07/01/2017

De choses et d'autres : Terreur urbaine

rats, paris, extermination, peur, phobieLes images font peur. J’imagine l’effroi de ceux qui se retrouvent véritablement devant de telles scènes. Certains parcs et jardins de la ville de Paris sont littéralement envahis par les rats. Des dizaines de rongeurs, aux longues queues si repoussantes, se promènent en toute impunité à quelques mètres d’enfants jouant au ballon ou de personnes âgées qui prennent un bain de soleil sur un des bancs mis à leur disposition dans ces havres de verdure. Le rat a mauvaise presse. Depuis la nuit des temps. Tant qu’il reste dans les égouts, loin de notre champ de vision, pas de problème. Mais s’il s’enhardit au point d’aller voir ce qu’il y a dans votre panier de pique-nique, cela s’apparente à une scène de film d’horreur. Depuis les premières épidémies de peste, ces animaux effraient. A juste titre car ils transportent quantité de maladies.

Et ce n’est pas en vous mordant (tous mes poils se hérissent en écrivant cette phrase) qu’ils sont les plus dangereux. Le vrai fléau reste leur urine qu’ils ont la fâcheuse tendance à répandre un peu partout pour marquer leur territoire. Ce nouveau mode de vie des rats, au grand air, est donc un réel danger sanitaire. Pour les enfants notamment. Conséquence les parcs sont fermés et les rats exterminés. Comme pour les huîtres (lire cette même chronique hier), il n’y a pas une seule association de protection des animaux qui s’insurge. Comme quoi l’empathie a aussi ses limites et un bon rat sera toujours soit invisible, soit mort. 

06/01/2017

BD : Lanfeust se féminise à tout va

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Ce n’est plus Lanfeust Odyssey mais « Lanfeust au féminin ». La troisième saison des aventures d’Arleston et Tarquin, donne de plus en plus d’importance aux personnages dits (à tort) du sexe faible. Alors que la méchante Lylth dévore les enfants pour y puiser sa force, Lanfeust en mauvaise posture est sauvé par sa femme, la princesse Cixi. Il a au passage dû abandonner ses quatre autres épouses restées sur Troy. Quand il y retourne, accompagné de Cixi, la tension est palpable entre l’ancienne et les nouvelles femmes du héros. Mais dans ce 8e titre de la série, c’est une autre femme qui se taille la part belle de l’aventure : Tseu-Hi la gardienne. Sur son dragon, la mercenaire va changer de vie une fois qu'elle est choisie par le Magohamoth, animal source de toute la magie de la planète. Un épisode un peu plus sombre, idéal pour relancer l'intérêt du lecteur.

 

➤ « Lanfeust Odyssey » (tome 8), Soleil, 14,50 €. 

 

09:55 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lanfeust, arleston, tarquin, soleil, troy

De choses et d'autres : Le cri de l'huître

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Pas besoin d’être un grand spécialiste de l’agriculture pour se douter que l’épidémie de grippe aviaire a durement touché le marché du foie gras. Il suffit d’aller faire ses courses dans une de ces grandes surfaces qui offrent des rabais sur les produits frais dont la date de péremption approche pour constater l’ampleur des dégâts. Dans un bac, des dizaines de blocs n’ont pas trouvé preneur au prix fort. Et ne semblent pas remporter plus de succès malgré la réduction de 50 %. Les annonces rassurantes du ministère de l’Agriculture restent lettre morte, nombre de consommateurs boudent ce produit traditionnel. Sans compter les campagnes des associations de protection des animaux qui dénoncent le gavage. C’est pour cette raison que j’ai moi aussi été privé de foie gras pour les fêtes. Ma femme trouve la pratique barbare. A la place elle a privilégié les huîtres.

L’avantage du foie gras par rapport à ces bestioles, c’est la préparation. Couper une tranche moelleuse n’a rien de comparable avec l’ouverture de coquillages récalcitrants. Pourtant ce sont trois douzaines de mises à mort que j’ai à mon actif. Car l’huître se doit d’être fraîche. Vivante en clair. Pour preuve, une fois ouvertes, j’ai la manie de leur effleurer le bord de la membrane pour vérifier si elle se rétracte. Qu’elles souffrent quoi. Que de tortures non dénoncées. Mais il est vrai que le cri de l’huître que l’on ouvre est moins éprouvant que celui du canard qu’on égorge. 

05/01/2017

DVD et blu-ray : « Divines » ces filles de la banlieue

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Coup de cœur de nombreux festivaliers lors de la dernière édition de Cannes, « Divines » de Houda Benyamina a finalement remporté la Caméra d’or. Le film a des airs de documentaire. Pourtant ce sont bien des actrices professionnelles qui portent cette histoire forte et prenante. Dounia (Oulaya Amamra) est surnommée la Bâtarde. Sa mère, vivant dans un camp de roms, multiplie les aventures. L’adolescente de 16 ans, pour survivre à cette réalité, se forge une carapace. Dure, méchante, intransigeante, elle est le plus souvent habillée comme un garçon, tête cachée par une capuche.

