01/02/2014

Cinéma : Duel entre le cow-boy et le sida dans "Dallas Buyers Club"

Cowboy texan amateur de rodéo et de jolies filles, Ron Woodroof a créé le Dallas Buyers Club en 1986. Son but, trouver des remèdes alternatifs au sida.

 

 

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Des films sur le sida, il y a en des quantités. Des communautaires, des larmoyants, des alarmistes... Jean-Marc Vallée, réalisateur québécois, signe avec « Dallas Buyers Club » un de ces long-métrages coup de poing inoubliables, le film référence sur l'apparition de cette maladie du siècle. Une histoire forte portée par un acteur d'exception. Le visage émacié mais déterminé de Matthew McConaughey est le symbole de cette lutte sans fin contre un virus qui a profondément changé le mode de vie de millions d'êtres humains.

En 1986, le sida commence à peine à faire parler de lui. Pourtant la pandémie est en pleine progression. Le virus fait des ravages dans la communauté homosexuelle. Mais il se transmet aussi par les seringues des drogués et les relations sexuelles non protégées. Ron Woodroof se croit à l'abri, lui qui ne supporte même pas la vue d'un gay. Ron, simple électricien, amateur de jolies filles et de rodéo dans ce Texas profond, raciste et macho. Après une électrocution sur un chantier, il se réveille dans un hôpital. Les médecins, sans trop de ménagement, lui annoncent qu'il est porteur du virus HIV. Et vu l'avancement de la maladie, il ne lui reste que 30 jours avant de mordre la poussière. Définitivement.

 

Les ravages de l'AZT

Pour Ron, c'en est trop. Il quitte l'hôpital avec pertes et fracas (la scène se reproduira à plusieurs reprises) offusqué d'être assimilé à des pratiques sexuelles qu'il abomine. Durant quelques jours il va vivre sans limites, profitant de cet arrêt maladie pour faire la fête, forniquer, boire et sniffer un maximum de cocaïne. Un déni qui ne durera pas. Évanouissement, impuissance, toux persistante : les symptômes sont là. OK, il a le sida, mais n'a pas l'intention de mourir si vite. Ron va prendre le taureau par les cornes et chercher le meilleur médicament. Il fera tout pour obtenir de l'AZT, une molécule en période de test.

 

 

L'électricien sans bagage éducatif va devenir expert en recherche médicale. Après un nouveau bref séjour à l'hôpital qu'il quitte cul nu en beuglant « Je préfère crever les santiags aux pieds ! », Ron va tenter un nouveau protocole à base de médicaments moins destructeurs que l'AZT. Problème, il ne sont pas autorisés par l'agence fédérale des médicaments, la FDA. Ainsi naitra le Dallas Buyers Club, une association qui distribue aux séropositifs des soins alternatifs au détriment de l'AZT, seul traitement autorisé aux USA.

La moitié du film est consacrée à la bataille entre Ron et la FDA. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Le vrai combat, c'est contre la maladie qu'il le mène. Et sa bêtise. Face à l'adversité, il va changer, se bonifier intellectuellement au même rythme que son physique décline. Il deviendra tolérant, notamment envers les Gays dont il découvrira toute l'humanité en côtoyant Rayon (Jared Leto), ange transsexuel fauché par la maladie. Comprendra mieux les médecins aussi grâce à sa relation avec le docteur Eve Saks (Jennifer Garner), passant de la drague poussive à l'amitié féconde. Mais ce qui reste du film, c'est la performance d'acteur de Matthew McConaughey déjà primé aux Golden Globes et très bien placé pour l'oscar. Un rôle physique (il a perdu 22 kilos pour être Ron) mais qui passe aussi par d'innombrables gros plans sur son visage creusé, veines saillantes et yeux vitreux. Il souffre, mais en cow-boy habitué à l'adversité, il ne cède jamais et poursuit son duel jusqu'au bout du bout.

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Éblouissant Jared Leto

 

Si Matthew Mcconnaughey éclabousse de son talent le film de Jean-Marc Vallée, il n'est pas le seul à tétaniser le spectateur. Jared Leto, dans la peau du transsexuel séropositif Rayon, marque lui aussi les esprits. Le jeune acteur américain, révélé dans la série pour adolescents « Angela, 15 an », passé par la scène rock, retrouve enfin un rôle à la mesure de sa formidable propension à habiter un personnage.

 

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On se souvient de sa composition dans « Fight », performance balayée par sa métamorphose en « folle » mise au ban de sa famille. Maquillé ou au naturel, il est d'une beauté à couper le souffle. Ron, cowboy macho, le rejette au premier contact (ils partagent la même chambre d'hôpital). Il retournera vers lui quand il mettra sur pied sa petite entreprise de revente de médicaments non homologués. Au début des années 80, 90 % des malades du sida étaient homosexuels. Pour toucher cette clientèle, il « embauchera » Rayon en lui cédant 25% des bénéfices. Ensuite ce sera l'aventure du Dallas Buyers Club, moins mercantile. Rayon s'installe avec Ron, une quasi vie de « couple » pour ces deux personnalités que tout sépare si ce n'est ce foutu virus. Cela donne une scène emblématique de l'évolution de Ron. Alors qu'il est au supermarché en train de faire ses courses, il croise un de ses anciens collègues. Lui aussi carbure au rodéo, à l'alcool et à la stigmatisation des homos. Repérant Rayon, il fait remarquer à Ron qu'ils sont de plus en plus sans gène. Ron présente alors Rayon à l'intolérant, l'obligeant à lui serrer la main. Jared Leto, entre feu follet papillonnant à l'excès et gamin perdu, angoissé à l'idée de la mort, apporte une dimension mélodramatique supplémentaire à un film résolument optimiste.

