flic à l’ancienne, ami avec les prostituées, sanguin, dragueur et parfois à la limite de la légalité, vient de purger une suspension pour s’être battu avec un collègue moqueur. Il fait équipe avec Velarde (Antonio de la Torre), son total opposé. Bègue, célibataire et solitaire, il voit le mal partout. Quand une vieille femme est retrouvée morte chez elle, la police locale conclu au cambriolage qui a mal tournée. Mais Velarde ose regarder sous les jupes de la personne âgée et prouve qu’elle a été violée. Un second cas découvert dans la foulée, il se met sur la piste de ce qu’il considère comme un tueur en série. Initiative peu goûtée par sa hiérarchie qui préfère étouffer l’affaire : le pape est en visite officielle.


Le film, en trois parties, montre au début les deux policiers en action. On apprécie ce duo, plein de contradictions mais qui se soutient et se comprend. Ensuite le spectateurs se retrouve du côté du tueur. L’angoisse monte d’un cran. La scène finale, dantesque, tragique, tranche avec le reste du film mais prouve que le jeune réalissateur espagnol sait manier les genres, les ambiances et la caméra à la perfection.
Peut-être le thriller de l’été tant on transpire avec les héros dans cette ville en pleine effervescence.
➤ Thriller de Rodrigo Sorogoyen (Espagne, 2 h 06) avec Antonio de la Torre, Roberto Álamo, Javier Pereira.

02/08/2017

Cinéma : Une ultime utopie simiesque

 
Qui de l’homme ou le singe est le plus humain ? Cette question est le fil rouge de la trilogie débutée en 2011 par « La Planète des singes : Les Origines ». Matt Reeves signe le troisième et dernier chapitre de cette saga inspirée par le roman de Pierre Boulle et qui n’a plus rien à voir avec les premiers films avec Charlton Heston. Les effets spéciaux modernes permettent de transformer les acteurs en singes dotés d’une expression faciale sidérante. Le héros, César, est un chimpanzé doté de la parole mais on reconnaît parfaitement le jeu d’Andy Serkis, derrière la palette graphique des maîtres des effets spéciaux. César s’est retiré avec sa tribu dans une forêt montagneuse. Ils sont obligés de se cacher car le Colonel (Woody Harrelson), est déterminé à exterminer jusqu’au dernier singe de sa planète en ruines. Un militaire intransigeant, devenu totalement fou depuis la perte de son fils. A la tête d’une petite armée, il attaque le camp de César, capture femmes et enfants, tue le fils du chef des singes et se retranche dans une ancienne base transformée en prison et camp de travail. César, comme son pire ennemi, va se lancer dans une vengeance sans pitié.
 
■ Vivre ensemble
Le film de Matt Reeves aurait pu se résumer à une démonstration de qui est le plus fort dans sa détermination à rendre coup pour coup. Mais le scénario est beaucoup plus subtil qu’un banal film de guerre (même si le fan a son lot de batailles, attaques et explosions de toutes sortes). En chemin, César tombe sur un humain retiré dans une petite cabane. Menaçant, il est abattu. Le petit groupe découvre alors une fillette, Nova (Amiah Miller), muette et à ce titre rejetée par les humains. Effet miroir. Les singes qui parlent sont ostracisés comme les humains privés de paroles. Comme la naissance d’une nouvelle Humanité, faisant fi des différences, des handicaps se transformant en atout pour ceux qui savent vivre ensemble. Le titre de ce troisième volet, Suprématie », est trompeur. On imagine forcément qu’un des deux groupes prend le dessus sur l’autre. Mais dans le film, comme parfois dans les élections, c’est une troisième voie qui l’emporte et permet des lendemains plus paisibles et moins guerriers. 
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Face à face tendu entre Serkis et Harrelson
 