■ Gentille Maimouna

Sa meilleure amie, Maimouna, (Déborah Lukumuena) cache elle aussi ses cheveux. Mais pas pour la même raison. Cette grande et forte noire, à la candeur touchante, fille d’imam, va régulièrement à la mosquée vê- tue de la burqa. Mais au lycée, en situation d’échec comme 80 % de ses camarades, elle se dévergonde, notamment au contact de Dounia, obsédée par l’envie de gagner de l’argent. Beaucoup d’argent, le signe de réussite ultime dans les quartiers. Ce ne sera pas avec son BEP d’hôtesse d’accueil qu’elle pourra se payer des vacances à Phuket. Alors elle regarde autour d’elle et constate que certains s’en sortent plutôt pas mal. Comme Rebecca (Jisca Kalvanda), plus grosse dealeuse de la région. Au culot, avec le renfort de Maimouna, elle propose ses services à cette femme tigresse, collectionnant les amants « bogosse » aux abdos de fer comme d’autres les pin-up aux lèvres refaites. Le film raconte dans le détail cette plongée dans la délinquance, l’argent facile et les risques inhérents. Dounia prendra beaucoup de coups dans l’aventure, mais ne déviera jamais de son but. Même l’amour (Dounia tombe sous le charme d’un jeune danseur) ne parvient pas à la remettre sur le « droit » chemin. Les bonus du DVD, en plus de quelques scènes coupées dont une longue balade amoureuse dans un supermarché vide, donnent beaucoup la parole à la réalisatrice qui explique sa démarche. 

➤ « Divines », Diaphana vidéo, 19,99 €

 

De choses et d'autres : Période glaciaire

fillon,présidentielle,le pen,gorafi,congelationLes mauvais esprits du Gorafi ont encore frappé. Comme pour mieux remuer le couteau dans la plaie de tous les progressistes qui espèrent encore une autre solution qu’un duel Fillon - Le Pen au second tour de la présidentielle, ils ont imaginé le témoignage d’un homme choisissant «la cryogénisation pour enfin voir un président de gauche».

Certes le Parti socialiste, en pleine primaire, n’est pas à son meilleur niveau côté sondage. Mais il ne faut pas non plus exagérer. L’intérêt de se faire cryogéniser, c’est de se réveiller quelques siècles plus tard, au minimum. Histoire de pleinement profiter des progrès accomplis par la science. A priori, cinq années d’hibernation devraient suffire aux partisans de gauche. Car on fait confiance à la droite française pour raccourcir l’échéance si elle assurait cette fameuse alternance.

Par contre, pour ceux qui voudraient véritablement se congeler pour ne pas voir la catastrophe annoncée, j’ai la solution miracle: écouter minutieusement le programme de François Fillon ou de Marine Le Pen. Dans un premier temps ça fait froid dans le dos, puis on est saisi de la tête aux pieds, comme figé par un blizzard venu directement de la période glaciaire. Alors si le peuple de gauche ne veut pas grelotter en mai prochain, il devra se mobiliser fin janvier. 

04/01/2017

Cinéma : Enseigner avec tout son cœur

 

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Sara Forestier incarne une institutrice passionnée par son travail dans « Primaire », film de Hélène Angel. Une femme déchirée par l’évolution de son métier et ses difficultés personnelles. 

 

 

Lieu préservé entre tous, l’école primaire doit être protégée. Pour s’en persuader, il suffit d’aller voir « Primaire », en salles ce mercredi. Un film qui fait du bien, d’où l’on ressort les yeux baignés de larmes, rempli d’émotion, le cœur plein d’espoir. De ces œuvres qui ne paient pas de mine mais dont on se souvient longtemps car elles nous font mieux comprendre la chance que l’on a de vivre dans un pays qui fait beaucoup pour sa jeunesse. Florence (Sara Forestier) est professeur des écoles. Institutrice dans sa tête. Elle est jeune mais n’a pas encore accepté le nouveau verbiage de l’Éducation nationale. Cette année elle a la classe de CM2. Difficiles les CM2 car c’est leur dernière année dans ce cocon qu’est l’école primaire. La rentrée suivante se fera au collège. Là, rien ne sera pareil.

■ Émouvant spectacle de fin d’année

Alors Florence, sans trop s’attacher, donne le maximum pour qu’ils ne soient le mieux formés possible. Dans cette classe, il y a Denis. Il lève toujours la main pour répondre. Elle ne l’interroge jamais. Denis en veut à sa maî- tresse. Encore plus à sa mère quand il la voit, dans l’appartement de fonction qu’ils occupent au-dessus des classes, préparer ses cours ou corriger sa copie. La très bonne idée du film est d’opposer cette maîtresse exemplaire à son fils qui se sent dé- laissé. Au point qu’il fait des pieds et des mains pour rejoindre son père qui travaille en Indonésie. De père, Sacha n’en a pas. Sacha quasiment abandonné par sa mère et qui au bout d’une semaine de vie en solitaire est confié à Mathieu (Vincent Elbaz) l’ancien petit ami de la mauvaise mère. Une relation particulière va s’instaurer entre Florence et Sacha, comme si elle avait besoin de s’occuper de cet enfant dé- laissé alors qu’elle n’arrive pas à voir que son fils a besoin de plus de présence maternelle. Denis va repousser Sacha dans un premier temps, puis devenir son meilleur ami quand il comprendra que sa mère est attirée par Mathieu.

Un embryon de romance qui n’enlève rien à la force du scénario, axé essentiellement sur la vie dans cette classe de CM2. On se régale de leurs préparatifs du spectacle de fin d’année, notamment quand intervient Carlie, une autiste intégrée au groupe. Ce film, véritable plaidoyer en faveur du corps enseignant, nous permet de retrouver nos années de primaire, quand la maîtresse (ou le maître) était le centre de notre petit univers

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"Un animal sauvage"

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Dans ses notes de production, Hélène Angel explique pourquoi elle a rapidement choisi Sara Forestier pour interpréter cette institutrice, si fragile dans sa vie privée, si forte face à ces gamins. « J’ai eu le coup de foudre. Sara, c’est un animal sauvage ! En tant que femme, elle n’est pas dans des rapports de séduction codés. En tant qu’actrice, elle ne « fabrique » pas. Elle vibre, elle a donné force et souffle au personnage. » Un portrait que ne doit pas renier la principale intéressée.

Cette comédienne de 30 ans, dans le métier depuis ses 15 ans, a déjà deux césar à son palmarès. Sa fraîcheur lui permet de tout oser. Du drame social comme « La tête haute » au mauvais film d’horreur « Humains » en passant par le polar psychologique « L’amour est un crime parfait », elle a déjà touché à tous les genres. Même les plus inclassables quand elle interprète une jeune femme qui se bat avec son partenaire et amant (souvent dans de la boue) dans « Mes séances de lutte » de Jacques Doillon. Sans oublier ses débuts fracassants dans « L’esquive » d’Abdellatif Kechiche.

Mais la belle ne se contente pas d’un seul côté de la caméra. Après une première expérience sur un court-métrage, elle s’est lancée dans la réalisation de son premier long-métrage. « M », dont elle signe aussi le scénario, est l’histoire d’une fille bègue qui s’épanouit au contact d’un pilote kamikaze. Le film est en cours de montage et pourrait sortir pour la fin de l’année.

De choses et d'autres : Espèces de célébrités

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Une nouvelle espèce d’araignée découverte récemment en Inde a été nommée « Eriovixia gryffindori » en référence au mage Godric Gryffindor des romans de la saga Harry Potter. Le corps de cet insecte a la forme du fameux « choixpeau », un chapeau ensorcelé pour répartir les nouveaux élèves de Poudlard.

Ce n’est pas la première fois qu’une petite bestiole est baptisée en hommage à une célébrité. On apprend ainsi selon « Le carnet scientifique » (éditions Grasset) de Mathieu Vidard que les araignées, très nombreuses, ont déjà dans leurs rangs de nouvelles venues dont le nom très rock est tiré des patronymes de Bono, Lou Reed ou David Bowie. Plus étonnant ce scarabée, dont le nom est une référence à Arnold Schwarzenegger car « le fé- mur de ses pattes médianes, particulièrement développé, rappellerait les biceps de l’acteur ». Les guêpes ne sont pas en reste : leurs piqûres sont plus ou moins graves si elles sont de la famille de Pink Floyd, Muse, Metallica ou Elvis Presley.

Reste la plus étonnante des petites bêtes, la Norasaphus monroeae baptisée en référence à Marilyn Monroe. Sa tête a une forme de sablier qui ressemble à la silhouette de la star hollywoodienne. Dernière précision, le Norasaphus monroeae est un trilobite, soit un « arthropode marins fossile ayant vécu durant le Paléozoïque ». Franchement, beaucoup moins sexy que l’interprète de « Certains l’aiment chaud »... 

 

03/01/2017

Livre : Vogue la galère avec la belle Marion

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Infatigable Serge Brussolo, toujours à chercher de nouveaux mondes à explorer. Le voilà lancé dans une grande saga de pirates. Du moins c’est ce que laissent entendre le titre et la couverture du roman, mais il semble avoir oublié en cours de route de faire vivre le vaisseau baptisé « L’oiseau des tempêtes ». Ce sera pour la suite des aventures de la belle Marion, véritable héroïne et fil rouge de ces multiples péripéties.

On a droit à des naufrageurs, un peu de bagne en Bretagne, des larcins à Marseille puis une vie de recluse, avec des araignées, sur une île des Caraïbes. Bref, en 400 Pages, l’auteur français le plus prolifique utilise autant de personnages et de lieux qu’un collègue en cinq romans. Direct et sans fioritures, le style Brussolo fait toujours merveille.

➤ « L’oiseau des tempêtes » de Serge Brussolo, Fleuve éditions, 19,90 €

 

De choses et d'autres : feu d'enfer au Paradise

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Certains faits divers ne méritent que trois lignes dans le journal, mais permettent au lecteur un peu imaginatif d’en entrevoir toutes les conséquences. Exemple vendredi dernier. Le système d’éclairage des jacuzzi et de la piscine situés sur la terrasse d’un bâtiment prend feu. Les flammes sont impressionnantes, tout l’immeuble est évacué, 140 personnes au total. Rien d’exceptionnel ? Erreur car le bâtiment en question est celui du Paradise à la Jonquère. Et les évacués sont les clients et prostituées de cette célèbre maison close.

Alors j’imagine ces naufragés d’un jour, dans la rue, à 18 heures un 30 décembre, certains en petite tenue, grelottants et moins triomphants que dans les alcôves du Paradise. Surpris en pleine action, ils doivent sérieusement regretter ce petit désir d’évasion et de transgression. Surtout si ces amateurs de sexe tarifé croisent à ce moment gênant des voisins venus acheter cigarettes et alcool, autres vices mais moins voués aux gémonies. Le principal attrait des maisons closes reste leur discrétion. Sauf quand il y a le feu et que toute la clientèle doit se masser en bord de route...

Le fait divers, relaté de façon quasi clinique dans le journal local Diari de Girona, se veut rassurant. Pas de blessés et peu de dégâts. Seule la fin de l’article laisse deviner une petite allusion au caractère inhabituel de cette péripétie : « L’incident a provoqué beaucoup d’excitation dans la région. » 

02/01/2017

De choses et d'autres : A vos week-ends de trois jours

L’année 2017 commence sous de meilleurs auspices que 2016. Obligatoirement. Non je n’ai pas passé mon BEP de voyance entre Noël et nouvel an, j’ai simplement bien regardé le calendrier. Alors que 2016 battait des records de jours fériés pendant le week-end, 2017, au contraire, offre à six reprises des possibilités d’évasion de trois jours.

Avouez, Noël ou le 1er janvier un dimanche, ce n’est pas très sympa pour ceux qui se sont lâchés pour le réveillon. Du coup, ce 2 janvier devient un lundi encore plus pénible, migraine en prime. 2017 sera plus cool. Noël et 1er janvier tombent un lundi. Donc week-end prolongé en perspective. Le 14 juillet, vendredi, on va pouvoir danser aux bals populaires encore plus longtemps.

Reste le cas du mois de mai. Le jeudi de l’Ascension débarque, ça alors, un jeudi. Voilà un jour férié qui fait pester depuis toujours. Mais pourquoi Dieu dans sa grande miséricorde n’a-t-Il assigné le vendredi et l’Ascension ? Peut-être pour rattraper les conséquences du Lundi de Pâques vénéré par les adeptes du week-end à rallonge. Mai 2017 débute bien avec un lundi 1er. Et se prolonge tout aussi bien avec le lundi 8 mai.

A une nuance près, dimanche 7 votre esprit civique en empêchera de partir en villégiature. Ce jour-là, vous devrez élire le nouveau président de la République. Et quel qu’il soit, pour beaucoup, il aura débuté son mandat en gâchant un week-end de trois jours. 

BD : Deux Anglais (Blake & Mortimer) et Shakespeare

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Le nouvel album de Blake et Mortimer signé Yves Sente (scénario) et André Juillard (dessin) va ravir tous les passionnés de Shakespeare. Nos deux héros se retrouvent lancés dans une course contre la montre trépidante. Si l’aventure débute à Londres, l’intrigue principale se déroule à Venise. Quelques riches lettrés, lors d’une soirée, tentent de résoudre un mystère lié à la vie de Shakespeare. Blake et Mortimer s’y retrouvent mêlés en raison de leur amitié pour Sarah Summertown, par ailleurs présidente de la William Shakespeare Defenders Society. Le professeur va notamment enquêter en Italie, pays qui aurait une importance capitale dans la vie et l’œuvre du grand dramaturge anglais. Si l’album manque un peu d’actions spectaculaires et d’inventions étonnantes, il est cependant passionnant, un peu dans la lignée de « L’affaire du collier », avec un gros volet historique tout à fait crédible, bien qu’entièrement inventé par Sente. Juillard au dessin, est toujours aussi fidèle et Jacobs, tout en arrondissant, voire humanisant ces personnages désormais immortels.

