08/06/2017

Série télé : un "Ennemi public" belge de qualité

 


Contrairement à une image trompeuse, la Belgique n’est pas uniquement un plat pays. On y trouve aussi une région vallonnée recouverte de forêts sombres et humides. Les Ardennes sont au centre de cette série policière en 10 épisodes produite par la RTBF. La Belgique, célèbre aussi pour ses tueurs en série d’enfants. Un des personnages principaux, Guy Béranger, ressemble un peu à Marc Dutroux. Béranger est un tueur d’enfant qui vient de terminer sa peine de prison. Il veut devenir moine et intègre l’abbaye de Vielsart, dans une petite commune. Les habitants sont hostiles. Chloé Muller, policière taciturne au passé violent, est chargée de le convoyer et de le surveiller. Le protéger aussi, bien malgré elle. Quand une fillette est retrouvée assassinée,tous les soupçons se portent vers Béranger.
Ambiance trouble et suspicieuse, fêlures, secrets et vestiges de vieilles croyances transforment ce polar en quête initiatique pour tous les personnages. Le tout dans des décors superbes de noirceur, porteurs d’une angoisse sourde qui prend aux tripes.
➤ « Ennemi Public », Universal Vidéo, coffret quatre DVD, 24,99 €

19/05/2017

Série Télé : « The Code », l’Australie entre nature et technologie

Série australienne imaginée par Shelley Birse, « The Code » plonge le spectateur dans les deux facettes de l’Australie contemporaine. D’un côté Lindara, petite localité perdue au milieu du bush et de l’autre Canberra, la capitale de cette fé- dération d’états. Le contraste est d’autant plus grand qu’à Lindara, il y a essentiellement des paysans, souvent métissés avec des aborigènes alors que l’intrigue dans la capitale se déroule dans le bâtiment du gouvernement, avec rivalités entre ministres, presse d’investigation et secrets de conseillers très ambitieux.

Tout commence par la mort d’une adolescente. La voiture a eu un accident. Son fiancé ne se souvient de rien si ce n’est d’un camion croisé en pleine nuit. L’institutrice des deux adolescents veut que la vérité éclate et contacte un journaliste de Canberra. Ce dernier, véritable hé- ros de la série, a un frère autiste, passionné d’informatique qui a déjà été plusieurs fois inculpé de piratage.
On aime dans cette série les paysages gigantesques de Lindara et la beauté glacée de Canberra, stricte et moderne. Les acteurs sont inconnus mais excellents, notamment Ashley Zukerman qui interprète le hacker et la jeune et très belle Adele Perovic, petite amie de ce dernier mais au rôle plus trouble qu’il n’y paraît. Une première saison de six épisodes qui verra sa conclusion dans la saison 2, de six chapitres également et qui sera mise en vente mi juillet.
 ➤ « The Code », Universal, coffret de deux DVD, 15 €

10/05/2017

DVD et blu-ray : "Taboo" le retour d'un "sauvage" jugé par de prétendus "civilisés"

 


Série historique, « Taboo », portée par Tom Hardy interprète du personnage principal et à l’origine de cette idée de vengeance, est une claque esthétique. Dans ce Londres du début du XIXe siècle, plusieurs mondes cohabitent. Les riches, nobles ou marchands, et les pauvres, sales et malades. On passe donc des palais aux gourbis, des costumes chatoyants aux hardes puantes.


