05/01/2014

BD : Lady S, espionne et appât

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Tout le monde en veut à Lady S. La belle héroïne imaginée par Van Hamme et dessinée par Aymond est en cavale. Heureusement elle a encore quelques alliés du côté des services secrets britanniques. Cachée dans une ferme auberge anglaise, elle doit se faire le plus discrète possible. C'est sans compter sur des malfrats qui tentent de braquer une banque en sa présence. Les réflexes prennent le dessus et Lady S met hors d'état de nuire les trois braqueurs. La presse s'empare de l'affaire, Lady S est démasquée. Immédiatement, mafia russe, services secrets français et le sinistre Colonel se précipitent pour l'éliminer. Anglais et Américains en profiteront pour l'utiliser comme appât et faire un peu de vide. Un album très bien rythmé, sorte de fausse sortie d'une héroïne qui, pour une fois, termine son aventure presque sereinement.

 

« Lady S » (tome 9), Dupuis, 12 €


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04/01/2014

BD : Le passé de XIII

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Pour donner une suite crédible à la série XIII de Van Hamme et Vance, Sente, le nouveau scénariste, n'a pas lésiné sur la profondeur de l'intrigue. C'est le troisième tome du second cycle mais on devine déjà que les rebondissements seront nombreux et haletants. Un peu coincé dans le format (48 pages), il distille ses révélations au compte-gouttes. Jones s'éclipse de cet épisode au profit de la rousse et plantureuse Betty. Jason MacLane revient enfin aux USA. Une organisation secrète aux méthodes expéditives veut absolument lui faire recouvrer la mémoire. XIII, avant d'être un espion, était dépositaire d'un secret qui peut ébranler la puissance des USA. Une partie historique passionnante, au cœur de la création des premières colonies américaines. Jigounov, le dessinateur, a fondu son trait réaliste dans celui de Vance. Parfois c'est bluffant. Mais attention, deux ou trois cases font plus penser à Bob Morane (époque Coria...) qu'à XIII.

 

« XIII » (tome 22), Dargaud, 11,99 €


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CINEMA :Ben Stiller, rêveur éveillé

Il réalise et interprète le rôle principal, Ben Stiller porte sur ses épaules « La vie rêvée de Walter Mitty », jolie parabole sur le dépassement de soi à l'affiche cette semaine.

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La vie, la vraie, n'a souvent rien à voir avec un film d'Hollywood. Pas de héros intrépide, encore moins de jolie femme en détresse à sauver. L'existence de Walter Mitty est insipide : travail triste dans les archives photos d'un magazine, célibataire, timide et renfermé. Mais finalement Walter est heureux comme ça. Son secret ? La possibilité de déconnecter de cette morne réalité pour rêver une vie plus exaltante. Mais au lieu de le faire couché en plein sommeil, il a tendance à rêver sa vie dans des endroits publics comme le quai d'une gare ou un ascenseur. Au risque de rater son train ou son étage... Walter pourrait se contenter de ces escapades palliatives si la belle Cheryl ne déboulait pas dans son train-train. Elle vient d'être embauchée dans le service comptabilité du magazine. Walter la croise dans les couloirs, à la machine à café... Elle devient l'héroïne des rêves éveillés de Walter. Mais pour une fois, cela ne lui suffit plus. Walter, fou amoureux à la timidité maladive, n'ose pas déclarer sa flamme. Comme dans un de ses rêves incongrus, il décide de s'inscrire sur le même site de rencontre que Cheryl pour la séduire sans qu'elle sache qu'il est un collègue de travail. Encore faut-il qu'elle le remarque. Son profil manque de relief : voyages : néant, passions : néant...

 

Volcan et skate-board

Le film de Ben Stiller, son cinquième derrière la caméra, est ouvertement romantique. Le comique américain met un peu ses outrances en sourdine pour camper cet homme, anodin en surface, extraordinaire à l'intérieur. Une belle performance d'acteur, Walter se transformant par la force des choses en véritable aventurier. Le binoclard empoté des premières minutes devient, par amour du travail bien fait (et de la belle Cheryl interprétée par Kristen Wiig), un intrépide routard dévalant les volcans en skate-board ou plongeant dans les eaux glacées de l'Atlantique Nord depuis un hélicoptère.

