14/09/2008

Deux femmes unies

Ce roman passant au crible les relations entre mère et fille se déroule dans le milieu de la mode qui ne laisse pourtant que peu de place aux sentiments.



Quels liens unissent une mère à sa fille ? Des liens si forts qu'ils résistent aux années, aux mariages et grossesses. Eliette Abécassis, en 170 pages écrites avec les tripes, tente de trouver des réponses dans ce miracle de la maternité. Mais ce sont avant tout des sentiments qu'elle met en lumière, souvent contradictoires, ambivalents, jamais simples. Nathalie est la fille de Sonia. Sonia qui est à la tête d'un empire. Elle a révolutionné la mode à ses débuts. A fait prospéré son entreprise. Nathalie est naturellement en train de prendre la relève.
La romancière, pour faire passer les doutes et déchirement des deux femmes, les plonge dans un milieu artistique et culturel aisé. Même si ce n'est pas évident, Eliette Abécassis étant parfois très dure pour cette activité plus économique que créative. « La mode, écrit-elle. Le milieu le plus superficiel qui soit, le plus frivole, le plus aléatoire, le plus léger. La mode, le lieu sans signification. Passer des heures à discuter d'une longueur, d'un bouton, d'un pli ; quelle importance ? Chercher, traquer la beauté, mais pourquoi ? Pour quelle obscure raison poursuivre le règne de l'apparence ? »

Tristes mannequins « squelettiques »
La description de ce milieu parasite parfois le fond du roman. Sonia, rousse, fantasque, entreprenante, fière d'être Juive et Française, parfois imbue de son succès, mène la vie dure à sa file. Nathalie est longtemps restée la technocrate. Certes, comme sa mère, elle a participé à des défilés, les mettant même en scène, mais sa véritable efficacité a toujours été dans les alcôves financières.
Des défilés que Nathalie apprécient peu, encore moins les mannequins désincarnés qui marchent au pas sur les podiums : « A les regarder de près, aucune n'est vraiment belle, de celles qui représentent la beauté idéale. Traits anguleux, jambes maigres, silhouettes squelettiques, extrême maigreur, effrayante, angoissante, car elle signifie le contrôle, le jeûne, la privation. La beauté, l'insaisissable beauté, où est-elle ? Dans la femme maigre, androgyne, longiligne ou dans la femme opulente ? Qui le décide, et pourquoi ? »

Grossesse inversée
Aujourd'hui Nathalie voudrait reprendre l'affaire à son compte. C'est presque la guerre avec sa mère qui ne veut pas céder les rênes créatrices de la maison de couture. Le roman va reculer dans le temps, chaque chapitre verra les deux protagonistes rajeunir. On comprendra pourquoi Sonia est à la tête de son empire, comment Nathalie a gravi les échelons sans jamais pouvoir se débarrasser de l'influence de la femme qui l'a mise au monde.
Un long cheminement qui a donc commencé quand Sonia était enceinte. Et tout le dilemme de ce roman se retrouve dans ce passage, quand Nathalie s'interroge : « Ma mère, mon miroir. Mon souci de chaque instant. Je suis pleine de toi comme tu étais pleine de moi. » Une grossesse inversée, fil conducteur de ce roman qui, tout en se passant dans un milieu superficiel, n'en aborde pas moins une thématique de fond qui ne peut que concerner toutes les mères, filles, pères et fils de la planète, depuis que le monde est monde.

« Mère et fille, un roman », Eliette Abécassis, Albin Michel,
15,90 €



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31/10/2007

Rouleau convoité

bf5b78d4ddf2397547d7e1218fdaa70c.jpgAprès Quram, Makyo poursuit dans la même veine avec l'adaptation d'un nouveau roman d'Eliette Abécassis. Avec « Le trésor du Temple », il donne sa première chance à Laurent Seigneuret, jeune dessinateur réaliste déjà très aguerri car il a longtemps travaillé dans l'ombre de Bruno Rocco. David, jeune Israélien brillant, ancien soldat, chercheur, universitaire, décide de tout quitter , même l'amour d'Helen, pour rejoindre la secte des Esséniens vivant depuis des siècles dans des grottes situées à Quram. Il est obligé de sortir de son isolement de scribe quand un archéologue est découvert assassiné sur un autel à proximité des grottes. Il a été sacrifié selon un rite typique des Esséniens. David va retrouver Helen et lancer son enquête, avec la protection discrète et efficace du Shin Beth. L'archéologue aurait découvert un rouleau de cuivre donnant la clé pour retrouver le trésor du Temple. Un rouleau de cuivre au centre de tous les enjeux. Certains n'hésitent pas à tuer pour tenter de le posséder. Une BD passionnante, tant par son côté historico-religieux que par l'intrigue policière.
("Le trésor du Temple", Glénat, 12,50 €)

06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Glénat, Makyo, Abécassis, Seigneuret