23/03/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Attentats de Bruxelles, si loin, si impuissants

bruxelles, BD, attentatsLes attentats d'hier à Bruxelles me touchent directement. Plus que ceux de Paris pour cause de famille. Mon épouse est belge, de ce fait mes liens, déjà étroits avec le pays (passion pour la BD), n'en sont que renforcés. Nous apprenons qu'une explosion s'est produite dans l'aéroport de Zaventem, nos premières pensées vont vers Thierry, beau-frère et pilote de ligne.

Et lorsque sur Twitter le mot métro revient en boucle, nous imaginons tous nos amis et proches susceptibles d'appartenir aux dizaines de blessés. Réseaux sociaux et SMS permettent de nous rassurer au compte-goutes.

Comme nous l'écrit Vincent qui travaille à la Commission européenne, "tout le monde est safe". Il en est quitte pour rentrer chez lui à pied. Cynthia, en formation à Bruxelles, a pris le métro avant l'explosion. Elle a pu rassurer sa mère qui durant de longues minutes n'a pu s'empêcher de penser au pire.

Margaux, au travail depuis 6 heures du matin dans un supermarché, se prépare à de longues heures d'embouteillages. En réunion toute la matinée, Marie-Hélène n'a pas du tout suivi les événements. Elle nous répond vers midi après avoir contacté mari et enfants : "Tout va bien. C'est très stressant mais personne à Bruxelles".

Isabelle (la sœur de ma femme) est la dernière à donner des nouvelles : Thierry n'était pas à Zaventem ce matin, ses enfants pas dans le métro.

Paradoxalement, l'épicentre des explosions est plus éloigné de notre région, mais nous nous sentons encore plus proches, plus concernés, plus menacés. Nous sommes si loin et si impuissants.

09:11 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bruxelles, bd, attentats

26/01/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Belgique, sans Molenbeek

belgique,molenbeek,bruxelles,communautarismeDepuis très longtemps j'ai une relation particulière avec la Belgique. Avant même d'épouser une Wallonne (rencontrée à Tahiti) le fameux Plat pays chanté par Brel m'attirait. La faute à ma passion pour la bande dessinée. De Franquin à Hergé en passant par Hermann ou Tillieux, grâce à la lecture hebdomadaire de Spirou et Tintin, je connaissais mieux les rues de Bruxelles ou de Charleroi que celles du petit village français où j'habitais (j'avoue, je n'ai jamais entendu parler de Molenbeek avant les événements de novembre dernier).

Après une fouille complète et exhaustive de ma valise à l'aéroport de Perpignan, je me suis envolé pour une semaine de vacances en famille, impatient de sonder l'état d'esprit des Belges. Pour ce qui est de tomber sur un repère de djihadistes, je repasserai. Mon séjour fut d'un calme absolu. Excepté quelques averses de neige et glissades sur les routes verglacées, pas le moindre danger en vue. Quant à l'état d'esprit des habitants, il est beaucoup plus serein que celui des Français. La psychose ne semble pas avoir traversé la frontière et l'état d'urgence très éloigné des préoccupations locales.

Et lorsqu'on parle de communautarisme, n'allez pas y voir l'affrontement entre « Français de souche » et « immigrés de la troisième génération ». En Belgique, la guerre civile, si elle doit avoir lieu un jour dans ce royaume tranquille, mettra aux prises francophones et néerlandophones. L'éternel conflit linguistique entre Wallons et Flamands qui doit faire bien rire à Molenbeek où la majorité de la population parle... arabe.

03/09/2015

Cinéma : Dans la famille divine, la fille...

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Dieu habite Bruxelles et il a une fille. À dix ans, elle ne supporte plus la méchanceté de son père. Elle va rédiger 'Le tout nouveau testament' avec six apôtres.