Les véritables ennuis de Walter arrivent sous la forme de jeunes technocrates à la barbe parfaitement taillée. Le journal vient d'être racheté. Terminé la parution papier, il faut transformer la vieille institution en site internet. Pour le dernier numéro, la couverture sera signée de Sean O'Connell, archétype du reporter photographe. Mais le négatif choisi est introuvable. Ce sera le fil rouge du film : Walter, responsable de cette perte, va devoir le retrouver, quitte à mouiller sa chemise, voire à la déchirer par moments.

Le tournant du film est marqué par le morceau emblématique du groupe pop canadien Arcade Fire, « Wake Up ». Finis les rêves, Walter doit se réveiller et faire place à l'action. Une transition si spectaculaire que le spectateur est longuement persuadé qu'il s'agit d'une nouvelle séquence onirique qui n'en finit plus. Ben Stiller paye de sa personne, sillonnant le globe, du Groenland à l'Himalaya en passant par l'Islande aux paysages toujours aussi époustouflants. Les effets spéciaux du début (course poursuite dans les rues de New York à la Spiderman mâtinée de Surfer d'argent) ne sont plus nécessaires : la nouvelle vie de Walter Mitty lui donne l'opportunité de connaître enfin les poussées d'adrénaline des grands reporters. Autant d'expériences qui lui permettent d'étoffer sa page de profil sur le site de rencontres du début de film. Mais ça, c'était avant...

 

03/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : De l'importance du sens du coq tricolore...

foot, coq, bleus, franceSuperstitieux, les footeux ? Pas plus que le commun des mortels. En revanche, les observateurs du monde du ballon rond (et des comptes en banque bien remplis) le sont, eux. A la limite du pathétique, en découvrant le dernier billet du blog "Panthéon Foot" hébergé par l'Express. "Le coq tricolore est-il une girouette ?", s'interroge le rédacteur.

Et de remarquer, sur le maillot des Bleus, l'orientation changeante du coq. Parfois, il regarde vers l'extérieur. D'autres vers l'intérieur. Une recherche dans les archives photos et tous les spécialistes respirent : le nouveau maillot de l'équipe de France - celui du prochain Mondial au Brésil n arbore un "coq intérieur". C'était le cas en 1998 et en 2000, années victorieuses. Raymond Kopa en 1958 portait lui aussi un coq tourné vers l'intérieur.

Le cas inverse augure une grosse catastrophe. Genre Afrique du Sud et sortie d'Anelka contre l'entraîneur Domenech. Ou fiasco complet en 2008 et élimination dès le 1er tour.

Certains footballeurs ne jouent pas sans leur gri-gri fétiche, comme ces vieilles paires de chaussettes repérables à 10 mètres pour cause d'odeur soutenue, mais le coup du sens du coq, c'est vraiment faire une croix sur le beau jeu et le travail en amont. Si l'affaire s'annonçait aussi simple, les Bleus afficheraient une dizaine d'étoiles à côté de leur coq, tourné dans le bon sens.

A moins que toute cette démonstration ne serve au rédacteur qu'à placer cette savoureuse sortie (de jeu) : "Souhaitons qu'au Brésil, avec un coq bien orienté, nous puissions au moins sortir des poules."

15:24 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : foot, coq, bleus, france

02/01/2014

Livre : Secrets d'alchimistes à la sauce Loevenbruck

Mais qui se cache sous le pseudonyme de Fulcanelli ? La question lancinante est en filigrane de ce polar d'Henri Loevenbruck.

 

henri Loevenbruck, fulcanelli, mystère, alchimie, trésor, polar, flammarionAlchimie, spiritisme, ésotérisme... Autant de pratiques aujourd'hui désuètes mais qui étaient très à la mode il y a un siècle. Dans ce polar mené tambour battant, Henri Loevenbruck emmène ses lecteurs sur les traces du mystérieux Fulcanelli. Si pour le commun des mortels Fulcanelli ne dit absolument rien, par contre les spécialistes et passionnés de transmutation de plomb en or s'étripent encore (par publications interposées) pour savoir qui se cachait derrière ce pseudonyme. Il a publié deux livres, régulièrement réédités. La légende veut qu'il a également laissé un carnet manuscrit avec le début de sa dernière grande œuvre, contenant des révélations si tonitruantes qu'il a préféré les cacher aux profanes.

Un siècle plus tard, ce mystérieux carnet refait surface dans une enquête policière. Radenac, flic de base, est contacté par la fille d'un riche collectionneur. Elle a retrouvé son père mort dans son fauteuil. A priori une crise cardiaque (il allait sur ses 92 ans). Mais l'héritière remarque qu'un titre manque dans sa collection de livres anciens. Le fameux carnet signé Fulcanelli.

