10/05/2014

BD : 30 pièces magiques selon Pécau et Kordey chez Delcourt

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A près 32 tomes de l'Histoire secrète, Pécau et Kordey reprennent leur collaboration. Mais cette fois « Les 30 deniers » est prévu en seulement 4 volumes. Quatre titres qui prendront pour titre les maximes de l'ordre secret des Régents : « Savoir, oser, vouloir et garder le silence ». Dans « Savoir », le tome 1, Yann Gral, ancien agent des services secrets français, apprend que sa petite fille souffre d'une tumeur au cerveau. Elle n'a plus que quelques mois à vivre. La médecine ne pouvant pas opérer, il se tourne vers son vieil ami, Constantin Vangelis. Cet homme de l'ombre, prototype de l'éminence grise (il a longtemps côtoyé le président Mitterrand) l'envoie chez Sinoe, une sorte de guérisseuse. Effectivement, la tumeur régresse rapidement. Yann, qui a perdu sa femme en Afghanistan, revit. Mais c'est de courte durée. En se rendant chez Sinoe, il la découvre morte, assassinée. Le meurtrier est encore là. Il s'enfuit fier d'avoir dérobé le « talent » de la jeune femme. Yann va alors découvrir l'histoire des 30 deniers, pièces magiques très convoitées. Sociétés secrètes, magie, manipulation : tous les ingrédients sont réunis pour une série prometteuse.

 

« Les 30 deniers » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

 

09/05/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Samedi soir, votez pour la barbue !

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Le concours de l'Eurovision de la chanson, demain soir en direct sur France 3, ne semble plus exister que pour provoquer des polémiques à petite ou grande échelle. En France, la chanson sélectionnée, outre ses paroles affligeantes, est suspectée de plagier d'un tube de Stromae. Bien peu de chose à côté de la bombe autrichienne. Conchita Wurst a toutes les chances d'être la candidate la plus attendue. Pas à cause de son prénom, peu autrichien. Ni de son nom ridicule (saucisse en allemand…). Encore moins de sa chanson, "Rise like a Phenix", sirupeuse à souhait. Ce n'est pas non plus contre ses faux cils de 5 cm de long que nombre d'Autrichiens refusent de la soutenir. Non, si Conchita compte tant d'ennemis, c'est parce qu'en plus de sa longue robe de soirée et sa chevelure de jais, elle arbore une superbe… barbe.

En réalité, Conchita a pour patronyme Tom Neuwirth. Ce chanteur de 25 ans, après une première carrière dans un boys band, fait son coming out. Drag Queen jusqu'au bout des ongles, il refuse cependant de se raser la barbe. Voilà comment ce clone transgenre de Céline Dion va attirer tous les regards en Europe le temps d'une soirée. L'extrême-droite autrichienne fulmine. Certains pays de l'Est, notamment la Russie, manquent de s'étrangler. N'oublions pas qu'à Moscou la "propagande homosexuelle" est interdite.

Conchita-Tom s'est longuement expliquée sur sa démarche : "J'ai créé cette femme à barbe pour montrer au monde qu'on peut faire ce qu'on veut de sa vie". Si en plus elle gagne le concours, les pourfendeurs de la théorie du genre risquent de s'étouffer en avalant leur chapelet !

Chronique "De choses et d'autres" parue vendredi en dernière page de l'Indépendant. 

BD : "Lady Liberty", fille de chevalier

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Qui était exactement Lady Liberty ? Jean-Luc Sala, scénariste de cette nouvelle série entre histoire et aventure, tente de répondre à cette énigme de l'Histoire des USA. Au début de la guerre d'Indépendance, la Révolution américaine, dans l'ombre, une certaine Lady 355 a joué un rôle important. En se basant sur des faits historiques, il a imaginé la vie de ce personnage qui risque de faire fantasmer nombre d'adolescents et de grand enfants. De son vrai Lya de Beaumont, Lady Liberty est la fille adoptive du Chevalier d'Eon. Cet espion français, dont le genre n'est pas défini exactement (femme déguisée en homme pour faire la guerre ou homme déguisé en femme pour séduire ses adversaires ?), dans son exil londonien, milite pour l'indépendance des 13 colonies. Dans ce premier album dessiné par Aurore, dessinatrice au couleurs vives et travaillées, Lya a pour mission de délivrer Margareth Gage, une des premières héroïnes de l'Indépendance. Prisonnière à Londres, prochainement jugée, elle doit servir d'exemple pour refroidir les ardeurs des sécessionnistes. Lya devra batailler ferme, notamment contre Beaumarchais, au service de Louis XVI, pour tirer la belle Américaine des griffes des tuniques rouges.

 

« Lady Liberty » (tome 1), Soleil, 14,50 €

 

08/05/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : "L'enfant de Schindler", un témoignage bouleversant

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Aujourd'hui 8 mai, la France célèbre la capitulation de l'Allemagne nazie. Si depuis les deux pays sont réconciliés, cela n'empêche pas de se remémorer les horreurs commises par Hitler et ses sbires. Un bouleversant témoignage vient d'être publié aux éditions PKJ. Leon Leyson raconte comment il est devenu « L'enfant de Schindler ».

