21/05/2012

Duflot, Hollande, Morano et Obama face aux codes de la mode

Sérieux la politique ? Pas toujours. La semaine marquée par la passation de pouvoir et la nomination du gouvernement a dérapé sur des questions de mode. Ces points de détail ont pris des dimensions dantesques sur internet. Première escarmouche, Nadine Morano taille un costard de première à Cécile Duflot. La ministre écolo est allée à l'Elysée en jeans ! L'ancienne porte-flingue de Nicolas Sarkozy s'indigne face à ce « dilettantisme ». Sur le site de l'Indépendant, cette info est énormément lue, partagée et commentée. Et plus le sujet est futile, moins les internautes sont tendres. Certains s'offusquent du niveau actuel de l'UMP : « au ras de l'ourlet d'un jean, proche des talonnettes. » « Nadine sort de ton 19e siècle! » s'exclame un autre. Avec humour, certains font dans la surenchère : « Quand je serai ministre des Vacances j'irai en bermuda et débardeur. »

Et quand on croit que ces chamailleries de cour d'école sont terminées, cela reprend de plus belle pour une histoire de cravate. François Hollande, au sommet du G8 aux USA, est le seul chef de gouvernement à porter une cravate. Barack Obama le chambre un peu. Ce qui ressemble à un gentil bizutage devient une affaire d'État sur Twitter. Les mêmes qui critiquent la tenue négligée de Cécile Duflot dénoncent le lendemain le manque de souplesse vestimentaire de François Hollande... Je leur propose comme prochain débat de fond : slip ou caleçon ?

(Chronique "ça bruisse sur le net" parue lundi 21 mai en dernière page de l'Indépendant)

Rani, une esclave indomptable imaginée par Van Hamme, Alcante et Vallès

 

Rani, Jolane, Van Hamme, Vallès, Alcante, Lombard

Rani, série imaginée par Van Hamme et dessinée par Vallès, a fait une pause. Le temps de diffuser à la télévision l'adaptation de ce feuilleton de cape et d'épée. Revoici donc la belle Jolanne dont les péripéties sont écrites également par Alcante. Condamnée à mort, elle parvient à se sauver en endossant l'identité de Jeanne Dubois, une prostituée condamnée à l'exil en Inde. L'album débute par son arrivée à Mahé. Immédiatement mise en vente, elle devient pensionnaire de la maison close de Mme Rose. Une nouvelle vie commence pour Jolanne, toujours aussi belle et sauvage et surtout éprise de liberté. Un chapitre exotique idéal pour relancer l'intérêt des lecteurs pour une série populaire par excellence.

 

« Rani » (tome 3), Le Lombard, 14,45 €

 

20/05/2012

Huis-clos végétal pour Bois-Maury au Yucatan

 

Bois-Maury, Hermann, Yves H, Glénat, Yucatan, conquistadors, indiens

« El senor » Bois-Maury n'en finit plus de saluer ses lecteurs. Cette saga historique imaginée par Hermann s'est arrêtée une première fois. Quelques années plus tard, le dessinateur belge la reprenait avec son fils, Yves H. au scénario. Nouveaux décors, plus de tension et de violence : ce classique de la BD moyenâgeuse a bien évolué depuis les premières planches parues dans le mensuel Vécu. Ce 15e titre voit Bois-Maury au cœur de la forêt vierge du Yucatan. Il accompagne des conquistadores poursuivis par de féroces indiens. Dans cet enfer vert, sur la durée de deux jours, les occidentaux et les « sauvages » vont s'affronter. Bois-Maury est obligé de composer avec les deux camps pour avancer dans sa quête de l'or de la cité perdue. Formidables couleurs, planches muettes où l'action fusent : Hermann, malgré ses « septante » ans révolus, reste un des maîtres du genre.

 

« Bois-Maury », (tome 15), Glénat, 11,50 €

A voir, cette vidéo réalisée par Yves H. montrant la technique de couleur directe utilisée par Hermann. Du très grand art !


 

19/05/2012

Avec Revanche, mauvais temps pour les voyoux sociaux

 

Revanche, Chauzy, Pothier, Treize Etrange, plan social, Glénat

Vous en avez marre de la crise économique et de ses conséquences ? Vous êtes directement concerné par un plan social, un patron voyou, un petit chef adepte du harcèlement ? Vous avez peut-être envie de prendre votre revanche ? Allez donc chez ce bouquiniste, vous y rencontrerez l'homme de la situation. M. Revanche ne fait pas dans la dentelle. Il adopte la méthode dure pour faire comprendre aux exploiteurs des classes populaires que le libéralisme ne permet pas tout. Revanche n'est justicier qu'en dehors de ses heures de travail. Là, il retrouve alors le costume et l'attitude stricte d'assistant de la présidente de la plus grande organisation patronale du pays...

