09/08/2013

BD : Marcas, flic et maçon

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Succès éditorial au Fleuve Noir, les aventures de Marcas, flic et Franc-Maçon a désormais son adaptation en BD. Giacometti et Ravenne supervisent eux-même le scénario qui est prédessiné par Ullcer puis finalisé par Parma. L'efficacité est au rendez-vous pour des péripéties mouvementées. Le second volume de la première enquête voit Marcas fuir face aux tueurs de la société occulte (et nazie) de Thulé. Il sauve sa peau mais sa collègue, Jade, de la DGSE, est capturée. Marcas va donc en faire une affaire personnelle. En plus de l'action pure, il y a toutes les théories qui ont fait le succès des livres de Giacometti et Ravenne, notamment le rituel de l'Ombre qui donne son titre à l'album. Et si la BD ne vous suffit pas, le dernier roman mettant en scène le commissaire Marcas vient de paraître début juin chez Pocket, « Le Temple noir ».

 

« Marcas » (tome 2), Delcourt, 14,30 €


05/12/2012

Livre : Vampire historique dans "La Maison de la nuit"

« La maison de la nuit », saga vampirique de Kristin Cast, s'enrichit d'un épisode historique, entre France et Nouvelle Orléans, au XVIIIe siècle.

 

maison de la nuit, cast, vampire, bit-lit, pocket jeunesse, PKJ, delcourtLes vampires sont devenus les symboles absolus du romantisme. Étonnant comme ces suceurs de sang ont changé leur image de marque en quelques années. La faute à la saga « Twilight » et d'autres romans du genre bit-lit (anglicisme pour parler de littérature mordante) réservés aux jeunes filles gothiques. P. C. et Kristin Cast (mère et fille) ont surfé sur la vague avec « La Maison de la nuit ». Sept titres des aventures de Zoey sont parus chez Pocket Jeunesse et un petit hors-série historique permet aux milliers de passionnées d'attendre le 8e tome annoncé en février 2013.

« Le serment de Lenobia » débute comme un roman sentimental classique sur fond historique. Il faut attendre les deux derniers chapitres pour que magie et fantastique reprennent le dessus. Ce court récit, paru initialement aux USA, intéressera d'autant le public français qu'il débute dans le royaume de Louis XVI en 1788. Lenobia est une adolescente, une bâtarde exactement. Son père est un noble, mais il ne l'a jamais considérée à l'égal de sa demi-sœur. Désargenté, il a accepté de vendre sa fille Cécile à un riche planteur de la Nouvelle-Orléans. La vie de Lenobia bascule quand Cécile meurt dans un accident, la veille de son départ vers le Nouveau Monde. La mère de Lenobia y voit une opportunité unique pour offrir un avenir différent à sa fille. Elle va lui ordonner de prendre la place de Cécile. En moins de 24 heures, la bâtarde, plus habituée aux cuisines et aux écuries, doit se grimer en jeune femme distinguée.

 

Huis-clos maritime

Le reste du roman se déroule sur le bateau voguant vers l'Amérique. Lenobia constate avec effroi qu'un évêque fait partie du voyage. Un religieux aux mœurs dissolues, muté d'autorité le plus loin possible de Rome. Lui seul pourrait dévoiler la supercherie car il a déjà tenté d'abuser de Lenobia. La jeune fille va prétendre souffrir du mal de mer pour rester cloîtrée dans sa cabine, sous la surveillance bienveillante de sœurs ursulines. Lenobia ne s'autorise que des escapades matinales dans la cale, pour admirer deux percherons. Elle croise aussi Martin, un métis chargé de soigner les chevaux. Dans cet environnement improbable, l'amour va frapper avec toute sa puissance.

Un volet fleur bleue un peu déconcertant au début. Mais les auteurs, sûres de leur métier, vont rapidement transformer la gentille idylle naissante en choix de vie. L'évêque se révèle beaucoup plus malfaisant. Mais Martin, aux ancêtres haïtiens, saura utiliser les formules magiques de sa grand-mère pour protéger Lenobia, vouée elle aussi à être marquée par la déesse Nyx et à rejoindre une Maison de la Nuit où elle apprendra sa nouvelle existence de vampire.

Variation historique des romans originaux, « Le serment de Lenobia » est une parfaite respiration pour les fans, mais aussi une première expérience pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore la saga.

Autre façon de découvrir l'univers mis en place par P. C. et Kristin Cast, l'adaptation en BD sous forme de comics. Le premier album vient de paraître chez Delcourt.

M. Li.

« Le serment de Lenobia », P. C. et Kristin Cast, Pocket Jeunesse PKJ, 9,90 €

« La maison de la nuit » (La Marque, tome 1), Delcourt, 14,95 €


 

28/11/2012

Dépenses exorbitantes chez « L'accro du shopping »

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Sophie Kinsella a trouvé le filon. Les femmes aiment lire. Elles aiment aussi faire des folies dans les magasins de luxe. Elle a mixé ces deux faits dans des romans bourrés de noms de marque. Son héroïne, Becky Bloomwood, après les livres et les films, prend vie dans une bande dessinée ouvertement « fashion girl ». Adapté par Véronique Grisseaux, dessiné par Yishan Li, le récit est fidèle à la première histoire. La jeune journaliste économique est désespérément à découvert. La faute aux soldes, promotions et autres achats compulsifs. Becky va tenter de trouver des moyens pour réduire ses dépense (peine perdue) puis gagner un peu plus d'argent... Impossible pour un homme de s'identifier à ce personnage attiré par tout ce qui brille. Par contre, si vous êtes une femme... gare aux risques de mimétisme une fois l'album refermé.

« L'accro du shopping », Jungle, 12 €


10/11/2012

BD : un best-seller de Maxime Chattam illustré

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Pas facile de se faire un nom dans la littérature de genre. Surtout s'il on est Français. Maxime Chattam est pourtant devenu en quelques années le meilleur vendeur de thriller de l'Hexagone. Il s'est fait un nom avec les titres de la Trilogie du Mal. Les faits se déroulent aux USA, à Portland, et c'est sans doute une des raisons de son succès. Ce best-seller est aujourd'hui adapté en bande dessinée par Michel Montheillet, illustrateur « officiel » de Chattam chez Albin Michel. Un serial killer sévit dans la paisible ville de Portland. Il s'attaque à de jeunes femmes. Il les torture, leur coupe les mains, les défigure et jette les corps dans une rivière ou un lac. L'enquête est confiée au jeune inspecteur Joshua Bolin. Alors qu'une tempête paralyse la ville, le flic, à l'intuition, va tenter de sauver une jeune étudiante, prochaine victime du Bourreau de Portland. Dessin hyper réaliste, montrant toute l'horreur du tueur, décors sans faille : on est happé par l'histoire. L'intrigue fonctionne toujours aussi bien. Une adaptation qui comblera les nombreux fans de Chattam.

« La trilogie du mal » (tome 1), Jungle Thrillers, 11,95 €


16/11/2011

Mort, terre inconnue explorée par les Thanatonautes de Bernard Werber

 

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Bernard Werber, Corbeyran, Taranzano, Albin Michel, DrugstoreLa mort, et après ? Cette question est à la base du roman « Les Thanatonautes » de Bernard Werber paru en 1994 chez Albin Michel. Aujourd'hui c'est une adaptation en bande dessinée qui est proposée par Drugstore. Corbeyran a assuré l'adaptation, Taranzano le dessin. Michael Pinson et Raoul Razorbak se connaissent depuis l'enfance. Ils se sont rencontré dans un cimetière et sont tous les deux passionnés par la mort. Après leurs études, ils se retrouvent pour collaborer à un projet gouvernemental top secret. Le président actuel, après un attentat qui l'a laissé pour mort quelques minutes, a eu l'impression de sortir de son corps et de s'élever. Intrigué, il veut savoir ce que cette expérience veut dire et il charge les deux jeunes scientifiques de trouver un moyen de maîtriser cet état. Pinson va longuement hésiter car les cobayes sont humains. Des condamnés à la prison à vie, tous volontaires. Les échecs se multiplieront. Mais Razorbak, le plus passionné, va sans cesse chercher le bon sujet, celui qui lui donnera la clé des cette nouvelle « terra incognita ». La BD est aussi passionnante que le roman et donne immédiatement l'envie de se plonger dans ce roman de Werber, pas le plus connu mais souvent le plus apprécié de ses lecteurs réguliers.

