23/05/2011

Stones ou Beatles ?

Stones, Beatles, Fluide Glacial

Stones, Beatles, Fluide GlacialVous êtes plutôt Stones ou Beatles ? Cette interrogation qui a fait fureur dans les années 60 et 70, a donné l'occasion aux auteurs de Fluide Glacial de se mesurer par gags et récits complets interposés. Ces deux albums, aux couvertures (de Solé) aimantées à deux niveaux, proposent BD et textes humoristiques, parfois déjà vus dans la revue, parfois inédits. Les deux commencent par un récit de Berberian, grand amateur de musique moderne, son « Juke Box », album de BD en stéréo, ayant marqué toutes les oreilles. D'autres dessinateurs appréciant le rock ont donné leur vision des deux plus grands groupes au monde. Bouzard imagine comment Brian Jones, évincé des Stones en 69, se ressource dans un petit village du Sud-Ouest montant sur scène pour accompagner les « Beurdassous », groupe local renforcé pour l'occasion par Jimi Hendrix qui passait par là... Très savoureux également le gag de Goossens, présentant des Beatles « ayant mûri, une équipe dynamique et réaliste ».

 

« The Beatles comical hystery tour » et « Sympathy for the Stones », Fluide Glacial, 15 € chaque volume

07:34 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stones, beatles, fluide glacial

21/05/2011

Moréa, retour en formes

Moréa, Arleston, Latil, Labrosse, Libessart, Soleil

Il est des héroïnes qui marquent les esprits des lecteurs. Les hommes en particulier. Moréa (comme Natacha ou Laureline en d'autres temps) en fait partie. La rousse immortelle imaginée par Latil et Arleston a de quoi faire fantasmé. Dessinée par Thierry Labrosse, elle était sublime. Un auteur canadien qui a préféré se détourner de la belle pour se lancer dans des histoires en solo.

Orpheline, Moréa ne l'est pas restée longtemps. Laurent Libessart a relevé le défi et il signe le dessin du 6e tome de la série intitulé « La mort dans le sang ». Moréa, immortelle de la race des dragons, est bien décidée à faire la paix avec les Anges. Ces derniers ont chassé les dragons de Mars et tenté d'esterminer les dragons, immortels mais vulnérables au feu. Dans un Paris futuriste criant de vérité, Moréa sera enlevée et maltraitée par un vieil ennemi. Elle ne devra son salut qu'à l'intervention de son ami Terkio.

Action, charme, coup de théâtre : une série majeure du label Soleil qui bénéficie d'une nouvelle maquette. Les cinq premiers titres sont réédités pour l'occasion.

 

« Moréa » (tome 6), Soleil, 10,50 €

14/05/2011

"Les Godillots" par Olier et Marko chez Bamboo : des Poilus humains

Olier, Marko, Bamboo, Godillots, Poilus

Olier, Marko, Bamboo, Godillots, PoilusLa guerre 14-18 a souvent inspiré des auteurs de BD, notamment dans le registre tragique (Morvan, Tardi...) Plus rares sont les albums à dominante comique sur le sujet. « Les Godillots » de Olier (scénario) et Marko (dessin) tout en conservant une certaine dramaturgie, campe des personnages qui ont gardé leur côté humain malgré la grande boucherie à laquelle ils participent. Deux soldats, un ancien boulanger et un autre paysan (fort comme un bœuf), sont désignés pour amener la cuisine roulante à la tranchée B12. Problème, il faut traverser le plateau du Croquemitaine, surnom donné à un redoutable mitrailleur allemand. En route ils récupèrent un gamin à la recherche de son frère poilu et un singe malicieux. Une mule aura aussi un rôle important dans ce premier album très plaisant, aux couleurs vives et soignées, agrémenté pour sa première édition de 8 pages de la Gazette des Godillots, reportages fictifs dans les tranchées françaises.