➤ « Les aventures de Blake et Mortimer » (tome 24) , éditions Blake et Mortimer, 15,95 €.

 

01/01/2017

Thriller : les personnage de Barbara Abel sont-ils des anges ou des démons ?

La gaieté factice des fêtes vous insupporte ? Les deux derniers romans de Barbara Abel vous raviront.

 

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Sortis l’un chez Pocket, l ‘autre chez Belfond, « L’innocence des bourreaux » et « Je ne sais pas » ont ceci en commun de remarquable la prise de position affichée de Barbara Abel de dédaigner carrément le gentil héros sauvé in extremis par le flic futé. Au contraire, elle choisit de regarder l’intrigue par l’autre bout de la lorgnette et de transformer les méchants en gagnants.

Difficile d’imaginer plus glaçant que l’histoire d’Emma dans « Je sais pas ». Au cours d’une sortie scolaire la petite disparaît dans la forêt. Les instituteurs sont sur les dents, la gendarmerie avertie de même que Camille et Patrick Verdier, ses parents. Élément clé dont les enquêteurs devront prendre en compte, loin de correspondre à l’image angélique que sa beauté renvoie, Emma possède un sacré caractère et du haut de ses cinq ans mène parfois la vie dure à ses camarades d’école comme à son institutrice Mylène de même qu’à ses parents.

Culpabilité

Mylène justement se sent affreusement coupable de la disparition de sa petite élève et s’engage loin dans la forêt pour tenter de la retrouver. Jusqu’à atterrir dans un endroit où son portable ne trouve plus de ré- seau. Camille elle aussi se torture pour une toute autre raison. Quelques jours avant la sortie scolaire, la petite Emma l’a surprise dans le hall d’entrée et les bras de son amant... Les gendarmes aidés de chiens et tous les adultes présents poursuivent les recherches jusqu’à la nuit tombée et là le soulagement est indicible quand on retrouve finalement la gamine. Par contre, les enseignants finissent par se rendre compte que Mylène ne répond plus au téléphone depuis plus de deux heures.

 

abel,barbara,belfondBarbara Abel utilise un schéma récurrent au niveau de l’écriture et de la construction du scénario dans « L’innocence des bourreaux ». Un junkie en manque braque une supérette de quartier où des gens sans histoire font leurs courses. Le pauvre gars, qui pensait récupérer la caisse et s’enfuir, voit la situation lui échapper complètement. On finit par compter les morts et les gendarmes mis sur le coup ont la surprise de leur vie en cherchant les empreintes relevées dans le fichier des personnes recherchées.

Autant dire que si vous avez la chance de recevoir pour Noël ces deux petits bijoux de noirceur et d’idées tordues, croyez-moi vous passerez à coup sûr une nuit blanche sans paillettes mais frissons assurés !  

Fabienne Huart

➤ « Je sais pas », Belfond 19,90 euros et « L’innocence des bourreaux », Pocket, les deux de Barbara Abel.

 

09:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : abel, barbara, belfond, pocket

31/12/2016

Livres de Poche : dragon, vache et baleine au menu de Noël

 

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Après avoir découvert le secret qui le lie à ses compagnons de route, Ichirô est plus que jamais décidé à anéantir le daimyo qui a tué ses parents. Il lui faudra, pour cela, partir en quête d’un katana mythique. Avec le diptyque Katana, JeanLuc Bizien nous offre un récit où action, émotion et aventure mènent la danse. Ce faisant, il rend également un brillant hommage aux films de sabre japonais.

➤ « Vent rouge » et « Dragon noir », Folio SF, 7,70 et 8,20 €

 

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François Morel signe une véritable ode à la vache. Pourquoi ? Ré- ponse de l’auteur : « Oui, j’ai de l’admiration pour la vache car elle est impassible. Elle ne joue pas au tiercé. Elle ne hurle pas dans les stades. Elle ne se gare pas en double file. Oh bien sûr, son parcours est tracé : elle vit, elle meurt. Vous vous trouvez sans doute beaucoup plus malin ? » Délicieusement étonnant et rigolo.

➤ « Meuh ! », Folio, 5,90 €

 

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Ni récit de voyage ni traité scientifique, ce livre part sur les traces d’une des plus fascinantes créatures du règne animal, la baleine. François Garde a choisi de mener son enquête le nez au vent, débusquant dans les recoins les plus inattendus de notre planète et de notre culture histoires, souvenirs, paysages, qu’il a tissés ensemble pour former une sorte d’épopée.

➤ « La baleine dans tous ses états », Folio, 7,10 €

 

Le Perry de Noël

 

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Jemina Pitt, héroïne imaginée par Anne Perry et fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner sa jeune amie Delphinia Cardew à New York, sur le point de se marier avec l’aristocrate Brent Albright. Dans la haute société newyorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles prodigieusement riches. Mais Jemina détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration. Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemina de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.

