23/12/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Les cheveux au vent

airbus, avion, nordpresse, décapotable, canular

Depuis l'émergence des sites parodiques comme le Gorafi, je me méfie toujours en surfant sur le net quand je tombe sur une information un peu trop farfelue. Je crains le canular et redoute de me faire piéger. Nombre de confrères ont par exemple mis quelque temps avant de se rendre compte que le site NordPresse n'est pas un journal sérieux d'outre-Quiévrain mais une machine à blagues made in Belgium. Aussi, quand je tombe sur le titre d'un article expliquant que « Airbus dépose un brevet pour un avion décapotable », je souris et me dis que c'est un peu gros de voler à 10 000 mètres d'altitude les cheveux aux vents.

Je me plonge quand même dans le corps du papier et découvre, stupéfait, qu'il ne s'agit nullement d'un canular. Au contraire, le constructeur européen estime que l'avenir du trafic aérien en dépend. En réalité le titre s'avère un peu exagéré. L'avion n'est pas véritablement décapotable. Mais simplement construit en modules. La partie cockpit et moteurs d'un côté, la cabine des passagers de l'autre. Une cabine amovible, qui peut être enlevée en quelques secondes. Et remplacée par une autre. Conséquence, l'avion reste moins longtemps immobilisé sur le tarmac. Et pour les compagnies aériennes (Ryanair par exemple qui raccourcit au maximum les escales) le temps c'est de l'argent.

Si ce projet aboutit, les anxieux auront une nouvelle raison d'angoisser. Non seulement les moteurs peuvent prendre feu, mais en plus la cabine pourrait se désolidariser. Bon voyage quand même !

07/04/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : 148 contre 150

Bien que le printemps soit bien installé, les morts (telles les feuilles) se ramassent à la pelle. L'actualité ne fait pas de cadeau en cette année 2015 en passe de remporter tous les records en matière de nouvelles macabres.

Après Charlie, Dropped et la Tunisie, on pensait en avoir terminé avec les attentats et autres accidents effarants. Mais cette année est définitivement placée sous le signe d'un karma tragique. Un avion se crashe dans les alpes : 150 morts. Des islamistes attaquent une université au Kenya : 148 morts. Si le bilan est quasiment identique, l'ampleur de l'émotion l'est moins. Les suites aussi.

La folie d'un copilote a obligé toutes les compagnies aériennes à revoir leurs pratiques en vol (deux personnes en permanence dans le cockpit). Les familles des victimes seront « aidées à vie » et une stèle est érigée au pied de la montagne. Au Kenya, les cadavres encore chauds sont pourtant déjà oubliés. Il faut que le pape fasse une piqûre de rappel lors de sa bénédiction Urbi et Orbi pour que ces étudiants chrétiens, abattus comme des chiens par les terroristes shebab, nous reviennent brièvement en mémoire.

Pourquoi ces 148 morts du Kenya ne font-ils pas le poids face aux 150 de la Germanwings ? Le phénomène de proximité doit jouer un peu. Tout comme celui d'identification. Le Français de base a plus de chance de voler sur une compagnie low cost que de dormir dans une résidence universitaire. Qui plus est africaine. Injuste la vie et sa ronde de morts aléatoires. Forcément injustes aussi.