07/10/2011

Vikings contre aliens dans le double « Midgard » de Stephen Dupre chez Casterman

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Midgard, aliens, vikings, dupré, castermanStephen Dupré fait partie de ces trop rares dessinateurs maniant avec bonheur tous les genres. Il excelle dans le réalisme tout en sachant parfaitement y introduire du « nez rond » ou de la caricature pour alléger le récit. Il s'est fait connaître avec l'adaptation (très réussie) de la série télé Kaamelott et se lance cette fois en solo sur une ambitieuse série racontant la rencontre du peuple viking avec un représentant extraterrestre. Le premier tome peut se lire dans deux sens. D'un côté 110 pages présentent les héros vikings, de l'autre comment Oon s'évade d'un vaisseau prison. Si la partie vikings est tout ce qu'il y a de plus classique (pillage, vol et batailles sanglantes), l'autre est très originale. Les petits êtres bleus sont à la recherche d'air pur. Oon, jeune délinquant, semble avoir trouvé un filon dans des réserves secrètes. Mais elles sont bien gardées. Poursuivi par toute la police du vaisseau, il est obligé de voler une navette. Il se posera (pas sans dommages) près du village irlandais que les Vikings sont en train de piller. C'est là que la rencontre a lieu et que Midgard commence véritablement. Mais ce sera pour le prochain album...

« Midgard » (tome 1), Casterman, 15 €

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06/10/2011

Deux femmes, deux amours et la guerre en commun dans « Jeanne et Marguerite » de Valérie Péronnet

Jeanne et Margueritte, Valérie Péronnet, Calmann-Lévy« Jeanne et Marguerite » de Valérie Péronnet, ce sont les vies bouleversées de deux femmes face à la guerre, cette redoutable mangeuse d'hommes. Marguerite habite Nice. Elle rencontre Eugène au cours des vacances. Lentement mais sûrement ils vont tomber amoureux. Un bonheur de courte durée, la guerre de 14/18 bouleversant le quotidien de millions d'Européens. Cette histoire c'est Jeanne qui la raconte. C'est son métier car elle est officiellement écrivain « nègre » pour ceux qui lui demandent. Jeanne, elle aussi, va rencontrer l'amour. Le grand, celui qui vous chamboule à l'intérieur et bouscule votre vie. Amour virtuel puis bien réel avec un mystérieux homme rencontré sur internet. Elle ne connaitra pas son visage, les rencontres se déroulant toujours dans des pièces obscures. Valérie Péronnet semble avoir beaucoup mis d'elle dans ce premier roman sensible et émouvant.

 

L'extrait : « Cet homme est fou. Des jours et des nuits que le désir laboure nos vies dans tous les sens, et il ne bouge pas. Ne dit rien. Je sais qu'il peut ne pas bouger et se taire pendant des heures. Des jours. Des semaines, si ça se trouve. Ça me glace. »

« Jeanne et Marguerite » de Valérie Péronnet, Calmann-Lévy, 14,50 €

 

05/10/2011

Campagne, sexe et croisière dans le roman de Patrice Pluyette au seuil

 

Un été sur le Magnifique, Patrice Pluyette, Seuil, rentrée littéraire« Un été sur le Magnifique » de Patrice Pluyette est un roman complètement barré. Cela commence comme une fable campagnarde bucolique. Hercule, garçon de ferme, courtise la belle Angélique. Finalement cela dévie vers l'érotique avec l'arrivée d'une star du porno. Mais l'auteur, intenable, emmène une partie de ce beau monde à bord du Magnifique, un paquebot où tous les excès seront permis. Amateurs de rationalité, passez votre chemin. Par contre si vous appréciez la folie douce d'une imagination débridée n'hésitez pas à embarquer sur ce Magnifique, vous ne serez pas déçu de la traversée.

L'extrait : « Angélique conduit Hercule vers ses parties à elles les plus sensuelles, cherchant à procurer des réactions en chaîne chez Hercule qui découvre le plaisir de la chose avec un soin extrême, désireux d'apprendre étape par étape les jeux de l'amour, s'enivrer des vapeurs de la chair, se faire sucer l'oreille, masser le coude de sa partenaire (…) éprouver ce qu'il ressent quand on le touche ici, quand on le pince là, quand il me voit, moi ; frotter ma joue contre ta joue, faire rejoindre nos nez, caresser les sourcils, s'assoupir, s'étendre sur le côté. »

« Un été sur le Magnifique » de Patrice Pluyette, Seuil, 18 €

 

04/10/2011

Cette agnosie si savoureuse de « Je vous prête mes lunettes » d'Anna Rozen au Dilettante

