07/03/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Gotlib, l'humour-étalon

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Si en géométrie, pour mettre tout le monde d'accord les savants ont élaboré le mètre-étalon, en matière de rigolade Gotlib incarne la seule référence absolue, l'humour-étalon. Alors qu'il va fêter ses 80 ans, le créateur de Gai-Luron et Superdupont est à l'honneur dans une grande rétrospective au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme à Paris (du 12 mars au 27 juillet).

Gotlib a débuté dans les années 60 dans Vaillant et Pilote et a pris sa retraite il y a une quinzaine d'années. Il a tout inventé pendant ce laps de temps. Le moindre rire intelligent qui retentit en France depuis un demi siècle est forcément un peu inspiré de son œuvre. On trouve des traces de ses créations partout, sous toutes les formes. Arnaud Montebourg et sa croisade du Made un France n'est qu'une retranscription, au premier degré, de l'univers de Superdupont, le héros en lutte contre l'AntiFrance armé de sa baguette, son camembert, son béret et son tricot de corps. Mais là où Gotlib se moque d'un patriotisme ringard et dépassé, notre ministre du Redressement national semble prendre au pied de la lettre un message comique et satirique.

Gotlib est l'exemple parfait de l'évolution des mœurs du siècle dernier. De Gai Luron à Hamster Jovial il balaie toutes les formes d'humour, du plus classique au trash absolu comme cette biographie imaginaire d'Amadeus Quincampoix, inventeur du papier toilette.

Gotlib a libéré l'humour en France et permis à plusieurs générations de comiques d'éclore. Cette exposition de 150 planches originales pour le Grand Prix d'Angoulême en 1991 n'est que justice.

 

06/03/2014

Livre : Les secrets de Jean Gabin

 

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Immense acteur, monument du cinéma français, encore présent dans bien des mémoires, Jean Gabin a toujours été très discret en dehors des plateaux de tournage. Cette biographie exhaustive signée Jean-Jacques Jelot-Blanc, grand connaisseur du cinéma français, permet de mieux appréhender le « Jean Gabin inconnu ». Des petits secrets du tournage de « Quai des brumes » de Marcel Carné (ambiance tendue en raison du harcèlement financier d'un émissaire du producteur) aux dernières années de l'acteur dans des rôles sur mesure comme « La Horse » ou « L'affaire Dominici », l'auteur détaille une longue carrière, de jeune premier à patriarche bourru. Gabin a tourné plus de 90 films et affiche le score phénoménal de 85 millions de spectateurs en France. Ces pages nous replongent dans une période du cinéma certes révolue, mais qui a façonné durablement un 7e art tricolore, une « exception culturelle » dont Jean Gabin est aussi un des plus beaux exemples.

 

« Jean Gabin inconnu » de Jean-Jacques Jelot-Blanc, Flammarion, 480 pages, 22 €

 

05/03/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le bon son français ira à l'Eurovision

eurovision, france 3, twin, moustacheSans être voyant extralucide, je vous prédis que la France ne remportera pas le concours de l'Eurovision en 2014. Et si je me trompe et que le groupe Twin Twin finit premier de cette compétition musicale, j'avale ma carte d'identité et demande à être déchu de ma nationalité française. Il y a des limites au déshonneur...

France 3 a donc dévoilé ce week-end le choix du public pour représenter la France au concours prévu le 10 mai au Danemark. Twin Twin, trio hip hop, a tiré le gros lot (quoique) grâce à la chanson "Moustache". Rythmique basique et entraînante, danseuses peu vêtues se trémoussant devant et derrière les musiciens déguisés façon Patrick Topaloff : l'impression générale est bonne. Surtout si on est resté bloqué dans le style années 80.

Les paroles, en français (seul bon point à leur crédit), sont particulièrement "cheap". "Je veux ci, je veux ça", "je donnerais tout pour avoir une moustache". Avec un florilège de rimes riches entre costard et dollar ou dernier étage et femme de ménage. Pas la peine d'épiloguer sans fin : au mieux, c'est nul, au pire, affligeant.

D'autant que cette composition serait le plagiat de deux tubes déjà très entendus. Le début pompe l'air à "Papaoutai" (Stromae), le refrain à "Dur, dur d'être un bébé" (Jordy). Mon oreille musicale ne me permet pas de juger ces allégations. Serge Llado, chansonnier catalan spécialiste des "chansons qui se ressemblent" trancherait avec nettement plus de compétence. Il est vrai que lui, la moustache, il la porte depuis toujours.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 

Cinéma : Une nuit pour sauver Paris dans "Diplomatie" de Volker Schlöndorff

Face à face tendu entre un général allemand et un consul suédois. En jeu : la destruction de Paris. Diplomatie, film de Volker Schlöndorff, raconte cette nuit d'août 1944.

