19/07/2017

DVD : Comment être belle malgré la maladie

 


Florence Foresti tente depuis quelques années de se défaire de son image de comique fofolle et excessive. Tentée par le théâtre et le cinéma, elle parvient parfois à décrocher des rôles plus ambitieux.
Comme dans « De plus belle », premier film d’Anne-Gaëlle Daval spécialement écrit pour la comique. Un personnage complexe, meurtri dans son corps et ses convictions personnelles. A un peu plus de 40 ans, Lucie a frôlé la mort. un cancer du sein détecté heureusement assez tôt. Chimio, rayons... Le protocole mis en place par son chirurgien, par ailleurs petit frère (Jonathan Cohen), a porté ses fruits. Elle est en rémission et la scène d’ouverture montre tous ses amis fêter son retour à la vie dans une boîte de nuit.
Tout le monde fait la fête, danse, boit... Sauf Lucie. Comme si elle sentait que tout cela n’est qu’écume en surface d’une vie sans but ni amour. Et ce ne sont pas les gros sabots de Clovis (Mathieu Kassovitz), dragueur impénitent, qui vont la faire changer d’avis. Lucie en plus d’être devenue un peu hypocondriaque, doit subir les foudres de sa mère (Josée Drevon), peau de vache qui ne cache jamais sa préférence pour son fils.
De tous les personnages secondaires, c’est elle qui crève l’écran. La prestation de Florence Foresti, à côté des autres actrices (Nicole Garcia et Olivia Bonamy) semble un peu en deçà. Pourtant elle porte sur ses épaules tout le film, ses cours de « strip-tease thérapeutique » donnant une couleur très cabaret à cette comédie un peu trop léchée pour être émouvante.
Dans les bonus, la réalisatrice, qui a débuté comme costumière dans la série Kaamelott d’Alexandre Astier, raconte sa relation avec sa comédienne principale, quelques images du tournage montrant Florence Foresti comme on la connaît : souriante, virevoltante et provocatrice.  
➤ « De plus belle », Studiocanal, 19,99 € le DVD


18/07/2017

Livres de poche : laissez-vous tenter par un tour en Afrique


Dans une contrée africaine sans nom, la guerre civile fait rage. Agu essaie de fuir son village mais la violence le rattrape. Il est enrolé comme enfant-soldat. Le commandant ordonne. Agu exécute. Il frappe, tue pille. Pour ne pas mourir, le jeune garçon devient bête féroce. Premier roman du Nigérian Uzidinma Iweala, « Bêtes sans patrie » bénéficie d’une traduction d’Alain Mabanckou.
➤ « Bêtes sans patrie », Points, 6,50 €

Ikenna, Boja, Obembe et Benjamin ont désobéi aux ordres paternels. Les quatre frères sont allés pêcher dans les eaux du fleuve interdit, l’Omi-Ala. Ils savourent cette pêche clandestine, jusqu’au jour où le fou Abulu les maudit : Ikenna, l’aîné, mourra de la main d’un de ses frères. Peu à peu, le poison de la terrible prophétie infiltre les esprits… Né en 1986 au Nigeria, Chigozie Obioma enseigne la littérature aux États-Unis. Son premier roman, Les Pêcheurs a connu un immense succès public et critique.
➤ « Les pêcheurs », Points, 7,60 €

Née en Ecosse, la mère d’Alexandra Fuller, mieux connue sous le nom de « Nicola Fuller d’Afrique centrale », a grandi au Kenya dans les années 50 avant d’épouser un Anglais fringant. Ils s’installent dans leur propre ferme, d’abord au Kenya puis en Rhodésie où l’auteur, Bobo, et sa sœur ont grandi, avant d’atterrir en Zambie. Le parcours de la famille Fuller, déterminée à rester en Afrique malgré la guerre civile, est fait de survie, de folie, de loyauté et de pardon.
➤ « L’arbre de l’oubli », Le Livre de Poche, 7,30 €

17/07/2017

Livre : Enquête au Gévaudan sur « La Dévoreuse »

 


Durant des siècles elle a terrorisé les locaux et suscité commentaires et spéculations partout ailleurs en France. La bête du Gévaudan, rebaptisée « La Dévoreuse » par Pierric Guittaut permet à cet auteur de polars ruraux de fournir quelques explications en fonction de ses recherches historiques mais aussi de ses connaissances en armes à feu. Car en plus de manier la plume avec brio, Pierric Guittaut s’adonne à la chasse et au tir à poudre noire. Il a passé dix ans à écumer toutes les archives de cette région du Haut-Languedoc. Collecte suffisamment fructueuse pour qu’il pense pouvoir enfin « livrer les clefs pour comprendre cette énigme qui n’en était pas une...»