Anna Rozen, Je vous prête mes lunettes, Dilettante« Je vous prête mes lunettes » d'Anna Rozen, entre délire paranoïaque et fable surréaliste, fait partie de ces romans inclassables, carrément bizarres et dont les personnages, ou les scènes, vous trottent longtemps en tête. Construit en trois partie, on entre d'abord dans le quotidien d'une jeune femme perturbée par une fuite d'eau dans sa salle de bain. Après quelques extrapolations libidineuses avec le réparateur, le problème devient plus grave en raison de la présence d'une « bête » dans l'appartement. La seconde partie traite de jalousie et, à l'opposé, la troisième présente un homme agneusique c'est à dire privé de goût. C'est cette portion du roman qui est la plus succulente, la description infernale du quotidien de cet homme se moquant de tout semble, finalement, nous faire terriblement envie.

L'extrait. « Moi je n'aime rien, mais je peux comprendre. Je n'aime ni les gens ni les objets. Non seulement rien ne me passionne, mais rien ne m'intéresse. Je n'ai pas envie de me suicider non plus, ni de vivre comme un reclus. La fadeur ambiante me convient. Je marche, je dors, je mange, je parle – le moins possible. Je ne déteste pas écouter les autres, j'ai du temps, je leur en accorde volontiers. »

« Je vous prête mes lunettes » d'Anna Rozen, Le Dilettante, 15 €

 

 

03/10/2011

La Contessa, une cambrioleuse de charme imaginée par Crisse et dessinée par Herval pour Drugstore

La Contessa, Crisse, Herval, Cambrioleuse, Drugstore

La Contessa, Crisse, Herval, Cambrioleuse, DrugstoreDans la catégorie des héroïnes de charme, la Contessa imaginée par Crisse et dessinée par Herval devrait rapidement prendre une place de choix. Cette jeune Italienne, riche et élégante, mène une double vie. Jet-setteuse le jour, la nuit, elle se transforme en redoutable cambrioleuse signant ses forfaits d'une flacon de parfum. Après un prologue au cours duquel elle dérobe une couronne en or de l'époque florentine, elle poursuit sa première aventure à bord d'un paquebot de luxe. Une croisière exceptionnelle au cours de laquelle se déroule un tournoi de poker avec 15 millions de dollars à gagner. Un somme qui est à bord... Cela attise quelques appétits, des relations de travail... de la Contessa. Ils sont une demi-douzaine à espérer dérober le pactole. Mais est-ce bien raisonnable si la belle Italienne est également sur le coup. Une BD d'action et de charme aux airs de film hollywoodien. L'intrigue à rebondissements et parfaitement ciselée par Crisse est illustré par Herval, dessinateur réaliste précis et élégant.

 

« La Contessa » (tome 1), Drugstore, 11,50 €

02/10/2011

Ursula, une femme fragile partage ses tourments dans une BD de Fred Bernard chez Delcourt

Ursula, Fred Bernard, Delcourt, strip-teaseuse

Ursula, Fred Bernard, Delcourt, strip-teaseuseRousse aux yeux verts, Ursula est strip-teaseuse dans un bar en Bourgogne. Sa vie n'est pas un long fleuve tranquille, et c'est peut-être pour cela que Fred Bernard a décidé de la raconter. Plus habitué aux histoires pour enfants, il signe un roman graphique presque entièrement réalisé aux crayons de couleur. Cela donne un faux air de conte pour petite fille alors que l'existence d'Ursula est tout sauf une belle histoire. D'origine polonaise, brimée dans une institution catholique, elle est adoptée à 8 ans par un couple de riches vignerons bourguignons. Elle pourrait tranquillement reprendre l'exploitation familiale mais sa crise de l'adolescence et son amour de la danse la poussent à faire le show sur les comptoirs de bars. Montrer ses fesses, qu'elle a très belles, lui permet de gagner vite sa vie. Même si une grande partie de l'argent part en alcool et en drogue. Fred Bernard a réellement connu Ursula. Le roman est aussi reportage. L'auteur se met en scène en fou tentant de la raisonner. Une œuvre à part, suite de ses précédentes BD adultes parues chez Casterman.

