23/09/2011

Le Léviathan de Scott Westerfeld chez Pocket Jeunesse poursuit sa route à la rencontre du Béhémoth

Béhémoth, Léviathan, Scott Westerfeld, Pocket Jeunesse

Il est des univers littéraires qui longtemps après la dernière page tournée continuent à vous faire rêver. Léviathan, la nouvelle saga imaginée par Scott Westerfeld (Ugglies, Midnighters) est de cette veine. Un an après la publication du début des aventures de Deryn et Alek, les deux jeunes héros sont de retour dans un copieux volume de 500 pages richement illustré et intitulé « Béhémoth ». Ce récit d'histoire alternative se déroule en 1914, à l'aube de la grande guerre. L'empire allemand a des envies d'expansion malgré sa prise en tenaille entre les britanniques et les Russes. Tout l'intérêt du récit, directement inspiré des véritables événements, est de présenter une société ayant évolué différemment. Les Anglais ont développé le Darwinisme ou l'art de créer des animaux utiles alors que les Allemands, les clankers, tirent leur puissance de la fabrication de machines.

 

Deryn, orpheline, se fait passer pour un garçon pour servir sur le Léviathan, un « souffleur d'oxygène », sorte de baleine des airs transformée en forteresse volante. A son bord le jeune Alek, prince héritier de l'empire austro-hongrois, y a trouvé refuge en fuyant les Allemands. Dans ce second tome, on retrouve le vaisseau amarré au-dessus de Constantinople. Les diplomates anglais ont pour mission de rallier les Ottomans. C'est dans cette ville cosmopolite, véritable nid d'espions et de traitres que l'intrigue se déroule. On y croise par exemple « des golems de fer. Ils protègent le quartier juif. » Ce sont des « mécanopodes à la silhouette quasi humaine. Ils avaient des jambes courtaudes, de longs bras et des visages lisses. Ils étaient ornés d'étoffes rayées et de symboles étranges, et ne portaient aucune arme dans leurs mains griffues. »

Les bonnes raisons pour lire Béhémoth sont légion, de la relation de plus en plus amicale entre les deux héros à la découvertes de nouveaux animaux comme ces loris perspicaces aux pouvoirs étonnants. Quant au Béhémoth qui donne son nom au livre, vous devrez attendre les derniers chapitres pour le voir en action. Mais vous ne le regretterez pas !

« Béhémoth » de Scott Westerfeld, Pocket Jeunesse, 19 €

22/09/2011

SnOOp bOOk : lisez comme vous êtes

Un livre sous forme de carnet de bord, des indices au fil des pages : plongez dans le monde du SnOOp bOOk des éditions Soleil

 

Ceux qui pensent que le livre est appelé à disparaître car totalement dépassé par les nouvelles technologies oublient que c'est aussi un objet. Ce côté manuel, les éditions Soleil ont décidé de le mettre en avant dans une nouvelle collection, un nouveau concept : le SnOOp bOOk.

S'adressant plus spécialement aux adolescents, il a la forme d'un carnet de bord tenu par le héros ou l'héroïne. Le lecteur est à ses côtés pour découvrir les événements, il a lui aussi la possibilité de manipuler les indices qui vont de coupures de journaux à des documents officiels en passant par des badges avec codes secrets. Rajoutez des illustrations couleurs et une dernière partie à ne lire que si on pense avoir découvert la solution de l'énigme et on comprend mieux pourquoi ce SnOOp bOOk est bien plus qu'une simple somme de feuilles de papier.

Trois titres viennent d'être lancés à la fin du mois d'août et ils ont fière allure dans les rayons des nouveautés. Différents univers sont abordés, de la science-fiction à celui des geeks en passant par la musique rock. Un large choix pour exploiter au maximum les nombreuses possibilités de ce nouveau concept.

 

Mission M'Other

SnOOp bOOk, Mission m'other, Pierre Bordage, Soleil, Melanyn, Nicoloff, Geek battle, Dark ligntMission M'Other est écrit par Mélanyn avec Pierre Bordage. Si la première n'a que quelques scénarios de BD à son actif, le second est une pointure de la SF française. Lia, 15 ans, seule survivante de la Mission M’Other, revient sur terre dans une capsule de détresse. Elle se rend vite compte que toute la population a disparu, laissant derrière elle les vestiges de notre civilisation. Elle va donc entamer un périple à travers la France pour retrouver les hommes, comprendre ce qui s’est passé, étudiant sur sa route les moindres indices qu’elle pourra glaner : messages, photos, plans, carte d’accès… Lui permettront-ils de découvrir à temps le rôle qu’elle a à jouer ?

