09/05/2017

BD : Pigalle, sa nuit et ses cadavres

 


Nostalgie quand tu nous tiens. Noël Simsolo ne cache pas son amour du cinéma noir des années 50. Dominique Hé, lui, est un adepte de la ligne claire. Ensemble ils ont déjà signé une série se déroulant à Hollywood au milieu du XXe siècle. Ils récidivent avec « Les miroirs du crime », mais en version française puisque l’essentiel de l’intrigue se déroule dans les cabarets de Pigalle. Guy Natale, patron de « La Perle Noire », flirte avec le monde du crime tout en conservant une relative honnêteté. En clair, il refuse de prostituer ses danseuses et de vendre de la drogue. Une intégrité qui n’est pas du goût des nouveaux caïds du quartier. Il échappe à un guet-apens, sauvé par un clochard. Guy prend soin de son « ange gardien » et va devoir mener une lutte sans merci contre des tueurs sans foi ni loi. Difficile combat dans lequel il recevra l’aide d’un policier cachant son jeu. Il mène une vendetta contre le chef de gang qui en veut à Natale. Ambiance film noir dans cette BD prévue en deux parties. On croise d’ailleurs le cinéaste JeanPierre Melville dans un cabaret et même Léo Malet, en plein repérage pour son nouveau roman policier qui verra l’éclosion d’un célèbre détective privé français. Nostalgie...
➤ « Les miroirs du crime » (tome 1), Glénat, 13,90 €

De choses et d'autres : Presque 66,11


N’en déplaise aux défaitistes et autres tenants des calculs alambiqués intégrant abstention, bulletins blancs et nuls comme autant de votes de défiance face à Emmanuel Macron, le nouveau président, en dépassant les 66 % a rassemblé davantage que les simples anti FN sur son nom. Sa jeunesse, son audace et son pari fou ont séduit des millions de Français heureux de voter pour une offre différente que les rediffusions des précédentes campagnes électorales, de Fillon, ancien Premier ministre à Mélenchon, plus jeune sénateur socialiste il y a quelques décennies. Sans oublier bien sûr la fille de son père, comme si l’extrémisme de droite se transmettait comme une lignée royale. Macron vient de nulle part (question parcours politique), c’est son principal mérite.
Sur son score, il s’est trouvé une personne à y voir un signe. Christine Boutin a relevé dans un tweet hier matin (avant le décompte du vote des Français de l’étranger) qu’il obtient 66,06 % des voix. Comme s’il y avait un présage dans ce triple six, symbole du Mal depuis l’obscurantisme moyenâgeux.
Dimanche soir, avec des collègues, on a aussi glosé sur le chiffre final. « S’il termine à 66,11 %, c’est forcément bon signe pour nos deux départements, les Pyrénées-Orientales et l’Aude. » Finalement le ministère de l’Intérieur a mis tout le monde d’accord hier midi. Ce sera 66,10 %. L’Aube a détrôné l’Aude... 
(Chronique parue le 9 mai en dernière page de l'Indépendant)

08/05/2017

BD : Voleurs, poison et magie dans « Venosa »



La ville de Venosa a mauvaise réputation. Cité marchande très fortifiée, elle abrite plusieurs guildes. Celle des brigands et voleurs n’est pas la plus forte. Mais elle a de l’honneur. Les autres ont délibérément choisi le pire commerce possible : la drogue. L’opalium, qui se fume, est devenue la pire menace du royaume. Aussi le roi assiège la forteresse dans l’espoir de faire cesser le trafic. Sur cette trame d’héroic fantasy, Olivier Milhiet, rajoute un peu de magie et beaucoup de complot. Sans compter une multitude de personnages et des monstres à foison. Une plongée dans un riche imaginaire, étonnante et passionnante. On suit plus particulièrement Epine, voleur plus intelligent que la moyenne, Gargarine, chef de la police et du renseignement, Neige, la fille du roi, droguée et en manque et le fameux Ibzik, droguiste et magicien de son état. Ce nain est celui qui va relier l’ensemble. Il connaît la drogue, fait chanter Epine, n’aime pas Gargarine et surtout a le moyen d’aller de l’autre côté du quartier maudit, là où les habitants de Venosa n’osent plus mettre les pieds depuis des décennies. Riche, dessinée dans un style très personnel, cette série confirme le talent d’Olivier Milhiet.
➤ « Venosa » (tome 1), Delcourt, 14,50 €

10:59 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : venosa, milhiet, delcourt

07/05/2017

Livres de poche : trois échappatoires pour fuir une certaine réalité

 


Joseph, 37 ans, mène sa barque comme il peut. Comme tout le monde. Atteindre le soir, le lendemain. La fin du mois. Les prochains congés. Finalement rien n’a changé depuis l’enfance. Mais il n’est plus un enfant, il en a un, Noé, et le bateau prend l’eau. La mère de l’enfant s’en va puis l’enfant à son tour – le temps des vacances. Joseph déboussolé prend le maquis. Le baron perché se serait réfugié dans son arbre. Joseph, lui, commence par grimper dans la cabane qu’il a construite dans un arbre du jardin.
➤ « La part des nuages », Thomas Vinau, 10/18, 6,60 €

