20/08/2014

DVD : L'étrange enfance de Jodo

 

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Tocopilla, petite ville côtière chilienne entourée de désert sert de décor au film « La danza de la realidad » d'Alejandro Jodorowsky. Le gourou de la la psychomagie avait délaissé la caméra ces vingt dernières années pour se consacrer essentiellement aux scénarios de ses multiples séries de bande dessinée (Bouncer, La caste des Meta-barons ou l'Incal).

S'il a choisi cette ville isolée et quasi sinistrée, c'est parce qu'il y a vu le jour à la fin des années 20. Le film se veut une autobiographie imaginaire. Il se met en scène, gamin trop bon (il donne ses chaussures neuves à plus pauvre que lui) mais exclu car Juif.

 

 

Le film est essentiellement consacré aux parents de Jodo. Jaime, le père (interprété par Brontis Jodorowsky, le propre fils du réalisateur), commerçant révolutionnaire vivant dans le culte de Staline, impose une éducation à la dure à son fils unique. Il quittera Tocopilla pour tenter d'assassiner le dictateur au pouvoir, se fera capturer et torturer.

danza realidad; chili, enfance, jodorowsky, pathéSara, la mère (Pamela Flores) est encore plus extravagante. Elle ne s'exprime qu'en chantant, montre sans cesse son énorme poitrine et croit dur comme fer à certaines formules magiques permettant de guérir la peste avec de l'urine ou de se rendre invisible dans des lieux publics. Foisonnant, inquiétant, poétique mais aussi parfois choquant, ce testament de Jodo (il a plus de 80 ans, même qu'il n'en paraît pas plus de 60...) a tout de l'expérience mystique filmique. On n'en sort pas indemne car tout n'est pas du domaine du cartésien.

 

« La danza de la Realidad », Pathé, 19,99 €

 

19/08/2014

BD : A la gloire des aviateurs français

 

ciel de guerre, pinard, Dauger, diables rouges, paquet

Comment la France a perdu la guerre en 1940 ? Si cet album n'apporte pas une réponse complète et circonstancié à cette question historique, il permet cependant ce mieux comprendre comment les aviateurs français ont été balayés par les assaut des chasseurs allemands. Malgré leur courage et leur détermination, ils n'ont pas fait le poids face aux engins plus rapides et mieux armés. Philippe Pinard, journaliste et passionné d'aviation, a intégré quelques héros imaginaires (Etienne de Tournemire notamment) à l'escadrille des Diables rouges. De véritables aviateurs postés à la frontière, spectateurs impuissants de l'attaque éclair des forces nazis. Battue sur terre, l'armée française l'a également été dans les airs. Ses quelques vieux « coucous » n'étaient que des cibles faciles pour les centaines de Messerschmitt. Au dessin, Olivier Dauger est un as de la ligne claire, tendance hyper réalisme. L'album est complété par un dossier sur les forces en présence et les différents types d'appareils engagés, bourré de détails techniques pour les plus passionnés.

 

« Ciel de guerre » (tome 1), Paquet, 13,50 €

 

18/08/2014

BD : Les amazones de Bassaïev

anlor, ducoudray, russie, grand angle, bamboo

La Russie, sur le point de s'engager dans un conflit dur avec l'Ukraine, a déjà lourdement payé son tribut aux guerres d'indépendance de l'ancien empire soviétique. Aurélien Ducoudray, le scénariste de cette nouvelle série historique dessinée par Anlor (Les innocents coupables), s'est inspiré d'articles de presse sur les mères courage, parties en Tchétchénie tenter de retrouver leurs fils, soldats russes capturés par les troupes de Bassaïev. C'est donc l'histoire d'une maman, sans nouvelle de se son tendre et cher Volodia. Elle part en bus vers Grozny pour négocier directement avec le chef tchétchène. En chemin, elle se fait dérober toutes ses affaires et rapidement se retrouve plongée dans le conflit, sous les bombes russes. Sauvée par un jeune Tchétchène, elle rencontre une des amazones de Bassaïev, de jeunes femmes, tireurs d'élite, cachées dans les forêts, véritables cauchemar des troupes d'occupation russes. Ce sont des femmes qui mènent ce récit, les hommes étant soit absents (Volodia), soit monstrueux comme le sinistre Bassaïev. Un album d'une grande force, décrivant sans complaisance la guerre et ses horreurs.

 

« Amère Russie » (tome 1), Bamboo, 13,90 €

 

17/08/2014

BD : Petit samouraï

 

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Michetz, le dessinateur de la série « Kogaratsu », n'est pas réputé pour sa rapidité d'exécution. Pas moins de quatre ans entre « Le protocole du mal » douzième album et la nouveauté « Taro » parue début juillet. Quatre années pour un artiste adepte du travail bien fait. Il peaufine chaque case, passant des heures à simplifier un trait, épurer une scène. Et ensuite, il passe autant de temps pour placer ses couleurs. Dans le plus pur style des estampes japonaises. Michetz est donc un auteur rare. Raison de plus pour savourer son univers. Toujours sur un scénario de Bosse, Kogaratsu, samouraï errant, accepte un travail peu commun. Il doit enlever un enfant, Taro. Le libérer exactement. Placé par ses parents chez un oncle, ce dernier l'utilise désormais comme otage. Aidé de la belle (et très jeune) Tomomi, il découvre sidéré que la mère du petit Taro n'est autre que la princesse Ishi, son amour de jeunesse. C'est donc un peu son fils que Kogaratsu sauve des griffes du maître-chanteur. Mais le gamin a un sacré caractère (comme sa mère...) et cela compliquera d'autant la fuite du trio. Simple, efficace et merveilleusement dessinée, cette série n'a qu'un défaut : sa rareté !