31/01/2014

Cinéma : Jack Ryan, espion, patriote et cachotier

Action et romance dans The Ryan initiative de Kenneth Branagh avec Chris Pine.

 

jack ryan,clancy,branagh,keira knightley,chris pine,moscouImaginé par Tom Clancy, le maître incontesté du roman d’espionnage contemporain, le personnage de Jack Ryan, après bien des aventures sur papier et au cinéma, change une nouvelle fois de visage dans cette production hollywoodienne à gros budget. Après Alec Baldwin, Harrison Ford et Ben Affleck, c’est Chris Pine qui prête ses traits à cet Américain au patriotisme vissé au corps. Jack Ryan, jeune et brillant étudiant en Angleterre, assiste choqué à l’attaque des tours jumelles. Trois années plus tard il est en Afghanistan dans un hélicoptère, volontaire pour combattre les talibans, Al Qaïda et l’axe du mal. Grièvement blessé, il mettra des mois à récupérer l’usage de ses jambes.

 

 

 

Presque handicapé, Jack Ryan se croit perdu pour la patrie. Jusqu’à l’arrivée de Thomas Harper (Kevin Costner), un officier de la CIA intéressé par son profil. Officiellement il travaille dans une banque. Officieusement il surveille les mouvements d’argent à l’affût des multiples financement du terrorisme. Un travail ingrat, d’autant qu’il est totalement secret. Jack n’en a même pas parlé à sa fiancée, Cathy, la jolie toubib interprétée par Keira Knightley. Quand le banquier suspecte une conspiration russe pour faire vaciller le dollar, Harper l’envoie immédiatement à Moscou. Cathy, croyant à une infidélité, le suit. L’espion, sous couverture, se retrouve à tenter de stopper une attaque terroriste avec sa fiancée aux trousses. Que les amateurs de scènes d’action se rassurent, le quiproquo digne d’un vaudeville est rapidement levé et la course conte la montre débute. Montée d’adrénaline assurée.

A la réalisation on retrouve Kenneth Branagh, acteur britannique qui s’est réservé le rôle du méchant russe. Comme si diriger cette superproduction ne lui suffisait pas et qu’il voulait retourner aux bases de son métier d’origine. Il est brillant dans la peau d’un homme blessé et rancunier. Le film est très rythmé avec Moscou et New York en décors de rêve.

30/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Écrire la réalité sous l'oeil des caméras

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Les concepteurs de téléréalité ne manquent jamais d'imagination. Entre la nouvelle émission aux Pays-Bas qui observe un groupe de "naufragés" volontaires réinventer la vie en société ou le projet "Mars One" visant la colonisation de la planète rouge sous l'œil de caméras, le genre a de beaux jours devant lui.

Un nouveau projet est en gestation sur internet. Les éditions du Net organisent la première émission de téléréalité littéraire qui permettra de suivre en ligne vingt écrivains enfermés dans un château, 24h/24, afin de rédiger un roman collectif en 20 jours sur le thème de leur choix. Les postulants devront avoir déjà édité un livre et les sélections débutent le 1er février. Le choix passe par un vote en ligne sur le site academiebalzac.fr, du nom de l'émission. Programmation prévue : début octobre.

Pas sur TF1, toujours aussi à cheval sur le "mieux-disant culturel" qui lui colle aux basques depuis la privatisation. Et comme le remarque Kevin, fan de Secret Story depuis la première saison : "dans culturel y'a trop de turel et pas assez de... »

A moins que le casting en cours ne donne leur chance à des pointures de l'autofiction, friandes de transgressions. Marcella Iacub dans le même dortoir que Christine Angot ou Tristane Banon, en train de se faire des confidences sur leurs ex, voilà de quoi affoler l'audimat. Plus en tout cas que de mettre des caméras à l'Académie française pour filmer le travail des Immortels sur l'utile mais très austère dictionnaire.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce jeudi en dernière page de  l'Indépendant. 

BD : regretté temps du politiquement très incorrect de Reiser et du Hara Kiri de Cavanna et Choron

Notre bonne société n'a pas toujours été policée et aseptisée. Dans les années 60, 70 et 80, l'humour n'avait pas de limites. Exemples avec ces deux beaux livres sur la revue Hara Kiri et l'un de ses piliers, Reiser.

 

reiser, hara kiri, humour, sexe, politique, censureSi le samedi soir vous vous gondolez en découvrant les faux reportages du Groland sur Canal+, sachez qu'ils n'ont rien inventé. Ce sont les dignes héritiers des « horribles » de Hara Kiri. Le journal « bête et méchant », dans une époque où la censure veillait encore sur le contenu des journaux, a brisé un nombre considérable de tabous. Car la meilleure façon de combattre le racisme, la violence faite aux femmes ou l'extrémisme religieux (voire la religion tout court...) reste et restera toujours d'en rire.