 


Tout commence alors que Myriam est encore adolescente. Extrêmement introvertie, elle vit chez son père qui l’a élevée seul. La mort de leur voisine fait débarquer dans le quartier un homme d’une quarantaine d’années, Yann, qui très vite devient son premier amant. Chronique d’une émancipation borderline, ce roman raconte une vie hors des codes, entièrement construite à la faveur de rencontres et de situations. On croit tout savoir de Myriam, mais peut- être nous a-t-on caché l’essentiel ?
➤ « Dispersez-vous, ralliez-vous ! », Philippe Djian, Folio, 6,60 €


Ça bouge au 36 Quai des Orfèvres. De nouvelles recrues rejoignent les rangs de la brigade maudite du commissaire Anne Capestan, dont Saint-Lô, sorti de l’hôpital psychiatrique et Ratafia, rat policier. Sale affaire pour l’équipe de bras cassés : trois assassinats éparpillés sur le territoire. Dialogues hilarants, suspense et dérision... après le succès de Poulets grillés (Prix Polar en série, Prix des lecteurs du Livre de Poche), Sophie Hénaff récidive. On adore !
➤ « Rester groupés », Sophie Hénaff, Le Livre de Poche, 7,30 €

06/05/2017

Livre : Devenez incollable sur le cinéma

 


L’époque est au court. Au bref. Au succinct. On veut tout savoir, mais vite et sans se prendre la tête. Exemple avec ce gros livre de plus de 300 pages fourmillant d’informations utiles ou légères sur le 7e art. « Le zapping du cinéma » est organisé par thèmes, avec à chaque fois une dizaine d’entrées. Par exemple, au rang du « politiquement incorrect », on trouve les premières œuvres de Peter Jackson comme le film de marionnettes « Meet the Feebes » ou « Tueurs nés » d’Oliver Stone avec aussi le rare et bourré de violence gratuite « Rampage » de Uwe Boll, présenté comme le « pire réalisateur de tous les temps ».
En plus de nous faire réviser nos grands classiques, le Zapping déniche nombre de pépites injustement oubliées. Le tout dans une présentation très graphique et riche en illustrations.
➤ « Le zapping du cinéma », Larousse, 17,95 €

05/05/2017

DVD et blu-ray : Paterson, le conducteur poète roule dans les rues de Paterson


Un cahier, un stylo, quelques mots : la beauté. La vie de Paterson, chauffeur de bus dans la ville de Paterson dans le New Jersey, se résume à ces mots qu’il griffonne le matin avant de lancer le moteur de son véhicule et le soir sur sa minuscule table installée dans la cave de son domicile. Des mots qui, alignés avec grâce et intelligence, deviennent des poèmes, comme autant d’instantanés de la vie quotidienne. « Paterson » de Jim Jarmusch est un poème filmé, aux images épurées comme ces vers longtemps tournés et retravaillés dans l’esprit du héros. Une œuvre d’art.
Lundi matin. 6 h 15. Paterson (Adam Driver) se réveille à côté de sa fiancée, Laura (Golshifteh Farahani). Il déjeune d’un bol de corn-flakes et se rend au dépôt. Il échange quelques mots avec un superviseur qui croule sous les problèmes. Durant la journée, il écoute les conversations des passagers. Lors de sa pause, il regarde des chutes d’eau, déguste le sandwich préparé par Laura. Le soir, il rentre, en n’ayant pratiquement pas prononcé la moindre parole. Laura lui raconte ses envies, de devenir riche, célèbre, avant de lui demander de sortir Marvin, le chien. Paterson en profite pour boire une bière dans le bar de Doc (Barry Shabaka Henley) et de discuter avec lui de la renommée de la ville, de ses célébrités comme Lou Costello, la moitié du duo comique du siècle dernier.


Le lendemain il recommence. Inlassablement, infatigablement, avec juste la poésie pour le faire avancer. Des textes qu’il garde dans un carnet secret. Une semaine de la vie de Paterson, quelques poèmes sur une boîte d’allumettes ou la pluie.
Amateurs de courses poursuites à la « Fast & Furious » ou de dérision futuriste genre « Gardiens de la Galaxie », passez votre chemin. « Paterson » c’est bien mieux que cela. Un film qui parle à votre monde intérieur, celui que vous cachez ou que vous ne soupçonnez même pas posséder au plus profond de votre intelligence. Laissez-vous gagner par cette routine de la poésie. La vie n’en sera que plus belle. 
➤ « Paterson », Le Pacte Vidéo, 19,99 €

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De choses et d'autres : classe chahuteuse