 

Geek Battle

Geek Battle de Sarmiento et Mady plonge le lecteur au cœur du monde des geeks, ces passionnés d'informatique vivant dans un monde virtuel. Wilfried est en première année à Stanford, l’université où se déroule le plus grand concours Geek jamais imaginé : le Geek Battle. Il décide de tenir un journal de bord pour rendre compte de ses aventures dans ce tournoi qui dure plusieurs semaines. Mais un jour à peine après le lancement, un jeune étudiant est retrouvé mort au pied d’un immeuble. La police conclut au suicide, mais sa petite amie est persuadée que c’est impossible. Wil va être malgré lui poussé à mener l’enquête.

 

Chloé and the Dark Light

Le milieu de la musique rock est au centre du troisième titre écrit par Nicoloff (lui aussi scénariste de BD). Chloé vient de gagner le concours de ses rêves : elle part en tournée avec les Dark Light, son groupe de musique préféré. Avec sa meilleure amie Emma, elles vont vivre au rythme des concerts, et fréquenter leurs idoles. Mais le groupe reçoit des lettres de menace et les incidents se succèdent sur la tournée.

Originaux, alliant inventivité et imagination, ces trois titres sont vendus 19,90 euros chacun.

Et pour aller un peu plus loin, n'hésitez pas à vous rendre sur le site de la collection qui offre de nombreux bonus et d'autres liens en rapport avec les trois titres. 

 

 

20/09/2011

Les monstres débarquent au Lombard

 

Monster Allergy, Centomo, Barbucci, Artibani, Canepa, Lombard

Monster Allergy, Centomo, Barbucci, Artibani, Canepa, LombardLes monstres changent de crèmerie. Habitués à batifoler chez Soleil, ils seront désormais abrités par Le Lombard. Les monstres ce sont ceux de « Monster Allergy », la série phénomène lancée par Centomo, Artibani, Barbucci et Canepa. Des auteurs italiens qui ont su faire fructifier cet univers en s'entourant d'un studio. Une productivité qui se retrouve dans la forme des albums. Ce n'est plus une aventure qui est proposée dans chaque volume, mais trois. Pour inaugurer la série, les deux jeunes héros, Zick qui voit les monstres et son amie Elena devenue une « abriteuse » vont aller dans une citadelle secrète suspendue au-dessus de falaises à la recherche du Gorka Blanc, puis ils seront face à deux sœurs menacées par des fantômes et enfin ils devront affronter l'Ombre. Entre manga et univers Disney, Monster Allergy est (avec WITCH des mêmes auteurs) la série jeunesse symbole des années 2000. Elle se décline également en dessin animé diffusé, entre autres, sur M6.

« Monster Allergy next gen » (tomes 21 à 23), Le Lombard, 14,95 €

19/09/2011

Jack l'éventreur au pays des Indiens : fin de « Wounded » de Marie et Malnati chez Bamboo Grand Angle

Wounded Knee Creek, Jack l'éventreur, Damien Marie, Malnati, Bamboo, Grand Angle

Qui se cachait derrière le personnage de Jack l'éventreur ? Ce fait divers ayant lancé la carrière de tant de serial killers reste totalement inexpliqué. Une occasion en or pour tous les écrivains et autres scénaristes en mal de théorie du complot (notamment autour des turpitudes de la famille royale). Damien Marie, le scénariste de « Wounded » va plus loin. Deux ans après les meurtres londoniens, plusieurs prostituées sont assassinées selon le même rite dans une ville d'Amérique, à proximité de Wounded Knee Creek en territoire sioux. Rapidement, les autorités soupçonnent Edwards Norman, un photographe qui vient de Londres. Ce dernier, à moitié fou, semble se persuader qu'il est effectivement ce célèbre Jack. Blessé, recueilli par les Sioux et soigné, il pourra aller au plus profond de son inconscient grâce à des rites indiens. Ce mélange improbable des genres (fantastique et western) fonctionne à merveille. Marie soigne la psychologie de ses personnages et Loïc Malnati, au dessin, donne beaucoup de force aux hallucinations d'Edwards.

 

« Wounded » (tome 2), Bamboo Grand Angle, 13,50 €

18/09/2011

Les vampires sont résistants, notamment le Dracula de Dufranne et Kowalski chez Casterman

Stoker, Casterman, Dracula, Dufranne, Kowalski

Le roman de Stoker, Casterman, Dracula, Dufranne, KowalskiBram Stoker fait partie de ces œuvres qui, comme son héros, semble éternelle. Les adaptations sont nombreuses et une suite a même été éditée récemment. Dacre Stoker, l'arrière petit-neveu du créateur du maître des vampires a prolongé cet univers pour les éditions Michel Lafon et ces dernières, en association avec Casterman, proposent une adaptation en BD. Michel Dufranne s'est chargé du scénario et Kowalski, graphiste polonais, assure les dessins. L'action se déroule en 1912. Cela fait 25 ans que Dracula a été vaincu. Ceux qui ont mis fin aux agissements du prince de la nuit sont inquiets : de nouveaux vampires semblent vouloir faire régner la terreur. De la Provence à Londres en passant par Paris, de ravissantes et néanmoins redoutables femmes vampires vont tenter de tuer les protagonistes de l'époque (du psychiatre au notaire) et leurs descendants. Seule Mina sera épargnée. Mina, toujours aussi belle et n'ayant pas pris une ride.