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Les guerres, pour s'achever, ont besoin de diplomates. Oubliés quand les combats font rage, ils réapparaissent lorsque la défaite a choisi son camp. En août 1944, le débarquement allié a repoussé les défenses allemandes loin à l'intérieur du pays. Les divisions anglaises, américaines, canadiennes et françaises sont à quelques kilomètres de Paris. Les Allemands tiennent toujours la capitale, mais les renforts se font attendre. A la tête de ces quelques centaines d'hommes, jeunes et inexpérimentés, se trouve le général Von Choltitz (Niels Arestrup), gouverneur du Grand Paris. En poste depuis quelques semaines, il est investi d'une mission qu'il entend accomplir en bon militaire obéissant aux ordres sans discuter. Au balcon de sa suite de l'hôtel Meurisse, il fume une cigarette et admire la ville lumière. Le Louvre, la Tour Eiffel, Notre Dame. Ces monuments, célèbres de par le monde, ne seront plus que ruines dans quelques heures.

 

 

 

Von Choltitz est chargé de raser Paris. Les Alliés, en arrivant dans la capitale, ne découvriront qu'une scène de désolation. Des dizaines de charges sont placées sur tous les ponts et monuments. Tout explosera au même moment. Même la Tour Eiffel, lestée de quatre torpilles sous-marines à chaque pied s'écroulera tel un château de cartes. Ce scénario apocalyptique est l'œuvre de l'ingénieur français Lanvin. Sa parfaite connaissance de la capitale lui permet d'optimiser la destruction. La main tremblante, la voix cassée, il explique le plan à Von Choltitz, froid et imperturbable. Il ne reste plus qu'à relier toutes les charges entre elles et ordonner la mise à feu, centralisée dans les sous-sols de l'Assemblée nationale.

 

Éloge de l'insoumission

En un petit quart d'heure, le spectateur est plongé dans ce véritable cauchemar. Qui n'a pas eu lieu mais qui fait encore froid dans le dos. Un quart d'heure, c'est le temps qu'il faut à Raoul Nordling (André Dussollier), consul de Suède à Paris, pour entrer en jeu. Alors que les canons tonnent au loin et que l'électricité se coupe par moment, la suite est plongée dans le noir. Quand la lumière revient, le général allemand n'est plus seul. Tel un fantôme, Raoul Nordling a fait son apparition près de l'imposante bibliothèque. Voilà quelques heures qu'il observe Choltitz derrière une glace sans tain. Il est vrai que cette suite regorge de secrets. Dont un passage souterrain qu'il a utilisé. Le diplomate vient remettre un message du général Leclerc. Il finira en miettes dans la poubelle, sans même avoir été lu. Nordling va alors abattre ses cartes une à une. Dans un baroud d'honneur, pour sauver ce décor merveilleux, il va tenter de culpabiliser le militaire, essayer de lui faire comprendre que sa décision le fera entrer dans l'Histoire : « Les généraux ont souvent le pouvoir de détruire, rarement celui d'édifier ». Un duel où chacun tentera de persuader l'autre.

Adapté d'une pièce de théâtre de Cyril Gély, ce long dialogue, avec Paris en toile de fond, permet à deux acteurs d'exception de montrer toute l'étendue de leur talent. Le réalisateur, Volker Schlöndorff, semble avoir rajouté quelques scènes en extérieur presque à contrecœur, comme si l'essentiel se déroulait entre ces quatre murs d'un hôtel de luxe. Deux vies face à face pour une ville. Mais quelle ville.

 

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Niels Arestrup l'insoumis

 

« DIPLOMATIE » Un film de Volker SCHLÖNDORFFDes deux rôles de cette pièce de théâtre jouée plus de 200 fois avant d'être adaptée au cinéma, celui du général allemand est le plus risqué. Niels Arestrup s'en tire plus qu'avec les honneurs. Vainqueur du César du meilleur second rôle vendredi dernier pour « Quai d'Orsay », il pourrait sans difficulté rafler celui du meilleur acteur l'année prochaine pour son interprétation du général von Choltitz dans « Diplomatie ». Il a parfaitement endossé cet uniforme de dignitaire nazi pourtant difficile à porter. Sec, abrupt, désabusé il s'impose comme le plus humain de tous les protagonistes même si c'est à lui que revient « l'honneur » de donner l'ordre de destruction de Paris. Toute la force de Niels Arestrup est de faire ressortir et interpréter au fil des heures le doute qui s'immisce dans l'esprit de cet homme. Il faudra des trésors d'ingéniosité au diplomate, interprété par André Dussollier, forcément plus ambigu, pour emporter la décision. Niels Arestrup rend sa dignité à un homme, militaire intransigeant, qui, pour la première fois de sa longue carrière, découvre les bienfaits de l'insoumission.

