05/06/2017

Cinéma : L’animation française dans toute sa beauté dans un beau livre

 

Quel est le point commun entre Topor et les Minions, entre Kirikou et le Petit Prince ? Ce sont tous des auteurs ou personnages du cinéma d’animation qui ont participé depuis quelques décennies à la renommée du savoir-faire français. Topor a dessiné « La planète sauvage », chef-d’œuvre de René Laloux. Des années plus tard, Pierre Coffin, coréalisateur des « Minions » prolonge cette incroyable aventure racontée par Laurent Valière dans ce superbe beau livre truffé d’illustrations. Des hommes, des personnages, des studios, des techniques : rien n’est laissé dans l’ombre de cet art à part entière. A lire pour mieux comprendre ce genre cinématographique et surtout retrouver son âme d’enfant et avoir envie de voir ou revoir ces petits bijoux graphiques.
➤ « Cinéma d’animation, la French Touch » de Laurent Valière, La Martinière, 39,90 €

21/10/2016

Cinéma : La renaissance de Courgette

 

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Les films d'animation ne sont pas toujours réservés aux enfants. « Ma vie de courgette » de Claude Barras prouve que quelques petites marionnettes peuvent faire passer plus d'émotion que bien des acteurs en chair et en os. Marionnettes par les personnages de ce film sont en pâte à modeler et bougent selon la technique du stop motion, soit image par image. Résultat l'histoire de Courgette, le petit orphelin malheureux, ne dure qu'un peu plus d'une heure, mais a nécessité le travail de 150 « artisans » durant plus de deux ans. Un aspect technique rapidement balayé par l'histoire écrite avec Cécile Sciamma, adaptée du roman de Gilles Paris « Autobiographie d'une courgette ».

Icare vit seul avec sa maman qui s'obstine à l'appeler Courgette. Dans sa chambre dans les combles, il rêve d'une vie meilleure. Une vie où sa maman ne boirait pas. Ne le frapperait pas. Un jour, sans le vouloir, il la fait tomber dans l'escalier. Courgette se retrouve orphelin. Et meurtrier. Un policier recueille son témoignage et le conduit dans un foyer spécialisé. Là, contre toute attente, il va rencontrer écoute et gentillesse. De la part des éducateurs mais aussi des autres enfants, des cabossés de la vie, comme lui. Simon, le dur au cœur tendre, Jujube, le glouton hypocondriaque, Béatrice, qui espère que sa maman va revenir; une réfugiée renvoyée dans son pays, sa sa fille, Alice, le visage caché derrière sa mèche, comme se protéger des horreurs de sa courte vie. Et puis un jour arrive Camille. Une fille forte, qui joue bien au foot. Une fille dont on peut facilement tomber amoureux. « Ma vie de courgette » demande aux parents d'accompagner les enfants, de les guider et peut-être parfois de leur expliquer pourquoi les pensionnaires du foyer des Fontaines, apparemment normaux, ont parfois l'air si tristes et malheureux.

Le film, à l'opposé de bien des réalisations trop linéaires, est un parfait antidépresseur. La noirceur du début s'estompe lentement, au gré des nouvelles relations de Courgette avec l'extérieur. Le petit garçon brimé, persuadé que la vie n'est jamais faite que de déceptions et de tristesse, découvre la gentillesse, l'optimisme. Et en sortant de sa coquille, il redevient humain, capable d'espoir, envisageant même le bonheur. Car le message de « Ma vie de courgette » est simple : tout le monde peut être heureux, même après des débuts très difficiles dans la vie. Une famille forte et unie se bâtit sous les yeux des spectateurs qui oublient très vite le côté animation. Ne reste que les belles âmes de personnages qui ont enfin un avenir.

 

03/07/2014

DVD : Petite figurine, grand héros

Le libre arbitre et l'originalité sont au centre de « La grande aventure Lego »

 

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Avant de voir ce film d'animation entièrement réalisé avec des figurines et des morceaux de Lego, le critique cinéma en mal de bon mot ne peut s'empêcher de penser à cette appréciation qui sera du plus bel effet dans l'article « ça ne casse pas des briques ».

 

 

Malheureusement, « La grande aventure Lego » de Phil Lord et Christopher Miller est à l'opposé total de ce cliché. Astucieux et ingénieux au niveau technique, il a en plus le grand avantage de s'adresser aux jeunes et aux plus grands. Les enfants entrent immédiatement dans cet univers où les petites figurines ont des noms, bougent et chantent. Les adultes doivent faire un effort au début, se replonger un peu dans leurs jeunes années, quand leur imaginaire n'était pas encore bridé par la dure réalité du quotidien. Une fois cette mise en condition effectuée, immergez-vous en toute confiance dans l'univers d'Emmet. Il est ouvrier et vit sans se poser de question. Chaque jour il écoute la même musique, regarde le même feuilleton à la télévision et construit des buildings en briques Lego. Le pays des briques multicolores ressemble à s'y méprendre à une dictature. Ce qu'Emmet ne sait pas, c'est qu'il est « l'élu », celui qui va permettre à ses congénères de se libérer et de laisser libre cours à leur imagination, leur originalité. Il entre en possession de la « pièce magique », la seule qui empêchera le grand méchant de figer ce monde pour l'éternité.

Le scénario, loin d'être une simple allégorie du bien contre le mal, met en opposition le formatage des cerveaux « Suivez les instructions » à l'imagination et au libre arbitre « Créez ! ». Le plus, ce sont les dialogues, parfois très second degré et les nombreux coups de griffe aux productions hollywoodiennes (justement un peu trop manichéennes...).

Le DVD, en bonus, offre quelques films réalisés par des amateurs avec de véritables Legos, preuve que s'amuser avec des figurines en plastique n'est pas réservé aux professionnels. Il suffit d'avoir conservé son âme d'enfant.

 

« La grande aventure Lego », Warner, 19,99 euros