« Kogaratsu » (tome 13), Dupuis, 12 €

 

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16/08/2014

BD : Musique satanique finlandaise

 

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Le hard rock, tendance métal et sataniste, connaît un formidable succès dans les pays scandinaves. Les Finlandais Ahonen et Alare, après avoir tenté de percer sur la scène musicale locale, ont rangé leurs guitares pour s'atteler à une autre œuvre, plus dans leurs cordes : un roman graphique sur cet univers si particulier. Axel, leader du groupe Perkeros, croit à son destin. Il compose et joue de la guitare. Veut aussi chanter ses créations, même s'il n'est pas du tout au point, voire carrément bègue par moment. Cela suscite quelques tensions avec Lily, le clavier, Kerninen le bassiste et l'Ours, le batteur. Ce dernier est un véritable ours, premier indice dans une BD qui finalement va tendre vers le fantastique dans sa dernière partie. Mais sur les 180 pages, pas moins de 120 sont essentiellement consacrées à la vie du groupe, ses espoirs, ses désillusions et même sa rupture quand rien ne va plus. Axel, persuadé que la musique a un grand pouvoir sur les êtres vivants, va se retrouver métamorphosé après une expérience mystique. Certains sons sont-ils capables de vous transformer ? En bien ? Ou en mal, tendance Satan, métamorphoses et sacrifices humains ? Un album à lire en écoutant sur Spotify des compositions originales liées à l'histoire.

« Perkeros », Casterman, 17 €

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15/08/2014

Cinéma : La famille, révélateur d'émotions

 

le rôle de ma vie, zach braff, mandy patinkin, kate hudson, humour juif, wild bunch

Dix ans après un premier film encensé par la critique et la presse, Zach Braff récidive avec « Le rôle de ma vie », magnifique et émouvante comédie sur la famille.

 

 

Le cinéma américain est un parfait catalyseur de l’humour juif. Chaque époque semble avoir son petit génie qui marque durablement les esprits. Il y a eu Mel Brooks et Woody Allen, puis les frères Coen. Place désormais a Zach Braff qui, au passage, écrit lui aussi ses scénarios avec son frère, Adam.

Passé par le théâtre et les sitcoms, Zach Braff ne réalise qu’avec parcimonie. Principale raison de cette rareté : il veut avoir une totale indépendance et maîtriser son projet de A à Z. Quand le phénomène du crowdfunding (financement participatif sur internet) a fait son apparition, il a lancé son projet. Moins d’une semaine plus tard il avait réuni son budget (modeste en regard des superproductions) pour se lancer dans l’aventure du « Rôle de ma vie ». Un film tourné à Los Angeles, en peu de temps, au casting sans fausse note (lire ci-contre) où le spectateur est sans cesse propulsé du rire aux larmes.

Aidan Bloom (Zach Braff) est acteur. Du moins c’est son rêve le plus cher. Pour l’instant il se contente de quelques publicités et court les castings pour décrocher un second rôle. En vain. Résultat c’est sa femme, Sarah (Kate Hudson) qui alimente le compte en banque. Un boulot tout ce qu’il y a de plus alimentaire et abrutissant. Si le couple bat un peu de l’aile, leurs deux enfants prolongent une complicité toujours vivace. Il y a l’aînée, Grace (Joey King) et le petit dernier Tucker (Pierce Gagnon). Ils vont à l’école privée juive du quartier. Des études hors de prix, mais c’est le père d’Aidan, Saul (Mandy Patinkin) qui paie. Jusqu’à ce qu’il décide de consacrer ses dernières économies à un autre budget encore plus prioritaire : soigner son cancer...

 

Le père et ses fils

Aidan, pris à la gorge, retire ses enfants de l’école (après une entrevue avec le rabbin d’une causticité époustouflante) et tente d’assurer seul, à la maison leur éducation. Le voilà donc le rôle de sa vie : apprendre à ses deux rejetons les bases pour survivre dans un monde sans pitié. Tour à tour prof autoritaire, copain cool et gamin encore plus farceur que Tucker qui pourtant a plus d’un tour dans sa poche, Aidan va de surprise en désillusion. Mais ce premier coup du sort va enfin lui ouvrir les yeux sur son bonheur : une femme aimante et des enfants adorables. Une seconde catastrophe va lui permettre de redécouvrir son père et renouer avec son petit frère Noah (Josh Gad). La séquence émotion joue à plein. Rires et pleurs se mélangent allègrement dans une œuvre aussi dense qu’une vie.

