31/03/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le nom de l'emploi

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Mais qui sont ces aptonymes qui viennent de s'abonner à mon compte Twitter ? Explication en 140 signes : "Un aptonyme est un patronyme possédant un sens lié à la personne qui le porte, le plus souvent en relation avec son métier ou ses occupations".

Le compte propose régulièrement des exemples alliant burlesque et insolite. Le plus célèbre est certainement Joao Pippi Salle, urologue canadien. Plus près de nous, David Mélé, joueur de rugby, occupe le poste de... demi de mêlée. Édith Cresson, avant d'être la première femme Premier ministre en France a occupé le poste de l'Agriculture.

Chez le citoyen lambda, les associations sont tout aussi irrésistibles. Un certain André Perpette officie en tant qu'avocat, Rémy Brisemur maçon, le docteur Mac Donald s'est spécialisé dans la nutrition des enfants et Raymond Boudin, logiquement, a choisi la charcuterie comme épanouissement professionnel. Parfois, il faut l'ajout du prénom pour obtenir un aptonyme royal. Ce chauffagiste belge porte un nom qui sonne comme un slogan publicitaire pour ses installations : Gérard Manfroy.

Après avoir bien rigolé en parcourant ce compte Twitter, je me suis demandé pourquoi il avait décidé de me suivre. Et soudain l'illumination : je suis moi aussi un aptonyme qui s'ignore. En plus de cette chronique quotidienne, j'écris depuis une vingtaine d'années sur les nouveautés littéraires. J'aurais dû prendre un pseudonyme. J'ai bêtement gardé mon véritable nom : "Michel Litout, critique littéraire", interdit de se moquer !

BD : L'oracle de la NSA nous écoute

 

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Il s'appelle Appolo. Ce jeune Noir américain est autiste. Du genre Rain Man, à l'esprit surdoué qui assimile tout instantanément. Ses capacités, repérées par la NSA, le service d'écoute des services secrets américains, sont exploitées au quotidien. Plongé en catalepsie, il ingurgite des milliers d'informations et peut répondre à n'importe quelle question. Ou annoncer des événements en préparation. Voilà comment il est devenu l'Oracle et que ses « visions » revêtent une importance cruciale. Le problème avec Appolo, c'est sa dépendance complète à sa mère. Tel un enfant de 5 ans, il est incapable de faire les choses du quotidien. Et s'il n'a pas cet environnement apaisant, il est trop perturbé pour avoir la moindre vision. Quand sa mère se fait renverser par un chauffard, le programme à plusieurs millions de dollars s'arrête. Seule solution, confier Appolo à sa demi-sœur, Oz, flic tête brûlée. Personnages complexes, loin des clichés déjà-vu, intrigue à plusieurs niveaux, cette série écrite par Gloris et dessinée par Bleda passionnera les amateurs de série télé genre « 24 heures ».

 

« NSA » (tome 1), Casterman, 13,50 €

 

08:16 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oracle, nsa, gloris, bleda, casterman

30/03/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Playlist de grévistes

radio france, greve, playlist, france interDouze jours que Radio France est en grève. Une partie du personnel a cessé le travail pour protester contre les coupes budgétaires et les suppressions de postes. Douze jours cela fait long pour l'accro à France Inter que je suis.

Une journée n'a forcément pas la même saveur sans ces compagnons du quotidien. Comment être de bonne humeur sans les piques d'Alex Vizorek, Charline Vanhoenacker, Nicole Ferroni ou François Morel ? Que comprendre de la politique française sans l'éclairage de Thomas Legrand ? On se sent un peu plus bête sans les découvertes de Rebecca Manzoni.

Idem sur les autres antennes. France Culture ne fait plus entendre sa différence, France Bleue a arrêté d'être au plus près de ses auditeurs. En attendant que le président Mathieu Gallet (bien au chaud dans son bureau rénové) se décide à réellement négocier pour que tout le monde sorte de l'impasse, les auditeurs se contentent de musique. Heureusement, les programmateurs conservent tout leur savoir-faire.

En attendant un hypothétique journal, les auditeurs ont la chance de découvrir des chansons qui font du bien. Ma joie, un matin la semaine dernière, en entendant "Busy Earnin'" de Jungle ou la superbe chanson "Bruxelles" du trop rare Dick Annegarn.

Et comme le service public est réel, même quand une partie du personnel cesse le travail, cette playlist qui tourne presque en boucle depuis plus d'une semaine, est détaillée sur le site internet de la radio. Chouette, ils annoncent du Léo Ferré, Juliette et même "Tigre du Bengale" des Liminanas.

Même en grève, France Inter reste ma radio préférée.

