05/09/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Des cons, des plots, des...

complot, cia, attentats, xfiles

Ils sont partout ! Qui ? Les "complotistes" bien évidemment. Ceux-là même qui tentent de nous faire croire à un vaste complot "americano-maçonnico-sioniste" qui dominerait le monde, sont en réalité les véritables comploteurs. A la manière des pires censeurs et autres nervis de la propagande d'État des dictatures passées actuelles et à venir, ils tentent de déconstruire des faits et d'en démontrer le contraire de leur évidente signification.

Si on les écoutait, les véritables coupables ne sont jamais ceux que l'on croit. Les attentats du 11 septembre ? Un coup de la CIA. Le Bataclan et les dizaines de vies innocentes fauchées sur des terrasses à Paris en novembre ? Une manigance de l'Élysée pour faire oublier le chômage. Chômage qui selon eux est forcément beaucoup plus important que ce qu'annoncent les chiffres (maquillés, bien sûr).

Pour les complotistes, "la vérité est ailleurs" comme le pensent Scully et Mulder, les agents du FBI persuadés que l'invasion extraterrestre a débuté. X-Files a eu beaucoup d'influence sur cette frange de population qui n'accepte pas de vivre dans un monde normal, où l'on naît, grandit, aime et meurt selon un rituel immuable. Beaucoup d'entre eux sont inoffensifs. Les nouveaux moutons d'une religion moderne sans dieu. Il n'est donc pas étonnant que quelques "dégourdis" en profitent.

De simple bizarrerie sur le net, le "complotisme" (quel affreux néologisme) a toutes les chances de se transformer en doctrine politique, certains partis extrémistes n'hésitant pas dès à présent à franchir la ligne blanche.

09:00 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : complot, cia, attentats, xfiles

23/03/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Attentats de Bruxelles, si loin, si impuissants

bruxelles, BD, attentatsLes attentats d'hier à Bruxelles me touchent directement. Plus que ceux de Paris pour cause de famille. Mon épouse est belge, de ce fait mes liens, déjà étroits avec le pays (passion pour la BD), n'en sont que renforcés. Nous apprenons qu'une explosion s'est produite dans l'aéroport de Zaventem, nos premières pensées vont vers Thierry, beau-frère et pilote de ligne.

Et lorsque sur Twitter le mot métro revient en boucle, nous imaginons tous nos amis et proches susceptibles d'appartenir aux dizaines de blessés. Réseaux sociaux et SMS permettent de nous rassurer au compte-goutes.

Comme nous l'écrit Vincent qui travaille à la Commission européenne, "tout le monde est safe". Il en est quitte pour rentrer chez lui à pied. Cynthia, en formation à Bruxelles, a pris le métro avant l'explosion. Elle a pu rassurer sa mère qui durant de longues minutes n'a pu s'empêcher de penser au pire.

Margaux, au travail depuis 6 heures du matin dans un supermarché, se prépare à de longues heures d'embouteillages. En réunion toute la matinée, Marie-Hélène n'a pas du tout suivi les événements. Elle nous répond vers midi après avoir contacté mari et enfants : "Tout va bien. C'est très stressant mais personne à Bruxelles".

Isabelle (la sœur de ma femme) est la dernière à donner des nouvelles : Thierry n'était pas à Zaventem ce matin, ses enfants pas dans le métro.

Paradoxalement, l'épicentre des explosions est plus éloigné de notre région, mais nous nous sentons encore plus proches, plus concernés, plus menacés. Nous sommes si loin et si impuissants.

09:11 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bruxelles, bd, attentats

08/12/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le calendrier d'avant

Plus que 25 jours. 25 jours à attendre, à patienter comme quand on découvre avec gourmandise les chocolats du calendrier de l'Avent. Mais sans plaisir cette fois. 25 jours encore à subir cette satanée année 2015.
Pour la première fois de ma vie, j'avoue qu'il me tarde que le 1er janvier arrive. Vaine illusion certainement, mais tellement encourageante pour continuer. Continuer à croire en un monde meilleur, un avenir radieux, paisible. 25 jours pendant lesquels j'ai l'impression qu'il va me falloir ressasser encore et toujours les événements dramatiques de ces 12 derniers mois et tenter de les transformer en une résilience optimiste.
Première case : panser les plaies du 7 janvier. Malgré le poster dessiné par Cabu placardé dans l'escalier de la maison depuis des années.
Deuxième étape : abstraire le 9 janvier. Même quand je croque un succulent pain azyme au petit-déjeuner. Ensuite, tenter de guérir du 13 novembre. Encore plus délicat. Comment ne pas y songer quand je prends un verre en terrasse ou que j'écoute un morceau de rock. 2015 n'en finit pas de hanter mon esprit. Pourtant, comme des millions de Français, j'aimerais tant que dans 25 jours toute cette noirceur représente les ultimes réminiscences d'un mauvais cauchemar.
Je le crains malheureusement, nous n'en avons pas encore totalement terminé. Pas sur le front des attentats (quoique), mais des dates maudites. Si après le carnage du 13 novembre, les Français propulsent le FN au pouvoir régional le 13 décembre, alors là, définitivement, on pourra classer 2015 comme la pire année de ce siècle encore en devenir.