 

« Les Godillots », Bamboo, 13,50 €

11:38 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : olier, marko, bamboo, godillots, poilus

13/05/2011

Bob Morane dans l'arène

Bob Morane, Henri Vernes, Coria, Matador, Le Lombard

Bob Morane, Henri Vernes, Coria, Matador, Le LombardCela chauffe pour Bob Morane. Alors qu'il est pour une fois tranquille chez lui à Paris, un redoutable tueur à gages le prend pour cible. El Matador est le plus renommé du marché. Il accepte d'éliminer Bob Morane et Bill Ballantine, mais il double le prix quand il apprend l'identité de ses futures victimes. Première tentative dans l'appartement de Bob. Un bombe explose quand Bill ouvre la porte. La robustesse de l'Ecossais lui sauve la vie. Hospitalisé, il est de nouveau attaqué par El Matador qui cette fois utilise arme de poing et silencieux. Bob Morane comprend que c'est une lutte à la vie à la mort entre lui et l'assassin. Il tombera dans des pièges, en fomentera de son côté pour cette corrida mortelle entre le héros et le sinistre individu vêtu d'un imperméable et d'un chapeau mou.

Coria, le dessinateur, parsème les 46 pages de portraits que l'on devine issus de son entourage. Ils sont souvent plus réussis que les visages des héros, un peu trop rigides. Le scénario de l'inamovible Henri Vernes est particulièrement ténu. Comme une machine qui ronronne pour atteindre le tome 50 !

 

« Bob Morane » (tome 47), Le Lombard, 11,95 €

12/05/2011

"Les enfants du bunker" : 22e Lefranc par Maury et Jacquemart

Guy Lefranc, Maury, Jacques Martin, Jacquemart, Casterman

Aventure très cérébrale que ce 22e tome des enquêtes de Guy Lefranc. Jacques Martin décédé, le héros est passé entre de nouvelles mains. Michel Jacquemart en signe le scénario alors qu'Alain Maury est au dessin. « Les enfants du bunker » est à mille lieues des albums précédents, notamment ceux donnant la possibilité à Lefranc de sauver l'humanité. Cette fois, il se pose beaucoup de questions, alors qu'il frôle la mort à deux reprises. Une première fois en Algérie, son avion est abattu par le FLN (l'action se déroule dans les années 50), la seconde dans un accident de voiture alors qu'il rejoint Jeanjean en Normandie.

Jeanjean, adolescent et compagnon de route de Lefranc, est au centre de l'histoire. On y apprend comment il a perdu tragiquement ses parents et le choc psychologique qui s'en est suivi. Alors qu'il est en vacances avec ses amis scouts, il est tenté par le suicide et rencontre des enfants dans un bunker désaffecté qui ont tout l'air de fantômes.

Un Lefranc différent mais loin d'être décevant.

 

« Lefranc » (tome 22), Casterman, 10,40 €

11/05/2011

Militaires hantés par "Les Murmures" de John Connolly

 Charlie Parker, le détective privé très torturé imaginé par John Connolly enquête sur les suicides de militaires américains de retour d'Irak.

 

 

Murmures, John Connoly, Presses de la CitéThriller flirtant ouvertement avec l'horreur, le nouveau roman de John Connolly risque vous entraîner, une fois la dernière page refermée, dans des cauchemars d'anthologie. Et si tout à coup, dans le silence de votre chambre obscure vous entendez des murmures, un seul conseil : prenez vos jambes à votre cou !

Toute la force de l'univers mis en place au fil des romans par John Connolly réside dans ce mélange entre réalisme et fantastique. Charlie Parker, le héros, doit survivre dans un monde qui ne lui a que rarement fait des cadeaux. Dans le Maine, à la frontière avec le Canada, il alimente son compte en banque avec des affaires sordides de surveillance ou en démasquant des escroqueries à l'assurance. Rien de bien réjouissant. Aussi quand Bennett Patchett le patron d'un de ses restos préféré lui demande d'enquêter sur le mari, supposé violent, d'une de ses serveuses, il accepte sans broncher.