Sous forme d'histoires courtes, détaillant à chaque fois un cas particulier, les auteurs font plaisir à tous les opprimés de la terre. Nicolas Pothier (lui-même touché par un plan social il y a quelques années) signe des scénarios où l'humour est prépondérant. Chauzy, au dessin, donne corps à ces « méchants » d'un genre nouveau, mais de plus en plus nombreux.

 

« Revanche », Treize Étrange, 13,90 €

 

18/05/2012

Ducobu sur tous les fronts

Ducobu, lombard, Godi, Zidrou

Le cancre le plus sympathique de France et de Navarre (de Belgique aussi, ses auteurs Godi et Zidrou étant originaires du Plat Pays) est de retour. Pour la 18e fois retrouvez Ducobu dans un album truffé de gags et de malice. Zidrou maîtrise parfaitement ses personnages. Chaque page est une merveille d'ingéniosité pour magnifier les défauts des uns et des autres. Ducobu en premier, toujours aussi retors pour tricher et embrouiller l'instituteur. Le fameux Latouche, parfois dindon de la farce, mais souvent vainqueur dans l'affrontement avec son élève détesté. Latouche redeviendra un enfant timide face à sa collègue Mademoiselle Rateau. Dans cet album, Ducobu participera à des jeux olympiques des cancres. Et ce sera enfin la gloire pour le meilleur d'entre eux.

 

Ducobu, un succès de librairie mais également sur grand écran. Le second volet de ses aventures, « Les vacances de Ducobu » (avec Elie Semoun en vedette) est toujours à  l'affiche et a dépassé le million d'entrées au niveau national.

 

« L'élève Ducobu » (tome 18), Le Lombard, 10,60 €

 

12:15 Publié dans BD, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ducobu, lombard, godi, zidrou

17/05/2012

Aliénor d'Aquitaine, jeune Reine ambitieuse

 

Aliénor d'Aquitaine, Mogavino, Delalande, Delcourt, les reines de sang

Aliénor n'est qu'une adolescente quand elle est mariée avec Louis, le futur roi de France. Lui aussi est très jeune. Le mariage à peine consommé, il doit succéder à son père. Porté sur le trône, ce gamin qui préfère la prière aux intrigues de la cour est sous la coupe de sa mère et de l'abbé Sauger. Ce sont eux les véritables maîtres du royaume. Mais Aliénor veut elle aussi avoir son mot à dire. L'ex-duchesse d'Aquitaine va jouer de ses charmes pour orienter les choix du roi. La première partie de cette série inaugurant la collection « Les reines de sang » nous fait découvrir une maîtresse femme, prête à tout pour assoir son pouvoir. Le scénario de Simona Mogavino et Arnaud Delalande mêle habilement grandes dates historiques et petits faits du quotidien. Les auteurs apportent un peu de romance avec le jeu trouble d'un troubadour et d'un chevalier italien, sans terre mais beau garçon et fougueux au lit. Car l'histoire d'Aliénor c'est aussi celui d'une femme maniant parfaitement l'art de la séduction pour arriver à ses fins. Et sous la plume de Carlos Gomez, elle est d'une éclatante beauté.

 

« Aliénor, la légende noire » (tome 1), Delcourt, 14,30 €

 

16/05/2012

Sur la route de la vie en compagnie de Maryline Desbiolles

Maryline Desbiolles observe les travaux de rénovation de la route passant près de chez elle. Un prétexte pour explorer passé et présent de ce lieu de passage.

 

Dans la route, Nice, Maryline Desbiolles, Provence, Seuil

 

La Fontaine de Jarrier est la route reliant Nice à Turin. La route de la montagne. Celle, tortueuse, qu'empruntaient jadis marchands, nobles et brigands. Aujourd'hui, elle est délaissée au profit de la celle du littoral. Mais elle est quand même utilisée. Et toujours dangereuse. Ces travaux font suite à un accident mortel. Et des morts, il y en a eu beaucoup au fil des siècles. Ce court roman de Maryline Desbiolles, écrit dans un style saccadé, au prétexte de raconter des travaux routiers, se penche sur des existences. Les habitants actuels, derniers des Mohicans d'une province en déshérence, et ceux du passé. Car une route n'est rien sans les hommes. Ceux qui ont décidé de la construire et ceux qui l'empruntent.

 

Cela commence par un face-à-face détonnant. L'auteur raconte. Sur le trottoir, Sasso, sur le chantier Mana. Le premier habite là depuis des décennies. Le vieillard, récemment veuf, est « assis sur une chaise qu'il a sortie de chez lui, et qui depuis ce qui reste de trottoir assiste sans bouger à ce qui est somme toute un spectacle faramineux. » Dans ce vacarme, Mana, « un vieux type buriné dont le bonnet cache les cheveux blancs. » Mana « a pris sa retraite de l'entreprise à 74 ans, il y a quatre ans. Il y travaille toujours, mais comme intérimaire, sa retraite est trop maigre. »

 

 

 

La mort au tournant

 

Sur cette route en réfection, recouverte de goudron frais, d'enrobé exactement, Maryline Desbiolles va y découvrir des secrets, des vies cachées, des destins. De sa création, du temps de la gabelle, à son utilisation intensive par les brigands, elle dresse le portrait historique de cette région des hauteurs de Nice. On croise donc les brigands, déguisés comme au carnaval, dérobant bijoux et vêtements de luxe aux nobles. Plus tard, dans ce virage, un jeune résistant sera abattu par des Allemands. Pas loin de l'endroit où des jeunes à scooters vont aussi perdre la vie. Mais cette fois, l'armée d'occupation n'y sera pour rien.

 

La vie, la mort dans les maisons aussi. Gaby par exemple a acheté cette belle et grande demeure. Elle s'y est installée avec un fiancé musclé, trop influencé par les émissions de décoration. Il va tout casser dans la maison, jetant les gravats par la fenêtre dans la cour. Et puis il disparaît. Gaby se retrouve avec une coquille vide, seule, cherchant à revendre cette ruine, par tous les moyens...

 

 

 

Chaussée étrillée

 

Et puis tout en revenant sur les vies qui jalonnent cette route, l'auteur poursuit sa description des travaux qu'elle observe, fascinée. Les travailleurs de la nuit « rabotent la chaussée, lui ôtent sa vieillerie, les couches d'asphalte ancien que la raboteuse crache dans le camion qui l'accompagne, on voit les traces des dents de la raboteuse sur la route ainsi mise à nu, la route est écorchée puis violemment lavée, la chaussée est écorchée puis étrillée par les brosses du camion avec un vacarme d'avion qui décolle. »

 

Ce roman sur un petit coin de France, tel un long poème en prose, fera que jamais plus vous ne regarderez un chantier routier de la même façon.

 

Michel LITOUT

 

« Dans la route », Maryline Desbiolles, Seuil, 16,50 €

 

15/05/2012

Les lolcats peuvent nous rendre plus intelligents !

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Telle une invasion d'extraterrestres ou de sauterelles, on les trouve partout sur la toile. Les lolcats prolifèrent dans vos boîtes mail, sur les forums et ont de plus en plus de sites dédiés. Ces photos mettent en scène des chats dans des postures inhabituelles, comme s'ils singeaient des humains. Avec ou sans trucage, elles font sourire. Finissent par exaspérer aussi. Pour beaucoup elles représentent la preuve irréfutable de la futilité - voire inutilité ou nuisance - d'internet. Une théorie empirique battue en brèche par une récente étude de Kate Miltner, étudiante à la London School of Economics (LSE). Dans un mémoire de 100 pages mis en ligne, elle constate que les lolcats ont au moins une vertu : ils permettent aux internautes d'entrer en contact, de se socialiser et participent ainsi au fonctionnement d'une intelligence collective.

Oui, les lolcats rendent plus intelligents ! Certains artistes l'ont déjà compris. Ainsi des cinéastes américains ont lancé une souscription pour financer un long métrage participatif. Des scènes lolcats puisées sur la toile seront insérées dans l'intrigue.

A Lyon, un étudiant aux Beaux-Arts a mis en scène deux chats noirs au milieu de bougies et de jouets pour réinterpréter certaines oeuvres de Gilbert et Georges, les artistes anglais iconoclastes.

Dans ces deux cas, les lolcats non seulement rendent plus intelligents, mais participent à l'évolution de l'art contemporain... Enfin pas si contemporain, les premières photos amusantes de chats seraient l'oeuvre de l'Anglais Harry Pointer... en 1870.

(Chronique "ça bruisse sur le net" parue ce lundi 14 mai en dernière page de l'Indépendant)

Éducation simiesque pour le "Roi des Singes"

 

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Un homme parmi les singes. Un homme roi des singes. Ce thème cher à la littérature populaire est au centre des aventures de John Arthur Livingstone, écrites par Bonifay, dessinées par Meddour et mises en couleur par Paitreau. Une BD librement inspirée de la véritable vie de Saturnin Farandoul. Dans l'océan Indien, un radeau de fortune s'échoue sur une plage. Un bébé crie. Une femelle orang-outan le recueille l' humain et l'élève avec ses propres petits. Des années plus tard, des Européens découvrent cet enfant-singe. Capturé, il est placé dans une pension en Afrique. Saturnin, rebaptisé John Arthur, découvre une nouvelle race : les bonobos. A l'âge adulte, John Arthur est exhibé à Londres. Il fait des conférences sur son expérience et tombe amoureux d'une belle rousse. Mais au même moment, une série de meurtres de femmes aux mœurs légères met la capitale anglaise en émoi. Qui est ce monstre sanguinaire ? A-t-il un rapport avec le roi des singes ? Un album éclatant de couleurs, des verts de la jungle aux noirs des bas-fonds britanniques.

 

« John Arthur Livingstone » (tome 1), Vents d'Ouest, 13,90 €


 

14/05/2012

Petit et Cro-Mignon le Larh-Don de Dav, Vatine et Cassegrain

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Comment vivaient les enfants au temps des cavernes ? On sait tout de la bravoure et de l'intelligence de Rahan et Tounga, mais que faisaient-ils quand il étaient petits ? La réponse se trouve dans ce premier recueil de gags de Larh-Don, Fils de l'âge bête. Un parti-pris comique très réjouissant. Dav et Olivier Vatine ont écrit les scénarios mis en images par Didier Cassegrain. Bref du très beau monde pour une série humoristique rapidement devenue une des vedette de la revue Lanfeust Mag. Larh-Don, blondinet gaffeur, est très peureux. La moindre petite bête le fait fuir. Aussi quand il doit partir à la chasse au T-Rex, il n'est pas rassuré. Larh-Don n'est pas seul à faire rire le public : son père, grosse brute très limitée est une ressource inépuisable de gags. Les copains de Larh-Don aussi sont des pros de la bêtise. Notamment les jumeaux Bouzhofion et Krothofess principaux générateurs d'humour caca boudin.

Mais la meilleure série de gags reste celle mettant en avant les efforts de mimétisme avec les animaux. Cela commence toujours bien mais finit en catastrophe...

« Larh-Don » (tome 1), Soleil, 10,50 €


13/05/2012

Enquête et kung fu avec les aventures de Ling-Ling

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Ling-Ling est une jeune Chinoise téméraire. Orpheline, elle ne veut pas devenir esclave, ou pire, épouse. A 13 ans, elle rejoint un maître de kung fu. Bien qu'à la retraite, il accepte de la former. Cinq années de rudes épreuves mais aussi de joie et d'amitié pour la fillette se transformant en femme. A la fin de son apprentissage, elle part pour le vaste monde, laissant son maître au silence et à la méditation. Les aventures de Ling-Ling sont écrites par Escaich (la moitié de Béka des Rugbymen) et dessiné par Marc N'Guessan. Abandonnant le pur réalisme, le dessinateur toulousain simplifie son trait, lui donnant grâce et légèreté, toujours avec cette lisibilité remarquable. La première enquête de Ling-Ling, parue en janvier, raconte comment elle est embauchée au bureau des rumeurs, sorte d'officine secrète chargée de découvrir les secrets les mieux gardés. La seconde, chez votre libraire depuis fin avril, relate la recherche de perfection d'un calligraphe. Intrigues innovantes, planches truffées de gags, pléthore de jeux de mots, personnages attachants : cette série a tout pour elle.

 

« Ling-Ling » (tomes 1 et 2), Bamboo, 13,90 €



 

12/05/2012

La Suède des lourds secrets dans "Hanna était seule à la maison" de Carin Gerhardsen

 

Adolescente étranglée sur un ferry, jeune mère retrouvée morte dans un container : double crime pour les policiers suédois Sjöberg et Westman.

