07/01/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le livre mystérieux

mitterrand, gide, afpVendredi, voilà exactement 20 ans, François Mitterrand s'éteignait. L'occasion de revenir sur son long parcours, d'opposant puis de président de la République. De tous les hommages, témoignages ou anecdotes, les circonstances de l'annonce de sa mort deviennent passionnantes sous la plume de Dominique Chabrol, journaliste de l'AFP (Agence France Presse) de permanence ce 8 janvier 1996. Il raconte sur le blog de l'agence les longues heures entre la première rumeur et la confirmation du décès. Il explique qu'à l'époque, les réseaux sociaux n'apparaissaient que dans l'imagination des écrivains de science-fiction. Heureusement car les alertes se multipliaient depuis plusieurs semaines. A n'en pas douter, si Twitter avait existé en 1996, Mitterrand serait mort 20 fois avant la date fatidique. Une fois le recoupement de l'information effectué, c'est le branle-bas de combat. Dominique Chabrol, au desk (le service de réécriture des dépêches) veut apporter une "touche de couleur" dans les informations diffusées. Le lendemain, seul Pierre Favier, également journaliste à l'agence, obtient le droit de voir l'ex-président sur son lit de mort. Il décrit la chambre à Chabrol. Un livre est toujours placé sur la table de chevet. Favier se souvient y avoir lu "Madeleine" et "Gide" sur la couverture. Voilà la couleur tant espérée. Seul problème, Gide n'a jamais écrit de roman avec Madeleine dans le titre. Le rédacteur devra se contenter de décrire la gravure de Saint-François d'Assises au mur. Quant au mystérieux livre, 20 ans plus tard Chabrol l'identifie. La couleur est un peu passée, mais elle est toujours là.

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11/11/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Slipman attaque à la pelle


Envie de devenir célèbre ? Facile : armez-vous d'une pelle et molestez des écologistes (accompagnés d'un journaliste de l'AFP). Sans oublier le détail décisif : passez à l'attaque pieds nus et en slip. 
Une incroyable photo a fait le tour du net hier après-midi en moins de temps qu'il n'en faut pour enfiler un pantalon. La scène, totalement surréaliste, se déroule dans les Landes. Un petit groupe de militants de la LPO (Ligue de protection des oiseaux) s'engage dans un champ de maïs pour détruire des pièges à pinsons, oiseaux protégés mais toujours chassés dans cette région par quelques irréductibles. Action largement médiatisée en présence d'Allain Bougrain-Dubourg. Alors que les écolos détruisent les pièges, un riverain surgit de chez lui. Furieux, pieds nus, armé d'une pelle et en slip. Il assène quelques revers bien sentis aux écolos et remarque un photographe de l'AFP en plein boulot. Le journaliste a le temps de prendre un cliché, juste avant de recevoir un coup de pelle. 
Cette photo incroyable a déchaîné internet hier. L'indigène, qui ensuite a porté plainte pour violation de propriété privée, est devenu une sorte d'icône moderne. A cause de la pelle peut-être, à moins que la raison en soit son regard mauvais et haineux. Sans compter aussi et surtout ce slip, tenue incongrue qui lui a permis de récolter le surnom de « Slipman, le super héros à la pelle ». 
Il ne devait pas se douter qu'en sortant de chez lui précipitamment il allait décrocher une telle célébrité. Morale de l'histoire : magie mais aussi futilité des moyens modernes de communication.

10:38 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : slipman, slipgate, landes, afp

16/11/2013

NET ET SANS BAVURE : Les coulisses de l'info

AFP, information, agence de presse, guerre, incendie

L'essentiel des informations des pages Actu et Société de l'Indépendant provient de l'AFP, l'Agence France Presse. Travail ingrat que celui de journaliste d'agence. Souvent le premier sur place, mais jamais cité. C'est peut-être pour réparer cette injustice que le blog "Making-of" est disponible sur le net.

Sous-titré "Les coulisses de l'info", il permet aux reporters de l'AFP de retrouver cette part d'humanité qu'ils doivent mettre de côté dans leur travail. Car dans une dépêche il faut des faits, juste des faits étayés de sources solides. Oublier le pathos, même si on est entouré de cadavres.

Dans la section "Témoignages", ils sont nombreux à raconter comment ils ont failli perdre la vie au travail. Sammy Ketz est le directeur du bureau de l'AFP à Beyrouth. En septembre dernier, il part avec photographe et cameraman pour Maaloula, ville syrienne où rebelles et armée régulière s'affrontent. Alors qu'il traverse une rue, il est pris pour cible par des tireurs isolés. "Je me jette au sol et me dissimule derrière le muret du terre-plein central. Dès que je bouge, je vois la poussière causée par les balles qui frappent le muret, à quelques centimètres de moi." Sammy Ketz croit mourir dans cette rue déserte de la "cité de la culture et de l'histoire". Il en réchappera et raconte comment sur le blog.

Un récit à la première personne comme celui d'Amy Coopes au cœur d'un incendie en Australie ou celui de Patrick Fort sur la chasse aux pillards à Bangui. Des compléments édifiants à des dépêches factuelles et dénuées d'émotion.

Chronique "Net et sans bavure" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant