13/03/2017

Livres de poche : de l’inédit à petit prix

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Bastien Regnault part à la recherche de Diane, sa sœur jumelle, dont la famille n’a plus de nouvelles depuis plusieurs mois. Des indices convergents le mènent très vite à la Défense. Le quartier d’affaires, chargé d’histoire, va, petit à petit, se dévoiler à lui, lui révé- lant un monde inconnu et souterrain, où, semble-t-il, officie une mystérieuse et très ancienne société secrète : la Panse. Après Le casse du continuum, Léo Henry poursuit, avec La Panse, son exploration des genres dits « populaires ». Il propose cette fois un thriller d’infiltration lovecraftien ancré dans l’ici et maintenant.
➤ « La panse », Folio SF, 8,20 €

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De Primo Levi, chacun connaît l’inoubliable récit qu’il écrivit à son retour d’Auschwitz. Des souvenirs du lager, il sera peu question ici, mais bien plutôt du jeune garçon qu’il était en y entrant. D’une enfance timide et bourgeoise, à Turin, de la chimie qui fut sa première passion (et son autre métier), des livres, de l’amitié, d’un parcours scolaire soumis aux lois fascistes, des premiers émois amoureux, de la montagne et du goût du risque – témoignage rare, pré- cis et pudique de celui qui devint, malgré l’horreur et à travers elle, « un homme ».
➤ « Moi qui vous parle, entretien avec Primo Levi », Pocket, 6,30 €

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Nouvel an tragique à Cologne. Des centaines d’Allemandes sont agressées. Une riche Iranienne, dont la fille compte parmi les victimes, charge Kali Grant et son jumeau Odys de découvrir la vérité… L’enquête traverse une Europe menacée et déchirée par l’extrême droite. En suivant la piste des réfugiés, Kali ira jusqu’à Mossoul. Dans cette ville tombée aux mains de Daech, une jeune Yézidie est sur le point de connaître un sort tragique. Pour la libérer, Kali monte une opération commando extrêmement périlleuse…
➤ « Opération Mossoul », Le Livre de Poche, 7,60 €

28/02/2017

Livres de poche : histoires d'amours multiples, futures et familiales


Olympe est une femme pressée. 37 ans, galeriste réputée, elle butine de Paris à New York avec cette énergie conquérante, irrésistible, qu’engendre la liberté en étendard. Ce qu’elle désire, elle le prend. Jusqu’au jour où, rencontrant trois indociles (ses semblables, ses pareils), elle se prend au jeu de l’art et de l’amour. Murielle Magellan, au style direct et vif, dresse le portrait réussi d’une femme d’aujourd’hui.
➤ « Les indociles », Pocket, 6,95 €


Émile a quinze ans. Il vit à Montargis, entre un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis toujours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand la fille qui lui plaît plus que tout l’invite à Venise pour les vacances, il est fou de joie. Seul problème, ses parents décident de l’accompagner... Dans ce road-book d’Ivan Calbérac, l’humour se mêle à l’émotion.
➤ « Venise n’est pas en Italie », Le Livre de Poche, 7,60 €


Jean-Michel sombre dans la nuit, absent à tout. Sa femme lutte à ses côtés, espérant que son amour inébranlable pourra faire revivre l’homme qu’il était avant. Face au déclin de ce père tant aimé, sa fille trouve un moyen de tenir le malheur à distance en tenant un journal. À travers ce vibrant hommage à son père, Marie Griessinger tente de conjurer le mauvais sort. Tout s’efface, mais les écrits restent.
➤ « On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en s’en allant », Milady Poche, 6,90 €


27/02/2017

Roman : Cyril Massarotto invente le monologue à deux

 



"QUELQU’UN À QUI PARLER". Cyril Massarotto joue avec le temps. Son narrateur va dialoguer avec son double enfant.