Pour faire la liaison, James Keziah Delaney (Tom Hardy), un ancien soldat, disparu depuis une dizaine d’années. Ce fils d’un riche armateur, après une carrière militaire dans les colonies, a pris la poudre d’escampette. Insoumis, rétif à toute autorité, il a déserté en Afrique. Sauvé par une tribu, il est devenu plus « nègre » que ces hommes et femmes longtemps considérés comme de la main-d’œuvre gratuite pour des esclavagistes racistes. S’il revient à Londres, c’est à la demande du serviteur de son père. Ce dernier est malade, il craint pour sa vie. James arrive trop tard. Il a enterré sa mère (une indienne achetée aux Amériques) et se retrouve à la tête de la fortune de son père. De ses dettes plus exactement car le vieil homme a tout perdu. James va reprendre la maison, les entrepôts et avec l’argent gagné sous les tropiques (ou volé ?), il a le projet d’ouvrir un comptoir sur une bande de terre désolée, sur la côte pacifique de ces USA en pleine guerre avec la couronne d’Angleterre.
■ Une suite ?
La série, en 8 épisodes d’une heure, permet de se replonger dans cette grande histoire un peu méconnue en France de la grandeur de l’Angleterre, forte de ses colonies et de son réseau maritime tenu par la compagnie des Indes. La terre de James est l’objet de toutes les convoitises. La couronne anglaise, les Américains en pleine guerre d’indépendance et la Compagnie.
Il va jouer de ces rivalités pour tenter de remporter la partie. A ces intrigues planétaires, se rajoutent une histoire de vengeance (contre le puissant directeur de la compagnie des Indes, interprété par un Jonathan Pryce excellent), ses retrouvailles avec sa demi-sœur (Oona Chaplin), la découverte que son père s’était récemment marié avec une jeune actrice (Jessie Buckley). Le côté tabou du titre vient des mœurs supposées de Delaney fils. La populace veut croire que son long séjour chez les sauvages lui a fait adopter leur mode de vie, du cannibalisme à l’inceste en passant par la magie. En partie vrai, ce qui rend le personnage interprété par Tom Hardy très ambigu et terrifiant par moments.
Mais ce Blanc, revenu de chez les sauvages tatoué de haut en bas, paraît parfois bien plus civilisé que les dirigeants anglais, prêts à tout et surtout au pire pour asseoir leur pouvoir ou faire fructifier leur fortune. Un soupçon de fantastique, un peu de violence et pas mal d’action composent ces huit heures de plongée dans le Londres d’antan. Et si l’histoire a une fin cohérente, tout est ouvert pour une suite de l’autre côté des océans. 
➤ « Taboo », Studiocanal, 29,99 € coffret de trois DVD, 39,99 € le coffret de trois blu-ray

26/02/2017

DVD et blu-ray : The Magicians, une série entre fantastique et merveilleux

 


Adapté des romans de Lev Grossman (parus en France aux éditions de l’Atalante), « The Magicians » a des airs d’Harry Potter pour jeunes adultes. La saison 1, composée de 13 épisodes, nous plonge dans l’école de Brakebills, une école secrète où les jeunes ayant un don sont repérés et canalisés. Le personnage principal est Quentin (Jason Ralph), amateur de tour de cartes et surtout grand rêveur. Il ne se sépare jamais de ses chroniques de Fillory, série fantastique pour enfants. Introverti, il se dévergondera au contact d’Alice (Olivia Taylor Dudley), une surdouée qui est à la recherche de son frère, disparu de Brakebills quelques années plus tôt. Un duo épaulé par un voyageur, médium capable de se déplacer de monde en monde et deux dandys très borderline (Hale Appleman et Summer Bishil). Quentin découvrira alors que Fillory existe véritablement, mais que c’est un monde plus dangereux que le pays coloré décrit dans les romans. On apprécie particulièrement dans cette série les rapports complexes entre les jeunes magiciens. Des histoires d’amour se nouent, mais ce n’est pas l’essentiel de l’intrigue.
Un premier arc décrit le parcours de Julia (Stella Maeve), meilleure amie de Quentin et refusée à Brakebills. Elle rejoindra des sorciers dissidents qui veulent détruire l’école. Et dans les derniers épisodes, toute la bande va se rendre à Filory pour tenter de tuer « La Bête », le grand méchant de la série. Quelques effets spéciaux permettent de donner du crédit aux tours et autres enchantements.
Les décors de l’école sont d’une grande beauté mais la suite, à Fillory, annonce encore plus de surprise et de féerie. La saison 1, disponible en DVD avec de nombreux bonus dont un bêtisier, des scènes coupées et un long reportage sur le monde imaginé par Lev Grossman, va être diffusée prochainement sur la chaîne Syfy en France, la saison 2 étant déjà à l’antenne aux USA.
➤ « The Magicians », Universal Pictures Vidéo, 29,99 € le coffret blu-ray, 24,99 € le DVD.

19/12/2016

Série Télé : Jessica Jones, la petite dernière de chez Marvel

 

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Dans la famille des Super héros, je demande Jessica, Jessica Jones. Marvel n’en finit plus de décliner ses personnages de comics sous forme de film ou de série. Une invasion qui passe également par la plateforme Netflix qui a produit cette série de 13 épisodes sur cette héroïne craquante bien que très tourmentée. Jessica (Krysten Ritter) tente de vivre simplement

dans New York. Devenue détective privée, elle utilise sa force surhumaine avec parcimonie. Elle devra cependant mettre les bouchées double pour arrêter Kilgrave (David Tennant), un « méchant » qui a le pouvoir de manipuler l’esprit de toute personne qui est proche de lui.