Magie des nouvelles technologies, le troisième volet des aventures de la planète des singes plonge les spectateurs dans un monde imaginaire criant de vérité. Les primates digitalisés sont l’œuvre du studio néo-zélandais Weta Digital, fondé par le réalisateur Peter Jackson, dont le travail dans la trilogie « Le Seigneur des Anneaux » a marqué une évolution majeure dans le monde des effets spéciaux. Filmé au Canada dans les paysages sombres et enneigés de l’Alberta et de la Colombie Britannique, le réalisateur Matt Reeves a lâché des singes à l’évolution fulgurante dans un monde divisé, bouillonnant de rage. Le film est porté par Andy Serkis dans le rôle qu’il retrouve du majestueux César, pour lequel il s’est attiré encore plus de louanges que pour ses autres personnages numériques, comme Gollum dans « Le Seigneur des Anneaux » et « King Kong » (2005). Comme dans les films précédents de la série, Andy Serkis portait une combinaison grise et un dispositif de reconnaissance faciale capturant les moindres nuances des mouvements, gestes et émotions de César. Un groupe de soldats dirigé par un colonel incarné par Woody Harrelson  lance une attaque décisive pour détruire les singes une fois pour toutes. Un personnage de méchant comme l’acteur américain à la large palette aime les interpréter. Un militaire au final plus complexe que l’image du début.

01/08/2017

Livres de poches : grands espaces et voyages merveilleux


Lorsque Katie apprend la mort de sa sœur cadette, elle ne peut croire à la thèse du suicide. Mia, vingtquatre ans, joyeuse et insouciante, venait d’entamer un voyage autour du monde avec son ami d’enfance. Comment a-telle pu se jeter du haut d’une falaise ? Et que faisait-elle seule à Bali ? Pour comprendre, Katie décide de partir sur ses traces, avec le carnet de voyage de Mia comme seul guide. Superbe portrait d’une femme et d’une famille par Lucy Clarke.
➤ « Les sœurs de l’océan », Pocket, 7,80 €


Dans ce temps de la fin du règne de Louis XV où le plaisir de vivre est une religion, Jeanne, belle, vive, audacieuse autant que timide, sait croquer ses bonheurs. Curieuse et intelligente, elle a attiré l’attention du médecin et botaniste Philibert Aubriot, qui lui a transmis sa passion des plantes. À la fois éducation sentimentale, roman historique, d’amour, d’aventures et de mœurs, l’œuvre de Fanny Deschamps, écrite dans une langue superbe, est peuplée de personnages vivants, sensuels et spirituels.
➤ « La Bougainvillée » (tomes 1 et 2), Le Livre de Poche, 9,90 € et 10,10 €


Simon Le Floch, Jeune capitaine de vingt-sept ans, après l’attaque de son bateau par des pirates, est mourant à Nantes. Un mystérieux personnage, François Malthus de Retz, va le guérir à l’aide d’un onguent : c’est de la myrrhe de l’ancien royaume de Saba. Mais, Retz cache que pour avoir ce remède il a tué et volé. Il lui demande de l’accompagner en Arabie heureuse (l’actuel Yemen). Une évocation de l’Orient mystérieux et envoûtant signé Jean-Michel Riou.
➤ « L’homme qui brûlait d’être Dieu », J’ai Lu, 8,40 €

31/07/2017

Livres de poche : l’imagination de Brussolo ensoleille votre été

 
 
Serge Brussolo écrit beaucoup. Et il n’a jamais renié ses débuts dans le livre de poche. Au contraire, il poursuit à proposer des romans in- édits à petit prix. Et cette année il a en a même sorti deux, dans deux styles différents. Dans « Cheval rouge » aux éditions du Masque, Rex Heller est célèbre pour avoir incarné dans sa jeunesse Rodeoman, un cow-boy justicier nanti de super pouvoirs, héros de la série télévisée à succès Cheval rouge. Hélas, gravement blessé au cours d’un rodéo, il a perdu l’usage de ses jambes et s’est vu contraint d’arrêter sa carrière d’acteur. Des décennies plus tard, Heller, devenu milliardaire, est à la tête d’un parc à thème, Rodeoman city, glorifiant l’Ouest sauvage des pionniers. Dans cette sorte d’enclave mégalomaniaque hors du temps, il se comporte en tyran.
➤ « Cheval Rouge », Editions du Masque, 8 €
 