 

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Coup d'essai coup de maître. « La maison en pain d'épices », premier roman policier de Carin Gerhardsen s'est imposé comme un de ces petits bijoux de suspense psychologique à la suédoise. Avec « Hanna était seule à la maison », l'ancienne consultante en informatique devenue romancière confirme son talent. On retrouve les deux policiers de Stockholm au centre de la première enquête: Conny Sjöberg, le père de famille placide, et Petra Westman, belle, célibataire et parfois imprudente. Conny et Petra, faux couple, dont les déboires personnelles apportent encore plus d'humanité à un thriller qui vous fera frissonner jusqu'à la dernière page.

 

Avant de retrouver les figures connues, la romancière plante le décor, présente les personnages secondaires. Une jeune fille, issue d'une famille à problèmes, est étranglée sur un ferry qui fait la liaison entre Stockholm et la Finlande. Sa petite sœur de 14 ans se retrouve seule, confrontée à une situation qu'aucune adolescente ne devrait connaître.

 

En faisant son jogging, l'inspectrice criminelle Petra Westman découvre au milieu des buissons un nourrisson dans un état d'épuisement avancé, à proximité du cadavre d'une femme sans aucun papier d'identité.

 

Au même moment, une petite fille de 3 ans se réveille et découvre qu'elle est seule chez elle. Son papa est en voyage à l'étranger et sa maman est sortie avec son petit frère. Hanna se retrouve sans personne, enfermée à clé dans l'appartement familial. Et le temps s'écoule...

 

 

 

On tremble pour Hanna

 

Le roman se déroule sur trois plans différents, qui vont au final se rejoindre pour un coup de théâtre époustouflant. Si la majeure partie du récit est constitué du déroulement des enquêtes, les passages les plus marquants sont ceux décrivant l'enfermement de la petite fille. Hanna n'a que 3 ans mais est persuadée qu'elle peut se débrouiller comme une grande. Elle trouve à manger (un plat surgelé qui n'a pas le même goût que celui de sa maman mais qui reste délicieux), parvient à s'habiller, se passe de couches et va aux toilettes (une fois sur deux, mais c'est mieux que rien) et même allumer la télé (mais pas choisir le programme). On va suivre l'évolution de sa pensée, le rejet de sa mère qui l'abandonne, l'espoir que son papa (en voyage d'affaires au Japon) revienne le plus vite possible. Inquiète, elle décide de téléphoner pour demander de l'aide. Elle compose des numéros au hasard. Tombe finalement sur une vieille dame qui croit à son histoire et va tout faire pour la retrouver. Mais d'autres dangers guettent Hanna, innocente fillette, proie facile pour ces prédateurs cachés dans l'ombre, en Suède comme ailleurs...

 

Le portrait de la Suède proposé par Carin Gerhardsen est peu réjouissant. Petra harcelée par son supérieur hiérarchique, Sjöberg, mari aimant, obsédé dans ses rêves par une femme rencontrée au cours de sa précédente enquête. Une femme avec laquelle il va franchir le Rubicon. Pourquoi une adolescente est prête à se prostituer pour quelques billets ? Qu'est-ce qui empêche de réagir un jeune homme sous la coupe d'un père violent et d'une mère infirme ?

 

C'est sombre, peut reluisant mais terriblement humain. Et l'auteur, en bon feuilletoniste, ménage le suspense, notamment dans l'évolution des sentiments de ses deux principaux personnages. On referme ce livre en se disant, à juste titre, vivement la suite.

 

 

« Hanna était seule à la maison », Carin Gerhardsen, Fleuve Noir, 19,90 €


 

11/05/2012

Pierre Salviac et le tweet de trop

 

 

 

 

Pierre Salviac, Tweet

Twitter ce n'est pas la troisième mi-temps d'un match de rugby très arrosée. Ni le lieu pour y dévoiler ses pires travers. Pierre Salviac, ancien commentateur du rugby à la télévision, chroniqueur sur RTL, s'est cru marrant en recommandant à ses « consœurs », de coucher utile, ainsi « vous avez une chance de vous retrouver première Dame de France ». Tollé immédiat. Beaucoup de journalistes femmes ont dénoncé sa misogynie, sa bêtise voire sa connerie. Il a bien tenté de s'excuser dans un premier temps. Mais Jacques Esnous, directeur de la rédaction de RTL annonçait la fin de la collaboration de Pierre Salviac avec la radio de la rue Bayard.