Un film qui pourrait devenir culte tant certaines trouvailles restent en mémoire comme le gros mot trouvé par Tucker pour alimenter une cagnotte ou le départ du rabbin en segway dans les couloirs d’un hôpital façon auto tamponneuse. Sans oublier le feu de camp la nuit dans le désert et cette superbe leçon sur la prise de conscience d’une épiphanie, expérience spirituelle « où l’on comprend quelque chose que l’on a vraiment besoin de comprendre...» Un très grand film comme il ne s’en fait qu’un par an.

 

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Une distribution à tomber !

 

Outre Zach Braff et Kate Hudson, acteurs formant le couple Bloom, “Le rôle de ma vie” bénéficie d’un casting à la limite de la perfection.

 

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Dans la famille Bloom, si vous prenez la fille vous aurez la joie de retrouver Joey King déjà vue et appréciée dans diverses séries télé comme New Girl et prochainement Fargo. Avec sa perruque rose fluo et ses lunettes de soleil, elle est éblouissante. Pour le grand-père, atout majeur en la personne de Mandy Patinkin. Ce grand acteur spécialisé dans les rôles de patriarche (Dead like me ou Homeland) irradie le film de sa présence. Trés religieux, trop rigide, la maladie va le pousser à se raprocher de ses fils. Si Aidan a toujours été présent, ce n’est pas le cas de Noah. Ce surdoué, complètement associal, a tout plaqué face aux critiques paternelles. Josh Gad, en geek gras et rebelle, est très convaincant. Il croise au générique un autre geek de légende : Jim Parsons (Sheldon dans The Big Band Theory) fait deux apparitions au début et à la fin du film.

14/08/2014

DVD : Vivre avec les zombies, la leçon de "The Battery"

Film d'auteur et de genre, « The Battery » de Jeremy Gardner sort directement en DVD.

Dans la catégorie des films d’horreur, la sous-catégorie « zombies » remporte de plus en plus de succès. Pourtant il est difficile de faire plus basique au niveau scénario. Un virus se propage par morsure. Les Humains se transforment en estomac sur pattes à la recherche de cervelle fraîche. Les héros tentent de survivre. Souvent en vain.

Pourtant il y a 1 000 possibilités d’explorer différemment cette odyssée des temps modernes. Jeremy Gardner en écrivant, tournant et interprétant le premier rôle de « The Battery » a tenté de faire un film de zombies au plus près de la réalité. Quelques semaines après le début de l’épidémie, dans une campagne américaine ensoleillée et déserte, deux amis marchent. Sans but. Juste pour semer les contaminés. Ben (Jeremy Gardner), le meneur du duo, barbu, costaud et toujours armé de sa batte de base-ball, a une théorie : si les requins ont survécu des millions d’années dans les océans, c’est parce qu’ils ne se reposent jamais, toujours en mouvement. Il tente de transposer sa théorie dans sa réalité du moment.

 

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Micky (Adam Cronheim), son comparse, est plus casanier. Un casque hi-fi vissé sur les oreilles en permanence, il pense au passé heureux et notamment à sa petite amie dont il n’a plus qu’une photo et son parfum en souvenirs. Il n’en peut plus de cette vie d’errance, de mauvaises nuits à la belle étoile et de ce tête-à-tête avec Ben. Si ce dernier n’a qu’une idée : survivre, l’autre espère surtout de rencontrer d’autres survivants.

Sans grands effets spectaculaires ni scènes sanguinolentes, « The Battery » séduit avant tout par son ambiance. Une franche camaraderie s’installe entre les deux hommes pourtant très différents. Ils ont de longs dialogues dans des décors improbables comme un verger, une salle de dancing ou une voiture break transformée en « véritable garçonnière » selon l’expression de Ben. C’est dans cette voiture que se déroule un incroyable plan séquence qui scelle leur avenir. Avec une économie de moyens radicale, Jeremy Gardner parvient à insuffler une angoisse maximum dans un final à déconseiller aux claustrophobes.

« The Battery » de Jeremy Gardner, Zylo, 15 euros

 

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13/08/2014

BD : Fuite sibérienne

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Annoncé comme étant la dernière « Grande évasion » de la série, cette « Ballade de Tilman Razine » conduit le lecteur dans les camps de travail de Sibérie. Loin d'être imaginés par les Soviétiques, ces goulags ont vu le jour sous le règne des Tsars. En 1900, le transsibérien est sur le point d'être inauguré. Des milliers de kilomètres pour traverser cet empire ambitieux. La voie ferrée est sans le moindre arrêt, si ce n'est arrivé près du lac Baïkal. Plutôt que de contourner l'immense étendue d'eau, il est imaginé un système de navettes avec un ferry. C'est là que des centaines de prisonniers travaillent dans des conditions inhumaines. Ils n'ont qu'une envie : s'évader. Pour cela ils espèrent beaucoup dans la science de Tilman Razine. Un bandit légendaire qui met au point une évasion massive particulièrement ingénieuse. Au scénario, on retrouve un vieux routard des steppes russe : Kris. Après « Notre dame la guerre » (Futuropolis, prochainement adapté au cinéma), il retourne dans ces terres froides, synonymes d'injustice. Il retrouve au dessin Martinez pour qui il avait écrit « Le Monde de Lucie » et « Motherfucker ».