Radenac, cartésien mais surtout séduit par la belle orpheline, demande l'aide de son copain Ari Mackenzie, le héros récurrent des romans de Henri Loevenbruck. Ari, ancien des services secrets français, est une pointure du sujet. Mais il a une théorie : Fulcanelli n'existe pas, c'est l'invention du préfacier et de l'illustrateur des deux livres parus dans les années 20. Donc cet hypothétique carnet, s'il existe, est lui aussi un faux.

Il faudra une succession de meurtres pour que Ari revienne sur ses certitudes. Un homme retrouvé poignardé devant une toile symbolique de l'œuvre de Fulcanelli, dans une vieille église de Séville. Et un autre membre d'une société secrète d'alchimistes, découvert mort dans sa maison de campagne au centre d'une savante et macabre mise en scène. En creusant un peu, Ari parvient même à prouver que le nonagénaire n'a pas cassé sa pipe tout seul. Une accumulation de cadavres pour une enquête entre chasse au trésor et course poursuite pétaradante.

 

Carnet de moleskine

Tout l'attrait de ce roman est dans l'enquête minutieuse menée par l'auteur sur les multiples hypothèses autour de la véritable identité de Fulcanelli. Et plutôt que de voir l'ensemble avec le regard expert de Mackenzie, il fait intervenir Radenac, totalement néophyte et donc ouvert à toutes les suppositions. Une bonne partie de ces 400 pages est constituée des notes de Radenac sur son carnet de moleskine. Il y passe en revue les différents « fulcanisables », de Eugène Canseliet, le préfacier à Pierre Dujols, libraire en passant par Julien Champagne, l'illustrateur ou Camille Flammarion, célèbre astrologue, ami des précédents et intime avec la famille de Lesseps, les « protecteurs » de Fulcanelli.

Et pour couronner le tout, Henri Loevenbruck n'oublie pas de faire progresser l'histoire d'amour entre le héros et une jolie libraire, Lola, fil rouge des aventures de Mackenzie. Ces deux-là s'aiment trop pour être heureux. A moins que l'adversité ne les rapproche et leur ouvre enfin les yeux...

Michel LITOUT

« Le mystère Fulcanelli », Henri Loevenbruck, Flammarion, 21 €


 

 

DE CHOSES ET D'AUTRES : Savourez le moment

L'avantage des fêtes de fin d'année, comme de la gueule de bois, c'est que cela dure toujours un peu plus longtemps qu'espéré. Une fois Noël passé, youpi, on remet ça pour le Nouvel an. Et arrivé au premier jour de la nouvelle année, on est comme aspiré dans un trou spatio-temporel qui ralentit le temps.

Déjà, impossible de se lever tôt. Un peu en raison des excès de la veille. Beaucoup car dehors le calme règne, pas de voiture, aucune agitation. Un silence inhabituel, mais typique du jour férié le mieux suivi dans le monde. Pour les repas, inutile de se casser la tête : les restes feront largement l'affaire. Les enfants, toujours en vacances, s'échinent à franchir un niveau supérieur du nouveau jeu vidéo.

A la télé, en sourdine, de vieilles rediffusions sont proposées. On zappe sans conviction de Cléopâtre à un vieux James Bond. Sans oublier le fameux Bêtisier rediffusé pour la 10e fois en deux semaines. Les deux ou trois coups de fil à des parents proches pour les traditionnels vœux constitueront l'effort le plus violent de la journée, du moins celui exigeant le plus de volonté.

Le 1er janvier par son immobilisme chronique semble bien mal choisi pour se lancer dans des résolutions révolutionnaires. Il est si bon de laisser couler les heures sans se soucier du lendemain.

J'espère de tout mon cœur que vous avez savouré ce moment hors du temps où l'on se contente de si peu. Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais j'ai comme l'impression que le retour à la réalité lundi prochain sera particulièrement rude.

01/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : 2014, année paire

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Les superstitieux ne regretteront pas l'année 2013. Certains, notamment les responsables marketing des jeux de hasard, tentent à tout bout de champ de nous faire croire que 13 est le numéro de la chance.

ivre, 2013, 2014, treize, chance, malédiction, varDésolé, c'est l'inverse. Ce n'est pas pour rien s'il n'y a pas de 13e étage dans les buildings américains, ni de place 13 dans les avions ou que quelques magazines n'ont pas de page 13 entre la 12 et la 14 mais une 12bis.