 

« Ursula vers l'amour et au-delà », Delcourt, 17,50 €

 

01/10/2011

Toute la bande à Lucien de retour dans le tome 11 des déboires du vieux rocker de Margerin

Lucien, Margerin, Fluide Glacial

Lucien, Margerin, Fluide GlacialVous avez découvert cet été dans les pages de Centre Presse et Midi Libre et en avant-première quelques-uns des récits complets formant ce 11e tome des péripéties de Lucien et de sa bande. Frank Margerin a toujours la banane et malgré le poids des ans et les cheveux blancs, il garde son humour rock et bon enfant. Lucien a vieilli, il est maintenant casé, avec femme et enfant. Mais il a toujours les mêmes potes, ceux de sa bande qui ont écumé durant quelques années les festivals rock de France et de Navarre (Margerin était d'ailleurs encore la semaine dernière à Perprignan pour le Festyival international du disque et de la Bande dessinée). Eux aussi ils ont évolué et se sont reconvertis. Riton, par exemple, a trouvé le petit boulot idéal pour arrondir sa retraite de fonctionnaire. Gardien dans un musée, il s'investit complètement dans ce milieu culturel. Mais essentiellement pour draguer les jeunes étudiantes des Beaux-Arts.

Retraite, maladie, anniversaires ou écologie sont également au sommaire de ces 11 histoires courtes qui sont très loin de ne s'adresser qu'aux vieux rockers nostalgiques.

« Lucien » (tome 11), Fluide Glacial, 10,40 €

07:58 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lucien, margerin, fluide glacial

30/09/2011

L'hôpital et ses monstres : le nouveau San-Antonio de Patrice Dard décape les zygomatiques

 Quand San-Antonio met les pieds dans un hôpital, le trou de la sécu n'a plus qu'à compter ses abattis car les malades se transforment en morts !

 

San-Antonio, Patrice Dard, Fayard, Bérurier, monstres

Qu'on le veuille ou non, les nouvelles aventures de San-Antonio rédigées par Patrice Dard, n'ont rien perdu de leur truculence ni de leur régularité. « Comme sur des roulettes » est le second titre à paraître cette année chez Fayard. Le héros, toujours le cœur sur la main, décide d'accompagner sa maman au chevet de Bérurier. L'adjoint au sexe gigantesque est terrassé par une crise de goutte. Rien d'étonnant quand on sait les quantités de cochonnailles et de picrate ingurgitées par l'ogre du quai des Orfèvres. L'intrigue est lancée par la curiosité maladive de San-Antonio. En descendant du bus et en jetant ses tickets, il remarque dans la poubelle un cahier rouge. Et le subtilise. Dans la minute qui suit, un infirmier farfouille dans la poubelle et retourne dans l'hôpital, soucieux. Sentant l'embrouille, le flic le plus célèbre de France le suit et débarque dans le service RTT. N'allez pas croire que des salariés français tombent malade de devoir moins travailler (San-Antonio c'est de la fiction mais faut quand même pas exagérer). RTT veut dire « recherche en thérapie tératologique ». Et des monstres, s'il n'y en a pas beaucoup dans ce petit service, ils sont particulièrement difformes et effrayants.

C'est pas pour me vanter, mais des histoires tordues j'en ai lues des centaines dans ma carrière de petit chroniqueur littéraire provincial. Et cette fois encore, Patrice Dard parvient à m'étonner. L'infirmier est retrouvé mort, enfermé dans un placard, un bistouri dans le ventre. Le cahier rouge semble être la cause de ce décès, mais San-A se le réserve pour un peu plus tard, comme un atout planqué dans la manche. Après, les péripéties s'enchaînent avec maestria : action, poursuite, baston, rebondissements. Manque les traditionnelles dites « de cul ». Exactement elles sont dissociées du récit. L'auteur explique dans un avertissement que « suite à la misérable embrouille DSQ (ce Strauss qui préfère le frotti-frotta à la valse), j'ai décidé de rester prudent vis-à-vis du sexe. J'ai jugé préférable de rassembler toutes les séquences olé olé à la fin de l'ouvrage, dans un chapitre spécial que tu pourras arracher afin de les soustraire à la lecture de tes bambins déjà presque aussi concupiscents que toi. »

 

Lourdes et ses miraculés

On aura beau dire, un polar français sans scène se déroulant en province c'est un peu comme un roman de Katherine Pancol sans répétition : ça manque de crédibilité. L'équipe de San-Antonio, les méchants et quelques monstres en goguette vont faire un tour à Lourdes, cité de Bernadette et des marchands du temple, chassés en leur temps de Jérusalem par un certain Jésus. La vision de cette débauche de religion nous fait un peu penser aux scènes du « Miraculé », superbe film (un pléonasme de plus...) de Jean-Pierre Mocky. Et ça file un peu le bourdon au commissaire qui est beaucoup plus philosophe depuis sa reprise en mains par le fiston Dard.