Difficile d’établir une analyse politique du débat du second tour. Comment comparer le fond des projets quand la forme prend le dessus ? La « combativité » de Marine Le Pen, selon son camp, ressemblait plutôt à une « agressivité » empêchant toute argumentation sérieuse. L’analogie avec une salle de classe est frappante. A l’opposé cependant de la remarque douteuse de la candidate du FN sur la volonté d’Emmanuel Macron de « jouer à l’élève et au professeur ».
Le leader d’En Marche ! Tenait plutôt le rôle de l’étudiant qui a consciencieusement préparé un exposé. Mais arrivé devant ses camarades, au moment de présenter son travail, se retrouve face à une classe chahuteuse. Avec dans le rôle du cancre, celui qui redouble et n’en a plus rien à cirer de ses notes, une Marine Le Pen intenable. A chaque début d’explication de l’élève Macron, Le Pen lui jetait une boulette de papier, faisait du bruit pour distraire l’auditoire ou multipliait les grimaces dès que le professeur tournait le dos. Car ceux qui en jouaient le rôle, totalement débordés mercredi soir, étaient ces deux pauvres journalistes, tombés dans un véritable guet-apens face à la totale impunité dont semblait se délecter la représentante de l’extrême droite.
Durant deux heures ce ne furent que provocations, ricanements et anathèmes. Avec la volonté affichée de faire sortir de ses gonds le favori. Il a eu du mérite de ne pas craquer. Mais comme le chantait Souchon, « Tar’ ta gueule à la récré ! » 
(Chronique parue le 5 mai 2017 en dernière page de l'Indépendant)

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04/05/2017

Thriller : Quand Sire Cedric fait dans le démoniaque montpelliérain

 


Il s’agit d’avoir le cœur bien accroché pour lire les cinq pages du prologue de ce thriller de Sire Cedric, Toulousain qui place l’intrigue « Du feu de l’enfer » dans l’Hérault. De nuit, une jeune femme fuit dans le parc d’une grande propriété. Nue. Affolée. Elle est rattrapée par un homme, nu lui aussi, mais le visage caché par une « tête de bouc. Cornes recourbées. Oreilles pointues. Poils épais. Une tête monstrueuse, démesurée par rapport à sa silhouette. » L’inconnue n’échappe pas à son poursuivant, personnification du diable. Premier cadavre de ce roman haletant. Ce n’est que le début.
Les cadavres, constituent le quotidien de Manon Virgo, l’héroïne du roman. Son fonds de commerce même ! Elle est diplômée de thanatopraxie et pratique en indépendante pour plusieurs entreprises de pompes funèbres. Un métier atypique, qui rebute le commun des mortels, mais une véritable révélation pour la jeune femme. Elle est le dernier interlocuteur d’hommes et de femmes qui viennent de perdre la vie. Avant de leur rendre beauté ou normalité pour les proches, elle aime leur parler, comme s’ils l’entendaient.
Manon va se retrouver malgré elle embarquée dans cette histoire satanique. A cause de son frère, Ariel. Limite zonard, instable, il a accepté d’aider son copain garagiste spécialisé dans le maquillage des voitures volées. Un soir, il dérobe une belle berline dans le parc d’une propriété à l’abandon supposée accueillir des parties fines entre notables de la région. Et dans le coffre, Ariel a récupéré une valise contenant un masque. Du type de celui utilisé par le tueur du prologue...
■ Terreur absolue
Ariel, jeté dehors par sa petite amie, trouve refuge dans l’appartement de Manon. Le lendemain, le voisin du dessus est retrouvé mort, les veines tranchées. Suicide, dé- cide rapidement la police locale. Mais un nouvel arrivé dans la brigade, Raynal, tente de creuser un peu plus. Il plaît bien à Manon ce flic atypique, qui se mouille pour elle quand elle découvre que le garagiste, copain d’Ariel, vient d’être assassiné. Elle décide de rendre la valise aux supposés amateurs de parties fines mais découvre, en plus de traces évidentes d’orgies, des cadavres de chiens. Elle se renseigne sur le net et trouve de nombreux articles sur le bétail mutilé, dont un fait divers, relaté dans l’Indépendant, « où pas loin de Perpignan un promeneur avait trouvé des chiens égorgés sur un terrain vague. L’article évoquait des actes de zoophilie sur ces bêtes » D’autres sites parlent de « messes noires » avec sacrifices d’animaux.
Le roman, après un début sanglant, met un peu de temps à se décanter. Pour mieux connaître les tourments de Manon. Son métier aussi. L’arrivée du policier, point romantique obligé, distrait un moment le lecteur. Mais quand les véritables méchants entrent en jeu, Sire Cedric atteint son meilleur niveau. Car l’écrivain français, aux faux airs de gothique, excelle dans la description des pires abominations. Le lecteur qui aime à se faire peur est servi avec « Du feu de l’enfer », les pages sont gorgées de sang, d’entrailles fumantes, de coups de théâtre, de trahisons et de rédemption. 
"Du feu de l'enfer", Sire Cédric, Presses de la Cité, 21,50 €

03/05/2017

Cinéma : Choisir sa vie, ne pas la subir

DE TOUTES MES FORCES. Histoires d’adolescences sacrifiées dans le film de Chad Chenouga. 