 

Paradoxalement, devenir la bête noire d'un réseau social n'a pas que des désavantages. Salviac, se présentant comme « vanneur et persifleur », a vite rebondit. Et de se féliciter : « Le jour où je perds un employeur je franchis allègrement la barre des 10 000 followers. »

 

En fait, Pierre Salviac doit avoir un sérieux problème avec les femmes de François Hollande. Avant ce tweet assassin contre Valérie Trierweiler, il avait violemment attaqué Ségolène Royal lors de son parachutage aux législatives à La Rochelle. En réaction, il voulait même se présenter car se considérant « plus légitime qu'elle ». Il y avait renoncé en février. Maintenant qu'il a un peu de temps libre, il va peut-être revenir sur sa décision ? Et créer dans la foulée le parti de la Beaufitude. Le poste de président est pile-poil dans ses compétences.

(Chronique "ça bruisse sur le net" parue en dernière page de l'Indépendant ce vendredi 11 mai)

 

08:21 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre salviac, tweet

10/05/2012

"Gringos locos" : trois Belges en vadrouille

 

Yann, Schwartz, Jijé, Gringos locos, Franquin, Morris, Dupuis

En 1948, craignant une troisième guerre mondiale nucléaire en Europe, le dessinateur Jijé décide de s'expatrier aux USA en compagnie de toute sa famille. Il emporte dans ses bagages deux jeunes auteurs, Morris et Franquin. Ce périple totalement délirant fait partie de la légende de la BD franco-belge. Ce trois génies ne parviendront pas à se faire embaucher par les studios Walt Disney et trouveront une porte de sortie au Mexique, continuant leurs séries respectives (Spirou, Lucky Luke) depuis Tijuana. Yann, le scénariste, a cette idée d'album en tête depuis des années. Il a collecté les anecdotes de la bouche même de Franquin. Dessinée par Schwartz, cette épopée est très romancée. Un peu trop au goût des héritiers qui ont bloqué la parution de l'album, puis obtenu le rajout d'un texte présentant « leur vérité ». Un complément documentaire qui enrichit cet album événement, très attendu et particulièrement réussi.

 

« Gringos locos », Dupuis, 14,95 €


 

09/05/2012

La "deuxième génération" après la Shoah

 

Michel Kichka, Shoah, Dargaud, deuxième génération

Un peu en écho à « Maus » d'Art Spiegelman, Michel Kichka publie « Deuxième génération, ce que je n'ai pas dit à mon père ». Dessinateur de presse d'origine belge et vivant actuellement en Israël, Michel Kichka est le fils d'un rescapé des camps de la mort. Né en 1954, Michel va découvrir, ce qu'était ces camps. Dans les livres et aussi dans les histoires de son père. C'était presque un enfant quand il s'est retrouvé entre les barbelés en compagnie de toute sa famille. Lui seul en sortira vivant. En racontant son enfance, l'auteur raconte aussi toute la difficulté de communiquer et de vivre avec un rescapé de la Shoah. On se laisse entraîner dans ces souvenirs d'enfance entre joies simples et prises de conscience. Et le récit devient universel quand il aborde les difficultés de communication à l'intérieur d'une famille ou la perte d'un être cher (son petit frère). Un roman graphique à mettre entre toutes les mains. Des fils... et des pères.

 

« Deuxième génération », Dargaud, 17,95 €


 

08/05/2012

"Conquistador" de Dufaux et Xavier : la folie de l'or

Jean Dufaux, Xavier, Glénat, Conquistador, Croisade

Après la série sur les Croisades, Jean Dufaux (toujours avec Xavier au dessin), entreprend de romancer l'épopée des conquistadors. Le premier tome, fort de 64 pages, débute alors que Cortés est toujours considéré comme une divinité par l'empereur aztèque. Mais les prêtres doutent de plus en plus et les Espagnols sentent qu'il va falloir faire vite pour mettre la main sur le fabuleux trésor. Des montagnes d'or qui font saliver les nombreux mercenaires embarqués avec Cortés. L'album raconte comment une petite troupe est formée avec pour mission de dérober le plus de métal précieux. Premières pages sur la formation du commando, puis place à l'action et entrée en scène du fantastique. Les mercenaires ont réveillé une créature mythique et elle n'est pas contente... Superbement dessinée, cette série est palpitante. Dufaux est toujours aussi bon dans la création de personnages atypiques.