Cette époque bénie du temps du politiquement incorrect vous pouvez en revivre la substantifique moelle dans un ouvrage luxueux de 330 pages paru cette semaine chez Glénat. Une petite préface de Cavanna (le grand créateur avec Choron) pour contextualiser le tout et place aux dessins. Fred, Gébé, Chaval, Topor, Wolinski.

La ligne éditoriale oscille entre provocation gratuite et poésie absurde. Les journaux sont vendus presque à la sauvette. Au début des années 60, le Gaullisme impose une chape de plomb sur l'information. Heureusement les mœurs évoluent, Hara Kiri est à la pointe. L'arrivée de Reiser ou de Cabu donnent un coup de fouet aux dessins d'humour, caustiques, acides. Ensuite cela va aller crescendo dans la provocation. Willem, Kamagurka vont apporter une vision étrangère.

A côté des fausses pubs regorgeant de femmes nues, le dessin d'humour va un peu perdre de son importance. Mais c'est quand même dans ces croquis ou histoires courtes que l'on retrouve toute la méchanceté du titre.

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Reiser, le meilleur

On y retrouve bien sûr quantité de dessins de Reiser. Il signe la couverture de ce beau livre sur Hara Kiri mais aussi celle ce celui qui lui est entièrement consacré. Cela fait 30 ans que l'inventeur du Gros dégueulasse a lâché la rampe. Un foutu cancer. Il a dessiné durant plus de 20 ans. Et comme il produisait énormément, Jean-Marc Parisis, son biographe, a dû beaucoup éliminer pour ne garder que le plus parlant de l'œuvre si diversifiée d'un génie : du Reiser visionnaire et écologiste avant l'heure (il vénérait le Soleil et son énergie) au Reiser fou des femmes, sachant si bien rendre toute leur beauté, en un trait rond et simple, à des fesses plus vraies que nature. Anarchiste avant tout, il aimait la vie. On découvre aussi le Reiser intime et torturé dans des croquis jamais publiés, bribes d'idées, symptômes dépressifs d'un homme inquiet. Et puis comme c'est un beau livre, au format généreux et à la réalisation soignée, ne manquez pas les pages en couleurs. Il posait sa peinture comme il dessinait : rageusement. Des aquarelles d'une rare beauté, même si ce sont deux chiens qui forniquent...

Aujourd'hui Hara Kiri n'existe plus et Reiser est mort, comme si notre envie de transgression avait disparue. L'époque est tiède. Alors en vieux combattants de l'immonde, savourons ce que les artistes et humoristes contemporains ne peuvent même plus imaginer réaliser !

Michel Litout

« La gloire de Hara Kiri », collectif, Glénat, 35 €

 

« Reiser », Glénat, 45,50 €

 

BD : Expérience temporelle dans la Station 16 de Hermann et Yves H.

 

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L'île de Zemble, entre Russie et pôle Nord, est un territoire désert et gelé. Les Soviétiques ont longtemps utilisé ce bout de terre immense comme site pour leurs essais atomiques. C'est là que le 30 octobre 1961 a explosé la Tsar Bomba, la plus puissante jamais conçue, d'une puissance équivalente à 1400 Hiroshima. La BD écrite par Yves H pour son père Hermann débute en 1997. Les sites sont désertés. Il ne reste que quelques soldats pour surveiller les déambulations des ours polaires. Quand ils reçoivent un appel à l'aide d'une station météo désaffectée, ils s'y rendent en hélicoptère. Ils vont alors être pris dans une faille spatio-temporelle causée par les expérimentations nucléaires. Il y a un petit air de « Lost » (3e saison) dans cette histoire complète. Hermann y manie les couleurs avec virtuosité, notamment quand il s'agit de peindre toutes les nuances de la neige.

 

« Station 16 », Le Lombard, 14,45 €

 

29/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Même attaqué par un requin, le docteur n'est pas douillet

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Dans notre monde de douleur et de souffrance, il y a d'un côté la terre entière et de l'autre les Néo-Zélandais. Redoutables sur un terrain de rugby, ces Blacks semblent indestructibles.

La preuve avec ce fait divers digne des pires nanars "sharkesques" qui ouvre la une de la presse aux antipodes. James Grant, étudiant en médecine de 24 ans, profite de l'été austral pour faire un peu de plongée. Dans deux mètres d'eau, il sent comme une coupure à la jambe. En fait c'est un requin qui est en train de lui boulotter le mollet. Le Néo-Zélandais, loin de paniquer, se saisit de son couteau et donne quelques coups au squale. Suffisant pour lui faire lâcher la proie. James rejoint la plage, constate les dégâts et recoud la plaie avec la trousse de première urgence qu'il garde dans sa voiture. Sur le chemin de retour, comme il saigne toujours, il s'arrête dans un pub, se fait bander la jambe et en profite pour boire une bière.