■ Chairs déchirées
Tout débute en juin 1764 par la mort de Jeanne Boulet. Elle est découverte « gisante, la chemise déchirée et ensanglantée. » De toute évidence « des traces de crocs, de griffes ont déchiré ses chairs ». Quelques victimes de plus et les autorités décident de lancer des battues. En vain. Les dragons du roi sont sollicités, mais là encore la bête échappe aux mailles du filet, poursuivant son chemin sanglant dans toute la Margeride. L’auteur nous apprend même que l’affaire, franchissant les frontières hexagonales, a été utilisée par un journal anglais pour se moquer de l’armée française. Dans un article se voulant humoristique, le London Chronicle raconte que toute l’armée française s’attaque à la Bête, mais que cette dernière ne fait qu’une bouchée des milliers de soldats. Le lendemain, toujours affamée, elle mange un chaton. La mère « enragea si bien qu’elle lui sauta dessus et la tua sur le champ. La chatte doit faire une entrée triomphale à Paris pour y être faite pairesse du royaume. » Certains en rient, d’autres enragent de ne pouvoir tuer cet animal.
Le 19 juin 1767, trois ans après son apparition, « La Dévoreuse » est abattue par un certain Jean Chastel. Pierric Guittaut raconte ces chasses avec un savoir-faire indéniable, romançant l’Histoire mais sans la dénaturer. La suite du livre détaille les races possibles de la bête, en fonction des descriptions et de l’autopsie de l’animal, des tests de tir réalisés par l’auteur et le rappel d’autres affaires de bêtes dans divers coins de France et de Navarre.
Savante et distrayante, « La Dévoreuse » est sans doute la meilleure étude sur ce phénomène de société qui est encore dans toutes les mémoires.
➤ « La Dévoreuse » de Pierric Guittaut, éditions de Borée, 21,50 € 

16/07/2017

BD : Un tournant pour Spider-Man

 


Portés par le succès des films aux effets spéciaux de plus en plus gigantesques, les comics américains ont connu un réel développement en France. Avant la vague, il y a 20 ans, Panini Comics a lancé nombre de magazines puis a décliné les séries dans de beaux albums, aux couvertures cartonnées, reprenant de 6 à 8 épisodes pour obtenir des titres compacts, bien imprimés et au goût des amateurs français du genre. Pour célébrer ses 20 ans, la maison d’édition ressort en 2017 douze titres emblématiques avec une couverture dessinée par une gloire française de la BD. Ce Spider-Man de Straczynski et Quesada par exemple bénéficie d’une interprétation par Bastien Vivès. Sollicités également Boulet, Trondheim, Sfar ou Barbucci. Et le denier titre sur les Avengers, en octobre, bénéficiera de quatre couvertures signées Vatine, Bajram, Mourier et Tarquin. Impossible de faire mieux...
➤ «Spider-Man, un jour de plus », Panini Comics, 16 € 

15/07/2017

BD : Les survivants rentrent à bon port

 

Fin de galère pour les survivants du vaisseau spatial échoué sur une planète inconnue et dangereuse, où des anomalies quantiques leur font faire des bonds dans le futur. Après quatre tomes bourrés de péripéties et de rencontres avec des races extraterrestres toutes plus étonnantes les unes que les autres, la grande spécialité de Léo le scénariste et dessinateur des Mondes d’Aldébaran, ils voient enfin le bout du tunnel avec l’arrivée de Sven, le compagnon de Kim Keller. Il explique le rôle de la mantrisse de cette planète et les ramène à Aldebaran. Là, après un temps pour réapprendre à vivre sans avoir peur au quotidien, Manon, le personnage clé de « Survivants », devrait rencontrer Kim. Mais ce sera pour le prochain cycle. Peut-être le dernier pour l’auteur brésilien âgé de 73 ans.
➤ « Survivants » (tome 5/5), Dargaud, 11,99 €

09:50 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : léo, aldebaran, survivants, dargaud

14/07/2017

BD : Angoisse entre terre et mer

 