Rien ne sert de culpabiliser sur les supposées erreurs du passé, il faut penser au futur, toujours aller de l’avant. Telle pourrait être, au final, le message à retenir de ce second film de Chad Chenouga parfois inégal mais d’une rare authenticité, en partie inspiré de sa propre enfance.


L’histoire toute simple d’un adolescent en mal de normalité dans une société qui ne fait pas de cadeau aux « déclassés ». Tout est résumé dans son dossier, de l’absence de père au suicide de sa mère. Comment réussir dans la vie avec un tel passif alors que d’autres ont une belle page blanche à la place ? Nassim (Khaled Alouach) est élève dans un lycée parisien. Intégré, heureux, presque amoureux d’Eva (Alexia Quesnel), jeune fille de bonne famille, il dé- cide de passer un week-end avec sa bande. Une sortie qui lui permettra de rompre avec la tristesse de son quotidien. Car chez lui, ce n’est pas la joie. Sa mère (Zineb Triki, lumineuse dans ce rôle court et difficile) est une ancienne junkie. Elle reste enfermée dans son appartement, n’attendant que le retour de son fils pour se précipiter sur les médicaments (antidépresseurs et anxiolytiques) qui lui permettent de rester sur un nuage, loin de la réalité. Quand Nassim rentre, le dimanche soir, il la retrouve morte dans la cuisine.
■ Deux mondes
Après des obsèques expédiées, Nassim refuse d’aller chez sa tante (musulmane très pratiquante) et se retrouve placé dans un foyer. Là il va découvrir un autre monde, celui des « cassos’» comme il dit, jeunes en mal de stabilité. Victimes ou bourreaux. Avec pour seul point commun de ne plus avoir de famille. Nassim est accueilli par Madame Cousin (Yolande Moreau), directrice à quelques mois de la retraite, entre maman de substitution et garde-chiourme intraitable. C’est peu de dire que le jeune garçon ne se sent pas à sa place entre ces loubards en devenir et ces filles futiles (faciles parfois). Alors il s’accroche à son groupe de potes du lycée. Quitte à faire le mur du foyer (avec le risque d’être privé de portable, d’argent et de sorties) pour passer une soirée chez les parents d’Eva. C’est cette dernière qui va découvrir la vérité. Quand elle se rend au foyer, elle est rejetée, insultée, par les autres pensionnaires à cause de ses « habits de bourge ».
Démasqué, Nassim va se couper de ce milieu éduqué et se faire accepter, à force de transgressions, par les autres adolescents du foyer. Le film peut être interprété de multiples manières. Constat que l’on ne peut pas s’en sortir quand on est issu d’un milieu défavorisé. Ou démonstration que rien n’est écrit, et qu’une seule chose importe, choisir sa voie en toute connaissance de cause. Le spectateur se fera sa propre opinion, en fonction de quelques scènes clés, comme la destruction des dossiers, la gifle de Madame Cousin, la bataille de hip-hop ou l’examen raté de Zawady, interprétée par Jisca Kalvanda, totalement métamorphosée après son rôle radicalement opposé de chef de gang dans « Divines ».
La seule certitude, c’est que Nassim quitte le foyer et prend sa vie en main. Quelle qu’elle soit. Mais n’est-ce pas la destinée de toute personne un tant soi peu consciente que la société n’est qu’un théâtre où l’on ne choisit pas son personnage mais où les dialogues sont révisables à l’envie.
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Yolande Moreau, maman à tout faire

Elle n’a rencontré la popularité que tard, quand les sketches courts des Deschiens donnaient cet air incomparable à Canal +. Poétique et frustre, sa bouille d’ahurie lunaire a marqué une génération de téléspectateurs. Et donné envie à nombre de réalisateurs d’explorer un peu plus le monde de cette comédienne sortant clairement des sentiers battus. Résultat elle a tourné dans plus d’une soixantaine de films, souvent des petits rôles, parfois en vedette (« Séraphine », césar de la meilleure actrice en 2009). Conséquence, dans sa fiche de Allociné, elle cumule pas moins de 49 millions d’entrées au cinéma durant sa carrière
. Dans le film de Chad Chenouga elle endosse le costume de la directrice d’un foyer pour mineurs isolés. Madame Cousin, cheveux en pétard, bagues en toc et sourire vrai, a la difficile mission de remplacer la présence maternelle auprès de ces jeunes en perdition, mais sans s’attacher, et encore moins d’être permissive. Car ce qui compte pour elle, comme pour eux, c’est le respect du règlement du foyer. Un apprentissage des règles de la vie, simple et essentiel. Avec Nassim, une relation différente se noue. Elle sait d’où il vient, ce qu’il a vécu, contrairement aux autres pensionnaires. Et qu’il est intelligent, brillant dans ses études. Bref, une pépite dans son foyer plus habituée aux faits divers qu’aux lauriers.
Elle tente de le protéger, mais sans trop le montrer. Comme cet aveu, dans son bureau, quand elle lui dit « Si t’étais moins jeune et moins con, je t’épouserais ». Massive, sans cesse à l’affût, Madame Cousin est un rôle en or pour Yolande Moreau. Elle lui permet d’asseoir son autorité tout en conservant une once de fantaisie. Bref une femme normale, avec de bons et de mauvais côtés. Toute une palette d’émotions et de ressentis compliqués à équilibrer. Un jeu d’enfant pour l’ancienne comédienne de la troupe de Jérôme Deschamps et de Macha Makeieff.