Livres : La vieille qui voulait tuer le Bon Dieu enfin en poche !

nadine monfils, mémé cornemuse, pocket, belfondAdeptes du bon goût s'abstenir. Mémé Cornemuse, l'héroïne totalement déjantée imaginée par Nadine Monfils est de retour. Cette grand-mère indigne, fan de Jean-Claude Van Damme et d'Annie Cordy, imagine le casse du siècle. Une bijouterie regorgeant de breloques. Elle emménage donc dans un immeuble ou vit ce genre de locataire « qui avait un gros grain de beauté sur la joue gauche, garni d'un poil noir. Avec le double menton, on aurait dit une sorte de bonobo en jupe plissée. » Et si vous en voulez plus, jetez-vous sur « Mémé goes to Hollywood », la nouveauté 2014 qui vient de sortir chez Belfond. (Pocket, 6,10 €)

04/03/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : le succès planétaire du "Hollywood selfie"

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Toute la différence entre les Oscars et les Césars se résume à une histoire de selfies, ces photos prises à bout de bras avec son smartphone et que l'on partage sur les réseaux sociaux.

Vendredi soir, Kev Adams se photographie sur scène en compagnie de Cécile de France, la "maîtresse" de cérémonie. Une image reprise sur Twitter un peu plus de 900 fois. Dimanche, aux Oscars, l'autre maîtresse de cérémonie, Ellen DeGeneres, demande à Bradley Cooper de réaliser un selfie où elle est entourée de quelques stars. En moins d'une heure, le selfie hollywoodien est repris un million de fois. Depuis la fin de la cérémonie, il dépasse les deux millions. Aujourd'hui il est à plus de 3 millions... Oscars 1, Césars 0.

Rien d'étonnant. Le casting US était plus affriolant que Kev Adams dont l'étiquette d'humoriste se voit de plus en plus mise à mal, notamment vendredi soir. En plus de Bradley Cooper, figuraient sur le cliché Jennifer Lawrence, Jared Leto, Angelina Jolie, Meryl Streep, Brad Pitt, Julia Roberts, Kevin Spacey...

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De mauvaises langues soupçonnent ces selfies d'être des publicités déguisées ; un appareil sud-coréen de marque identique a servi aux deux photos, je ne la citerai pas car "ça me saoule". Or d'ordinaire, Ellen DeGeneres utilise le haut de gamme d'une marque américaine fruitée. Il se peut que des publicitaires branchés et tordus (double pléonasme) aient eu cette idée pour montrer leur produit. Mais vu les résultats, à leur place, je demanderais sur-le-champ à Kev Adams de rendre le 'dessous-de-table' qu'il a forcément dû empocher.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant. 

BD : Argent puant dans "Hedge Fund"

 

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Inspiré des souvenirs de Philippe Sabbah, banquier et co-scénariste, la série « Hedge Fund » ne vous réconciliera pas avec le capitalisme s'il vous fait horreur. Sabbah a parfaitement connu ce milieu de traders et hommes d'affaires qui manient les millions comme d'autres des pièces de 1 euro. Avec l'aide de Tristan Roulot il a romancé cette histoire de jeune loup prêt à tout pour s'imposer dans un monde impitoyable. Il fallait un dessinateur réaliste pour cette série. Patrick Hénaff se charge parfaitement de la mission, alternant open space, villas luxueuses et boites de nuit branchées. Franck Carvale, jeune Français, exilé à Hong Kong pour cause de faillite à Paris, vivote en vendant des assurances retraite peu rémunératrice. En rencontrant un certain Bilkaer, il met le pied dans ce système des hedges funds, abomination capitalistique qui rapporte gros aux plus joueurs... et immoraux. Grâce à des explications claires et simples, on a presque l'impression de se retrouver dans la peau de Carvale. Cela peut donner envie à certains. Faire vomir d'autres. Un premier tome épatant qui annonce une suite encore plus palpitante.

 

« Hedge Fund » (tome 1), Le Lombard, 12 €

 

03/03/2014

BD : Jéromeuh, un garçon au poil

 

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Jéromeuh (avec Meuh comme une vache qu'il n'est pourtant pas...) a commencé par dessiner sur un blog. Des gags où il se mettait en scène. Succès immédiat. Il est vrai qu'il aborde un sujet assez peu commun dans la bande dessinée : la vie en couple. Mais pas n'importe quel couple. Jéromeuh vit avec son « prince charmant, Philippe ». Après avoir décortiqué cette histoire d'amour dans un premier album, il revient avec des gags et histoires courtes qui voient l'arrivée d'une troisième pièce dans le puzzle : sa meilleure amie, blonde écervelée radicalement hétéro... La rencontre de ces trois est souvent explosive. Jéromeuh sert parfois de punching-ball entre les deux. Il doit faire preuve d'une grande diplomatie quand la belle, larguée par son mec, vient squatter chez les garçons. C'est finement observé, jamais vulgaire et au contraire presque trop romantique comme la demande en mariage ou l'hommage à Bernadette Laffont. Une BD qui prend aussi position, pour le mariage gay, contre les intolérants. Parce qu'on peut rire de tout, mais il y a des limites face à la bêtise...