Nos rêves d’enfant prennent-ils fin un jour ? Cette question est lancinante dans le nouveau roman de Cyril Massarotto. L’ancien instituteur des Pyrénées-Orientales, devenu écrivain à plein-temps, semble encore nostalgique du contact avec les enfants. Ils tiennent régulièrement une grande place dans ses livres et ce huitième opus ne déroge pas à la règle. Samuel le narrateur, fête ses 35 ans.
■ Un simple coup de fil
Seul. Employé dans une société spécialisée dans les habits pour chien, il n’a quasiment pas de vie sociale en dehors des repas avec ses voisins du dessous, les « M & M’s » Marcel et Marceline. Il passe ses journées dans son petit bureau à imaginer des slogans publicitaires. Depuis très longtemps. Trop. Mais son patron, un tyran l’apprécie : il peut le martyriser à loisir. Un peu désenchanté donc le Samuel, à se remémorer l’époque où il était plein d’ambition (devenir écrivain...) entouré de copains, heureux chez ses parents. Il se souvient tellement bien de l’époque qu’il a toujours en mémoire le numéro de téléphone de la maison.
Sur une impulsion il le compose et quelqu’un décroche. À l’autre bout du fil, la voix d’un enfant. Un gamin de 10 ans. Samuel aussi. Le jeune. L’excellente idée de départ de Cyril Massarotto (les dialogues entre Samuel 35 ans et Samuel 10 ans) lui permet ensuite de dé- rouler son intrigue en toute décontraction car le lecteur est happé par cette relation dans laquelle il ne peut que se projeter. L’occasion d’émouvoir ou d’amuser. Côté émotion les larmes silencieuses de l’enfant et cet aveu de l’adulte « C’était ma grande fierté : personne n’a jamais su que j’étais un petit garçon désespéré ». On imagine facilement que Cyril Masarrotto a beaucoup mis de lui-même dans le personnage de Samuel. Entre sa phobie de l’avion et ses envies d’écrire, il a certainement puisé dans ses souvenirs.
Cela ne l’empêche pas de glisser dans le fil du roman des considérations plus générales qui sont devenues un peu sa marque de fabrique. Sur l’amitié : « Chacun sait plus ou moins comment l’on fait pour tenter de séduire quelqu’un, mais il n’y a pas de recette pour se faire des amis ». Les ruptures : « La vie après un amour envolé se couvre d’une boue épaisse dans laquelle on patauge en essayant de ne pas se noyer. » Reste ce dialogue vivifiant entre un enfant plein d’espoir et un adulte résigné. Un dialogue constructif qui permettra à Samuel de s’envoler, au propre comme au figuré.  
➤ « Quelqu’un à qui parler », Cyril Massorotto, XO éditions, 18,90 €

20/02/2017

Roman : Retour gagnant pour Malaussène et Daniel Pennac

Daniel Pennac exhume son personnage fétiche de la naphtaline. Il est toujours aussi séduisant.


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Coucou le revoilou... Malaussène, le héros parisien imaginé par Daniel Pennac, après des millions d’exemplaires vendus de ses précédentes mésaventures, revient sur le devant de la scène littéraire. Il a toujours la même verve, avec un poil de sagesse en plus. « Ils m’ont menti » est le premier tome de la nouvelle trilogie de Pennac au titre évocateur de « Le cas Malaussène ». Oui c’est un cas ce Benjamin Malaussène à la famille recomposée et compliquée immense et labyrinthique racontée dans les six premiers tomes de son existence hors du commun (tous les titres sont disponibles en Folio sous de très belles couvertures signées Tardi).
Près de 20 ans après, certains personnages ont grandi. Notamment les enfants, devenus adultes, travaillant aux quatre coins du monde. Malaussène lui est toujours employé dans la maison d’édition de la Reine zabo, grande prêtresse de la littérature de la « vérité vraie », autrement dit de l’autofiction. Les auteurs racontent leur vie, sans tabou ni garde-fous. Malaussène se charge de les protéger car les révélations ne font pas toujours plaisir.
C’est le cas d’Alceste qui a remporté un incroyable succès avec « Ils m’ont menti », l’histoire de sa famille. Il met la touche finale à la seconde partie, « Leur très grande faute », dans un chalet isolé sur le Vercors. Une région idéale pour les jeunes selon Pennac : « L’immensité convient à l’enfance que l’éternité habite encore. Passer des vacances à plus de 1 000 mètres d’altitude et à 80 kilomètres de toute ville c’est alimenter le songe, ouvrir la porte aux contes, parler avec le vent, écouter la nuit, prendre langue avec les bêtes, nommer les nuages, les étoiles, les fleurs, les herbes, les insectes et les arbres. C’est donner à l’ennui sa raison d’être et de durer. » De la poésie pure, à picorer entre les pages plus classiques sur l’intrigue.
■ Critique sociale et littérature
Car une nouvelle fois de l’exceptionnel arrive dans l’entourage de Malaussène. L’affairiste George Lapieta est enlevé. Le montant de la rançon réclamée est la somme exacte du parachute doré qu’il vient de toucher, un peu plus de 2,8 millions. Critique sociale fait bon ménage avec réflexion sur la littérature quand Pennac explique toute la difficulté de débuter un roman : « Par quel bout attraper le réel ? (…) Décider de raconter une histoire, c’est se soumettre à un début. Dire le réel c’est envisager tous les commencements possible. » Mais pour « Le cas Malaussène », la problématique est différente car il s’agit d’un recommencement. Pour le plus grand plaisir des fans du personnage. 
➤ « Le cas Malaussène » (Ils m’ont menti, tome 1), Daniel Pennac, Gallimard, 21 €

09:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : malaussène, pennac, gallimard

19/02/2017

Livres de poche : du gros, très gros best-seller

 


Le soir de son mariage, Lila, seize ans, comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qu’elle déteste. De son côté, Elena, la narratrice, poursuit ses études au lycée. Quand l’été arrive, les deux amies partent pour le bord de mer. « Le nouveau nom » est le second tome de la saga d’Elena Ferrante dont la troisième partie vient de paraître chez Gallimard.
➤ « Le nouveau nom », Folio, 8,80 €


Hope, Josh et Luke, étudiants en neurosciences, forment un trio inséparable. Lorsque Hope tombe malade, ils décident de jouer aux apprentis sorciers, aux alchimistes de la vie et de se lancer dans une course effrénée pour défier la mort. Émouvant, mystérieux, plein d’humour et d’amour, « L’horizon à l’envers » de Marc Levy est un roman innovant qui explore la mémoire des sentiments.
➤ « L’horizon à l’envers », Pocket, 7,80 €


Autofiction réussie, « D’après une histoire vraie » est directement inspirée de la vie de Delphine Le Vigan. La romancière, après un important succès, passe par une période de doute. Elle rencontre L. Et c’est cette descente aux enfers qu’elle raconte à la première personne. Un texte qui va être adapté au cinéma par Roman Polanski avec Emmanuelle Seigner en vedette.
➤ « D’après une histoire vraie », Le Livre de Poche, 7,90 €

14/02/2017

Roman noir : Causse toujours

Sur le Causse, balayé par le vent et le froid, seules les bêtes vous entendent hurler, de solitude ou de terreur.

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Là-haut sur le Causse, la vie semble s’être arrêtée. Longtemps les petits villages étaient suffisamment peuplés, malgré les rigueurs de la météo et de la terre. Mais inexorablement les familles sont clairsemées, les jeunes sont partis, les derniers résistants se sentent de plus en plus seuls.

« Seules les bêtes », roman noir de Colin Niel, aborde de façon frontale ce problème. La campagne française se meurt. Est morte plus exactement. Cela n’empêche pas les faits divers. Le roman propose la version de quatre personnes qui tournent autour de la disparition d’une jolie bourgeoise. Une fille de la ville qui a dit oui à un notable du cru, assez intelligent pour délaisser les troupeaux pour la politique. Même s’il est toujours question de moutons…

Première intervenante Alice. Fille d’exploitant, elle a repris l’exploitation de son père. Exactement elle s’est mariée avec l’ouvrier agricole qui a prolongé le travail d’élevage d’un beau troupeau d’aubrac. Alice est l’assistante sociale de la région. Elle va de ferme en ferme, renseigne sur les évolutions des directives européennes. Fait beaucoup d’écoute. Des vieux.

Des hommes seuls aussi comme Joseph. Célibataire, il a perdu sa mère il y quelques années. Depuis, à part Alice, il ne voit plus personne à part sa centaine de brebis. Il raconte avec une étonnante perspicacité sa situation. « Je sais pas comment c’est pour les autres, mais moi la solitude, je dirais pas que je l’ai voulue. Et elle m’est pas tombée dessus du jour au lendemain. Non, c’est venu lentement, j’ai eu le temps de la voir arriver avec les années, de la sentir m’entourer comme une mauvaise maladie. » Alice, comme pour tenter de le sauver, s’offre à lui. Une relation adultère qui détonne et ne sera pas sans conséquence sur la suite de l’intrigue.