 
 
Autre style dans « Les geôliers » paru en février dernier chez Folio SF. Il y a quinze ans, Debbie Fevertown s’échappait de Dipton après avoir tué sans pitié son mari et ses deux fils. Aujourd’hui, Jillian Caine est engagée par le réalisateur Dieter Jürgen pour écrire le scénario d’un biopic retraçant la vie de la meurtrière. Jill rencontre des gens qui ont connu Debbie et ont partagé son quotidien, se rend sur les lieux du crime et découvre que la réalité n’est peut-être pas celle que les médias ont décrite à l’époque. Quels mystères recèle l’étrange ville de Dipton ? Que cache ce culte insolite dédié aux arbres ? Et qui sont ces mystérieux gardiens que l’on nomme - à voix basse - les Geôliers ? Serge Brussolo renoue avec le thriller fantastique et nous offre un roman sous haute tension qui se lit d’une traite.
➤ « Les geôliers », Folio SF, 8,20 €
 

30/07/2017

Thriller : Une mère « Épiée » par un mauvais ange

 
 
Elle est seule mais avec le sentiment inquiétant d’être épiée en permanence. Marnie, le personnage principal de ce thriller de Michael Robotham, n’a pas la vie facile. Mère d’une adolescente un peu rebelle, Zoe, et d’un petit garçon de quatre ans, Elijah, passant beaucoup de temps dans un placard à discuter avec Malcolm, son « ami imaginaire », elle est au bout du rouleau. Il y a un an, Daniel, son mari, journaliste, a disparu du jour au lendemain.
L’administration ne peut pas le considérer comme mort puisqu’aucun corps n’a été retrouvé. Par contre ses créanciers eux n’ont aucun doute et se retournent vers Marnie pour se faire rembourser. Des créanciers pas du tout accommodants car flirtant avec la pègre : Daniel, joueur compulsif, a cumulé une dette de 30 000 livres.
Pour tenter de reprendre pied, Marnie suit une thérapie avec Jo O’Loughlin, le psychologue héros récurrent des romans de Michael Robotham. Acculée, elle accepte finalement de rembourser « en nature » les prêteurs. Pour la quatrième fois, au début du roman, elle va officier comme « escorte » dans un hôtel de la capitale britannique. Un crève-cœur pour cette jolie jeune femme mais la pression est trop forte et l’homme de main, Quinn, particulièrement violent. Le roman prend un tour différent quand le fameux Quinn est découvert assassiné dans la Tamise, la gorge tranchée par un couteau. De cuisine selon les experts. Marnie est interrogée par la police. Mais aussi par les truands persuadés qu’elle cherche à se rebeller.
 
■ Jo le sauveur
Perdue, elle décide de se confier à Jo qui, touché par ses accents de vérité, met son copain Ruiz, ancien flic, sur le coup. Mais après Quinn, c’est le concierge de l’immeuble de Marnie qui est retrouvé mort. Lui aussi s’en était pris peu auparavant à la locataire. Tout le début du roman se compose comme une interrogation lancinante : Marnie est-elle capable d’avoir une double personnalité ? Est-elle victime ou coupable ? A moins qu’elle ne soit protégée par un ange gardien impitoyable.
Le roman se lit d’une traite, égrenant ses révélations au compte-gouttes, revenant sur le passé de Marnie, les précédents drames jusqu’à la révélation finale qui laissera pantois même les plus imaginatifs des amateurs de polars.  
➤ « Épiée » de Michael Robotham, Lattès, 22 €
 