 

« Un garçon au poil », Jungle, 13,95 €

 

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DE CHOSES ET D'AUTRES : Anti-Neknomination

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Le triste phénomène de la Neknomination sur Facebook a à peine eu le temps de devenir célèbre que plusieurs contreprojets ont vu le jour pour détourner un concept au summum de la bêtise (voir chronique du 14 février). A la base, il s'agit de boire cul sec une forte quantité d'alcool devant sa webcam et défier trois amis d'en faire autant.

Une chaîne de beuverie si inquiétante que certaines institutions ont même lancé des campagnes de communication comme le département des Alpes-Maritimes. Sous le mot-dièse #StopNeknomination, le slogan malheureusement vrai « L'alcool ne tue pas que les conducteurs... » devrait faire réfléchir. D'autres tweets demandent de « Briser la chaîne » en disant simplement non.

Même la ministre de la Santé Marisol Touraine publie un tweet pour dire que « Le courage, c'est de dire non ! »

 

 

 

Autre initiative, celle d'un internaute qui profite de la date du 14 février pour lancer le défi d'offrir des fleurs à une inconnue. Et de demander à trois amis de faire pareil. La chaîne des fleurs est tout de suite plus poétique que celle de la biture. Mais celui qui a le plus de succès (du moins au niveau des médias), est un jeune Bordelais. Au lieu de boire de l'alcool, Julien Voinson a initié une chaîne de bonnes actions - la smartnomination - où on le voit distribuer de la nourriture à des sans-abri.

Comme quoi, toute idiotie, une fois dénoncée et détournée, trouve son utilité dans une société en manque de repères.

02/03/2014

BD : Clarke va mieux, il le raconte dans les Etiquettes

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Clarke, dessinateur de Mélusine, a une vie de rêve. La série marche très bien, il a suffisamment de temps pour signer des albums plus personnels, ses enfants sont en bonne santé. Le seul problème, c'est son couple. Il a explosé. Avec pertes et fracas. Il ne comprend toujours pas et a décidé de mettre ces interrogations sur papier. Des histoires courtes de trois à cinq pages, en noir et blanc, écrites et dessinées avec les tripes. Il y a des passages assez déprimants, d'autres plus joyeux. Car même si on s'enfonce dans une dépression, la vie autour de soi continue et parfois vous révèle de belles surprises. Comme cette jolie demoiselle rencontrée en terrasse et qui lui explique comment remplir des étiquettes autour de soi. Et de s'en coller une sur le front. Clarke sera le « dessinateur ». Il l'accepte et va déjà beaucoup mieux. Il raconte aussi ses amours furtives dans les festivals, ses tentatives de faire du sport ou de comprendre ses enfants, quasiment adultes... Et puis il rend visite à son oncle, dessinateur de BD aussi. Un certain Pierre Seron. Attention, émotion garantie dans ces quelques dessins d'une grande tendresse.

 

« Les étiquettes », Glénat Treize Etrange, 15 €

 

01/03/2014

BD : Sénatrice au combat dans la suite d'Alter Ego

 

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Deux mois après le premier volet, la suite de la saison 2 d'Alter Ego débarque dans les librairies. Les auteurs, Renders et Lapière au scénario, Efa et Elias au dessin, ne laissent pas les lecteurs souffler. Après la présentation de la secte dominée par Noah Mendez, fils du président et principal manipulateur de la saison 1, la sénatrice Delia Mikulski entre en scène. Cette démocrate fait partie de la commission d'enquête chargée de trouver les coupables de l'affaire des Alter-Ego. Elle ne croit pas à ces jumeaux virtuels dont la santé est interdépendante. Pour elle, cette affaire n'était qu'une opportunité pour la NSA de surveiller massivement les citoyens du monde entier. Pourtant elle va douter quand Teehu (personnage au centre du premier tome) lui révèle l'existence d'une sœur jumelle. Delia protégée par Doug, chevalier servant prêt à tout pour sa belle, d'autant que deux autres membres de la commission sont assassinés en quelques jours. Palpitant, passionnant, étonnant... Ce n'était pas évident, mais c'est devenu indéniable : la suite d'Alter Ego vaut largement l'original.

 

« Alter Ego, saison 2 » (tome 2), Dupuis, 12 €

 

09:02 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alter ego, lapière, efa, elias, renders, dupuis

28/02/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ça les énerve à ces pauvres Anglais...

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Les instituts de sondage ne chôment pas en France. Les municipales, si elles ne déplacent pas les foules, font au moins marcher le secteur. Des entreprises tributaires de l'actualité et qui, quand la politique est en berne, se rabattent sur tout et n'importe quoi.

En Angleterre, cette période permet de lire dans la presse des sondages à la limite du surréalisme. The Independant, comme l'a relevé Alex Taylor dans sa revue de presse internationale hier matin sur France Inter, publie dans sa dernière édition une enquête d'opinion sur les 50 choses qui énervent le plus les Anglais dans la vie moderne. En tête les caisses automatiques dans les supermarchés. Avec l'exemple du client furieux parce qu'il n'existe pas de code-barres sur la banane qu'il vient d'acheter...