02/05/2017

BD : La révolte des mammifères marins

 


Suite et fin de la série « Mermaid Project », écrite par Léo avec Corine Jamar et dessinée par Fred Simon. Dans un futur proche, l’équilibre politique du monde a changé. Crise écologique oblige, certains pays émergents ont pris le dessus. Mais cela n’empêche pas les vieilles démocraties d’exister et surtout, les grands groupes industriels d’avoir la mainmise sur nombre de leviers. Romane et El Malik, deux policiers français, tentent de déjouer un complot de la société Algapower. Grâce à des manipulations génétiques, ils ont rendu compatibles certains humains avec des dauphins. Sur une plateforme au large du Brésil, ces savants fous procèdent aux premières hybridations. Une buste humain greffé à une queue de dauphin. La lutte finale verra l’arrivée d’une armée de mammifères marins, bien décidés à dire leur mot sur cette aberration de la nature. Dessinée dans une ligne claire d’une rare efficacité, cette série dont le premier cycle est clos, va se prolonger, les trois premières pages de la suite étant proposées, en noir et blanc, en fin d’album. Alléchant.
➤ « Mermaid Project » (tome 5), Dargaud, 13,99 € 

De choses et d'autres : calcul de justice


On se demande parfois combien « coûte » un vol. A partir de quelle somme dérobée risque-t-on la prison ? Il n’y a pas de règle. Seuls les juges sont décisionnaires « en leur âme et conscience » selon l’expression consacrée. Souhaitons à tous les justiciables qu’une récente décision du tribunal correctionnel de Laon dans l’Aisne ne se transforme pas en jurisprudence de calcul. La règle de trois est facile à appliquer dans le cas concret de cet homme condamné à 1 mois de prison ferme après avoir été pris en flagrant délit de vol par des gendarmes. Mauvaise idée aussi d’ouvrir la voiture d’un garagiste travaillant pour la maréchaussée et d’y dérober tout l’argent qui s’y trouvait. Un mois de prison ferme donc pour un butin de... 20 centimes. Même les élèves de primaire peuvent faire la conversion. Exemple de problème : « Vous ne payez pas le parking après avoir garé votre voiture en ville. Vous la laissez deux heures, sachant que le prix de l’heure est fixé à 1,20 euro. Combien de temps allez-vous passer en prison si le juge suit l’exemple de Laon ? » La ré- ponse à la question est proprement hallucinante : pour un « oubli » de 2,40 euros, vous pouvez vous retrouver une année complète derrière les barreaux. Imaginez la longueur de la peine de celui qui voit grand dans le détournement de fonds. Du genre plusieurs centaines de milliers d’euros de salaires d’un emploi fictif (680 000 à la louche). A ce tarif, il devrait être emprisonné durant 2833... siècles. 
(Chronique parue le 2 mai en dernière page de l'Indépendant)

01/05/2017

BD : Charlie Chan, dessinateur fictif

 


Énorme album de près de 500 pages, cette biographie de Charlie Chan Hock Chye permet au lecteur de découvrir l’histoire politique de Singapour. Cette minuscule ville, enclavée en Malaisie, a longtemps été une base arrière pour les Britanniques. Une fois les colonisateurs partis, plusieurs lignes politiques se sont opposées. Charlie Chan, le héros de cette fausse biographie imaginée par Sonny Liew, est un jeune fils d’épicier. Il adore dessiner. Et envisage même d’en faire son métier quand il découvre les revues anglaises et américaines. Il se lance dans la réalisation de comics ayant pour héros des enfants et un immense robot, avec la volonté de peser dans le débat sur la décolonisation. Plusieurs échecs commerciaux plus tard, il imagine une série de SF et adapte Pogo à la réalité de son pays en pleine crise d’indépendance. La force de cette BD est que Sonny Liew, en plus de faire parler Charlie devenu vieux, propose des facsimilés des fameuses BD d’époque. Un mélange des genres et des styles comme pour mieux faire la part des choses entre vie quotidienne, création et censure politique. Un exercice d’une incroyable virtuosité, édifiant sur la difficulté de percer dans ce milieu et très pédagogique sur la voie politique choisie par certains dirigeants de cette place forte de la finance en Asie.
➤ « Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée », Urban Comics, 22,50 €