Olivier Mégaton fait partie de ces réalisateurs français qui n’ont pas peur de faire dans le cinéma de genre. Il a réalisé Taken 2 et 3 et signe le scénario d’une BD qui pourrait tout à fait faire une série B horrifique comme il en sort tant sur le marché de la vidéo. Scénario écrit en collaboration avec Sylvain Ricard maîtrisant parfaitement la narration de la BD et dont le dessin a été confié à l’Italien Genzianella qui a déjà à son actif les cinq tomes de Bunker scénarisés par Bec. On retrouve d’ailleurs beaucoup des univers du scénariste aveyronnais dans ce « Ni terre ni mer ». Une bande de jeunes adultes, deux garçons et trois filles, part en mer sur un voilier. Pris dans une tempête, le frêle esquif s’échoue sur le rivage escarpé d’une île isolée dominée par un phare. Deux hommes vivent dans ce bâtiment loin de tout. Rapidement, les naufragés vont paniquer car leurs « sauveteurs » ne sont pas très accueillants. Quand un premier rescapé est retrouvé assassiné, l’angoisse monte d’un cran. Et les secrets viennent encore compliquer l’entente des rescapés. Car ce naufrage n’est pas dû au hasard. Il y a deux ans, ils avaient aussi fait une croisière. Mais au départ ils étaient six. Chapeau au dessinateur qui parvient à insuffler beaucoup de suspense psychologique malgré l’économie de décors.
➤ « Ni terre ni mer » (tome 1/2), Dupuis, 14,50 €

13/07/2017

De choses et d'autres : Smartphone, alibi téléphoné


« Putain, il est chiant lui ! » La phrase est entre guillemets car elle n’est pas de moi mais du président de l’Assemblée nationale. Mardi depuis son perchoir, François de Rugy, après avoir passé la parole à un député a prononcé, très doucement mais suffisamment fort pour que les micros l’enregistrent, cette sentence peu sympa pour un député communiste. Tollé immédiat sur les réseaux sociaux, la nouvelle chambre de résonance des us et coutumes de la République. Pour se sortir de cette situation compliquée, l’ancien député vert, passé par la gauche tendance socialisme sauce hollandaise pour finalement devenir un ponte de la Macronie a osé sortir l’alibi du smartphone. Certes il a bien prononcé la phrase, mais pas du tout au sujet du député mais de la personne (on ne saura pas son identité...) qui venait de lui envoyer un texto. Jamais au grand jamais il se permettrait d’insulter un élu du peuple... Explication alambiquée qui n’a persuadé personne mais qui permet de clore l’incident, le député mis en cause cautionnant la version du président.
Cet exemple de langue de bois absolue est à l’opposé des tweets et messages sur les réseaux sociaux de la députée « En Marche » de la 3e circonscription de l’Aude. Mireille Robert a acquis une belle célébrité en quelques jours après avoir décidé de commenter les coulisses, en toute franchise, de sa mission de députée. Dans une petite vidéo postée sur son profil Facebook, elle raconte les « interdits » à l’Assemblée nationale comme de boire ou de manger dans l’hémicycle et, plus étonnant, « on ne doit jamais tourner le dos au président de l’Assemblée ». Pourquoi ? Peut-être pour éviter qu’il se mette à vous insulter en sourdine... 

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 13 juillet 2017

DVD et blu-ray : Plusieurs invités surprise au « Dîner des vampires »

 

Les Anglais maîtrisent à merveille le contre-pied cinématographique. Quand ils se lancent dans un film de genre, de vampires en l’occurrence, ils ne peuvent s’empêcher de détourner le propos pour le transformer en une vaste rigolade épinglant, au choix, l’isolationnisme de la Grande-Bretagne, son rapport avec l’armée et même comment il est bon d’accueillir les migrants. Une ribambelle de sujets tous plus sérieux les uns que les autres, abordés dans ce film de vampires, par ailleurs désopilant, car ce n’est pas parce qu’on saigne à tout va que l’on doit se priver de rigoler un peu avant avec la nourriture.
« Le dîner des vampires » («Eat local » dans sa version originale) débute comme un reportage sur la situation de l’Angleterre en plein débat sur le Brexit. Cinq personnes, assises autour d’une table, discutent sur des « quotas » à respecter, des «migrants » à accueillir et de la possibilité de transgresser les consignes « continentales ».Il faut quelques minutes au spectateur pour comprendre qu’autour de cette table, il n’y a que des vampires, plus que centenaires, qui sont très à cheval sur les règles. Au point qu’ils font le procès, en quelques minutes, d’un des leurs ayant osé dépassé son quota d’humain, s’attaquant même à des enfants.