Allez savoir pourquoi, les Anglais ressentent également une certaine acrimonie contre les machines à pain et les machines à café.

Par contre on les comprend quand ils placent en 42e position Justin Bieber, même si personnellement il serait plutôt dans le Top 3. Je plains en effet ces pauvres Anglais qui, en plus de subir les frasques et les mélodies du jeune Canadien, comprennent parfaitement les paroles de ses chansons, calvaire qui est épargné à la grande majorité des Français (être mauvais élève paie parfois). Parmi les choses détestées que l'on retrouve certainement en France : les spam et la téléréalité.

Un sondage qui ne manque pas d'imagination puisqu'une majorité des 570 personnes interrogées déteste "devoir attendre devant des toilettes de pub occupées par des adolescentes qui squattent les lieux pour y réaliser des selfies".

Livres : La vie, la mort... un jeu !

Enfin ! Bretin et Bonzon achèvent enfin leur saga fantastico-policière du Complex. Un tome 3 encore plus étonnant que les précédents.

 

complex, eden, sentinelle, génération, bretin, bonzon, thriller, fantastique, le MasqueAprès « Eden » et « Sentinelle », la trilogie du Complex est enfin bouclée avec « Génération ». A la manœuvre, Denis Bretin et Laurent Bonzon, qui, quand ils écrivent en duo, abandonnent leurs prénoms pour le plus claquant Bretin & Bonzon. Le seul reproche que l'on peut leur faire, c'est la lenteur. Pas dans l'action du roman. Non, dans la parution de cet épilogue tant attendu de tous les lecteurs des deux premières parties de cette vaste saga fantastico-policière. Cinq ans c'est long. On retrouve donc les flics Renzo Sensini et Roman. Le bel Italien impassible au passé mystérieux et l'informaticien, un peu mou, trop gras et timide, mais à l'intelligence acérée et compétences techniques sans limite. Le duo travaille à Interpol. Du moins Roman car Renzo vient de démissionner.

 

L'Aubrac en décor

Les premières pages de ce troisième tome reviennent succinctement sur les événements précédents. La découverte du vaste complot par Sensini, la rédaction d'un rapport circonstancié et sa mise au placard immédiate. Visiblement il s'attaque à beaucoup plus fort que lui. D'autant que son amie, Iva, est éliminée. Un meurtre comme une simple mise en garde très explicite destinée à Sensini. Inquiet, ce dernier va immédiatement se rendre chez Léo, son ami prêtre retiré dans une maison isolée sur l'Aubrac. Une bonne partie du roman se déroule dans cette belle mais rude région de l'Aveyron. Dans la maison de Léo, déserte et transformée en camp de base par Sensini, dans une autre maison à proximité, la cave exactement où est détenu Léo, torturé par un homme se faisant appeler le Loup. Lentement mais sûrement, on devine la confrontation à venir entre ce dernier et Sensini. Une vieille dette à solder.

 

L'île du jeu

Une intrigue en plus dans la trame du roman déjà très riche. L'action se déplace parfois aux USA. En Virginie, là ou vit une certaine Tracy. Cette « gameuse » qui a pour pseudonyme RosaLux (pour Rosa Luxembourg) tente avec d'autres passionnés de jeux vidéo, d'atteindre le niveau 9 de l'île. Ce jeu, apparu récemment sur la toile, est unique. Il est réservé aux meilleurs. Si réel qu'on peut y laisser sa peau, au figuré.

La partie fantastique du roman est parfois un peu compliquée. Il faut s'accrocher et faire une sacrée gymnastique pour passer de la réalité à la réalité virtuelle puis à cette île, lieu imaginaire peuplé par des « partners » qui ont tout l'air d'être les maîtres du monde. Tels les Dieux sur l'Olympe, ils regardent les Humains courir en tous sens comme des cohortes de fourmis dérangées dans leur labeur programmé. Ils aiment bien jouer avec les mortels. Mais n'apprécient pas du tout quand on s'approche de leur repaire, le fameux niveau 10 de l'île. Pour se protéger ils ont une arme redoutable : Chitchine, tueur russe implacable.

L'attrait de ce roman fleuve de 400 pages consiste aussi dans la multiplicité des personnages. Les chapitres courts, très rythmés, empêchent le lecteur de s'ennuyer. Il est happé par le mouvement et l'inéluctable. Et en toile de fond on trouve une réflexion sur la manipulation des masses. Complex est un roman policier tirant sur le fantastique mais avec une bonne dose de politique pour ne pas mourir idiot.

Michel LITOUT

 

« Génération » (Complex, tome 3) de Bretin et Bonzon, éditions du Masque, 20 €

 

27/02/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ces étoiles bien cachées

La dernière livraison du Guide Michelin regorge d'adresses étoilées. Dans la région, plusieurs restaurants sont distingués. Pourtant, les véritables pépites où l'on savoure bonheur culinaire et accueil chaleureux bénéficient rarement de cette publicité de prestige.

