31/03/2017

BD : Sur le trône des enfers

 


Anton est un ado comme les autres. Et comme les autres il doit subir le divorce de ses parents. Une séparation compliquée, pleine de cris et de pleurs. Sa mère, pour l’épargner, le confie à sa sœur, la tante Méryl. Anton se retrouve déraciné, quitte son école et ses amis et se retrouve dans une vieille maison sombre et remplie de spectres. Du moins c’est ce qu’il croit. Car dans le village, Méryl a la réputation d’être une sorcière. Elle ne fait rien pour démentir, enfermée dans son chagrin après la mort de son mari. La série, écrite par Boriau et dessinée par Grelin, alterne vie à l’école (avec harcèlement par des fils de pasteur et rencontre d’une gentille fille mise au ban de la classe) et découverte des secrets de Méryl. Et finalement, les rumeurs ne sont pas si fausses car Anton apprend que la vieille bâtisse abrite quantité de démons. Démons accueillants car selon eux, Anton est le futur maître des enfers. Cette très bonne série devrait plaire aux plus jeunes, ceux qui aiment l’aventure et se faire peur.
➤ « Inferni » (tome 1), Jungle, 12,95 €

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De choses et d'autres : « Bogoss » raté

Il plaît à toutes les femmes de la planète, paraît-il. Le symbole absolu du « bogoss » (beau gosse en parler jeune) accomplit des miracles au Real de Madrid et signe CR7, comme ses initiales et le numéro floqué sur son maillot.
Christiano Ronaldo est l’objet d’un tel engouement que l’aéroport de Madère, son île d’origine, vient d’être rebaptisé à son nom. Une cérémonie officielle doublée de la présentation d’une sculpture à l’effigie de la vedette du jour. Du moins en théorie. Les invités ont eu toutes les peines du monde à reconnaître dans ce visage aux yeux décalés et à la bouche tordue le portrait de la gravure de mode dont la publicité engendre la majorité des revenus.
S’il existe des logiciels de retouches photographiques pour gommer les imperfections, le sculpteur local Emanuel Santos fonctionne à l’opposé. Le beau, il le rend disgracieux. Pour seule excuse, il a déclaré : « Même Jésus ne plaisait pas à tout le monde. » Et pour vous faire une idée, circule sur Twitter ce montage de la statue et de la photo (truquée) qui aurait pu servir de base à la sculpture. De quoi tuer dans l’œuf pas mal de vos fantasmes, mesdames.

09:10 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ronaldo, cr7, statue, madère, foot

30/03/2017

BD : Des dieux et un Messie dans "Gudesonn"



Le principe de base de « Gudesonn », nouvelle série de Convard, Boisserie et Adam (trois scénaristes pour le prix d’un) est très étonnant. Une uchronie assez dingue qui a pour base les religions. Notre monde a été façonné ces deux derniers millénaires par la domination des croyances en un dieu unique. Et si le Messie n’avait jamais imposé le christianisme, si Mahomet n’avait pas annoncé Allah ? Alors les anciennes religions seraient toujours d’actualité. D’un côté les dieux nordiques, de l’autre les grecs ou égyptiens, sans oublier incas et aztèques. Dans ce monde contemporain si différent, la fédération scandinave est toute puissante. Stockholm, sorte de capitale mondiale, a développé le commerce sur toutes les mers. Mais la puissance du Nord s’effrite. Tout doit être fait pour la maintenir. D’autant que des oracles annoncent l’arrivée prochaine d’un Messie, le fameux messager d’un dieu unique qui pourrait changer la face du monde. Réflexion passionnante sur fond de complot, de thriller et de chasse à l’homme, le tout dessiné par Mr Fab, dans un style réaliste, futuriste et efficace.
➤ « Gudesonn » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

De choses et d'autres : une photo de Claudia Cardinale, retouchée pour l'affiche du festival de Cannes, fait polémique

 
Et si pour une fois on ne se penchait pas sur ce qui va se passer le 7 mai mais plutôt le 17. Ce jour-là, après des mois à s’interroger sur l’identité du locataire de l’Élysée, plus personne ne s’y intéressera. Le 17 mai débute le 70e festival de Cannes. Strass, paillettes, fêtes auront pris le dessus sur les affaires, costumes et autres trahisons. Même s’il faut se méfier des certitudes. Premier problème, le président du jury Pedro Almodovar ne cache pas sa passion pour la corrida. Et les « vegans » de demander son boycott. De plus, comme cette année 2017 semble définitivement placée sous le signe de l’embrouille, la présentation de l’affiche officielle a immédiatement dé- généré en polémique. On y voit Claudia Cardinale, jeune, virevoltant dans une large jupe fendue. Une photo prise en 1959 sur un toit de Rome.
Photo connue qui a fait tiquer certains. En effet, si l’on compare le document original et l’affiche, on constate que la star a perdu une taille après un rabotage des cuisses et des hanches grâce aux pinceaux électroniques d’un logiciel de retouche photographique.
Le culte de la maigreur a atteint de tels sommets en ce XXIe siècle, qu’un « créatif » s’octroie le droit de modifier la perfection. Car n’en déplaise à ces néo-esthètes, les courbes de Claudia Cardinale incarnent l’idéal de la beauté.
Alors par pitié, trafiquez tous les mannequins anorexiques que vous voulez (et qui provoquent de toute manière plus d’effroi que de rêve), mais laissez les légendes intactes. 

29/03/2017

Cinéma : "Orpheline", manuel de survie féministe en milieu mâle

ORPHELINE. Quatre actrices pour interpréter la vie d’une même femme blessée


Trop souvent, les films français manquent de finition et de maîtrise. Quelques fausses notes dans l’interprétation, un montage à la serpe, des éclairages de téléfilms... « Orpheline » est l’antithèse de ces approximations qui gâchent le plaisir du cinéphile, voire le désespèrent. Mais la maîtrise absolue de la réalisation ne doit pas faire oublier le message.


Arnaud des Pallières, réalisateur primé du ténébreux « Michael Kohlhaas » a trouvé l’équilibre parfait entre forme et fond. Pourtant le parti était risqué de raconter la vie d’une femme sur quatre périodes de sa vie, avec autant d’actrices différentes et en reculant dans le temps.
■ Féminismes
S’il a mis plus de trois années à écrire le scénario, le découpage, trouver la distribution, tourner et reprendre à plusieurs reprises le montage final, ce n’est pas du luxe. Juste la volonté que le spectateur soit happé par l’existence de cette femme tentant de survivre dans un univers dominé par le genre masculin, sa violence, son désir et in fine l’asservissement des femmes.
Dénoncé par certaines féministes pour son côté voyeurisme et sexiste, « Orpheline » est pourtant un film de femmes, pour les femmes, contre les hommes. Exactement contre la « marchandisation » des femmes par certains hommes. Leur formatage aussi dès l’enfance, à vé- nérer le mâle tout puissant, à n’envisager leurs vies qu’à l’abri de leur prétendue protection.
Passée cette longue introduction pour expliquer pourquoi il faut absolument aller voir « Orpheline », sachez qu’en plus vous aurez l’occasion de voir réunies trois des meilleures actrices de la nouvelle génération. Avec, par ordre d’entrée en scène, Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos et Solène Rigot. Elles interprètent le même personnage, toujours en fuite sous diverses identités. Renée (Adèle Haenel) est institutrice. Avec son compagnon Darius (Jalil Lespert), elle tente d’avoir un enfant. A recours à la fécondation in vitro et va enfin devenir mère à 27 ans. Mais un matin, la police défonce la porte et arrête Renée. Jugée, condamnée, emprisonnée, elle doit répondre des agissements de Sandra, la jeune femme de 20 ans qui a commis un important vol.
■ Blessure d’enfance
Sandra (Adèle Exarchopoulos) prend le relais du récit. Montée à Paris, elle a répondu à une petite annonce d’un homme cherchant à adopter une fille. Relation trouble avec ce bookmaker qui en plus lui trouve un emploi dans un hippodrome. Là où elle commet son vol avec la complicité de Tara (Gemma Arterton).
Comment Sandra est-elle arrivée à Paris, nouveau recul dans le temps. Elle se nomme Karine (Solène Rigot), à 13 ans, en paraît 18, est tabassée par son père (Nicolas Duvauchelle), sort la nuit et couche avec tout ce qui lui tombe sous la main. Pourquoi, comment ? Voilà Kiki (Vega Cuzytek), petite fille de 6 ans, jouant à cache-cache dans une casse de voitures.
Un film à rebrousse-poil, dans lequel on recule dans le temps comme quand on en appelle à ses souvenirs et qu’au fur et à mesure de la réflexion, on recule de plus en plus dans son enfance, se souvenant des bons et mauvais moments. Pour l’héroïne d’Arnaud de Pallières, on comprend au dé- but du film que sa future maternité est le premier signe positif d’une vie couverte de plaies et de coups. Une lueur d’espoir, une occasion inespérée de s’amender, de se fixer, d’envisager l’avenir avec sérénité.
Reste que le déterminisme de notre société, malgré une réelle évolution des mentalités, ne laisse que peu de latitudes aux femmes en recherche d’émancipation. Il est là le message du film, charge puissante contre les hommes, par un homme qui avoue avoir eu l’impression de devenir une femme lors de l’écriture et du tournage du film. 
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Trio magique


La virtuosité cinématographique permet de passer très rapidement sur le pari le plus audacieux du film : faire interpréter l’héroïne par trois actrices différentes en fonction de son âge. Pari d’autant plus risqué qu’elles ont toutes les trois quasi le même âge. Mais la personnalité de chacune, leurs qualités de comédiennes font que l’on ne remet jamais en cause ce concept. Et grâce à une construction millimétrée, le passage d’une époque à l’autre se fait en douceur, avec la volonté affichée (et maîtrisée) du réalisateur « d’avoir un temps d’avance sur le spectateur ».


L’autre difficulté pour les interprètes était de tourner leur partie sans avoir vu les autres. Un peu comme si elles se contentaient d’un court-métrage. Solène Rigot dans la peau de Karine (13 ans), n’avait aucune idée de la prestation de ses deux amies. Elles se sont contenté d’une lecture du scénario en commun avant le tournage. Quelques éléments matériels ont permis de les rapprocher, mais c’est surtout l’œil du réalisateur qui a permis l’identification.
La répartition des rôles s’est fait comme une évidence. Solène Rigot, la plus menue, fragile, interprète cette adolescente en pleine période de rébellion contre son père. Et comme pour mieux se soustraire à sa domination, elle se donne au premier venu, fuguant, découchant, trompant les hommes rencontrés sur son véritable âge. Elle est crédible sans être vulgaire.
Adèle Exarchopoulos aurait pu interpréter le rôle de Renée. Mais finalement le réalisateur a préféré lui donner celui de Sandra, la vingtaine, paumée à Paris et prête à tout pour prendre sa chance et se sortir de cette vie sans but.
Adèle Haebnel, dans le rôle de la femme mûre, celle qui semble avoir tiré un trait sur son passé mouvementé, est particulièrement émouvante. Car elle semble marquée par une malédiction venue de la petite enfance. Elle qui n’a pas eu de mère, élevée à la dure par son père ferrailleur, rêve de donner tout son amour à l’enfant qu’elle porte enfin. Mais le passé la rattrape et une nouvelle fois elle prend la fuite pour ne pas devoir accoucher en prison.
Au-delà de l’histoire, forte et basée en partie sur la véritable vie de la co-scénariste, Christelle Berthevas, « Orpheline » est de ces rares films qui offrent des rôles en or à des comédiennes, loin des comédies hystériques ou des biopics améliorés. La vie d’une femme. Simplement. 

DVD et blu-ray : L’amour, la vie, l’avenir

Si les histoires d’amour finissent mal en général, qu’en est-il de l’Histoire de l’amour ? Réponse en regardant ce film de Radu Mihaileanu sorti l’an dernier et dont les versions DVD et blu-ray sont en vente aujourd’hui avec en bonus de nombreuses scènes coupées.
Une œuvre fleuve avec en toile de fond le drame de la seconde guerre mondiale, les séparations, les déportations massives des juifs, leur extermination méthodique, le retour des rares rescapés. Le réalisateur a fait le choix de mélanger les époques, sans transition, passant d’un monde à un autre.


Dans le New York du début des années 2000, Léo (Derek Jacobi), un serrurier à la retraite vit seul. Il n’a plus qu’un ami, Bruno, comme lui originaire de Pologne. La Pologne, des décennies plus tôt. Léo et Alma (Gemma Arterton) filent le parfait amour au village. Mais les nazis approchent. Ils se jurent fidélité, s’aiment une fois et la jeune femme va se réfugier à New York. Elle emporte deux promesses : que Léo n’aime personne d’autre qu’elle et qu’il lui écrive un roman. C’est la fameuse « Histoire de l’amour », roman volé, disparu puis retrouvé, fil rouge du film. Un manuscrit qui sera rendu à Léo par une autre Alma (Sophie Nélisse), jeune fille qui elle aussi rêve de devenir «la femme la plus aimée du monde».
Tourné en grande partie à New York, le film du réalisateur d’origine roumaine s’éclaire avec de multiples touches d’humour et des personnages drôlatiques comme le petit frère de la jeune Alma, persuadé qu’il est un des élus qui portent le monde sur leurs épaules. Bonne excuse pour ne pas faire les courses ou la vaisselle... 
➤ « L’histoire de l’amour », Wild Side Vidéo, 14,99 € le DVD, 19,99 € le blu-ray. 

28/03/2017

Roman : Dans la tête d’une femme amoureuse

 

Gilda a un gros défaut : tomber follement amoureuse des hommes à problème. En plein été, lors d’une soirée chez sa sœur, Patrick entre dans sa vie. En plein divorce, il lui avoue être assez pessimiste. Et si c’était lui le grand amour de sa vie ?
Elle le recontacte, malgré les avertissements de Lady, son double qui « vit dans sa conscience ». Ce roman de Géraldine Barbe, au ton léger et désinvolte, parfois naïf, permet aux hommes de comprendre comment fonctionnent les femmes. Ces dernières se reconnaîtront certainement dans les aventures sentimentales de Gilda. Ensuite, dans ce roman, on ne peut que se demander quelle est la part de fiction et de vécu. La réponse vient de la bouche de Lady : « Les auteurs sont une race à part. Tout ce que je peux en dire c’est que contrairement à la croyance populaire, ils ne vivent pas d’amour mais de fantasmes. »
Alors, à vous de tenter de démêler le vrai du faux, de rire ou pleurer, de croire ou d’être sceptique sur les amours de Gilda. 
➤ « Tous les hommes chaussent du 44 » de Géraldine Barbe, Éditions du Rouergue, 14,50 €

De choses et d'autres : Elève Macron, au piquet !

« Elève Macron, au piquet ! » La formation de banquier peut mener à la présidence de la République, mais n’est pas la panacée en géographie. Emmanuel Macron en a sorti une belle ce weekend.
Alors que les journalistes l’interrogent sur son sentiment face à la crise et la grève générale en Guyane, il répond, sérieux, « bloquer le fonctionnement de l’île ne peut être une réponse apportée à la situation. » Petit rappel : le département, frontalier avec le Brésil et le Surinam, n’est pas une île. Comment expliquer cette erreur ? Les fans ont compris « île de Cayenne », expression utilisée pour désigner l’agglomération. Un peu tiré par les cheveux. J’opterai plutôt pour une généralisation de ce que l’on désigne comme les « poussières de l’empire », ces territoires perdus sur les océans. Iles minuscules, derniers vestiges d’une puissance coloniale. La Réunion où il tenait meeting justement, Tahiti, Wallis, la Guadeloupe, Miquelon… toutes des îles. Sauf justement la Guyane. Le piège !
Ce n’est pas la première fois que le candidat d’En Marche trébuche en géographie. Dans son livre programme, il situait Villeurbanne en région lilloise.
A la place de ses soutiens, je me méfierais de ses prochains voyages. S’il vient à Perpignan, le terrain est miné. Il est capable de dire que la population est fière de la reconnaissance de sa langue… l’occitan. Ou pire, que Barcelone est la capitale de l’Espagne. Gare à la troisième erreur élève Macron, vous risquez le redoublement.
(Chronique parue le 28 mars en dernière page de l'Indépendant) 

27/03/2017

Livres de poche : des auteurs originaux et rigolos

 


Quim Vargas est détective privé. Un vrai de vrai, qui officie à Bourges. Pour sa 3e enquête, son créateur, Olivier Bardy (un Catalan exilé dans le Berry) le plonge dans le grand cirque politico-médiatique de l’élection présidentielle. Exactement c’est son garde du corps, surnommé la Légion, qui a décidé de briguer le titre suprême. Jeux de mots dans chaque phrase, caricature hilarante : Bardy a beaucoup lu San-Antonio et en est devenu un digne disciple.
➤ « Môa président », De Borée, 9,90 €



Avec sa chienne Priscilla affublée d’une banane rose, Elvis sillonne les routes au volant de sa Cadillac ornée de cornes de vache pour aller donner des concerts. Abandonné à l’âge de 5 ans près des toilettes d’un restoroute, il a été recueilli par un couple d’épiciers fans de Georgette Plana, et est devenu Ze sosie officiel du King ! Nadine Monfils n’a pas son pareil pour imaginer des « monstres » littéraires.
➤ « Elvis Cadillac », Pocket, 6,30 €



Dans ‘Le Degré zéro de l’écriture’, Roland Barthes développe une savante théorie linguistique difficilement accessible aux non-initiés. Burnier et Rambaud s’en sont donnés à cœur joie en « dézinguant » le sabir du maître à travers ce dictionnaire « franco-Barthes » aussi iconoclaste que réjouissant. Tous les admirateurs de Barthes dotés du sens de l’humour sauront apprécier cet hommage repris en poche dans la collection « Le goût des mots ».
➤ « Le Roland-Barthes sans peine », Points, 5,90 €


De choses et d'autres : Pour et contre les allergies


Grande découverte scientifique : un laboratoire français vient de mettre au point un patch contre l’allergie aux arachides. Mine de rien, les cacahuètes sont redoutables. Dans la série télévisée américaine « The Big Bang Theory », un des personnages, Howard, redoute plus que tout le moindre résidu d’arachide dans ses plats préparés. Si par malheur il en ingurgite un soupçon, le choc anaphylactique le transforme en bonhomme Michelin, lui qui d’ordinaire pèse 40 kilos tout mouillé.
Une source de gags inépuisable, aujourd’hui compromise par la découverte française. Il restera aux scénaristes l’autre allergie de la série, celle de Leonard, intolérant au lactose. Pas de risque de mort rapide dans son cas mais des flatulences incontrôlables. Effet comique assuré pour qui sait rire de tout.
Personnellement, je préférerais un produit qui rend allergique. Comme dans Tintin et les Picaros : le capitaine Haddock ne peut plus ingurgiter la moindre goutte d’alcool sans avoir envie de recracher tant cela lui semble infect. Moi qui me bats sans cesse contre les kilos en trop, si la charcuterie prenait le goût du céleri cru, je fondrais à vue d’œil.
Mais le top serait d’inventer un remède contre le mensonge. Un perturbateur endocrinien qui vous oblige à dire la vérité. Certainement dévastateur pour nombre de Français dans leur vie quotidienne, mais au moins on bénéficierait d’une campagne électorale beaucoup plus digne. 
En bonus, Howard aux urgences (en vo) :

