30/11/2016

De choses et d'autres : Se méfier des belles images

béziers, ménard, gay, mariage, sida

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Plusieurs maires ont décidé d’interdire l’affichage des panneaux de la campagne du gouvernement sur la prévention du Sida. En cause, le public ciblé : les homosexuels. Les photos montrent deux hommes tendrement enlacés avec ce message de prévention : « Avec un amant, avec un ami, avec un inconnu : les situations varient. Les modes de protection aussi ». Les élus - tous de droite bien évidemment – s’insurgent : « Atteinte à la dignité » et « risque de heurter la sensibilité de l’enfance et de la jeunesse ». Une censure dénoncée par la ministre de la Santé.

A Béziers aussi la campagne est mal vue. Mais le maire, ancien président de Reporters sans frontières, a préféré dé- tourner les affiches plutôt que de les censurer. Un homme et une femme, jeunes et romantiques, se regardent dans les yeux avec ce slogan : « S’aimer, se donner, tout donner : l’amour ça se protège. Fidélité ».

Problème pour Robert Ménard, certains opposants ont cherché à connaître la provenance de cette photo. Après enquête des limiers du net, il s’avère qu’elle est extraite d’une série, libre de droits, intitulée « Tia et Mark wedding » du photographe australien Matthew Jake Kane. Ce dernier souligne l’ironie de l’utilisation du cliché. Pour cause, le modèle, jeune homme très beau, est ouvertement gay.

Moralité (défendue bec et ongles par Robert Ménard), toujours se méfier des images, elles ne reflètent pas forcément la réalité.

24/02/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Béziers, son Club Med'

Si la ville de Béziers faisait peu parler d'elle il y a quelques années, à présent elle revient régulièrement à la une de l'actualité nationale. Pour une fois Robert Ménard, surdiplômé es provoc médiatique (et néanmoins maire élu avec l'appui de l'extrême-droite), n'y est pour rien. Une séquence vidéo tournée en prison a suffi.

La France, pays des droits de l'Homme, semble bichonner ses détenus. Pour preuve, le week-end dernier, un jeune a pu diffuser durant plusieurs heures une retransmission vidéo en direct depuis sa cellule. On retrouve une nouvelle fois la plateforme Périscope à l'origine de cet 'exploit technique'. "Ici, c'est le Club Med" explique le prisonnier, en pleine nuit, un joint aux lèvres.

Bien connu de l'administration pénitentiaire, il a déjà été sanctionné en janvier après la découverte de trois portables dans sa cellule. Visiblement, il en gardait un sous le coude pour discuter en direct avec ses potes. Cette provocation risque de lui coûter gros (voir en page Eurorégion), mais au moins en voilà un qui a trouvé sa voie en cas (différé pour l'heure) de réinsertion : la télé.

Sûr, quantité de fans des émissions de téléréalité adoreront ses transgressions. Et il n'aura que l'embarras du choix : rejoindre le casting des 'Anges de la téléréalité' (où il jouera le démon) ou postuler comme chroniqueur à 'Touche pas à mon poste'.

Du moins si ces émissions existent toujours quand il sortira du "Club Med" de Béziers.

21:54 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prison, club med, béziers

03/11/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Sauce (race) blanche


Gare au grand remplacement culinaire. Robert Ménard recycle la thèse de Renaud Camus sur l'éviction de la population européenne par les Maghrébins. Dans un reportage d'Envoyé Spécial jeudi dernier, il s'indigne du trop grand nombre de kebabs dans le centre de Béziers. Et d'annoncer qu'en tant que maire de la ville, il refusera toute nouvelle ouverture de restaurant spécialisé dans la sauce blanche.
Ménard, gardien de la gastronomie ? Heureuse surprise. Plus prosaïque, il justifie sa décision par le fait que nous vivons "dans un pays de tradition judéo-chrétienne". On renifle comme des remugles de "race blanche" à la Nadine Morano (qui doit pourtant adorer ladite sauce… en blanquette).
Ménard a le droit de ne pas aimer les kebabs. Mais si l'on suit l'argument de l'ancien responsable de Reporters sans frontières, toute la cuisine asiatique devrait aussi être bannie de nos frontières. D'autant plus paradoxal qu'avec les kebabs, on sert des frites (french fries aux USA) alors que les restaurants chinois ne proposent que du riz. Ne cherchez pas de morale à cette histoire. Ménard a simplement voulu créer le buzz, selon son habitude. Et ça marche. Tels les kebabs à Béziers ou ailleurs, de même les sandwicheries qui continueront à vendre quotidiennement des centaines de "jambon-beurre".
Et si Ménard n'était pas bête, il récupérerait cette initiative potache lancée samedi sur Facebook : organiser à Béziers, le 6 mai prochain, le premier festival international du kebab.