 

« La grande évasion, la ballade de Tilman Razine », Delcourt, 14,95 €

 

12/08/2014

BD : Les zombies de la République

 

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Le mort-vivant est très tendance depuis quelques années. Les zombies ont redonné leurs lettres de noblesse à la littérature fantastique, aux films de série B et aussi à la BD. Côté américain, « Walkind dead » a contaminé le monde entier. Mais chez les Français aussi une série basée sur ce thème cartonne. « Zombies » de Péru et Cholet gagne des adeptes à chaque nouvel épisode. Un succès que le scénariste a décidé de prolonger dans une série dérivée, « Zombies Néchronologies ». Selon les termes officiels de la présentation de l'éditeur, ce spin-off est en quelque sorte, « un journal de bord de l'épidémie, au travers des personnages qui y font face ». Des récits indépendants les uns des autres, confiés à plusieurs dessinateurs. Le premier tome débute dans la cour de l'Elysée. Des hordes de zombies affamés déferlent vers le chef de l'Etat. Heureusement son garde du corps veilkle. Charles, qui en est à son quatrième président, va tout faire pour sauver François Hollande. Mais ce dernier, dans une scène peu flatteuse, va se révéler si lâche qu'il sera destitué par l'armée. Charles, au chômage, décide de se rendre à Genève rejoindre son ex femme. Le voyage sera mouvementée et l'arrivée au portes de la Suisse encore plus compliquée. Péru, dans un récit très littéraire, en profite pour lâcher quelques bombes comme les portraits des différents chefs de l'Etat, « hommes choisis par les urnes qui ne valent pas tout le papier qu'on gâche pour eux ». Charles, le serviteur, va finalement se découvrir un destin : protéger les misérables. Pour dessiner cette épopée, Nicolas Pétrimaux signe son premier album. Mais sa longue expérience de storyboarder fait la différence.

 

« Zombies Néchronologies » (tome 1), Soleil, 14,50 €

 

07:09 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zombie, péru, cholet, hollande, soleil

11/08/2014

Livre : Paroles de comateux dans "Ces lieux sont morts" de Patrick Graham

Exploration macabre de l'inconscient d'hommes et de femmes plongés dans le coma au sommaire de « Ces lieux sont morts » de Patrick Graham.

 

ces lieux sont morts, coma, patrick graham, fleuve noirSearl, médecin dans un grand hôpital américain, a une spécialisation peu commune. Il a en charge le réveil de traumatisés plongés dans le coma. Dans ces vastes salles, des hommes et femmes dorment, parfois depuis des mois et des mois. Ils sont coupés du monde. Parfois reprennent conscience. C'est là que Searl intervient le plus rapidement possible. Il a développé une technique pour retenir l'esprit de « l'éveillé » dans la réalité. Car souvent, en constatant ce qu'il est devenu, il retourne volontairement dans « ces lieux morts ».

Patrick Graham, l'auteur de ce roman terrifiant, a distillé une petite dose de science-fiction dans la réalité médicale de Searl. Grâce à des diffuseurs olfactifs, le médecin parvient à guider la volonté des endormis vers des lieux de leur enfance. Pour qu'ils reprennent conscience de leur réalité dans les meilleures conditions possibles. Il se branche en parallèle et intervient directement dans leur esprit. Une astuce littéraire pour permettre au héros de pénétrer l'esprit des différents protagonistes de ce thriller. Car rapidement cela se complique.

 

Fillette enlevée

Retardé au travail par l'arrivée d'une femme grièvement blessée dans un accident de la circulation, il ne peut pas rejoindre sa seconde femme, Becka, et ses trois enfants né d'un premier mariage. Ils partent donc à quatre, dans une voiture de location, en pleine tempête de neige, rejoindre un chalet isolé dans la montagne. On est en décembre, à quelques jours de Noël. En chemin, ils sont harcelés par un gros camion transportant des billes de bois. Après une halte dans une station-service, ils prennent à leur bord Liam, un jeune auto-stoppeur qui va dans la même localité rejoindre sa grand-mère.

Il apparaît que Liam est un dangereux serial-killer. Il écorche Becka et les deux ainés et enlève Kirsten, la plus jeune. La première partie du roman se lit d'une traite. 150 pages qui pourtant son peu de choses à côté des suivantes.

Searl est au chevet de ce qui reste de sa famille, une femme et deux ados plongés dans le coma. Kirsten est introuvable. Mais chaque semaine, en pleine nuit, elle appelle son père et lui dit son angoisse d'être prisonnière. La suite du roman se focalise sur la fillette, comment elle survit dans l'obscurité en compagnie de deux autres jeunes filles, Mila et Taylor. Pour donner encore plus de corps à ce roman très dense, Patrick Graham fait intervenir un shérif cancéreux et en fin de vie, une section spéciale du FBI, des vagabonds rejetant toute société de consommation et fait voyager le lecteur des routes de l'Australie au désert du Nevada en passant par le grand rassemblement de Burning Man. Bref, des heures et des heures de dépaysement, d'angoisse et de coups de théâtre. Le tout est sombre, très sombre, comme notre inconscient...

Michel LITOUT

 

« Ces lieux sont morts », Patrick Graham, Fleuve Noir, 20,90 €

 

10/08/2014

BD : Un classique de la littérature en images

 

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Certains classiques n'en finissent plus d'inspirer les jeunes auteurs. Si tout le monde n'a pas lu « Notre Dame de Paris » de Victor Hugo, personne de plus de 12 ans n'ignore plus rien de l'histoire de la belle Esmeralda et du laid Quasimodo. Jean Bastide (aidé de Robin Recht au scénario) propose sa version de ce classique de la littérature française. Fidèle à l'histoire (mais comment pourrait-il en être autrement tant elle est forte) Bastide se concentre surtout sur Esmeralda. La belle Égyptienne, aux jupes trop courtes et décolletés généreux, est d'une rare beauté sous son pinceau. Quasimodo, surtout présent en fin de volume, est plus musculeux que déformé. Quelques gros plans sur son regard suffit à lui donner cette humanité chère à l'auteur.

Reste Frollo, l'abominable Frollo, monstre de cruauté pour cause d'amour impossible. Certaines planches quasi muettes sont dignes d'être exposées dans des musées.

« Notre Dame » (tome 2), Glénat, 14,95 €

 

 

 

09/08/2014

BD : Playmate à vif

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Mais qui a décidé de violer, tuer et lacérer au couteau de jeunes Américaines, tellement belles qu'elles pourraient toutes poser pour Playboy ? Le troisième et dernier tome de « Miss Octobre », écrit par Desberg et mis en images par Queireix donne enfin toutes les explications au lecteur impatient. L'assassin, dont on ne voit le visage que dans les deux dernières planches, tue une nouvelle fois. Et la prochaine sur la liste est Viktor Scott, la fille d'un riche promoteur de Los Angeles. Sourde, elle est de plus amnésique depuis qu'elle a subi une tentative de viol dans sa chambre. Elle se sent menacée et demande à une ancienne prostituée mexicaine devenue détective de surveiller ses arrières. Cette dernière est également la maîtresse du lieutenant Clegg Jordan, chargé de l'enquête. Il se dispute le leadership avec l'inspecteur Ariel Samson, lui-même amant de Mme Jordan... Un joli imbroglio dans l'Amérique des années 60, bel hommage aux romans et films noirs de la grande époque. Queireix, au dessin prend beaucoup de plaisir à dessiner les courbes des jolies Américaines... femmes comme voitures.

« Miss Octobre » (tome 3), Le Lombard, 12 €

 

 

 

08/08/2014

DVD ET BLU-RAY : Survie en ère glaciaire

 

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Film post-apocalyptique, « The Colony » traite de survie et d'humanité.

 

 

 

Dans un futur pas si lointain (il nous pend au bout du nez en réalité), le réchauffement de la planète fait des ravages. D'immenses tours sont construites un peu partout pour contrôler la météo. Elles se détraquent et c'est un froid glacial qui fige toute la surface de notre bonne vieille terre. « The Colony », production canadienne inédite au cinéma et qui sort directement en DVD, blu-ray et VOD, débute quelques années plus tard. Plusieurs communautés survivent tant bien que mal dans des colonies enterrées. Quand le groupe de survivants mené par Briggs (Lawrence Fishburne) reçoit un SOS de la colonie 5, il décide de se rendre sur place avec deux volontaires dont Sam (Kevin Zegers). Signé Jeff Renfroe, ce long-métrage est bourré d'effets spéciaux. Pour aller jusqu'à la Colonie 5, le petit groupe traverse une grande ville figée dans la glace. Les plaines sont recouvertes de neige, seuls quelques poteaux électriques émergent encore de ce monde du passé. Un grand fleuve s'est transformé en glacier et le pont qui le traverse est fragilisé par le gel. Chaque minute passée dehors est un défi à la mort.

colony, survie,apocalypse, fishburne, wild sideArrivé sur place, le trio ne trouve pas trace de vie. Par contre les flaques de sang sont omniprésentes. C'est en descendant dans les profondeurs de la Colonie qu'ils découvriront une menace encore plus redoutable que le froid. Le film bascule ouvertement dans l'horreur avec des scènes particulièrement gores mais tout à fait justifiées.

Côté distribution, Lawrence Fishburne (Morpheus dans Matrix) est impeccable dans son rôle de chef plein de compassion. Bill Paxton et son regard qui tue est utilisé à bon escient. Quant au vrai méchant (Dru Viergever, déjà entraperçu dans Saw), il vous filera les chocottes pour quelques nuits cauchemardesques...

Le DVD propose en bonus un petit reportage de 10 minutes sur le making of du film, notamment le lieu étrange de tournage, une base militaire désaffectées et enterrée au plus profond d'une montagne. Claustrophobes s'abstenir.