■ Attaque de militaires
Sentence : la mort. Immédiate. Et son remplacement dans la foulée.Ça tombe bien Vanessa (Eve Myles, déjà vue dans Torchwood, Dr Who et Broadchurch) a ramené ce soir-là un Rom, jeune, gentil et débrouillard. Serait-il intéressé à devenir Immortel ? Mais va falloir qu’il se décide vite car au même moment une armée de militaires attaque la ferme isolée où se dé- roule le dîner pour abattre cette sale engeance de vampires. Un peu pour rendre service au Vatican, beaucoup pour donner des échantillons à des sociétés de cosmétiques à la recherche de nouveaux produits pour assurer la jeunesse éternelle aux femmes modernes.
Un film très réjouissant de mauvais esprit, signé Jason Flemyng, première réalisation de cet acteur qui a déjà des dizaines de rôles à son actif.
➤ « Le dîner des vampires », Marco Polo Productions, 12,99 € le DVD et 14,99 € le blu-ray

09:28 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diner vampires, marco polo

12/07/2017

De choses et d'autres : Tous les touristes sont bons à prendre


Incroyable. Encore moqué il y a quelques mois en raison de ses soucis techniques récurrents, le téléphérique de Brest est devenu depuis le début de l’été une des attractions touristiques de la préfecture du Finistère. Les deux cabines du téléphérique, prévu initialement comme un moyen de déplacement doux pour les urbains Bretons, s’est transformé en un lieu qu’il faut absolument visiter et emprunter avant de quitter la ville. Pourtant ils étaient nombreux à se moquer de ce téléphérique planté au-dessus de la rade, loin de tout sommet enneigé.Et quand la mairie de Perpignan a envisagé de construire elle aussi un téléphérique, les ricanements ont été encore plus sardoniques. Paradoxe des gens pleins de certitudes. Comme à la fin du XIXe siècle quand les opposants à la tour de M. Eiffel menaient campagne contre cette abomination qui allait défigurer la plus belle ville du monde. On connaît la suite... Le téléphérique de Brest, à une autre échelle, est sur le point de suivre le même chemin. 
Le tourisme obéit à des règles parfois très complexes. Les responsables sont persuadés que seules les « beautés naturelles » peuvent attirer. Alors qu’en réalité, pour quelques milliers de plagistes en bord de mer,il y a des millions de visiteurs à la Cité de Carcassonne, au Pont du Gard ou sur le Canal du Midi. Des réalisations humaines pas destinées à attirer le chaland mais qui sont devenues au fil du temps les meilleurs atouts de la région. 
Alors imaginez aujourd’hui la renommée du Pays catalan si le projet de téléphérique entre la plaine et le Canigou avait abouti. Le département serait la première destination touristique d’Occitanie mais même de France et d’Europe. Il faut parfois faire confiance aux fous ambitieux. Ce sont souvent des visionnaires.

Chronique parue le 12 juillet en dernière page de l'Indépendant. 

DVD et blu-ray : « Split » ou la horde qui est en nous

 


A la base, « Split », film horrifique de M. Night Shyamalan,est une réflexion médicale assez élaborée sur le trouble dissociatif de l’identité. Le scénario est basé en grande partie sur les relations entre un patient(James McAvoy) et sa psychiatre (Betty Buckley). Le malade souffre de ce fameux trouble, mais puissance 23. Quand le docteur le reçoit,il est parfois Dennis ou Patricia à moins qu’il n’ait endossé l’identité de Hedwig, Kevin ou Barry Ils sont 23 au total, une véritable horde. Pour en faire un film passionnant, ce qui est le cas, il fallait trouver un ressort particulier et surtout un acteur hors normes. L’idée c’est que parmi les multiples identités qui se disputent la même enveloppe charnelle, se trouve un vrai psychopathe. Au dé- but du film, trois jeunes filles, après un anniversaire, se font raccompagner chez elles par un parent. Mais l’adulte n’a pas le temps de pénétrer dans l’habitacle que Dennis prend sa place.Trois coups de gaz somnifère et les filles se réveillent enfermées dans une pièce sans fenêtre, meublée de lits de camps.
■ Formidable James McAvoy
Un long cauchemar va débuter pour le trio car si Dennis n’ose pas trop les toucher, il n’en va de même de Patricia. Mais parfois c’est Helwig qui vient apporter les repas aux prisonnières. Helwig,de son propre aveu, est un gamin de 9 ans. Il va nouer une relation plus poussée avec Casey (Anya Taylor Joy), celle des trois qui comprend le plus vite ce qui leur arrive. Casey introvertie, taciturne, dure. Un traumatisme dans l’enfance l’a transformée. Elle saura manipuler Helwig pour tenter de s’échapper.
Le nouveau film de M. Night Shyamalan est un petit bijou de précision et d’intelligence. On pourrait lui reprocher d’être très bavard, voire beaucoup trop, mais les longs dialogues entre le malade et son toubib donnent toute leur intensité aux différents changements de personnalités. James McAvoy, dans ce rôle totalement fou, a été salué par la critique et le public car avec simplicité, il parvient parfaitement à passer d’homme à femme, d’adulte à enfant, de lettré à brute épaisse. Le final, avec un soupçon de fantastique, est expliqué dans les bonus parle réalisateur qui en une simple phrase dévoile son idée de départ. Mais on n’en dira pas un mot ici car dans les films de ce réalisateur talentueux mais parfois inégal, la fin est toujours surprenante, voire multiple puisqu’une alternative est proposée dans les suppléments.