A côté, Rambo est une chochotte. Moi, n'en parlons pas. Quand ma femme se coupe en éminçant des courgettes, la vue du sang me fait presque tourner de l'œil (celle des courgettes me donne des haut-le-cœur, mais c'est un autre problème). Autre exemple pas plus tard que ce lundi. Je me décide enfin à construire ces étagères promises depuis... il y a prescription. Je scie une planche et, en la transportant du garage à l'entrée, m'enfonce une écharde dans le gras de la paume. La douleur me fait crier si fort que les chiens se mettent à hurler à la mort.

S'il compare ma réaction à celle de James Grant, un observateur ne peut qu'en déduire que le bois est beaucoup plus dangereux que les requins.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 

28/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Testeur fou

la-grande-bouffe-original1.jpgQue mangent les Français ? L'Agence nationale de l'alimentation, l'Anses, va tenter de répondre à cette vaste question en lançant une étude sur nos habitudes alimentaires. 4000 habitants de 472 communes tests seront interrogés sur leurs menus détaillés de trois jours. On saura dans un an si le cassoulet reste un des mets préférés de nos concitoyens ou si la crise chez Spanghero a signé l'arrêt de mort du plat typique de Castelnaudary.

J'ai toujours rêvé d'être sélectionné dans ces enquêtes, études et autres sondages menés par des instituts sérieux. Juste pour apporter un grain de folie dans des réponses forcément un peu rasoir. Votre viande préférée ? L'escalope d'anaconda grillée sur son lit de sarments. Le légume de prédilection : le pissenlit (et là je ne mens pas, rien n'est plus goûteux qu'un pissenlit sauvage en salade). Combien de repas faites-vous par jour ? Dix ! Au diable l'avarice et la surcharge pondérale. Que buvez-vous à table ? Du kava fraîchement mâché et macéré en provenance directe des îles Loyauté.

Ce ne serait qu'un grain de sable dans un nuage de statistiques, mais si 10 % des sondés me suivent sur cette voie, les statisticiens accros aux chiffres en feront des cauchemars.

On ne peut malheureusement pas faire pareil pour les sondages politiques systématiquement proposés sous forme de QCM (questionnaire à choix multiples). Dommage, il me serait si agréable de constater que le PRD (Parti de la Rigolade et de la Dérision) est crédité de 1% d'intention de vote aux prochaines élections.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant. 

21:39 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bouffe, kava, manger, sondage

BD : Tueurs vénéneux comme des "Crotales"

 

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Soldier Sun et sa fille Agripa ont droit eux aussi à leur propre série. Personnages secondaires croisés dans les aventures de Jessica Blandy, ils font dans cette BD de Gihef (scénario) et Renaud (dessin) ce en quoi ils sont les meilleurs : assassiner. Tueurs à gage officiant en famille, ils ont un peu foiré leur coup à Salt Lake City. La série débute là où les lecteurs de Jessica Blandy les a laissés. Dans un motel, ils se cachent avant de retrouver leur prochaine cible. Agripa, insatiable, se passe les nerfs sur un routier. Nouvelle fuite du duo vers le désert. Ils arrivent dans une petite ville isolée et rapidement entrent au service d'une riche veuve. Ce que cette dernière ne sait pas, c'est qu'elle est aussi sur la liste des personnes à éliminer. Gihef s'approprie l'univers de Dufaux, mettant l'accent sur la vénéneuse Agripa. Dangereuse mais si tentante.

 

« Crotales » (tome 1), Dupuis, 14,50 €

 

27/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : François et Valérie, le plaquage à retardement

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Larguée, abandonnée, plaquée… répudiée osent les plus vindicatifs. Game over pour Valérie Trierweiler éjectée du palais de l'Elysée par son locataire jusqu'en 2017, élu par le peuple, lui. François Hollande, en plus d'être un président normal, se retrouve également célibataire (officiellement du moins), un "coeur à prendre" selon l'expression galvaudée dans les productions Harlequin.

Il devient aussi le premier président à rompre par dépêche AFP interposée. Certains goujats se contentent d'un post-it sur la porte du frigo "Tu cuisines mal, je te quitte", d'autres le font par SMS "Je t'M plus, adieu" ou pire dans un statut Facebook en précisant à leurs amies qu'ils viennent de passer de "en couple" à "célibataire". François Hollande, depuis pas mal de temps se rangeait dans la catégorie "situation amoureuse : c'est compliqué".

Enfin, s'il avait utilisé son compte Facebook comme un Français normal. Mais il a voulu faire comme si de rien n'était. Closer s'est chargé de dévoiler le pot aux roses. Quinze jours après, acculé, il rompt. Un plaquage à retardement dans toute sa splendeur.

Déjà très bas dans les sondages, il ne devrait pas remonter dans l'estime des Français. Encore moins des Françaises. Certes, il assume la rupture, mais il n'y a pas mis les formes. Résultat, Valérie Trierweiler, qui a longtemps eu l'image peu glorieuse de la maîtresse voleuse du mec de Ségolène Royal, apparaît désormais comme une victime, délaissée pour une plus jeune.

