24/12/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le cri de l'huître

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Parmi les vedettes incontestées des tables de Noël, les huîtres trônent en bonne place. Paradoxalement, les défenseurs des animaux s'offusquent du gavage des oies et des canards, mais n'ont jamais la moindre pensée pour les souffrances qu'endurent ces coquillages avant de finir au fond de notre estomac. Pourtant leur parcours est d'une rare cruauté.

Après une existence paisible, accrochées à un grillage, bercées par les vagues de la Méditerranée ou le rythme des marées en Atlantique, elles sont arrachées d'un coup à leur milieu naturel. Sorties de l'eau, elles se retrouvent en état de suffocation pour une longue agonie. Entassées dans des bourriches, elles partent pour un long voyage. Une fois achetées, elles sont souvent enfermées dans des sacs opaques et placées dans ces espèces de machines (appelées frigo) où le froid est intense.

Le jour de l'exécution, tout se passe très vite. Du moins si celui qui officie sait manier un couteau. Une entaille sur le côté, l'écartèlement des coquilles puis la décapitation. L'huître se retrouve nue face à un monde inconnu. Avant le coup de grâce, certains trouvent utile de la faire souffrir une dernière fois en l'aspergeant de jus de citron (ma femme pousse le sadisme plus loin, elle la poivre). Sa chair se rétracte, le mangeur est rassuré : l'huître est fraîche. Vivante en fait. Ensuite elle se fait gober, mastiquer et digérer.

C'est quasiment le seul animal que l'homme mange vivant. Certes, on n'entend pas le cri de l'huître sous la dent, mais à bien y réfléchir, c'est comme si, quand on entame son steak bleu, on entendait un "Meuh" de désespoir...

23/12/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Karine Ferri fait rêver

karine ferri, infidèle, coucher, rencontreReçu dans ma boitamel récemment un de ces messages dont on ne sait jamais s'il s'agit d'une véritable information, d'une publicité ou d'un canular. « Les hommes français veulent avoir une aventure avec Karine Ferri », est-il titré fièrement.

Je poursuis la lecture et découvre interloqué que « plus de 3 000 hommes infidèles ont choisi la présentatrice télé avec laquelle ils aimeraient avoir une aventure extra-conjugale ». En clair, Karine Ferri fait fantasmer des milliers d'hommes mariés. Elle arrive largement en tête (39 % contre 23 % à la seconde, Karine Le Marchand) d'un sondage réalisé sur un site de rencontres réservé aux hommes et femmes déjà en couple.

J'imagine la scène. Monsieur et madame un samedi soir devant « The Voice » sur TF1. « Elle chante vraiment bien la petite Manon, dommage qu'elle soit éliminée », s'extasie madame. « Oh oui, elle est bonne », réplique machinalement monsieur qui n'a d'yeux que pour Karine Ferri en train d'interroger la fameuse Manon dont il se moque éperdument. « Enfin.. elle... Narbonne... Manon, elle est de... Narbonne », tente-t-il laborieusement de se rattraper après avoir remarqué le regard qui tue de son épouse.

Cela expliquerait peut-être les audiences astronomiques de ce télé crochet guère plus convaincant que les précédents, de la Star-ac' à Nouvelle Star. Le concept ou la qualité des participants comptent peu. Tout est dans le « potentiel fantasmagorique » des présentateurs. En débauchant Karine Ferri de D8, TF1 a tiré le gros lot.

Cadeaux : les intégrales BD au pied du sapin

Les Bleus de Salvérius

 

tuniques bleues, salvérius, cauvin, lambil, dupuis, coyote, litteul kevin, fluide glacial, D, vampire, maiorana, ayroles, delcourtSérie vedette des éditons Dupuis, « Les Tuniques Bleues » ont pourtant débuté petitement. La publication de l'intégrale des aventures de Blutch et Chesterfield permet de mieux comprendre commet ce western, résolument antimilitariste, est devenu un champion des ventes. Tout a débuté par un coup dur. Morris et son cowboy solitaire décident de quitter les pages de Spirou pour rejoindre celles, mieux payées, de Pilote. Pour remplacer Lucky Luke, un concours est lancé au sein du journal. Cauvin, encore peu connu, signe le scénario et le dessin revient à Salvérius, vieux routier de l'illustration mais encore novice dans la BD. La sauce est testée dans quelques récits complets et rapidement la première cavalcade de 44 pages est lancée. Ce sont ces premiers pas qui sont repris dans cette belle intégrale enrichie d'un long dossier signé Patrick Gaumer. En plus des longs récits « Un charriot dans l'Ouest » et « Du Nord au Sud », les premiers mini-récits de Salvérius sont publiés. Pas de soldats bleus dans ces pages mais des Indiens déjà très comiques.