26/03/2017

BD : L’écrivain et son double

 


Rodolphe au scénario, Griffo au dessin : ce sont des valeurs sûres de la BD qui signent le premier tome de « Dickens & Dickens ». Dans le Londres du milieu du XIXe siècle, Charles Dickens, journaliste et romancier, aime se promener de nuit dans Londres. Il remarque un homme qui le suit. Un inconnu qui lui ressemble étrangement. Intrigué il demande à deux détectives, peu regardant sur les manières utilisées, de lui faire comprendre que cette filature doit cesser. Retrouvés égorgés, Dickens prend peur. À juste titre car l’inconnu n’est autre que lui. Réinventant le mythe du double fantôme (doppelganger) et de Dr Jeckyll et M. Hyde, l’histoire imaginée par Rodolphe permet à Griffo de dessiner des ambiances troubles avec fog et redingotes.
➤ « Dickens & Dickens » (tome 1), Vents d’Ouest, 14,50 € 

Polar : Écoutes fructueuses pour "La Daronne"

 

Ce polar de Hannelore Cayre commence comme un roman français contemporain. La vie du personnage principal, détaillée sur la première moitié du livre, est originale mais loin, très loin de la pègre. Petite fille sauvage, ses parents ont fait fortune dans le transport international. Mariée à un entrepreneur, elle a connu le vertige de l’extrême richesse quelques années. Mais un AVC a tout fait chavirer.
Depuis, elle vit seule dans un petit appartement parisien et survit en servant d’interprète pour les stups. D’origine juive, elle parle parfaitement l’arabe. Souvent mieux que les petits dealers qu’elle écoute à longueur de journée. Fière de son titre de veuve, à presque 50 ans elle tourne un peu en rond.
Alors, dans la seconde partie du roman, elle plonge dans l’inconnu quand un go fast tourne mal. Elle garde les informations pour elle et récupére des centaines de kilos de résine. Seule, elle devient la Daronne et va changer sa vie. Celles de beaucoup de truands et de flics aussi car quand de si grosses quantités disparaissent, les lésés sont très nombreux.
➤ « La Daronne » de Hannelore Cayre, Métailié Noir, 17 €

25/03/2017

BD : La vie avant les voyelles



Le titre de la série interpelle. Au début tout le monde lit Franck. Mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de « a ». Frnck : quel drôle de nom pour un héros. Au début de l’histoire, ce gamin d’une dizaine d’années, orphelin, a bien la voyelle dans son nom. Sur le point d’être adopté, il préfère s’enfuir et en pleine forêt, tombe dans un trou d’eau. Quand il émerge, il a changé d’époque. Il est à la préhistoire. Pour preuve il se retrouve nez à nez avec un tigre aux dents de sabre. Des sauvages le sauvent. Et c’est là qu’il constate qu’ils parlent sans la moindre voyelle. Entre fantastique et humour, cette série écrite par Olivier Bocquet et dessinée par Brice Cossu est particulièrement entraînante. Les tribulations de Frnck chez Cro Magnon font rire, même si on devine, en arrière-plan, une intrigue familiale plus complexe.
➤ « Frnck » (tome 1), Dupuis, 9,90 €

24/03/2017

BD : Plaies d’Afrique dans "Katanga" de Nury et Vallée

 

Dans « Il était une fois en France », Fabien Nury et Sylvain Vallée ont romancé les pires heures de la collaboration. Le même duo se reforme pour retracer la période tout aussi trouble de la décolonisation. L’histoire se déroule au Congo en 1960. La Belgique vient d’accorder au pays son indépendance. Au grand désespoir des groupes miniers obligés de traiter avec les nouveaux maîtres du pays. À moins de provoquer une scission du pays. C’est ce qui se passe au Katanga, une des régions les plus ruches du pays. Un gouvernement fantoche est mis en place et des mercenaires engagés pour former les soldats locaux et maintenir l’ordre autour des mines de diamants et de cuivre. Dans ce premier tome, les principaux personnages sont présentés, du gangster corse au ministre katangais descendant du créateur du royaume en passant par la prostituée engagée comme espionne. 72 pages denses, pleines d’actions violentes, de rebondissements et de suspense. Du très grand spectacle comme Fabien Nury sait si bien en écrire pour son dessinateur.
➤ « Katanga » (tome 1), Dargaud, 16,95 €