➤ « Split », Universal Pictures Video, 14,99 € le DVD, 17,99 € le blu-ray


11/07/2017

Livres de poche : intrigues à travers les siècles


Printemps 1728. On traîne un homme jeune, bien habillé, dans les rues de Londres, jusqu’à la potence de Tyburn. À son passage, la foule le raille, le traitant de meurtrier. Thomas Hawkins essaie de rester calme. Il est innocent. Il sait, bien sûr, que tout est de sa faute. Il était si heureux avec Kitty Sparks. Pourquoi s’est-il mis à fréquenter le criminel le plus dangereux de Londres ? Un polar dans l’entourage de la maîtresse du roi dans cette Angleterre que connaît si bien Antonia Hodgson.
➤ « La trahison de la reine », 10/18, 8,80 €

Panique à Paris, la peste est de retour ! Voltaire aussi ! Une maladie mystérieuse affole la capitale, et voilà notre philosophe assailli de toutes parts. Policiers et médecins sont à ses trousses, mais plus étrange encore, Voltaire est poursuivi par un Anglais nommé Hyde et par son frère Armand avec qui on le confond sans cesse. Grâce à la plume de Frédéric Lenormand, nous voilà à nouveau embarqués dans une réjouissante aventure du philosophe le plus pétulant de l’histoire de France.
➤ « Docteur Voltaire et Mister Hyde », Editions du Masque, 7,90 €

1871. L’heure de la Commune de Paris sonne. Une bande d’amis vit la fièvre de l’insurrection. Ils se nomment Vallès, Verlaine, Courbet, Gill, Marceau, Dana… Mais le temps des cerises s’achève dans le sang. Dana, en fuite, est condamné à mort. Son souvenir obsède Marceau. Trente ans plus tard, il croit le reconnaître parmi les figurants du premier western de l’histoire du cinématographe. Patrick Pécherot signe un roman noir où la verve populaire et le goût du mystère s’allient à la précision de la reconstitution historique.
➤ « Une plaie ouverte », Folio Policier, 7,20 €

12:42 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : masque, 1018, folio

10/07/2017

De choses et d'autres : La souris croquée au sommet du Chat

L’été, certains saisonniers, plutôt que de vendre des beignets sur la plage ou servir des moules à des touristes rouge écrevisse, se font embaucher sur la caravane publicitaire du Tour de France. Voilà un job royal. Fatigant mais original. Les plus anciens se souviennent d’Yvette Horner jouant de l’accordéon au sommet d’une camionnette. On a le public qu’on peut. Aujourd’hui les marques recherchent surtout de jolies hôtesses capables de sourire dix heures d’affilée sans que leur visage ne se transforme en masque d’effroi. Pas évident quand les plaisanteries salaces et autres gestes déplacés accompagnent leur passage en tenue légères, chaleur et élégance obligent.
Hier, parmi les partenaires, le Journal de Mickey a provoqué une grosse frayeur aux organisateurs. La souris mondialement célèbre, sur sa voiture rouge et jaune vantant la diversité de son hebdomadaire, redoutait une des difficultés de la Grande Boucle. Quand Mickey s’est engagé sur la route du Mont du Chat (col hors catégorie), la tension était à son comble.
Qui de la souris ou du chat l’emporterait ? KO technique pour le félin, ses pentes ayant rapidement mis à mal la boîte de vitesse de Mickey. Immobilisé sur la petite route sinueuse, tout le monde a paniqué. La souris, telle la sardine dans le port de Marseille, allait-elle bloquer le peloton ? Heureusement, la caravane publicitaire a beaucoup d’avance sur les coureurs et quand Warren Barguil puis Froome sont passés, la souris avait disparu dans son trou.

Chronique Parue lez 10 juillet en dernière page de l'Indépendant

Témoignage : Daniel Herrero raconte ses « Méditerranées »

 