« Les Tuniques Bleues » (intégrale 1), Dupuis, 24 €

 

Un gros Litteul Kévin

 

tuniques bleues, salvérius, cauvin, lambil, dupuis, coyote, litteul kevin, fluide glacial, D, vampire, maiorana, ayroles, delcourtNé en 1962 en Aveyron, Coyote a vite découvert l'avantage des deux-roues pour se lancer dans de grands périples et fuir un quotidien morne. Ce biker tatoué à la barbe fournie et aux longs cheveux frisés aime les belles femmes (il y en a plein dans ses BD), les motos rutilantes (elle sont légion elles aussi) et les enfants espiègles. Il rencontre le succès en dessinant les aventures de Litteul Kévin, petit blondinet roulant en Harley-Davidson. Une série familiale, mais au ton résolument moderne et sans complexe. La famille modèle façon Coyote est composée de Chacal, motard barbu et tatoué et de Sylvie, au physique ravageur. Durant 20 ans, les histoires se sont succédées dans les pages du magasine d'humour puis en albums. Pour les fans, ou ceux qui voudraient découvrir cet univers particulier, plongez dans l'intégrale en couleurs sous couverture souple : 344 pages et encore plus de motos et de gags... Sans oublier six planches souvenirs inédites en bonus pour présenter cet univers aux nouveaux lecteurs.

« Litteul Kévin » (intégrale couleur), Fluide Glacial, 30 €

 

« D » en noir et blanc

 

tuniques bleues, salvérius, cauvin, lambil, dupuis, coyote, litteul kevin, fluide glacial, D, vampire, maiorana, ayroles, delcourtConsidérée par nombre de spécialiste comme la meilleure série de vampires de ces dix dernières années, « D » (comme Dracula...) sort dans une superbe intégrale en noir et blanc. L'idéal pour profiter pleinement du dessin élégant et gothique de Maïorana. De retour d'expédition, l'explorateur Richard Drake hante clubs et salles de bals de la haute société victorienne. Il s'éprend de Miss Catherine Lacombe, charmante Lady au caractère bien trempé. Le séduisant Lord Faureston a lui aussi jeté son dévolu sur la jeune femme. Mais une aura de mystère entoure ce ténébreux dandy. La trilogie complète permet de révéler l'origine des vampires et le monstrueux visage du comte D.

Viennent également de sortir chez Delcourt l'intégrale de Vortex (2e époque) de Stan et Vince (29,95 €) et le recueil des tomes 17 à 20 de l'Histoire secrète de Kordey (dessin) et Pécau (scénario). Une série au long cours, le tome 32 vient de sortir... (29,95 €)

 

« D » (Intégrale noir et blanc), Delcourt, 35 €

 

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le fric du net

zoella, livre, blog, beautéLes détracteurs du net se délectent de cette histoire. Depuis quelques années, une certaine célébrité est promise à de jeunes blogueurs inventifs. Parmi cette meute de nouveaux visages, Zoella est une des plus célèbres en Angleterre. Mignonne, superficielle et marrante, elle distille ses conseils beauté à travers des vidéos qui franchissent régulièrement le million de vues. Au début, sa franchise a assuré son succès. Puis ce sont les placements produits qui ont gonflé son compte en banque. De blogueuse vidéo, elle s'est transformée en publicité perpétuelle incontournable. Déjà, à ce stade, la jeune Zoella devient beaucoup moins sympathique pour ceux qui, comme moi, n'aiment pas le mélange des genres. Cela n'a pas empêché une maison d'édition de tenter (et réussir) un gros coup avec la vedette du net. Zoella publie son premier roman « Girl online » et le vend à des centaines de milliers d'exemplaires. La success story reste quand même un peu louche. Faire risette devant une caméra est assez éloigné de la rédaction d'un livre de 80 000 mots. Certains soupçonnent l'intervention d'un « nègre ». Et ils trouvent même son nom, Siobhan Curham, qui s'est déjà illustrée dans ce genre de littérature. Zoella s'indigne. Pas longtemps... elle reconnaît avoir reçu de « l'aide ». En gros, elle a vaguement décrit les personnages, le reste n'est que le travail d'une équipe de « ghostwriters ». A l'arrivée, la littérature ne sort pas gagnante de l'aventure. Un signe supplémentaire pour craindre que le net, par certains de ses excès, se transforme en fossoyeur de l'écrit.     

08:33 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zoella, livre, blog, beauté

22/12/2014

Cadeaux de Noël : trois beaux livres marqués BD

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Écrite par Pierre Dubois, émérite elficologue barbu, « L'effroyable encyclopédie des revenants » fait suite à celle présentant les fantômes. La différence est infime, mais essentielle pour ce spécialiste de l'étrange et du surnaturel. Ces 230 pages à la mise en page particulièrement soignée, sont richement illustrées par Carine-M et Elian Black'Mor. Pleines planches en couleurs (essentiellement du rouge et du noir) ou dessins à l'encre de Chine s'intégrant dans les textes, ces « horreurs » sont paradoxalement très belles. Cette encyclopédie peut aussi se picorer par petits bouts. La table des matières donne les thèmes abordés et la liste des contes repris dans ces pages, comme « La chasse maudite », « L'auberge du Larzac » ou « Le revenant de la bouteille », hilarant récit de la mort et des obsèques de Toine, pilier de bar, fainéant et grand amateur de beuverie. Sa mort est consécutive à une bagarre avec une brouette malotrue : il finit noyé dans une fosse à purin... Alors il est revenu hanter ses copains de bistrot car « Ivre, mort et ivre mort, c'est bonnet blanc et blanc bonnet ».