BD : Les racines de Rahan

 

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Rahan, fils des âges farouches, est l'archétype du nomade qui ne s'arrête jamais de découvrir de nouvelles civilisations. Il va où le guide son coutelas d'ivoire. Au lieu de rester auprès d'une belle et aimante guérisseuse, il préfère reprendre la route. Mais cette fois son arme fétiche le conduit vers le Mont-Bleu, le volcan qui a anéanti sa famille lors d'une éruption mémorable. Un retour aux sources compliqué pour l'adulte qui n'a pas fait encore le deuil de ses proches. Mais il n'a pas trop le temps de se poser des questions. Capturé par une tribu de guerriers, il constate que toutes ses inventions, destinées à faciliter la vie des hommes (irrigation, moulin, levier...) ont été dévoyées pour favoriser l'esclavage d'une autre tribu. Cette aventure inédite, la première depuis cinq ans, est toujours dessinée par Chéret, bon pied bon œil malgré ses 80 ans. Le scénario est signé Lécureux, Jean-François, le fils de Roger, le créateur du personnage.

 

« Rahan et les fantômes du Mont-Bleu », Soleil, 14,95 €

 

17:50 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rahan, chéret, lecureux, soleil

29/03/2015

BD : Le porno vu des coulisses

 

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Véritable prouesse réalisée par Olivier Milhaud, le scénariste d’“Explicite” roman graphique dessiné par Clément C. Fabre. Il raconte, sans fioritures, comment il a accepté de tourner dans le film d’un de ses amis. Problème, l’ami en question est John B. Root, pape du porno français. Olivier Milhaud, plutôt spécialisé dans les BD jeunesse, angoisse sérieusement avant le tournage (une semaine dans une villa de rêve dans le département du Gard). Pourtant il n’a pas de scènes hard. John est persuadé qu’il ferait un bon acteur traditionnel dans une production plus écrite. Olivier endosse le costume de comédien et se transforme en policier. Mais comme le film est quand même composé à 30 % de scènes hot, il partage la vedette avec de véritables acteurs X. Olivier Milhaud raconte ainsi les coulisses, les engueulades, les problèmes de timing, les jalousies et même les histoires d’amour qui se nouent entre comédiens. Sans jamais montrer la moindre scène cochonne, il humanise ces hommes et femmes autant victimes que complices d’une industrie du sexe en pleine expansion. Une BD qui ne peut que décevoir les amateurs du genre, mais qui e apprend beaucoup aux autres.

 

Explicite, Carnet de tournage”, Delcourt, 16,95 euros

 

BD : Un éditeur se livre sans fard

 

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Dans le monde de la bande dessinée franco-belge, les principaux éditeurs sont tous originaires de ces deux pays. Pourtant la BD suisse est dynamique et riche de grandes signatures, de Zep à Derib en passant par Cosey. Manquait un éditeur pour compléter le tableau. C’est là qu’intervient Pierre Paquet. Ce jeune entrepreneur lance une société d’impression et en parallèle développe une maison d’édition. Vingt ans plus tard les éditions Paquet acquièrent une dimension supplémentaire avec quelques séries à succès. Déjà scénariste de quelques albums, Pierre paquet est titillé par l’idée de raconter cette saga. Il commence à jeter les idées sur le papier, cherche un dessinateur (Jesus Alonso) et se retrouve rapidement face à une somme incroyable d’anecdotes. Surtout, il parle plus de lui et de son chien Fiston que des aléas de l’édition de “petitmiquets”. Un roman graphique dans lequel il ne se ménage pas, pour preuve le titre très évocateur de “Paquet de merde”. Il parle ouvertement de ses débuts peu concluants, de ses procès contre des auteurs teigneux, des festivals (et leurs soirées très arrosées) et de sa quête de l’âme sœur à travers les sites de rencontre. Un portrait au vitriol d’un jeune des années 2000, entre ambition et introspection. Durant tout ce temps il a aimé ce chien, toujours présent et aimant. Et c’est ce qui reste de cette BD : une belle histoire entre un jeune homme et un vieux chien, jusqu’aux larmes finales.

PDM, Paquet de Merde”, éditions Paquet, 19 euros.

 

07:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paquet, pdm, jesus alonso

28/03/2015

Livre : My name is Moore, Roger Moore

 

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Roger Moore troque le pistolet de l’agent 007 pour un stylo moins agressif. Dans cette biographie, concoctée sous forme de souvenirs précis, l’acteur britannique qui a conquis Hollywood, revient sur plus de 50 ans de carrière. Des théâtres londoniens aux plateaux américains en passant par la télévision, Roger Moore a surtout interprété le personnage de James Bond. Sa distinction et son flegme ont donné une autre dimension au héros de Flemming. Mais il a su exister avant et après. Dans ces mémoires très directes et vivantes, il retrace aussi ses débuts à Londres, sa conquête du monde avec la série « Amicalement votre » en compagnie de l’impayable Tony Curtis et la suite de sa carrière, une fois auréolé du titre de James Bond officiel. Un livre événement qui fait une part belle aux illustrations. En plus d’un cahier de photos en couleurs, le livre bénéficie de très nombreux clichés en noir et blanc issus de la collection personnelle de l’acteur. Un témoignage émouvant sur une immense carrière.