 

« The Colony », Wild Side, 17,99 euros

 

07/08/2014

Cinéma : Quand l'hiver turc est d'or

Auréolé de la palme d'or au festival de Cannes, « Winter Sleep » de Nuri Bilge Ceylan allie réflexion sur la vie et grandeur des paysages de l'Anatolie.

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Film de l'intériorité « Winter sleep » explore les rapports humains dans une petite localité turque, perdue au cœur de l'Anatolie. Intérieur des maisons, troglodytes, sombres et silencieuses. Intérieur de l'âme, tout aussi sombre parfois.

 

 

 

L'hiver rend encore plus rudes les conditions de vie dans cette région. Aydin (Haluk Bilginer), ancien acteur, est revenu au pays gérer l'hôtel légué par son père. Il dérouille son anglais auprès de Japonais ou routards européens attirés par une nature sauvage et authentique. Sa jeune femme, Nihal (Melisa Sözen) s'ennuie désespérément. Elle s'occupe en animant une association de bienfaisance chargée de rénover les écoles publiques. Le début du film montre Aydin faire le tour de ses terres en compagnie de son homme de confiance. Dans leur 4x4 brinquebalant ils vont de maison en maison, récupérer les loyers. Aydin possède quasiment tout dans la région. Il a encore l'aura d'un seigneur auprès de certains. D'autres le détestent comme ce gamin qui jette une pierre sur la voiture. Il a très mal vécu la saisie de la télévision par un huissier et l'humiliation de son père pour cause de loyer impayé.

L'histoire de Nuri Bilge Ceylan a des accents sociaux. Mais ce n'est qu'une infime partie des trois heures de cet hiver turc. L'essentiel se déroule dans le bureau de cet homme partagé entre tradition et modernité. Il y reçoit des amis, sa femme et sa sœur, Necla (Demet Akbag) récemment divorcée et échouée bien malgré elle dans cet hôtel triste et silencieux.

 

Magnifiques paysages

Pendant qu'Aydin écrit son éditorial hebdomadaire pour un journal local, elle est étendue dans le canapé, derrière elle, à lui poser des questions existentielles. La magie du film opère alors à plein. Dans une atmosphère tamisée, les acteurs jouent à merveille ces nantis en mal de reconnaissance. Et de s'interroger sans cesse sur leur passé, leurs erreurs et errements. Necla qui a quitté son mari, ivrogne et violent, regrette. Elle demande à son frère si elle n'aurait pas du donner une chance au mal. En gros, ne pas interrompre les violences par son départ, simplement subir, jusqu'à ce que le mari se rende compte par lui même du mal qu'il provoque. Ces discussions philosophiques émaillent sans cesse le film et le rend passionnant. D'autant que loin de faire la morale ou imposer un point de vue, le réalisateur laisse tout ouvert. A chacun de réfléchir, une fois sorti de la salle, sur ces questions universelles.

Et puis il y a aussi les décors, superbement mis en valeur par la caméra. Notamment quand la neige tombe et étouffe encore plus le paysage. Sans oublier quelques scènes d'anthologie comme la beuverie entre Aydin, son ami et l'instituteur qui a parfois un petit côté à la Lelouch. Un film magique, où le temps immobile semble paradoxalement passer plus vite qu'ailleurs. La Palme d'Or à Cannes est peut-être un peu surestimée, mais la virtuosité de Nuri Bilge Ceylan devait être récompensée.

 

 

 

Amour en retenue

 

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Lors de sa présentation en mai à Cannes, nombre de critiques ont assimilé « Winter Sleep » à un film de Bergman. Il est vrai que les longs dialogues (parfois plus de 20 minutes sans la moindre action) donnent cette impression. Il y a également les relations tendues entre Aydin et sa femme Nihal. On semble alors plonger dans les mythiques « Scènes de la vie conjugale ». A une énorme différence près. Quand Bergman montrait le couple dans son ensemble (au lit, dans la salle de bain, dans la cuisine...), le réalisateur turc limite leurs relations au minimum. Et si Aydin dit aimer la très belle Nihal, il ne s'en approche jamais à moins de trois mètres. Quand il la découvre pleurant dans son lit de désespoir, il ne fait pas un pas vers elle. Jamais on ne le voit la toucher, l'embrasser... Différence de civilisation certainement, mais cela rend quand même difficile l'identification pour le spectateur occidental qui obligatoirement aurait réagi différemment car prendre une femme qui pleure dans ses bras est naturel dans nos contrées.

Du Bergman donc, mais sans le côté physique de certains films du maître suédois. Cette froideur et la distance entre les protagonistes renforcent le climat glacial du film.