30/04/2017

BD : Petite fille deviendra grande geisha

 


Le Japon a lui aussi connu sa révolution culturelle. Moins brutale que dans la Chine de Mao, mais aux conséquences radicales pour toute une partie de la population. Pas de revirement politique, mais simplement une modernisation de la vie quotidienne impliquant l’abandon de traditions séculaires. L’histoire de Setsuko Tsuda, petite fille de 8 ans, débute en 1912. Son père, samouraï déchu, quitte la campagne pour la grande ville. Là, incapable de nourrir sa famille, il vend Setsuko à une maison de geisha. La gamine au visage disgracieux et aux allures sauvages deviendra Kitsune, la renarde. Utilisée comme bonne à tout faire les premières années, elle va révéler un don pour le shamisen, cet instrument de musique typique. La première partie raconte sa dure vie dans un milieu où les femmes ne sont que des jouets pour les hommes. Le dessin en noir et blanc de Christian Durieux (sur un scénario de Perrissin) rend cette œuvre aussi délicate qu’un air joué sur cette guitare si particulière.
➤ « Geisha ou le jeu du shamisen » (tome 1), Futuropolis, 19 €

29/04/2017

BD : De la beauté de la simple lumière


Juste retour des choses, les peintres célèbres sont de plus en plus au centre d’albums de BD où les dessinateurs d’aujourd’hui peuvent rendre hommage à leurs grands maîtres. Deux Espagnols, Salva Rubio pour le scénario et Efa pour la mise en images, racontent dans ce roman graphique de plus de 110 pages la vie de Claude Monet. La narration très linéaire et chronologique se révèle idéale pour expliquer le combat de toute une vie vers la simplicité de la lumière. Le jeune Claude Monet, incompris, créateur du mouvement des impressionnistes, a beaucoup galéré avant de trouver son cadre idéal, à Giverny. Un dossier en fin d’album permet d’expliquer les références de certaines cases, avec en vis-à-vis les œuvres qui ont inspiré les auteurs. Superbe objet qui donne envie de redécouvrir un artiste essentiel dans l’histoire de la peinture.
➤ « Monet, nomade de la lumière », Le Lombard, 17,95 € 

11:07 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monet, efa, rubio, peintre, lombard

Livres de poche : les reines du crime vous saluent bien

 

 


Dans une petite ville du Yorkshire, des femmes sont retrouvées mortes. Leur point commun : elles sont toutes blondes aux yeux bleus. Ce tueur pas comme les autres cherche en chacune de ses victimes la femme parfaite, amante soumise et ménagère accomplie, avant de les massacrer avec la plus grande cruauté. Au moment où le meurtrier se prépare à fondre sur sa future proie, Tony Hill se retrouve au cœur de l’enquête mais cette fois sur le banc des accusés. Dans ce thriller psychologique à glacer le sang, le duo formé par Tony Hill et Carol Jordan est plus que jamais mis en péril.
➤ « Une victime idéale », Val McDermid, J’ai Lu, 8 €


En arrivant au bureau un matin, Robin – la jeune assistante du détective privé Cormoran Strike – trouve un colis qui lui est personnellement adressé. À l’intérieur : la jambe tranchée d’une femme. Pour Cormoran Strike, seuls quatre individus sont capables d’une telle atrocité. Quatre noms tout droit sortis de son propre passé. Ce roman noir d’un réalisme saisissant nous plonge dans les ténèbres des perversions les plus troublantes. Thriller d’une densité psychologique rare, il met aussi en scène un homme et une femme arrivés à la croisée des chemins. Robert Galbraith est le pseudonyme de J.K. Rowling.
➤ « La carrière du mal », Robert Galbraith, Le Livre de Poche, 8,90 €


Lorsque Thomas Pitt arrive sur la scène d’un attentat dévastateur dans Lancaster Gate, il dé- couvre deux policiers morts et trois autres gravement blessés. Les anarchistes de Londres font des suspects idéaux, mais l’enquête de Pitt et de l’inspecteur Tellman les oriente vers la piste d’une vendetta personnelle. Ces policiers auraient-ils menti pour saisir de la drogue et laissé un innocent être condamné à la pendaison ? L’idée que la police puisse se montrer malhonnête pique Tellman à vif ; il a rejoint les forces de l’ordre pour protéger la société, et non pas l’exploiter.
➤ « L’attentat de Lancaster Gate », Anne Perry, 10/18, 7,80 €