D'ici à ce qu'elle s'engage en politique…

BD : L'autre monde de Sin Titulo

 

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Plonger dans la BD « Sin Titulo » de Cameron Stewart chez Ankama, c'est un peu comme prolonger un rêve en se réveillant. On est entre deux mondes, celui de nos nuits imaginaires s'immisçant dans celui de notre vraie vie. Alex Mackay, le personnage principal, fait un rêve récurrent. Il est sur une plage et voit au loin une silhouette assise au pied d'un arbre mort. Une image qui va le hanter, comme ce masque africain qui l'a terrorisé enfant. Tout bascule quand Alex décide d'aller voir son grand-père retiré dans une maison de retraite. On lui apprend qu'il est mort depuis un mois. Dans les affaires du défunt, il retrouve la photographie d'une jeune femme. Elle entoure son grand-père de ses bras et ce dernier sourit. Qui est-elle ? Et quel est le rôle de l'aide soignant qu'il croise dans les couloirs ? Ce gros roman graphique de 160 pages au format à l'italienne multiplie les interrogations. Alex est de plus en plus perdu, déconnecté de la réalité, errant dans un monde onirique. Le dessin réaliste et stylisé de Cameron Stewart augmente le côté froid et cauchemardesque d'un album aussi obsédant que l'arbre sur la plage...

 

« Sin Titulo », Ankama, 19,90 €

 

26/01/2014

Livre : Dealer en panique

fitz, gay, corps, polar, masqueFitz, héros récurrent d'Olivier Gay, n'est pas recommandable. Dealer des nuits parisiennes, il attire autant les ennuis que les belles filles en quête d'un peu de rêve.

 

Pour cerner la personnalité de John-Fitzgerald Dumont, Fitz pour les intimes, il suffit de lire ce passage en début de roman. Après une sortie en boîte samedi soir très arrosée, une nuit torride en compagnie d'une élégante avocate rencontrée dans le cadre de son « travail » (Fitz est dealer de cocaïne), un dimanche chez ses parents (qui ignorent tout de ses activités délictueuses) accompagnée d'une amie cliente chargée de jouer le rôle de la fiancée officielle et la livraison en urgence de quelques grammes chez un député en vue, Fitz se lève vers midi. « J'avais toujours aimé le lundi. C'est ce jour-là, lorsque je pouvais rester sous la couette alors que les travailleurs de France et de Navarre se pressaient pour affronter une nouvelle semaine que je réalisais vraiment à quel point je menais une existence privilégiée. » Mais ce qui est vrai le lundi à midi, n'est pas toujours confirmé le lundi soir.

 

Cambrioleur ou tueur ?

Entretemps Fitz a boulotté quelques croissants, bu du café et fait une partie de jeu vidéo en ligne avec Bob (mystérieux hacker rencontré dans le cadre de ses deux précédentes enquêtes) avant d'aller se promener sur les Champs Elysées. Bob très curieux, est resté connecté. Il a la possibilité de voir et d'entendre ce qui se passe dans l'appartement de Fitz. Il assiste donc (et enregistre) l'arrivée d'un étrange cambrioleur. Ce dernier n'est pas là pour voler mais éliminer Fitz. La preuve ? Au téléphone, il demande à son interlocuteur : « Mais je fais quoi du corps ? », terrible phrase qui donne son titre au roman d'Olivier Gay. Bob prévient Fitz et lui recommande d'éviter de rentrer chez lui dans l'immédiat.

Voilà comment débute une sale semaine pour un héros qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Il trouve refuge chez son pote Moussah, vigile survitaminé pour des sociétés de gardiennage. Il embarque dans sa cavale la belle Deborah, professeur dans un collège, celle qui accepte de jouer le rôle de Mme Fitz contre quelques grammes de cocaïne et un bon restaurant. Le trio va tenter de comprendre ce qui a déclenché cet engrenage.

Un partie d'explication se trouve en première page des journaux. Le dimanche soir, Fitz a répondu en urgence à la demande pressante de Georges Venard, 37 ans, député de gauche, très actif dans la défense du mariage pour tous (il est gay et le revendique) mais également un peu accro à la poudre blanche. Quand Fitz s'est rendu chez lui, il a trouvé porte close. Dans l'immeuble il a croisé un homme, soupçonneux. Quand il apprend que Venard s'est suicidé chez lui, Fitz subodore une histoire plus compliquée, voire un meurtre déguisé. Mais comment se défendre quand on ne sait pas qui est son ennemi ?

Jeune auteur lancé dans le grand bain de l'édition après avoir remporté le prix du premier roman au festival de Beaune, Olivier Gay prouve qu'il tient la distance. Son coup d'essai, déjà transformé, se transforme en œuvre avec ce troisième polar. Fitz y acquiert un peu plus de profondeur psychologique. Un dealer par nécessité, pas toujours à l'aise dans ses baskets dans ses activités illégales. Il a tout du joueur de poker quand il lance une grosse opération de bluff pour se tirer des griffes de ceux qui veulent l'éliminer. Il y démontre aussi toute sa science de la stratégie qui en ferait un excellent joueur d'échecs.

Et comme Olivier Gay a de la suite dans les idées, il place en début et fin de roman, deux courtes séquences indépendantes chargées d'appâter le lecteur. En fait, les ennuis de Fitz ne font que commencer...