Du sang, du sexe, de la folie, le tout parfaitement dessiné : les amateurs seront aux anges.

 

« Dracula l'immortel » (tome 1), Casterman, 12,95 €

16/09/2011

Dans « Brut » de Dalibor Frioux et « Mondial Nomade » de Philippe Pollet-Villard, notre futur proche est sombre, très sombre.

 Deux romans français abordent, indirectement, la crise économique qui secoue le monde occidental. Ce n'est pas à proprement parlé de la science-fiction, mais une réalité sinistre et pourtant très vraisemblable. Celle que nous préparons à nos petits-enfants. Épuisement des ressources pétrolières ou délocalisations à outrance : ces romans pourraient nous faire ouvrir les yeux et réagir avant qu'il ne soit trop tard.

Dalibor Frioux, Brut, Seuil, Mondial nomade, Flammarion, Philippe Pollet-Villard, rentrée littéraireLa Norvège était à la Une de l'actualité cet été. Un fou extrémiste, en tuant des dizaines de jeunes militants, a braqué les projecteurs du monde entier sur ce petit royaume pourtant béni des dieux. Béni car regorgeant de pétrole dans ses eaux territoriales. Ce pétrole, les richesses qu'il induit et la pollution qu'il provoque sont au centre du roman « Brut » de Dalibor Frioux. Un premier roman de près de 500 pages, dense et foisonnant, où le premier effort du lecteur est de se mettre dans la tête de ces personnages qui trouvent normal d'être immensément riche sans avoir à faire le moindre effort. Il y a Sigrid, la fille de Katrin, ancien mannequin. Belle et intelligente, elle va intégrer la principale banque du royaume grâce à l'appui de son oncle Kurt, le vice-président.

Kurt est de loin le personnage le plus complexe, le plus fascinant de ce roman. Agé de plus de 60 ans, il envisage de profiter encore au maximum de la vingtaine d'années qui lui reste à vivre. Son grand but est d'intégrer le comité du prix Nobel. Il juge les gens, intrigue, donne des ordres et place ses hommes. Le prototype même du grand bourgeois décideur, toujours sûr de lui, ne concevant pas que les choses ne se déroulent pas comme il le prévoit. A l'opposé, Henryk est un jeune philosophe. Amoureux de Sigrid, il est à la tête du fond d'éthique. Ce fond est le trésor du pays. Quand les premiers pétrodollars ont inondé la Norvège, il a été mis en place pour capitaliser ces millions. Puis ces milliards. Conséquence, tous les Norvégiens, en théorie, sont immensément riches : « On ne parlait pas de personnes démesurément riches, mais d'un pays tout entier ; non plus de richesses disponibles à l'échelle d'une vie humaine, mais sur des générations. On ne parlait plus d'une aubaine, d'un trésor trouvé au fond du jardin, mais de l'équivalent de centaines de millions d'heures de travail du royaume tout entier, déposées chaque mois à leurs pieds. Peut-être était-ce la raison pour laquelle tous ces jeunes mourraient avant l'âge. » Car la Norvège, dans ce futur proche, souffre d'un mal nouveau, une « épidémie de mortalité » comme la nomment certains commentateurs. Un pays en pleine période électorale. Les électeurs vont élire les députés, mais également le couple royal. Les conservateurs risquent de perdre le pouvoir au profit des nationalistes. Malgré le mur qu'ils ont construit tout autour du pays (pour empêcher les invasions de rats...), la découverte de nouveaux champs pétroliers et le renvoi de milliers d'étrangers chez eux. Le pays décrit par Dalibor Frioux semble presque exister. Paradis pour certains, c'est un drôle d'enfer qui se profile pour d'autres.

 

Garde meuble

Dalibor Frioux, Brut, Seuil, Mondial nomade, Flammarion, Philippe Pollet-Villard, rentrée littéraireLa crise économique est beaucoup plus grave dans le roman de Philippe Pollet-Villard. Le capitalisme triomphant a découvert que les délocalisations permettent de multiplier les profits. La différence c'est que les usines déménagent vers l'Asie ou l'Afrique, avec les ouvriers français et leurs familles. La seule solution pour garder son emploi, c'est l'exil. Jean-Charles Rem, entrepreneur, a flairé le bon filon. Il va implanter un peu partout le long des autoroutes des entrepôts où, pour un prix modique, on peut laisser ses meubles personnels. Car les départs ne sont que provisoires. A la base... C'est « Mondial Nomade ».

Rem, à l'heure de la retraite, revend l'entreprise au fils du président qui va s'empresser de transformer les entrepôts en prisons. Et le héros, inactif, un peu perdu, va profiter de sa fortune pour tenter de retrouver un ami de jeunesse, croisé quand il était routard en Inde. L'envie de revivre l'aventure du voyage.