« Si on réfléchit bien, il faudrait arrêter de réfléchir pour être heureux. Moi ce qui me gangrène la vie, ce sont mes idées, mes pensées, mes envies, mes dégoûts. Tout ce qui agite mon esprit sans jamais l'apaiser. (…) J'aspire au froid de mes sentiments, à la rigidité cadavérique de mes sensations, à la paix de la viande, laquelle passe toujours, hélas, par l'extinction des feux de l'âme. » Il est triste San-Antonio, voire dépressif ? Non, simplement un peu fatigué après un peu plus de 200 romans menés tambour battant. Mais ce bref séjour à l'hôpital devrait lui redonner un peu de vitalité.

« Comme sur des roulettes », Patrice Dard, Fayard, 6,90 €

29/09/2011

Le come-back de Choc au menu du 10e tome de l'intégrale Tif et Tondu par Will et Desberg chez Dupuis

Tif et Tondu, Monsieur Choc, Will, Desberg, Dupuis, Tillieux, Rosy

Tif et Tondu, Monsieur Choc, Will, Desberg, Dupuis, Tillieux, RosyBeau succès de la collection des « Intégrales » des classiques Dupuis, la reprise des aventures de Tif et Tondu en est déjà à son dixième volume. Will est toujours au dessin (et au sommet de son art) et Desberg, au scénario, obtient enfin l'autorisation de reprendre le personnage du méchant absolu : Monsieur Choc. La figure de ce bandit distingué, en smoking, heaume d'acier cachant son visage, a été créé par Rosy. Après une longue éclipse, il revient donner un peu de piquant aux enquêtes du barbu et du chauve. Un dossier d'une vingtaine de pages, signé Didier Pasamonik, explique les conditions de cette reprise et les difficultés de l'époque des éditions Dupuis. Reste le plaisir des yeux : les femmes de Will, grandes, filiformes, les yeux en amandes et les lèvres pulpeuses. Un régal qui n'a pas pris une ride.

 

« Tif et Tondu, l'intégrale » (tome 10), Dupuis, 19,95 €

28/09/2011

Marie-Antoinette, « La reine fantôme» de Rodolphe et Goetzinger, héroïne d'un « Long-courrier » chez Dargaud

Annie Goetzinger, Rodolphe, Marie-Antoinette, reine fantôme, Dargaud

Annie Goetzinger, Rodolphe, Marie-Antoinette, reine fantôme, DargaudAnnie Goetzinger, pour une fois, fait une infidélité à son scénariste préféré (Pierre Christin) pour un roman graphique écrit par Rodolphe. Une passion commune des fantômes leur a inspiré cette histoire de femme peintre habitée par le spectre de Marie-Antoinette. C'est en peignant le décor bucolique des jardins du Trianon que Maud de Brunhoe découvre ses talents de médium. Dès lors elle sera toujours accompagnée par le fantôme de la reine décapitée. Un esprit qui ne peut plus trouver le repos éternel et qui découvre avec étonnement la vie culturelle française de ces années 30 foisonnantes. Un récit de femmes permettant à la dessinatrice de l'Agence Hardy de signer des planches en couleurs directes d'une grande beauté.

 

« Marie-Antoinette, la reine fantôme », Dargaud, 14,95 €

27/09/2011

« La fille de Paname » ou la vie tumultueuse de Casque d'or racontée par Galandon et dessinée par Kas au Lombard

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Laurent Galandon, Kas, Lombard, Casque d'or, la fille de PanameNom : Elie, prénom : Amélie, surnom : Casque d'or. Laurent Galandon (scénario) et Kas (dessin) retracent la vie de la célèbre figure des rues parisiennes dans « La fille de Paname ». Amélie, fille de blanchisseuse, belle et audacieuse, ne veut pas de la vie miséreuse de sa mère. Tombée amoureuse de Matelot, serrurier de son état, elle le quittera quand il voudra se marier avec elle et avoir des enfants. Amélie ne veut pas d'une vie normale. En rencontrant la Belle-Hélène, tapineuse de son état, elle découvre un nouvel amour et un métier plein d'avenir. Casque d'or vient de naître, avec son cortège de clients, de souteneurs et de malheurs. Une BD d'une qualité graphique indéniable, au service d'une histoire entre joies et larmes.