Durant mes années aveyronnaises, je n'ai jamais aussi bien mangé qu'à l'Hôtel du Centre de Baraqueville. Simple, rustique, copieux, pas cher. Et pas de chichis. Le potage, toujours compris dans le menu, était amené dans une grande soupière qui passait de table en table.

Quand j'étais en poste à Castelnaudary, le Bar de l'Industrie était devenu un second bureau tant l'accueil de Sabine, Philippe et Ali était chaleureux. Des endroits de ce genre, heureusement il en existe encore. Il faut les chercher, ne pas hésiter à pousser des portes inconnues.

Et il s'en crée même de nouveaux. Pour preuve dans mon village actuel, à Pollestres au sud de Perpignan, deux jeunes n Vincent et Sébastien - viennent de reprendre le bar du centre-ville après trois longues années de fermeture. Un matin, je sirote mon café et le barman s'occupe en découpant des pommes de terre destinées à devenir les frites maison du plat du jour. Car le midi, ils proposent un menu tout compris, sans prétention mais qui ne déçoit jamais. Derrière les fourneaux, Sébastien le cuistot allie tradition et modernité. Comme le décor, peintures refaites à neuf mais avec aux murs de vieilles publicités émaillées pour des boissons du passé, un vélo rouillé et des pochettes de 33 tours. Eux, comme d'autres, ne figurent pas dans le Michelin mais ne déméritent pas.

Cinéma : le fil si ténu de la vie dans "Le sens de l'Humour" de et avec Marilyne Canto

Comment aimer après un deuil ? Cette interrogation torture le personnage d'Élise, au centre du film "Le sens de l'humour" réalisé et interprété par Marilyne Canto. La cinéaste sera ce vendredi 28 février à 19 heures au Castillet pour présenter son premier long-métrage.

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Talentueuse actrice française vue dans de très nombreuses productions ces dix dernières années, Marilyne Canto passe pour la premières fois derrière la caméra. Son premier long-métrage, mais pas ses débuts à la réalisation puisqu'elle a déjà quelques courts-métrages à son actif. « Le sens de l'humour » est d'ailleurs la suite de « Fais de beaux rêves », césar en 2006.

 

 

 

On retrouve Élise, interprétée par Marilyne Canto, dans sa vie de mère hyper active. Conférencière au Louvre, elle élève seule son fils Léo (Samson Dajczman) âgé d'une dizaine d'années. Seule car le père est mort. Dans le court, Marilyne Canto filme le moment de la disparition. Dans « Le sens de l'humour », on les retrouve, quelques années plus tard, dans la continuité. La vie continue. Le travail, l'école. L'absence physique du mort s'est atténuée, dans la tête, c'est une autre histoire. Certes Élise a rencontré un homme, Paul (Antoine Chappey), bouquiniste aux Puces. Ils s'aiment. Physiquement essentiellement. Élise est plus que sur la réserve. Dure avec cet homme, n'hésitant pas à lui affirmer « Je ne t'aimerai jamais », elle ne semble avoir de l'amour que pour son fils.

 

Omniprésence de l'absent

Composé de longs plans-séquences, dans les rues de Paris, au Louvre ou dans l'appartement d'Élise, ce film pourrait-être catalogué de cérébral. A cause du personnage d'Élise Une femme pleine de doutes, comme effrayée par l'amour, l'attirance. Pas encore guérie du deuil, incapable de se « donner », comme coupable d'infidélité. Mais à côté, sa vie bouillonne. Samson Dajczman, dans le rôle de Léo, est d'une justesse trop rare dans le cinéma français. Lui aussi son père lui manque. Il n'en a que peu de souvenirs. Matériellement cela se résume à une clarinette qu'il peine à monter. Qu'il conserve dans son lit la nuit. Avec Paul le courant passe. Une réelle complicité s'installe entre eux. Élise apprécie. Et c'est peut-être cette amitié qui va lui permettre d'accepter cet amour.

Film épuré, quasi minimaliste parfois, « Le sens de l'humour » est une radiographie de la difficulté d'accepter d'aimer à nouveau. Comme si Élise, après un long moment de repli sur soi, tentait enfin de déployer le fil ténu de la vie, croire au bonheur, à la renaissance des sentiments. S'épanouir et enfin sourire aux autres, aux siens.

 

Maryline Canto sera vendredi 28 février à partir de 19 heures au Castillet pour une séance exceptionnelle de son film en partenariat avec l'Institut Jean Vigo qui dévoilera le programme du 50e festival Confrontation du 9 au 15 avril.

26/02/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Parigots, têtes de bobos

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Les élections municipales ne sont guère passionnantes cette année à Paris où tout semble plié d'avance. Du moins vu de province. Car il faut bien le reconnaître, le « Parigot », comme on dit au-delà du périphérique, est une espèce bien complexe souvent tributaire de son arrondissement.