Philippe Pollet-Villard décrit un pays devenu presque totalitaire, vidé de ses forces vives. Un fantôme de nation où tout espoir de progression sociale, d'épanouissement et de bonheur a déserté. Par contre en Inde, la débrouillardise française rayonne. Alors, faut-il déjà se préparer au grand exode ?

« Brut » de Dalibor Frioux, Seuil, 21,50 €

« Mondial Nomade » de Philippe Pollet-Villard, Flammarion, 18 €

 

15/09/2011

Alien et faille spatio-temporelle : Berberian et Gaultier sont tombés du ciel

Berberian, Gaultier, Duput, Tombé du ciel, Futuropolis

Berberian, Gaultier, Duput, Tombé du ciel, FuturopolisBerberian abandonne très rarement son acolyte Dupuy (ils seront d'ailleurs ensemble au festival du disque et de la BD de Perpignan les 24 et 25 septembre). Avec « Tombé du ciel » il ne signe que le scénario de cette fantaisie spatio temporelle dessinée par Christophe Gaultier. Le héros, Emile, va aider un extraterrestre à se cacher. Un « petit gris » qui a le pouvoir de revoir le passé. Emile pourra ainsi savoir ce qui s'est exactement passé le 21 juin 1982 en Bretagne. Il aurait pu devenir chanteur de rock, il a complètement raté son audition. La seconde partie de ce copieux roman graphique de 140 pages en noir et blanc est aussi une réflexion sur le destin et les fameux grains de sable qui, parfois, dérèglent une machine bien huilée.

« Tombé du ciel » (tome 2), Futuropolis, 20 €

La chronique du premier tome

 

 

13/09/2011

Revue de pouvoirs avec Ralph Azham de Lewis Trondheim chez Dupuis

 

Lewis Trondheim, Ralph Azham, Dupuis

Lewis Trondheim, Ralph Azham, DupuisRalph Azham, nouveau héros imaginé par Lewis Trondheim, passionnera tous les lecteurs amateurs de fantasy et nostalgiques des Donjon. Les enfants ayant un pouvoir sont capturés et conduits à l'oracle. Ce dernier saura si l'un d'eux pourra vaincre les hordes de Vom Syrus. Dans ce second tome, les pouvoirs sont parfois redoutables (notamment celui de Ralph) ou plus anecdotiques comme celui qui ne dort jamais ou cet autre qui sait si une femme est enceinte en la regardant. Tous devront fuir quand une menace mortelle pénètrera dans le dortoir. On rencontrera également des magiciens, un fylphe et la sœur de Ralph. Un peu d'humour vient saupoudrer cette BD essentiellement d'aventure, un retour au genre pour le créateur de Lapinot.

« Ralph Azham » (tome 2), Dupuis, 11,95 € (et pour ceux qui en veulent encore plus, la troisième aventure de Ralph Azham est à retrouver chaque semaine dans Spirou à partir de ce mercredi)


12/09/2011

Libertinages : le siècle des Lumières vu par Joann Sfar chez Dargaud

 

Johann Sfar, Lumières, Dargaud, libertinage

Johann Sfar, Lumières, Dargaud, libertinageRetour à la BD pour Joann Sfar. Le succès de son film sur Gainsbourg ne l'a pas totalement détourné des planches à dessin. Après le Chat du rabbin, il lance une nouvelle série se déroulant au siècle des Lumières. Les premières pages semblent une réflexion sur l'esclavage mais rapidement le personnage de la comtesse Eponyme impose une ligne directrice beaucoup plus libertine à la BD. Cela donne un ensemble un peu bancal rattrapé par des scènes d'un érotisme torride. Elle s'ennuie, son mari, plus philosophe qu'amant, lui laissant la possibilité de se rattraper auprès du personnel masculin, notamment un cuistot italien allant au four et au moulin. C'est léger, intelligent et pertinent : tout ce qui a fait le succès de cet auteur de BD ayant considérablement élargi son lectorat.

« Les Lumières de la France » (tome 1), Dargaud, 13,95 €

09/09/2011

Sherlock Holmes revient d'entre les morts chez Soleil

Sherlocj Holmes, M%oriarty, Cordurié, Laci, Nécronomicon, Soleil

Sherlocj Holmes, M%oriarty, Cordurié, Laci, Nécronomicon, SoleilSherlock Holmes n'en finit plus d'inspirer les scénaristes de BD. Sylvain Cordurié, après avoir confronté le héros de Conan Doyle à des vampires, le met de nouveau face à son ennemi de toujours, le professeur Moriarty. Mais ce dernier est mort dans la dernière aventure du détective anglais. Qu'à cela ne tienne, le scénariste le ressuscite, le transformant en une sorte de zombie désirant récupérer l'intégralité de sa personnalité enfouie dans l'inconscient de Holmes. Cela semble un peu tiré par les cheveux, mais une fois dans l'ambiance, le personnage de Holmes semble tout à fait adapté à ces histoires fantastiques très à la mode au XIXe siècle. Un album dessiné par Laci, auteur serbe ne lésinant pas sur les décors d'époque. Efficace et prenant, la première partie vous donnera forcément envie de découvrir la fin du duel. Rendez-vous pour le tome 2 dans quelques mois...