 

« La fille de Paname » (tome 1), Le Lombard, 15,95 €

26/09/2011

Une nouvelle guerre froide risque de se déclarer dans la saison 2 d'Empire USA de Desberg

Desberg, Empire USA, Reculé, Queireix, Dargaud

Desberg, Empire USA, Reculé, Queireix, DargaudAmateurs de conspiration, de politique fiction et de théorie du complot la saison 2 de « Empire USA » est pour vous. Desberg semble avoir trouvé la formule qui lui convient. Tout en conservant la contrainte de l'album de 46 planches, il maintient le rythme en faisant dessiner chaque épisode par un dessinateur différent. Ainsi viennent de paraître les deux premiers titres avec Reculé et Queireix au dessin. Jared Gail a quitté la CIA et est désormais au service d'un milliardaire américain. Son passé (la saison 1) remonte à la surface quand il reçoit un SMS de Duane, son ancien équipier. Un ultime message car le jeune agent vient d'être abattu dans le bureau d'un avocat anglais. Jared va officieusement reprendre du service et aller enquêter sur place. Une plongée dans « Londongrad », cette ville dans la ville où les millions des oligarques russes circulent sans limites. Certains Russes qui veulent retrouver leur prestige d'antan, quitte à déclencher une nouvelle guerre froide.

« Empire USA saison 2 » (tomes 1 & 2), Dargaud, 11,95 € Le tome 3 paraîtra le 14 octobre.

25/09/2011

La fuite de Park : nouvel épisode d'AlterEgo, la série BD qui peut se lire dans le désordre

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alter ego, dupuis, renders, lapière, reynèsAlterEgo, série multiple écrite par Renders et Lapière, se dévoile encore un peu plus avec la parution de cette quatrième histoire. Le lecteur suit cette fois les péripéties centrées autour de Park. Un jeune pêcheur coréen, enlevé et enfermé dans un asile psychiatrique de luxe aux Bermudes. Drogué quotidiennement pour qu'il oublie ses soucis et son passé, il reprend petit à petit pied dans la réalité quand il cesse de boire les jus de fruits contaminés. Il se souviendra de sa femme, de sa fille et de sa grand-mère. Il tentera alors de fuir mais réalisera rapidement que ce ne sera pas une mince affaire. Il croisera dans sa cavale Fouad au centre d'un précédent album. Et cette histoire est aussi l'occasion d'en apprendre un peu plus sur Noah et Jonas, les deux prochains personnages de cette série à part, chaque titre pouvant être lu indépendamment des autres et dans n'importe quel ordre. Une superbe réussite à mettre également à l'actif du dessinateur principal, Reynès.

 

« AlterEgo » (tome 4), Dupuis, 11,95 €

24/09/2011

La perle pourpre ou l'histoire d'un bordel en 1887, nouveau pari d'Arleston chez Glénat

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Arleston, Pelinq, Melanyn, Vincent, Perle pourpre, Glénat, bordelA Paris en 1887, la Tour Eiffel est en pleine construction (et polémique), Ferdinand de Lesseps cherche des millions pour construire le canal du Panama et Chimère, fillette de 13 ans est mise aux enchères à la Perle pourpre, maison close réputée. Exactement, c'est sa virginité qui est proposée au plus offrant. Loin des gags désopilants des Trolls ou des aventures de Lanfeust, Arleston a repris son véritable patronyme, Pelinq, pour signer le scénario d'une nouvelle série entre érotisme et lutte sociale. Aidé de Mélanyn et de Vincent au dessin, il décrit cette petite société où les filles ne sont que des marchandises, louées pour quelques heures par les grosses fortunes du moment. Des poupées de chair fraîche avec qui tous les jeux sont permis. Mais Chimère, malgré son jeune âge, semble parfaitement au fait des mœurs de sa nouvelle demeure et on devine, à l'issue de ce premier tome, qu'elle a une idée derrière la tête la poussant à accepter sans broncher ces multiples humiliations.

 

« Chimères 1887 » (tome 1), Glénat, 13,50 €

23/09/2011

Le Léviathan de Scott Westerfeld chez Pocket Jeunesse poursuit sa route à la rencontre du Béhémoth

Béhémoth, Léviathan, Scott Westerfeld, Pocket Jeunesse

Il est des univers littéraires qui longtemps après la dernière page tournée continuent à vous faire rêver. Léviathan, la nouvelle saga imaginée par Scott Westerfeld (Ugglies, Midnighters) est de cette veine. Un an après la publication du début des aventures de Deryn et Alek, les deux jeunes héros sont de retour dans un copieux volume de 500 pages richement illustré et intitulé « Béhémoth ». Ce récit d'histoire alternative se déroule en 1914, à l'aube de la grande guerre. L'empire allemand a des envies d'expansion malgré sa prise en tenaille entre les britanniques et les Russes. Tout l'intérêt du récit, directement inspiré des véritables événements, est de présenter une société ayant évolué différemment. Les Anglais ont développé le Darwinisme ou l'art de créer des animaux utiles alors que les Allemands, les clankers, tirent leur puissance de la fabrication de machines.