 

 

« Roger Moore, mémoires », First Editions, 19,95 euros

 

27/03/2015

Cinéma : Un sandwich aux sentiments

Partagée entre deux amours, Mélodie ne sait plus où donner de la tête. “A trois on y va”, film pétillant de fraîcheur, montre les nouvelles amours de la jeunesse.

Le sujet est un peu scabreux et carrément casse-gueule en ces temps de politiquement correct. Charlotte (Sophie Verbeeck) file le parfait amour avec Micha (Félix Moati). Ils viennent d’acheter une maison à Lille et font des projets. Pourtant, depuis quelques mois, Charlotte trompe Micha avec Mélodie (Anaïs Demoustier). Mélodie qui tout en étant officiellement la meilleure amie de Charlotte et secrètement sa maîtresse, tombe dans les bras... de Micha.

Une maîtresse, deux cocus dont un au féminin : « A trois on y va » de Jérôme Bonell renouvelle un peu le genre éculé du vaudeville. Car le film débute comme une pièce de boulevard. Un repas improvisé, Micha s’absente, Mélodie et Charlotte en profitent pour s’embrasser fougueusement entre deux assiettes sales. L’homme revient, elles font comme si de rien n’était. Le spectateur sourit face à des situations un tantinet éculées mais transfigurées car tout est chamboulé. La maîtresse n’a d’yeux que pour l’épouse. Une passion dévorante qui met Mélodie dans tous ses états.

 

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Triangle parfait

Rapidement, le ton badin du film dévie vers un message plus grave. Dans le trio, Mélodie joue le rôle de la dynamiteuse. Charlotte, l’introvertie, est celle qui se cherche le plus. Elle aime Micha. Mais ne peut pas résister à son attirance pour Mélodie. Un dilemme qui lui pourrit la vie. Devenue maussade, taciturne, Micha s’interroge. Pour tenter de trouver des réponses, il se tourne vers la meilleure amie, Mélodie. Et un soir, il fait le premier pas, embrasse Mélodie. Il culpabilise, mais pas autant que cette dernière...

En ces temps où le cinéma français ne brille pas par son optimisme et ses sujets légers, « A trois on y va » est une véritable bouffée d’air frais. Les acteurs, naturels et totalement crédibles, donnent corps à cet amour impossible en forme de triangle parfait. Pas de discours pédant sur l’homosexualité, juste la constatation que l’amour frappe toujours au hasard, sans discernement de sexe ou de condition.

Très pudique dans les scènes intimes, la réalisation rend beau ce qui au final a des airs de tragédie. Une belle réussite qui doit beaucoup aux dialogues enlevés et l’interprétation, très charnelle et fusionnelle de trois jeunes comédiens bourrés de talent.

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Une frimousse craquante

 

a trois on y va, demoustier, moati, verbeeck, bonellLe visage constellé de tâches de rousseur, Anaïs Demoustier est de ces actrices qui accrochent le regard. On ne se lasse pas d’admirer sa frimousse toujours souriante. Celle qui a toutes les chances de devenir l’incarnation d’un nouveau style de femme, tourne de plus en plus. Dans le film de Jérôme Bonell, elle interprète une jeune avocate, débordée par son travail et son trop-plein de sentiments pour un couple parfait. Elle a déjà joué dans un film sur l’équivoque. Pour « Une nouvelle amie », elle interprétait Claire, la jeune femme qui découvrait le secret de Romain Duris, jeune père se déguisant en femme pour élever son bébé.

Le mois prochain elle sera également à l’affiche de « Caprice », la nouvelle comédie d’Emmanuel Mouret (présentée en avant-première demain au Castillet de Perpignan). Elle va là aussi faire exploser un couple en séduisant un professeur épris d’une actrice célèbre (Virginie Efira). Anaïs Demoustier sera également à l’affiche du prochain film de Christophe Honoré : l’adaptation des célèbres “Malheurs de Sophie” de la comtesse de Ségur.