Car l’auteur, qui a déjà signé plusieurs romans se déroulant en Guyane, dans la troisième partie quitte le Causse pour des cieux plus exotiques. Drame de la mondialisation et de l’omniprésence des réseaux sociaux. Le mari d’Alice, sous des airs de brute épaisse, est un cœur d’artichaut. Il est amoureux fou d’Amandine, jeune femme avec qui il converse par ordinateurs interposés. Amandine qui raconte son quotidien, à mille lieues des mensonges à destination de l’agriculteur français.

De polar rural, le roman de Colin Niel bascule dans le glauque. Par l’intermédiaire de Joseph, mais aussi d’Amandine, la surprise de taille de ce texte particulièrement actuel par ses thèmes abordés.

➤ « Seules les bêtes » de Colin Niel, éditions du Rouergue, 19 €

 

13/02/2017

Livres de poche : à découvrir avant de lire les suites

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Quatre masseuses thaïlandaises sont brutalement assassinées à Stockholm. Le corps d’une autre est retrouvé mutilé. Le jour, Zack Herry fait partie d’une unité chargée d’enquêter sur les affaires les plus difficiles. Comme celle-ci. La nuit, il fréquente les boîtes et consomme de la cocaïne, entre autres avec des gens qu’il pourrait aussi bien être en train d’interroger. Et il soulève les questions qui le conduiront peut-être à résoudre ces meurtres. En proie à ses addictions, hanté par les fantômes du passé, Zack est pourtant bien décidé à résoudre cette affaire. Mons Kallentoft et Markus Lutteman s’imposent sur la scène très embouteillée du polar nordique. La suite des aventures de Zack (Leon) vient de paraître à la Série Noire.

➤ « Zack » Folio, 8,20 €

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Brünhilde Blum déteste son prénom. Elle dé- teste encore plus ses parents adoptifs, qui dirigent une entreprise de pompes funèbres. C’est pour cela que, à 24 ans, elle décide qu’il est temps pour eux de mourir… Huit ans plus tard, elle a tout pour être heureuse : un époux aimant, deux adorables fillettes. Jusqu’au jour où son époux Mark, policier, passe sous les roues d’un chauffard. L’enquête qu’il menait autour d’une sans papiers moldave, séquestrée durant cinq ans, serait-elle à l’origine de cet « accident » ? Blum décide alors de venger Mark. Or, quand il s’agit de tuer – on l’a vu –, Blum n’a aucun scrupule. Un drôle de personnage imaginé par Bernhard Aichner. On la retrouve, toujours aussi froide et déterminé dans « La maison de l’Archipel » qui vient de paraître aux éditions de l’Archipel.

➤ « Vengeances », Pocket, 7,40 €

 

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08/02/2017

Livres de poche : sacrés détectives pour grandes séries

 

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Chicago, ses buildings, ses gangsters, ses dancings… Quand le vocabulaire vient à manquer, il suffit de faire parler la poudre. Quant aux dames, San-Antonio a développé un langage bien à lui. Tout à fait l’homme qu’il faut pour débrouiller cette affaire de taxi-girls zigouillées par un sadique français. Un San-Antonio des années 50, toujours aussi vert et incisif.

➤ « Bas les pattes », Pocket, 6,30 €

 

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Au XIIe siècle, les moines de Glastonbury ont découvert deux étranges squelettes enterrés dans leur cimetière. L’île d’Avalon se situant à Glastonbury, il pourrait s’agir des restes du roi Arthur et de la reine Guenièvre. Les moines l’espèrent. Le roi Henry II a également besoin de la preuve de la mort du légendaire Arthur. Il fait donc appel à l’anatomiste Adelia Aguilar, pour qu’elle examine les os. Un roman inédit d’Ariana Franklin, romancière anglaise morte en 2011

➤ « Le secret des tombes », 10/18, 8,40 €

 

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Été 1946. Ex-flic et sousoff tout juste démobilisé, Douglas Brodie a frôlé la mort plus d’une fois. Engagé à la Gazette de Glasgow, il doit vite faire ses preuves en tant que reporter. Quand une bande de fanatiques décide d’infliger d’horribles châtiments aux criminels passés entre les mailles de la justice, l’occasion est toute trouvée. « Les Justiciers de Glasgow » est la deuxième enquête de Douglas Brodie imaginé par Gordon Ferris.