Le surréalisme est belge. Ceux qui en doutent changeront d'avis en regardant le formidable film de Jaco van Dormael Le tout nouveau testament. Ce conte, entre loufoquerie et profonde réflexion sur la religion part d'un constat tout simple : "Dieu existe. Il habite Bruxelles". Pour corser le tout, Dieu (Benoît Poelvoorde) vit dans un trois pièces avec sa femme Déesse (Yolande Moreau) et sa fille Ea (Pili Groyne). Cette dernière a dix ans, des tendances gothiques et un sérieux problème relationnel avec son père. Il est vrai que ce dernier est le dernier des salauds. Il tyrannise sa femme, frappe sa fille et ne prend du plaisir qu'en inventant des lois contrariantes pour les humains. Un peu éméché, il décide par exemple que la tartine de confiture tombe toujours du côté confiture ou que la file d'attente d'à côté va toujours plus vite que celle où on est. La meilleure : "une contrariété en entraîne toujours une autre...»

Le bug des décès

Le début du film est un feu d'artifices de trouvailles et de gags. Benoît Poelvoorde fait un festival, campant un être imbuvable, foncièrement méchant, imbu de sa personne et tyrannique. Pourtant il n'a pas de pouvoir spécial. Il est simplement l'utilisateur du grand ordinateur qui crée et gère l'Humanité. Ea, la fameuse fille de Dieu dont personne n'a jamais entendu parler, décide de reprendre les choses en main. Elle va pirater l'ordinateur de son père et, histoire de bien l'énerver, rendre publique la date de décès de chaque humain. Ensuite elle bloque le système informatique et rejoint le monde réel (à travers un tunnel entre deux machines à laver...) pour recruter six apôtres chargés de rédiger le tout nouveau testament. Sur Terre, la connaissance du nombre d'années, de mois ou de jours qu'il reste à vivre à chacun va bousculer la société. Certains attendront comme si de rien n'était, d'autres vont vivre à 100 à l'heure. Dieu est fou de rage : il n'a plus son arme ultime pour faire marcher droit ses disciples.

La suite du récit se partage entre les rencontres entre Ea et ses apôtres, un assassin (François Damiens), une bourgeoise (Catherine Deneuve) ou un obsédé (Serge Larivière) et la découverte de la dure réalité du monde par un Dieu toujours aussi colérique mais sans le moindre pouvoir car privé de son précieux ordinateur. On plonge parfois dans des scènes d'une grande beauté, très poétiques, comme la danse de la main coupée ou les arabesques d'une nuée d'étourneaux.

Pour ce qui est de la morale de l'histoire (il y en a forcément une puisque le sujet est la religion), elle pourra en étonner certains. Mais elle peut se résumer par cet extrait du tout nouveau testament : "La vie c'est comme sur une patinoire, il y a beaucoup de gens qui tombent." Après avoir vu le film de Jaco Van Dormael, on se relève plus facilement.

 

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 Benoît Poelvoorde, bête et divin

poelvoorde, moreau, damiens, van dormael, bruxelles, dieu, testament, pacteLe personnage lui va comme un gant. Benoît Poelvoorde dans la peau de Dieu est une évidence. Du moins, celui du récit de Jaco Van Dormael, un Dieu bête et méchant. Dans son appartement misérable, il mène la vie dure à sa femme et sa fille. Elles n'ont pas le droit de sortir, doivent ne regarder que des compétitions sportives à la télévision et obéir au doigt et à l'œil. Le prototype du beauf intégral. Avec les pouvoirs de Dieu... Avant de martyriser les milliards d'hommes et de femmes, il a tenté quelques expériences comme remplir les rues de Bruxelles de girafes ou les salles de cinéma de poules. Mais rien ne vaut une contrariété pour énerver ses disciples. Clope au bec, bière sous la main, en peignoir et chaussons, Dieu ricane tout seul quand il décide, en tapant simplement sur son clavier, que les emmerdements vont toujours par paire... Benoît Poolvoerde dans sa démesure habituelle permet à tout en chacun de détester ce créateur abject, dénué d'empathie et hostile à tout changement.

Heureusement, sa fille...

11/10/2013

NET ET SANS BAVURE : Police belge fantôme

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Incroyable histoire belge. Pas la blague de base avec l'accent caricatural, plutôt celle qui met en exergue le côté surréaliste de nos voisins du Nord. Comme Magritte a imaginé « Ceci n'est pas une pipe », une vidéo démontre que « Ceci n'est pas la police ».