 

 

On ne s’ennuie pas une minute dans cette série, malgré la quasi absence d’effets spéciaux. L’intérêt de l’histoire est ailleurs, dans les méandres des esprits torturés de ces super héros volontairement anonymes pour ne plus attirer l’attention d’une population qui attend trop d’eux. On apprécie particulièrement l’embryon de romance entre Jessica et Luke Cage, autre « mutant » qui bénéficie lui aussi d’une série.

➤ « Jessica Jones » (saison 1), Netflix et Marvel, coffret 4 DVD

 

18/12/2016

Série télé : The Young Pope, la religion rock’n’roll

De toutes les séries proposées en cette année 2016, « The Young Pope » de Paolo Sorrentino remporte aisément la palme de l’originalité. Il ne pouvait pas en être autrement par le réalisateur italien récemment remarqué par « The Youth » et multiprimé avec « La Grande Bellezza ».

Série originale Canal +, « The Young Pope » est interprété par Jude Law. Dans un présent parallèle, le concile vient d’élire le nouveau pape. A la surprise de tout le monde, un jeune cardinal américain l’emporte et devient Pie XIII. Beau, insouciant, orphelin au passé mystérieux, il se pose beaucoup de questions sur son rôle, le pouvoir et sa relation avec Dieu. N’ayant pas de réponses dans un premier temps, sa première décision est de ne plus apparaître en public.

Une catastrophe pour les relations publiques (et surtout le marketing) du Vatican dirigées par une Cécile de France interloquée mais immédiatement séduite par cet homme d’église beau, intelligent et charmeur.

Les 10 épisodes de 50 minutes permettent de mieux faire connaissance avec ce drôle d’oiseau. Et les intrigues de ce petit état que l’on pourrait qualifier d’exotique. Une dimension politique personnifiée par le secrétaire général interprété par Silvio Orlando, véritable révélation pour le public français de cette série. Il a des côtés sombres, manipule son petit monde et tente de sauver la maison en recourant au chantage. Mais c’est avant tout un homme, il tombe amoureux de Sœur Mary (Diane Keaton), mère de substitution de Pie XIII et le soir s’occupe d’un enfant handicapé, comme pour se faire pardonner toutes ses exactions.

La série prend ensuite une dimension plus spirituelle, le jeune pape se révélant en relation directe avec Dieu et capable de miracles. Jude Law est plus que convaincant, on découvre d’ailleurs dans les bonus qu’il semble véritablement habité par le personnage. Un pape très rock’n’roll, fumant comme un pompier tout en étant très sportif. Le tout est sublimé par des musiques très actuelles et un générique qui déménage. La plus originale mais également de loin la meilleure série de 2016.  

➤ « The Young Pope » (saison 1), Studiocanal, coffret 4 DVD.

 

08/11/2016

Séries télé : quand animaux et hackers se rebellent

Deux séries télé nous rappellent à point nommé qu’il faut se méfier des plus faibles. Dans Zoo, ce sont les animaux qui se rebellent contre la domination de l’homme, sorte d’usurpateur au sommet de la chaîne alimentaire, dans Mr Robot, ce sont les hackers qui pour changer le monde s’en prennent aux grands groupes capitalistiques.

 

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Tiré d’un roman de James Patterson, Zoo mélange fantastique et thriller scientifique. En Afrique, mais aussi dans certains zoo des USA, des animaux attaquent les humains. Ils tuent, non pas pour se nourrir, mais par plaisir. Pour comprendre ce qui se passe dans le règne animal, on suit le parcours de cinq hommes et femmes. Deux guides de safari, une journaliste, une agent secrète française et un chercheur américain. Ils vont sillonner le monde, pour tenter de trouver le point commun entre ces attaques. La série, sur 13 épisodes, est bien rythmée. De Rio à Paris, des loups aux ours en passant par les fauves de la savane africaine, les animaux sont particulièrement mis en valeur.

Une série qui finit « mal », les cinq ne parvenant pas à empêcher la pandémie. Résultat la dernière image est particulièrement angoissante et donne très envie de découvrir la suite.