Nouvelles d’ici et d’ailleurs

Pascal Graff a enseigné aux quatre coins du monde. Dans des petits paradis comme Saint-Martin aux Antilles, ou dans des endroits moins bien lotis comme Mayotte. Il a également séjourné en Andorre. Un citoyen du monde, écrivain de toujours, partageur avec ces histoires vécues ou imaginées. « La présentation du roi » est son second recueil de nouvelles. On sera plus particulièrement sensible à cette balade autour du lac de Matemale. L’auteur y croise une famille à deux vitesses. Mais cela n’empêche pas l’amour. Plein de fraîcheur aussi le récit du périple d’une classe d’Andorrans à Paris. Pascal Graff, professeur d’histoire-géographie les encadre et se laisse entraîner par leur enthousiasme et émerveillement face aux étrangetés de la ville-lumière. Simple et émouvant.
➤ « La présentation au roi », Les presses littéraires, 12 €
 

29/07/2017

BD : Retour sur la débâcle française dans "Une génération française"

 


Alors que le film « Dunkerque » de Christopher Nolan vient de sortir sur les écrans, le second tome de la série historique « Une génération française » se passe aussi en partie lors de l’opération Dynamo. Le premier tome racontait la jeunesse dorée puis la déroute de Martin Favre, un jeune artilleur. Il est sauvé du peloton d’exécution par un tankiste français, Tanguy Brettin d’Arçonet. Ce fils de militaire refuse de rendre les armes. Il est volontaire pour retarder la progression des Allemands en route pour Dunkerque. Avec quelques soldats déterminés, il tient un pont et stoppe les hordes nazis quelques heures, juste ce qu’il faut pour que l’évacuation des soldats britanniques et français soit un succès. Pour raconter ces trois destins de jeunes Français face à la guerre, Thierry Gloris, le scénariste, a choisi trois dessinateurs différents. Eduardo Ocana pour l’artilleur Martin, Manuel Garcia pour Tanguy qui vient de paraître et Ana-Luiza Koehler pour la jeune sœur de Martin, Zoé, titre en librairie le 23 août prochain.
➤ « Une génération française » (tome 2), Soleil Quadrants, 14,50 € 

28/07/2017

BD : 1966, année hallucinante

 


Jack Cool est détective privé. Un vieux de la vieille, avec santiags sur le bureau, clope au bec et rouflaquettes car ses aventures se déroulent en 1966. Quand le gendre du directeur des usines Cadillac à Detroit disparaît, Jack est réquisitionné pour retrouver le fugueur. Traumatisé par la guerre du Vietnam, le jeune homme a rejoint la Californie pour se faire « désenvoûter » par le gourou de l’église de Satan. Devenu clochard, il termine sa vie errante dans la communauté des Merry Pranksters. Rebaptisé Jésus-Gris (à cause de la crasse), il passe par une première phase d’initiation en ingurgitant quelques pilules de LSD, une drogue pas encore illégale, qui lui permet de voir la vie d’une façon beaucoup plus positive. Là, il mettra à profit ses connaissances en mécanique pour retaper le bus scolaire aux couleurs criardes nécessaire pour continuer le « Magic Trip » à travers les USA. Cette nouvelle série, écrite par Jack Manini, plonge le lecteur au cœur des années hippies de cette Amérique coincée entre une guerre meurtrière, les revendications des minorités noires et une jeunesse désabusée, avide de plaisirs faciles et de paradis artificiels. L’arrivée de Jack Cool dans l’entourage de Jésus-Gris va bouleverser l’ordre des choses. Un premier tome dessiné par Olivier Mangin qui a déjà signé « La guerre des amants », déjà avec Manini, chez Glénat.
➤ « Jack Cool, 1966 », Bamboo Grand Angle, 13,90 €

27/07/2017

DVD et blu-ray : « Grave », le film qui pourrait vous convertir au véganisme

 