« L'effroyable encyclopédie des revenants », Glénat, 39,50 €

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Gothique et violent, ce conte mélange habilement bande dessinée classique et récit littéraire. Hubert en a écrit le scénario, Gatignol donné vie graphiquement aux personnages. L'action se déroule dans une vallée isolée. Des géants y règnent en maîtres. Le plus grand d'entre eux, le roi, bafre en compagnie du reste de sa famille. Au menu : des humains. Crus ou cuits. De géants, ils sont devenus ogres. La reine, après avoir accouché de triplés dégénérés, est de nouveau enceinte. Mais au lieu de mettre au monde un fort et gros bébé qui lui aurait déchiré les entrailles, elle donne naissance à un petit avorton. Le roi lui ordonne de l'avaler sur le champ. Elle fait semblant et confie Petit à sa tante pour qu'elle l'élève dans le plus grand secret. Qui sont ces ogres ? D'où viennent-ils ? Petit va-t-il détrôner son père ? Toutes ces questions rythment les 150 pages qui peuvent se lire comme une simple BD ou un beau livre richement illustré.

« Petit », Soleil, collection Métamorphoses, 26 €

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Les Bidochon retournent au musée. Le couple des Français très moyens imaginé par Binet semble pourtant totalement imperméable à la beauté. Certes, mais quand il pleut, un musée est bien pratique pour pique-niquer à l'abri. Il suffit de dégotter une toile dans le style du « Déjeuner sur l'herbe » de Manet pour que l'illusion soit parfaite. Le grand écart est absolu mais très amusant. Binet, par ailleurs excellent peintre, a donné l'occasion à ses personnages de commenter vingt toiles exposées à Caen et Lyon. Tous les styles sont représentés, de « Vénus et Adonis » de Cornelis Van Haarlem au « Canapé » d'Antoni Tapies. Les œuvres sont reproduites pleine page, en vis-à-vis du dessin en noir et blanc de Binet. Ensuite, Patrick Ramade et Pierre Lacôte détaillent la vie de l'artiste, explicitent la peinture et la replacent dans son contexte historique. Voilà comment Raymonde et Robert Bidochon vont vous donner envie d'aller faire un tour dans ces deux musées. Non pas pour manger un sandwich au saucisson devant le « Coucher à l'italienne » de Jacob Van Loo, mais admirer ces chefs-d'œuvre de la peinture européenne, toutes époques confondues.

« Un 2e jour au musée avec les Bidochon », Fluide Glacial, 25 €

 

21/12/2014

Beau livre : Poire géante et magique

 

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Plus spécialement pour les plus jeunes, ne manquez pas « La fabuleuse histoire de la poire géante » de Jakob Martin Strid, un auteur danois à l'univers parfois proche de celui de Richard Scarry. Dans la petite ville de Solby, vivent sous un même toit Mitcho le chat et Sebastian l'éléphant. Ils découvrent une bouteille sur la plage qui contient un message de l'ancien maire, JB, leur demandant de le rejoindre sur l'île mystérieuse. Dans la bouteille il y a également une petite graine. Les deux amis la sèment et dans la nuit un poirier pousse à toute vitesse, chargé d'une énorme poire, une poire géante. Voilà le début de cette aventure où on croise un dragon marin mécanique, des pirates amateurs de pastèque et quelques spectres. Les dessins sont d'une étonnante richesse, regorgeant de détails. Un monde enchanté qui fera rêver petits et grands.

 

« La fabuleuse histoire de la poire géante », PKJ Pocket Jeunesse, 19,90 euros.

 

20/12/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Mes étoiles à moi

 

 

Certains penseront que j'en fais une fixette. Ils n'ont pas tout à fait tort. Depuis que Georges Lucas a revendu sa société à Disney et que le géant de l'animation a révélé que Star Wars aurait une suite, je bous d'impatience comme pas mal de fans. Dans un an pile (sortie mondiale le 18 décembre 2015), je serai en train de me délecter des images du « Réveil de la Force », épisode VII de la saga.

Tout semble réuni pour un moment d'anthologie. D'abord le réalisateur. J.J. Abrams reste pour l'éternité celui qui a révolutionné le domaine de la série télé avec « Lost ».

Les acteurs ensuite. Tout le casting des trois premiers films est de retour. Harrison Ford en tête, même s'il a dû donner de sa personne (jambe fracturée par la chute des portes de son vaisseau spatial Faucon Millénium). Les producteurs maintiennent sur l'histoire le mystère le plus épais, mais ils auront du mal à garder le black-out complet. Plusieurs photos du tournage en Angleterre ont fuité. Ainsi que le reste de la distribution.

Depuis quelques jours, Disney a repris la main en dévoilant une première bande annonce. Juste des flashes de quelques secondes pour présenter les nouveaux personnages : Finn le soldat sans casque, BB-8, le robot rond sans oublier la belle Rey sur son speeder et le ténébreux Kylo Renn au sabre laser en forme de croix.

En attendant, on peut revoir les films de Lucas sur W9 (diffusés chaque mardi, restent les épisodes II et III). Ou rire en regardant l'épisode 22 de la saison 7 de Big Band Theory, « Un Proton peut en cacher un autre »...

