12/10/2014

BD : La folie du front

 

14/18, tardi, supiot, glénat

Centenaire oblige, quantité de publications portent sur la première guerre mondiale. La BD n'est pas en reste. Même si il est difficile de faire mieux que Tardi dans le genre, plusieurs auteurs ont plongé dans l'enfer des tranchées pour raconter des pans de cette incroyable boucherie. « La patrouille des invisibles » d'Olivier Supiot est un roman graphique sombre malgré des couleurs éclatantes. Un aviateur français abattu au dessus du front, est récupéré, blessé, par une patrouille. Il va falloir le ramener à l'arrière pour le soigner. Mais ces quelques kilomètres sont très risqués. Les francs-tireurs allemands sont partout. Un obus ou une balle peut vous exploser la tête à tout moment. Heureusement la petite troupe compte dans ses rangs Titouan Kerzadec une montagne de muscles surnommée Titan. Il se fond dans la boue et le sang pour surprendre les ennemis. Un tueur né qui s'accommode de cet enfer. Avant, sa vie était pire. Il était à Cayenne au bagne. S'engager c'est l'assurance de retrouver la liberté à la fin de la guerre. A condition de survivre et ne pas devenir complètement fou.

 

« La patrouille des invisibles », Glénat, 12,90 €

 

13:32 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1418, tardi, supiot, glénat

11/11/2012

BD : Lettres du front dans "Paroles de Poilus"

paroles de poilus, 11 novembre, 14/18, guéno, jarbinet, tillier, servain, marc-rénier, soleil

En ce 11 novembre, ayons une pensée pour les soldats morts durant cet effroyable carnage que fut la guerre de 14/18. Les éditions Soleil, sous la direction de Jean Wacquet et des textes de Jean-Pierre Guéno, publient un second recueil de « Paroles de Poilus ». 14 histoires courtes dessinées par des pointures de la BD, de Jarbinet à Thierry Robin en passant par Servain ou Béatrice Tillier. Ces histoires, de 3 à 8 pages, racontent la déchirure du tissu familial. Certains Poilus étaient pères de famille. De jeunes pères n'ayant quasi pas connu leur enfant. A travers des lettres on revit ces drames. Comment Françoise Dolto a correspondu avec son oncle, mort au combat, pourquoi Jean Zay, futur ministre, s'est engagé... Il y a aussi ces récits d'anonymes, d'orphelins, de gueules cassées. Toute l'horreur de la guerre est condensée dans ces pages, parfois classiques, souvent très fortes comme celles de Marc-Renier à mille lieues de son style habituel, mais aux effets radicaux. Un ouvrage du Souvenir essentiel car il n'y a plus grand monde de vivant pour raconter la boucherie.

« Paroles de poilus » (tome 2), Soleil, 19,99 €


01/05/2012

Une "Gueule cassée" de retour au pays

 

Gueule cassée, 14/18, Laurent Galandon, Dan, Pour un peu de bonheur, Bamboo, Grand Angle

La première guerre mondiale est terminée depuis quelques mois. Beaucoup d'appelés français ne sont pas rentrés. D'autres sont encore dans les hôpitaux à se faire soigner. Félix en ce printemps 1919 revient enfin dans sa ferme dans une vallée des Pyrénées. Après les combats, il a passé de longs mois à se réparer. Les éclats d'obus lui ont labouré la moitié du visage. Aujourd'hui c'est une « Gueule cassée », cachant cette immense cicatrice derrière un masque opaque. Le soldat, qui a perdu bien plus que son apparence humaine dans les tranchées, redoute le jugement de ses connaissances. De sa femme Esther, mais surtout de son fils. Il a dix ans aujourd'hui, et rejette ce père défiguré qui ne l'a pas vu grandir. Par chance, le retour de Félix sera éclipsé par une affaire qui fait beaucoup parler dans la vallée : un mystérieux chasseur tue le bétail des paysans. Vache, cochon, brebis : rien n'est épargné. Un policier parisien, lui aussi grand blessé de la guerre mène l'enquête.

Laurent Galandon, le scénariste, utilise cette intrigue pour parler de ces soldats marqués dans leur chair. Dan, au dessin, surfe entre oppression du héros et beauté des paysages.

 

« Pour un peu de bonheur » (tome 1), Bamboo, 13,50 €