Cette année 2014, je sens qu'elle va être très bénéfique. Mais pour bien la commencer et contrairement à 88% de mes compatriotes, je n'ai pas l'intention de boire une seule goutte d'alcool. Je prévois même de me rendre dans le Var. Avec le secret espoir de me faire contrôler par les gendarmes. Et le maximum de fois. Vous feriez comme moi si vous saviez que pour combattre les fléaux de l'alcool au volant, le préfet du Var a décidé de récompenser tous les automobilistes sobres. Un bon pour 20 euros de carburant d'un côté, une prune et quelques points en moins de l'autre. Le choix est vite fait. D'autant que conduire ivre est réellement dangereux.

A moins de faire comme ce trentenaire charentais intercepté par la maréchaussée au petit matin. Totalement saoul, pour ne pas devoir rentrer chez lui à pied, il décide de voler un véhicule. Notre poivrot prend ce qui lui tombe sous la main : un rouleau-compresseur. A très faible allure (8km/h en vitesse de pointe), il parcours 10 kilomètres avant d'être intercepté. Un périple zigzaguant mais en toute sécurité car même un gros 4x4 ne fait pas le poids face aux cylindres de béton...

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mercredi 1er janvier 2014 en dernière page de l'Indépendant. 

31/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : Bon appétit, sauf s'il y a des quenelles au menu du réveillon

 

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Ce soir, on baffre ! Les menus de la Saint-Sylvestre sont réputés pour leur consistance. Le genre de repas qui débute en 2013 et se termine en 2014. Du recherché, avec titres ronflants et poétiques. Mais attention à ne pas vous faire avoir, parfois le contenu de l'assiette n'a qu'un lointain cousinage avec le met annoncé.

Genre « La Rissole Feuilletée de Tendre Pigeonneau au Foie Gras Grillé et Farce Fine Embeurrée de Chou Vert à la Truffe », soit une sorte de friand goût poulet avec du vert autour... Chez certains cela frise même l'escroquerie quand on recycle du surgelé. Les mini-brochettes de légumes confits (4,60 euros la boîte de 12) risquent de se transformer, une fois dégelées, en « Sarabande multicolore de légumes ensoleillés cuits lentement dans leur suc »

. Il y aura également des dindes au menu. Autour de la table aussi. Et forcément quelques dindons de la farce.

Méfiez-vous si dans le réveillon où vous êtes invité on propose en entrée des « boudins blancs au poisson carnassier roulé dans la farine ». En clair, vous allez devoir avaler des quenelles de brochet. La quenelle, pas forcément mauvaise, mais à l'arrière-goût particulièrement écœurant depuis quelques temps. Je sens qu'on va en manger des tonnes de cette quenelle en 2014.

Il se pourrait même que son zélateur se présente aux Européennes sous l'étiquette du Parti Quenellien. Quand je recevrai le matériel électoral du fameux parti, je saurai quoi en faire puisque c'est marqué dessus : aux toilettes le PQ !

Chronique "De choses et d'autres" parue en dernière page de l'Indépendant ce 31 décembre.

18:27 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : quenelle, réveillon, pq

BD : Trolls hilarants

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Si Arleston est omniprésent en cette fin d'année 2013 dans les bacs des libraires, il y a un album à ne pas manquer dans le lot : le tome 17 des Trolls de Troy. Il y donne libre cours à son humour dévastateur. Un yacht vogue près du village des Trolls. A bord la famille De Noyelle. Le petit dernier, Shapin, est à la recherche de son pouvoir magique. Il le fait fonctionner sans en mesurer les conséquences. Il échange ainsi les esprits de sa sœur, Kyrlande, avec celui de Waha. A partir de là, tout roule. Comment une noble snob va-t-elle s'adapter dans son corps de quasi trolle. A l'opposé, Waha résistera-t-elle dans cette enveloppe molle et grasse, sentant bon le savon fleuri ? Mourier anime l'ensemble avec une vigueur sans égale. Il prend de plus en plus de plaisir à dessiner les formes généreuses de ces femmes émancipées. Et de regretter une fois de plus que ce duo de génie n'ait pas été retenu pour reprendre Astérix...

 

« Trolls de Troy » (tome 17), Soleil, 13,95 €


30/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : Rétr'horoscope de l'année 2014

sarkozy, météo, chômage, delarue

Exercices obligés de la presse en fin d'année : la rétro et l'horoscope. Dans un souci d'économiser le papier voici une tentative de mélange de genres : la rétro de l'année 2014 en fonction des prévisions des meilleurs astrologues.