Ce jeune Juif polonais, en 1943, était le plus jeune nom de la fameuse liste devenue célèbre après le film de Spielberg. Son témoignage poignant permet de mieux comprendre dans quelles conditions les Nazis ont persécuté la communauté juive. L'action se déroule à Cracovie en Pologne. Leon, gamin insouciant, vit heureux auprès de son père, employé dans une entreprise locale. Quand les Allemands envahissent le pays et s'approprient l'industrie, Moshe Leyson change de patron. Il dépend désormais d'un certain Schindler. Rapidement les Juifs sont parqués dans un ghetto, les premières rafles ont lieu. « Les parents ne pouvaient plus rassurer leurs enfants avec des mots comme "ce sera bientôt fini". A présent ils disaient "ça pourrait être pire" »... Ensuite c'est le transfert dans le camp de travail de Plaszow : « Ma première impression, celle de me trouver en enfer sur terre, n'a jamais changé ». Sa description de la vie (survie exactement) dans ce camp est hallucinante. Encore plus quand on réalise que ces brimades quotidiennes sont vécues par un gamin de 12 ans. Alors pour ne jamais oublier, lisez et faites lire à vos enfants ce récit paru hier en librairie.

« L'enfant de Schindler » de Leon Leyson, PKJ, 15,90 euros.

 Chronique "De choses et d'autres" parue ce jeudi 8 mai en dernière page de l'Indépendant. 

En bonus, la bande annonce du film de Steven Spielberg.

 

Cinéma : "D'une vie à l'autre", fausse histoire familiale de Georg Maas

 

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Mensonge, fausse identité, agent dormant : l'ancienne RDA a longtemps brillé par ses services secrets. « D'une vie à l'autre » de Georg Maas revient sur ces pratiques.

 

Tout le poids de l'histoire européenne, sombre et meurtrière, du siècle dernier, repose sur ce film tantôt thriller, chronique familiale ou espionnage. Entre la Norvège et l'Allemagne, les relations ont souvent été compliquées. Durant la seconde guerre mondiale, les Nazis ont trouvé dans le pays des femmes susceptibles de garantir la « pureté de la race aryenne ». Des Lebensborn, sortes d'usine à reproduction ont vu le jour. Les soldats allemands, sélectionnés, avaient pour mission de procréer avec des femmes jugées « pures ». Les bébés, arrachés aux mères, étaient placés dans des orphelinats en Allemagne pour assurer la relève de la « suprématie blanche ». Ase Avensen (Liv Ullmann) a donné naissance à une petite fille. Depuis la Libération, elle n'avait plus de nouvelles de son enfant. Le rideau de fer empêchait toute recherche. Mais 20 ans plus tard, Katrine (Juliane Köhler) parvient à rejoindre les rives de la Norvège. Elle affirme être la fille d'Ase. La mère retrouve sa fille qui refait sa vie en Norvège, pays libre. Tout est bien qui finit bien...

Jeu de la vérité

Georg Maas, dont c'est le second long-métrage, aborde une double thématique. Les enfants des Lebensborn et les agissements de la Stasi. Car Katrine se révèle être un agent de l'ancienne Allemagne de l'Est. Le film se déroule en 1990, quelques mois après la chute du Mur de Berlin. L'Allemagne, en pleine réunification, n'a pas encore le temps de s'intéresser aux crimes d'État de la partie orientale. Par contre des organismes européens luttent pour que les mères et les enfants des Lebensborn soient indemnisés. Un jeune avocat (Ken Duken) va remuer le passé d'Ase et de Katrine. Au risque de faire éclater une vérité que Katrine refoule depuis des années.

Tout le film est centré sur Katrine. La première scène la montre se déguisant (perruque noire, lunettes sombres) pour rechercher des archives en Allemagne. De retour chez elle, elle reprend son aspect de mère attentionnée. Sa fille, adulte, a un bébé. Son mari, militaire dans la marine, est commandant d'un sous-marin. Sa mère continue toujours d'exploiter la ferme familiale. Elle-même travaille et a des responsabilités dans une entreprise de pointe. Cette image de bonheur familial ne serait qu'une façade. Katrine joue un rôle, toujours au service d'une Stasi qui tente de sauver (ou de se débarrasser) de ses derniers agents dormants.

Sans jamais juger, « D'une vie à l'autre » nous entraîne dans les états d'âmes d'une femme qui a presque cru à la mise en scène de sa vie. On assiste à ses doutes, ses renoncements et derniers sursauts pour tenter de rétablir la vérité. Déchirée, elle sait qu'elle risque de faire voler en éclat plusieurs vies. La sienne bien entendu, mais aussi et surtout celles de ses proches.