 

« Les Thanatonautes » (tome 1), Drugstore, 13,90 €

 

 

 

28/11/2010

L'invasion des chats de la mort qui tue

Vous aimez les chats ? Vous aimerez ces livres qui les transforment en héros, désopilants, ridicules ou tendres.

 

Bludzee

bludzee_couverture.jpgUn petit chat noir seul dans un appartement. Le début minimaliste de cette histoire imaginée par Lewis Trondheim se transforme en gros album de plus de 350 pages. A la base, Bludzee est un feuilleton quotidien diffusé sur les smartphones. Un gang par jour durant une année. C'était en septembre 2009 et l'expérience achevée, les arriérés n'ayant pas de bijoux technologiques dans leurs poches pourront savourer les aventures de ce minou espiègle au yeux bleus. Bludzee devra apprendre à se nourrir seul, à surmonter ses peurs, oser sortir de l'appartement, affronter les autres... Une longue et belle initiation au cours de laquelle il va croiser quelques monstres, d'autres chats, des oiseaux, un chien, des insectes et, heureusement, quelques pots de plantes vertes pour s'y cacher. Bludzee qui deviendra le compagnon de Markus, un chat tueur à gages que l'on pourrait retrouver prochainement sous forme de dessin animé. (Delcourt, 25 €)

Simon's cat

Simon's cat 2.jpgLe chat de Simon est de retour pour de nouvelles aventures. Mais cette fois, le gros matou imaginé par Simon Tofield quitte la quiétude du foyer familial pour affronter les rigueurs de la vie. Tout sauf courageux, il aura fort à faire face à cette multitude de dangers, parfois réels, souvent imaginaires. Ce phénomène d'édition international remporte un succès incroyable. Simon Tofield a d'abord posté des scénettes animées sur internet. Le succès aidant, il a décliné son personnage sous forme de petites bandes dessinées muettes ou de dessins gags. C'est hilarant et irrésistible. (Fleuve Noir, 14,90 €)

Chi, une vie de chat

Chi 1.jpgLes chats cela sert à faire rire, mais aussi à émouvoir. Chi, le chaton de la BD japonaise signée de Konami Kanata est une adorable boule de poil qui va faire fondre toute une famille. A la base, Chi se perd lors d'une balade en compagnie de sa maman. C'est un petit garçon qui le découvre, apeuré dans un parc. Chi va gagner une amitié et un foyer. Plusieurs histoires courtes racontent cette adoption avec ses bons et mauvais moments. Comment devenir propre, comment oublier sa maman, comprendre que le grand monsieur est son papa, arrêter de tout casser dans l'appartement : les scènes sont tirées du quotidien, chaque propriétaire d'un chaton se reconnait et se souviendra avec nostalgie de ces moments. En couverture, Chi pleure. Vous risquez vous aussi parfois écraser une petite larme... (Glénat Kids, 10,50 €)

Le chat en cent poèmes

Chat en 100 poèmes.jpgEnfin les chats, compagnons du quotidien, sont souvent source d'inspiration. Les poètes ont régulièrement chanté leurs charmes. En cette période de fêtes de fin d'année, ce joli recueil de plus de 200 pages richement illustrées sera parfait pour tout amateur de félin. « Le chat en cent poèmes » ce sont des textes réunis par Albine Novarino-Pothier, de la nuit des temps aux poètes les plus contemporains. Tous ne sont pas connus, certains sont très célèbres comme Eluard, Colette ou Boris Vian. La magie des mots agit de la même façon qu'un chat, combinaison de cruauté et de tendresse. Avec ou sans griffes, craquez pour les chats ! (Omnibus, 26 €)

29/08/2010

Au programme de la rentrée

Derniers jours d'août, fin des vacances, reprise des choses sérieuses. D'un côté la rentrée littéraire, de l'autre l'afflux de nouveautés BD dont certains gros poids lourds : petit apperçu de ce qui constituera le contenu de mes lectures ces prochaines semaines.

Côté livres, avant d'attaquer Amélie Nothomb, Jim Harrison, Michel Houellebecq et Virginie Despentes, gardez une attention pour l'excellent roman américain de Thomas B Reverdy. Le 11 septembre, trois ans après, avec les survivants et la famille des victimes. Jean-Baptiste Harang s'est penché sur ses années « scout catholique » et Christian Laborde s'est plongé dans une histoire d'amour improbable entre un boxeur limité et une belle bourgeoise. S'annonce également un roman génial de Richard Price aux Presses de la Cité.