« Sherlock Holmes et le Necronomicon » (tome 1), Soleil, 13,50 €

08/09/2011

Fantômes masqués chez Delcourt : une BD de Fabien Grolleau sur les fans de comics

Fabine Grolleau, masque du fantôme, Delcourt, Shampooing

Fabine Grolleau, masque du fantôme, Delcourt, ShampooingLa BD a toujours fait rêver. Et parfois plus. Sacha rêve d'en vivre. Un vieillard milliardaire rêve qu'il est le héros qui a bercé son enfance. Ensemble, ils vont se retrouver dans une folle course poursuite au cœur d'une ville corrompue. Fabien Grolleau, grâce au format de la collection Shampoing (200 pages en noir et blanc par volume), parvient à plonger le lecteur dans un album aux multiples facettes. Dans la réalité, le Fantôme masqué est un vieillard se déplaçant difficilement. Il retrouve toute sa splendeur aux yeux du milliardaire complètement maboul. Sacha, le dessinateur, est entre les deux mondes. Il soutient son mécène, et le comprend puisque lui aussi sait se projeter dans ces comics bon marché où le Bien triomphe toujours du Mal. Le second volume clôt cette aventure qui voit l'arrivée de SDF rejetés en périphérie de la ville. Des indésirables profitant du carnaval pour se venger d'autorités sectaires et racistes. Un peu d'amour, de l'humour, de l'aventure et du social : le cocktail est détonnant et très séduisant au final.

 

« Le masque du fantôme » (tome 2), Delcourt, 9,40 €

 

07/09/2011

La vie facile pour le héros de "C'est comment qu'on freine ?" de Grégory Mardon chez Dupuis

Grégory Mardon, Dupuis

Grégory Mardon, DupuisCyril, le personnage principal de cette BD de Grégory Mardon, est ce que l'on appelle un winner. Pas de ceux qui s'enrichissent vite et facilement. Non, sa spécialité c'est de ne faire que ce qui lui plait. La trentaine, il sort, s'amuse, vit à Paris, fait un boulot alimentaire mais pas très fatigant, rencontre des gens intéressants, a plein de copains et depuis peu une petite amie fixe, Natacha. La vie facile d'une génération insouciante dans la folie des années 2000. Mais la réalité va le rattraper en quelques heures. Primo, Natacha lui apprend qu'elle est enceinte. Il voit immédiatement de longues chaînes se profiler devant lui, du mariage au temps nécessaire à l'éducation de cet hypothétique marmot. Car Natacha est décidée à le garder. Secundo, le père de Cyril est victime d'un infarctus. Il doit filer à l'hôpital de province se rendre à son chevet, retrouver cet environnement qu'il a fuit depuis longtemps.

Second volume de « L'extravagante comédie du quotidien », cet album est un instantané de certaines mœurs de notre époque, de la vie désinvolte de ces adultes ne voulant plus grandir.

« C'est comment qu'on freine », Dupuis, 18 €

 

09:21 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grégory mardon, dupuis

06/09/2011

Cap sur Morro Bay pour Jean-Philippe Blondel dans "Et rester vivant" chez Buchet-Chastel

Jean-Philippe Blondel, Buchet-Chastel« Et rester vivant » de Jean-Philippe Blondel est une invitation au voyage. La Californie du début des années 80 est au centre de ce texte très personnel. L'auteur y raconte comment, un été, il a dilapidé son héritage en sillonnant les routes américaines au volant d'une grosse américaine, une Thunderbird, en compagnie de deux amis.

Les voitures ont une place prépondérante dans la vie de Jean-Philippe Blondel. Et dramatique. Il est à peine âgé de 18 ans quand son frère aîné et sa mère meurent dans un accident. Son père, qui était au volant, sort indemne. Physiquement, pas mentalement. Devenu à moitié fou, il va mourir lui aussi, quelques années plus tard, toujours dans un accident de voiture.

Le narrateur, jeune héritier de 22 ans, vend l'appartement du père et avec cet argent achète des billets d'avion pour la Californie. Il ne part pas seul, emmenant dans ses bagages son ancienne petite amie et son meilleur ami. Le trio amoureux va aller de San Francisco à Los Angeles, en passant par la Basse-Californie mexicaine et Las Vegas. Cette idée de voyage est simplement due à une chanson, un tube du moment, où le chanteur racontait comment il finissait ses jours à Morro Bay. Morro Bay, le but ultime du narrateur, le cul-de-sac de ce voyage impossible.