Niveau météo, au début ça caille, puis ça se réchauffe et même ça brûle un peu. Rassurez-vous, tous les prévisionnistes annoncent une nouvelle chute des températures pour la fin d'année. Comme dans les sondages, il y a une marge d'erreur de plus ou moins 10° (là, sûr que j'ai tout juste).

Fin mars, le problème du travail le dimanche revient sur le tapis. Et pour une fois ce ne sont pas les salariés du privé qui trinquent mais les fonctionnaires préfectoraux et municipaux. Dans la foulée, le cours des communiqués saluant une « victoire électorale majeure » va exploser. Logique, pour les municipales, les frais de campagne sont remboursés dès que l'on obtient 5% des suffrages exprimés.

En cours d'année un « grand de la culture française » nous quitte. Statistiquement, ils seront même une dizaine. Non, je ne dévoilerai pas leur identité. La dernière fois que je me suis risqué à parler avec humour de la mort d'une célébrité, il était vivant quand j'écrivais les lignes et mort quand vous les lisiez le lendemain. Depuis, le fantôme de Jean-Luc Delarue me hante certaines nuits.

Enfin 2014 sera marqué par plusieurs retours. Dans le désordre : Nicolas Sarkozy, l'inversion de la courbe du chômage (saison 2), Nicolas Sarkozy, Guy Bedos et Nicolas Sarkozy.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant. 

29/12/2013

BD : "La brigade juive" ou quand un peuple prend les armes

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Pour vaincre les Nazis, les Alliés ont mobilisé toutes leurs forces. Même les Juifs, pourtant sans pays à l'époque, ont participé à la victoire finale. En découvrant les horreurs des camps, Churchill a donné l'autorisation de former une brigade juive venue de Palestine. C'est l'histoire de ces hommes dévorés par un inouï désir de vengeance que raconte Marvano dans le premier tome intitulé « Vigilante ». On retrouve, durant l'été 45, au volant d'une jeep, Leslie Toliver, le pilote automobile de la série « Grand Prix » du même Marvano. Il a quitté l'écurie Mercedes et sillonne l'Europe de l'Est en compagnie d'Ari, un autre soldat de la brigade. Ils ne sont plus en service. Ils ont abandonné le drapeau britannique pour l'étoile de David et traquent les anciens SS tentant de se dissimuler dans la population. Ils sauvent également quelques Juifs, rescapés des camps de la mort mais rejetés par la population locale. Une BD très instructive sur une partie assez méconnue de la guerre et les prémices de la création de l'état hébreu et de son armée dont la brigade juive est l'ancêtre.

 

« La brigade juive » (tome 1), Dargaud, 13,99 €


07:50 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marvano, brigade juive, dargaud

28/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : Stagiaires d'avenir

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En politique, tout est bon pour faire parler de soi. Edouard Josse, 22 ans, jeune loup UMP de Lyon, en fait un peu trop. Les rédactions locales reçoivent un communiqué annonçant sa nomination au cabinet de Jean-François Copé, président du parti d'opposition. Belle promotion pour ce fer de lance de la Manif pour tous en Rhône-Alpes. Certains journalistes ont quand même la mauvaise idée de vérifier l'information. Et découvrent que cette « nomination » n'est en fait qu'un stage à partir du 1er juin... Certes, c'est tout à l'honneur d'Edouard Josse d'accepter de débuter au plus bas. Encore faut-il le reconnaître...

Il est d'autres stagiaires plus prometteurs. Joey Hudy, jeune Américain maniant les mathématiques comme d'autres leurs manettes de jeux vidéo, vient d'être recruté par Intel, le leader mondial des microprocesseurs, l'intelligence des ordinateurs. Simple stagiaire car il n'a que 16 ans. Mais si la loi américaine autorisait Intel à faire travailler des enfants, Joey aurait certainement bénéficié d'un CDI avec salaire annuel à cinq zéros. Le PDG d'Intel a découvert Joey à la Maison Blanche au cours de la présentation au président Barack Obama de son canon à air comprimé en PVC... On y voit le président US pomper frénétiquement, tel un Shadok, pour propulser une guimauve sur un mur de la Maison Blanche.