Sur ce, « que la force (et la patience) soient avec vous ! »

Cinéma : Faux rebond sur Terre battue

 

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Pour être le meilleur, tous les coups ne sont pas permis...

 

Tiré en partie d'une histoire vraie, ce premier film de Stéphane Demoustier se déroule en grande partie dans le milieu très exigeant des jeunes prodiges du tennis. Ugo (Charles Mérienne), gamin de 10 ans, ne vit que pour le tennis. Une passion où il brille. Mais pour aller encore plus loin, envisager la possibilité de devenir professionnel dans le sillage des Gasquet et autres Monfils, il doit devenir champion de sa région afin d'intégrer le centre de formation de Roland-Garros. Son père, Jérôme (Olivier Gourmet) va tout faire pour lui permettre de réaliser son rêve. Loin de se consacrer sur le côté sportif de l'histoire, le réalisateur va d'abord planter le décor familial pour mieux faire comprendre le contexte. Jérôme, directeur d'un grand magasin, se retrouve au chômage. Le chiffre des ventes a baissé, u ne raison suffisante pour e remercier dans cette économie libérale du résultat. Cela tombe bien pour lui. Il a envie de voler de ses propres ailes, monter sa chaîne. Un saut dans l'inconnu qui n'est pas du goût de sa femme (Valéria Bruni Tedeschi) qui le quitte. Dépressif, sans projet, lâché par ses amis, Jérôme va transférer toute sa hargne sur son fils. Il sera un champion. De toutes les manières.

 

 

 

Produit par les frères Dardenne, le film qui se déroule dans le Nord, est sombre. La dramaturgie progresse inexorablement. Le spectateur, s'il n'est pas également passionné de coups droits et de volées liftées s'ennuie un peu par moments. Mais la descente aux enfers du père, parfaitement interprété par un Olivier Gourmet génial dans ces rôles de « M. tout le monde » rend palpitant un long-métrage plus universel qu'il n'y paraît malgré son thème très précis.

 

 

14:04 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terre battue, gourmet, tennis

19/12/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Pirates sans humour

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L'imagerie populaire a transformé les pirates du net en Robins des Bois des temps modernes. Jusqu'à cette histoire de censure du film comique américain « L'interview qui tue ».

 

Une production potache qui met en scène la tentative d'assassinat du leader nord-coréen Kim Jong-un par un duo de journalistes déjantés. Face aux menaces des hackers, Sony décide de ne pas sortir le film.

A choisir, j'aurais préféré que les « Gardiens de la paix », ces fameux hackers par ailleurs totalement dépourvus d'humour, choisissent d'autres thèmes beaucoup plus dangereux pour la population mondiale. Côté cinéma, pourquoi n'ont-ils pas attaqué l'archétype du film commercial américain que représente « Expendables » avec Stallone et consorts. L'apologie de quelques vieux bodybuildés surarmés me semble plus néfaste que la prestation de James Franco, acteur toujours excellent, quel que soit le genre dans lequel il officie.

De même en France, pourquoi avoir permis l'adaptation de Benoît Brisefer, le Marsupilami ou l'élève Ducobu sur grand écran ? Ne pourrait-il y avoir un sous-groupe nommé « les Gardiens de la Ligne claire » pour faire pression sur ces producteurs avides de millions d'entrées et hostiles à toute idée originale ?

Et puis pourquoi interdire ce film en particulier et permettre à certaines personnalités de polluer l'esprit des trois-quarts de la planète. Des exemples ? De l'ensemble de la famille Kardashian à Justin Bieber en passant par toutes les stars éphémères de la téléréalité, ils sont légion.

Décidément, ces pirates du net me déçoivent de plus en plus.

17:51 Publié dans Chronique, Film | Lien permanent | Commentaires (0)

BD : Le péteur penseur de Tébo

 

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Il n'y a pas de connaissance inutile. Dans le vaste champ de l'anatomie humaine, ce petit livre va révolutionner bien des existences. Tebo, dessinateur de BD (Captain Biceps avec Zep) a une nouvelle fois exploré. un monde tabou de notre civilisation très policée. Après « In caca veritas » puis « In pipi veritas », il signe les illustrations de « Je pète donc je suis » sur des textes de Ben Applebaum et Dan Disorbo. Ce petit livre discret de 130 pages fait le tour de la question des flatulences, vesses et autres pets (le fait que notre langue ait plusieurs mots pour définir ces gaz prouve leur importance). S'il y a une partie technique (composition des pets, aliments à éviter pour les limiter...) le bouquin vaut surtout pour les légendes des prouts, leur conséquence dans notre entourage et leur utilisation pour détendre l'atmosphère. George Clooney, le playboy de ces dames n'a-t-il pas affirmé : « Rien que de penser aux pets ça me fait rire. Dire le mot péter me fait rire. Pour moi, il n'y a rien de plus drôle. » Les pages sont ainsi parsemée de « Perle de sagesse ». Comme ce bon mot attribué à Redd Foxx, acteur comique américain, « Dieu a créé le pet. Ensuite, il lui a donné une odeur pour que les sourds puissent en profiter ». Par contre, plus on progresse dans la connaissance des flatulences, plus le livre aborde des sujets un peu plus étonnants. Un chapitre vous permet d'acquérir des « connaissances approfondies pour atteindre des sommets de puanteur ». Le livre se termine par une ode aux pétomanes, ceux qui font de la musique et parfois des effets enflammés du plus bel effet. Attention cependant « cela risque de provoquer un incendie qui pourrait détruire votre maison. La perspective de voir des flammes jaillir de votre postérieur en vaut-elle la peine ? »

« Je pète donc je suis », Glénat, 8 euros

 

10:04 Publié dans BD, Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tebo, pète, glénat

18/12/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Vieillir, la belle affaire !