Bandana rouge sur sa tignasse blanche, barbe fournie, le verbe haut, l’accent fier : Daniel Herrero ne passe pas inaperçu. Que cela soit au bord d’un terrain de rugby (sa première cour de récréation), à la télévision où dans ses livres, l’homme aux racines occitanes entre Toulon et Narbonne a voulu, dans ce livre d’entretiens avec José Lenzini, journaliste au Monde, raconter son pays, sa région, sa mer. Car Herrero ne se définit pas en fonction d’une langue, d’un pays ou d’une religion. Lui, il est Méditerranéen et le répète à l’envi dans ce livre d’une centaine de pages enrichi de peintures et croquis tracés par cet artiste multifacettes lors de ses périples tout autour de cette « Mare Nostrum » qui berce depuis la nuit des temps les peuples de notre région.
« Partout en Méditerranée, sur ses terres, sur ses bords de mer, sur ses côtes, partout je suis chez moi ». Une affirmation qui prend toute sa mesure en ces temps de vastes migrations, politiques, religieuses ou économiques. Cette région de la planète a de tout temps été un lieu de vie, de passage, d’échanges. De conflit aussi et Daniel Herrero ne l’occulte pas. Mais a aussi la farouche volonté d’en faire une force : « Le métissage ne m’effraie pas. J’ai quarante-deux mille ans de pères et de mères, de frères et de sœurs qui sont du bassin méditerranéen. » Un message d’espoir à ne pas négliger en ces temps difficiles de repli sur soi.
L’ancien rugbyman de Toulon, revient aussi sur son fameux look, identifiable, comme un de ces Indiens qui perdaient trop souvent dans les vieux westerns. « Ce bandeau rouge est-il un signe ? Oui. Ostentatoire ? J’espère que non, mais de fait possiblement, probablement même. »
■ « Sur toutes les bordures »
Dans le livre, Daniel Herrero parle beaucoup de son Papé, ce grand-père qui ne parlait quasiment pas le français, fier pourtant de son pays d’adoption. Un homme simple, authentique, vrai, comme on n’en rencontre plus beaucoup de nos jours. Enfin chez nous, car ailleurs Daniel Herrero en a croisé plusieurs, de la Kabylie à la Palestine. Et il n’a pas fini d’aller à leur rencontre : « Je vais passer ma vie à aller ailleurs, aller autour au sens propre du terme ; autour, parce que en plein centre, j’y vais peu. Je suis peu allé sur la mer mais j’ai mis les pieds sur toutes les bordures, avec l’idée qu’il y a encore un truc que je ne connais pas et qu’il faut que j’aille voir ».
Alors M. Herrero, encore merci de nous emmener un peu dans vos voyages lumineux. Comme la Méditerranée…
➤ « Mes Méditerranées » de Daniel Herrero, L’Aube, 12 €

09/07/2017

BD : H. G. Wells et les monstres de Moreau

 


Dernier album de la série lancée autour des adaptations des romans fantastiques de H. G. Wells, « L’île du docteur Moreau » est la plus horrible, la plus pessimiste sur l’espèce humaine. Un naufragé se retrouve sur une île peuplée des créatures mi-bêtes, mi-hommes du docteur Moreau. La révolte gronde dans la meute. Le règne de Moreau va prendre fin. Mais le seul survivant, le naufragé, va choisir de poursuivre l’œuvre de domination humaine. En vain. Dobbs adapte le texte et permet à Fiorentino de signer de superbes planches entre jungle et monstres.
➤ « L’île du docteur Moreau », Glénat, 14,50 € 

08/07/2017

Bd : Stéphane Clément et l’art vivant

 


Daniel Ceppi, après des années de silence éditorial, a repris sa plume et lancé une série policière suisse. Pour cet album grand format, il a la bonne idée de ressusciter son personnage emblématique de Stéphane Clément. Le voyageur baroudeur s’est posé en Irlande avec sa compagne Cynthia. Mais lors d’un séjour à Genève, il se trouve mêlé à une série de crimes mystérieux. Le tueur semble mener une vengeance et transforme ses victimes en représentations de chair et de sang de peintures célèbres. D’où le titre de l’album, Lady of Shalott, toile de John William Waterhouse. Une intrigue pleine de références et de rebondissements pour un auteur qui n’a rien perdu de son talent.
➤ « Lady of Shalott », Le Lombard, 14,99 €

07/07/2017

DVD et blu-ray : « Clown » ricanant et affamé


Avant même le roman « It » de Stephen King, il existait une importante frange de la population qui a une réelle phobie des clowns. Une mode qui inspire Jon Watts, le réalisateur de ce film sorti aux USA en 2014. A la base c’est une simple annonce diffusée sur internet. Jon Watts veut attirer l’attention sur lui. Réussi. Eli Roth décide de le produire et même d’interpréter le clown maléfique. Le film n’est pas qu’une simple série B.Certes le scénario n’est pas génial, mais la réalisation, l’interprétation et surtout la réalisation place l’ensemble au dessus de la moyenne. On apprécie particulièrement  les moments où l’angoisse est réelle et les spectateurs scotchés à leur fauteuil parla trouille de ce qui va arriver. Un premier film qui a ouvert bien des portes à Jon Watts. Pour preuve il vient de réaliser « Spiderman Homecoming », dernière aventure de l’homme araignée à l’affiche aucinéma dès mercredi prochain...
➤ « Clown », Wild Side, 14,99 € le DVD, 19,99 € le blu-ray.