 

 

26/03/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ferrari land

ferrari, barcelone

Les amateurs de sensations fortes se frottent les mains : d'ici deux ans, Ferrari ouvrira un immense parc d'attractions à proximité de Port Aventura au sud de Barcelone. Plutôt réservé aux enfants, ces parcs à thème remportent de plus en plus de succès. Le projet du Ferrari Land catalan, sur une surface de 75 000 m2 pour un investissement de 100 millions d'euros, est typique de la diversification du secteur. Les célèbres voitures rouges, inaccessibles au commun des mortels, représentent de formidables usines à rêves. Durant votre séjour vous pourrez accélérer en Ferrari, manger en Ferrari et même dormir en compagnie du cheval cabré. Vous n'irez pas jusqu'à conduire une véritable Formule 1, mais il y a fort à parier que les attractions vedettes du premier parc construit à Abou Dhabi seront reproduites. Vous pourrez ainsi faire l'expérience de l'accélération maximale soit atteindre la vitesse de 240 km/h en cinq secondes sur les montagnes russes les plus rapides du monde. Les moins téméraires (ceux qui tiennent à garder le contenu de leur repas) se contenteront des simulateurs de conduite et les plus jeunes des mini bolides. Pour manger, ce sera au choix pâtes... ou pizza, ambiance italienne oblige. Et même les hôtels arboreront les couleurs de l'écurie si souvent championne du monde. Espérons simplement que les lits soient plus confortables qu'un baquet de F1. Ce parc futuriste deviendra terriblement rétro dans 50 ans : à l'heure de la voiture électrique hégémonique, il sera le seul endroit où l'on pourra encore entendre le bruit caractéristique d'un moteur à essence.

19:33 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ferrari, barcelone

25/03/2015

DVD : Cornes malfaisantes

Adaptation réussie de “Horns”, roman de Joe Hill avec Daniel Radcliffe en démon.

 

Horns, aja, radcliffe, joe hill, metropolitanIgnatius, jeune Américain passionné de musique (il travaille dans une radio) et un peu trop porté sur la boisson, se réveille un matin avec une terrible gueule de bois. Lentement, il se souvient. On le suspecte d’avoir assassiné sa fiancée, l’amour de sa vie. Harcelé par les reporters des télévisions locales, il n’a plus aucun souvenir de cette soirée fatale. Ce n’est que 24 heures après ces événements qu’il constate une modification physique. Deux petites cornes lui poussent sur le front. Des cornes de démon. Tentant de cacher ces appendices, il va rencontrer quelques connaissances et constater que ses nouveaux attributs ne gênent personne. Au contraire, les gens, à son contact, ne peuvent s’empêcher de dire la vérité, de dévoiler les secrets les plus enfouis au fond d’eux. Du dentiste érotomane à la mère ayant envie d’abandonner son enfant, il va découvrir son nouveau pouvoir.

La première partie du film d’Alexandre Aja, avec Daniel Radcliffe en démon de la désinhibition, est d’une drôlerie assumée. Mais rapidement le drame va s’imposer. Ignatius est inconsolable et il va utiliser son nouveau pouvoir pour tenter de démasquer le véritable assassin

Tout le film est porté par l’interprétation de Daniel Radcliffe qui n’hésite pas à sortir des sentiers battus. Son personnage est à des lieues de Harry Potter. Il est cependant crédible de bout en bout.

« Cornes » de Joe Hill est un roman extrême, qui dévoile les pires travers de cette Amérique trop puritaine pour être équilibrée. Dans sa transposition à l’écran, il a bien évidemment fallu couper certaines scènes, beaucoup trop explicites ou provocatrices. Cela reste cependant très enlevé et loin du politiquement correct. Diable oblige !

 

« Horns », Metropolitan, 17,99 euros

 

24/03/2015

DVD : Comment choisir sa vie ?

Incapable de vivre sa vie, un homme vole celle des autres dans « Un illustre inconnu », porté par Mathieu Kassovitz.

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Transparent, solitaire, timide et taiseux : Sébastien Nicolas est l'archétype de l'homme effacé que personne ne remarque. Derrière ses grandes lunettes de vue, il observe le monde, son agitation, ses plaisirs. Lui est incapable de vivre normalement, comme paralysé par son apparence. Alors cet agent immobilier terne et docile, a trouvé un dérivatif à sa non-vie : il s'approprie celle des autres.

Interprété par Mathieu Kassovitz, le personnage principal du film de Matthieu Delaporte, a aménagé sa cave en laboratoire de transformation.

ilustre inconnu, pathé, kassovitz, delaporteIl observe, écoute sa future proie puis se glisse dans ses habits. Postiche et prothèses en latex lui permettent de ressembler comme deux gouttes d'eau à ces hommes dont il envie la vie. Il se transforme en fleuriste, marié, un enfant, fan de Gad Elmaleh et alcoolique repenti.

Le jeu est excitant, mais dangereux. Sébastien tente de tout arrêter mais replonge quand il croise la route d'un célèbre violoniste à la retraite. Voilà l'existence dont il aurait rêvé. La tentation est trop forte.

 

La magie du maquillage

Interprétant les deux rôles principaux, Mathieu Kassovitz réalise une performance digne des grands acteurs américains. Il change de personnalité au gré de ses déguisements, modifie sa voix, sa démarche. Mais au fond de lui il reste le même être torturé, incapable de trouver sa place.

Et quand tout se met à déraper, il se sent acculé, perdu. A moins que cela soit là la véritable chance de sa vie. D'une autre vie exactement, celle dont il pourrait enfin orienter les choix.

