11/04/2010

"Le Suaire" symbole de la folie

 

Le suaire.jpgFrère Bartolomeo est un homme de foi, au coeur du XIVe siècle. Devenu responsable du monastère bénédictin du Trastevere à Rome après une épidémie de peste dévastatrice, sa soif d’idéal va le conduire à l’irréparable. Une descente aux enfers pour purifier les âmes, racontée par Agnès Michaux avec un rare brio dans "Le Suaire".

La peste fait des ravages. Partout la mort noire frappe, laissant quantité de cadavres sur son passage. Même dans la communauté religieuse « le Mal s’immisçait. Dans la ville et dans le cœur des hommes. Dans les corps moribonds et hideux des pestiférés ». Persuadé qu’il faut lancer un message fort à toute la population, il va imaginer un stratagème pour frapper les esprits. Découvrant les catacombes abandonnées, premier cimetière des Chrétiens, il entraînera ses moines dans une falsification historique de grande ampleur. Il va confectionner de toute pièce une nouvelle relique, le suaire du Christ. Pour ce faire il va procéder à la crucifixion d’un innocent, son fils Gentile, jeune muet qu’il est allé chercher à Venise.

Ce roman assez mystique vous entraînera dans les dédales du fanatisme. Bartolomeo, rendu totalement aveugle par son but, ne verra pas sa déchéance morale, ni l’amour qui unit Gentile à une religieuse, Arcangela.

On sort de cette fiction bouleversé, forcément interpellé par les symboles que toutes les religions se fabriquent au fil des siècles pour convaincre les nouveaux fidèles.

 

« Le suaire », Agnès Michaux, Calmann-Lévy, 15 €