Rayon BD, vous serez abreuvé d'adaptations littéraires. Certaines brillantes comme « Le kid de l'Oklahoma » d'Elmore Leonard par Berlion, d'autres plus laborieuse avec la transposition en BD des romans de Marc Lévy ou Marek Halter. Chez les classiques, le nouveau Spirou est très attendu. Le héros emblématique de chez Dupuis est repris par Yoann et Velhmann. Prébublié dans l'hebdo du même nom, « Alerte aux Zorcons » est assez noir. Titeuf, lui prend des couleurs. En fait le tome 1 ressort mais colorisé. Car avant d'être un immense succès, Titeuf était une petite série publiée en noir et blanc par Glénat. Ce n'est pas vraiment une nouveauté, mais cela risque quand même d'être le plus gros tirage de l'année... Sillage (Decourt) sera également au rendez-vous. Une 13e aventure pour cette série de SF qui a révolutionné (et modernisé, paradoxe) le genre.

Des centaines de romans et de BD. Pas facile de s'y retrouver. Quelques liens vers les pages des éditeurs vous permettront de faire un premier choix. Après, n'hésitez pas à passer quelques heures chez votre libraire, suivre ses conseils et ceux des critiques...

 

Les nouveautés chez Dupuis

Les nouveautés chez Delcourt

Les nouveautés chez Dargaud

Les nouveautés chez Glénat

Les nouveautés chez Vents d'Ouest

Les nouveautés chez Futuropolis

Les nouveautés chez Soleil

 

Les nouveautés chez Albin Michel

Les nouveautés chez Grasset

Les nouveautés au Seuil

Les nouveautés chez Flammarion

Les nouveautés chez Calmann-Lévy

Les nouveautés aux Presses de la Cité

Les nouveautés chez Denoël

Les nouveautés chez Gallimard

 

27/07/2010

Amour multiple avec Djian et Peyraud

 

Lui.jpg

Pas évident d'adapter en bande dessinée une pièce de théâtre. La BD aime les grand espaces et permet, à moindre coût, de présenter des scènes gigantesques ne lésinant pas sur le figurant. Le théâtre c'est plus limité, surtout quand il s'agit d'une pièce minimaliste de Philippe Djian : quatre personnages et un seul décor. Dans le salon d'une luxueuse villa, un homme se dispute avec une femme. On comprend que c'était son infirmière, elle est devenue sa maîtresse. Elle l'a soigné, lui permettant de remonter la pente. Il souffre psychologiquement. A cause de son ancienne femme. Elle vient souvent le hanter. Il y a deux ans, il s'est mal comporté avec elle. Adaptée par Jean-Philippe Peyraud, cette pièce peut être considérée par certains comme la longue prise de tête d'un homme aimant les femmes mais trop lâche pour en assumer les conséquences. En fait, en se laissant prendre à ces dialogues incisifs, on pénètre l'âme humaine. Attention, cela chamboule. Mention spéciale aux portraits de Peyraud : lui aussi semble aimer les femmes...

« Lui », Futuropolis, 24 €

12/11/2008

Paroles d'étoiles

Jean-Pierre Guéno a recueilli les témoignages d'enfants juifs cachés durant la guerre. Leurs récits ont été adaptés en courtes bandes dessinées.



La bande dessinée contre l'oubli. L'oubli de la Shoah. Mais cet album collectif où l'on retrouve les signatures de Sorel, Algésiras, Lidwine, Biancarelli, Démarez, Kristiansen, David Lloyd, Arnoux, Thierry Martin, David Mack et Stéphane Servain ne raconte pas l'horreur des camps. Il se penche sur la survie des enfants juifs cachés par des Français durant la guerre. Des enfants qui ont survécu et qui ont accepté de raconter cette période si particulière de leur vie.
L'idée est de Jean-Pierre Guéno. A l'antenne de Radio France, il avait demandé aux auditeurs de collecter les lettres des Poilus. Cela avait donné des émissions, un livre (édité à 1,5 million d'exemplaires) et des adaptations en bande dessinée. Sur ce même principe, il a demandé à des enfants cachés de raconter. Mais cette fois il a pu rencontrer ces miraculés.
« Avant la Seconde Guerre mondiale, explique Jean-Pierre Guéno dans la préface, 72 000 enfants d'origine juive vivaient en France. 12 000 ont été éliminés entre 1942 et 1946. 60 000 ont survécu à la Shoah. Irène, Robert, Margot, Agnès, Martine, Solange et Catherine ont fait partie de ceux qui ont été sauvés par les hommes ou malgré eux. » Ce sont ces histoires que les dessinateurs ont mis en images, après que Serge Le Tendre ait adapté les textes originaux.