J'ai découvert sur le site internet « Merci Alfred » un test qui permet de déterminer dans quel arrondissement vous devriez vivre pour être le plus en accord avec vos goûts. Autant le dire tout de suite, je n'ai pas tout compris. Première question : que buvez-vous ? Et d'entrée je n'ai aucune idée de ce que peut être de la Volcelest (une bière bio, après recherches). Dans le choix des journaux, au moins deux ne sont pas en vente dans notre région et quand arrive le volet musique, Deadmaus ou Booba n'ont jamais atteint mes oreilles.

Le pire, arrivé à la fin, c'est le petit texte explicatif du résultat. Si vous êtes 12e, « Vous êtes sacrément visionnaire. Peut-être un peu trop. Investir dans un appart' dans le 12e parce que "dans 20 ans, ça vaudra de l'or", fallait oser. » Le 8e semble un lieu réservé aux initiés : « Y avait la queue chez Ladurée et c'était blindé chez Maxim's. Heureusement que la bonne a emmené les gosses au Parc Monceau parce que là vous êtes carrément au bout du rouleau. »

Mais le pire semble le 4e : « Habiter dans un Paris de carte postale, ça en jette. Se coltiner les touristes qui les achètent, un peu moins. »

Bon, les Parigots, restez entre vous, de toute manière c'est trop cher, ça pue et en province, personne ne fait la différence entre vos arrondissements.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 

Cinéma : Au plus près des ours

En réalisant Terres des ours en 3D, Guillaume Vincent permet aux spectateurs de s'immerger dans cette région sauvage du Kamtchatka.

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La Russie, encore plus que les USA, s'étend sur des milliers de kilomètres. Si on désigne Moscou comme une capitale de l'Est, en fait, la ville est placée à l'Ouest du pays. L'Est, c'est la Sibérie et encore plus au bout du continent, la péninsule du Kamtchatka, la terre des ours. Quasiment aussi grand que la France, ce territoire qui est baigné par les eaux glacées du Pacifique Nord, est une immense réserve naturelle. Faune et flore y sont protégées. C'est donc une chance de pouvoir admirer ces paysages tourmentés sublimés par la caméra en 3D de Guillaume Vincent. Le réalisateur de film animaliers est ses différentes équipes techniques ont passé une année dans des conditions extrêmes pour raconter la vie des seigneurs des lieux : les ours bruns. Ils sont encore plusieurs milliers à vivre dans ces vastes étendues.

 

 

Durant huit mois de l'année, ils hibernent dans leur tanière. Ce sont les premières images du film. Dehors la neige et le vent glacé empêche toute vie. Sous terre une mère dort profondément. Seul son petit s'agite, réveillé un peu trop tôt. Il cherche à sortir, ne se doutant pas des dangers qui le guettent. Racontée par Marion Cotillard, voix off de luxe, l'histoire de ces ours est classique. Pas de scénario alambiqué ni de mise en scène. Les ours n'ont pas de nom. Ils sont un parmi d'autres. Sorti un peu tôt, poussé par la faim, un jeune mâle va rejoindre la vallée des geysers, un micro climat où il sait qu'il trouvera à manger même en plein hiver. Il se contentera au début de jeunes pousses d'herbes. Etonnante image de ce monstre de griffes et de muscles, broutant comme une vache.

Quand tous vont sortir avec l'arrivée des beaux jours, ce sera un feu d'artifice d'images marquantes. Un vieux mâle se baigne dans un torrent et frotte sa fourrure à un arbre comme pour mieux profiter de cette nature généreuse. Une mère, tout en surveillant ses deux petits, joueurs et insouciants, va prendre la direction des rivières, là où la nourriture sera abondante. Car les ours n'attendent qu'une chose : l'arrivée des saumons pour le banquet annuel. Le film explique très pédagogiquement cette interdépendance entre les poissons venus du Pacifique et les ours. Des milliers de saumons vont remonter les rivières pour aller frayer là où ils sont né, cinq ans plus tôt. Les ours, au passage, pêchent les poissons et de goinfrent. Il y va de leur survie. Sans cette graisse accumulée en quelques semaines, ils ne pourraient passer les huit mois d'hibernation.

Spectacle grandiose, renforcé par les images en 3D, cette Terre des ours est un sanctuaire à protéger. Mais grâce au film de Guillaume Vincent, il ne sera plus ignoré du plus grand nombre.

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Un livre pour prolonger le voyage

Le film de Guillaume Vincent, fruit d'une année de travail, se décline aussi sous forme d'un beau livre paru chez Arthaud (24,90 €). La première partie, signée Yves Paccalet, le scénariste, est consacrée au Kamtchatka et aux ours bruns. Un texte entre poésie et pédagogie, illustrée de photos tirées du film. La seconde partie est l'œuvre de Guillaume Vincent. Il y raconte le making of du tournage. En montagne sous la neige, sous l'eau pour capter l'arrivée des saumons, au bord du lac Kourile entouré de centaines d'ours nerveux se disputant les saumons : il révèle nombre de secrets, comme pour mieux rendre hommage à son équipe technique mise à rude épreuve. Un dernier chapitre intitulé « La technique au service de la poésie » en est le meilleur exemple.