« J'ai dix ans ! » Le refrain de la chanson d'Alain Souchon me trotte dans la tête depuis plus d'une semaine. La faute à la musique d'un film actuellement à l'affiche, « Terre battue », où un mari cocufié, chante à tue-tête ces quelques mots en allant taguer le beau bâtiment de l'architecte amant de sa femme (pas que je soupçonne ma femme d'en avoir un, voir plus loin). A dix ans on en fait des bêtises. On ne craint rien, surtout pas la mort. Ceci explique certainement les résultats d'une étude médicale américaine. Il est prouvé que les personnes âgées qui sont persuadées que leur âge est inférieur de trois à quatre années à la réalité, meurent beaucoup moins de maladies cardio-vasculaires que celles qui se sentent plus vieilles qu'elle ne sont. L'optimisme est un médicament épatant, un élixir de jeunesse inégalable.

Alors, vous qui êtes aux portes de la retraite, voire en plein dedans, un conseil : n'agissez pas en vieillard cacochyme, de ceux décrits dans une autre chanson célèbre, « Les vieux » de Jacques Brel. Si vous vous résignez à ce que votre heure arrive en écoutant « la pendule d'argent qui ronronne au salon, dit oui, qui dit non, qui dit je vous attends », pas de problème, le temps vous semblera long, mais sera forcément plus court que si vous gardez un esprit jeune, ouvert et volontaire.

 

Donc, réécoutez Souchon et répétez-vous, tel un mantra, « J'ai dix ans. » Au final, bien évidemment, vous mourrez comme les autres. Mais si l'étude dit vrai, en réalité vous vous éteindrez à 14 ans... 

 

 

CINEMA : Une "Famille Bélier" qui fait du bien

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Ne boudons pas notre plaisir. Le film d’Éric Lartigau est optimiste, réjouissant et émouvant. C’est suffisamment rare par les temps qui courent...

 

"Mes chers parents... » Les trois premiers mots de la chanson finale du film « La famille Bélier » vous restera longtemps en tête tant sa charge émotionnelle est intense. Interprétée par Louane Emera, elle arrachera même quelques larmes aux plus sensibles. Le long-métrage d’Éric Lartigau parvient à jouer sur deux cordes sensibles : la comédie et le drame. Un travail d’équilibriste délicat dans lequel il s’en tire à merveille.

Les Bélier exploitent une ferme familiale. Des vaches, quelques fromages en vente directe. Rien d'exceptionnel si ce n’est qu’ils sont presque tous handicapés. Sourds et muets exactement. Le père Rodolphe (François Damiens), la mère Gigi (Karin Viard) et le fils Quentin (Luca Gelberg).

  • Un film universel
     

Tous handicapés sauf Paula (Louane Emera), qui entend et parle. Elle sert d’interprète perpétuel à sa famille. Conséquence cette jeune fille de 16 ans se retrouve à passer des commandes au téléphone entre deux cours et est réquisitionnée par ses parents pour traduire une consultation chez le médecin. Un gynécologue plus précisément, pour une scène d’anthologie (il y est question de mycose, de crème, de champignons, de vagin en feu et de poêlée, le tout dans la jolie bouche de l’innocente Paula).

Une fois le cadre posé, il ne reste plus qu’à lâcher l’élément perturbateur, en l’occurrence un beau Parisien dans le lycée de Louane. Elle le retrouve au cours de chant du professeur Thomasson, un Éric Elmosnino, archétype du blasé, coincé en province à son grand désespoir, à tenter de donner l’envie de chanter à une « chorale d’escalopes panées ».

Or, Paula a une voix d’exception. Le professeur veut absolument qu’elle progresse pour tenter de rejoindre la Maitrise de Radio France, école d’excellence. Problème : c’est à Paris et cela implique qu’elle abandonne sa famille... si dépendante d’elle.

Par les nombreux thèmes évoqués, le film frôle l’universel. De l’émancipation de la fille à la solitude de la mère, de la réussite à Paris à la vie tranquille en campagne, du don de Paula au handicap du reste de sa famille... Le tout servi par des interprètes excellents.

Louane Emera pour son premier rôle est très convaincante mais elle est à bonne école avec François Damiens et Karin Viard, hilarants malgré leur silence. On aurait pu craindre qu’ils en fassent des tonnes côté gestes et mimiques mais ils ont parfaitement intégré le langage des gestes à leurs tonitruantes, mais silencieuses, sorties.

Le film, en cette période de fêtes familiales, de fin d’année devrait contenter toutes les générations.

