20/06/2017

De choses et d'autres : Cachez ce pied


Si vous avez la chance (le malheur pour certains) d’habiter près d’un lycée, vous les avez remarqués depuis quelques semaines. Pas les handspinners, mais le combo improbable des claquettes portées avec des chaussettes. Pas la tong accrochée entre le gros orteil et le reste des doigts de pied mais la claquette simple, souvent utilisée dans les vestiaires de sportifs ou à la piscine. Une claquette toute simple, qui dé- voile 80 % du pied. Si on a la bonne idée de ne pas mettre des chaussettes. Or la mode, lancée notamment depuis le titre «Claquettes-chaussettes» du rappeur Alrima. Une chanson que les Inconnus, à l’époque n’aurait pas reniée. 
Pour le Huffington Post, l’artiste se souvient du déclic qui l’a poussé à écrire et enregistrer ce chef-d’œuvre de l’esthétique, version Cité : «On a pris ça comme un défi. C’était quitte ou double: soit la chanson fonctionne, soit on passe pour des guignols.» Si pour les gens ayant un minimum de sens artistique, l’association est rédhibitoire, pour les autres, les jeunes notamment, c’est génial. 
Constat d’Alrima : « Au final, personne ne regrette». On ne le remerciera jamais assez de rendre possible ce que plus personne n’osait faire par crainte de ridicule (ou pire, d’être pris pour un touriste hollandais ou allemand) : porter des chaussettes avec des sandales ouvertes, en pantacourt. Ce qui était encore le comble de la ringardise l’été dernier, devient à la mode par la magie de YouTube (3 millions de vues en deux mois). 
Et à l’occasion cela permet de cacher les ongles incarnés ou mangés par d’horribles champignons comme il n’en existe que dans les pubs pour médicaments anti mycoses. 
En bonus, la vidéo...

(Chronique parue le 20 juin en dernière page de l'Indépendant)

01/09/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Interdictions

burkini, interdiction, maires, sandales, chaussettes, pokémon go, gorafi

Le conseil d'État a tranché : il est interdit d'interdire le port du burkini sur les plages françaises. Dans cette frénésie de légiférer sur tout et n'importe quoi, les ministres, maires et autres édiles feraient mieux de s'intéresser aux véritables problèmes.

En ce jour de rentrée scolaire, je m'étonne que personne n'ait encore pris l'initiative d'interdire aux enfants le port de baskets à diodes colorées. De même, comment expliquer que les autorités responsables n'aient pas encore légiféré sur ces fautes de goût flagrantes que sont, en vrac, les tatouages tribaux, le vernis à ongle noir ou les petits hauts à volants. Mais que fait donc la police contre les chasseurs de Pokémon qui non seulement capturent de pauvres petites créatur

es virtuelles mais en plus bousculent les piétons, le regard rivé à leur écran de smartphone ? Pourquoi encore autoriser de nouvelles candidatures à la primaire de la droite puisque de toute manière c'est Sarkozy qui va l'emporter après un tour de passe-passe dont il a le secret, face à un Juppé trop honnête pour gagner ?

Qui aura le courage de prendre un arrêté interdisant à quiconque de raconter ses vacances ou commenter le dernier épisode de "Koh-Lanta" à la machine à café ? Et pourquoi le café est-il infect à cette même machine ?

Dans cette masse d'interdiction je me suis fait prendre à une bêtise du Gorafi, annonçant avec son sérieux habituel que "Le conseil d'État valide les arrêtés municipaux contre ceux qui portent des chaussettes avec leurs sandales". Trop beau pour être vrai.