 

« Mais je fais quoi du corps ? », Olivier Gay, Le Masque, 16 €

 

 

09:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fitz, gay, corps, polar, masque

25/01/2014

Livre : Émiles dans le mille à la sauce Gabriel Matzneff

émile, email, courriel, matzneff, scheerÉcrivain à la réputation sulfureuse, Gabriel Matzneff ne s'est pas assagi avec l'âge. A 70 ans passés, celui qui a séduit tant d'adolescentes se rêve toujours en gigolo d'une milliardaire américaine. Il le raconte en partie dans le recueil de ses "Nouveaux émiles". Émile comme Littré et Cioran, deux des maîtres de "Gab la rafale". Émile pour désigner le courrier électronique, courriel en français châtié, e-mail en sabir mondialisé.

Ce volume publié chez Léo Scheer (20 euros, dans toutes les bonnes librairies), reprend sa correspondance de début 2010 à mi 2013. On y apprend, dans l'ordre chronologique, qu'il a voté Mélenchon au 1er tour de la présidentielle puis Hollande (il regrette son choix très rapidement...), qu'il rompt douloureusement avec sa dernière conquête, qu'il défend bec et ongles DSK et qu'il a un cancer. Le tout dans un joyeux désordre, les destinataires des émiles n'étant désignés que par leur prénom. Les grandes envolées sur l'art d'écrire côtoient les considérations bassement matérielles des fins de mois difficiles car si Matzneff publie beaucoup, il vend peu. Celui qui a longtemps existé grâce à ses extravagances semble lassé de cette foire aux apparences. Il décline sèchement une invitation : "Je n'ai aucune envie de déjeuner avec votre monsieur passionné de littérature. La littérature, je m'en torche."

L'impression laissée à la lecture de ce livre est que Matzneff n'est plus de son temps. Au lieu d'avancer, il donne l'impression de reculer. Né au XXe siècle, il aimerait mourir au XIXe.

"Les nouveaux émiles de Gab la rafale", Gabriel Matzneff, éditions Léo Scheer, 20 euros

Le site consacré à Gabriel Matzneff

 

DE CHOSES ET D'AUTRES : Julie Lascaux, l'ancêtre de TF1

Jeudi soir sur TF1, Julie Lescaut a fait ses adieux aux téléspectateurs. La série policière familiale est diffusée depuis 22 ans. 22 ans, à l'échelle du PAF (paysage audiovisuel français), ce sont des millions d'années. Le personnage interprété par Véronique Genest ressemble à une femme des cavernes. Les scénaristes auraient mieux fait de l'appeler Julie Lascaux.

Il est facile de se moquer de cette série télé tant elle semble datée aujourd'hui. Pourtant à l'époque, elle a bousculé les lignes. Mine de rien, nombre de minorités ont enfin eu une exposition à la mesure de leur représentativité. Première audace, une femme commissaire de police. Jusqu'à présent le flic était soit pépère (Maigret, les Cinq dernières minutes, Navarro) soit faussement agité (Moulin). Une nana patronne, c'était une première. Rousse en plus !

Dans le rôle de l'adjoint, Mouss Diouf a rapidement crevé l'écran, devenant la co-vedette de la série.

rouve,mouss diouf,veronique genest,tf1,julie lescaut,lascauxPersonnellement, Julie Lescaut m'aura permis de découvrir toute la palette d'acteur de Jean-Paul Rouve. Les sketches des Robins des Bois sur la chaîne Comédie me faisaient hurler de rire. Dans le rôle du brigadier Léveil sur TF1, il joue un flic en uniforme, planton pas très futé. Il apparaît dans 23 épisodes de 1993 à 1999. Rien de transcendant, juste de quoi faire bouillir la marmite et persévérer dans le métier, avant de connaître le succès que l'on sait.

Comme Julie Lescaut, beaucoup de séries françaises ne sont pas des chefs-d'œuvre. Mais elles restent des pépinières de talent dont le cinéma ne pourra jamais se passer.

Chronique "De choses et d'autres" parue vendredi en dernière page de l'Indépendant. 

24/01/2014

Livre : Série Z de J.-M. Erre, hommage au genre

série Z, erre, pocketAmateurs de bon goût à la française, passez votre chemin. « Série Z », roman de J. M. Erre a tendance à dépasser les bornes. Rien ne semble trop osé pour cet auteur à la plume alerte. Il y a du San Antonio dans les situations scabreuses qu'il imagine. Du politiquement incorrect, à la Jean-Pierre Mocky, un cinéaste régulièrement cité dans ce roman hommage aux nanars, de France et d'ailleurs. Totalement déjanté, un peu foutraque mais regorgeant de trouvailles, ce roman, entre la parodie et le polar, est un réel hommage à ce cinéma du pauvre, où souvent le meilleur était dans le titre du film. Des titres repris comme tête de chapitres, de « Y a un os dans la moulinette » (Raoul André, 1974) à « Arrête de ramer, t'attaques la falaise » (Michel Caputo, 1979). (Pocket, 6,70 €)

 

10:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : série z, erre, pocket

23/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ça l'affiche mal, la suite

Impossible de résister à l'envie de vous faire partager d'autres trouvailles du site internet Municiplol2014 (voir chronique d'hier). Pas de jeu de mots cette fois, mais des candidats volontairement dans le registre de la farce.