Joey a décroché un premier stage à Intel, mais il risque de céder aux appels des sirènes des fabricants d'armes dans peu de temps. Et là, on ne parlera plus de guimauve !

Chronique "De choses et d'autres" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant

27/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ô, temps, Au temps, Autant... pour moi

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Le site parodique « Le Gorafi » regorge d'informations loufoques mais totalement crédibles. En lisant l'article sur la polémique autour de l'orthographe de l'expression « Au temps pour moi/Autant pour moi », non seulement je ris, mais il me remet en mémoire une violente algarade familiale.

Selon un sondage (totalement bidon), « au travail, les Français perdent entre 2 heures et demie et 3 heures à se chamailler pour savoir qui a raison sur l'orthographe de l'expression autant pour moi/au temps pour moi. »

Il y a quelques mois, mon épouse, fine lettrée et respectueuse des directives de l'Académie française, dans une lettre à ses parents, ponctue une de ses phrases par « Au temps pour moi. » Courroux de sa mère au téléphone : « Il faut écrire autant pour moi. Ton professeur de français a dû se retourner dans sa tombe ! » Sûre de son fait, ma tendre et chère, vigilante relectrice de ces chroniques avant parution, explique les origines militaires et musicales de l'expression et n'en démord pas.

L'altercation s'envenime et frôle le « Defcon 2 » (soit à dix secondes du déclenchement du feu nucléaire). La fin des hostilités intervient quand mon épouse, magnanime, admet que les deux orthographes sont autorisées.

La suite de la conversation, plus consensuelle, se contente de la météo. « Quel temps fait-il au bord de la Méditerranée ? » demande ma belle-mère. Et c'est reparti : Le Gorafi termine son article en soulignant que « la majorité des Français dépenseraient un autre quart de leur durée de présence au travail à rechercher sur Internet l'orthographe de Méditerranée ».

Chronique "De choses et d'autres" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant. 

26/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : Bêtisiers, la télé du pauvre

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Les fêtes de fin d'année, les cadeaux, les gueules de bois, les bonnes résolutions... le bêtisier. En quelques années ce programme télé peu coûteux est devenu l'arme fatale des programmateurs. Car comme une gastro provoquée par des huîtres pas fraîches, le bêtisier s'est propagé sur toutes les chaînes.

Mardi soir, les solitaires en manque de bûches et de cadeaux pouvaient oublier leur déprime en zappant sur France 2, D8, TF1 et NRJ12. De 20 h 30 à 2 heures du matin, il n'y en avait que pour les fous rires impétueux, les chutes, lapsus et autres gaffes en direct. Cinq heures de rires assurés.

En théorie car dans la réalité, une fois qu'on enlève les transitions laborieuses des présentateurs sur le retour, il reste tout juste quatre heures d'images. Il faut encore y retrancher les trois heures vues et revues depuis des années et qui ne font même plus sourire tant on en connaît le dénouement par cœur. Reste une heure inédite. Ou presque. Internet est souvent passé par là et certaines séquences ont déjà fait le buzz.

En fait, un bêtisier, ce sont 30 minutes de nouveautés chaque année, qui tournent en boucle sur toutes les chaînes. C'est pas cher, ne demande aucune originalité et rapporte gros. La télé du pauvre par excellence. Pour preuve, certaines chaînes de la TNT déclinent le format à l'infini en cours d'année.

Seule Arte échappe à la mode. Pourtant qu'est-ce qu'on rigolerait en entendant Alain Finkielkraut confondre Freud avec Lacan ou le chef d'orchestre Erwin Ortner laisser passer un do dièse à la place d'un ré...

 

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

 Le grand bêtisier de D8, c'est cadeau !

25/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : François Bayrou, ado turbulent

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« C'est une connerie d'adolescent ! » François Bayrou, 62 ans, les accumule. Il s'est grièvement blessé à la main en escaladant les grilles du stade de rugby de Pau. En quelques minutes, il est passé d'homme politique responsable briguant la présidence de la République à simple adolescent turbulent. Et paradoxalement il en devient 100 fois plus sympathique. Je lui prédis une remontée en flèche dans les sondages. Forcément, un sexagénaire assez casse-cou pour escalader un grillage haut de 2 m 50 semble beaucoup plus humain qu'un énarque excessivement prudent.

Il faut dire qu'il n'en est pas à son coup d'essai. Il y a 24 ans, il plonge malencontreusement dans une piscine... quasiment vide. Le bête accident domestique qui parle à tout le monde. François Bayrou l'a bien compris. Sur son lit d'hôpital, il pose pour la presse locale, la main bandée, et se moque de son imprudence. Être soi-même reste la meilleure façon de se rapprocher de ses électeurs.

