20/02/2017

De choses et d'autres : À deux pages du crash

 
La semaine dernière, lundi exactement, j’ai passé la journée à Paris pour divers rendez-vous. Un aller-retour en avion, départ à 7 heures et retour à 21 h 50. J’enchaîne les rencontres et rejoins Orly en fin d’après-midi.
C’est dans la salle d’embarquement que je découvre l’urgent de notre site internet : « Météo : Aude et P.-O. en vigilance orange ». Confirmation une fois installé dans le Bombardier de Hop !, le pilote annonce un temps calme au début, puis quelques turbulences sur la descente vers Perpignan. J’en profite pour terminer un roman. Le narrateur avoue qu’il a la phobie de l’avion. Obligé de se rendre en Chine pour rejoindre sa dulcinée, il explique : « Je sais pertinemment que si un seul avion doit s’écraser cette année, ce sera le mien : j’en ai toujours été persuadé ». Pile à ce moment, le mien commence à ressembler à un manège de Port Aventura. Vais-je passer de la fiction à la réalité ?
Perpignan est là. Je vois les lumières de la ville. Cela secoue de plus en plus. Pourtant on va bien se poser puisque le commandant dit « PNC, préparezvous à l’atterrissage ». J’avoue ma panique en constatant que la piste s’approche, mais qu’on n’est pas du tout dans l’axe puisque je la vois parfaitement sur ma gauche par le hublot. D’un coup, l’avion reprend de la hauteur. Trop de vent. On se posera à Montpellier pour terminer le voyage en bus.
Finalement, « Quelqu’un à qui parler » de Cyril Massarotto ne sera pas le dernier roman que j’aurai lu dans ma vie. 
 
(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 20 février)

23/12/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Les cheveux au vent

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Depuis l'émergence des sites parodiques comme le Gorafi, je me méfie toujours en surfant sur le net quand je tombe sur une information un peu trop farfelue. Je crains le canular et redoute de me faire piéger. Nombre de confrères ont par exemple mis quelque temps avant de se rendre compte que le site NordPresse n'est pas un journal sérieux d'outre-Quiévrain mais une machine à blagues made in Belgium. Aussi, quand je tombe sur le titre d'un article expliquant que « Airbus dépose un brevet pour un avion décapotable », je souris et me dis que c'est un peu gros de voler à 10 000 mètres d'altitude les cheveux aux vents.

Je me plonge quand même dans le corps du papier et découvre, stupéfait, qu'il ne s'agit nullement d'un canular. Au contraire, le constructeur européen estime que l'avenir du trafic aérien en dépend. En réalité le titre s'avère un peu exagéré. L'avion n'est pas véritablement décapotable. Mais simplement construit en modules. La partie cockpit et moteurs d'un côté, la cabine des passagers de l'autre. Une cabine amovible, qui peut être enlevée en quelques secondes. Et remplacée par une autre. Conséquence, l'avion reste moins longtemps immobilisé sur le tarmac. Et pour les compagnies aériennes (Ryanair par exemple qui raccourcit au maximum les escales) le temps c'est de l'argent.

Si ce projet aboutit, les anxieux auront une nouvelle raison d'angoisser. Non seulement les moteurs peuvent prendre feu, mais en plus la cabine pourrait se désolidariser. Bon voyage quand même !

19/02/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Passagers clandestins

mocrobes, bactéries, avion, transportChaque moyen de transport collectif a son type spécifique de passager clandestin. Du désespéré qui se glisse dans le train d'atterrissage d'un Jumbo en passant par le malin qui saute au-dessus des tourniquets du métro, ils sont toujours plus nombreux.

Pourtant il est bien une catégorie de voyageurs embusqués que l'on retrouve partout et en nombre beaucoup plus important mais qui passent toujours inaperçus : les bactéries. Une étude américaine vient de démontrer que les redoutables E. coli et staphylocoque doré peuvent survivre de 96 à 168 heures dans certains éléments des cabines d'avion comme les accoudoirs, les poches situées sur les dossiers, ou encore les tablettes.

Vu l'utilisation intensive des appareils, ces bactéries se paient à peu de frais un joli tour du monde. Si encore elles restaient bien planquées au fond de la pochette... Mais elles ont la fâcheuse habitude de ne pas rester en place. Séduites par les multiples passagers (qui eux ont payé très cher le droit de s'ankyloser dans ces sièges exigus), elles circulent de corps en corps, contaminant sans fin la planète.

Voilà comment, après une semaine de farniente sous les tropiques, vous revenez avec une tourista carabinée. Logiquement vous accusez la nourriture trop épicée et l'hygiène douteuse de l'hôtel trois étoiles. Erreur ! Ce que vous ramenez à la maison vous a été légué par le passager précédent qui a utilisé votre siège. Plutôt que de se laver les mains après un tour au petit coin, il a préféré "s'essuyer" sur l'accoudoir.