 

Interrogatoire poussé

D'autant que ce motif en cache un plus personnel et douloureux. Le fils de Bennett vient de se suicider. Cet ancien marines a combattu en Irak. Son retour à la vie civile l'a plongé dans une sorte de folie ayant pour paroxysme une balle dans la tête. Or le mari violent, camionneur, était lui aussi en Irak, dans la même unité. Charlie va donc se lancer aux trousses de ce Joël Tobias, un peu trop voyant au volant de son 36 tonnes rutilant.

Au début, le détective semble faire chou blanc. Certes Tobias semble vivre au dessus de ses moyens, mais il se contente de faire des aller-retour entre le Maine et le Québec, transportant inoffensives croquettes pour animaux. Charlie Parker croit faire fausse route jusqu'à ce soir où trois hommes cagoulés lui tombent dessus. Ce sont des pros du combat. Et de l'interrogatoire. « Ils rabattirent le sac, me soulevèrent et me replongèrent la tête dans l'eau, une fois, deux fois, trois fois, sans plus me poser de questions, et je crus que j'allai mourir. La quatrième fois, je leur aurai raconté n'importe quoi pour qu'ils arrêtent. Je crus entendre quelqu'un dire : « Vous allez le tuer », mais sans la moindre inquiétude. Ce n'était qu'une constatation. » L'avertissement est clair. Il ne faut plus espionner Tobias.

 

Le retour du Collectionneur

Menacer Parker. C'est la dernière chose à faire. Il n'a plus grand chose à perdre la vie lui ayant déjà pris sa femme et son enfant. Il décide donc de titrer cette histoire au clair et pour ne plus être du côté des victimes, il fait appel à ses amis Angel et Louis, deux gros bras ayant beaucoup à se faire pardonner, des machines à tuer qui ont changé de camp. Parker découvre alors que les anciens militaires, souffrent tous plus ou moins de syndrome post traumatique. Certains deviennent fous, entendent des voix, des murmures en langue étrangère, les poussant au suicide. Quels sont ces démons tapis dans les ténèbres ? Parker n'est pas le seul à les rechercher. Hérod, tueur purulent en phase terminale d'un cancer généralisé sème lui aussi la mort et une vieille connaissance de Parker, le Collectionneur, fera également son entrée dans la danse.

Violent, terrifiant, sans pitié mais pas sans morale, ce thriller se dévore d'une traite. Alternant habilement les parties fantastiques et celles plus rationnelles, John Connolly parvient à tenir le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page, réussissant même le tour de force de nous donner envie de lire son prochain thriller : le personnage de Charlie Parker est en pleine mutation psychologique et cela semble particulièrement prometteur.

« Les murmures », John Connolly, Presses de la Cité, 21 €

10/05/2011

Les Petits Riens de Lewis Trondheim, puissance 5

Lewis Trondheim, Petits riens, Delcourt

 

Lewis Trondheim, Petits riens, DelcourtDe Mayotte à Strasbourg en passant par San Diego ou le Canada sans oublier Angoulême, Lewis Trondheim aime ramener des souvenirs de ses voyages. Des instants de vie, décalés ou subtils, qu'il publie régulièrement sur son blog et qui sont repris dans des recueils publiés au sein de la collection Shampooing. Dans cette cinquième livraison, le créateur de Lapinot en dit un peu plus sur ses manies dans les toilettes japonaises, les restaurants américains et les avions long courriers. Ce grand malade (il est hypocondriaque) a une façon inimitable de nous faire partager les petits riens qui font que sa vie est formidable. Des petits riens que vous aussi vivez certainement, il suffit d'avoir assez de recul, comme Trondheim, pour les savourer après coup.

Le blog originel.