 

 

Présenté comme un thriller « machiavélique », « Un illustre inconnu » est surtout une fable sur le destin. Peut-on l'infléchir ? Le modifier ? Transformer sa vie en œuvre de bonté alors qu'on est plongé dans un abîme de noirceur ? Sébastien Nicolas a-t-il droit à une seconde chance ?

Le DVD s'agrémente d'un making of assez complet avec interview du réalisateur et de l'acteur principal ainsi que quelques scènes coupées précédées dles explications de Matthieu Delaporte et du scénariste-producteur Alexandre de la Patelière. Mais le plus intéressant reste le reportage sur les effets spéciaux. On découvre comment on transforme Sébastien Nicolas en violoniste plus vieux de 20 ans. Un bel hommage à ces artistes de l'ombre que sont les maquilleurs.

Michel Litout

 

« Un illustre inconnu », Pathé Vidéo, 14,99 euros. 

 

23/03/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le prix de l'art

enchères, christies, hergé, originauxLa beauté est subjective. Son prix aussi. Comment décider de la réelle valeur d'une œuvre d'art ? Cette question restera toujours sans réponse et taraude les esprits depuis des siècles. Il n'empêche, tout sens de la mesure semble désormais perdu.

Régulièrement, on apprend qu'un artiste a pulvérisé son précédent record. Des millions, puis des dizaines de millions. Bientôt des centaines pour une simple toile et certains experts envisagent sérieusement la possibilité de passer dans la catégorie milliards...

Le marché de l'art est devenu le nouveau terrain de jeu des plus grands prédateurs jamais répertoriés sur notre planète : les spéculateurs. Ils s'attaquent depuis quelques années à celui de la bande dessinée. Des planches originales viennent récemment d'affoler les ventes aux enchères parisiennes. Si Hergé a un peu "déçu", d'autres dessinateurs ont vu leurs œuvres très disputées. Simple effet de mode ou profond phénomène de société ? Telle la valeur de l'art, la discussion demeure ouverte.

Pour relativiser tout cela, il suffit de regarder une imposture filmée par une télévision néerlandaise. Un poster (10 euros chez Ikea) est présenté dans un musée comme la dernière œuvre d'un jeune artiste. Les visiteurs sont interrogés sur sa beauté, sa signification et sa valeur. Non seulement ils découvrent dans le dessin quantité d'explications tirées par les cheveux, mais les fourchettes de prix données sont très larges. De quelques centaines d'euros (une plus-value déjà correcte), à 2,5 millions.

Ne jamais oublier qu'une bonne escroquerie ne fonctionne que si l'on trouve de bons pigeons.

22/03/2015

BD : L'odyssée aux Amériques

 

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Illustrant le proverbe qui prétend que ce sont dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes, Xavier Dorison s'est ouvertement inspiré de l'Odyssée pour écrire le scénario de sa nouvelle série. Il a transposé les 12 travaux d'Ulysse dans l'Amérique de la fin du 18e siècle, quand l'Angleterre voyait cette riche colonie se révolter et acquérir son indépendance. Ulysse McHendricks, originaire d'Écosse, a fait fortune en distillant du whisky au bord d'une rivière du nouveau monde. Mais la guerre d'indépendance l'a contraint à prendre les armes. Cela fait des années qu'il combat les tuniques rouges anglaises. Il vit l'aventure aux commandes d'un navire qui a la particularité d'être monté sur roues et d'être tracté par 12 pur-sangs. Dans cette première aventure dessinée par Éric Hérenguel, il doit rejoindre son domaine pour tenter de sauver sa famille. Il prend un raccourci et se retrouve prisonnier d'une vallée hantée par un manitou, un esprit indien sans pitié. Une des plus belles réussites de ce début d'année.

 

« Ulysse 1781 » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

21/03/2015

BD : Amours et fusées

JEU DE DAMES 1.jpg

La conquête spatiale doit beaucoup aux nazis. Cette vérité, longtemps enfouie dans les méandres de l'histoire officielle, est devenue une source inépuisable de scénarios de films ou de bande dessinée. « Jeu de Dames » de Toldac et Philan en est le dernier exemple en date. Hugo, un jeune ingénieur allemand, ami de Von Braun, fait partie des rares à rejeter l'idéologie raciste d'Hitler. Il passe dans la résistance et quitte l'équipe de l'ingénieur inventeur des V1. A la libération, il est récupéré par les Américains pour travailler sur un projet de fusée à plusieurs étages. Objectif : l'espace. Hugo, génie des mathématiques, est un grand sentimental. Marié brièvement à une résistante, Eve, il lui a juré fidélité peu de temps avant qu'elle ne meure sous un déluge de bombes. Quand il rencontre Lola, jeune Américaine sosie d'Eve, ses souvenirs reviennent en masse. Mais qui est-elle exactement ? La guerre froide est propice aux tentatives d'espionnage et de manipulation. Une première partie dense qui pose parfaitement les jalons de l'intrigue, servie par un trait classique et efficace, faisant la part belle aux courbes des fusées... et des femmes.