➤ « Un Noël à New York », Anne Perry, 10/18 collection Grands détective, 8,80 €

 

DVD et blu-ray : Jason Bourne toujours aussi percutant

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Le plus célèbre fugitif du cinéma d’action américain est de retour. Jason Bourne (Matt Damon) rempile pour un quatrième opus disponible en DVD, blu-ray et 4K. L’occasion de ressortir les précédents films dans ce format offrant une résolution encore meilleure sur les nouveaux téléviseurs. Comme au cinéma. Du moins les exploitants qui ont les projecteurs de dernière génération…

La CIA, grandes oreilles toujours à l’affût, est sur le pied de guerre. Depuis un centre de hackers islandais, quelqu’un vient de pirater la base de données américaine. En quelques secondes le pirate récupère le détail de certaines opérations top secrètes, notamment celles ayant trait au passé de Jason Bourne. La chef du service cybercriminalité, Heather Lee (Alicia Vikander) trouve le nom du pirate. Une pirate exactement, Nicky Parsons (Julia Stiles) qui fait le lien avec les précédents films. Nicky contacte Bourne car elle est persuadée que l’agent secret est toujours à la recherche de la vérité sur son passé. Elle se rend en Grèce pour lui remettre ces fameux dossiers. Suivie à la trace par Heather et ses satellites, elle sera éliminée par l’Atout (Vincent Cassel) le méchant du film. Une exécution qui est filmée en pleine révolution de rue dans une Grèce en proie aux pires émeutes de ces dernières années.

■ Le troisième « Bourne » de Paul Greengrass

On retrouve déjà le style de Paul Greengrass, réalisateur des premier et troisième épisodes de la franchise Bourne. Jason, qui vivote en participant à des combats clandestins, retrouve ses réflexes d’espion et va aller de Berlin à Londres trouver des réponses à ses interrogations. Beaucoup d’action pour un Matt Damon au summum de sa forme. En plus de l’Atout (rôle très physique pour Vincent Cassel qui pour le coup fait véritablement peur) il trouve sur sa route le directeur de la CIA (Tommy Lee Jones) bien décidé à effacer définitivement Bourne du passé de l’agence, d’autant que son nouveau projet risque d’être dévoilé par ce dernier.

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On regrettera simplement que la belle Alicia Vikander, sans véritable raison (si ce n’est son ambition personnelle), bascule du bon côté, aidant Bourne à rejoindre Las Vegas pour une dernière demi-heure à couper le souffle. Comme toujours dans ces films on en prend plein les yeux. Par contre n’attendez pas trop des scènes d’explication et de justification. Bourne ne parle pas beaucoup. L’Atout encore moins...

Dans les bonus (beaucoup plus nombreux sur le blu-ray), Matt Damon explique pourquoi il a accepté de reprendre le personnage de Jason Bourne. A ne pas manquer non plus les coulisses de la course-poursuite sur le strip de Las Vegas. Pas une seule image de synthèse pour ce tour de force des cascadeurs.  

➤ « Jason Bourne », Universal, 20 € le DVD, 23 € le blu-ray et 30 € le blu-ray 4K. Il existe également une intégrale des cinq films en blu-ray à 45 €

 

30/12/2016

BD : La magie à portée de tapis

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Superbe album que ce « Maître des tapis » écrit par Olivier Bleys et dessinée par Alexis Nesme. Format extra large pour histoire toute simple, digne des meilleurs contes du temps passé. Dans une Russie médiévale, Fedor sillonne le pays pour vendre les tapis fabriqué par sa femme et sa fille. Mais certains sont magiques et si l’on connaît les bonnes incantations, on peut voler avec. Cela permet à Fedor de sauver Danil, un jeune braconnier poursuivi par les hommes du boyard. Fedor recueille Danil chez lui et ce dernier tombe amoureux de la fille du marchand. Ce grand album, à faire lire par les enfants, voire à lire aux plus petits, offre de plus un pop-up à construire. Une reconstitution de la datcha enneigée du « Maître des tapis » donnant encore plus de relief aux enluminures d’Alexis Nesme.

➤ « Le maître des tapis », Delcourt, 14,50 € 

 

29/12/2016

BD : Léo de retour au pays

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Léo, dessinateur et scénariste formidable créateur de mondes (Aldébaran, Bételgeuse...), s’il a fait l’essentiel de sa carrière en France, est originaire du Brésil. Un pays qui n’est désormais plus totalement absent de son œuvre puisqu’il signe avec Rodolphe au scénario et Marchal au dessin, un troisième cycle de « Kenya » se déroulant en Amazonie. Kathy Austin, membre des services secrets anglais, rentre juste de ses pérégrinations africaines qu’elle doit repartir pour l’Amérique du Sud. Un pasteur vivant dans un dispensaire loin de toute civilisation, a recueilli un photographe mourant. Sur sa dernière pellicule, la photo d’un immense humanoïde à la peau blanchâtre. Un extraterrestre ? C’est la mission de la belle et intrépide Kathy qui retrouve sur son chemin le pilote d’avion américain Hank Grabble mais également quelques anciens nazis (l’histoire se déroule en 1949) et un consul anglais pittoresque au langage incroyablement grossier. Un premier tome très prometteur, entre science-fiction et espionnage.