 

 

 

Merveilleuse Liv Ullmann

 

Ce film allemand permet de revoir à l'écran l'actrice norvégienne Liv Ullmann. Elle joue le rôle d'une femme vieillie et marquée par les épreuves de la vie. Un personnage fort, qui donne tout son sens à l'histoire. Liv Ullmann reste la muse et l'interprète préférée d'Ingmar Bergman. La merveilleuse blonde a tourné dans plusieurs films du génie suédois. Il l'engage pour la première fois pour le film « Persona ». Il est frappé par sa ressemblance avec son autre artiste fétiche, Bibi Anderson. Rapidement le metteur en scène tombe amoureux de la jeune comédienne et partage sa vie de longues années. Elle sera l'inoubliable Marianne de « Scènes de la vie conjugale ». Des rôles sur mesure, dans lesquels Bergman met beaucoup d'émotion.

C'est aussi le cas dans « Sonate d'automne ». Liv Ullmann y interprète le rôle d'une fille qui a beaucoup à reprocher à sa mère. La longue scène où elle avoue à sa mère qu'elle la hait depuis son plus jeune âge fait partie des moments d'anthologie du cinéma mondial. Pour vous en rendre compte par vous-même, ne manquez pas les projections de « Sonate d'Automne » au Castillet à Perpignan ou procurez-vous le DVD ou blu-ray (en version restaurée chez Studiocanal) de ce chef-d'œuvre.

 

 

07/05/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Prénoms démodés

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Plusieurs générations séparent les Jean des Nathan. L'Insee, en plus de chiffres de conjonctures économiques, collecte aussi toutes sortes d'informations pour ensuite transformer l'ensemble en tableaux et graphiques. Dans sa base de données, penchons-nous sur les anecdotiques mais très intéressantes listes des prénoms les plus choisis par année et par région.

En Languedoc-Roussillon, comme partout ailleurs en France, la fin des années 40 et toutes les années 50 sont dominées par les Jean. A partir des années 60, c'est plus diversifié. Philippe mène la course, mais il est talonné par Christophe et Thierry qui triomphe sur les écrans dans le feuilleton historique. Au début des années 70, Laurent fait une entrée remarquée dans la liste. Frédéric tente vainement de prendre le leadership mais en 1977, année de l'émergence du mouvement punk partout dans le monde, Sébastien bénéficie d'une popularité exceptionnelle. En 1981, pour la première fois depuis des lustres, la gauche accède au pouvoir. François Mitterrand l'emporte dans les urnes mais dans les maternités c'est... Nicolas qui est en tête.

La bascule a lieu en 1989. Après une période de Julien, l'abominable Kévin commence à étendre ses tentacules sur la France. Il règne en maître absolu de 1990 à 1994. Ensuite, c'est le grand n'importe quoi de Mathis à Enzo en passant par Lucas ou Dylan.

Comment, vous trouvez que je dénigre des prénoms à la mode ? Juste retour des choses. Les jeunes n'ont qu'à pas se moquer de mon prénom de vieux...

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

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DVD : Méchamment jaloux, un mari trompé succombe sous « L'emprise du mal ».

 

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Tremblez femmes infidèles, la vengeance du cocu sera redoutable ! Résumé par cette phrase, ce film espagnol de Miguel Angel Toledo ne semble pas spécialement emballant. Si, en filigrane, c'est bien ce message qui est sous-jacent, « L'emprise du mal » est cependant plus complexe et attrayant qu'une banale scène de ménage.

 

 

Raul (Gustavo Salmeron), joueur d'échecs professionnel, voit son couple se déliter. Dans une ultime tentative de recoller les morceaux avec Ana (Irene Visedo), il l'invite à passer les fêtes de Noël dans un chalet à la montagne. Accompagné de leur petit garçon, ils prennent possession de cette maison isolée dans les bois. Le début a des airs de Shining, avec une architecture moins ambitieuse (le chalet n'a que trois pièces contre les 40 chambres de l'hôtel du chef-d'œuvre de Stanley Kubrick). Le huis clos est vite rompu par l'arrivée d'un voisin, homme à tout faire venu couper du bois pour chauffer le chalet. Menuisier, Samuel (Ariel Castro), ne reste pas de bois face aux œillades d'Ana. Résultat, le séjour rêvé par Raul se transforme en cauchemar, persuadé que sa femme le trompe avec l'autochtone aux mains calleuses.

 

emrpise du mal, senda, horreur, salmeron, visedo, miguel angel toledo wild side video, blu-rayPrésenté au dernier festival du film fantastique de Gérardmer, « L'emprise du mal » sort directement en DVD et blu-ray chez Wild Side Video. Le film de Toledo, sans être transcendant, aborde avec bonheur le thème de la folie qui coupe tout être de la réalité. Raul bascule lentement mais sûrement dans un autre monde, où il n'y a plus de limite. On apprécie aussi quelques références aux classiques du genre, des marionnettes sataniques au chien enragé en passant par la tronçonneuse, arme fatale des amateurs de gore et d'effets spéciaux sanguinolents. (Wild Side Vidéo, 19,99 €)

 

06/05/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Les impôts en trois clics avec Lucienne

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Elle est gentille Lucienne du Petit Journal de Canal+ (et le matin sur Virgin Radio), mais franchement dans le genre décalé elle en fait parfois un peu trop. Cette mamie de plus de 80 ans multiplie les campagnes de pub. Après un site de rencontre, elle met son image de grand-mère fofolle au service... des impôts ! Le ministère des Finances pour faire progresser le nombre des télédéclarants a eu l'idée d'une campagne de publicité sur le net sous forme de petites vidéos humoristiques.