 

25/02/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Élégants, pas tricheurs les skieurs français

 

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Pas banale cette histoire de pantalons prétendument non conformes, aux jeux olympiques de Sotchi. En ski cross, les Français terminent aux trois premières places. Discipline peu connue mais spectaculaire, le trio tricolore va vite, très vite. Trop vite selon les Slovènes et les Canadiens qui accusent l'encadrement des Bleus d'avoir modifié la coupe des pantalons au dernier moment pour les rendre plus aérodynamiques.

Dans le genre « Explication tordue d'un mauvais perdant », on a rarement vu aussi gros. Le tribunal arbitral du sport a bien évidemment donné raison aux Français. Nos compatriotes n'avaient pas l'intention de tricher. Simplement, la fameuse French Touch leur interdisait de porter n dans une compétition internationale qui plus est n ces pantalons pattes d'eph' (le summum du mauvais goût depuis trois décennies).

Plutôt que d'avoir l'air aussi ploucs que les Slovènes ou les Canadiens devant des millions de téléspectateurs, ils ont exigé que la coupe soit rectifiée. Ainsi le bon goût français a triomphé et le rayonnement culturel du pays n'a pas souffert de cette faute de style qui aurait fait se retourner dans sa tombe Yves Saint-Laurent et Karl Lagerfeld (le second n'est pas vraiment mort mais depuis son régime il ressemble à une momie).

Ce n'est quand même pas le Canada, patrie de Gilles Vigneault et de Justin Bieber qui va nous donner des leçons d'élégance vestimentaire.

Et de toute manière, dans trois jours plus personne ne se souviendra du ski cross et encore moins du nom des médaillés français...

En bonus la vidéo de la course. 

BD : traque et traquenard dans "Perico" de Berthet et Hautière

 

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« Ligne noire », nouvelle collection des éditions Dargaud est directement inspirée de la mythique série Noire. Des histoires sombres, dessinées par Philippe Berthet, l'unique illustrateur très ligne claire de la série. Premier titre avec « Perico » (perruche en espagnol, mais également cocaïne en argot cubain) sur un scénario original de Régis Hautière. A la fin des années 50, à Cuba, pays en pleine déconfiture peu de temps avant l'arrivée de Castro au pouvoir, Joaquim, un jeune employé d'un hôtel restaurant appartenant au caïd de la pègre locale, récupère une valise bourrée de dollars. Avec ce trésor, il quitte l'île en compagnie de Livia, une chanteuse de talent promise en « cadeau » au président dictateur Battista par le gangster. Le couple va tenter de rejoindre Hollywood par la route. Des relations compliquées entre Joaquim et la diva, l'incrustation d'un joli et mystérieux) blondinet dans la voiture décapotable et les hommes de main à leurs trousses, l'action ne manque pas. Un road movie tendu et dramatique, mis en couleur par Dominique David qui a peut-être donné un coup de main à Berthet sur les dessins, le héros ressemblant énormément à Jimmy Boy, son héros si attachant mais abandonné faute de succès.

 

« Perico » (tome 1), Dargaud, 14,99 €

 

24/02/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le coup de la panne entre WhatsApp et Facebook

 

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Mark Zuckerberg, Pdg et créateur de Facebook, ne sait plus quoi faire de son argent. La semaine dernière il a déboursé 16 milliards de dollars pour acheter "WhatsApp", une application pour envoyer des SMS gratuits depuis son smartphone. Cela fait un peu cher le bidule qui, a priori, ne rapporte pas un kopeck puisque son succès est dû à sa gratuité et son absence totale de publicité. On se doute que le jeune entrepreneur, potentiellement homme le plus riche de la Terre (voire de la galaxie) a une idée derrière la tête.

Encore faut-il qu'il ne se soit pas fait tout simplement escroquer. Trois jours après l'annonce de cette acquisition, WhatsApp tombe en panne ! Non seulement ça coûte un bras, mais en plus c'est cassé. On ne va pas le plaindre. Il s'est fait avoir, comme tout un chacun à un moment ou un autre.

Dans le genre, je suis un spécialiste, mais heureusement dans un autre ordre de grandeur question finances. Ma première voiture, une 204 Peugeot achetée d'occasion à Montpellier et au comptant avec toutes mes économies, a roulé 200 kilomètres. Pas plus... Juste assez pour rallier Rodez, devant chez moi.

Sur les vide-greniers, mon enthousiasme me perd souvent. Trop content de trouver un lot de revues de BD des années 70 (mon péché mignon), j'achète. Les yeux fermés. Cruelle désillusion arrivé à la maison, le propriétaire de l'époque a consciencieusement découpé les quatre pages de la meilleure série à suivre...

En conclusion, Mark, avant de sortir ton carnet de chèques, vérifie au moins que ce que tu achètes fonctionne encore !