 

« Jeu de dames » (tome 1), Bamboo, 13,90 €

 

DE CHOSES ET D'AUTRES : Souvenirs d'éclipse

Plutôt que de ressortir Papy Trenet pour introduire l'événement (Le Soleil a rendez-vous avec la Lune... ), je vais empiéter sur les plates-bandes de mon collègue du dimanche et vous raconter comment une éclipse du soleil est en partie à l'origine d'une des plus grandes passions de ma vie.

tintin, temple du soleil, castermanAu début des années 70, alors que j'étais encore en culottes courtes, ma grande sœur a une idée merveilleuse pour mon cadeau de Noël. Pas très riche, elle m'offre un album de BD. En ce 25 décembre, je me plonge dans Le temple du Soleil, une des aventures de Tintin et Milou. Le choc.

Pour la première fois, j'ai l'impression d'être complètement immergé dans une histoire. Que ce soit sur le bateau pour rejoindre l'Amérique du Sud, face à un lama susceptible ou encore au cœur de la jungle amazonienne, accroché aux pattes d'un condor, dans les cavernes ou le fameux temple rempli d'or, tout me semble incroyablement réel. Et puis arrive l'épisode de l'éclipse. Tintin se fait passer pour le maître du soleil auprès des indigènes. Le nez dans la BD, cette disparition puis réapparition du soleil, je les vis à fond.

En août 1999, comme des millions de Français, j'ai observé l'éclipse totale à l'aide de lunettes spéciales. Étrangement, elle n'a pas eu la saveur de celle du Temple du Soleil. Excepté le froid saisissant, le ressenti était bien moindre que sous le trait de Hergé. Alors ce matin, je ne sortirai pas la tête en l'air et me contenterai de relire, pour la centième fois au moins, cet album défraîchi qui m'a tant fait aimer la BD.

20/03/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Colorado cool

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La France ne risque pas de connaître cette situation avant un bon paquet d'années. Depuis début 2014, l'État du Colorado (capitale : Denver, comme le dinosaure, spécialité : ski dans les Rocheuses), observe un regain d'activité économique et se retrouve face à un dilemme qui évoque un peu la fameuse « cagnotte » dont le gouvernement Jospin ne savait que faire.

Une loi plafonne les ressources issues des taxes et impôts perçus chaque année. En 2014, le dépassement atteint 30 millions de dollars. Selon les textes, le gouvernement doit reverser ce surplus à chaque habitant. Soit une prime de quelque 7 dollars. Mais réticent, il envisage d'organiser un référendum pour demander une dérogation.

La raison en est simple : cet argent ne sent pas bon. Au 1er janvier 2014, le Colorado a légalisé la marijuana, tout en la taxant à 30 % (en France, les cigarettes le sont à plus de 80 %). Les prix élevés n'ont pas empêché les locaux et les milliers de touristes d'acheter en masse de quoi passer une bonne soirée entre amis. Des tours opérateurs vendent même des séjours avec visite des fermes où pousse le meilleur cannabis de la région. Un succès phénoménal à l'origine de ces rentrées d'argent très au-dessus des prévisions. Cerise sur le gâteau (un spacecake en l'occurrence), la délinquance est en chute libre.

Colorado rime à présent avec Eldorado. Des touristes, un boum dans le commerce et l'agriculture, quasiment plus de chômage, de l'argent et la tranquillité : what else ?

19/03/2015

Cinéma : mensonges et création dans "Big Eyes", le nouveau film de Tim Burton

 

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Être ou se rêver artiste : ce dilemme est au centre du nouveau film de Tim Burton retraçant l'incroyable imposture artistique des époux Keane.

Le biopic est devenu un genre à part entière du cinéma contemporain. Il se concentre dans deux directions bien définies : la vie d’une célébrité connue de tous (Yves Saint-Laurent, Truman Capote, Steve Jobs) ou d’un inconnu qui mérite d’être remis en lumière. Walter et Margaret Keane, les personnages principaux de « Big Eyes » de Tim Burton sont passés par tous les statuts d’un bon biopic. Inconnus à leurs débuts, ils sont devenus de véritables stars dans leur domaine, puis sont redescendus de leur piédestal rattrapés par leur escroquerie. Cette histoire de mensonges et de création ne pouvait qu’inspirer Tim Burton, lui qui s’est déjà illustré en revisitant l’œuvre et la carrière d’Ed Wood, le « plus mauvais cinéaste de tous les temps ».

 

Du scandale Keane, le réalisateur en a surtout conservé la problématique du mythomane pervers narcissique, capable de placer la femme qu’il aime sous sa coupe au point de transformer toute son existence en un mensonge sans fin.