De choses et d'autres : collectionnite


La publication du patrimoine des candidats à l’élection présidentielle permet, en plus d’évaluer leur richesse, d’en savoir un peu plus sur leur personnalité. Prenez François Fillon, présenté comme un fou de bolides. Le choix de ses voitures personnelles n’en donne pas l’impression. Il en possède deux seulement, un Toyota Land Cruiser pas spécialement réputé pour ses vitesses de pointe, vieux de 15 ans (estimé à 5 000 €) et une Peugeot 306, encore plus vétuste. Pour remporter les 24 h du Mans, il peut aller se rhabiller. Justement, rien sur les costumes à 7 000 €. Normal, ne doivent être déclarés que les objets de plus de 10 000. Par contre, comme Julien Dray ou Nicolas Sarkozy, il raffole des montres. Il en a également deux. Mais à plus de 13 000 € pièce, on ne peut parler de simples breloques.
Nicolas Dupont-Aignan a craqué pour une sculpture à 25 000 €. Une œuvre de Denis Monfleur, élève du Catalan José Subira-Puig. Autre amateur d’art, Jacques Cheminade aime les objets préhistoriques et précolombiens à hauteur de 18 000 €. On a enfin retrouvé le propriétaire du couteau de Rahan.
Je regrette que Laurent Wauquiez ne soit pas candidat. Passionné de bande dessinée, il détient une collection gigantesque. Et que des originaux. Avec quelques dédicaces dans le lot, la somme peut devenir astronomique. S’il cherche un expert pour l’estimer, je me porte volontaire. Toujours mieux en tout cas que Nicolas Sarkozy qui en 2012 a déclaré des collections d’autographes et de montres d’une valeur de 100 000 euros. Sans compter ses timbres. Mais ça, je les lui laisse. 

De choses et d'autres : l'Eden français


Et si toutes les solutions à nos problèmes se trouvaient dans les émissions de télé- réalité ? Celles du genre de Survivor, devenue Koh Lanta en France. En Angleterre, ils ont poussé le concept encore plus loin. Eden, dans un coin retiré d’Ecosse, suivait la vie d’un groupe coupé du monde pendant une année complète. Ils viennent de mettre fin à l’expérience. Avec une surprise au bout du suspense : l’émission n’a pas rencontré le succès escompté et n’est plus diffusée depuis six mois. Channel 4 a quand même continué à tourner mais n’en diffusera qu’un résumé programmé « prochainement ».
La campagne de la présidentielle avec ses coups bas, révélations et attaques incessantes me rappelle par moment un mauvais épisode de Koh Lanta. Pour mettre fin à ce chaos électoral, pourquoi ne pas larguer les 11 finalistes sur une île déserte et les laisser se débrouiller entre eux quelques mois. Hamon signera-t-il enfin l’alliance avec Mélenchon ? Macron, sans ses soutiens, retombera de son piédestal, bon élève en théorie mais incapable de scier une branche ou d’attraper le moindre poisson. Marine Le Pen, trop autoritaire, risque de se retrouver bannie du groupe en quelques heures. Fillon, en teeshirt et bermuda, rencontrera l’unique l’occasion de vivre tel un simple quidam.
Et tous ne viseront qu’un but : devenir meilleur pote avec Jean Lasalle, le seul capable de traire une brebis, et Philippe Poutou, ouvrier adroit de ses mains.

23/03/2017

DVD : Rap et peinture dans "Tour de France"


Gérard Depardieu ne pouvait pas rêver de meilleur rôle pour son état d’esprit de ces dernières années. S’il a voulu s’exiler en Belgique, qu’il a pris la nationalité russe, ce n’est pas pour fuir la France et ses impôts. Plus justement, il veut être ailleurs, sur les routes, à la découverte du monde.


Dans « Tour de France », film de Rachid Djaïdani, il interprète Serge, un vieil homme fatigué, lancé dans un tour de France des ports de France. A chaque escale, des ports de la Manche à La Rochelle en passant par Sète ou Marseille, il reproduit une peinture de Joseph Vernet, peintre marin du XXIIIe siècle. Un voyage qu’il veut accomplir avec son fils. Mais ce dernier se décommande et confie le volant de la vieille camionnette paternelle à un ami : le rappeur Far’Hook (Sadek). Le tête à tête entre le Français aigri et le jeune arabe fait des étincelles. Mais rapidement les deux trouvent un terrain d’entente. Serge a besoin d’un chauffeur et Far’Hook, pris dans une embrouille entre bandes rivales, doit se faire oublier durant quelques semaines.

Le film, petit budget mais vrai road-movie, est parfois émouvant, parfois grave, voire énervant quand on détaille les histoires de rivalités entre rappeurs. Il est aussi un peu moralisateur.
Reste Depardieu. Excellent. Toujours excellent. Sa masse, ses murmures, ses emportements. Certes il fait du Depardieu, que du Depardieu. Mais il incarne si bien cette France un peu désuète, nostalgique et râleuse mais toujours aussi foncièrement bonne, solidaire et fraternelle. Ce n’est pas le frais minois de la Miss Univers qui devrait être pris pour modèle afin d’incarner la nouvelle Marianne mais la bonne bouille et le gros nez de Gérard Depardieu.
● « Tour de France », Studiocanal, 19,99 €