« Les petits riens » (tome 5), Delcourt, 11,50 €

09/05/2011

"La saga des brumes", l'Islande rude et solitaire

Védrines, Krassinsky, Glénat

Védrines, Krassinsky, GlénatL'Islande aux Xe siècle, ses pêcheurs, ses moutons, ses clans, ses histoires d'amour. Jean-Paul Krassinsky (scénariste) et Marc Védrines (dessinateur) nous plongent dans une longue saga de 180 pages pleine de fureur et de sang. Olaf, colosse taciturne, n'apprécie pas que sa femme le trompe. Il tue l'amant. Cela déclenche une réaction en chaine, le frère de la victime devant prendre une vie dans la famille d'Olaf pour être vengé. Olaf, sa femme et son frère Einar (qui n'a rien demandé) se réfugient sur une île déserte et balayée par le blizzard. C'est cette vie, loin de tout, en totale autarcie, qui est au centre de ce roman graphique brut de décoffrage au point de vue des sentiments.

« La saga des brumes », Glénat, 22 €

10:41 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : védrines, krassinsky, glénat

08/05/2011

Plus beaux les gens

 

Les autres gens, Cadène, Dupuis

Les autres gens, Cadène, DupuisEn mars 2010, Thomas Cadène s'est lancé dans un projet fou : écrire un web-feuilleton quotidien, illustré par une pléiade de jeunes dessinateurs. Aujourd'hui, 1400 pages ont été publiées et cette œuvre novatrice va avoir droit à une seconde chance avec la publication des premiers épisodes sous forme de gros recueil de 220 pages. Le tome 1 est sorti début avril, le tome 2 est dans le bac des libraires depuis vendredi dernier. Attention, « Les autres gens » est un peu comme « Plus belle la vie », on est rapidement « addict ». Les vies de Mathilde, ses parents, ses amis, ses millions (elle gagne au loto et le cache à tout le monde) permettent une multitude de rebondissements. Chaque fin de chapitre est palpitante et pleine d'interrogations. Là est la force de cette série qui est toujours actualisée sur le net (voici le site où on peut s'abonner).

« Les autres gens », (tome 1 et 2), Dupuis, 14,95 €

10:07 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les autres gens, cadène, dupuis

06/05/2011

"Chili con carnage", western énervé de Lupano et Salomone

Lupano, Salomone, Delcourt

Une nouvelle fois, le western permet à des auteurs de mettre en scène des personnages forts et sans nuances. Dans cet ouest sauvage, même si on est en 1899, il reste encore beaucoup à faire pour civiliser certains autochtones. Par exemple le long du chemin de fer, des bandits continuent à attaquer les trains. Dans celui qui est abordé dans les premières pages de « Chili con carnage », se trouve la belle et aristocrate Margot de Garine. Elle est enlevée par Manolo Cruz, le chef des brigands, au grand désespoir de Tim, un bagagiste tombé fou amoureux de la Française. Margot poursuivie également par les deux personnages principaux de la série : Byron Peck, avocat de Los Angeles attaché à son confort et Knut, son homme de main, Danois et montagne de muscles.

Ce petit monde va se trahir, se battre et s'entretuer sur 48 pages de belle facture, écrites par Lupano et dessinée par Salomone.

« L'homme qui n'aimait pas les armes à feu » (tome 1), Delcourt, 13,50 €

07:42 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lupano, salomone, delcourt

05/05/2011

"Pour tout l'or du monde" de Hautière et Grand : complot et empire

Régis Hautière, Alain Grand, Soleil

En 1850, à Paris, les rumeurs s'amplifient quant à un coup d'Etat de Louis Napoléon. Le président élu démocratiquement envisage de rétablir l'Empire. Dans la rue le peuple gronde, mais la police espionne et parfois frappe.

Le premier tome de cette série prévue en trois parties, plante le décor, historique et politique, et présente les héros de l'intrigue. Stanislas de Rochebourg, jeune diplômé de l'Ecole des Mines, rencontre Thibault Marsan, artiste et photographe. Ils se lient d'amitié, notamment en raison de leur concordance de vue à propos de la République. Stanislas tombe amoureux de la jeune Fanny et découvre que dans l'ombre, des comploteurs sont prêts à tout pour faire taire les démocrates.

