13/03/2013

Chronique : Les bonus de Lastman, BD de Vivès, Balak et Sanlaville chez Casterman

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Face au numérique, l'édition classique n'a pas dit son dernier mot. Il faut innover pour exister. Aujourd'hui les libraires sont inondés d'exemplaires de Lastman, une BD de trois jeunes auteurs, Bastien Vivès, Balak et Mickaël Sanlaville. Ils ont relevé le challenge des mangakas japonais : 20 pages par semaine. Et comme il n'existe pas de revue de prépublication, c'est en ligne, sur le site de Delitoon, que ce combattant taciturne fait ses premiers pas. L'album complet est publié alors que les internautes en attendent encore la fin sur le net. Une prime au papier qui propose également des bonus. Dans une édition collector, sous pochette argentée comme les images Panini, on découvre un sticker original. 

Les éditions Casterman multiplient les appels pour populariser la BD. Des présentoirs personnalisés dans les librairies et même la diffusion sur le net d'un making-of hilarant. Les dessinateurs étant également de très bons acteurs (au moins du niveau des participants aux téléréalités), ils mettent en scène leur collaboration. Enthousiasme, tension, dispute, pression de l'éditeur : on s'y croirait. L'arrivée d'un coach japonais remet un peu d'ordre dans tout cela. Et quel coach ! Hitomi Tanaka, experte en apaisement de relations de travail, crève l'écran. En deux sourires et un décolleté plongeant, la pornstar japonaise renvoie tout ce petit monde au travail. Et sert au passage de modèle pour l'héroïne de Lastman, la pulpeuse Marianne.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 


08/05/2010

Une BD à savourer

Lord of Burger 1.jpgUne bande dessinée peut-elle avoir du goût ? Dans le sens de goûteuse, comme un de ces plats raffinés que l'on sert dans les restaurant étoilés. « Lord of Burger » tente de concilier histoire dessinée et grande cuisine. Une association étonnante qui l'est un peu moins quand on découvre que Christophe Arleston en signe le scénario. Le créateur du monde de Troy (Lanfeust, Trolls...) est un grand épicurien. Il n'a jamais caché son attirance pour les grands crus et les tables renommées. Il a simplement tenté, en compagnie d'Alwett, de faire découvrir aux lecteurs de BD le fonctionnement d'un restaurant 3 étoiles. Avec cependant une bonne dose de comédie et de suspense. Alessandro Caprese est à la tête du Clos des épices. Son talent de cuisinier a permis à ce restaurant gastronomique d'obtenir les légendaires trois étoiles au guide rouge. Alessandro connait la réussite derrière les fourneaux. ambre.JPGPar contre, côté famille, il est en échec. Sa femme, pâtissière sans génie, est internée dans une clinique psy, sa fille Ambre refuse de cuisiner, sa passion étant la sculpture sur glace et son fils, Arthur, bien que très doué, travaille carrément pour un fast-food...

Mais quand le chef est assassiné, ses enfants vont tout faire pour maintenir le restaurant à flot pour permettre de rembourser les dettes. Ce premier tome de 100 pages plante parfaitement le décor en reproduisant assez bien l'ambiance survoltée dans les cuisines de ces temples du bien manger. Le personnage d'Ambre est particulièrement développé et on sent que derrière la volonté de cette jeune fille se cache l'âme de son père. Côté dessin, Balak et Zimra sont deux jeunes passés par la filière de l'animation et marqués par les mangas japonais. Cela donne une BD très vive, pleine de mouvement et d'action. Certes cela ne mérite pas encore trois étoiles, mais le résultat peut facilement prétendre à un premier macaron.

« Lord of Burger » (tome 1), Glénat, 10 €

06:51 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arleston, alwett, balak, zimra, glénat