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Pour ce qui est d’une fin à suspense, Mr Robot de Sam Esmail en impose également. Choc visuel et narratif, ce récit sur les dérives paranoïaques d’un hacker de génie fait partie des belles surprises de l’année. Elliot (Rami Malek) fait partie de ces héros à l’intellect légèrement déviant. Il ne supporte pas la foule, est limite autiste et comprend mieux les machines que les hommes. Employé dans une société chargée d’assurer la protection des données des grandes sociétés, il est, la nuit, le premier à pirater leurs serveurs. Ce solitaire accepte de faire partie d’une équipe de hackers formée par Mr Robot (Christian Slatter) encore plus dangereux qu’Elliot. On apprécie l’ambiance crépusculaire, le discours résolument antisystème et les crises du héros principal. Pas de doute, il est fou. Mais jusqu’à quel niveau ?

La saison 2, qui sortira en coffret début décembre, est actuellement en diffusion tous les lundis soir sur France 2.  

➤ « Zoo », Paramount, coffret 4 DVD, 25 €

➤ « Mr Robot », Universal, coffret 3 DVD, 25 €

 

30/10/2016

De choses et d'autres : La Loove, mode d'emploi

Web-série comique produite par France 4, « La Loove » se décline désormais en guide pratique. Un petit livre à l’humour ravageur ré- pondant au doux titre de « L’art du bien-être dans ton cœur (et partout ailleurs) » (Jungle, 6 €). L’intérêt de l’ouvrage réside bien entendu dans le « partout ailleurs » qui se situe résolument dans le slip des célibataires à qui les conseils d’Amélie Etasse et Clément Vallos s’adressent. On se délectera ainsi des conseils du Dr Clito sur un sujet aussi essentiel que « Comment réagir face à un homme qui refuse de mettre un préservatif » (allez direct à la fin : « Cet abruti ne mérite même pas de te toucher ») ou un test, façon « Questions pour un champion » sur les MST « Ne te fie pas à mon nom de papillon trop mignon : Je suis… Le Papillomavirus ». Totalement libéré, ce livre à ne pas mettre entre toutes les mains, est idéal pour se remettre d’une rupture amoureuse car il explique « en quoi le célibat c’est cool et la déprime c’est sympa ».

 

06/08/2016

Séries télé : Un Bureau des légendes, des vampires mexicains et le mystère des cinq adolescents

Et si on profitait des vacances pour rattraper son retard en séries ? Les sorties en coffrets sont nombreuses. Petite sélection de tous les horizons, du meilleur de la production française en passant par le suspense anglais et la série B américano-mexicaine.

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Un bureau qui se bonifie

La saison 1 du "Bureau des légendes" a enthousiasmé un important public. La vie de ce service du contre-espionnage français, en plus d'apprendre beaucoup de choses sur le travail de fond mené à l'étranger pour défendre les intérêts du pays, est une galerie de personnages impressionnante. Comment faire mieux avec la suite ? Surtout ne pas essayer de refaire la même chose semble répondre Eric Rochant, le réalisateur et scénariste. Donc il garde les principaux personnages mais complique encore la situation. Malotru (Mathieu Kassovitz) doit désormais jouer l'agent double, donnant toutes ses informations à la CIA pour tenter de faire libérer sa maîtresse, prisonnière des Syriens. Son chef, Duflot (Jean-Pierre Darroussin) a des soupçons et décide de surveiller toute son équipe. Notamment Marie-Jeanne (Florence Loiret-Caille). Il y a deux arcs narratifs principaux dans cette saison deux. Les premiers pas de Marina Loiseau (Sara Giraudeau) en Iran sous sa couverture de jeune sismologue et la traque d'un jeune Français djihadiste, bourreau d'otages occidentaux en Syrie. La série est donc très contemporaine, avec lutte contre l'État islamique et intérêts économiques émergents dans un Iran de nouveau fréquentable. Le timing est magistralement maîtrisé, avec rebondissements et coups de théâtre. Certainement ce qui se fait de mieux en ce moment dans les séries françaises. Et logiquement une troisième saison est en pleine production.