De choses et d'autres : La banque trace la route

Il ne faut pas désespérer des banquiers. Ils peuvent toujours s’amender et choisir une nouvelle voie. Je ne parle pas des employés de banque, ceux qui subissent les remontrances au comptoir ou des gestionnaires de comptes, obligés de conseiller une centaine de clients dont un bon tiers se retrouve régulièrement à dé- couvert. Non un banquier, souvent « d’affaires », est cet homme en costume trois pièces qui parle toujours gros sous et dont l’unité de calcul est le K€ pour les moins ambitieux, le milliard pour les hauts placés. Emmanuel Macron en constitue un parfait exemple, qui a gagné en quelques années à la banque Rothschild autant que dix smicards en une vie de dur labeur. Certains à gauche éprouvent quelques réticences à lui accorder leur confiance. Pourtant il n’est pas le premier à changer d’orientation professionnelle. 


Le regretté Henri Emmanuelli, homme de gauche tonitruant et intransigeant avec les puissances de l’argent, a entamé lui aussi sa carrière à la banque Rothschild. A 24 ans il rejoint l’établissement, y reste neuf ans avant d’être élu député. Je ne pense pas que Macron devienne, comme le « patron des Landes », un « rouge » qui terrifiait en son temps les « sociaux-mous » du PS. Mais allez savoir. 


Et puis on trouve de tout chez les anciens banquiers. De Georges Pompidou à François-Xavier Demaison, qui quitta son costume de financier pour se glisser dans celui de comique. La reconversion mène à tout je vous dis. 

22/03/2017

Cinéma : Les Catherine (Frot et Deneuve) au carré dans "Sage femme"


SAGE FEMME. Deux femmes, l’une sage, l’autre moins, vedettes du film de Martin Provost.


Le constat est de Martin Provost, scénariste et réalisateur de « Sage femme » : « Le casting dans un film, c’est presque plus important que la technique. » Pour son film sur la rencontre entre deux femmes que tout oppose, il a écrit l’histoire en pensant, d’emblée à Catherine Frot et Catherine Deneuve. Un projet risqué car il n’est jamais évident de convaincre des actrices de rejoindre une production.
Par chance, il a su les convaincre et leur permettre d’interpréter ces deux personnages forts. Pourtant leurs techniques sont radicalement différentes selon le réalisateur. « Catherine Frot est très structurée, tout doit être clair dans sa tête, alors que Catherine Deneuve est comme une équilibriste, elle est dans l’instant, la vérité de l’instant. » Deux tempéraments opposés, comme dans le film, qui finalement se complètent, se bonifient.
Claire (Catherine Frot), est sagefemme dans une petite maternité sur le point de fermer. Elle vit simplement pour son métier avec passion et dévouement. Quand elle reçoit un appel de Béatrice (Catherine Deneuve), elle préfère dans un premier temps l’ignorer. Cette femme, l’ancienne maîtresse de son père, ne lui a laissé que de mauvais souvenirs. Sa bonté cependant lui impose de la rencontrer. Elle se rend chez elle, dans Paris, découvre une femme encore très belle, mais taraudée par les remords. Un premier entretien froid. Béatrice a quitté le père de Claire du jour au lendemain. Il y a plus de 20 ans. Depuis plus une seule nouvelle.
Béatrice demande, l’air enjouée et désinvolte des nouvelles de cet homme, le seul qu’elle a aimé selon elle. Claire se braque, devient sèche. Et finalement décide de tout raconter, sans prendre de pincettes. Une vérité qu’elle lui crache au visage : peu de temps après son départ, son père s’est suicidé de chagrin, une balle dans le cœur.
■ Duo de rêve
On imagine le choc pour Béatrice. Mais aussi pour Claire, comme si la meurtrière de son père revenait la hanter. La richesse du film, son humanité, réside dans la personnalité de Claire. Sage-femme, elle aime la vie, donner la vie. Et malgré la douleur, sait pardonner. Car Béatrice, empêtrée dans des problèmes d’argent (elle a toujours joué et trop souvent perdu) lui demande de l’aide.
Les deux femmes vont se rapprocher et tenter de s’apprivoiser. Par nécessité pour Béatrice quand elle se retrouve à la rue, par compassion pour Claire. L’envie aussi de changer la direction de sa vie. Noyée dans son travail, elle s’est oubliée. Au contact de Béatrice elle va se redécouvrir et même tomber amoureuse d’un voisin (Olivier Gourmet), chauffeur routier libre et compréhensif.
Un formidable duo d’actrices, qui donne envie de vivre, d’oublier les soucis, de profiter des moments présents et de relativiser toutes ces rancœurs du passé ou incertitudes de l’avenir. Une superbe bouffée d’optimisme avec une histoire toute simple, preuve que le cinéma, parfois, sait étonner sans esbroufe. Mais pour cela on ne peut que donner raison à Martin Provost, le casting est important. Dans « Sage Femme » il est éblouissant. 
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Maternité, mères et accouchements
 
 