Qui, dans sa vie, n’a pas sucé son doigt légèrement coupé. Un réflexe inconscient. Dans « Grave », film de Julia Ducournau, le personnage principal, Justine (Garance Marillier) aussi suce un doigt d’où une goutte de sang perle. La suite est moins commune. Au point que jamais plus vous ne sucerez votre doigt sans vous remémorer cette scène. Celle-là et d’autres. Car « Grave », présenté au dernier festival de Cannes dans le cadre de la semaine de la critique, fait parti de ces rares long-métrages qui marquent durablement les spectateurs. Culte avant même sa sortie en salles. Car à Cannes, quelques privilégiés ont eu la bonne (ou mauvaise idée) de ne pas supporter le côté crescendo de l’histoire. Pourtant tout commence calmement. Les parents de Justine la conduisent à l’Ecole vétérinaire pour son entrée en première année. 
Accueillie par sa sœur qui l’a pré- cédé d’une année, elle n’échappe pas au bizutage. Violent. Jet de sang frais d’animaux, sortie nocturne en petite culotte et surtout ingestion d’un rein de lapin, cru. Or Justine est végétarienne. Depuis toujours. Comme sa sœur. Normalement. Mais en une année les choses changent. Après avoir fait une allergie, elle prend goût à ce nouveau met qu’est la viande. Surtout le côté cru. Mais entre aimer et adorer, il y a une nuance. 
Le film, souvent glaçant, est d’une froideur abyssale. On suit pas à pas la dérive de Justine vers ses mauvais penchants, une malédiction familiale impossible à conjurer. Un grand film d’horreur dont on a toutes les clés grâce au long entretien avec la réalisatrice proposé en bonus.
➤ « Grave », Wild Side Vidéo, 19,99 € le DVD, 24,99 € 

26/07/2017

Avec Valérian, la SF entrait dans les pages du journal Pilote



1967. Pilote, le journal de bande dessinée créé par Goscinny, Uderzo et Charlier, se cherche encore un peu. Le formidable succès d’Astérix donne l’opportunité à Goscinny, par ailleurs rédacteur en chef, de s’intéresser à d’autres styles. Pourquoi pas la science-fiction ? Pour occuper ce créneau il fait confiance à un jeune duo encore inexpérimenté et à peine rentré d’un long périple aux USA. Pierre Christin imagine Valérian, agent spatio-temporel. Mézières dessine ses aventures et le flanque d’une présence féminine impertinente pour la BD de l’époque, Laureline. Quelques albums plus tard, Valérian est devenue une référence pour toute une génération de dessinateurs et même de cinéaste car avant Luc Besson, Georges Lucas a «emprunté» quelques trouvailles au duo Christin-Mézières. La sortie du film permet aux éditions Dargaud de ressortir la vingtaine de titres de la série qui constitue désormais un classique. On apprécie également la sorti d’un numéro exceptionnel du défunt Pilote consacré à Valérian. Longues interviews des créateurs et surtout quantité d’histoires courtes signées des «grands» de la BD d’aujourd’hui, de Blutch à Larcenet en passant par Juillard, Pétillon et Bajaram. Sans oublier la sortie, le 22 septembre prochain, de «Shingouzlooz Inc», une aventure de Valérian vu par Wilfrid Lupano (Les vieux fourneaux) et Mathieu Lauffray (Long John Silver). 




Luc Besson : « Il faut avoir une rigueur absolue sur le récit»