La force de ce roman réside dans cette volonté de tout raconter, sans tabou ni arrangement avec la vérité. De la folie à la jalousie, de l'abandon à la révolte, Jean-Philippe Blondel brosse avec brio toutes les étapes et rencontres de cette errance estivale, cette étrange parenthèse dans une vie programmée.

 

« Et rester vivant » de Jean-Philippe Blondel, Buchet-Chastel, 14,50 € (Photo John Foley)

 

05/09/2011

Au fil du Mékong, Patrick Deville raconte le Kampuchéa

Mékong, Angkor, Kampuchéa... Si ces noms vous font rêver, plongez dans ce roman de Patrick Deville, entre voyage initiatique et rêverie historique.

Patrick Deville, Kampuchéa, Seuil, Cambodge, Khmers rougesL'auteur se rend au Cambodge en 2010. A l'occasion du procès de Douch, le bourreau khmer rouge du camp S-21. Des dizaines de milliers de morts, juste pour l'exemple puis presque par habitude. La première partie du roman retrace avec une rigueur scientifique la prise du pouvoir par ces révolutionnaires, soutenus à l'époque par la CIA, simplement pour déstabiliser le Vietnam.

 

De toutes les révolutions ayant triomphé, « celle de Phnom Penh fut un sommet, explique Patrick Deville, la plus belle et la plus intransigeante, l'absolue table rase. Trois ans, huit mois et vingt jours. Une révolution aussi parfaite qu'une expérience de laboratoire. » « L'idée même de ville doit disparaître. Le retour au village et à la pureté khmère. Tous porteront le pyjama noir des paysans khmers. C'est la rigueur morale du Peuple ancien contre la débauche des citadins. » Une véritable terreur s'abat sur le pays. Les camps se multiplient et les cadavres s'accumulent. L'Angkar, le manifeste des révolutionnaires interdit l'argent, les livres, l'école...

Aujourd'hui le Cambodge est redevenu un pays libre. Patrick Deville constate pourtant que le procès Douch, loin de passionner les foules, semble se dérouler dans une relative indifférence. Seuls quelques descendants de victimes tentent d'obtenir réparation. Mais la peine de mort étant abolie, les tortionnaires ne risquent, au pire, que de finir leurs jours dans des prisons mille fois plus luxueuses et confortables que les cachots dans lesquels ont agonisé leurs victimes.

Dans ce récit, Patrick Deville se met également en scène, se dévoile, laisse deviner sa fascination pour ce pays, cette région. « Je partirai demain à mon tour, puisque le procès de Douch est déjà suspendu. J'irai revoir l'étoile du soir se lever sur les ruines d'Angkor, et le vol des milliers de chauve-souris sur le ciel cendreux. » Il va remonter le Mékong, refaire le parcours des grands explorateurs français comme Henri Moulot, ce chasseur de papillons découvreur du temple d'Angkor. Aussi les deux militaires français, Lagrée et Garnier. Des Français au Cambodge et des Cambodgiens en France. La remontée du fleuve sera aussi l'occasion pour l'auteur de revenir sur les séjours parisiens des cerveaux khmers rouges, notamment Pol Pot. Ce roman, comme le Kampuchéa, est parfois lent et majestueux, avant d'entrer dans des zones de turbulences où les excès confinent à la folie.

« Kampuchéa » de Patrick Deville, Seuil, 20 € (Photo Bertini)

 

02/09/2011

« La saga d'Atlas et Axis » de Pau chez Ankama : bien plus que des chiens...

Atlas et Axis, Pau, Ankama

Atlas et Axis, Pau, AnkamaLes auteurs espagnols aiment la BD animalière. Après le choc Blacksad il y a quelques années, dans un tout autre genre, apprêtez vous à tomber sous le charme d'Atlas et Axis. Imaginés par Pau depuis de nombreuses années, ces chiens ont trouvé refuge aux éditions Ankama. Le premier tome de leur « Saga » paraît dans la collection « Etincelle » et est incontestablement un des incontournables de cette rentrée. Pour le dessin, fin, racé et expressif, mais aussi l'histoire, entre action, humour et émotion. C'est cependant ce dernier trait qui ressort le plus. Et est le mieux maîtrisé. Revenant de voyage, Atlas et Axis découvrent leur village pillé. Les Vikiens ont enlevé les femmes et les enfants, tuant hommes et anciens. Ils décident de partir vers le Nord pour libérer les membres de leur famille. Un long périple dans les bois et la neige, à affronter sorcière, ours et autres dangers. Deux chiens aux sentiments très humains, entre colère et tristesse. Un bijou graphique à mettre entre toutes les pattes...