➤ « Amazonie », Dargaud, 11,99 €

 

28/12/2016

Cinéma : "American Pastoral", l'histoire de la petite fille qui deviendra terroriste

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American Pastoral, tiré d’un roman de Philip Roth, plus qu’un film sur les mouvements révolutionnaires américains des années 60, est l’histoire d’amour fou d’un père pour sa fille

 

 

Au sortir de la seconde guerre mondiale, ils représentent tout ce que l’Amé-rique avait de merveilleux. Seymour « Le Suédois » Levov (Ewan McGregor) est la star de son lycée. Sportif accompli, il fait des merveilles dans l’équipe de football. Fils d’un industriel, il prend sa succession à la tête d’une ganterie florissante. Seymour tombe amoureux de Dawn (Jennifer Connelly), la plus belle fille du lycée sélectionnée pour le concours de Miss America.

Un couple parfait qui une fois marié, donne naissance à la petite Merry. Une blondinette espiègle, curieuse mais qui a un problème de bégaiement. Seymour a offert un havre de paix à sa famille. Une grande maison à la campagne entourée de prés où broutent les vaches élevées par sa femme, fermière plus par goût que par nécessité. La petite Merry adore ces vaches et joue souvent avec elles. Mais son problème d’élocution la tient éloignée des enfants de son âge. Cela ne l’empêche pas de tout comprendre à la vie. Elle excècre la violence et aime son père. Mais ne comprend pas pourquoi il ne l’embrasse pas comme sa si belle maman. La première partie du film pose les jalons de cette famille trop heureuse.

■ Violence contre guerre

A 16 ans, Merry interprétée alors par Dakota Fanning, entre en pleine rébellion. Les USA, soi-disant pour se protéger, mènent une guerre sans merci au Vietnam. Les images d’enfants massacrés choquent Merry. Elle découvre que d’autres, comme elle, sont contre la guerre. Elle lit Marx, rencontre des militants pacifistes qui pour certains décident d’utiliser les mêmes armes que leurs ennemis.

Explication houleuse entre l’ado et son père, démocrate et progressiste, mais loin, très loin des mouvements révolutionnaires des grandes villes. Il la consigne dans sa chambre et lui conseille, si elle veut vraiment lutter contre la guerre, de ne pas le faire à New York mais plutôt chez elle, dans sa petite ville, près de ses parents.

Quelques jours plus tard, une bombe pulvérise le bureau de poste. Un employé est tué. Merry disparaît.

Le FBI débarque chez les Levov, tous les indices convergent vers Merry, petite fille devenue terroriste. Les parents sont ravagés. Inquiets surtout. Ils sont persuadés, au début, que Merry a été enlevée. Ou manipulée. D’autres bombes explosent, les traces de Merry sont retrouvées sur place. Dawn, en pleine dépression devient presque folle, Seymour s’accroche, cherchant sans relâche sa fille bien aimée. Il la retrouvera dans la seconde partie du film, particulièrement émouvante.

Ce drame de la vie ordinaire, sans jamais juger, nous rappelle combien l’amour est fragile face à certaines situations. Merry aime ses parents. Un amour partagé. Mais face à la violence du monde, parfois, cet amour protecteur ne suffit pas.

Les trois acteurs principaux signent des performances éblouissantes. Jennifer Connelly se métamorphose à plusieurs reprises durant ces quelques années, en fonction de son état mental et de son aptitude à « oublier » le drame. Ewan McGregor, combattant, acharné, ne changera jamais de ligne. Quant à Dakota Fanning, ce sont presque deux rôles totalement différents qu’elle interprète, avant et après la bombe. Loin, très loin de ses personnages de gamine blondinette. 

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Dakota Fanning, petite star surdouée

american pastoral,ewan mcgregor,dakota fanning,connellyEnfant star, Dakota Fanning semble réussir son passage à l’âge adulte. Pas toujours évident pour ces jeunes acteurs et actrices américains très connus dès leur plus jeune âge. La petite Dakota Fanning a d’abord prêté sa jolie bouille pour des sports publicitaires ou des séries télé. Dès ses premiers pas au cinéma, elle se fait remarquer pour ses dons de comédienne. Elle est la plus jeune interprète jamais sélectionnée au Screen Actors Guild Award pour sa prestation dans « Sam je suis Sam » en 2001.