Trois semaines avant la sortie du film sur les écrans, Luc Besson a reçu dans ses locaux de la Cité du cinéma quelques journalistes de la presse quotidienne régionale et expliqué ses choix et sa méthode de travail.
Sur l’élaboration du scénario : «Tout vient de l’histoire. Il n’y a pas un alien qui ne sert à rien. Jamais. Il faut avoir une rigueur absolue sur le ré- cit, sur chaque phrase. Chaque petite scène donne une information. C’est de l’horlogerie en terme de scénario et puis on fabrique les pièces. Le film se passe en 24 heures, mais s’est dilué sur sept ans. Donc tous les fils très minces pour la cohérence, la continuité émotionnelle, le rythme, l’évolution du personnage dans son arc, avec tous ces truc là on a mille fois l’occasion de casser le film. C’est ça le cauchemar du metteur en scène, cette responsabilité qu’il a tout le temps de gérer cette cohé- rence qui fait que quand on voit le film on a l’impression que c’est normal.»
La fidélité à la bande dessinée : « Avec les 29 albums on arrive à bien s’imprégner de l’univers. Après comme je m’entends très bien avec Christin et Mézières je les ai fait beaucoup parler pour essayer de cerner l’âme. Mais très vite Christin m’a dit que je devais sortir des bulles et des cases, «on a plus envie que tu nous surprenne que tu nous respecte». C’est lui qui m’a libéré. Ils ne sont pas intervenus directement sur le scénario mais Mézières venait voir les dessins au fur et à mesure et Christin m’a parfois guidé sur les personnages.»
Son rôle sur le plateau de tournage : « On me pose en moyenne une question toutes les dix secondes. On vous demande une extrème sensibilité et en même temps, vous êtes obligé d’être un gé- néral d’armée. Il y a 2000 personnes et quand vous dite «barre à gauche !», tout le monde doit partir à gauche. Le vrai secret, c’est de bien préparer. Ensuite comme tout le monde a compris que le film était plus grand qu’eux, les gens arrivaient le matin avec la patate et l’envie d’être à la hauteur. On s’est tellement préparé qu’on a terminé avec trois jours d’avance...»
Une suite serait en projet : «Si ça marche, oui. Mais d’abord je prendrai quelques jours de vacances en Grèce. Mais pas tout de suite. Avant je vais dans 17 pays faire la promotion du film...» 

Cinéma : Valérian dans l’ombre de Laureline

VALÉRIAN. Le héros de BD imaginé par Christin et Mézières s’anime face à la caméra de Luc Besson.


Allez voir « Valérian et la Cité des mille planètes », vous ne serez pas déçu. Film français mais formaté pour conquérir le monde, il y a tout ce qui a fait le succès des films de SF de ces dernières années : une bonne histoire, des héros décalés, des monstres et aliens en pagaille, une bonne dose de batailles spatiales, des effets spéciaux époustouflants et un message politique sous-jacent très pertinent. Luc Besson y a mis pas mal de sa fortune, mais surtout tout son cœur et une bonne partie de ses rêves de gosses. Les millions sont bien visibles à l’écran, mais Valérian ne serait pas grandchose sans ce plaisir évident pris par le metteur en scène d’animer les héros de son adolescence, de leur créer des mondes numériques sur mesure et des scènes où l’action le dispute à l’humour. Au début, Valérian (Dane Dehann) farniente sur une plage déserte. Mais l’illusion est vite effacée. Avec sa co- équipière Laureline (Cara Delevingne), il doit se rendre d’urgence sur la planète Kirian infiltrer le Big Market et y récupérer le dernier représentant d’une espèce animale étonnante, le transmuteur. Une longue séquence bourrée d’effets spéciaux. Big Market est le souk du futur. Tout y est virtuel. Ou plus exactement dans une autre dimension, gérée par les propriétaires des commerces.
■ Chabat et Rihanna