Près de Toulouse, à Castanet-Tolosan, les électeurs auront la chance de "voter pour Moi". Le matériel de propagande se montre digne de l'univers de Groland. Moi, grand escogriffe prétentieux, lunettes d'écaille et cheveux gras, débite son slogan : "Des noix, des bananes et une dictature pour tous". Son étiquette ? Le Parti du Quotidien, dit PQ… Il présente ses vœux depuis ses toilettes et sa principale ambition, après le poste de maire, est de devenir "maître du monde". Cette grosse farce va durer jusqu'en mars, date du spectacle de "La Mère Deny's", compagnie théâtrale à l'origine de ce happening.

moi candidat a castanet from brutus laval on Vimeo.

 

A Bordeaux, Franky Baloney a peu de chance de mettre en ballottage Alain Juppé. L'objectif de sa candidature : faire la promotion du vin. Et d'en boire un maximum au passage. Le slogan de Franky : "un Bordeaux oui, mais un Bordeaux supérieur". Pour un coût de seulement 66 millions d'euros, il propose la construction d'un tunnel de 40 kilomètres entre le centre-ville et le bassin d'Arcachon. Une étude prouve que "cette nouvelle infrastructure permettrait de vendre 1,3 verre de rosé de plus par touriste chaque jour".

Alors pour Moi ou pour Franky, qu'importe, mais votez !

Cinéma : Les belles rencontres de Lulu

Adaptée d'une Bande dessinée d'Étienne Davodeau, "Lulu femme nue" de Solveig Anspach offre un rôle puissant et lumineux à Karin Viard en femme perdue.

 

lulu 2.jpgUn grain de sable, un minuscule grain de sable et parfois la vie bascule. Dans le cas de Lulu, interprétée par Karin Viard, c'est un entretien d'embauche raté qui va modifier le cours de sa vie. Mère au foyer, timide et transparente, elle tente de se faire croire que travailler va changer son horizon. Ce nouvel échec va comme la tétaniser. Sur le quai de la gare, elle regarde son train partir. Le grain de sable a grippé la machine. Lulu va faire un break, appuyer sur la touche « pause » pour figer ce temps. Pas facile pour cette femme qui n'aime plus son mari mais qui est essentielle à ses trois enfants, Morgane, une adolescente énervée comme on peut l'être à 15 ans et deux jumeaux, encore trop jeunes pour se rendre compte de l'absence de leur maman. Dans cette ville de bord de mer, Lulu prend une chambre d'hôtel, regarde la plage de la fenêtre, utilise les crèmes fournies avec le shampooing et le dentifrice. Seule dans la petite salle de bain, elle se regarde dans la glace. Une scène lumineuse, où l'actrice parvient à faire passer toute la détresse d'une femme face à son image. On se rêve belle, on se voit vieille.

 

Le barbu bourru

lulu 1.jpgL'escapade de Lulu n'aurait du durer qu'une nuit. Juste le temps de se faire désirer. Mais une rencontre va tout changer. En bord de mer, elle se précipite au secours de Charles, un barbu bedonnant bourru qu'elle croit mort. En fait il fait semblant. « C'est important de savoir faire le mort » explique ce drôle de personnage joué par Bouli Lanners, acteur belge tout en retenue. Comme Lulu, Charles a une famille. Deux frères, parenthèse agitée du film de Solveig Anspach, sorte de gardes du corps à l'insu de son plein gré. Et si Lulu décidait d'être heureuse ? Durant quelques jours elle va se laisser porter par cette romance toute nouvelle pour elle. Certes elle n'oublie pas ses enfants, mais s'occuper d'elle lui semble plus vital sur le moment. Sur la route de la liberté, Lulu va faire d'autres rencontres. Une vieille dame (Claude Gensac) qui a peur de mourir seule et une jeune serveuse dans un bar manquant de confiance. Lulu semble se reconnaître en elles. Elle va les aider, montrer qu'elle aussi, même si elle n'a pas de travail, peut être utile.

Le film, fidèle à la bande dessinée d'Étienne Davodeau parue chez Futuropolis, montre la lente maturation d'une femme revenant à la vie. Étouffée par le quotidien, elle redécouvre son corps, ses sensations, ses envies. Karin Viard, impeccable de bout en bout, porte cette métamorphose. Empruntée au début, épanouie au final : Dieu que Lulu est belle.

 

22/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ça l'affiche mal pour les municipales (1)

Dans quelques semaines, vous aurez la lourde tâche de désigner le maire de votre commune. Élection locale par excellence, on assiste à une multiplication des listes. Autant de slogans et d'affiches de campagne. Un site internet, Municiplol2014 recense les contributions les plus décalées, ratées voire extraterrestres.

A tout seigneur, tout honneur : Jean-Antoine Moins se présente à Aurillac. Il part à l'assaut de la préfecture du Cantal sous le slogan imparable : "Faire plus avec Moins".

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Le duo Véronique Fenoll-Alain Tanton présente sa liste "Bourges à cœur" dans un clip très bisounours. Dans un long plan séquence, les deux candidats arrivent, s'embrassent, puis sont rejoints par les 40 colistiers qui s'embrassent ou se serrent les mains durant trois longues minutes. Une profusion de bisous avec la chanson de Grégoire "Toi plus moi" en fond. Et pour finir, ils forment tous le signe cœur avec leurs mains. Impossible de faire plus lol (et ridicule…).