"Ca se passe comme ça à la police de Schaerbeek"

Tout débute un dimanche à minuit. Un jeune entrepreneur, pour achever un travail urgent, doit se rendre dans le quartier populaire de Schaerbeek. Pas de chance, une voiture mal garée l'empêche d'entrer dans ses bureaux. Il téléphone à la police pour faire évacuer le véhicule. Pas de réponse. Il se rend donc au commissariat situé à quelques pâtés de maisons (un ami filme toute la scène). Il sonne à l'interphone d'urgence. Pas de réponse. La suite est hallucinante. Il constate que la porte est ouverte. Il entre. Dans le noir, il appelle. Toujours aucun écho. Il déambule alors dans le commissariat et tente une nouvelle fois de téléphoner avec son portable. Il entend une sonnerie dans une pièce, s'y rend et décroche. Voilà comment il parvient à répondre à son propre coup de fil... Il conclut sa démonstration d'un très ironique « Ça se passe comme ça à la police de Schaerbeek ». Diffusée sur plusieurs sites belges, la vidéo est vue plus de 100 000 fois. Les commentaires sont particulièrement... vaches. Il faudra attendre deux jours pour que la fameuse police réagisse. Le problème viendrait d'une serrure électrique déficiente. Et une enquête interne est en cours. Mais la priorité sera sans doute de retrouver les policiers fantômes...

Chronique "Net et sans bavure" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant. 

01/10/2012

BD : Cases sanglantes dans "Le tueur aux mangas" de Yann et Lamquet

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Zoé, une adolescente découvre un cadavre dans un parc à Bruxelles. Les restes d'un cadavre exactement. Jambes, bras et tête ont été sectionnés, il ne reste que le tronc. Elle prend des photos et s'enfuit. Zoé fait partie d'un club de détectives juniors. Avec ses camarades elle va se lancer sur les traces du tueur. Ils découvrent sur les photos qu'un message en japonais, sur un sparadrap, est collé sur le mort. Il est fait référence à Kroko, le personnage d'un manga. La police aussi a trouvé cet indice et part à la chasse au tueur aux mangas. Le scénario, signé Yann, est inspiré de faits réels. Une série de crimes ayant bouleversé Bruxelles. Il fait se rencontrer dans la première partie de cette histoire, deux mondes antagonistes : les mangas et la capitale de la BD franco-belge. Ses ados, modernes et sympas, renouvellent le genre de la BD de bande (de la Ribambelle à la Patrouille des Castors). Au dessin, Lamquet abandonne son genre de prédilection, la SF, pour un univers réaliste et contemporain, aux décors très reconnaissables, de la rue des Sables au Muséum d'histoire naturelle en passant par le bar de la Mort Subite. Une « belgitude » pleine de charme.

« Le tueur aux mangas », Casterman, 12,95 €


06/02/2012

Écarquillez vos mirettes avec la photo à 360°

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Vous voulez en prendre plein la vue ? Faites le test de la photo à 360°. Cette technique – l'un des atout de Google Street - est particulièrement impressionnante sur certains sites. Et quand les photographes professionnels s'en mêlent , l'effet est encore plus saisissant. Avec votre souris, vous pouvez faire tourner l'image, comme si vous étiez sur place. Jean-Pierre Lavoie, photographe canadien, s'est consacré à cette spécialité. Ses clichés sont à couper le souffle. Écarquillez vos mirettes et plongez dans le décor. Il propose des monuments célèbres (au pied de la tour Eiffel, l'effet est encore plus saisissant en « levant » la tête), sur la grand place de Bruxelles ou en plein carnaval de Québec.  Il propose également des photos de paysage grandioses.
Grâce aux smartphones, il vous est à présent possible de réaliser une photo à 360°. Une application nommée « 360 panorama » est en vente tant chez Apple que chez Androïd. Une fois installée, vous la lancez, votre appareil se dote virtuellement d'un très grand angle. Il vous suffit de tourner sur vous-même pour capturer l'intégralité du point de vue. On rêve de voir un jour, sans avoir à s'épuiser dans la montée, le panorama complet au sommet du Canigou.
Encore plus vertigineux, à la limite de l'angoisse, vous pouvez dévouvrir le ciel vu de la Terre. Des milliards d'étoiles sur lesquelles vous pouvez zoomer et vous déplacer à l'envi. Une telle immensité nous fait prendre conscience à quel point nous sommes peu de chose.