Passer de la réalité au marché est très compliqué. Encore plus quand on a l’intention d’y voler quelque chose. La mission se termine par un décollage en urgence à bord du vaisseau de Valérian, scène se terminant par un gag digne des meilleurs Tex Avery. Une sacrée mise en bouche pour ensuite entrer dans le cœur de l’intrigue. Le transmuteur est convoité par un peuple jadis décimé par une guerre dont ils n’ont été que la victime collatérale. Cachés au cœur de la Cité des mille planètes, cette station spatiale immense voguant dans l’espace, ils ont besoin de l’animal pour fabriquer de l’énergie.
Valérian et Laureline, comme souvent dans les BD, sont obligés de désobéir à leurs supérieurs pour choisir le bon côté. Laureline dans ce cadre s’affirme comme la conscience du duo. La tête aussi, Valérian jouant plus le rigolo de service. Un long chemin vers la vérité au cours duquel ils rencontrent un étonnant pirate (interprété par Alain Chabat méconnaissable et visiblement ravi de faire partie de l’aventure) et une créature métamorphe. Bubble qui peut prendre l’apparence qu’elle veut. Du monstre à la carapace rugueuse à la chanteuse langoureuse sous les traits de Rihanna qui a là plus qu’un petit rôle comme annoncé au début. Plus de deux heures de grand spectacle, sans temps mort, avec un final qui en met encore plus dans la vue que les scènes d’ouvertures, déjà impressionnantes.
On ne peut que se féliciter que le cinéma français puisse produire un film de cette ampleur. Il marque sans doute un changement dans le statut de Luc Besson et de sa société Europa. Pour ceux qui en doutaient encore, il se place au niveau des Lucas, Cameron ou Ridley Scott. Un formidable raconteur d’histoires, capables de faire rêver plusieurs générations et ayant suffisamment de plaisir à faire ce métier qu’il envisage de se lancer dès que possible, si le succès est au rendez-vous, dans une suite aux aventures des agents patio-temporel les plus célèbres de la bande dessinée.

25/07/2017

BD : La fin des malheurs de Sophie

 


Créée par Jidéhem, Sophie est une fillette qui a promené ses jupes et robes dans les pages du journal de Spirou dès 1969. Le cinquième et dernier tome de l’intégralité de ses aventures se consacre aux années 1977 à 1994. 275 pages de BD précédées d’une présentation de la fin de carrière de Jidéhem, par ailleurs aide de Franquin sur Gaston et créateur du détective Ginger. La fillette va grandir pour ses trois dernières grandes aventures, plus mouvementées. Le dessin s’aère, se rapproche encore plus de la ligne claire. Mais ce sont les ultimes productions de Jidéhem, forcé à prendre sa retraite et qui est décédé en mai dernier. Un dernier hommage à un grand de la BD belge.
➤ « Sophie » (intégrale 5), Dupuis, 32 € 

09:30 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sophie, jidéhem, spirou, ginger, dupuis

24/07/2017

BD : Chasse au Cerbère américain

 


Amazonie au milieu du XVIIe siècle. Des explorateurs découvrent une bête fabuleuse. Sanguinaire et puissante. Dressée, elle pourrait devenir une arme redoutable pour les puissances occidentales. Justement la guerre fait rage entre les Pays-Bas et l’Angleterre. En jeu le commerce maritime mondial. Quelques soldats et mercenaires à la solde des Britanniques s’’embarquent vers la Nouvelle-Espagne pour capturer l’animal légendaire, cerbère des dignitaires aztèques. Dans cette série historico-fantastique, on suit le parcours du jeune Jonas, tombé amoureux au cours de la traversée de Mara, belle Indienne qui revient sur ses terres en compagnie de son mari, le redoutable Espagnol Rodrigo Toledano. Le scénario de Munoz laisse toute latitude à Tirso pour développer son talent dans des planches dynamiques et très enlevées.
➤ « Les traqueurs » (tome 1), Glénat, 14,50 €

BD : Chasse au Cerbère américain

 


Amazonie au milieu du XVIIe siècle. Des explorateurs découvrent une bête fabuleuse. Sanguinaire et puissante. Dressée, elle pourrait devenir une arme redoutable pour les puissances occidentales. Justement la guerre fait rage entre les Pays-Bas et l’Angleterre. En jeu le commerce maritime mondial. Quelques soldats et mercenaires à la solde des Britanniques s’’embarquent vers la Nouvelle-Espagne pour capturer l’animal légendaire, cerbère des dignitaires aztèques. Dans cette série historico-fantastique, on suit le parcours du jeune Jonas, tombé amoureux au cours de la traversée de Mara, belle Indienne qui revient sur ses terres en compagnie de son mari, le redoutable Espagnol Rodrigo Toledano. Le scénario de Munoz laisse toute latitude à Tirso pour développer son talent dans des planches dynamiques et très enlevées.
➤ « Les traqueurs » (tome 1), Glénat, 14,50 €