A la fin des années 50, divorcer, même aux États-Unis, n’est pas chose aisée. Surtout si c’est l’épouse qui décide d’abandonner le foyer. Margaret (Amy Adams) quitte son mari et père de sa fille Jane. Elle rejoint une amie à San Francisco et décroche un petit job dans une fabrique de meubles. Mais son ambition, c’est de vivre de sa peinture. Dotée d’un bon coup de crayon, elle passe ses dimanches dans un parc à monnayer ses portraits exécutés au fusain en quelques minutes. Des sommes dérisoires, mais qui permettent à cette femme seule de maintenir la tête hors de l’eau. Elle tente aussi de vendre ses tableaux, des portraits d’enfants, de face, tristes et aux grands yeux sans lesquels on a l’impression de se noyer. C’est dans ce parc qu’elle rencontre Walter Keane (Christoph Waltz), grand baratineur devant l’Éternel, barbouilleur de scènes typiques des rues de Paris.

 

Vente directe

Agent immobilier dans le civil, il séduit sans peine Margaret, l’épouse alors qu’il tente en vain de percer sur le marché de l’art. Meilleur publiciste que peintre, il a l’idée de s’affranchir des galeries en exposant ses croûtes dans un club de jazz. Paris ne rencontre pas beaucoup de succès, mais les enfants aux « Big Eyes » de Margaret interpellent, elle qui a décidé de signer ses toiles de son nom de femme mariée : Keane. Une erreur fatale.

Walter, constatant le succès de ces compositions étranges et fascinantes, prétend en être l’auteur. Margaret, comme tétanisée, accepte de lui laisser endosser les honneurs, elle, dans le grenier, à l’abri des regards, se contentera de peindre des centaines de portraits rapportant des milliers de dollars.

Le film est fascinant dans la description méthodique de l’enfermement de Margaret dans le mensonge. Elle voudrait dire la vérité, mais redoute que sans le bagou de Walter, ses œuvres ne se vendent plus. Or, ce qui lui importe le plus, c’est d’offrir une certaine sérénité matérielle à sa fille. Dans le rôle de Walter, Christoph Waltz fait une composition très convaincante. Ivre de célébrité, il quitte la réalité, s’enfermant lui aussi dans un déni complet. Une œuvre, deux auteurs, un scandale : Tim Burton transforme le tout en un film touchant et attachant.

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L'art au féminin

 

big eyes, tim burton, amy adams, keane, peintre, weltzEn filigrane du film « Big Eyes », Tim Burton a également abordé le problème de la création artistique au féminin. Parmi les arguments de Walter pour convaincre sa femme de continuer de signer ses toiles de son seul nom, sans son prénom, la difficulté pour une femme d'être reconnue par la critique. Dans les années 60, le milieu de l'art est dominé par les hommes. C'est toujours vrai, mais moins flagrant. Pourtant les peintures des « Big Eyes » sont d'une facture complètement à l'opposé du monde de Walter Keane. Il a beau dire qu'il ne fait que reproduire les visages des enfants victimes de la guerre (un bobard parmi tant d'autres), ce n'est pas du tout crédible.

Margaret Keane, après avoir divorcé, s'est lancée dans un long et difficile procès pour récupérer son honneur. Certes elle a menti durant des années, cautionnant l'histoire mise au point par son mari pour gagner le maximum avec les toiles et les reproductions, mais elle a finalement gagné. Une évidence pourtant compliquée à démontrer.

Aujourd'hui elle est toujours en vie. Une vieille dame qui continue à peindre ses chers enfants et qui fait une petite apparition dans le film de Tim Burton.

18/03/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Nom de nom

ump, républicains, sarkozy

Pour changer, le plus simple reste à ne modifier que la façade. Les apparences, réputées trompeuses, le sont encore plus dès lors qu'il s'agit de politique. Depuis son élection à la tête de l'UMP après le psycho-drame entre Fillon et Copé puis le scandale Bygmalion, l'urgence pour Nicolas Sarkozy consiste à repeindre de blanc immaculé une structure quelque peu souillée. Tout en menant une réforme en profondeur, il lance le chantier du nouveau nom. Exit l'UMP, place aux « Républicains ». Le Journal du Dimanche révèle le processus du brainstorming pour en arriver à ce résultat. Premier étonnement, l'agence de publicité qui a travaillé sur les recherches l'a fait à titre gratuit. Voilà qui change des pratiques de Bygmalion. Avec eux, tout était toujours très cher, même quand les études, séminaires ou rencontres s'avéraient totalement virtuelles. Deuxième surprise, enfin un parti ose s'affranchir de l'acronyme. PS, PC, UDI, Modem ou FN : tous sont restés fidèles aux sigles comme au bon vieux temps de la SFIO ou du RPF. Les Républicains ne se cachent pas derrière une lettre, même si les premiers logos en circulation font flamber le R dans des tons tricolores. Tout serait parfait sans les éternels chicaneurs. Ceux qui regrettent que le terme républicain soit surtout associé à la droite américaine en opposition aux démocrates. Et puis moi, en tant que journaliste amené à imaginer un titre court et percutant, une fois placé « Républicains » il me reste moins de place qu'avec le bref UMP. Et gare à la solution de l'abréviation, un simple accent différencie les « Répus » et des « repus »...