17/12/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le calendrier de la rétro

A chaque fin d'année, les journalistes doivent se creuser la tête pour trouver des idées de reportage susceptibles de remplir les pages. Notamment durant la fameuse "trêve des confiseurs" où l'actualité se met en pause. Par bonheur, un génie a inventé un jour la "rétro". On profite de ce moment pour faire le point sur les 350 jours précédents (invariablement, les 15 derniers passent à l'as). En clair : faire du neuf avec du réchauffé. Simple dans la formulation, mais à dire vrai, l'exercice relève du grand art. Seules les grandes cuisinières savent parfaitement accommoder les restes. 

En presse écrite, le principe est le même. "Pondre" une rétro en deux jours chrono requiert talent, efficacité et un certain feeling. Car il ne suffit pas d'aligner les événements par ordre chronologique pour en extraire l'âme d'une année. Il faut au contraire savoir sélectionner, couper, amalgamer et synthétiser afin d'en retirer la substantifique moelle. Un véritable exercice de style. Cette année, Libération a eu l'idée de coupler sa rétro avec un calendrier de l'Avent, autre tradition incontournable de décembre. Ce mixage donne "31 raisons de sauver l'année 2014" à découvrir au jour le jour, du maintien de l'IVG en Espagne à l'émergence internationale de l'économiste Thomas Piketty.

Pour ma part, je ne retiendrai pas grand-chose de cette année 2014. Je préfère penser à l'avenir et toutes les bonnes choses que me réserve 2015, de la joie d'être pour la première fois grand-père à la sortie d'un nouveau Star Wars, sans oublier les 20 ans de vie commune avec ma chérie.

BD : Nostalgie automobile

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Même si certaines voitures contemporaines ont un peu de gueule, rien ne vaudra certains anciens modèles, ancrés dans les mémoires de plusieurs générations de Français. Dugomier (scénario) et Bazile (dessin) font revivre quelques modèles de légende dans ce recueil d'histoires courtes au délicieux parfum de nostalgie. Cap sur les années 50-70 en Aronde, Alpine, Panhard ou Deux-Chevaux. Au total dix voitures hors du commun qui se prêtent aux récits exceptionnels. En plus d'être une délicieuse plongée dans le passé, chaque récit apporte quelques renseignements techniques sur les modèles utilisés. On apprend ainsi que la Panhard a véritablement été la première voiture révolutionnaire, quelques années avant la DS. Quatrième vitesse, phare antibrouillard, tableau de bord rembourré, carrosserie ultra légère en aluminium, optimisation de l'aérodynamisme : tout est nouveau. Sa carrière sera de courte durée mais elle fera bien des petites sœurs. L'Aronde aussi aura une durée de vie assez limitée mais restera très longtemps sur les routes françaises. Son look de fausse américaine en fera une compagne idéale pour les « mas-tu-vu » de l'époque. La BD s'achève avec l'Alpine, la reine des rallyes. Mais pour elle, une seconde jeunesse est à l'étude...

 

« Garage de Paris », Glénat, 13,90 €

 

09:15 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bazile, dugomier, garage, glénat

16/12/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : A chacun son métier

Connaissez-vous le point commun entre un bûcheron, un journaliste de presse écrite et un militaire ? Ces trois professions, sont, dans l'ordre, les trois pires métiers de 2014 d'un classement effectué par un site américain de petites annonces selon trois critères : salaire, stress et perspectives d'embauches.

Le bûcheron a encore une petite possibilité de trouver du boulot. Par contre, au niveau stress c'est la cata. Il travaille dans des zones reculées avec d'énormes et dangereuses machines. Mieux vaut avoir des nerfs d'acier ou se contenter d'une espérance de vie limitée pour se tourner vers un tel job.

Le journaliste de presse écrite est victime de la crise des journaux papier. Avec une baisse conjoncturelle de 13 % du nombre d'emplois, les jeunes n'ont de toute manière aucune chance de se faire embaucher à un poste qui semble, aux USA, réservé à quelques dinosaures en voie d'extinction.

Quant au militaire, il est victime de sa raison d'être : tuer ou être tué... Stress maximum. Pourtant, le métier est loin d'être bouché. Au contraire, il semble avoir le vent en poupe, les guerres se multipliant dangereusement aux quatre coins de la planète.

Alors la pire situation serait un journaliste parti faire un reportage sur des bûcherons isolés en forêt dans une zone de conflit. Il suffit qu'il s'y soit rendu en taxi et les quatre pires professions seraient réunies au pire endroit de la planète.

De quoi faire ricaner mathématiciens, professeurs d'université, statisticiens et autres dentistes, métiers moins fun, certes, mais qui assurent débouchés, tranquillité et richesse....

