26/05/2017

BD : Sommes-nous tous exceptionnels ?

 


Paul Baron est moyen. Parfaitement moyen. Taille, poids, QI, endettement… Il est dans la norme. Pas exceptionnel. Pourtant l’exceptionnel est son quotidien. Il est employé du Guide mondial des records, ce livre mis à jour chaque année qui permet à des anonymes d’être distingués en avalant trois hotdogs en 30 secondes ou en faisant tournoyer sept bâtons de majorette en même temps. Ce métier, il l’a aimé au début, mais depuis a perdu la flamme. Car pour un record validé, il y en a des centaines refusés et autant de déception pour ceux qui, un temps, se sont crus exceptionnels. Cette jolie fable écrite par Tonino Benacquista et dessinée par Nicolas Barral prend un tour tragique quand Paul reçoit une lettre d’un lecteur du guide désirant y faire son entrée en battant le record… du tueur de personnes qui le méritent. Une critique intelligente des dérives de notre société du spectacle, du surprenant et de la réussite érigés en règle absolue.
➤ « Le guide mondial des records », Dargaud, 14,99 €

23/11/2015

BD : Burma par Barral

 
Après Tardi, Après Moynot, Nicolas Barral est le nouveau titulaire de la collection Nestor Burma. Toujours fidèle aux romans policier de Léo Malet parus au Fleuve Noir dans les années 50, le dessinateur a conservé le style imposé par Tardi pour son second album dans la collection, le 9e titre de la série, “Micmac moche au boul’ Mich”. En plein hiver, la belle Hélène, grippée, est malheureusement peu présente danqs cette enquête. Burma est embauché par une jeune étudiante (striptisease la nuit dans un cabaret) désespérée après le suicide de son fiancé. Sceptique, le détective à la pipe va malgré tout enquêter et découvrir que ce suicide cache bien des mystères. Drogue, racisme, avortements clandestins : les thèmes sont multiples, pas forcément modernes mais totalement intégrés dans l’univers du maitre du polar français. Nicolas Barral, au dessin, agrandit les cases, accélère le rythme mais reste fidèle aux décors parisiens immortels.

 

Nestor Burma” (tome 9), Casterman, 16 euros
 

20/01/2014

BD : les "Cobayes" doivent avaler la pilule

 

, barral, cobayes, médicament, drogue, dargaud

Avant d'être autorisé, tout médicament doit être longuement testé pour en déterminer la véritable efficacité et surtout ses possibles effets secondaires. Tonino Benacquista raconte dans ce roman graphique l'expérimentation d'un nouveau antidépresseur. Dans la dernière ligne droite, trois « cobayes » sont sélectionnés. Deux hommes et une femme. Ils semblent normaux mais cachent des blessures secrètes. L'un, à la limite de l'obsédé sexuel, est en fait minable au lit. L'autre, au chômage, a de graves troubles de la mémoire. La fille, une jeune étudiante indienne, fait croire à ses parents qu'elle suit des cours aux Beaux-Arts de Paris, école dont elle a raté trois fois le concours... Durant 21 jours ils vont rester enfermés, comme des animaux de laboratoire scrutés par les chercheurs. Si au niveau physique, tout se passe bien, les conséquences du médicament va bouleverser leurs personnalités. Dessinée par Barral, cette BD va très loin dans la dénonciation des recherches pharmaceutiques. Et elle pose avec intelligence la problématique des drogues, notamment celles qui sont légales.

 

« Les cobayes », Dargaud, 17,95 €

 

29/07/2009

Le pépé et l'iguane

 

Mon pepe 2.jpgNapoléon est perturbé. De plus en plus à cran. Ce petit garçon, moitié chinois (par son père) et moitié corse (par sa mère), vit très mal la perte de son grand-père. Un pépé qu'il aimait et qu'il regrette. Mais dans cette série imaginée par Barral et dessinée par TaDuc, le pépé revient assez rapidement sur le devant de la scène. En fantôme. Un fantôme que seul Napoléon peut voir. Le second tome débute chez un psychologue, les parents (en plein divorce) cherchant une solution pour permettre à leur enfant de retrouver un minimum d'équilibre mental. La solution : adopter un animal de compagnie qui fera oublier l'absence de l'être aimé. Après avoir hésité entre un chien et un chat, Napoléon revient à la maison avec un iguane. Un reptile au caractère bien trempé qui plait d'autant plus à Napoléon qu'il voit lui aussi le fantôme du pépé. Et très rapidement les relations entres les deux vont se détériorer, provoquant gags et situations cocasses exploitées par deux auteurs très en verve.

« Mon pépé est un fantôme » (tome 2), Dupuis, 9,45 €

06:47 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barral, taduc, dupuis

30/09/2008

Les visions de Napoléon Tran



Napoléon Tran est un petit garçon comme tous les autres. Ses parents sont en pleine séparation. Et cela barde entre eux. Sa mère est d'origine corse, son papa vietnamien. Il vit chez sa mère et ne retrouve son père que les week-ends. La querelle sera mise entre parenthèse durant quelques temps car le père du papa de Napoléon vient de mourir. Mais le jour des obsèques, le petit garçon a une vision. Son pépé lui apparaît et lui explique qu'il doit rester sur terre, sous forme de fantôme, tant qu'il n'aura pas réussit à réconcilier les parents de Napoléon. Imaginés par Barral (premier scénario du dessinateur de Baker Street et Dieu n'a pas réponse à tout), ces histoires complètes sont dessinées par TaDuc qui s'essaie (avec brio) pour la première fois au dessin comique. L'ensemble est d'une grande fraîcheur. Si l'on retrouve l'univers enfantin d'un gamin d'à peine dix ans, les auteurs ont osé aborder des thèmes plus sérieux comme la séparation, la crémation ou l'adultère. Pour ce dernier cas, c'est la mémé de Napoléon qui lui raconte comment elle a succombé, il y plus de 30 ans, à un dentiste. Ce qu'elle ne pouvait pas savoir c'est que le fantôme de pépé était présent. Sa vengeance sera très étonnante...
« Mon pépé est un fantôme » (tome 1), Dupuis, 6 € (jusqu'au 31 décembre, puis 9,20 €)


06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Barral, TaDuc, Dupuis

16/09/2008

Le détective et le cheval



Dans le rayon « Parodies », le nom de Pierre Veys revient souvent. Il a atomisé la légende de Blake et Mortimer, moqué Harry Potter et il revient aujourd'hui avec la première série de cette veine, Baker Street. Le scénariste prend un malin plaisir à se moquer de Sherlock Holmes et des personnages secondaires imaginés par Conan Doyle : Watson et l'inspecteur Lestrade. Ce dernier est particulièrement soigné. Le fin limier de Scotland Yard est en fait un crétin intégral qui ne comprend rien, du début à la fin. Dans ce cinquième tome, toujours dessiné par Nicolas Barral et qui porte le titre interminable de « Le cheval qui murmurait à l'oreille de Sherlock Holmes », le détective, en pleine dépression car inactif, se lance dans une enquête secret défense. Des documents auraient été volés ou consultés dans différentes casernes anglaises. Ce sera finalement un cheval savant qui donnera la clé de l'énigme. Une histoire d'une trentaine de pages suivie de quelques récits complets, plus courts, mais où la complicité des deux héros fait merveille.
« Baker Street » (tome 5), Delcourt, 9,95 €


06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Veys, Barral, Delcourt