Remarquablement dessiné par Alain Grand, au trait classique, élégant et précis, cet album écrit par Régis Hautière annonce le départ des héros vers le nouveau monde et cet or qui donne son titre à la série.

« Pour tout l'or du monde », Soleil Quadrants, 14,30 €

04/05/2011

Trois femmes idéales par Anne Barois et Anne Rouquette chez Fluide G

Anne Barois, Anne Rouquette, Fluide Glacial

Un casting de rêve. Les trois jeunes femmes composant le générique de ces histoires courtes sont, dans trois genres totalement différents, de véritables bombes. Alors, pourquoi ne sont-elles pas heureuses en amour ? La faute à l'époque certainement. Anne Barois au scénario et Anne Rouquette au dessin racontent avec une certaine empathie les malheurs de Martine, Marie et Muse. La première est mariée depuis sept ans, a deux enfants et s'ennuie dans son rôle de femme au foyer. La seconde, toujours vierge à 38 ans, fantasme sur tout mâle passant à moins de cinq mètres d'elle mais n'ose jamais faire le premier pas. Muse, la plus déglinguée, est persuadée d'avoir un talent immense. En ce moment elle teste le polaroïd, photographiant sans cesse ses deux enfants, au risque de la rendre aussi fous qu'elle.

Trois femmes d'aujourd'hui, pas trop caricaturales, immergées dans leur époque, avec les avantages mais aussi les inconvénients de cette dernière.

 

« Histoires de filles », Fluide Glacial, 10,40 €

03/05/2011

Nouveaux Territoires pour nouveaux lecteurs

Comment faire lire les jeunes adultes ? Les éditions Fleuve Noir tentent de trouver une réponse en lançant une collection mêlant fantastique, thriller et fantasy.

 

Une histoire de jeune magicien, une autre de fin du monde : « Chat blanc » et « Un blog trop mortel » sont les deux premiers titres de cette nouvelle collection lancée par Fleuve Noir et intitulée « Territoires ».

Territoires, Fleuve Noir« Chat blanc » est le premier tome de la série « Les Faucheurs » issue de l'imagination de Holly Black. Une sombre histoire de jeune magicien qui devrait plus particulièrement plaire à la gente féminine. Cassel, 17 ans, a tué son amie d'enfance. Mais il ne s'en souvient pas. Après tout, si sa famille le dit ce doit être vrai. Oui, sauf que dans sa famille, tous, à part Cassel, ont des pouvoirs paranormaux très dangereux. Et aussi très pratiques. Auraient-ils pu le manipuler ? Et que lui veut ce chat blanc qui vient le visiter en rêve toutes les nuits ? Cassel ne supporte plus le mystère et le silence qui planent sur lui. Il part à la recherche de la vérité et décide d'affronter les siens pour se débarrasser une fois pour toutes de ses cauchemars et de ses doutes. Holly Black est mondialement célèbre grâce aux Chroniques de Spiderwick (Pocket jeunesse) adaptées au cinéma en 2008. Auteur d'une vingtaine de livres pour la jeunesse, elle aime les ambiances gothiques et fantastiques.

Territoires, Fleuve Noir« Un blog trop mortel » est plus marqué zombies et fin du monde. Ecrit par Madeleine Roux, une Américaine vivant dans le Wisconsin, ce roman est l'émanation d'un blog ayant remporté un incroyable succès. L'auteur a publié sur la toile l'appel au secours d'une certaine Allison Hewitt. Cette jeune fille expliquait à qui pouvait encore la lire : « Ceci est mon blog et peut-être le tout dernier témoignage. Les Infectés nous ont encerclés, ils sont de plus en plus nombreux. Quelques survivants m'accompagnent. Nous voulons rejoindre Liberty Village, un havre de paix pour les derniers hommes. S'il existe vraiment. Si vous lisez ce blog, où que vous soyez, répondez... Aidez-nous ! » Allison, armée de sa hache, affronte le chaos et devient une combattante de choc, symbole d'espoir pour les derniers humains. Beaucoup de frisson dans ce texte nettement plus gore que le premier. C'est certainement le meilleur exemple pour définir cette nouvelle collection à cheval entre deux âges, deux approches de la vie et de l'imaginaire. Jeune, on redoute d'avoir peur, un peu plus âgé on aime se plonger dans ces univers angoissants.

