16/04/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Talking Angela, une chatte trop bavarde

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Rumeur un jour, rumeur toujours. Cette maxime est sans cesse vérifiée sur les réseaux sociaux. Il y a un an, Talking Angela, une application pour smartphone, était suspectée de servir de relais d'un dangereux pédophile. Malgré les démentis de la société et même de la police, la rumeur continue à se propager.

Alors qui est cette Angela avec qui des milliers de jeunes discutent tous les jours ? Une chatte blanche aux grands yeux bleus en amande. Quasiment une intelligence artificielle, très au point. Elle comprend ce qu'on lui dit et répond d'une douce voix féminine. Grâce à la caméra du smartphone, elle peut aussi voir vos expressions et réagir si vous riez ou pleurez. La faille viendrait de là. Les images ne resteraient pas dans l'appareil mais alimenteraient une vaste (et fantasmagorique) base de données dans laquelle les pédophiles se servent.

Le délire va encore plus loin. Certains utilisateurs font des captures d'écran d'Angela et croient apercevoir une ombre dans les yeux de la chatte, le visage du pédophile qui vous observe. D'autres prétendent qu'une fois l'appli installée, la caméra s'allume si l'on prononce le mot "Illuminati"... Illuminé toi-même !

Reste que certains blogueurs déconseillent "Angela Talking" mais pour d'autres raisons. C'est un piège à fric, certaines options sont payantes. Et puis comment interpréter cette récente évolution : "Nouvelle potion : Tu veux voir Angela rire et agir bêtement ? Donne-lui la nouvelle potion qui rend heureux." Je suis parano ou cela ressemble furieusement aux "cigarettes qui font rire (et planer)" ?

21/10/2013

NET ET SANS BAVURE : Joggeek

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Partisan du moindre effort, sans me fatiguer ni brûler la moindre calorie, j'ai couru 16,75 km en 1 h 45 hier matin. En scrutant l'état du monde par Twitter interposé, je tombe sur ce message : "Je viens de débuter une session @runtastic à suivre en temps réel. Suivez ma progression et encouragez-moi." Et me voilà, par procuration, en train de cavaler entre vignes et bitume.

L'application, installée sur le smartphone du sportif, permet de suivre sa course à la seconde près grâce au GPS. Le petit point bleu parcourt mon écran et la carte de Google Earth. Un peu d'imagination et on halète à son côté. Sur un sentier, il fait un écart de 5 mètres. Soit il a repéré une belle grappe de muscat oubliée par les vendangeurs, soit il a fait une pause pipi à l'abri des regards. Dans une zone résidentielle, son rythme devient irrégulier. Il pique un sprint. Saine émulation avec un autre joggeur ou un chien agressif ? L'avantage avec cette application, c'est que le coureur est toujours localisable.

Mais dans notre monde un peu tordu, le petit plus peut se transformer en gros inconvénient. Supposons : le sportif que vous êtes veut profiter de ses escapades pour batifoler avec sa maîtresse. Raté. A l'inverse, pendant que vous avalez les kilomètres, madame sait qu'elle dispose d'une excellente fenêtre de tir pour vous tromper en toute quiétude. Il suffit de garder un œil sur le petit point bleu... Sans parler des cambrioleurs un peu branchés. Non seulement vous donnez votre adresse, mais vous leur indiquez de combien de temps ils disposent pour vous dépouiller...

Chronique "Net et sans bavure" parue en dernière page de l'Indépendant ce lundi matin. 

12/06/2013

Chronique : votre smartphone contre le racisme

 

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Qui aurait imaginé il y a cinq ans que nos smartphones deviendraient des outils contre le racisme ? Hier la Licra (ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) a présenté officiellement une application gratuite pour Apple et Androïd destinée à signaler toute dérive raciste.  L’app’Licra sert notamment à repérer ces tags insultants, hélas de plus en plus nombreux sur les murs.

Grâce à la fonction géolocalisation, vous avez la possibilité de signaler au plus vite l'inscription. Il suffit de prendre en photo le graffiti et d'envoyer le cliché à une adresse spécifique. Ainsi « elle sera traitée en un temps record par la plateforme juridique de la Licra en collaboration avec les services municipaux des villes concernées. » Une simple photo a l'effet d'un coup de pinceau pour effacer l'injure.

Autre utilité, donner des indications aux témoins d'agression ou de discrimination de nature xénophobe. La Licra explique dans le mode d'emploi que « les premières minutes sont essentielles pour agir. L’application guide les témoins pas à pas quant aux démarches à accomplir. » 

Présentée hier, à travers un film promotionnel réalisé par Sophia Aram et une dizaine de personnalités engagées dans ce combat, elle est disponible sur le site effaconsleracisme.org. Un conseil, partagez-la sans modération. Certes, la nouvelle appli n'arrêtera pas la bêtise des racistes (pour la contrer l'éducation à la tolérance reste l'arme infaillible) mais elle permettra au moins de limiter leur nuisance. 


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.