En fil rouge du film de Martin Provost, on découvre le métier de sage-femme et l’évolution des maternités françaises. Claire officie depuis plus de 20 ans dans ce service. Elle est devenue l’experte, celle qui a accompagné la naissance d’enfants comme cela se passe depuis la nuit des temps. Elle en a sauvé aussi beaucoup, apte à trouver toutes les solutions quand un problème surgit. Mais ce modèle semble passé de mode en France. Le service dans lequel elle travaille va fermer. Trop petit... Elle ne se retrouve pas au chômage. Au contraire son expérience est convoitée par le gros centre qui va récupérer les accouchements. Mais pour elle « hors de question d’aller travailler dans cette usine à bébé ».
Pour les besoins du film, l’actrice a appris les gestes pour aider une maman à mettre au monde. Et Martin Provost, particulièrement à cheval sur la réalité de ses images, a tenu à filmer de véritables accouchements. Un challenge pour Catherine Frot qui explique, dans le dossier de presse, « J’ai d’abord demandé à assister à des accouchements afin de savoir si je pourrais éventuellement avoir des gestes appropriés. J’ai réalisé que tout ça était finalement très naturel, très normal. J’ai pris ensuite des cours avec une ancienne sage-femme qui m’a fait répéter sur des mannequins. J’étais un peu inquiète à la première prise une fois sur le plateau, mais tout s’est merveilleusement bien passé. D’habitude, mon métier d’actrice m’oblige à être dans l’illusion et là j’ai dû aller au-delà de ça, sans état d’âme » Une « vérité » évidente dans le film qui dans ces séquences a des airs de documentaire.
Catherine Frot réalise l’exploit d’être crédible en toute occasion : quand elle tombe amoureuse, quand elle rejette Béatrice, quand elle apprend qu’elle va devenir grand-mère. Et quand elle aide de véritables bébés à naître...

BD : "Gérard", un portrait intimiste d'un monstre du cinéma français


Acteur incontournable du cinéma français depuis près d’un demi-siècle, Gérard Depardieu ne laisse personne indifférent. Ses positions politiques à l’emporte-pièce l’ont parfois coupé d’une partie de son public. Mais il reste envers et contre tout entier, ours mal léché, fils de prolo passionné d’art, capable de gentillesse comme de colères homériques. Pour mieux comprendre cet homme que la vie n’a pas épargné, le mieux est encore de le suivre au quotidien, entre tournage, voyages d’affaires et autres enregistrement d’émissions culinaires aux quatre coins de l’Europe. L’exercice est périlleux, mais Mathieu Sapin, dessinateur de BD, a accepté le challenge. Cela donne un gros roman graphique de 160 pages, de son hôtel particulier parisien à Moscou en passant par le Portugal ou la Catalogne.



Tout a commencé en 2012. Mathieu Sapin accompagne Gérard Depardieu en Azerbaïdjan à l’occasion du tournage, pour Arte, d’un documentaire sur les traces d’Alexandre Dumas. Une relation unique se noue entre les deux artistes. Dès lors, Gérard Depardieu va inviter Mathieu Sapin à partager son univers, ses pensées (philosophiques ou triviales), ses coups de gueule.
■ Homme attachant
Le petit dessinateur (pas tant que cela, mais tout le monde semble petit à côté des 140 kg de Depardieu), à force de gribouillages sur ses carnets, d’écoute et d’observation obtient l’amitié de l’acteur. Ce n’était pas gagné. Gérard a la relation sélective. Et peut être odieux avec quelqu’un qu’il a dans le nez. Mathieu Sapin le raconte sans détour quand l’acteur, au Portugal, prend en grippe le serveur d’un restaurant. Il ne cessera de le harceler et s’en explique ensuite auprès de son « biographe » : « Je peux continuer de les vexer jusqu’à ce que je voie qu’ils souffrent, et là je dirai ‘Je te demande pardon, je le ferai plus’».
On n’apprend rien d’essentiel sur Depardieu et ses provocations (Poutine, exil fiscal...) mais on découvre un homme beaucoup plus tendre et profond qu’il n’y paraît. Sapin sait se rendre invisible comme quand il surprend l’acteur en train de caresser et de discuter avec un vieux chien qui pue. On provoquer des confidences, comme s’il était un vieil ami de toujours.
Clairement subjectif, l’auteur est tombé sous le charme. Il ne lui pardonne pas tout, mais presque. Comme l’explique Marina Foïs à François Hollande (Sapin a ses entrées à l’Elysée) : « Je l’aime sans réserves ! L’acteur qu’il est fait que je ne veux rien juger du reste. (…) Le monde est devenu trop étriqué pour Gérard. Il cherche de nouvelles émotions, mais il n’y a plus rien qui soit à sa mesure ». Au total, Mathieu Sapin est resté « cinq années dans les pattes de Depardieu ». Un témoignage drôle et émouvant.
➤ « Gérard. Cinq années dans les pattes de Depardieu » par Mathieu Sapin, Dargaud, 19,99 €