La collection, lancée en ce début avril, annonce d'autres titres pour les prochains mois. Ainsi le 1er juin vous pourrez dévorer les exploits de

« Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragons » de Jasper Fforde, une trilogie hilarante où magie et monde moderne font un drôle de ménage. En septembre, place au « Bar de l'enfer » de A. Lee Martinez, (roman de bit-lit, littérature mordante pour jeune fille) où un vampire et un loup-garou vont s'associer pour sauver une ville des griffes d'une sorcière en pleine crise d'adolescence...


09:56 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : territoires, fleuve noir

01/05/2011

Quand quelques poils suscitent des doutes au sein d'un couple

Grégory Mardon, Dupuis, les Poils

« L'extravagante comédie du quotidien », tel est le surtitre général de cet album signé Grégory Mardon. Un peu à la façon d'un film de Rohmer, l'auteur décortique la relation d'un couple en légère crise. Elle travaille dans un journal, lui est inspecteur de police. Gracieuse, il est massif et poilu. Sur le conseil d'un ami (mais l'était-il vraiment ?), il se rase tout le corps pour donner un peu plus de piment aux ébats sexuels de son couple. Un choc pour sa femme qui a l'impression de faire l'amour avec quelqu'un d'autre. Un sentiment agréable qu'elle va chercher à reproduire, en vrai...

Une histoire de corps pour mieux explorer les âmes des personnages.

 

« Les poils », Dupuis, 18 €

 

30/04/2011

"Chambre obscure" de Cyril Bonin : course après un trésor familial

Bonin, chambre obscure, dargaud

Pourquoi Alma a-t-elle dérobé un tableau de famille ? Et pourquoi a-t-elle embauché deux cambrioleurs pour faire croire à un larcin plus important ? Ces questions restaient en suspens à la fin de la première partie de « Chambre obscure », œuvre en solo de Cyril Bonin (Fog). Alma s'enfuit vers la vieille propriété vendéenne. A ses trousses la jeune Séraphine, sa nièce, flanquée de l'inspecteur Alcide Leblanc, sorte d'Hercule Poirot, le charme et la fougue en plus. Arrivés à destination, ils vont tous devoir collaborer afin de découvrir où se cache le trésor familial.

Hommage aux feuilletons du début du 20e siècle, cette BD a un petit air suranné bien sympathique.

 

« Chambre obscure » (tome 2), Dargaud, 13,95 €

09:47 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bonin, chambre obscure, dargaud

29/04/2011

Israël s'envole dans Mezek, l'histoire de l'armée de l'air par Yann et Juillard

Juillard, Yann, Mezek, Israël, Lombard, collection Signé

André Juillard, loin de se reposer sur ses lauriers et de se contenter de ses séries à succès (Les 7 vies de l'épervier et Blake et Mortimer), met son trait réaliste à l'élégance inégalée au service d'histoires fortes. Ce Mezek en est l'exemple parfait. Yann, scénariste souvent caustique, est cette fois très sérieux, voire dramatique, avec en toile de fond la création de l'État d'Israël et de son aviation.

Les pilotes se faisant rares, Israël paie des mercenaire pour piloter des Mezek, version tchèque des messerschmitts allemands. Björn, Suédois, vole tous les jours sur un Mezek et forme les futurs pilotes de l'armée juive. Une trame historique, une autre sentimentale, sont perturbées par les manœuvres politiques et les démons du passé.

Violent et instructif : un album qui sort du lot en ce début d'année.