 

Deryn, orpheline, se fait passer pour un garçon pour servir sur le Léviathan, un « souffleur d'oxygène », sorte de baleine des airs transformée en forteresse volante. A son bord le jeune Alek, prince héritier de l'empire austro-hongrois, y a trouvé refuge en fuyant les Allemands. Dans ce second tome, on retrouve le vaisseau amarré au-dessus de Constantinople. Les diplomates anglais ont pour mission de rallier les Ottomans. C'est dans cette ville cosmopolite, véritable nid d'espions et de traitres que l'intrigue se déroule. On y croise par exemple « des golems de fer. Ils protègent le quartier juif. » Ce sont des « mécanopodes à la silhouette quasi humaine. Ils avaient des jambes courtaudes, de longs bras et des visages lisses. Ils étaient ornés d'étoffes rayées et de symboles étranges, et ne portaient aucune arme dans leurs mains griffues. »

Les bonnes raisons pour lire Béhémoth sont légion, de la relation de plus en plus amicale entre les deux héros à la découvertes de nouveaux animaux comme ces loris perspicaces aux pouvoirs étonnants. Quant au Béhémoth qui donne son nom au livre, vous devrez attendre les derniers chapitres pour le voir en action. Mais vous ne le regretterez pas !

« Béhémoth » de Scott Westerfeld, Pocket Jeunesse, 19 €

22/09/2011

SnOOp bOOk : lisez comme vous êtes

Un livre sous forme de carnet de bord, des indices au fil des pages : plongez dans le monde du SnOOp bOOk des éditions Soleil

 

Ceux qui pensent que le livre est appelé à disparaître car totalement dépassé par les nouvelles technologies oublient que c'est aussi un objet. Ce côté manuel, les éditions Soleil ont décidé de le mettre en avant dans une nouvelle collection, un nouveau concept : le SnOOp bOOk.

S'adressant plus spécialement aux adolescents, il a la forme d'un carnet de bord tenu par le héros ou l'héroïne. Le lecteur est à ses côtés pour découvrir les événements, il a lui aussi la possibilité de manipuler les indices qui vont de coupures de journaux à des documents officiels en passant par des badges avec codes secrets. Rajoutez des illustrations couleurs et une dernière partie à ne lire que si on pense avoir découvert la solution de l'énigme et on comprend mieux pourquoi ce SnOOp bOOk est bien plus qu'une simple somme de feuilles de papier.

Trois titres viennent d'être lancés à la fin du mois d'août et ils ont fière allure dans les rayons des nouveautés. Différents univers sont abordés, de la science-fiction à celui des geeks en passant par la musique rock. Un large choix pour exploiter au maximum les nombreuses possibilités de ce nouveau concept.

 

Mission M'Other

SnOOp bOOk, Mission m'other, Pierre Bordage, Soleil, Melanyn, Nicoloff, Geek battle, Dark ligntMission M'Other est écrit par Mélanyn avec Pierre Bordage. Si la première n'a que quelques scénarios de BD à son actif, le second est une pointure de la SF française. Lia, 15 ans, seule survivante de la Mission M’Other, revient sur terre dans une capsule de détresse. Elle se rend vite compte que toute la population a disparu, laissant derrière elle les vestiges de notre civilisation. Elle va donc entamer un périple à travers la France pour retrouver les hommes, comprendre ce qui s’est passé, étudiant sur sa route les moindres indices qu’elle pourra glaner : messages, photos, plans, carte d’accès… Lui permettront-ils de découvrir à temps le rôle qu’elle a à jouer ?

 

Geek Battle

Geek Battle de Sarmiento et Mady plonge le lecteur au cœur du monde des geeks, ces passionnés d'informatique vivant dans un monde virtuel. Wilfried est en première année à Stanford, l’université où se déroule le plus grand concours Geek jamais imaginé : le Geek Battle. Il décide de tenir un journal de bord pour rendre compte de ses aventures dans ce tournoi qui dure plusieurs semaines. Mais un jour à peine après le lancement, un jeune étudiant est retrouvé mort au pied d’un immeuble. La police conclut au suicide, mais sa petite amie est persuadée que c’est impossible. Wil va être malgré lui poussé à mener l’enquête.

 

Chloé and the Dark Light

Le milieu de la musique rock est au centre du troisième titre écrit par Nicoloff (lui aussi scénariste de BD). Chloé vient de gagner le concours de ses rêves : elle part en tournée avec les Dark Light, son groupe de musique préféré. Avec sa meilleure amie Emma, elles vont vivre au rythme des concerts, et fréquenter leurs idoles. Mais le groupe reçoit des lettres de menace et les incidents se succèdent sur la tournée.

Originaux, alliant inventivité et imagination, ces trois titres sont vendus 19,90 euros chacun.