Prendre l'avion comporte bien sûr certains risques, même si le véritable danger ne consiste pas à s'écraser d'une hauteur de 10 000 mètres.

02/09/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Petits sièges, gros avions

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 Il fut un temps où je prenais beaucoup l'avion. Au moins deux fois par an. Pas des moyens-courriers au cours desquels à peine a-t-on le temps de se remettre du décollage que déjà l'appareil redescend vers la destination finale. Non, de ces vols de plus de 12 heures pour rejoindre les contrées exotiques situées au mieux dans l'hémisphère Sud, au pire aux antipodes. En ces temps reculés mon embonpoint me faisait déjà me sentir à l'étroit dans des sièges peu confortables. Par chance, je suis aussi plutôt petit. Mon fondement était littéralement encastré entre les deux accoudoirs, mais au moins mes jambes ne souffraient pas trop. Je ne préfère pas imaginer mon calvaire à présent.

La classe "éco" perd de l'espace au profit des premières beaucoup plus rentables. Certaines compagnies américaines portent atteinte au minimum vital. Pour preuve, deux avions récemment déroutés en raison d'un début de bagarre. Ces trucs-là commencent toujours par un impoli qui incline son siège au maximum. Résultat le passager de derrière ne peut plus ouvrir sa tablette sous peine de se faire hara-kiri. Certains l'acceptent. D'autres non. Récriminations, cris, insultes, horions... fin du vol.

L'alternative retenue par les compagnies low-cost, consiste à choisir des sièges non inclinables. Idée pour lesdites compagnies, avides de services payants : un double monnayeur de part et d'autre du dossier. Un euro, le siège s'incline. Un euro, il se redresse. À la fin du vol, c'est le jackpot assuré pour, vous avez dit low-cost ?

02/07/2014

DVD : "Non-stop", un huis clos explosif et planant

150 passagers, un shérif, une bombe et du suspense : « Non-stop » est l'archétype du film d'action oppressant.

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Si vous partez en vacances en avion à l'étranger dans les prochains jours, surtout ne prenez pas ce DVD dans votre valise avec l'idée de le visionner durant le vol. Le film de Jaume Collet-Serra se déroule quasi exclusivement dans un long-courrier en vol entre les USA et l'Europe.

 

 

Les dix premières minutes montrent l'embarquement des passagers. Dans sa voiture, Bill Marks (Liam Neeson) semble hésiter à partir. Il se donne du courage en buvant un grand trait de whisky. Dans la file d'attente à l'embarquement, dans un brouillard provoqué par l'alcool, il observe les différents passagers. Un couple amoureux, un fumeur anxieux, une rousse au téléphone, une petite fille accrochée à son doudou... Des inconnus avec qui il va partager six heures d'enfermement. Une fois à bord, il reçoit un message sur son smartphone et répond « C'est parti ».

 

Bill fait partie de la brigade des Air Marshal créée après les attentats du 11 septembre. Ces policiers embarqués sur chaque vol américain pour protéger les passagers en cas de détournement sont armés... et incognito. S'il observe les passagers, c'est dans le cadre de son travail. Toujours en éveil, il tente de se concentrer sur son boulot car Marks a un gros problème : il a peur en avion. Surtout au décollage. Après coup on se dit que c'est idiot face à la montagne de problèmes qui va lui tomber sur la tête.

Sur son téléphone pro, normalement sécurisé, Marks reçoit un message privé. Son interlocuteur affirme qu'il est avec lui dans l'avion et menace : « un passager va être tué dans 20 minutes si 150 millions de dollars ne sont pas versé sur un compte en banque ». Le compte à rebours débute, l'attention des spectateurs est maximale. Le réalisateur espagnol, renommé pour ses films d'horreur, distille parfaitement doute et suspense. Marks reprend son observation des passagers et avec lui on se demande qui est le « méchant » ? Cet autre flic, également embarqué incognito, cette hôtesse débutante, ce musulman pratiquant ? Les pistes sont nombreuses et semées de chausse-trappes. Ne faisant plus confiance à personne, Marks s'appuie cependant sur sa voisine de siège, l'unique personne dont il est sûr qu'elle ne maniait pas son smartphone durant l'échange avec le terroriste. Justement Jen (Julianne Moore) est charmante et très débrouillarde. Un joli duo se forme, seule concession du film aux grosses ficelles des blockbusters. Avec la fin aussi, mais il ne peut pas en être autrement car il n'y a que dans la réalité que les avions s'abîment en mer après avoir disparus des écrans radars.

Liam Neeson, malgré son âge (61 ans) est complètement crédible dans ce rôle très physique. La réalisation, au cordeau, parvient à rendre le sentiment d'enfermement et d'oppression, tout en offrant quelques scènes d'action et de bagarres dantesques dans un minimum d'espace. Un brio technique détallé dans les bonus axés essentiellement sur le tournage du film.

« Non-stop », Studiocanal,19,99 €