BD : Copilote de charme pour Michel Vaillant

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De tous les héros de BD pilotes de course, Michel Vaillant est le maitre-étalon. Après 70 aventures imaginées et dessinées par Jean Graton, il est reparti pour de nouvelles aventures (une nouvelle saison exactement) sous la houlette d'un brillant quatuor. Denis Lapière et Philippe Graton au scénario, Bourgne et Bénetteau au dessin. Dans une facture réaliste irréprochable, tant anatomique que mécanique, ils donnent un second souffle, très moderne et d'actualité, à un personnage qui n'a rien perdu de sa rage de vaincre. Après les déboires du fils, inventeur d'un moteur électrique révolutionnaire, l'action se recentre sur le personnage principal. Pour lancer un nouveau modèle de Vaillante, il s'engage au rallye du Valais. Et pour augmenter le buzz, son frère lui adjoint comme copilote la ravissante journaliste Carole Ouessant. Parfait pour attirer la presse, mais peu au goût de Françoise, l'épouse de Michel. Un peu de romance, beaucoup de lutte sur les routes et quelques péripéties économiques font de cet album le digne successeur de la série originelle.

 

« Michel Vaillant » (tome 3), Dupuis – Graton, 15,50 €

 

15/12/2014

De choses et d'autres : Trop près de toi mon Dieu

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Emoi chez les "Carolos". Le clocher d'un village proche de Charleroi en Belgique est trop près du ciel. Non pas de Dieu, mais des avions en phase de décollage.

Conséquence, l'aéroport vient officiellement de demander à l'évêché local de raboter de 18 mètres le clocher de l'église Saint-Sulpice à Jumet sur une hauteur totale de 51.

Etonnante cette société où certains se croient tout permis. Du premier édifice bâti au Xe siècle, à l'actuel, érigé vers 1750 (donc bien antérieur à l'invention de l'aviation), l'église est en outre classée depuis 1949 au patrimoine culturel. A Charleroi, l'arrivée de Ryanair a bouleversé le paysage de ce qui n'était qu'une petite piste provinciale. Multiplication des destinations, extension des infrastructures, augmentation de la capacité des avions. Sauf quand le vent souffle dans un certain sens et que ce satané clocher se trouve juste dans l'axe des décollages. Les avions, pour obtenir l'altitude de sécurité, doivent se délester. De passagers. De rentabilité…

C'est là que des technocrates ont eu l'idée géniale : décapiter le clocher. Ahurissant, choquant, mais quand même proposé à l'évêché. Avec la promesse d'une confortable indemnité. Heureusement l'information a fuité. Le clocher devrait garder son aspect séculaire.

Dans le cas inverse, je crains qu'il ne se soit trouvé des hommes de Dieu prêts à inventer une quelconque malfaçon dans la toiture pour refaire (et raccourcir) en toute impunité l'édifice. Car si les voies de dieu sont impénétrables, les voies du ciel s'achètent facilement, si on y met le prix.

Cinéma : “Timbuktu”, beauté contre barbarie

 

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Injustement oublié au palmarès du festival de Cannes, le film d’Abderrahmane Sissako est un témoignage fort contre la barbarie de l’islamisme radical.

 

 

Abderrahmane Sissako parle de son film « Timbuktu » tel un sage africain : avec mesure, gravité et poésie. Sa parole porte, comme ses images, belles et horribles à la fois. Belles comme ces paysages du Mali, ces rues gorgées de soleil, ces dunes aux courbes féminines. Horribles comme les hommes en armes qui ont pris la ville, y font régner la terreur de leur religion intransigeante, jugeant et tuant au nom d’un dieu très éloigné de la miséricorde. « On peut emprisonner l’amour et la musique mais on ne peut pas les tuer », explique le réalisateur malien persuadé que « l’amour vaincra le djihadisme ». Sans être à proprement parler un film politique, Timbuktu est avant tout un témoignage, une trace « pour qu’aucun enfant ne puisse apprendre plus tard que leurs parents peuvent mourir parce qu’ils s’aiment ».

 

Lapidation

« Timbuktu » fait partie de ces films qui ont eu toutes les peines du monde à se monter. À la base, Sissako voulait réaliser un documentaire sur la lapidation d’un couple dans un petit village. En juillet 2012, un homme et une femme ont été tués à coups de pierres car ils n’étaient pas mariés devant Dieu. Ils avaient deux enfants. Le pays était toujours en guerre, il a renoncé et s’est tourné vers la fiction. « Timbuktu » devait à la base ne raconter que le quotidien des habitants de la ville placés, du jour au lendemain, sous le joug de ces hommes venus du Nord. Mais un autre fait divers a de nouveau modifié la trame du film. Kidane (Ibrahim Ahmed, dit Pino) vit paisiblement dans les dunes en compagnie de sa femme Satima (Toulou Kiki) et sa fille Toya (Layla Walet Mohamed). Il possède un petit troupeau de vaches confié à un jeune berger. En les abreuvant, au bord d’un lac, l’une d’entre elles détruit les filets d’un pêcheur. Ce dernier la tue. Kidane réclame une indemnisation, les esprits s’échauffent et le fermier tue accidentellement le pêcheur. Ce sont les djihadistes qui vont juger Kidane. Selon la charia.

Le drame progresse lentement, inexorablement. Dans cette ville où toute tradition ancestrale est devenue interdite. Plus de cigarettes, ni de musique. Les femmes doivent être voilées, porter des chaussettes et des gants, les enfants n’ont plus le droit de jouer au football...