Et pour aller un peu plus loin, n'hésitez pas à vous rendre sur le site de la collection qui offre de nombreux bonus et d'autres liens en rapport avec les trois titres. 

 

 

20/09/2011

Les monstres débarquent au Lombard

 

Monster Allergy, Centomo, Barbucci, Artibani, Canepa, Lombard

Monster Allergy, Centomo, Barbucci, Artibani, Canepa, LombardLes monstres changent de crèmerie. Habitués à batifoler chez Soleil, ils seront désormais abrités par Le Lombard. Les monstres ce sont ceux de « Monster Allergy », la série phénomène lancée par Centomo, Artibani, Barbucci et Canepa. Des auteurs italiens qui ont su faire fructifier cet univers en s'entourant d'un studio. Une productivité qui se retrouve dans la forme des albums. Ce n'est plus une aventure qui est proposée dans chaque volume, mais trois. Pour inaugurer la série, les deux jeunes héros, Zick qui voit les monstres et son amie Elena devenue une « abriteuse » vont aller dans une citadelle secrète suspendue au-dessus de falaises à la recherche du Gorka Blanc, puis ils seront face à deux sœurs menacées par des fantômes et enfin ils devront affronter l'Ombre. Entre manga et univers Disney, Monster Allergy est (avec WITCH des mêmes auteurs) la série jeunesse symbole des années 2000. Elle se décline également en dessin animé diffusé, entre autres, sur M6.

« Monster Allergy next gen » (tomes 21 à 23), Le Lombard, 14,95 €

19/09/2011

Jack l'éventreur au pays des Indiens : fin de « Wounded » de Marie et Malnati chez Bamboo Grand Angle

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Qui se cachait derrière le personnage de Jack l'éventreur ? Ce fait divers ayant lancé la carrière de tant de serial killers reste totalement inexpliqué. Une occasion en or pour tous les écrivains et autres scénaristes en mal de théorie du complot (notamment autour des turpitudes de la famille royale). Damien Marie, le scénariste de « Wounded » va plus loin. Deux ans après les meurtres londoniens, plusieurs prostituées sont assassinées selon le même rite dans une ville d'Amérique, à proximité de Wounded Knee Creek en territoire sioux. Rapidement, les autorités soupçonnent Edwards Norman, un photographe qui vient de Londres. Ce dernier, à moitié fou, semble se persuader qu'il est effectivement ce célèbre Jack. Blessé, recueilli par les Sioux et soigné, il pourra aller au plus profond de son inconscient grâce à des rites indiens. Ce mélange improbable des genres (fantastique et western) fonctionne à merveille. Marie soigne la psychologie de ses personnages et Loïc Malnati, au dessin, donne beaucoup de force aux hallucinations d'Edwards.

 

« Wounded » (tome 2), Bamboo Grand Angle, 13,50 €

18/09/2011

Les vampires sont résistants, notamment le Dracula de Dufranne et Kowalski chez Casterman

Stoker, Casterman, Dracula, Dufranne, Kowalski

Le roman de Stoker, Casterman, Dracula, Dufranne, KowalskiBram Stoker fait partie de ces œuvres qui, comme son héros, semble éternelle. Les adaptations sont nombreuses et une suite a même été éditée récemment. Dacre Stoker, l'arrière petit-neveu du créateur du maître des vampires a prolongé cet univers pour les éditions Michel Lafon et ces dernières, en association avec Casterman, proposent une adaptation en BD. Michel Dufranne s'est chargé du scénario et Kowalski, graphiste polonais, assure les dessins. L'action se déroule en 1912. Cela fait 25 ans que Dracula a été vaincu. Ceux qui ont mis fin aux agissements du prince de la nuit sont inquiets : de nouveaux vampires semblent vouloir faire régner la terreur. De la Provence à Londres en passant par Paris, de ravissantes et néanmoins redoutables femmes vampires vont tenter de tuer les protagonistes de l'époque (du psychiatre au notaire) et leurs descendants. Seule Mina sera épargnée. Mina, toujours aussi belle et n'ayant pas pris une ride.

Du sang, du sexe, de la folie, le tout parfaitement dessiné : les amateurs seront aux anges.

 

« Dracula l'immortel » (tome 1), Casterman, 12,95 €

16/09/2011

Dans « Brut » de Dalibor Frioux et « Mondial Nomade » de Philippe Pollet-Villard, notre futur proche est sombre, très sombre.

 Deux romans français abordent, indirectement, la crise économique qui secoue le monde occidental. Ce n'est pas à proprement parlé de la science-fiction, mais une réalité sinistre et pourtant très vraisemblable. Celle que nous préparons à nos petits-enfants. Épuisement des ressources pétrolières ou délocalisations à outrance : ces romans pourraient nous faire ouvrir les yeux et réagir avant qu'il ne soit trop tard.