Les lettres de Margot
Cela donne des récits très forts, parfois dérangeants. Comme ces lettres de Margot. La petite Margot vivait heureuse avec sa mère. Et puis un jour, cette dernière a décidé qu'elle ne devait plus s'appeler Margot mais Marguerite. Et il fallait qu'elle soit baptisée. Elle s'en souvient, c'était à Figeac et Capdenac. Pour sa sécurité, elle est hébergée dans un couvent. Mais la fillette ne voit qu'une seule chose : sa mère semble l'avoir abandonnée. Elle lui écrit régulièrement, mais n'a jamais de réponse. Margot comprendra pourquoi des années plus tard. La religieuse, craignant que ces lettres ne tombent dans de mauvaises mains, les avait toutes gardées. Pendant des années Margot a reproché à sa mère d'avoir été silencieuse. Aujourd'hui elle regrette... Une histoire dessinée par Guillaume Sorel qui quitte son univers merveilleux pour une réalité triste et froide.
Tout aussi poignant le témoignage de Solange. Une petite fille cachée chez des paysans du Maine-et-Loire qui tenaient également un café. Avec très vite un malaise, Solange a eu l'impression d'être choisie « comme le serait des petits animaux ». Les enfants sont en fait exploités par ce couple. Et un jour, « dans l'étable qui jouxtait le café » la petite fille est violée par le frère de la mère Lulu, la patronne. Cette mère Lulu qui a toujours fermé les yeux. Et qui des années plus tard est morte sans regret, fière, au final, d'avoir sauvé une petite juive des fours crématoires. Solange a mis des années à exorciser cette histoire. Récemment, elle a retrouvé les enfants de la mère Lulu. Ils lui ont notamment demandé d'appuyer leur demande pour qu'elle soit nommée, à titre posthume, Juste devant les Nations... Ce récit, certainement le plus difficile à illustrer, a bénéficié d'une présentation très dépouillée et digne de Teddy Kristiansen.
D'autres histoires composent cet album d'une centaine de pages où les Bd alternent avec les récits des enfants cachés. Textes illustrés de photos d'époque et actuelles. Un remarquable livre, pour ne pas oublier ce qu'était la France durant l'occupation.

« Paroles d'étoiles, mémoires d'enfants cachés, 1939 - 1945 », Soleil, 19,95 €


06:14 Publié dans Livres et BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : soleil

09/10/2007

L'île au trésor en BD

medium_Ile_au_trésor_1.jpgLa collection Ex-Libris, dirigée par Jean-David Morvan s'attaque à un très gros morceau de la littérature mondiale. Après Dumas, Hugo ou Dickens, c'est le chef d'oeuvre de Robert Louis Stevenson qui est adapté en bande dessinée. Un roman qui a fait rêver des dizaines de générations, archétype du roman de pirates. Pas évident donc de trouver une accroche graphique originale. Simon, sur un scénario de Chauvel, a mis toute la précision et la chaleur de son trait dans cette adaptation graphique réaliste. On est rapidement happé par les trognes des pirates, même si dans la première partie ils sont à quai, pas encore connus sous leur véritable jour. Dès la première image, montrant l'auberge du jeune Jim faisant face à la mer, perchée sur le rebord d'une falaise, on est fasciné par ce milieu et ce suspense. On fait connaissance avec les personnages principaux, Jim, le docteur, le chevalier Trelawney... mais on ne sent le souffle de la grande aventure qu'à l'apparition du fameux Long John, unijambiste, manipulateur, machiavélique. Une première partie qui s'achève sur une pleine page montrant le bateau voguant et la vigie criant « Terre ! Terre en vue ! »
"L'île au trésor", Delcourt, 9,80 €)