Le film n’est pourtant pas dénué de nuances. « J’ai humanisé les djihadistes », admet Sissako. La nuit, quand ils font la chasse aux musiciens, avant d’intervenir, ils écoutent longuement ces mélodies si belles. Un autre pose ses armes et danse en compagnie de Zabou la folle (Kettly Noël), formidable personnage, bouffée de liberté sous cette chape d’interdits. Le film, en plus de mettre en lumière l’Islam tolérant, réalité de cette Afrique sahélienne, porte également un message d’espoir. La terreur djihadiste est vouée à sa perte. « Mais, prévient Abderrahmane Sissako, la victoire ce n’est pas l’armée. La victoire ce sont ceux qui résistent, ceux qui chantent. »

 

 

Un projet en Chine

 

Grand oublié du Festival de Cannes, Abderrahmane Sissako avoue « cinq minutes de déception » à l’énoncé du palmarès. « Ce qui compte surtout pour moi, c’est l’accueil du public. » Il y a dans le film plusieurs moments de grâce absolue, un côté poétique qui tranche avec la violence d’autres scènes. Un match de foot sans ballon reste dans les mémoires. La nuit, dans la douceur d’une pièce recouverte de tapis et de coussins, deux jeunes couples jouent de la musique. Les femmes chantent. C’est beau, émouvant. Mais interdit.

 

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Le lendemain, la chanteuse, habillée de noir de la tête aux pieds, est fouettée en public. Du chant mélodieux aux hurlements de douleur...

Encore en projet, Sissako pense à un film sur la Chine. « Je voudrais raconter comment un Chinois revient en Afrique pour y retrouver sa fille illégitime. La Chine est en Afrique comme l’Afrique est en Chine. Des histoires se nouent. Il va falloir faire avec ce nouveau monde » C’est une réalité incontournable pour Sissako. « La Chine construit des ponts et des routes en Afrique. De 1960 à aujourd’hui, la France n’a plus rien fait en Afrique. L’Occident a délibérément choisi d’appauvrir l’Afrique. »

09:44 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : timbuktu, jihad, mali, sissako, cannes, charia

14/12/2014

BD : Les angoisses de Louis de Funès

 

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Louis de Funès, dont on célèbre cette année le centenaire de sa naissance, voit une recrudescence de livres sur sa vie et son œuvre. Le roi de l’humour français est au centre de ce biopic dessiné. « Louis de Funès, une vie de folie et de grandeur », sur un scénario de François Dimberton et des dessins d’Alexis Chabert, raconte en 130 pages la vie de cet acteur hors du commun. Un éternel anxieux, jamais satisfait, toujours angoissé.

Il est vrai que son enfance n’a pas été de tout repos avec un père disparu de longues années après avoir fait croire qu’il s’était suicidé. Ce qui le sauve ? L’amour de sa mère et un piano. Il excelle devant le clavier qui lui procure ses premiers cachets dans des bars et autres cabarets parisiens. Durant de longues années, il devra se contenter de vache enragée. Et quand il commence à remporter un peu de succès, loin de se reposer, il cumule les emplois.

La journée il tourne pour le cinéma, le soir il joue au théâtre et dans la foulée retrouve son piano. Cette peur que tout s’arrête le contraint à tout accepter, essentiellement des seconds rôles peu valorisants. Ce n’est que vers 50 ans qu’il accède enfin à la reconnaissance du public.

La BD alterne grands rendez-vous cinématographiques, rencontres importantes et moments intimes dans une famille où tout tournait autour de l’acteur.

 

« Louis de Funès, une vie de folie et de grandeur », Delcourt, 16,95 euros.

 

13/12/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Une vie en chiffres

Les dérives de l'économie numérique ne sont plus à démontrer. Nos vies ne sont plus constituées de chair et d'émotion mais de suites de chiffres. Des zéros et des uns, codage binaire oblige. On en a la preuve chaque jour avec les applications et autres gadgets connectés destinés à "quantifier" notre existence. Un mouvement est en train de naître, dit du "quantified self", le soi quantifié qui revendique "la connaissance de soi à travers les chiffres". Votre smartphone, associé à un bracelet ou une montre, ne cesse de compter. Une journée se résumera par un tableau synthétique bourré de données. Nombre de pas : 7 854 (pas suffisant, il faut dépasser les 10 000), nombre de marches : 152 (vous avez pris trois fois l'ascenseur, pas bien...), rythme cardiaque moyen : 92. Pic à 132 vers 14 h 05 à l'arrivée de la nouvelle secrétaire intérimaire, descente à 62 lors de la mini-sieste impromptue de 15 h 51 au cours de la lecture d'un rapport barbant. Et de retour au domicile, la valse des chiffres reprend : 2 h 22 devant la télévision, dont 41 minutes de publicité, 15 secondes pour se brosser les dents (peut beaucoup mieux faire). Au petit matin cela continue, encore et encore... « J'ai bien dormi," annoncez-vous satisfait à votre compagne en constatant que votre sommeil profond représente 22 % des 7 h 42 passées au lit. "Pourtant tu as ronflé exactement 532 fois cette nuit" vous réplique-t-elle dans les dents. "Tu as une nouvelle appli ?" demandez-vous innocemment. La réponse, loin d'être moderne, est vieille comme Hérode : "Non, je n'ai pas fermé l'œil de la nuit à cause de tes ronflements... »

16:54 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0)