06/08/2014

BD : Troll dépressif

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Une nouvelle fois, en découvrant cette 18e aventure des aventures des Trolls de Troy, on se dit que décidément Uderzo aurait dû choisir Arleston et Mourier pour assurer la reprise d'Astérix. Ferri et Conrad ont fait du bon boulot avec leurs Pictes, mais l'univers des Trolls colle tellement à celui du petit Gaulois que se passer de leurs services relève du suicide éditorial. Alors à défaut de potion magique, profitons de notre chance de lire près de deux fois par an un album hilarant avec du troll, des jeux de mots idiots, des pétaures et quelques références bien senties à l'actualité. « Pröfy Blues » débute par un runing gag de la série. Le troll Pröfy tente une nouvelle fois de construire une maison, condition pour qu'il puisse un jour épouser la belle Waha. Et comme d'habitude, sa bâtisse s'écroule. Envolés ses rêves de lune de miel... Et ça lui file un sacré coup au moral. Prostré, il reste immobile plusieurs jours. Waha, qui n'est pas sans cœur, décide de le faire soigner par un docteur de la tête. Une caricature de Freud qui fera bondir certains psychanalystes et rire tous les autres. Pröfy, pour guérir complètement, va partir à la recherche de son père et croise au passage un maléfique Tonsantöh, agriculteur adepte des rendements intensifs.

« Trolls de Troy » (tome 18), Soleil, 13,95 €

 

 

 

05/08/2014

BD : La guerre imaginaire dans « Zeppelin's war »

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Avec des si, on peut refaire l'histoire. Richard D. Nolane s'est fait une spécialité de ces uchronies dont le public est de plus en plus friand. Après avoir imaginé une autre fin à la seconde guerre mondiale dans « Wunderwaffen » (cinq tomes parus), il s'attaque au premier conflit mondial. En 1916, la guerre se déroule essentiellement dans les airs. Les Allemands ont une armada de zeppelins pour bombarder Paris. La différence réside dans la nature du gaz. L'hélium, trop inflammable, a été remplacé par un composé inerte permettant de multiplier par trois le poids de la charge transportée. Illustré par Villagrasa, le récit est truffé de personnages très connus. Dans les airs, un certain Hitler commande un zeppelin alors que Goering est aux commandes d'un avion de chasse. Il croise le fer avec l'as français Guynemer. Et en parallèle aux combats, on découvre les manigances de Raspoutine, espion à la solde de Berlin ayant pour mission de déstabiliser le Tsar. Une sacrée revue d'affectifs de salauds en devenir...

 

« Zeppelin's war » (tome 1), Soleil, 14,50 €

 

04/08/2014

Livre : Justice à retardement

Un industriel allemand est assassiné dans sa chambre d'hôtel. Le tueur, Fabrizio Collini reconnaît le meurtre mais refuse de s'expliquer. Son avocat va enquêter dans le passé.

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La société allemande, tout en triomphant mondialement au niveau sportif ou économique, n'en finit pas de solder son passé. Il y a moins de 70 ans, la terreur nazie s'abattait sur la totalité de l'Europe. La défaite a permis de juger certains responsables, mais d'autres sont passés à travers les mailles du filet. De simples exécutants, loyaux à leur supérieurs et leur pays, ou des hommes et femmes, en état de juger et donc complices actifs de crimes de guerre et de génocide ?

Cette interrogation, sorte de devoir d'inventaire jamais véritablement achevé, est au centre du terrible roman de Ferdinand von Schirach, « L'affaire Collini ». L'auteur, par ailleurs avocat au barreau de Berlin depuis 1994, est un fin connaisseur de la justice de son pays. Une partie du roman porte d'ailleurs sur les droits des accusés, la façon dont les affaires criminelles sont instruites et la méthode de désignation des avocats commis d'office.

Tout débute en 2001. Dans une chambre d'hôtel à Berlin, un homme se faisant passer pour un journaliste, prend rendez-vous avec Hans Meyer, industriel allemand. Une fois en tête à tête, Fabrizio Collini, le faux journaliste et véritable force de la nature, sort un révolver de son manteau, fait agenouiller Meyer et l'abat de plusieurs balles dans la tête. Puis, « de sa chaussure, il retourna le corps. Soudain, il asséna un coup de talon dans la face du cadavre, le regarda, puis lui donna un autre coup. Il ne pouvait plus s'arrêter, il tapait et tapait encore, sang et substance blanche giclaient sur son pantalon, sur le tapis, sur le bois du lit. » Un meurtre horrible, un émoi considérable.

 

Meurtre inexplicable

Collini s'étant constitué prisonnier dans le hall de l'hôtel, l'instruction peut débuter immédiatement. Il faut cependant lui trouver un avocat. Le jeune Leinen, installé à son compte depuis quelques semaines, est de permanence. Malgré sa totale inexpérience des procès d'assises il accepte de prendre la défense du géant muet. Cet homme, d'origine italienne, est venu travailler en Allemagne durant les années 50, fuyant la misère de son pays. Sans casier judiciaire, discret, il est à la retraite depuis peu.