En 1978, Jacques Chirac fait une sortie de route. Durant de long mois il se déplacera avec des béquilles. Comme tout convalescent.

Attention cependant, tout accident domestique n'est pas profitable électoralement. Si NKM se retourne un ongle en ouvrant une boîte de caviar, pas la peine d'alerter les faitdiversiers de service la nuit de Noël.

De même Marine Le Pen a eu raison de demeurer très discrète cet été sur sa chute dans une piscine. Une fracture du coccyx est beaucoup moins photogénique qu'une main bandée.

24/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : Achats impossibles

En Angleterre, la direction des célèbres magasins Marks & Spencer permet à ses caissiers et caissières musulmans de refuser de servir les clients si ceux-ci achètent de l'alcool ou de la nourriture contenant du porc. Ils sont invités « le plus aimablement possible », à faire la queue dans une autre file.

Si on généralise et étend cette liberté, faire ses courses s'apparentera au parcours du combattant. J'imagine. Dans quelques années, je fais un peu de shopping à Londres. Dans mon caddy toutes sortes de produits. Reste maintenant à choisir la bonne caisse.

Pas la peine d'aller vers cette souriante jeune femme, son foulard indique clairement que ses fines mains tatouées au henné ne toucheront pas mes lardons.

Le suivant, avec son turban hindou, aura du mal à avaler l'entrecôte de bœuf du rayon boucherie. La caissière suivante porte une croix en or particulièrement voyante autour du cou. En temps normal, elle prend tout. Sauf qu'on est vendredi et que la viande est interdite en ce jour réservé au poisson.

Au quatrième essai tout se passe bien jusqu'à l'arrivée sur le tapis d'une coûteuse crème de nuit que je compte offrir à mon épouse. La caissière croise ostensiblement les bras, me foudroie du regard et explique sentencieusement : « Pour mettre au point ces cosmétiques, des animaux ont été torturés ! Je ne cautionnerai jamais ces pratiques ! »

Bon, j'ai compris, je remballe tout et me dirige vers une caisse automatique. Les robots au moins n'ont pas de conscience ni de religion. Ils sont juste très pointilleux et refusent tout code barre mal imprimé... Bad luck !

DE CHOSES ET D'AUTRES : série télé, de la fiction à la réalité

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Pourquoi les séries télé américaines sont-elles plus intéressantes que les françaises ? Facile : les Français s'inspirent d'histoires tirées de la réalité. Les Américains eux, imaginent tout, et la fiction devient réalité. Les premiers sont en retard, les seconds en avance.

La preuve ? Prenez la série « Breaking Bad » diffusée actuellement sur Arte le vendredi soir. Lancée en 2008, elle raconte comment Walter White, un professeur de chimie atteint d'un cancer des poumons, se lance dans la fabrication de drogue de synthèse pour payer son traitement et assurer l'avenir de sa famille. Succès aidant, Breaking Bad a tenu 5 saisons, le final vient d'être diffusé aux USA.

Et semble avoir donné des idées à certains. Comme ce quinquagénaire condamné la semaine dernière à 12 ans de prison. Son nom : Walter White. Son délit : fabriquer de la méthamphétamine. La ressemblance physique est tout aussi frappante, le condamné arbore une barbe bien taillée comme le personnage principal de la série. Dernier détail qui tue, le vrai délinquant a failli mourir de la même façon que le personnage fictif. Mais je ne vous dirai pas comment ici, au risque de « spoiler » le dernier épisode.

En France, impossible de voir un tel fait divers : il ne se passe jamais rien d'exceptionnel dans les séries. Par contre la vraie vie regorge d'originalité comme le crash de l'hélicoptère en Gironde après la vente d'un domaine viticole ou le cannibale des Pyrénées, incroyable descente aux enfers d'un ancien militaire. Bientôt sur les écrans ?