« Conquistador » (tome 1), Glénat, 14,95 €

07/05/2012

Quand mentir ou "jouer du pipeau" devient un art...

En pleine campagne électorale, on redécouvre le charme des bonimenteurs invétérés et autres affabulateurs compulsifs. Si vous n'êtes pas trop à l'aise dans le mensonge, rabattez-vous sur le Pipotronic, un petit logiciel libre adaptable à toutes les situations.

A la base, ce générateur de phrases convenues est un hommage au langage technocratique. De nombreuses versions circulent en fonction des circonstances. Admettons, vous avez réussi à vous incruster dans une soirée karaoké réservée aux prix Nobel de physique-chimie (ils sont comme tout le monde, après le boulot ils aiment se détendre). Pour bramer « Les lacs de Connemara » de Sardou ou ânonner « Voyages, voyages » de Désireless, pas de problème. Vous savez faire. Mais si entre les chansons il faut parler ? Rabattez-vous sur la version « Physicotron » imaginée par Lorraine Montel. « Histoire de passer pour un génie de la science, un Einstein méconnu, un type à la pointe de la modernité. Bref, pour faire semblant d'être un physicien des particules » explique-t-elle. Reste à placer dans la conversation, et au bon moment : « Inversement, les protons du noyau échangent de l'énergie avec les ondes gamma de charge inconnue en fusionnant avec des photons incidents de masse plus élevée. » Pas évident que cela impressionne un prix Nobel, mais l'effet est garanti sur cette mignonne brunette. Elle chante moins bien que Magali Vaé (c'est dire) mais a d'autres atouts remarquables.

Merci Physicotron !

(Chronique "ça bruisse sur le net" parue vendredi 4 mai en dernière page de l'Indépendant)

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06/05/2012

Paroles de bêtes dans les aventures de Cerise, fille de Laurel

Laurel, Cerise, Lombard

Cerise est une petite fille de 9 ans comme les autres. Intelligente, joueuse, espiègle, elle aime les animaux. Tous les animaux, des chats de la maison (Brume et Pelote) aux araignées ou escargots. Aussi quand elle voit un sale gamin écraser un pauvre gastéropode, son sang ne fait qu'un tour. Recueillant la pauvre petite bête agonisant dans ses mains, cette dernière lui donne le don de communiquer avec les animaux. Un début un peu tiré par les cheveux mais qui permet ensuite à Laurel, la dessinatrice (et mère de Cerise) de multiplier les gags et histoires courtes. Directement inspirées de sa vie (Laurel est la célèbre blogueuse de « Un crayon dans le cœur ») ces scénettes sont parfois poétiques, souvent drôles et amusantes. Cerise, petite fille un peu naïve, est souvent la victime des blagues de sa mère. Mais elles ne sont jamais méchantes et on sent une réelle complicité entre elles. Cela fait tout le charme de ce premier album.

« Cerise » (tome 1), Le Lombard, 10,60 €

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05/05/2012

Adorable Caroline Baldwin...

Caroline Baldwin, Taymans, Casterman

La belle et sexy Caroline Baldwin poursuit son combat contre les méchants. La brune s'attaque cette fois à une organisation secrète qui projette d'assassiner, à Montréal, les présidents des Etats-Unis et de la Chine. Aventure rondement menée par André Taymans, l'auteur de la série, sa création la plus personnelle. D'ailleurs il décline son héroïne sur le net, avec un clip vidéo et prochainement un long métrage. Le projet n'est encore qu'en phase d'écriture, mais Caroline a suffisamment de potentiel pour qu'elle s'épanouisse sur grand écran.

« Caroline Baldwin » (tome 16), Casterman, 11,95 €

04/05/2012

La folle expérience du Protocole Pélican se poursuit

Protocole pélican, Ponzio, Marazano, Dargaud

Second tome du Protocole Pélican, thriller scientifique écrit par Marazano et dessiné par Ponzio. La douzaine de cobayes humains, enlevés aux quatre coins du monde et conduits sur une plateforme pétrolière ne comprennent toujours pas ce que les gardiens attendent d'eux. Prisonniers, maltraités, chacun réagit différemment. Le responsable du projet semble chercher une personnalité en particulier. Et pour faire accélérer le verdict, les cobayes sont laissés seuls, sans gardiens, sur la plateforme. Là encore, les réactions sont très différentes... Une série angoissante pour montrer toute la folie de certains scientifiques.

« Le protocole pélican » (tome 2), Dargaud, 13,99 €