28/04/2017

De choses et d'autres : Winter is coming


En des temps reculés, on y aurait forcément vu un signe annonciateur de catastrophe imminente. Comme si un grave danger allait nous menacer sous peu. « Winter is coming » répètent inquiets les personnages de la série « Game of Thrones ». Pourquoi, fin avril, se met-il à faire si froid d’un coup, la neige tombant drue sur la montagne ? L’hiver va-t-il faire un retour sur la France, plonger le pays dans des ténèbres glaciales ? Le jour même où les producteurs de cerise de Céret vont remettre les premiers fruits de l’année au président de la République, un manteau blanc et un ciel gris gâche les couleurs du printemps pourtant presque là depuis quelques semaines. Pour preuve, cela fait trois semaines que j’ai troqué ma veste matelassée pour le blouson léger en scooter. Résultat je suis arrivé au journal frigorifié... 
Une autre qui n’apprécie que moyennement ce retour de manivelle de la météo c’est l’amie belge qui vient passer trois jours à la maison. Persuadée trouver soleil et chaleur, elle est arrivée hier midi avec dans son bagage shorts et sandalettes. Heureusement au départ de Charleroi il faisait presque aussi froid. Sinon cela aurait été un choc thermique redoutable. « Merci pour le temps de m...» s’est-elle exclamée dans un grand éclat de rire à sa descente d’avion. L’avantage avec les gens du Nord : ils sont toujours de bonne humeur. Et surtout ils savent que ce fameux hiver peut faire des siennes, mais que toujours, quoi qu’il arrive, il laisse la place au printemps, à la renaissance et à l’espoir. Et si ce n’est pas en avril, ce sera en mai... 
(Chronique parue le 28 avril en dernière page de l'Indépendant)

27/04/2017

DVD et blu-ray : Les démons voyageurs s’amusent dans « Incarnate »

 


Depuis l’Exorciste, les histoires de possession sont une mine d’or pour les scénaristes de films d’horreur. Brad Peyton dans « Incarnate » reprend le film, avec quelques variantes. Notamment dans la personnalité de l’exorciste confié cette fois à un homme qui ne croit pas aux dé- mons. Pour lui, ce ne sont que des parasites qui migrent de corps en corps pour assouvir leurs plus bas instincts.


Le docteur Seth Ember (Aaron Eckhart) a le pouvoir de pénétrer le monde de ces monstres plus nombreux qu’on ne le croit. Dès qu’il dort profondément, il peut pénétrer l’esprit du possédé, le rejoindre dans le monde fictif mis en place par l’entité, lui ouvrir les yeux et revenir à la réalité, débarrassé du démon.
■ Enfant terrifiant
Simple, mais pas sans danger. Ember est placé dans un profond coma lors de ces « plongées », suivi par une équipe de geeks, et tout est filmé. Ember ne travaille pas pour la gloriole. Il cherche un démon particulier qui, alors qu’il occupait l’esprit d’une femme ivre, a provoqué la mort de sa femme et son fils. Il a au passage perdu l’usage de ses jambes et se déplace depuis en chaise roulante. Contacté par le Vatican, il doit sauver un jeune garçon de 11 ans, Cameron (David Mazouz) du fameux démon avec qui il a un compte à régler. Le film n’abuse pas d’effets spéciaux, par contre il instille une angoisse crescendo des plus prégnantes. 
Saluons l’interprète de Cameron. Pas évident de faire peur quand on a 11 ans et une frange à la mode. Mais David Mazouz (découvert depuis dans la sé- rie Gotham), est le véritable moteur de terreur du film. Un enfant normal, se transformant en bête sans pitié, capable de tuer son père juste pour le plaisir.
Et comme tout film d’horreur qui se respecte, la fin est ouverte, donnant l’occasion aux producteurs, en cas de succès, de proposer une suite rapidement.  
➤ « Incarnate », Wild Side Vidéo, 14,99 € le DVD, 19,99 € le bluray

26/04/2017

Cinéma : Musique contre horreurs nazies dans le film "Django"

DJANGO. Musique tzigane et jazz manouche face à la persécution par les nazis. 


L a salle est guindée. Sérieuse. Dans le parterre, des civils français. Aux balcons les officiers allemands. Tous attendent la prestation de Django Reinhardt et sa formation le Hot Club de France. Nous sommes à Paris en 1943. La France est occupée par l’armée allemande. Elle règne en maître sur la capitale. Les rafles ont débuté. Juifs, homosexuels, militants politiques et gitans sont les premiers visés. Django, manouche d’origine belge, est un musicien reconnu. Il déplace les foules. Encore plus depuis que les interprètes américains ont quitté l’Europe en guerre.


