05/12/2016

BD : La force des premiers Américains, de véritables "Rebels"

 

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La victoire de Trump à la présidentielle US est un signe du patriotisme fort de bon nombre d’Américains. Rebels, série écrite par Brian Wood et dessinée (entre autres) par Andrea Mutti, raconte comment de simples colons, paysans et chasseurs, ont décidé de se dresser face aux exigences de l’empire britannique. On suit ici Seth Abott, forestier membre des Green Mountain Boys, qui va harceler les tuniques rouges du roi Georges jusqu’à leur départ. Un gros récit de plus de 270 pages décrivant avec réalisme l’existence de ces hommes et femmes qui ont souvent payé de leur vie une certaine idée de la liberté.

➤ « Rebels », Urban Comics, 22,50 € 

 

16/10/2015

BD : L'autre Amérique du "Capitaine Perdu" de Jacques Terpant

 
Durant de longues années, l'Amérique du Nord a parlé français. Du moins les colons étaient d'origine française. Du Canada, les coureurs des bois ont conquis tout le centre du continent en descendant le Mississippi. Mais les Anglais ont remporté la guerre de sept ans et en 1763 le roi de France cède ses colonies aux tuniques rouges. Jacques Terpant dans « Capitaine perdu », raconte comment les derniers soldats à la fleur de lys ont été abandonnés aux nouveaux maîtres de la contrée. Mais l'auteur met surtout en lumière la différence de traitement des autochtones par les deux pays colonisateurs. Là où les Français prônent l'intégration, multipliant les mariages mixtes et la bonne entente avec les tribus indiennes, les Anglais mènent une politique de terre brûlée, tuant et exterminant. Conséquence, quand les soldats français se retirent, plusieurs tribus indiennes récupèrent le drapeau français et poursuivent la guerre contre les envahisseurs. Si la BD (aux couleurs directes sublimes) raconte avec lyrisme cette résistance et fidélité sans faille, un cahier historique en fin d'album permet de mieux comprendre le contexte de l'époque.
« Capitaine Perdu » (tome 1), Glénat, 14,50 €
 

09/05/2014

BD : "Lady Liberty", fille de chevalier

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Qui était exactement Lady Liberty ? Jean-Luc Sala, scénariste de cette nouvelle série entre histoire et aventure, tente de répondre à cette énigme de l'Histoire des USA. Au début de la guerre d'Indépendance, la Révolution américaine, dans l'ombre, une certaine Lady 355 a joué un rôle important. En se basant sur des faits historiques, il a imaginé la vie de ce personnage qui risque de faire fantasmer nombre d'adolescents et de grand enfants. De son vrai Lya de Beaumont, Lady Liberty est la fille adoptive du Chevalier d'Eon. Cet espion français, dont le genre n'est pas défini exactement (femme déguisée en homme pour faire la guerre ou homme déguisé en femme pour séduire ses adversaires ?), dans son exil londonien, milite pour l'indépendance des 13 colonies. Dans ce premier album dessiné par Aurore, dessinatrice au couleurs vives et travaillées, Lya a pour mission de délivrer Margareth Gage, une des premières héroïnes de l'Indépendance. Prisonnière à Londres, prochainement jugée, elle doit servir d'exemple pour refroidir les ardeurs des sécessionnistes. Lya devra batailler ferme, notamment contre Beaumarchais, au service de Louis XVI, pour tirer la belle Américaine des griffes des tuniques rouges.

 

« Lady Liberty » (tome 1), Soleil, 14,50 €

 

20/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Dakar, terminus

Dakar, sabine, balavoine, amériqueAvez-vous vu la fin du « Dakar » ce week-end ? Je pose la question car le rallye-raid a beaucoup perdu en visibilité depuis quelques années. La faute à cet exil sur des terres australes américaines. Impossible de s'identifier à des aventuriers si lointains. Avant, le départ se faisait de Paris dans la froidure de l'hiver. Les concurrents filaient vers le sud et le soleil, traversaient la France en n'écrasant que hérissons et chats errants. Les vaches (voire les gamins) c'était un peu plus loin, dans le désert. L'arrivée, sur une immense plage au bord de la mer, représentait la promesse de vacances bien méritées.

Cette déferlante d'engins pétaradants, tel un nuage de sauterelles sur un champ de mil, a éveillé bien des consciences à l'humanitaire. Daniel Balavoine en a profité pour alerter les Européens sur la misère des Africains. Un crash d'hélicoptère plus tard, la famine a laissé la place aux islamistes chez des villageois définitivement maudits. Le « Dakar » course était un endroit où il fallait être vu. Johnny Hallyday y a participé. Après coup, on se dit que peut-être il s'agissait simplement d'une belle occasion pour sortir de France quelques valises pleines de billets cachés sous des blousons de cuir soigneusement pliés.

Et puis la course comptait toujours un ou deux morts. Les journalistes faisaient, des trémolos dans la voix, la nécrologie « de ces amateurs sans qui le rallye ne serait jamais aussi beau ». Alors qu'en fait, se tuer sur de l'asphalte à 3 km du foyer familial ou sur une piste en terre à des milliers de kilomètres, c'est du pareil au même du point de vue de la veuve et des orphelins.

18/01/2014

BD : Les manœuvres de Pinkerton

 

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L'agence Pinkerton a beaucoup fait pour la sécurité des USA. Alors que l'Ouest sauvage était gangréné par les méfaits de bandes de voyous, voleurs de grands chemins et autres agités de la gâchette, les frères Pinkerton ont eu la lumineuse idée de proposer leurs services au gouvernement fédéral. Une sorte de police privée qui parfois avait des méthodes encore plus limites que les truands quelle mettait hors d'état de nuire. Mais au pays de l'efficacité maximum, seul le résultat compte. C'est un peu la face sombre de ces célèbres détectives que Guérin, le scénariste, met en lumière. Le second tome, après une ouverture nerveuse et musclée (classique attaque de train parfaitement dessinée par Damour), se concentre sur le dossier Abraham Lincoln. Récemment élu, le grand homme est déjà détesté par beaucoup. Quand Pinkerton apprend qu'un complot est en train de se tramer, il propose ses services au futur président des États-Unis. Une façon aussi de mettre un pied dans le cercle fermé du pouvoir et de faire de Lincoln son obligé. Une machination machiavélique, même si c'est pour la bonne cause...

 

« Pinkerton » (tome2), Glénat, 13,90 €

 

27/08/2013

BD : Amérique musulmane dans "Jour J, Colomb Pacha"

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Et si... Si les musulmans avaient conservé l'Espagne avant l'Inquisition. Christophe Colomb, au lieu de chercher des fonds auprès de la Reine d'Espagne, aurait affrété des caravelles pour Allah. La série Jour J de Pécau et Duval, les scénaristes attitrés, propose une des uchronies les plus originales de la collection. Colomb, converti et rebaptisé Abdel, prend possession des Amériques au nom d'Allah le miséricordieux. Mais comme dans la véritable Histoire, les autochtone ne se laissent pas faire. Ils ne font pas le poids face aux fusils des colons. Mais les scénaristes compliquent encore le récit en faisant intervenir un troisième groupe, preuve que l'Amérique, tout en n'étant pas encore découverte, était très fréquentée. Violent et parfois presque trop manichéen, cet album est dessiné par Emem. Il abandonne les décors futuristes de Carmen McCallum pour un Nouveau Monde sauvage et vierge. Ses corps-à-corps sont étonnants de virilité et de brutalité.

 

« Colomb Pacha, Jour J », Delcourt, 14,30 €


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