Dalibor Frioux, Brut, Seuil, Mondial nomade, Flammarion, Philippe Pollet-Villard, rentrée littéraireLa Norvège était à la Une de l'actualité cet été. Un fou extrémiste, en tuant des dizaines de jeunes militants, a braqué les projecteurs du monde entier sur ce petit royaume pourtant béni des dieux. Béni car regorgeant de pétrole dans ses eaux territoriales. Ce pétrole, les richesses qu'il induit et la pollution qu'il provoque sont au centre du roman « Brut » de Dalibor Frioux. Un premier roman de près de 500 pages, dense et foisonnant, où le premier effort du lecteur est de se mettre dans la tête de ces personnages qui trouvent normal d'être immensément riche sans avoir à faire le moindre effort. Il y a Sigrid, la fille de Katrin, ancien mannequin. Belle et intelligente, elle va intégrer la principale banque du royaume grâce à l'appui de son oncle Kurt, le vice-président.

Kurt est de loin le personnage le plus complexe, le plus fascinant de ce roman. Agé de plus de 60 ans, il envisage de profiter encore au maximum de la vingtaine d'années qui lui reste à vivre. Son grand but est d'intégrer le comité du prix Nobel. Il juge les gens, intrigue, donne des ordres et place ses hommes. Le prototype même du grand bourgeois décideur, toujours sûr de lui, ne concevant pas que les choses ne se déroulent pas comme il le prévoit. A l'opposé, Henryk est un jeune philosophe. Amoureux de Sigrid, il est à la tête du fond d'éthique. Ce fond est le trésor du pays. Quand les premiers pétrodollars ont inondé la Norvège, il a été mis en place pour capitaliser ces millions. Puis ces milliards. Conséquence, tous les Norvégiens, en théorie, sont immensément riches : « On ne parlait pas de personnes démesurément riches, mais d'un pays tout entier ; non plus de richesses disponibles à l'échelle d'une vie humaine, mais sur des générations. On ne parlait plus d'une aubaine, d'un trésor trouvé au fond du jardin, mais de l'équivalent de centaines de millions d'heures de travail du royaume tout entier, déposées chaque mois à leurs pieds. Peut-être était-ce la raison pour laquelle tous ces jeunes mourraient avant l'âge. » Car la Norvège, dans ce futur proche, souffre d'un mal nouveau, une « épidémie de mortalité » comme la nomment certains commentateurs. Un pays en pleine période électorale. Les électeurs vont élire les députés, mais également le couple royal. Les conservateurs risquent de perdre le pouvoir au profit des nationalistes. Malgré le mur qu'ils ont construit tout autour du pays (pour empêcher les invasions de rats...), la découverte de nouveaux champs pétroliers et le renvoi de milliers d'étrangers chez eux. Le pays décrit par Dalibor Frioux semble presque exister. Paradis pour certains, c'est un drôle d'enfer qui se profile pour d'autres.

 

Garde meuble

Dalibor Frioux, Brut, Seuil, Mondial nomade, Flammarion, Philippe Pollet-Villard, rentrée littéraireLa crise économique est beaucoup plus grave dans le roman de Philippe Pollet-Villard. Le capitalisme triomphant a découvert que les délocalisations permettent de multiplier les profits. La différence c'est que les usines déménagent vers l'Asie ou l'Afrique, avec les ouvriers français et leurs familles. La seule solution pour garder son emploi, c'est l'exil. Jean-Charles Rem, entrepreneur, a flairé le bon filon. Il va implanter un peu partout le long des autoroutes des entrepôts où, pour un prix modique, on peut laisser ses meubles personnels. Car les départs ne sont que provisoires. A la base... C'est « Mondial Nomade ».

Rem, à l'heure de la retraite, revend l'entreprise au fils du président qui va s'empresser de transformer les entrepôts en prisons. Et le héros, inactif, un peu perdu, va profiter de sa fortune pour tenter de retrouver un ami de jeunesse, croisé quand il était routard en Inde. L'envie de revivre l'aventure du voyage.

Philippe Pollet-Villard décrit un pays devenu presque totalitaire, vidé de ses forces vives. Un fantôme de nation où tout espoir de progression sociale, d'épanouissement et de bonheur a déserté. Par contre en Inde, la débrouillardise française rayonne. Alors, faut-il déjà se préparer au grand exode ?

« Brut » de Dalibor Frioux, Seuil, 21,50 €

« Mondial Nomade » de Philippe Pollet-Villard, Flammarion, 18 €