« Mezek », Le Lombard, 15,95 €

28/04/2011

Parker et Badger de Cuadrado : pas si blaireaux

 

 

Parker et Badger, Cuadrado, Dargaud

Planquez vos abattis, Parker et Badger sont de retour. Le duo de héros le plus improbable de la BD actuelle (un nigaud, chômeur professionnel, et un blaireau se faisant passer pour un chien...) sont toujours en froid avec leur concierge, le très susceptible M. Gomez chargé de récupérer l'argent du loyer.

Au début de ce 8e recueil de gags, Parker et Badger sont enfermés depuis 15 jours dans leur appartement de crainte de tomber sur Gomez. Quand un jeune scout sonne à leur porte, ils pensent enfin pouvoir sortir de cette galère. Pas de chance, Théo, sous des airs de gentil bébé joufflu, se révèle être un monstre de méchanceté et de duplicité. Un nouveau personnage imaginé par Cuadrado spécialiste des tordus. Théo aime le chantage, le poker et la dénonciation. Parker et Badger vont vite regretter d'avoir ouvert au petit monstre.

On retrouve aussi dans ces pages Nicolette, folle ramenée des USA et Bastos, le psychopathe chasseur d'animal errant. Le meilleur ami de Badger...

 

« Parker & Badger » de Cuadrado (tome 8), Dargaud, 10,45 €

 

27/04/2011

Le dernier tour de l'île de la Réunion

Presle, Jouvray, La Réunion, Futuropolis

Poursuite de la découverte du côté obscur de l'île de la Réunion avec le second tome de « La Pès Rekin », écrit par Stéphane Presle et dessiné par Jérôme Jouvray. Ce département français d'outre-mer est le cadre de la rencontre entre deux écorchés de la vie. Phil, vieux, méchant et malade, survit en pêchant des requins. Pour attraper les prédateurs de la mer, il capture des chiens errants pour s'en servir d'appâts. Une nuit, il est tombé sur Nelson, adolescent en cavale.

Phil a besoin d'un associé pour maintenir son activité clandestine. Le gamin, malgré son passé fait de violence, a des difficultés. « A quoi ça sert d'être riche si c'est pour faire des cauchemars tous les soirs. Même en rêve je trucide des clébards... » confie-t-il à son nouveau mentor. Phil lui dévoile alors son dernier but dans la vie (malade il se sait condamné) : retrouver la seule femme qu'il n'a jamais aimé. Il ne sait pas où elle habite exactement. Ils prennent un annuaire et entreprennent un dernier tour de l'île.

Sans aucune sensiblerie, cette histoire présente la Réunion sous son vrai jour : violente et sans pitié, truqueuse ou assistée.

« La pès rekin » (tome 2), Futuropolis, 15 €

26/04/2011

Une CX, des héritiers

FabCaro, James, BenGrrr, Fluide Glacial

Vu de loin cela ressemble à un très mauvais soap opéra (pléonasme ?). Quand on regarde de plus près les producteurs (Fabcaro, James et BenGrrr), on se doute que c'est de la parodie dure et sans concession. Et très rapidement on se laisse envahir par cette famille déchirée dans une succession qui tarde. A la base, il y a Harold et Cynthia, les parents. Harold est un peu gâteux et semble près de la sortie. Ses enfants, tous adultes, se déchirent ce futur héritage. Et notamment le joyau, la CX diesel...

Trois frères et une sœur, tous plus différents les uns que les autres. Avec cependant un point commun (en dehors de leur mère, pour le père c'est moins sûr), une bêtise crasse. Brandon, gérant d'une boite de nuit, semble détenir le pompon. Adepte des lettres anonymes (rédigées sur le papier à en-tête du Chunga Night), il a un mauvais goût qui force le respect. Bill, son frère, célibataire, est l'amant de Jessifer, femme de Brandon, qui a également couché avec l'autre frère, Jean-Mortens, le facteur et peut-être Harold.

Plus qu'une famille, c'est une ménagerie hilarante dont l'histoire est découpée en gags d'une demi-planche.