L'agence de pub Parties Prenantes, pour remporter le budget, sort cet atout de sa manche : Lucienne ! Visiblement, à Bercy, les décideurs n'ont pas peur de brouiller leur image de gardiens très sérieux des finances publiques. Lucienne, fausse naïve et archétype de la personne âgée dépassée par les nouveautés mais voulant quand même singer les plus jeunes, livre ses explications pour faire sa déclaration de revenus en ligne. « En trois clics les amis, c'est facile ! » s'enthousiasme-t-elle de sa voix un peu chevrotante. Un deuxième épisode lui permet de tout dévoiler sur « l'espace perso » des imposables. Même si on n'a que très rarement envie de rigoler quand on déclare ses revenus, ces petits spots ont l'avantage de détendre l'atmosphère. Au final on ne paie pas moins mais la douloureuse passe mieux. Et puis la chaîne YouTube des Finances Publiques augmente son audience. Le premier épisode de Lucienne a déjà été vu 30 000 fois en moins de deux jours. Six fois plus que le film explicatif (et sérieux) de 2013 mis en ligne il y a un an...  

Chronique "De choses et d'autres" parue mardi en dernière page de l'Indépendant. 

05/05/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : De l'importance d'apprendre à être perdant

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« Une seule chose importe : apprendre à être perdant ! » Cet aphorisme de Cioran, devrait être enseigné par tous les professeurs de sport de la planète. Encore plus forte que « l'important, c'est de participer » de Coubertin, cette réflexion d'un philosophe qui n'a probablement jamais assisté à un seul match de rugby de sa vie devrait cependant suffire à redonner un peu de baume au cœur des supporters catalans. Après plus d'un siècle dans l'élite, redescendre ne peut que renforcer le club, lui donner une nouvelle expérience dont il ressortira grandi, plus solide.

De tous temps les perdants ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Prenez Raymond Poulidor, souvent second, il a toujours été plus populaire que les coureurs cyclistes qui le précédaient sur la ligne d'arrivée. Un échec, comme un succès, n'est jamais définitif. Ce n'est qu'un passage.

Et puis, il y a plus mal loti que l'USAP. Le Stade Rennais par exemple. Depuis 1971, le club n'a plus gagné un seul trophée. Samedi soir, en finale de la Coupe, face à Guingamp, bis repetita de celle de 2009. Rennes revient bredouille du Stade de France. L'autre club breton s'impose. Mais est toujours menacé de relégation en Ligue 2.

On monte, on descend, on gagne, on perd... La glorieuse incertitude du sport (mise à mal, il est vrai, par les millions du PSG) fait tout le sel de la compétition. Si tout était écrit d'avance, quel intérêt à se déplacer au stade, à regarder un match à la télévision, lire les analyses et décortiquer les classements dans le journal ?

Chronique "De choses et d'autres" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant

BD : Choc, la genèse du méchant absolu par Maltaite et Colman

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Souvent, les héros de bande dessinée doivent une grande partie de leur succès au méchant que leurs créateurs ont la bonne idée de leur opposer. Que serait Tintin sans Rastapopoulos, Spirou sans Zorglub, Blake et Mortimer sans Olrik ? Tif et Tondu, à la carrière très longue dans les pages de Spirou, ont longtemps passionné les jeunes grâce au mystérieux M. Choc, un méchant qui tel Fantômas, se dissimule derrière un masque. Le heaume d’une armure moyenâgeuse en l’occurrence.

Grande nouvelle pour les passionnés de BD franco-belge, Choc est de retour. Et seul cette fois. Il a gagné ses galons de héros à plein-temps. Pour imaginer l’enfance de ce gangster sans pitié à la tête de la redoutable association criminelle la Main Blanche, Stephan Colman, le scénariste, est allé puiser dans les grands drames de l’histoire européenne. La première guerre mondiale, puis la grande dépression des années 30. Le jeune Eden, gentil garçon, va être transformé par ce monstre sans cœur au contact d’autres hommes et femmes sans pitié. Et pour dessiner cette histoire originale, c’est Éric Maltaite qui a été choisi. Le propre fils de Will, créateur graphique de M. Choc sur une idée de Rosy. Si ce gros premier volume en dit beaucoup sur l’enfance de Choc, il ne dévoile pas ce que tout fan espère découvrir : le visage du mal suprême. Peut-être pour le prochain tome ?

 

« Choc » (tome 1), Dupuis, 88 pages, 16,50 euros.