Dans ce monde de violence, sa musique est une formidable échappatoire pour ceux qui le peuvent. Lui est en dehors de tout. Seules comptent sa guitare, sa musique, sa femme Naguine (Beata Palya) et sa mère Negros (Bimbam Merstein). Sur scène, il se transforme, fait swinguer sa guitare, entraîne le public dans des rythmes inconnus. Et malgré la tristesse d’un pays à terre, un petit espoir renaît, quelques notes de musiques envoûtantes pour faire oublier le quotidien composé de bombardement, de rafles et de rationnement. Résultat le public se lève, se trémousse, danse...
Le film d’Etienne Comar, jusqu’à présent scénariste, montre comment on peut accepter quelques minutes d’insouciance dans un long cauchemar grâce à la beauté de la musique. Mais la réalité rattrape tout le monde. Même Django, persuadé pourtant de pouvoir échapper à tout en raison de son talent. Quand les autorités allemandes dé- cident qu’il doit se produire à Berlin, devant les troupes pour remonter le moral des soldats du front de l’est, des amis lui conseillent de ne pas s’y rendre. Au motif qu’il risque ne plus jamais revenir.
■ Fuite vers la Suisse
Ce refus est le début de ses ennuis. La gestapo découvre tout à coup qu’il est gitan. Une « sous-race » selon la terminologie aryenne. Ne se sentant plus en sécurité, il profite des réseaux de sa maîtresse Louise de Clerk (Cécile de France) pour tenter de rejoindre la Suisse. Avec femme et mère, il se rend incognito à Thonon-les-Bains et attend dans une grande villa puis dans la roulotte de « frères » manouches, le signal de la résistance.
Ce biopic, fortement romancé, n’est pas un résumé savant de la vie de ce musicien d’exception. Seulement une petite partie de sa vie, au moment où il comprend que même avec des doigts de fée courant sur le manche d’une guitare et une parfaite maîtrise du rythme, un gitan reste un gitan pour les Allemands racistes. Aveugle face à cette réalité, il va la deviner petit à petit durant sa cavale pour finalement la subir de plein fouet, obligé de fuir en plein hiver à travers les montages pour sauver la vie de sa famille.
Porté par Reda Kateb, le film, en plus d’une impression de vérité absolue, est parsemé de morceaux de musique qui le transforment parfois en superbe concert filmé. Et comme à l’époque, les rythmes jazz et manouche mélangés donnent une furieuse envie de taper du pied en mesure pour les discrets, de se lever de son siège et de danser pour les plus audacieux.

De choses et d'autres : Jupe alors


« Les femmes se sont battues à une époque pour obtenir la liberté vestimentaire et c’est ce que je revendique. Ni plus ni moins. » La déclaration, relevée ce mardi dans le journal Aujourd’hui, est de Jérôme Salomé, fondateur de l’association des hommes en jupe. Il aurait pu se consacrer aux anciens combattants, aux amateurs de porte-clés publicitaires ou plus simplement au club de basket de sa ville, Limoges, mais Jérôme Salomé a choisi la difficulté. Car autant une femme en pantalon est devenue la norme, autant un homme en jupe reste l’exception.
Aucune volonté de se travestir pour ce fonctionnaire. Juste la constatation qu’en cas de fortes chaleurs, la jupe est beaucoup plus agréable à porter, peu importe le chromosome. Pourtant la lubie de l’amateur de jupons lui a causé bien des soucis. Pas au niveau professionnel puisque sa hiérarchie l’a autorisé à venir travailler ainsi. Non, ce sont ses petites amies qui lui posent problème. Quand il a eu sa révélation et a risqué pour la première fois de se montrer ainsi vêtu, « elle n’a plus jamais osé me toucher ».
Désormais, quand il s’inscrit sur un site de rencontre, il tait cette particularité. Visiblement la jupe fait fuir la gent féminine. Dans la ré- gion, elle présente l’inconvénient d’être trop sensible aux vents. Parfois agréable quand on découvre ce qu’elle cache chez une dame (remember Marylin) la vision peut se transformer en traumatisme si le vêtement est porté à l’écossaise. 

09:04 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jupe, hommes, mode, original

25/04/2017

De choses et d'autres : Humour d’isoloir

 
Après le premier tour de la présidentielle l’heure est grave. Mais le bis repetita du cauchemar de 2002 avec la présence du FN au second tour ne doit pas nous empêcher de rire un peu. Quelques électeurs ont profité de leur droit de vote pour faire passer des messages subliminaux destinés à nos zygomatiques. Comme cette enveloppe contenant non pas un bulletin mais un joli billet de 50 euros. Un pactole découvert dans une urne du XVe arrondissement parisien. Avec cette inscription manuscrite, lourde de sens : « Pour Penelope ». Une façon plus imagée et moins agressive de dénoncer les « affaires ». Moins trivial et direct que les nombreux bulletins du candidat de la droite ornés du fameux slogan très partagé sur les ré- seaux sociaux : « Rends l’argent ».
Un peu avant le vote, toujours sur Twitter ou Facebook, certains petits malintentionnés, pour diminuer l’impact du Front national, ont demandé aux électeurs de Marine Le Pen d’entourer son nom afin de bien préciser qu’il la soutenait. Une inscription qui automatiquement rendait le bulletin nul. Il semble que l’astuce n’ait pas pris.
Mais que penser de ce vote pour Jean-Luc Mélenchon déclaré nul après hésitation ? Dans le coin en haut à droite, des traces de rouge à lèvres laissées par la bouche d’une électrice après un baiser appuyé. Déclaration d’amour ? Bisou pour lui porter chance ? Raté, car au final, le candidat de la France Insoumise a perdu un suffrage.