12:35 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : clown, jon watts, horreur, wild side

06/07/2017

Cinéma : Moi, moche et méchant 3, double dose de méchanceté

MOI, MOCHE ET MÉCHANT 3. Gru se découvre un frère jumeau. Lui aussi voudrait devenir un vilain. 

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Deux nouveaux personnages donnent tout son sel à cette troisième déclinaison de «Moi, moche et méchant», film d’animation de Pierre Coffin et Kyle Balda. Un nouveau super méchant, aussi redoutable que ridicule, et le jumeau de Gru. Il y a toujours les Minions, mais juste en appoint, pour semer quelques gags dans une intrigue digne des meilleurs films d’espionnage. Premier à faire son apparition, Balthazar Bratt (voix française de David Marsais du Palmashow). Dans les années 80, enfant, il était la vedette d’un feuilleton à la télévision. Un méchant adoré parles enfants. Jusqu’à ce que sa voix mue, l’acné gagne du terrain et qu’une fine moustache n’éclose. Terminé l’enfant-star. La série est arrêtée, Balthazar Bratt viré et oublié. Un traumatisme pour cet homme qui aujourd’hui vit toujours dans les années 80 et n’a qu’un idée, se venger de cette humiliation. Il vole le plus gros diamant du monde grâce à ses chewing-gums, le tout sur une bande son allant de Michaël Jackson à Madonna. Mais Gru et Lucy, agents d’exception,récupèrent le diamant. par contre il n’arrivent pas à arrêter Bratt. Sanction immédiate dans cette police qui a des airs d’Amérique à la Trump : licenciés. L’ancien super méchant, devenu homme au foyer, mari et père des trois adorables et espiègles petites filles, se retrouve désœuvré. C’est le moment que choisit le second personnage pour faire son entrée : Dru. Le frère jumeau de Gru vit dans le luxe. Riche entrepreneur de ce petit pays aux airs de Grèce, lui aussi s’ennuie. Il n’a qu’une envie : devenir à son tour, comme son père et son frère un méchant.

■ Affaire de famille
Alors pourquoi ne pas faire un casse ensemble ? Gru, qui a définitivement abandonné le côté obscur, tente de le raisonner. Mais face aux multiples gadgets (dont une voiture fusée bourrée de technologie et sur armée) de son frère, il accepte un dernier coup. En réalité il a l’intention de voler le diamant à Balthazard (qui entretemps a réussi son coup dans un musée français...) et de gagner ainsi sa réintégration. Le film, toujours aussi parfait en ce qui concerne l’animation réalisée en grande partie par des artistes français, prolonge l’humanisation de Gru. Après avoir appris la paternité dans le premier film, puis découvert l’amour dans le second, il se frotte à la famille. Sa mère avait toujours prétentu que son papa était mort et enterré. En réalité il est parti avec le second bébé. Mieux que la garde alternée, la fratrie partagée... Le problème réside dans le fait que Dru semble bien mieux que Gru. La fortune mais aussi l’humour, l’espièglerie et... des cheveux blonds et soyeux qui font envie au chauve. Il faudra donc qu’il apprenne à aimer ce frère, le comprendre et partager. Sacré challenge pour Gru qui a déja donné son cœur à Lucy. Un fil rouge qui verra son couronnement lors de la bataille finale digne d’un Godzilla contre Balthazar Bratt. Les amateurs de la franchise ne seront pas déçus, les nouveaux venus apprécieront. Gru, Lucy, les minions et les trois filles n’ont pas fini de nous distraire. 


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Minions mis sur la touche 


La polémique fait rage dans les milieux autorisés, ceux qui hurlent sans cesse « Bananas ! » à la moindre apparition d’une chose vaguement jaune. Les minions sont peu présents dans l’action de ce troisième « Moi, moche et méchant ». Mis sur la touche, oubliés, abandonnés... Enfin pas tout à fait. En réalité la horde des drôles de bêtes jaunes à salopettes vit très mal le changement de vie de Gru. Ils appréciaient quand il leur demandait d’aller faire les 400 coups pour semer la terreur partout. Devenu gentil ils s’ennuient. Et se rebellent, préférant quitter la cave de la maison. Une errance qui dure tout le film, permettant de lui donner un ton plus léger. Formidables machines à gags, les minions font une intrusion dans une émission de téléréalité du genre « Nouvelle star ». Face à un jury interloqué puis enthousiaste, ils entonnent une chanson qui devrait être reprise en chœur par les plus jeunes spectateurs. Ensuite c’est la case prison qui les attend. Là, contrairement aux apparences, ils vont rapidement savoir se faire respecter. On jubile face aux scènes inversées, les gros balèzes bodybuildés redoutant d’aller se doucher car quelques minions utilisent déjà les installations. Et puis ils s’évadent, croisent de nouveau la route de Gru et apportent leur touche à l’explosion finale. Dire qu’ils sont absents serait mentir. mais ils ont un rôle moins important et surtout n’entrent plus en résonance avec les autres personnages principaux. Là est sans doute le problème, Gru devenu gentil, ils perdent de leur importance. À moins qu’un nouveau méchant n’éclose et propose de les adopter...