 

07:59 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : choc, tif, tondu, will, rosy, maltaite, colman, dupuis

04/05/2014

Cinéma : Étouffante passion dans "Last days of summer" avec Kate Winslet

 

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« Last days of summer » ou comment deux êtres, meurtris par la vie, reprennent espoir dans l'amour.

 

 

Adèle (Kate Winslet) vit seule avec son fils Henry (Gattlin Griffith), âgé de 13 ans. Dépressive depuis des années, elle rencontre les pires difficultés pour sortir de sa maison refuge. Pourtant, en cette fin d'été, elle doit absolument renouveler ses réserves en prévision d'un long week-end. Dans le supermarché local, elle remplit son chariot en évitant les regards des autres. Henry, attentionné, l'aide mais ne peut résister à l'envie d'aller feuilleter quelques comics. C'est là qu'il croise la route de Frank (Josh Brolin). Il boite et saigne un peu au niveau de l'aine. Détenu en fuite, il prend en otage Henry et Adèle, parfaits pour lui fournir une cachette le temps que les recherches s'essoufflent. Qu'il se retape un peu physiquement aussi. Il a profité d'une opération de l'appendicite pour sauter par la fenêtre de sa chambre d'hôpital. La maison d'Adèle, calme et retirée, constitue le refuge parfait.

Le film de Jason Reitman (Juno) débute comme un polar. A la différence près que c'est Henry, devenu adulte, qui se remémore ces quatre jours si particuliers. Henry, pivot du récit, catalyseur de la tension entre les deux adultes. Frank n'est pas le tueur sanguinaire décrit par les journalistes de la télévision locale. Il se montre au contraire très attentionné envers ses deux otages. Rapidement, il se reconnaît dans les yeux de cette femme, encore belle mais usée par la vie et ses contraintes. Il voit aussi en Henry ce fils qu'il n'a pas. Ou perdu...

La fin de l'été est caniculaire. Pour ne pas se faire remarquer, les trois vivent cloîtrés dans la maison. Frank, comme pour rattraper les longues années inutiles en prison, se lance dans quelques travaux. Réparer la voiture, la chaudière, une marche branlante... Une relation de confiance s'installe. Et même plus. Le spectateur voit poindre une belle histoire d'amour entre ces deux écorchés de la vie. Mais comment espérer un avenir entre un évadé incapable de supporter les quatre murs de sa cellule et une séquestrée volontaire, en fuite devant toute présence humaine ? Et quel sera le rôle d'Henry, partagé entre la joie de trouver enfin une figure paternelle et anxieux à l'idée de perdre sa mère attentionnée ?

Le film est parsemé de superbes scènes, notamment la réalisation d'une tourte aux pêches, symbole du bonheur familial simple. Josh Brolin, ténébreux, déterminé et finalement tendre, apporte une incroyable force à ce film qui offre un nouveau rôle en or à Kate Winslet, extraordinaire de justesse dans son rôle de femme effrayée et attirée à la fois par l'inconnu.

DE CHOSES ET D'AUTRES : La politique de la banane positive

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Comment un simple petit geste de quelques secondes peut-il clouer le bec à tous les racistes ? Demandez à Dani Alves, joueur de foot au Barça, il connaît la réponse.

La semaine dernière, au cours du match contre Villarreal, le défenseur brésilien s'approche du poteau de corner pour tirer un "coup de pied de coin". Un supporter local lui jette une banane. Le geste est synonyme de racisme. Cela a commencé en Italie. On fait des bruits de singe quand un joueur noir a le ballon et on lui lance des bananes. Alves, tout en plaçant la balle, se saisit du fruit. Recule de deux pas, l'épluche, en mange un morceau et tire le corner. Cela dure quatre secondes. Quatre secondes pour ridiculiser un raciste et surtout lancer le coup d'envoi d'une campagne planétaire.

Quelques heures plus tard, Neymar, autre joueur de foot brésilien, publie sur son compte Twitter une photo où il mange une banane avec cette légende "Nous sommes tous des singes". En moins de 24 heures, le coup de la banane de Dani Alves est repris des centaines de fois. Par des célébrités, mais aussi des anonymes. Même les politiques s'en mêlent. Le président du conseil italien pose en train d'en déguster une en compagnie du sélecteur national. Le "manger de banane" s'exporte aussi sur les plateaux de télévision et en une de Marca, le quotidien sportif espagnol qui a remplacé le premier A de son logo par trois fruits entrecroisés. 

La morale de cette histoire, c'est Dani Alves qui la résume : le racisme, "on ne va pas réussir à changer ça donc il faut prendre les choses en riant et se moquer d'eux… » Bravo !

Chronique "De choses et d'autres" parue samedi en dernière page de l'Indépendant. 