 

 

A gauche aussi on ose "l'image imagée" : Clémentine Autain pour le Front de Gauche tente de conquérir Sevran. "Une clémentine pour Sevran… des vitamines pour les Sevranais !"

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Si vous avez la chance d'avoir un de ces hurluberlus candidat dans votre commune, n'hésitez pas à voter pour lui : les assesseurs chargés du dépouillement n'ont que rarement l'occasion de rire les soirs d'élection.

(1) : Pour traiter de politique dans cette chronique, je m'impose désormais de titrer avec un jeu de mot éculé. Pas par goût (bien que…), simplement pour me mettre au niveau des belligérants.

BD : Les vacanciers temporels passent par l'agence Quanta

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Jean-Marc Krings, dessinateur belge passé par le studio de Dupa (Cubitus), repreneur de la Ribambelle (Roba) et de Violine, aime par dessus tout dessiner les jolies femmes. Ses productions, jusqu'à présent très enfantines, ne lui ont que peu donné l'occasion de montrer son talent. Il a donc décidé de lancer sa propre série, avec pour héroïne une superbe métisse de 20 ans, Iona, surnommée la Fée clochette. Il semble avoir privilégié les scènes où la belle, telle une Natacha exotique, affole les sens de ses prétendants. Et elle n'en manque pas (on apprécie au passage le clin d'œil à une affaire retentissante dans un hôtel new-yorkais). Mais Iona est en réalité une visiteuse du temps. Elle sert de taxi à de riches touristes désireux de vivre des vacances extraordinaires. Le premier album, centré sur l'Agence Quanta et Iona, n'offre que peu de sauts dans le passé. Ce sera pour le prochain volume intitulé « Krakatoa ».

 

« Agence Quanta » (tome 1), Vents d'Ouest, 11,50 €

 

21/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Histoires de familles entre frères et sœurs

beigbeder,léotard,nkm,politique,cinémaIl est des noms difficiles à porter. Ce week-end à la radio, Charles Beigbeder, candidat dissident à la mairie de Paris, a tenté de parler de son projet modestement appelé « Paris libéré ». Tenté car l'intervieweur a surtout parlé de ses relations avec son frère, Frédéric, l'autre célébrité de la famille. Ils ont à peine une année d'écart mais des parcours radicalement opposés.

Frédéric, saltimbanque exubérant, habitué des nuits agitées de la jet-set, écrivain talentueux, a mille fois plus de charisme que Charles. Ce brillant entrepreneur, créateur (et revendeur) d'entreprises, ponte du patronat, incarne une certaine droite libérale qui n'arrivera jamais à être séduisante malgré les séances d'UV pour garder le bronzage des Maldives.


Beigbeder : "Hidalgo, c'est je dépense donc je... par Europe1fr

Un tandem du même genre marque les années 1980. Alors que Philippe triomphe au cinéma, François devient ministre. Les Léotard connaissent leur heure de gloire. Philippe sombre dans l'alcool et la drogue. François abandonne définitivement la politique pour devenir... écrivain.

Paradoxe, Charles Beigbeder se porte candidat à Paris après une brouille avec Nathalie Kosciusko-Morizet, elle aussi en concurrence avec un frère sur le plan médiatique. Pierre Kosciusko-Morizet, comme Charles Beigbeder, est un patron en vue. Il a créé PriceMinister, le site de vente en ligne. Mais lui ne s'intéresse pas à la politique. Il la laisse à sa sœur, qui la tient de leur père, ancien maire de Sèvres.

« Fils de... », « frère de... » ou « femme de... » reste un maître atout en France.

édit : Oublié de parler des Soral. Des collègues m'ont rapporté le cri du coeur d'Agnès Soral ce week-end sur Canal+, désespérée des prises de position de son frère, Alain, "intellectuel" de la catégorie dieudonnesque : "Je suis contre le système donc je hais les Juifs !" 

BD : Braquage et conséquences dans "Succombe qui doit"

 

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« Succombe qui doit », BD de Ozanam (scénario) et Rica (dessin) a des airs de thriller à la Tarantino. Quatre jeunes braquent une banque. Cela tourne mal. Ils trouvent refuge dans une casse auto. L'un d'entre eux est blessé. Sur place, il n'y a que José, le patron. Un ancien boxeur très désabusé. Ce huis-clos va aller crescendo dans la violence. Entre le blessé qui agonise, sa copine qui pique une crise de nerf et un des braqueurs qui se la joue de plus en plus « exterminateur », le sang coule, gicle même. Pour couronner le tout, José ne se laisse pas faire. Ses anciens réflexes de frappeur font des dégâts, mais cela ne suffit pas. Viendront pour compliquer encore les choses les sbires du commanditaire du braquage et un journaliste curieux, persuadé que raconter la déchéance de Laser Joe, roi de l'uppercut lui fera gagner des lecteurs. C'est violent. Surprenant aussi, Ozanam parvenant dans un rebondissement parfaitement amené à redistribuer les cartes entre « méchants », « très méchants » et « odieux »...

 

« Succombe qui doit », Casterman, 18 €

 

10:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ozanam, rica, polar, kstr, casterman