25/11/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Fausse info, vrais rires


 Sur la base d'une citation déformée de Valérie Pécresse, le réseau Twitter a rebondi et transformé cette supposée bourde en une chaîne hilarante. En meeting, la tête de liste de la droite aux régionales en Ile de France fait le rapprochement entre fraude au métro et terrorisme et prend pour exemple la vidéo-surveillance d'Abaaoud franchissant un portique. Résultat, Valérie Pécresse semble dire qu'en "oubliant" son ticket on devient terroriste, "ça commence par là... » En réalité son discours n'établit pas de lien direct, elle remarque juste que les terroristes vivent dans un tel sentiment d'impunité qu'ils osent au vu et au su de tous de se comporter comme des délinquants. 
Des propos sortis de leur contexte, repris sur Twitter et rapidement moqués avec le mot-dièse #commentjesuisdevenuterroriste. Un jeu très naïf où chacun prend plaisir à confesser ses premières "bêtises", lesquelles heureusement n'ont jamais provoqué le moindre bain de sang. Florilège. 
La plus gentille : "Une fois j'ai mangé un grain de raisin dans le rayon fruits et légumes de chez Lidl, je ne l'ai pas signalé". 
La plus rebelle : "Une fois, j'ai mis mon disque du stationnement sur 17 h 00, alors qu'il était 16h45". 
La plus geek : "J'ai accepté les conditions d'utilisation d'un logiciel en attestant que je les avais lues, et en fait, non". 
La plus chipie "Le jour où j'ai volé la carte Club Dorothée de Vanessa en primaire". 
Enfin la plus bizarre (parce que tout le monde l'a fait sans penser mal) : "Petite, je remontais le toboggan à l'envers". Rires authentiques pour fausse info.

19/11/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Il fait chaud


Moi je vous le dit : le monde est complètement détraqué. Hier à 13 heures, le thermomètre de ma voiture affiche 25°. Le 18 novembre, 25° ! Aussi chaud qu'un mois de juin. Ou la température moyenne d'un mois de juillet dans le nord de la France. 
En temps normal, ce réchauffement climatique (l'été indien pour les climato-sceptiques) représentait la discussion de prédilection du Français ordinaire. La météo, thème de conversation préféré des Français croit-on. Trop chaud, trop froid, trop venté, un élément dérange toujours. En réalité le temps qu'il fait ne nous passionne pas, il a simplement l'avantage de constituer un motif de conversation consensuel. La chaleur excessive de ce mois de novembre pas comme les autres ne discrimine pas. Tout le monde la subit de la même façon, quels que soient son âge, son sexe ou sa religion. Ennemie universelle ou alliée de poids pour les habitants du Sud qui se félicitent de ne pas frissonner en hiver. Le sujet par excellence pour lancer une conversation. 
Mais depuis vendredi dernier, malgré la COP21 qui se profile dans à peine un mois, chacun paraît moins sensible aux variations du thermomètre. Même si certaines des victimes sont tombées sous les balles car elles profitaient de cette douceur pour prendre un verre en terrasse. Des records de chaleur ont peut-être été battus. Mais tout le monde s'en moque. Sans doute le signe que ce qui arrive au pays est grave, très grave.

18/11/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : En guise de conclusion