Rien ne semble pouvoir expliquer de coup de folie. Même à son avocat il ne dit rien de son mobile. Leinen, qui a accepté de défendre Collini sans connaître l'identité du mort, a un gros coup au moral en découvrant qu'il s'agit d'Hans Meyer. Il a côtoyé cet homme durant sa jeunesse. C'était le grand-père de son meilleur ami. De Johanna aussi, son amour de jeunesse inachevé, qui se concrétise finalement à la faveur des événements tragiques. Pris entre son amitié avec la famille de la victime et sa détermination d'avocat, Leinen va aller jusqu'au bout. En creusant dans le passé de Hans Meyer, il risque de perdre Johanna, mais aussi y trouver le mobile, l'explication qui pourrait inverser les rôles, Collini devenant la victime de ce drame.

Écriture puissante, passion tourmentée, professionnalisme à toute épreuve : ce roman ne manque pas d'intérêt. Reste avant tout de cette « Affaire Collini » une leçon d'Histoire et l'exhumation de pratiques peu glorieuses dans une Allemagne qui, des années après la fin de la guerre, a bien caché son double jeu.

Michel LITOUT

 

« L'affaire Collini », Ferdinand von Schirach (traduction Pierre Malherbet), Gallimard, 16,90 €

 

03/08/2014

BD : La guerre 14-18 en Afrique

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Si la guerre 14/18 est devenue planétaire, c'est aussi en raison de l'implication des puissances coloniales dans le conflit. Pendant que Français et Allemands s'affrontaient dans les tranchées du Nord, d'autres soldats mouraient sous la chaleur des tropiques. Barly Baruti, dessinateur d'origine zaïroise installé en Belgique, retrace une partie de cette bataille africaine. Sur les rives du lac Tanganyika, forces belges et allemands sont face à face. Les premières viennent de recevoir des avions. Les seconds ont pour eux la puissance de feu d'un cuirassé quasi indestructible. Gaston Mercier, jeune aviateur, survole la région à la recherche du gigantesque bateau pour tenter de le détruire. Il est aidé par un autochtone surnommé « Madame Livingstone » car il prétend être le fils du célèbre explorateur et se balade en... kilt. Scénarisée par Christophe Cassiau-Haurie, cette histoire, en partie basée sur des faits avérés, permet à Baruti de faire passer un message fort contre le colonialisme. Étrangère au conflit européen, l'Afrique a pourtant payé un lourd tribut, tant dans les tranchées que sur les rives de ce fleuve de légende.

 

« Madame Livingstone », Glénat, 22,50 €

 

02/08/2014

BD : L'origine de la guerre 14/18

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Le monde entier célèbre cette année le centenaire du début de la première guerre mondiale. Un siècle nous sépare de la pire boucherie de l'Humanité. Une occasion en or pour mieux comprendre comment on en est arrivé là. Parmi les nombreuses BD récemment parues sur le sujet, la biographie sommaire de François-Ferdinand, celui par qui tout est arrivé, est la plus sérieuse et documentée. Jean-Yves Le Naour, historien, a vulgarisé la dernière année d'existence de l'héritier du trône d'Autriche, Chandre l'a dessinée. L'archiduc, en opposition avec le souverain régnant, n'est pas belliqueux. Il se désintéresse des affaires d'état pour se consacrer à sa vie de famille. C'est pourtant lui qui est désigné pour aller inspecter les troupes en Bosnie, région récemment annexée. A Sarajevo, le 28 juin, il défie les Serbes dans sa voiture décapotable. Un extrémiste parvient à l'abattre. On comprend dans cet album que cette visite, imposée à François-Ferdinand, était une provocation fomentée par l'axe. Ce coup de feu est le top départ d'un déchaînement de violence. Guerre contre la Serbie, puis la France, la Russie et le reste du monde. La faute à l'impérialisme allemand et un certain nationalisme exalté par des partis bellicistes dans les autres nations. Une leçon d'Histoire à se remémorer en ces temps de plus en plus violents.

« François-Ferdinand », Bamboo, 13,90 €

 

 

 

01/08/2014

BD : Petit ogre deviendra grand

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Ogrest est un des personnages de la série Dofus. Ce manga à la française, doublé d'un jeu, a fait le succès de la maison d'édition Ankama, pionnière dans le multimédia. Pour démultiplier le succès de cet univers imaginé par Tot, il est donné carte blanche à des auteurs pour imaginer des aventures parallèles. Mig, brillant dessinateur réaliste à qui l'on doit un des succès de ces derniers mois « Le petit livre oublié sur un banc », s'est emparé d'Ogrest. Cet ogre, musculeux à la dentition démesurée, a été un enfant. Recueilli par Papa Otomaï, un alchimiste retiré sur une petite île portant son nom, il passe ses journées à éviter les leçons pour aller jouer avec Dathura, une poupée plus vraie que nature. Les premiers chapitres bucoliques et humoristiques laissent rapidement la place au drame. Une horde d'aventuriers débarque sur l'île pour tenter de voler le Dofus (œuf de dragon) détenu par Otomaï. En voulant le protéger, Ogrest entre en contact avec l'objet magique et devient le monstre que l'on connaît. Près de 200 pages d'un manga tricolore frisant la perfection. Une série à suivre.

 

« Ogrest » (tome 1), Ankama, 6,95 €

 

06:58 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ogrest, mig, dofus, tot, ankama