Coqueluche d’Hollywood, elle est la fille, à tour de rôle en fonction des films tournés, de Charlize Théron, Robert de Niro ou Tom Cruise. Avec ce dernier elle est la co-vedette de « La guerre des mondes » de Steven Spielberg.

Devenue adolescente, place à des rôles un peu plus troubles, notamment en devenant une vampire « méchante » de Twilight. Elle y croise une première fois Kristen Stewart. La blonde et la brune se retrouvent peu de temps après dans le biopic « The Runaways ». L’histoire d’un groupe de rock féminin dans les années 70.

Un premier rôle d’adolescente rebelle, mais en moins extrémiste que sa composition dans « American Pastoral ». Dans ce film d’Ewan McGregor, elle passe de la jeune fille rebelle, prête à toutes les extrémités à une femme cassée, amorphe, totalement résignée. Une performance d’actrice époustouflante qui devrait lui ouvrir encore plus de portes dans ce milieu qui parfois a tendance à oublier les enfants devenus célèbres trop tôt. 

27/12/2016

BD : Un «faux» Jeremiah... sans Jeremiah

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Fin janvier, le festival d’Angoulême rend hommage à Hermann couronné Grand Prix en 2016. En plus de la réédition de ses plus grands succès (Bernard Prince, Comanche), le dessinateur belge continue à produire deux albums par an. Infatigable, même s’il n’a plus toute la dextérité de ses meilleures années. S’il poursuit les aventures de Jeremiah en solitaire, ses autres albums « one shot » sont souvent signés de son fils, Yves H. C’est le cas du « Passeur » qui se déroule dans un monde postapocalyptique, très semblable à celui traversé par Jeremiah et Kurdy (ils font même une apparition en début d’histoire). Un couple s’arrête dans une petite ville. Ils ont un plan et de l’argent. Trouvés sur un cadavre. Avec l’espoir de rejoindre le « Paradize », promesse de vie plus douce. Quand ils trouvent enfin le Passeur, ce dernier retient la femme en otage et réclame deux fois plus d’argent. L’homme va se maudire, la femme perdre gros et le Passeur voir la possibilité d’une rédemption. C’est très sombre, pas optimiste pour un sou, parfois un peu compliqué et trop basique dans l’intrigue mais cela reste de la très grande BD par un maître de la couleur directe qui profite de cet album pour faire des expériences entre aquarelle et acrylique.

➤ « Le passeur », Dupuis, 15,50 €

 

26/12/2016

BD : Prise de tête métaphysique

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Marc-Antoine Mathieu aime innover. Après des albums de BD où il jouait avec les formes, le papier, les surimpressions voire la 3D, il revient au récit plus classique. Format à l’italienne, un seul personnage, pas de dialogues mais un texte narratif sous chaque case. C’est un peu austère au premier abord, mais rapidement on plonge dans cette histoire de recherche d’identité. Un artiste contemporain, après une nouvelle performance dans un musée, se retrouve sans inspiration. Il découvre dans la maison de ses parents récemment décédés une malle contenant du matériel informatique. Ce sont toutes les minutes de ses sept premières années. Il se retire dans un lieu isolé et se plonge dans ce passé dont il ne se souvient pas. Une naissance à rebours qui lui permet (au lecteur également) de se demander « pourquoi sommes-nous celui que nous sommes ? » Un peu prise de tête parfois, mais édifiant quant à la démarche artistique de l’auteur et, en creux, de tout artiste voulant laisser une trace.

➤ « Otto, l’homme réécrit », Delcourt, 19,50 €

 

25/12/2016

BD : Prise de tête physique 

 

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Si vous regrettez les gags signés Claire Brétécher ou les dessins de Reiser, précipitez-vous sur ces « Scènes de la vie hormonale » signées Catherine Meurisse. La dessinatrice de Charlie Hebdo excelle dans ces petites tranches de vie où parfois elle se met en scène. Et si ce n’est pas elle, cela y ressemble... Après l’attentat, la rescapée a mis longtemps avant de réapprendre à vivre. Un long combat contre elle-même raconté dans « La légèreté ». Et puis elle s’est remise à dessiner et raconter ces petites histoires tournant toujours autour du sexe. Ce pourrait être simple, c’est forcément compliqué. Les trentenaires d’aujourd’hui sont passés à la moulinette de son regard aiguisé. Des femmes toujours insatisfaites aux amants de passage en passant par celles qui se veulent mère et maîtresse, les relations sont toujours prétexte à réflexion. On rit beaucoup par la justesse. On croit parfois qu’elle Exagère, mais trop souvent ces personnages existent bel et bien. 80 pages qui résument fidèlement l’état de désir physique d’une certaine France, celle des bobos et autres hipsters des grandes villes. A lire comme un livre d’anthropologie...

➤ « Scènes de la vie hormonale », Dargaud, 17,95 €