Dans cette chronique, depuis quatre ans, je tente au quotidien de parler de choses et d'autres. En clair, un espace, en fin de journal, pour sourire ou se moquer, parfois réfléchir ou s'indigner. Un petit moment en décalage avec ce que vous avez pu lire de très sérieux dans les précédentes pages.
Depuis vendredi soir, difficile de penser à autre chose que ce carnage dans Paris. Pourtant la vie continue. Laissons aux politiques les grandes tirades sur la "guerre", la "riposte", aux policiers la "traque". Pour notre part, simples Français lambdas, une fois le temps du recueillement et du deuil passé, contentons-nous ce que nous savons faire de mieux : vivre. Alors allons travailler, amusons-nous, partageons avec nos amis. En tentant d'imposer leur terreur dans notre société, les assassins essaient aussi, et surtout, de détruire une conception du vivre ensemble.
La meilleure façon de leur prouver qu'ils ont échoué, et qu'ils n'y arriveront jamais, reste de les ignorer. Non, vous ne parviendrez pas à nous empêcher de prendre un verre ni de fumer une cigarette en terrasse d'un café, à Paris où ailleurs. Non, vous ne ferez pas taire les milliers de groupes de rock qui n'ont rien de satanique.
Et naturellement, l'immense majorité de la jeunesse se laissera entraîner par ces rythmes qui lui permettent de se sentir exister. Musique qui accompagne si bien la joie et le bonheur. Deux concepts que les djihadistes semblent détester au plus haut niveau. Désolé, votre monde de haine, de sang et de fanatisme on n'en veut pas.
La vie est trop courte pour ne pas en profiter pleinement.
 
(Chronique parue ce mardi 17 novembre en dernière page de l'Indépendant du Midi.)

17/11/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Du meilleur au pire sur le net après les attentats

Les réseaux sociaux ont montré depuis vendredi soir toute leur utilité. Avec le meilleur. Le pire aussi. Vendredi soir, alors que les forces de l'ordre prenaient le Bataclan d'assaut après avoir bouclé le quartier, le mot-dièse #PortesOuvertes s'est répandu comme une trainée de poudre. Des Parisiens signalaient qu'ils acceptaient d'héberger des "naufragés", bloqués dans la capitale. La solidarité, l'entraide immédiate : la meilleure réponse à la terreur.
Facebook a pris le relais. Une page permettait de dire que l'on est en sécurité, chez soi, des voisins ou des connaissances. Des milliers de notes succinctes pour rassurer encore plus d'amis, virtuels ou réels.
Samedi, d'autres messages ont commencé à émerger, largement repris par la communauté. Des avis de recherche. Notamment des jeunes qui étaient au Bataclan. Parfois la réponse arrivait rapidement. Sain et sauf, parfois blessés, mais en vie.
Le pire a commencé en milieu d'après-midi. 129 morts cela signifie 129 personnes, souvent jeunes, aimant la vie au point de prendre un verre en terrasse ou de dépenser quelques dizaines d'euros pour écouter et danser sur des rythmes rock. Et Twitter s'est transformé en immense page d'avis de décès, avec photo des morts, souvent prise sur leurs statuts des réseaux sociaux, souriants, heureux, du temps où ils croyaient au bonheur, à l'avenir...
Ces visages, d'anonymes, ce sont autant d'histoires brisées net par le fanatisme de ces assassins, abominables monstres osant se féliciter d'avoir tué des "idolâtres". Ces visages, ces sourires, ne les oublions jamais.

13/01/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Black Blanc Beur

Plus de 1,5 million de personnes dans les rues de Paris dimanche. La dernière mobilisation remonte à 1998 à l'occasion de la victoire à la coupe du monde de foot. Le peuple célébrait une équipe Black Blanc Beur qui portait les couleurs Bleu Blanc Rouge. Cette symbolique revient aussi dans l'hommage de dimanche.

Parmi les 17 morts de la série d'attentats, trois policiers. Eux aussi étaient Black Blanc Beur. Eux aussi portaient sur leurs uniformes les couleurs Bleu Blanc Rouge. Clarissa Jean-Philippe, abattue à Montrouge par Coulibaly, était originaire de la Martinique. Une Black. Franck Brinsolaro, policier chargé de protéger Charb, tué lors de l'attaque de Charlie Hebdo, était originaire de Normandie. Un Blanc. Ahmed Merabet, gardien de la paix, froidement achevé d'une balle dans la tête alors qu'il était à terre, blessé, est de Livry-Gargan. Musulman, sa famille est originaire d'Algérie. Un Beur.

On a trop longtemps prétendu que seul le sport permettait l'intégration dans la nation, développer un sentiment de fierté nationale par delà toutes les croyances ou couleurs de peau. On s'aperçoit que dans les structures de la république, la police est également un formidable outil d'intégration. Clarissa, Franck et Ahmed ne protégeaient pas leurs communautés, ils étaient au service de tout un pays et de tous les citoyens. Si l'émotion est si forte, partout, de Paris au plus petit village de France, c'est pour la liberté de la presse, mais aussi pour rendre hommage à ces trois serviteurs de la république. Ces trois Black Blanc Beur, protecteurs (au prix de leur vie) du Bleu Blanc Rouge.

Chronique parue le mardi 13 janvier en dernière page de l'Indépendant.