« La saga d'Atlas et Axis » (tome 1), Ankama, 14,90 €

08:58 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : atlas et axis, pau, ankama

01/09/2011

L'esprit spartiate par Weber et Simon aux éditions du Lombard

Sparte, Weber, Simon, Lombard, Alix, Jacques Martin

Sparte, Weber, Simon, Lombard, Alix, Jacques MartinDans la BD historique, il y a un avant et un après Alix. Jacques Martin, avec sa rigueur et sa précision légendaires a placé très haut la barre. « Sparte » de Weber (scénario) et Simon (dessin) est dans la droite lignée des aventures du jeune Gaulois au service de César. Être Spartiate c'est plus qu'une nationalité, c'est un état d'esprit qui ne laisse aucune place à l'amour, la tendresse ou l'amusement. Éduqués pour se battre, sans pitié, à mourir au combat, les jeunes Spartiates sont redoutés dans toute la Grèce. Agésilas a pris la tête d'une rébellion qui trouve le roi actuel trop laxiste. Ce dernier, pour se débarrasser de ce trublion, engage Diodore, ilote réputé être le meilleur chasseur de primes de la ville. Cette série, aux dessins réalistes d'un grand classicisme, raconte la lutte entre ces deux héros, leurs points communs, leurs secrets... Un premier tome prometteur avec un coup de théâtre final donnant une orientation différente et inattendue à une série regorgeant de violence et de sexe.

« Sparte » (tome 1), Le Lombard, 11,95 €

31/08/2011

Les rugbymen par Béka et Poupard : l'ovale qui rit

Béka, Poupard, Rugbymen, Bamboo

Béka, Poupard, Rugbymen, BambooRugby et rentrée riment cette année avec antipodes. Les héros de la BD des Rugbymen de Beka et Poupard ne sont pas sélectionnés pour la coupe du monde de rugby mais débutent malgré tout leur nouvel album dans l'hémisphère sud. Une histoire courte se déroulant sur les plages de rêve d'une petite île des Fidji. Ils partent à la recherche d'un joueur clé de l'équipe adverse, Sossatoulépla. Ils devront affronter une partie de sa famille, la nourriture locale et le rituel du Kava. Une mise en bouche exotique pour la BD la plus villageoise de la rentrée. A Paillar, les joueurs sont des stars, sur et hors du terrain. Tous plus caricaturaux les uns que les autres, ils se partagent la vedette, du demi de mêlée irascible au pilier massacreur en passant par le coach aux méthodes d'antan. Une franche rigolade qui fait rire large : les amateurs qui sont heureux de retrouver des private jokes de spécialistes et les néophytes, enchantés de découvrir les dessous de ce sport de contact en vedette ces deux prochains mois.

 

« Les Rugbymen » (tome 9), Bamboo, 10,40 €

 

12:50 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : béka, poupard, rugbymen, bamboo

30/08/2011

Lisbonne la magnifique dans "Eléctrico W" de Hervé Le Tellier chez Lattès

 

Hervé Le Tellier, Eléctrico W, Lisbonne, LattèsRoman d'amour et du souvenir, « Eléctrico W » de Hervé Le Tellier se déroule entièrement à Lisbonne. Une ville omniprésente dans un texte où la mémoire joue un grand rôle. Vincent, le narrateur, est journaliste pour un grand hebdomadaire français. Il est en poste depuis peu à Lisbonne. Essentiellement pour pour oublier son histoire d'amour parisienne avec Irène qui vient de s'achever. Durant une semaine, il est rejoint par un photographe, Antonio, originaire de Lisbonne. Les deux hommes vont se livrer au jeu des confidences. Antonio va donc raconter comment il a du abandonner son premier amour, une jeune fille surnommée Canard. Vincent, comme pour conjurer son propre désespoir sentimental, va tout faire pour retrouver Canard, reformer ce couple heureux s'étant rencontré sur la ligne du tramway Eléctrico W. Cela se complique quand l'amie actuelle d'Antonio vient le rejoindre à Lisbonne. Une fiancée qui n'est autre qu'Irène...

 

Hervé Le Tellier, membre de l'Oulipo, fervent admirateur de Pérec, a débuté ce roman il y a 20 ans. Il l'a longuement laissé mûrir, donnant aux années l'occasion de polir ces souvenirs. Les rencontres sont merveilleuses, la ville rayonnante et les situations cocasses. Le tout est bien plus qu'un guide amoureux de la capitale portugaise.

« Eléctrico W » de Hervé Le Tellier, Lattès, 18 €

29/08/2011

De "Tuer le père" à "La petite" : filiations compliquées pour Amélie Nothomb et Michèle Halberstadt

 Entre « Tuer le père » d'Amélie Nothomb et « La petite » de Michèle Halberstadt, un point commun, la difficulté d'accepter ses parents.

 

Amélie Nothomb, Tuer le père, Michèle Halberstadt, la petite, Albin MichelD'un côté un garçon abandonné par sa mère, de l'autre une fillette se sentant incomprise. Les personnages principaux de « Tuer le père » d'Amélie Nothomb et de « La petite » de Michèle Halberstadt ont des bleus à l'âme. Cela donne deux romans à fleur de peau, explorant l'inconscient des enfants, de la famille et de la formation au dur métier d'adulte.