03/05/2014

BD : Souvenirs d'Indochine dans le sillage de "La Rafale"

 

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Troisième et dernier volet de la série « La Rafale » de Cothias et Ordas (scénario) et Winoc (dessin). La Rafale c'est le nom de ce train blindé qui relie le nord et le sud de l'Indochine dans les années 50. L'insurrection vietminh en est encore à ses débuts. L'armée française, la Légion, notamment, tient toujours le pays. Mais des brèches s'ouvrent un peu partout. Circuler en train, même blindé, revient presque à jouer à la roulette russe. Les personnages principaux se retrouvent tous à bord du convoi, pour une dernière évacuation vers Saïgon. Il y a l'ingénieur civil, plutôt libertaire et antimilitariste, le légionnaire, ancien Républicain espagnol qui se retrouve maintenant du mauvais côté et puis deux jeunes femmes, prostituées car à l'époque c'était encore le meilleur moyen d'être un peu libre. Une Européenne, sans illusion, une autochtone, en réalité agent infiltrée, mais qui ne supporte plus ce double jeu (l'amour est passé par là). Un peu de mélo n'a jamais fait de mal à une histoire basée sur des faits réels. En devenant plus « humaine », la Rafale intéresse encore plus le lecteur qui pourra en plus tout savoir de ces trains blindés grâce à un dossier en fin de volume.

 

« La Rafale » (tome 3), Bamboo, 13,90 €

 

02/05/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : 1er mai, un jour sans...

Hier, 1er mai, pas de presse en général et d'Indépendant en particulier. Fête du Travail, c'est le seul jour de non parution de votre quotidien de toute l'année. Un jour de relâche sur toute une année, ce n'est pas énorme, mais cela suffit aux inconditionnels de l'information locale pour se sentir en état de manque. Comme si ce "jour sans" n'avait qu'une seule et véritable utilité : montrer combien un journal quotidien est indispensable.

Et je compatis avec tous les abonnés déstabilisés comme si quelque chose s'était déréglé dans leur monde régi par des habitudes immuables. Rassurez-vous, L'Indep' est de retour ce matin.

Reste que ce jour de non parution ne fait pas que des malheureux. Prenez nos porteurs. Souvent, ils effectuent cette tâche en complément d'un autre travail ou de leur retraite. Une sorte de mi-temps, mais aux horaires fixes. Et surtout pas évidents. Chaque matin, ils se lèvent aux aurores pour glisser votre exemplaire dans la boîte aux lettres. Et le terme "chaque matin" n'est pas une vue de l'esprit. Ils se lèvent effectivement tous les jours très tôt pour distribuer la prose de la rédaction. Pour eux, le 1er mai, est simplement synonyme de grasse matinée. La seule de l'année !

Alors ce matin, en lisant les faits divers en page 5, le carnet, les derniers développements de la politique nationale, les résultats sportifs de la veille ou cette chronique, si vous êtes abonné par portage, ayez une pensée pour celui ou celle qui est reparti pour une nouvelle année de réveils très matinaux.

BD : Héros "inoxydable" et très médiatique

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Les héros nous ont toujours fait rêver. Leurs exploits permettent de quitter notre monde injuste, de penser que le Bien peut triompher. Dans le futur imaginé par Sébastien Floc'h et dessiné par Steve Baker, ce héros parfait existe. C'est le Major Pulsor, flic masqué bodybuildé à la mâchoire carrée. Il est toujours là au bon moment et pas avare de déclarations fracassantes en direct à la télévision, son « gun » encore fumant. L'antithèse absolue du Major, et véritable héros de ce roman graphique de la collection Kstr, se nomme Harry Rockwell. Il est en prison, preuve de la totale efficacité de Pulsar. L'album débute par une tentative d'évasion. En compagnie de Zip, un robot déclassé, Harry parvient presque à se faire la belle. Presque... C'est un coup monté. Les autorités ont en fait besoin de son savoir-faire pour jouer l'agent double dans les bas-fonds. Sa mission : retrouver Pulsor qui vient de se faire enlever. Très éloigné du politiquement correct, Inoxydable, en plus de la thématique de la manipulation des foules, aborde aussi le problème de l'émancipation des robots. Bref, c'est beaucoup plus profond que quelques bons mots et pléthore de scènes de baston.

« Inoxydable », Casterman, 18 €

 

 

 

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01/05/2014

Cinéma : La philosophie passée au shampooing dans "Pas son genre" de Lucas Belvaux

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Quand un professeur de philosophie parisien rencontre une coiffeuse à Arras, tous ses amis lui disent qu'elle n'est « Pas son genre ». Lucas Belvaux en fait un film entre douceur et amertume. Choc de cultures dans cette comédie de Lucas Belvaux.

Le réalisateur belge quitte son univers sombre de polars crépusculaires (Cavale, Rapt) pour revenir à la comédie. Mais dans cette histoire d'amour improbable entre deux êtres que tout oppose, il met une bonne dose de désillusion et de fatalisme. Comme pour conjurer le sort de ces trop conventionnels petits films d'amour français essentiellement basés sur un couple d'acteurs.