DVD et blu-ray : avec des "si" on fait un bon film


Un fantasme de femme ? Ou un cauchemar d’homme ? Bref, ce matin, en se réveillant, Jeanne (Audrey Dana) a un truc en plus. Du genre pendouillant entre les jambes. Jeanne a quelques problèmes avec les hommes. Femme entreprenante et décidée, elle n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Quand elle se découvre presque homme, sa vie bascule.Une idée de base simple, transformée en une tornade de gags et de situations souvent improbables. Mais le pitch du film l’étant déjà beaucoup, pourquoi s’en priver. 
Une comédie française avec quelques bons acteurs dans des rôles sur mesure comme Christian Clavier en médecin interloqué ou Alice Belaïdi en copine rigolarde. Dans les bonus justement,une longue discussion entre elle et la réalisatrice.
➤ « Si j’étais un homme », Wild Side, 14,99 € le DVD, 19,99 € le blu-ray. 

12:23 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dana, homme, clavier, belaïdi, wild side

05/07/2017

BD : Salch, un père méchant ou trop réaliste ?


Il est devenu célèbre avec son « Lookbook », jeu de massacre sur les apparences des hommes et femmes cherchant trop à se couler dans une mode, une catégorie sociale. Son dessin un peu crasseux, à la Reiser, fait mouche dans ce genre très destructeur. Il se moque de tout le monde dans ces recueils, alors pourquoi ne pas s’occuper aussi un peu de sa pomme ? L’autofiction il connaît. Il a déjà dézingué ses amours passagères dans les deux tomes de ses « Meufs cools » parues aux éditions Les Rêveurs. Cette fois, il se penche sur sa condition de père divorcé. Salch a trois enfants. Les deux derniers, des garçons, partent avec lui dans une petite maison de sa tante en Corrèze. Quinze jours loin de tout. Les gamins s’ennuient. Lui tente de se remettre en forme en faisant du sport, en stoppant les bières (pas longtemps...) et surtout en décidant de dessiner des décors réalistes. Un petit chemin caillouteux notamment. Il raconte, sans la moindre concession ses errements de père trop cool, son rejet de la famille, sa passivité et aussi ses énervements. Sorte de manifeste d’anar’ d’aujourd’hui, rejetant notre société tout en ayant parfaitement conscience de s’y vautrer en toute indécence. Souvent salutaire, parfois déprimant, mais avant tout hilarant.
➤ « Le petit chemin caillouteux », Fluide Glacial, 13,90 €

04/07/2017

Livres de poche : trois classiques américains à redécouvrir


Mr. Bridge et son pendant, Mrs. Bridge, forment une œuvre en diptyque fondatrice de la littérature américaine d’après-guerre, adulée par des générations entières de romanciers. Portée par une écriture d’une précision redoutable, un ton à l’élégance distanciée et une construction virtuose, Ces romans de Evan S. Connell sont une redécouverte à la hauteur de celle d’un Richard Yates avec La Fenêtre panoramique ou d’un John Williams avec Stoner.

Le premier titre raconte la vie du mari dans ce couple de petits-bourgeois américains des années 1930. Walter Bridge, avocat ambitieux, se tue au travail. Mais son apparente respectabilité se cache un vide intérieur profond. Le portrait de sa femme est encore plus atroce. Malgré une vie de loisirs et de confort matériel, India Bridge est envahie par un sentiment diffus d’insatisfaction.
➤ « Mr Bridge » et « Mrs Bridge", 10/18, 8,40 et 7,80 €

Allison MacKenzie est au comble du bonheur: son livre, LeChâteau de Samuel, a été accepté par un éditeur. Mais accaparée par des agents cyniques et des journalistes hypocrites,la jeune femme vit mal sa nouvelle célébrité. Réfugiée à Peyton Place, elle doit affronter la colère d’une petite ville jalouse et irritée de s’être vue dépeinte dans son roman. Grace Metalious s’est inspirée de sa véritable histoire pour raconter la chute d’une romancière.
➤ « Retour à Peyton Place, 10/18, 8,40 €