23/12/2013

BD : Maëster, le maître

Athanagor Wurlitzer, glénat, maester

Il y a 30 ans, un drôle d'obsédé sexuel a fait ses premières apparitions dans les pages de Fluide Glacial. Athanagor Wurlitzer cherche l'âme sœur. Ce grand romantique a un gros problème : le sexe. La vue d'un décolleté, du galbe d'une cuisse ou de la rondeur d'une fesse ferme suffisent pour lui faire exploser les neurones. Et perdre tout sens commun. Bref, Athanagor est obsédé par le sexe, mais n'arrive jamais à conclure. Ces histoires courtes marquaient les quasi débuts d'un futur grand de la BD humoristique : Maëster. Histoires courtes délirantes, parodies de contes, conseils pratiques... ces 140 pages présentent l'intégralité de ses déboires libidineuses. Et comme les éditions Glénat ont décidé de faire les choses en grand pour cette réédition ultime (et en noir et blanc), le lecteur trouvera en fin de volume un cahier graphique avec quelques recherches et des couvertures du magazine créé par Gotlib. A l'époque, Maëster débutait, aujourd'hui c'est un maître.

 

« Athanagor Wurlitzer, obsédé sexuel » (intégrale), Glénat, 25,50 €


22/12/2013

BD : Belles intégrales à offrir

500 histoires drôles en BD

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirEnvie de rigoler ? De beaucoup rigoler ? Ce recueil ultime est pour vous. Vous y trouverez 500 histoires drôles en BD étalées sur plus de 330 pages. Pas moins de 25 dessinateurs au sommaire et trois scénaristes. Découpé en chapitres thématiques, ce livre vous permettra de vous moquer des couples ou des toubibs sans oublier un très gros contingent de scénettes polissonnes. (Vents d'Ouest, 13,90 €)

 



Bidouille et Violette

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirSérie culte des années 80 dans le journal de Spirou, Bidouille et Violette revient dans une intégrale sous-titrée « Chronique mélancolique d'un premier amour ». Bernard Hislaire, jeune auteur complet, voulait casser les codes de la BD pour adolescents. Son personnage principal est un gros garçon timide, fils du tenancier d'une baraque à frites. Ses aventures ? Il n'y en a pas. Bidouille est simplement amoureux de la belle et évanescente Violette. Cet amour naïf, voire impossible, est une sorte de BD documentaire avant la lettre. On y retrouve toute la poésie de Hislaire, mais avec aussi la dureté de notre monde. C'est beau et triste à la fois. Conséquence, avec le temps, cette BD culte est devenue un classique. (Glénat, 38 €)

 

Le très gros livre de Simon's Cat

 

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirApparu dans des petits films animés sur le net, Simon's Cat a depuis conquis le marché du livre. Et comme ses histoires sont muettes, il inonde la planète entière. Pour ces fêtes de fin d'année retrouvez ce gros chat un peu nigaud, toujours partant pour faire une bêtise, dans un gros recueil de dessins et d'histoires courtes. En noir et blanc, Simon Tofield avec son trait simple et efficace, raconte les mille déboires d'un matou qu'on aimerait câliner tout en redoutant ses envies de destruction. Idéal pour tout public et tous les âges. (Fleuve Noir, 14,90 €)


21/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : Voyages dangereux avec l'Atlas des lieux maudits

arthaud, lieux maudits, atlas, de Carrer

Dans la déferlante de beaux livres publiés pour la fin d'année, ne manquez pas cet « Atlas des lieux maudits » paru chez Arthaud. Olivier Le Carrer y liste une quarantaine de sites remarquables... et dangereux. Dans la région, vous découvrirez le mythique château de Montségur, dernier bastion des Cathares. L'auteur retrace l'épopée des « Parfaits » et leur chute. Montségur, surnommé la Synagogue de Satan par les inquisiteurs est en ruine, mais il reste à proximité des traces de ce bûcher où 200 hommes et femmes ont préféré mourir plutôt que d'abjurer leur foi. « L'émotion affleure partout dans ce site magnifique où tant de questions restent sans réponses... » En ce 21 décembre, jour du solstice d'hiver, il paraît que l'architecture du château de Montségur permettait « de spectaculaires jeux de lumières s'alignant dans l'ouverture des murailles, comme si les bâtisseurs avaient voulu faire de cette forteresse une sorte de calendrier astronomique. »

L'Atlas propose également des destinations plus lointaines comme Nauru, l'île gruyère, rongée par l'exploitation du phosphate. De paradis tropical au coeur du Pacifique Sud, Nauru s'est transformée en désert où « il ne reste plus trace de faune ni de flore. »

 

Afrique, Australie, Amériques, Asie, l'Atlas illustré de cartes anciennes, permet de voyager en imagination. Et de se dire que finalement, dommage qu'on n'ait qu'une vie pour ne pas tout visiter.