 

 

Clément (Loïc Corbery), jeune et brillant professeur de philosophie, ne sait pas aimer. Du moins il n'arrive pas à s'impliquer. Son esprit analytique l'empêche de se lâcher, de laisser libre cours à ses sentiments. Ce Parisien, fils de bourgeois, a remporté un joli succès de librairie avec un roman dans lequel il raconte ses conquêtes. De l'autofiction à la mode bobo comme le pire parisianisme sait en faire la promotion. Petit monde étriqué qui se croit au centre de la planète.

Déprime à Arras

Quand Clément apprend qu'il est muté -pour une année seulement- à Arras, il croit défaillir. La province ! Le Nord ! Le voilà professeur dans un lycée, tentant de faire apprécier la philosophie à des élèves d'une section économique qui n'ont qu'une idée : se faire de l'argent le plus vite possible. Il vit à l'hôtel. Du lundi au mercredi. Le reste du temps il retourne à Paris, la vraie vie selon lui. Mais les soirées sont longues à Arras. Surtout quand on se trouve en panne d'inspiration. Il drague donc la gentille coiffeuse qui vient de lui rafraîchir sa coupe.

Jennifer (Émilie Dequenne), fausse blonde toujours de bonne humeur, élève seule son grand garçon. Avec ses copines et collègues du salon, elle va s'éclater au karaoké du coin. Strass, paillettes et gloss, elle ne philosophe pas. Profite simplement de la vie comme elle vient. Quand Clément l'invite à boire un verre, puis au cinéma et au restaurant, elle n'est pas dupe. Mais décide de mener l'histoire à son rythme. Elle le fera languir, apprendra à mieux le connaître avant de faire le grand saut. Clément est sous le charme. Car Jennifer, sous ses airs de petite fille trop simple, cache beaucoup une profondeur insoupçonnée sur sa vision de la vie. Un exemple dans ce dialogue surréaliste où la coiffeuse explique à son futur amant qu'elle n'est pas belle : « Un mannequin comme Kate Moss est belle. Moi je suis juste jolie. J'ai un certain charme. » Clément vient de rencontrer la première coiffeuse kantienne.

Leur amour, secret, sera rendu public au cours d'une soirée en boîte de nuit avec les copines. L'occasion de voir la danse la plus sensuelle de ces dernières années au cinéma sur la magnifique chanson antillaise « Carrésé mwen » de Marie-Josée Alie. Ces deux-là s'aiment, c'est sûr. Mais les barrières sociales et la peur de la désillusion poussent certains à tout faire pour rejeter ce bonheur, trop beau pour être réel. La mayonnaise de Lucas Belvaux, cinéaste réaliste prend parfaitement dans une conclusion décoiffante...

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Blonde platine

pas son genre, belvaux, dequenne, corbery, arrasPour interpréter Jennifer, la coiffeuse amoureuse de « Pas son genre », Lucas Belvaux avait dans un premier temps choisi Sophie Quinton qu'il avait dirigée dans son précédent film « 38 témoins ». Mais la jolie blonde, prise par ailleurs, a décliné la proposition. Émilie Dequenne a récupéré le rôle. Première modification : le réalisateur la teint en blonde.

L'inoubliable interprète de Rosetta des frères Dardenne et de la jeune Marie dans « J'ai oublié de te dire » de Laurent Vinas-Raymond entièrement tourné dans les Pyrénées-Orientales avoue avoir une personnalité très proche de celle de la coiffeuse, malheureuse en amour, accro aux revues people et adepte de karaoké. « C’est une fille optimiste, une fille qui va de l’avant, une fille moderne, indépendante. En un mot : vivante ! » se réjouit Émilie Dequenne. Elle est parfaite dans ce rôle tout en apparence. Souriante, enjouée, toujours en train de courir pour rattraper un retard, la blonde à la recherche du grand amour est aussi une mère poule pour son gamin.

Et une fois le strass parti sous le sur le coton de lait démaquillant, elle montre son vrai visage de femme blessée, seule et pleine de doute. Son attitude trop enjouée cache une philosophie plus sombre : à quoi bon être heureuse si cela ne doit pas durer éternellement ?

BD : Gargamel amoureux

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Les Schtroumpfs n'en peuvent plus. Il ne se passe pas un jour sans que Gargamel, le méchant sorcier ne tente de les capturer. Ils décident donc d'agir après avoir surpris un monologue du triste sire. Il se sent seul. Personne à qui parler. Voilà la solution : lui trouver une gentille femme pour calmer ses ardeurs guerrières. Sur cette intrigue minimale, Alain Jost et Thierry Culliford, les scénaristes fidèle au monde de Peyo, signent une histoire complète enlevée et plaisante, avec en vedette un Gargamel comme on ne l'a encore jamais vu. Après un premier rendez-vous arrangé avec une jolie paysanne (qui se passe très mal, tous les goujats devraient en prendre de la graine), le sorcier tombe sous le charme d'une certaine Roxana. Brune ténébreuse, herboriste, elle s'intéresse beaucoup aux grimoires. Discuter avec un sorcier est pour elle une aubaine. Alors, Gargamel va-t-il conclure ? Ne rêvez pas ! Tous les efforts des Schtroumpfs vont se heurter à un obstacle infranchissable : la mère de Gargamel, l'acariâtre belle-mère par excellence.