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Vampires à base de serpents

Si Eric Rochant, avant de se lancer dans la production de séries, a beaucoup travaillé dans le cinéma (Un monde sans pitié, Patriotes), Robert Rodriguez a suivi le même cheminement. Il a tout simplement décidé de prolonger en série son film le plus célèbre : "Une nuit en enfer". Impossible de reprendre les mêmes acteurs qu'en 1996 tant la distribution était prestigieuse (George Clooney, Salma Hayek, Harvey Keitel). Il s'appuie donc sur un nouveau casting, plus jeune, avec surtout la possibilité de mieux développer la personnalité des héros. Une saison 1, assez comparable au film, se prolonge avec dix nouveaux épisodes plus centrés sur la légende des Culebras, ces vampires mexicains descendants de serpents. Un peu dans la veine de "True Blood", il y est question de lutte de pouvoir entre "seigneurs" par ailleurs "saigneurs" d'innocents. Deux fils conducteurs relient les épisodes : la réconciliation lente et difficile des frères Gecko (D.J. Cotrona et Zane Holtz) et la soif de vengeance de la belle Satanico Pandemonium (Eiza Gonzalez, l'atout charme indéniable de la série). On a également la joie de revoir Jeff Fahey dans le rôle d'Eddie, l'oncle des frères Gecko. Ce vieux routier de la télévision américaine multiplie les apparitions depuis plus de 40 ans, notamment en tant que pilote d'hélicoptère dans la saison 4 de "Lost". A relever, les très nombreux bonus contenus dans le coffret.

Harlan Coben s'égare

 

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Romancier aux tirages astronomiques, Harlan Coben a un nouveau cheval de bataille : le scénario de série télé. Il multiplie les expériences, d'après ses thrillers (Une chance de trop pour TF1 avec Alexandra Lamy) ou d'histoires originales. "The Five", écrit pour la télévision anglaise, parle de culpabilité. Quatre jeunes amis, partent jouer dans les bois. Ils ne veulent pas s'encombrer de la présence de Jesse, le jeune frère de l'un d'eux. Ils lui demandent de retourner à maison. Seul dans les bois. On ne le retrouvera jamais. 20 ans plus tard, l'ADN de Jesse est découvert sur une scène de crime. Les quatre amis vont se réunir et tenter de comprendre comment c'est possible. La série est un peu tirée par les cheveux. Le dénouement déçoit et on regrette les trop nombreuses fausses pistes lancées pour égarer les spectateurs. Ou rallonger la sauce... Cela n'a pas découragé Harlan Coben qui s'est lancé dans un nouveau projet intitulé "The Four".

"Le bureau des légendes" (saison 2), Studiocanal, coffret quatre DVD.

"Une nuit en enfer" (saison 2), Wild Side Vidéo, coffret trois DVD

"The Five", Studiocanal, coffret quatre DVD.

 

 

29/05/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Marseille culte

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Sans être abonné à Netflix ni avoir vu les deux premiers épisodes de la série diffusés en prime time sur TF1, je peux affirmer avec certitude que "Marseille" deviendra un programme culte. Il suffit de voir quelques extraits méchamment distillés par des "admirateurs" au second degré. Si j'en crois ces petites vidéos, il y est essentiellement question de sexe, d'ambition et d'accent.

Présenté comme la "House of cards" à la frenchie, Marseille est plutôt un mix de "Plus belle la vie" chez les bourgeois et d'une pagnolade du temps des Raimu et autres Fernandel. Si Depardieu en politique bien installé n'en fait pas des tonnes, on ne peut pas en dire autant de Benoît Magimel, qui de l'avis de tous les critiques, est la véritable vedette de l'histoire. Attraction plus exactement.

Affublé d'un accent du sud assez changeant, il surjoue en permanence et passe son temps à grimacer. Grimace quand il prépare un coup tordu. Grimace quand il "honore" une collaboratrice entre deux rendez-vous. Grimace quand il se baigne. Le tout avec des dialogues dignes des plus grands textes surréalistes. "C'est moi qui vais t'enculer avec une poignée de graviers en prime", "À part ma queue, qu'est-ce que tu veux ?" sans oublier celle qui, si vous ne prenez pas au second degré, risque de vous faire tomber au trente-sixième dessous. Magimel, nu dans une piscine, caresse un opposant politique tout aussi dénudé et lui demande, angélique, "Vous trouvez pas ça bizarre... qu'on se touche le zob en parlant de Picasso ?"

Toute la série y est résumée : vulgaire, improbable et irrésistiblement comique.