07/02/2017

De choses et d'autres : l'art du laid

 

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Chaque week-end sur la radio France Info, Michel Serres, philosophe, converse avec Michel Polacco dans sa chronique « Le sens de l’info » et nous ouvre l’esprit. Ce dimanche il a abordé le thème de la beauté. « À mesure que le temps passe, le temps filtre de façon implacable, rejette les mauvaises productions et garde les meilleures. »

Entièrement d’accord. Voilà bien pourquoi il faut se précipiter sur le site du MOBA, le Museum of bad art que l’on peut aisément traduire par musée du mauvais goût. Créé par un antiquaire, il est exclusivement composé de peintures abandonnées par leurs créateurs. Le genre de toiles que l’on tente désespérément de vendre sur un vide-greniers et qui finit à la poubelle au terme de la journée, la croûte ne valant même pas que l’on récupère le support. Dans le genre laideur absolue, le MOBA reste le mètre étalon. Entre les anatomies ratées, les couleurs criardes et les compositions aléatoires pour ne pas dire délirantes, tout absolument tout est remarquable de mocheté.

J’ai une petite préférence pour la création intitulée « Giraffe at the beach » représentant, comme son nom l’indique une girafe les quatre pattes dans la mer. Mais cela ne vaut pas « A mariachi in Tienanmen Square ». L’artiste a repris la célèbre photo de l’homme seul face aux chars de l’armée chinoise sur la place Tien Anmen. Mais en le grimant en mariachi mexicain. Faut-il y trouver un sens caché ? S’il vous plaît M. Serres, éclairez-moi. 

23/12/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le fric du net

zoella, livre, blog, beautéLes détracteurs du net se délectent de cette histoire. Depuis quelques années, une certaine célébrité est promise à de jeunes blogueurs inventifs. Parmi cette meute de nouveaux visages, Zoella est une des plus célèbres en Angleterre. Mignonne, superficielle et marrante, elle distille ses conseils beauté à travers des vidéos qui franchissent régulièrement le million de vues. Au début, sa franchise a assuré son succès. Puis ce sont les placements produits qui ont gonflé son compte en banque. De blogueuse vidéo, elle s'est transformée en publicité perpétuelle incontournable. Déjà, à ce stade, la jeune Zoella devient beaucoup moins sympathique pour ceux qui, comme moi, n'aiment pas le mélange des genres. Cela n'a pas empêché une maison d'édition de tenter (et réussir) un gros coup avec la vedette du net. Zoella publie son premier roman « Girl online » et le vend à des centaines de milliers d'exemplaires. La success story reste quand même un peu louche. Faire risette devant une caméra est assez éloigné de la rédaction d'un livre de 80 000 mots. Certains soupçonnent l'intervention d'un « nègre ». Et ils trouvent même son nom, Siobhan Curham, qui s'est déjà illustrée dans ce genre de littérature. Zoella s'indigne. Pas longtemps... elle reconnaît avoir reçu de « l'aide ». En gros, elle a vaguement décrit les personnages, le reste n'est que le travail d'une équipe de « ghostwriters ». A l'arrivée, la littérature ne sort pas gagnante de l'aventure. Un signe supplémentaire pour craindre que le net, par certains de ses excès, se transforme en fossoyeur de l'écrit.     

08:33 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zoella, livre, blog, beauté

07/03/2013

Chronique : ces études inutiles, c'est du vent...

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Chercheur est un beau métier. Tous les jours on en a la preuve sur internet avec la publication de résultats d'études pour le moins incongrues. Des gens, payés par l'État, des universités ou des multinationales, passent des mois à faire des tests dont l'utilité ne saute pas immédiatement aux yeux.  Le moindre intérêt tout court non plus... Un site recense « le meilleur du pire des études à la con ». Il résume en une phrase les conclusions de pages et de pages d'enquêtes, questionnaires et autres expériences.

Dernière étude « à la con » recensée, celle affirmant que « Regarder de la télé-réalité liée au culte du corps donne envie de bronzer. » Un constat fait après un sondage mené par l'académie de dermatologie américaine auprès de  576 étudiants. Sachez également que « Les femmes ont l'air plus vieilles le mercredi à 15 h 30. » Commandée par la marque de cosmétique « Saint-Tropez », cette vaste étude met en évidence une « chute des niveaux d'énergie » tous les mercredis après-midi. Milieu de semaine, stress à son comble : résultat les femmes semblent avoir l'âge de leur mère. CQFD !

Enfin, si vous projetez un long trajet en avion, imprégnez-vous de cette très sérieuse recommandation d'un magazine médical néo-zélandais : « Ne retenez pas vos vents dans l'avion, c'est mauvais pour la santé. » Une directive scientifiquement prouvée et qu'ils agrémentent d'une mesure à prendre : « l'utilisation de coussins remplis de charbon absorbant les odeurs. » Merci pour les voisins. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant.

30/01/2013

Chronique : Triste poupée Barbie, de chair et de plastique

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Dans un monde parfait, tout le monde serait jeune, mince et beau. Ce monde existe : c'est celui de la poupée Barbie. Mais ce qui ne devrait être qu'un jeu peut avoir des conséquences néfastes sur les petites filles.

La blonde plastifiée est à mille lieues de la réalité. Régulièrement, des activistes dénoncent le formatage d'une fausse image de la femme et interviennent sur le net. Vous pouvez ainsi découvrir sur le site d'une revue espagnole la photo d'une Barbie sans maquillage. Cernes sous les yeux, taches sur le visage, dents jaunies et cils quasi inexistants... En fait, une femme (surprise au réveil) comme toutes les autres...

Restent les proportions du corps. Complètement erronées si on y regarde de près. Katie Halchischick, mannequin militant pour des rondeurs assumées, a dessiné sur son corps nu les courbes de la poupée. Là aussi la photo est explicite. Aucun chirurgien ne pourrait obtenir une taille aussi fine. Les seins devraient être remontés, le menton limé, les yeux relevés de plusieurs centimètres. Le cou, très fin, ne pourrait pas supporter le poids de la tête. A moins qu'elle ne soit complètement vide...

Loin de l'idéal féminin, la poupée Barbie tient plus de l'extra-terrestre que du canon de beauté. Pour preuve cette Ukrainienne de 21 ans, Valeria Lukyanova, copie conforme du jouet mythique. Sur son blog elle ne cesse de prendre la pose, décolleté généreux, visage figé, yeux écarquillés.

Pauvre joujou. Plutôt réservé aux grands garçons !

 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce mardi.