Ne dérogeant pas à la règle établie depuis quelques années, Amélie Nothomb se met en scène dans son roman de rentrée. Mais ce n'est qu'une petite introduction, quand elle rencontre dans un club deux magiciens de renommée internationale. Joe Whip et Norman Terence, l'élève et le maître. Joe est littéralement chassé du foyer familial par sa mère. Entre l'enfant et son nouvel amant, elle préfère celui qui lui donne le plus de plaisir. Joe est un enfant taciturne, passant son temps à faire des tours de cartes. Un homme le remarque et lui conseille d'aller voir Norman Terence, le meilleur magicien de Reno. Joe, du jour au lendemain, trouve un foyer, un père, une famille. Norman va lui apprendre ses secrets. Joe est d'autant plus heureux que Christina, la jeune compagne de Norman, tout en endossant le rôle de mère, va également hanter ses nuits de jeune adulte. « Christina était extrêmement mince de visage et de corps. Sans que son squelette apparaisse jamais. Ses cheveux, sa peau et ses yeux avaient la couleur du caramel. » Le classique trio va déboucher sur un coup de foudre pour Joe, « car sitôt qu'il vit sa beauté, il l'aima, de la toute-puissance du premier amour. » Mais comment passer à l'acte sans trahir la confiance de son mentor ?

Le roman va ensuite se poursuivre avec la description de cette vie de bohème, une partie se passant au cours du festival de Burning Man, immense regroupement hippie au centre du désert. Christina va y présenter son spectacle de fire dancers. Et c'est dans ces passages que l'on retrouve la magie de l'auteur de « Stupeurs et tremblements », quand elle raconte les excès, la folie de ce lieu unique. Ou quand elle s'attarde sur l'art de Christina : « Regarder de grands danseurs provoque le même émoi que regarder une bûche enflammée : le feu danse, le danseur brûle. C'est le même mouvement, aussi hirsute qu'harmonieux. »

 

« Petite fille quelconque »

Amélie Nothomb, Tuer le père, Michèle Halberstadt, la petite, Albin MichelCette intensité du feu, on la retrouve dans « La petite », ce court et dense roman de Michèle Halberstadt. Cela débute par cette phrase coup de poing qui reste longtemps en mémoire : « J'ai 12 ans et ce soir je serai morte ». La narratrice va détailler cette vie, entre mère exigeante, père absent et copines d'école inexistantes. Cela va la conduire à faire ce geste suicidaire à priori impossible pour une enfant de 12 ans. Pourquoi en est-elle arrivée là ? Que se passe-t-il dans la tête d'une petite fille ? Comme une longue confession, le roman donne les clés de ce drame.

Introvertie, se sentant laide et repoussante, la petite tient un journal intime. Elle converse avec une amie imaginaire, Laure. « Laure était celle que j'aurais voulu être. Un elfe gracile, doux et mutin, un modèle pour une petite fille désespérément quelconque. » Problème à l'école et manque total de communication en famille : « De toute façon comment aurais-je pu dire à mon père que je me sentais étrangère à tous, même à lui ? Ma tanière s'était transformée presque à mon insu en une cellule dans laquelle je m'enfermais davantage chaque jour et dont j'aurais été incapable de produire la clé. » Paradoxalement, ce roman au thème grave se révèle d'un optimisme étonnant. Ce n'est pas le classique happy end, mais quand on le referme, on se sent rasséréné, la phrase du début s'estompe, Michèle Halberstadt a bouclé la boucle.

« Tuer le père » de Amélie Nothomb, Albin Michel, 16 €

« La petite » de Michèle Halberstadt, Albin Michel, 12,90 €

 

26/08/2011

"Langoustines breizhées" pour Léo Loden

Léo Loden, Carrère, Arleston, Nicoloff, Soleil

Léo Loden, Carrère, Arleston, Nicoloff, SoleilLéo Loden, le privé marseillais imaginé par Arleston et dessiné par Carrère ne rate plus une occasion de quitter le vieux port pour explorer une autre partie de la France. Ce 20e tome, co-écrit par Nicoloff, se passe essentiellement en Bretagne. Léo, accompagné de Tonton Loco, va donner un coup de main à un collègue, sosie officiel de Johnny Hallyday (du moins en Bretagne...) et principal moteur comique de l'histoire en raison de sa bêtise sans limite. Erwann Keradec doit retrouver une journaliste enlevée alors qu'elle s'apprêtait à publier un article sur le trafic de clandestins en provenance d'Afrique. On retrouve toute la verve d'Arleston (jeux de mots compris) avec une bonne dose d'action. Côté dessin, Serge Carrère n'a cessé de fluidifier son trait. Ainsi, par moment (notamment les personnages féminins), on a l'impression d'avoir du Jean-Louis Mourier sous les yeux. Il pourrait sans problème dépanner le dessinateur des Trolls de Troy en cas de retard ; Arleston appréciera...

 

« Léo Loden » (tome 20), Soleil, 9,95 €