➤ « Les justiciers de Glasgow », Points, 8,10 €

 

07/02/2017

Littérature : Lire, écrire, vivre...

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Si vous êtes un lecteur compulsif, ce petit livre de Julia Kerninon est pour vous. Il ne vous occupera qu’une petite demi-journée (ou une demi-nuit d’insomnie dans mon cas) mais vous fera beaucoup de bien.

La romancière y raconte son enfance baignée de lecture, puis d’écriture. Très jeune, sa mère lui confie son plus grand secret : rien n’est mieux que de lire. Depuis, Julia dévore les livres, et a décidé de devenir écrivain. Soutenue par sa mère qui la gronde parfois « Tu prétends que tu veux être écrivain, mais il y a longtemps que je n’ai pas entendu le bruit de ta machine à écrire. Il va falloir te mettre au travail, parce ce que c’est ça que font les écrivains, ils travaillent ». Depuis, tous les soirs, Julia noirci les pages et cette « Activité respectable » lui permet d’en vivre et de la partager avec ses lecteurs.  

➤ « Une activité respectable » de Julia Kerninon, Les éditions du Rouergue, 9,80 €

 

31/01/2017

Roman : Légumes et adultères prospèrent "Sous le compost"

SOUS LE COMPOST. Être un homme au foyer réserve bien des surprises au héros imaginé par Nicolas Maleski.

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Franck s’est longtemps rêvé écrivain. Finalement il a suivi sa femme Gisèle, vétérinaire, quand elle s’est installée dans une petite ville de province, à flanc de montagne. La belle et féline Gisèle, travaille 10 heures par jour pour faire bonne impression auprès de ses deux associés, hommes et plus âgés.

Alors un peu par la force des choses, Franck est devenu homme au foyer, s’occupant du ménage, des courses, des repas et de l’éducation de leurs trois petites filles. Et sur son temps libre, il a entrepris de cultiver un jardin potager avec les conseils éclairés de son voisin, Francis, agriculteur. Ce premier roman de Nicolas Maleski a des airs des précis horticole dans les premières pages. Franck s’esbaudit devant la beauté de la nature et la pousse des courgettes, tomates et autres radis. Il sème, éclaircit, bute et même entretient son compost naturel. Car Franck, en bon ancien urbain qui se respecte, veut éviter les désherbants, pesticides et autres saletés toujours en vente libre. Une vie pépère, sans grande ambition. Heureuse quand même, avec de nouvelles amitiés et des sorties en VTT dans les forêts environnantes. Rapidement, l’auteur abandonne les plantes pour s’intéresser en profondeur aux personnalités de ses créations. Notamment quand Franck reçoit une lettre anonyme lui annonçant que Gisèle le trompe avec un des associés.

■ Une, voire deux maîtresses

Il bouillonne. « Je sentais monter à mon cerveau une énergie noire et pleine d’humeurs. Je me coltinais nos gamines, je faisais la boniche. Pendant ce temps, elle pavanait dans son 4 x 4 et elle offrait les prérogatives de ses cuisses à son connard d’associé. » Il n’y croit pas trop cependant. Jusqu’à ce jour où Valérie, la femme de l’associé en question, débarque chez lui pour lui annoncer que son mari la trompe avec Gisèle. Le croustillant du roman monte d’un cran car Franck, au lieu de tout déballer, décide de se venger de la plus simple des façons : prendre Valérie pour maîtresse. Et tant qu’à faire, séduire aussi la femme de l’autre associé. Homme au foyer laisse pas mal de temps libre, mais entre le jardin, les trois enfants, une épouse et deux maîtresses il faut jongler. Et parfois cela se retourne contre vous quand une jeune femme disparaît.

D’autant que Franck, calculateur et un peu trop dé-taché de ses actions, cache des montagnes de violences. Notamment quand il se dit, à propos d’un ami d’enfance un peu trop envahissant à son goût : « Je l’aurais volontiers mis dans mon compost, celui-là ; mes légumes se seraient régalés avec un fumier pareil. » Un premier roman assez réjouissant dans sa façon de présenter le franchissement de certains interdits moraux.

➤ « Sous le compost » de Nicolas Maleski, Fleuve éditions, 18,90 €