 

« Les Schtroumpfs » (tome 32), Le Lombard, 10,60 €

 

08:19 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : schtroumpfs, peyo, culliford, jost, lombard

30/04/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : La nécropole des jeux vidéo

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L'archéologie vient de s'enrichir d'une nouvelle branche. Après l'égyptologie, la castellologie ou l'archéologie urbaine, voici la « game-archéologie ». Une invention de mon cru pour cette histoire de cimetière de jeux vidéo découvert en plein désert du Nouveau-Mexique aux USA.

Au début des années 80, quasi la préhistoire du jeu vidéo, la société Atari règne en maître. Mais déjà les Japonais pointent le bout de leurs consoles. Le mauvais moment pour sortir ce que tout spécialiste considère comme « le pire jeu vidéo de l'histoire ».

Voulant surfer sur le succès de ET, Atari sort une cassette tirée de l'univers du film de Spielberg. Des milliers d'exemplaires sont fabriqués. En pure perte. Pour faire oublier cet échec, la société, en grave difficulté, décide de se débarrasser de la montagne d'invendus. Une légende urbaine insistante raconte que les jeux auraient été enterrés dans un endroit secret, comme pour conjurer le sort, éloigner le mauvais œil.

Des années plus tard, Zak Penn, réalisateur de documentaire, décide d'enquêter. Ses recherches le mènent dans un coin de désert du Nouveau-Mexique. En 1983, une sarabande de camions a déversé dans d'immenses trous de mystérieux déchets. Armé de bulldozers, Zak Penn retourne la zone et découvre la plus grande nécropole de jeux vidéo jamais mise à jour. Des milliers et des milliers de cassettes (ET et Pac-Man) ainsi que des consoles dépassées.

Entretemps, Atari a fait faillite. Aujourd'hui, une partie de la cause de sa perte pourrait être remise sur le marché avec le statut d'antiquités hors de prix...

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 

12:44 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : atari, et, zak penn

DVD : Les hauts et les bas d'un couple suédois

 

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Chef d'œuvre du cinéma des années 70, « Scènes de la vie conjugale » d'Ingmar Bergman avec Liv Ullmann et Erland Josephson ressort en DVD et Blu-ray après un remarquable travail de restauration.

bergman, ullmann, josephson, dvd, studiocanalDans le coffret édité par Studiocanal, vous trouverez le film, mais également les six épisodes de la série TV à l'origine du long métrage. En grande partie autobiographique, cette histoire universelle des hauts et des bas dans un couple traverse les décennies. Mariés depuis dix ans, Marianne et Johann ont tout pour être heureux: deux enfants, d'excellents emplois... Mais quand le mari tombe amoureux de la jeune Paula, tout vole en éclat. Le film raconte vingt années de vie commune. Du bonheur des débuts à la violence de la séparation puis les retrouvailles. Très écrit, comme toujours avec Bergman, ce long-métrage permet à Liv Ullmann d'incarner une femme partagée entre amour fou, humiliation et désir impulsif. A redécouvrir. 

 

29/04/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Gégé tient la forme

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Gérard Depardieu pète la forme. Alors que son film sur l'affaire DSK s'apprête à sortir avec pertes et fracas, il vient de s'offrir un voyage au Caucase sur les traces d'Alexandre Dumas. Et comme l'auteur des « Trois Mousquetaires » qui à l'époque était accompagné d'un peintre, l'interprète d'Obélix embarque dans ses bagages un artiste : Mathieu Sapin, dessinateur de BD. Un couple improbable. Mathieu Sapin, petit, maigrichon, un peu dégarni et peu causant est l'antithèse de Depardieu. Gérard conduit un side-car, Mathieu dessine les paysages. L'ensemble donne un documentaire qui sera diffusé sur Arte le 4 mai à 22 h 25. Et pour tout savoir de l'opinion de Depardieu à propos de Poutine, Castro et Hollande, achetez Casemate, la revue sur la BD qui publie une très bonne interview.

 

Cependant c'est bel et bien dans le rôle de DSK que l'acteur va crever l'écran ces prochaines semaines. Le film d'Abel Ferrara, après bien des problèmes pour boucler son budget, est enfin finalisé. Personne ne l'a vu. Mais la société de production a expliqué que les scènes les plus torrides ont dû être retirées et raconté la difficulté pour trouver l'actrice principale (Jacqueline Bisset a remplacé au pied levé une Isabelle Adjani effrayée par le scénario sans concession). Mais pour qu'un film existe, il faut qu'il soit diffusé dans les salles. Là aussi la malédiction a frappé. Pas un distributeur n'en veut. Conséquence, faute de sélection au festival de Cannes, « Welcome to New York » sort directement sur les plateformes de vidéo à la demande. Une première pour un film atypique. L'Affaire DSK n'a pas fini de faire parler...

16:03 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : depardieu, sapin