02/01/2017

De choses et d'autres : A vos week-ends de trois jours

L’année 2017 commence sous de meilleurs auspices que 2016. Obligatoirement. Non je n’ai pas passé mon BEP de voyance entre Noël et nouvel an, j’ai simplement bien regardé le calendrier. Alors que 2016 battait des records de jours fériés pendant le week-end, 2017, au contraire, offre à six reprises des possibilités d’évasion de trois jours.

Avouez, Noël ou le 1er janvier un dimanche, ce n’est pas très sympa pour ceux qui se sont lâchés pour le réveillon. Du coup, ce 2 janvier devient un lundi encore plus pénible, migraine en prime. 2017 sera plus cool. Noël et 1er janvier tombent un lundi. Donc week-end prolongé en perspective. Le 14 juillet, vendredi, on va pouvoir danser aux bals populaires encore plus longtemps.

Reste le cas du mois de mai. Le jeudi de l’Ascension débarque, ça alors, un jeudi. Voilà un jour férié qui fait pester depuis toujours. Mais pourquoi Dieu dans sa grande miséricorde n’a-t-Il assigné le vendredi et l’Ascension ? Peut-être pour rattraper les conséquences du Lundi de Pâques vénéré par les adeptes du week-end à rallonge. Mai 2017 débute bien avec un lundi 1er. Et se prolonge tout aussi bien avec le lundi 8 mai.

A une nuance près, dimanche 7 votre esprit civique en empêchera de partir en villégiature. Ce jour-là, vous devrez élire le nouveau président de la République. Et quel qu’il soit, pour beaucoup, il aura débuté son mandat en gâchant un week-end de trois jours. 

03/02/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Juppé, the king of beer-pong

alain juppé,beer pong,républicains,présidentielle,2017Les candidats à la présidentielle sont visiblement prêts à tout pour conquérir le cœur (et les voix) des électeurs. Alain Juppé, lancé depuis des mois dans la primaire des Républicains, a bon espoir de succéder à François Hollande en 2017. Mais le chemin est long. Et pavé de redoutables embûches. En plus d'éliminer Nicolas Sarkozy (on lui souhaite bien du plaisir et du courage), il doit améliorer son image vis-à-vis des jeunes. Au risque de la détériorer auprès des seniors, qui lui sont très majoritairement acquis selon tous les sondages.

Le week-end dernier à Paris, grosse offensive du maire de Bordeaux avec la présentation du club de soutien simplement intitulé "Les jeunes avec Juppé". Dans un bar du XVIIIe - ambiance surchauffée et nombreuses caméras - Juppé tombe la veste, retrousse les manches de sa chemise rayée bleu blanc rouge et affronte Pierre-Yves Bournazel, jeune conseiller de Paris, dans une partie de… beer-pong. Ce "sport", venu des USA, est en vogue. Il nécessite adresse et descente. Adresse des mains, descente de bière. Chaque concurrent lance une balle de ping-pong dans des chopes remplies de bière. S'il atteint la cible, l'adversaire doit en boire le contenu. Une pratique controversée car elle favorise la consommation d'alcool à outrance.

Moralité : l'énarque ancien Premier ministre, par trop rigide, sait s'amuser. Contrairement à son challenger, l'ancien président, qui est sobre comme un chameau. Reste à savoir ce que vont penser les électeurs de Bordeaux à la vision de leur maire engloutissant des litres de bières.

29/11/2015

Livre : Politique fiction à droite toute !

Pour beaucoup d'observateurs, l'élection de 2017 sera une revanche de 2012 entre Hollande et Sarkozy. Geoffroy Lejeune imagine la victoire d'un outsider : Éric Zemmour.
 
Faut-il aimer se faire peur ? Imaginer le pire pour se contenter du raisonnable ? On se pose forcément la question en refermant ce livre de politique fiction signé par un rédacteur de « Valeurs actuelles », hebdo ouvertement à droite pour ne pas dire à l'extrême droite. Geoffroy Lejeune se met dans la peau d'un journaliste chargé de couvrir la campagne présidentielle de 2017. Affecté au staff de Marine Le Pen, il se réjouit d'être enfin dans le camp qui a toutes les chances de l'emporter. Mais avant cela il raconte comment, en coulisses, tout se met en place. Par exemple il détaille la façon dont Sarkozy l'emporte aux primaires des Républicains et fait le ménage autour de lui. Il découvre également comment le Front National se retrouve profondément divisé depuis que sa présidente décide de la dédiabolisation et surtout de l'inflexion de la ligne vers un nationalisme protecteur qui doit beaucoup aux idées de Chevènement. Conséquence, les plus à droite du FN se rebellent. Le père, mais surtout la nièce, Marion, obligée de quitter le parti pour désaccord et tentée de se retirer de la vie politique.
Mais un phénomène va la faire changer d'avis. Quelques conseillers occultes, dont le sulfureux Patrick Buisson, sont persuadés que les Français ne veulent pas d'un remake de 2012. Ils font tout pour qu'un outsider émerge. L'énorme succès de librairie du « Suicide français » d'Éric Zemmour les persuadent qu'il peut être l'homme de la situation. Clairement à droite, mais pas trop sectaire, apprécié par une large frange de la population pour sa façon d'exprimer avec des mots simples ce que certains pensent sans oser le dire. De plus, considéré par les autres candidats comme un saltimbanque, il cache bien son jeu.
 
Zemmour, du saltimbanque au président
Buisson se lance dans la bataille quand il est persuadé que Sarkozy n'a plus aucune chance de l'emporter, tant devant Hollande que Le Pen, mal conseillé par une Carla beaucoup trop à gauche selon certains. Le conseiller qui a enregistré secrètement ses conversations avec l'ancien président se réjouit de lui annoncer sa décision : « Nous ne travaillerons plus ensemble, Nicolas, c'est fini. Tu ne peux plus gagner et je ne te fais plus confiance. Tu as trahi, tu trahiras. » Sarkozy se montre menaçant mais Buisson a cette réplique qui éclaire peut-être l'ancien président sous un jour nouveau : « Je te connais par cœur, Nicolas. Tu as beaucoup de défauts, mais le pire d'entre eux, c'est que tu ne sais pas tuer. C'est ta plus grande faille. » Trop gentil Sarkozy ? Étonnant, mais c'est bien sous cet aspect qu'il est décrit.
Par contre Hollande est machiavélique. Il devine l'impact Zemmour. Une division supplémentaire de la droite qui ne peut que lui être bénéfique. Sauf si il parvient à coiffer sur le poteau les autres candidats. Il va alors ratisser très large, de NKM à Marion Maréchal-Le Pen, en passant par quelques apparatchiks de gauche. Ce texte se lit comme un thriller, avec trahison et coups de théâtre. Il y a même quelques morts célèbres. Comme un antidote à ceux qui croient trop vite que tout est déjà joué.
Michel Litout
« Une élection ordinaire », Geoffroy Lejeune, Ring, 18 euros