17/03/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Rendormez-vous !

sieste, sommeil, fatigue

Ce dimanche, j'ai fait une longue sieste. La faute à la Formule 1. Le premier grand prix de la saison se déroulant en Australie, le départ en a été donné dès potron-minet. Résultat, sur les coups de 14 h 30, je me suis écroulé dans le canapé et j'ai rattrapé ces deux heures de sommeil perdues inutilement (la F1 a depuis longtemps perdu tout intérêt sportif). La sieste m'a toujours été suspecte. Dormir en pleine journée, seuls les fainéants peuvent apprécier. Ça, c'était vrai quand j'étais jeune. Aujourd'hui, le poids des ans me fait réviser ce jugement un peu trop abrupt. Deux heures, certes c'est trop, mais 20 minutes de pause, l'esprit totalement déconnecté, il n'y a rien de mieux pour se requinquer. Les entreprises japonaises l'ont bien compris, qui permettent à leurs employés ce repos salvateur. Pourtant, cette pratique est régulièrement attaquée. Récemment des chercheurs ont démontré que la sieste chez les enfants de 2 à 5 ans n'est pas toujours bénéfique car elle nuit à l'endormissement du soir. Sûr que les petits ouvriers du Bangladesh, après une journée de travail de 12 heures, ont moins envie de jouer à la play le soir avant de se coucher que les petits Occidentaux. Une sieste, même de dix minutes, ils se contentent d'en rêver. La nuit, l'expression « ils tombent de sommeil » est à prendre au pied de la lettre. Alors prions pour que la pause méridienne ne soit pas remise en cause en maternelle. De plus, ils sont tellement mignons quand ils dorment. « Et pendant ce temps, ils ne nous cassent pas les oreilles », renchérit une employée qui aimerait bien pouvoir en faire une de sieste.  

07:36 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sieste, sommeil, fatigue

16/03/2015

Cinéma : Comment reconstruire sa famille

 

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Le jeune héros du « Dernier coup de marteau », film d’Alix Delaporte tourné près de Montpellier, tente de sauver sa mère et de retrouver son père.

Romain Paul. Retenez son nom, ce jeune acteur a une belle carrière devant lui. Découvert par Alix Delaporte, cet adolescent a une incroyable intensité dans le regard. C'est la principale raison qui a poussé la réalisatrice du film « Le dernier coup de marteau » de le retenir pour le rôle titre de son second long-métrage.

Victor, 13 ans, vit seul avec sa mère Nadia dans une caravane plantée à l'année en bord de Méditerranée. En stop, il se rend à Montpellier pour assister aux répétitions d'un concert de musique classique.

 

Père absent

Le chef, Samuel Rovinski (Grégory Gadebois) est le père de Victor. Une histoire d'amour très lointaine avec Nadia (Clotilde Hesme). Le père et le fils ne se sont jamais rencontré. Le premier face-à-face entre eux est très tendu. A ses proches professionnels, Samuel nie être le père de cet adolescent. Point. Reprise des répétitions.

Ce film sensible et d'une beauté lumineuse (les couleurs de la Méditerranée sont parfaitement mise en images) repose à 90 % sur les frêles épaules de Romain Paul. Présent dans quasiment tous les plans, c'est lui qui sert de relais entre ce couple séparé qui refuse de se retrouver. Victor tente de savoir si le retour de son père dans la région est lié à la maladie de sa mère. Atteinte d'un cancer, elle dépérit à vue d'oeil, refusant de prolonger un traitement trop lourd. Mais Samuel n'est au courant de rien. Son concert à Montpelier n'est qu'une date de plus dans son planning très chargé de chef d'orchestre réputé.

Partagé entre l'envie de sauver sa mère et de retrouver son père, Victor, en pleine adolescence, découvre en plus les premiers émois amoureux avec sa jeune voisine, Luna (Mireia Vilapuig), une Espagnole survivant sur la plage au sein de sa famille nombreuse. Trois pistes pour une avenir non tracé.

Loin d'être moralisateur ou chargé de pathos, ce film est d'une extrême réalité. Alix Delaporte a volontairement laissé toutes les fins ouvertes. Victor, quel que soit son destin, ses choix, sa vie, restera un gamin lumineux qui rayonnera longtemps dans la mémoire des spectateurs chanceux de ce film tout en nuances.