 

« Amour, passion & CX diesel », Fluide Glacial, 10,40 €

25/04/2011

Glasgow la sombre

Lennox, ancien militaire canadien, est devenu détective privé en Écosse. Il collabore avec la police, mais ses clients sont souvent des malfrats.

 

Lennox, Craig Russell, Calmann-LevyAu début des années 50, en Écosse, la victoire sur l'Allemagne c'est presque du passé, mais les conséquences de l'effort de guerre sont toujours présentes. Par exemple Lennox, détective privé, ancien militaire canadien, a toutes les difficultés du monde pour trouver du bon café à Glasgow, la capitale économique de l'Écosse. Par contre, pour s'attirer les ennuis, il semble être un expert.

Craig Russell, l'auteur de ce roman policier aux délicieux airs rétro (l'action se déroule en 1953), prend son temps, avant de mettre en place l'intrigue, de bien dresser le portrait de ce cabossé de la vie. Célibataire, vivant dans un petit appartement, Lennox tente de faire des économies pour se payer un hypothétique billet de retour pour le Nouveau Monde. Reste à retrouver l'envie. Pas évident quand on a perdu toute estime de soi : « La mauvaise graine. La guerre n'avait fait que la nourrir. Il existait nombre d'adjectifs pour décrire l'état dans lequel les hommes revenaient de la guerre : changés, désabusés, morts. L'adjectif que j'utilisais, moi, pour me qualifier était « sale ». J'étais revenu sale de la guerre et je ne voulais pas retourner au Canada avant de me sentir de nouveau propre. Sauf que, plus le temps passait, et plus les gens que je fréquentais devenaient sales. » Parmi ces clients, un certain John Andrews. Cet industriel a demandé à Lennox de retrouver sa femme, Lillian, disparue depuis quelques jours. Lillian qui se révèlera être beaucoup plus complexe qu'une simple femme au foyer.

Lennox est également sollicité par un des jumeaux McGahern, petite frappe tentant de se faire une place dans le milieu écossais. Frankie veut savoir qui a descendu son frère Tam. Lennox décline l'offre. Et pour bien se faire comprendre, donne une trempe à Frankie. Problème, ce même Frankie McGahern est retrouvé assassiné le lendemain. La police soupçonne Lennox. Les véritables ennuis vont alors aller crescendo pour le héros. Après un tabassage en règle par des policiers pas tendres et une nuit au poste, il doit rendre des comptes aux trois « rois » de Glasgow. Ce sont les parrains de la mafia locale. Il parvient tant bien que mal a se dédouaner. En contrepartie, il doit découvrir qui a descendu les jumeaux McGahern...

 

« Je suis un connard cynique »

Le lecteur, en suivant Lennox dans ses recherches, visite Glasgow, ses bordels, ses bars, ses quartiers résidentiels et ses quais. Il apprend aussi à mieux connaître le personnage principal et narrateur. C'est un drôle d'oiseau. Rarement de bonne humeur, toujours sur le fil du rasoir. Avec une méchante aptitude à se fâcher avec tout le monde à force de mettre son nez où il ne faut pas et à faire du mauvais esprit. Il en a parfaitement conscience : « Je suis un connard cynique. Je l'admets. Je ce que j'ai vu, ce que j'ai fait m'a transformé en un être que je n'aime vraiment pas et ma façon de gérer tout cela consiste souvent à commencer la journée avec un air méprisant ou une blague aux dépens de quelqu'un d'autre. » Pas facile de vivre avec Lennox. Même lui a des difficultés...

Virage en épingle à cheveux et changement radical de style pour Craig Russell avec ce premier roman de la série de Lennox-Glasgow. Il laisse l’Allemagne de Hambourg et son personnage fétiche Jan Fabel pour passer à l’Écosse, et plus précisément à la Glasgow des années 50. C'est un peu l'archétype du roman noir. Pas grand monde ne sort indemne de ce polar publié dans la remarquable collection : Robert Pépin présente...

« Lennox », Craig Russell, Calmann-Lévy, 20,50 €