30/12/2017

De choses et d'autres : les mots de votre génération

Trouvé sur Internet un tableau reprenant les mots emblématiques apparus chaque année dans la langue française depuis la fin des années 40 selon les nouveautés affichées par le Petit Robert.
 
 
Cela permet de se dresser une sorte de portrait chinois en fonction de sa date de naissance. Parfois on se reconnaît idéalement comme ce membre de Facebook, né en 1976 et qui conserve un attrait certain pour la musique rasta et les couleurs fluos. Un autre, de 2000, n’a pas trop le choix entre bobo et zénitude. Plus compliqué pour le natif de 1997 face au dilemme entre les redoutés spams et les délicieuses panna cotta... Je plains par contre les natifs de 1980. Ils sont la génération perdue ayant vu la naissance de deux symboles de modernités n’ayant pas dépassé la décennie : le minitel et le walkman...
Perso, né en 1961, si j’ai beaucoup utilisé le magnétoscope pour rattraper mes retards en films, je n’ai par contre jamais mis le pied sur la moindre planche de surf. Rire en regardant une vieille VHS de « Jaws », d’accord, risquer de me faire boulotter un mollet voire de me noyer en vrai, pas question.
Plus on se rapproche des dernières années, plus on s’aperçoit que tout ce qui tourne autour d’internet prend le dessus. Comme si les nouveaux terrains d’exploration de l’humanité étaient devenus irrémédiablement virtuels. 1984 : hacker. 1993 ADSL. 1994 : email. 1995 : Gif. 2001 : Wifi. 2009 : hashtag. 2013 : selfie... Pour cette année 2017, le net affirme encore sa supré- matie avec spoiler et emoji.
Et 2018 ? Dans deux jours, quel mot va faire la course en tête ? Quelle mode va envahir nos vies ? Rares sont ceux qui en ont la moindre idée. Et cela reste tout l’attrait de la nouveauté. 

16/02/2013

Chronique : Carambolages en série et en vidéo sur les routes russes


Dashcam crash compilation par Spi0n


Vous avez certainement vu la semaine dernière les images incroyables d'une météorite en feu traversant le ciel russe. Une vidéo diffusée sur internet et vue des milliers de fois. Les images sont prises de l'intérieur d'une voiture. Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander quel était ce conducteur qui filme ses trajets en continu. Et j'ai trouvé l'explication en découvrant le phénomène des dashcam en Russie. Peut-être un héritage de l'ère soviétique, quand les agents du KGB espionnaient à tire-larigot. Ces petites caméras sont installées sur le pare-brise et filment dès que l'auto est en mouvement. Elles sont essentiellement utilisées par les assurances dans les litiges en cas d'accrochage. On vous grille la priorité, il passe au feu rouge : la preuve en images.

Les dashcam représentent une mine d'images insolites. Des compilations sont régulièrement mises en ligne sur Youtube. On peut donc voir une météorite, mais aussi le crash d'un avion, un char d'assaut traversant une autoroute ou un amateur de vodka sur la bande du milieu d'une voie rapide... dans un chariot de supermarché. Plusieurs niveaux de gravité des accidents sont proposés. Vous voulez rire, contentez-vous des dérapages en tout genre sur les routes verglacées de Sibérie. Et puis il y a la version hard, quand on se doute que l'accident ne peut pas être sans conséquence pour les conducteurs et occupants des véhicules impliqués. Face à des camions, bus ou tramways : les voitures ne font pas le poids, même les russes... 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant.

17/12/2012

Chronique : RJ45 ou prise en T ?

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Déménager, quelle aventure ! Je viens de passer 15 jours éprouvants. Avant, pendant et surtout après. Où se cache le carton de couverts ? Il me le faut pour retrouver ce satané tire-bouchon, indispensable pour ouvrir la bonne bouteille de Taïchat achetée afin de décompresser après une journée de dingue. Les couverts réapparaîtront trois jours plus tard, au fond du garage entre deux piles de cartons de livres...

La bouteille a quand même été dégustée après utilisation détournée du tournevis cruciforme de l'électricien. Déménager est un sacré challenge, si en plus la maison est en travaux, la folie guette. L'électricien a pour mission de tout remettre aux normes. Sur le devis, il annonce une « ligne RJ45 (78,24 HT) » dans le salon. RJ45 ce sont les nouvelles prises pour téléphone et box Internet. Chouette, je vais être à la pointe du progrès. Problème, mes câbles actuels sont obsolètes. Et parmi le millier de choses à faire avant le déménagement, je me dis qu'il me faut acheter des câbles RJ45 à la place des prises en T. Bien évidemment, je ne trouve pas le temps de me procurer ce qui me paraissait pourtant d'une urgence absolue... Arrivé dans la nouvelle maison, surprise, je découvre... une prise en T. Finalement je me connecte tout simplement avec les vieux fils emballés la veille avec la box. D'accord, mon réseau n'est pas à la pointe, mais au moins, il fonctionne. Contrairement à la salle de bain dont les joints ne sont toujours pas secs... 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.

20/11/2012

[chronique] Valbuena, Jeunechamp : footballeurs à cran

 Sale temps pour l'image du football. Alors que les rugbymen alignent un sans faute tant questions résultats que comportement sur et en-dehors du terrain, les « footeux » se retrouvent avec de plus en plus de casseroles aux fesses.

Premier exploit à mettre à l'actif de Valbuena. Pas pour son but face aux Italiens mais une bordée d'injures contre... des enfants. La scène est filmée par un smartphone et mise sur YouTube. A Marseille, arrive une Lamborghini blanche. Des fans reconnaissent la voiture de Valbuena, bloquée dans un embouteillage. Ils se précipitent pour obtenir un autographe. L'attaquant de l'OM prend très mal le fait que la populace ose poser les mains sur son bolide. Il hurle sur les gamins. Pas si sympa finalement le petit joueur Marseillais.

Suite du feuilleton « bad boys et ballon rond » samedi à la fin du match Valenciennes contre Montpellier. Jeunechamp, joueur de La Paillade, repère un journaliste de l'Equipe en zone de presse. Ils s'écartent, discutent... se disputent. Paf ! Coup (pas franc) de Jeunechamp sur le pif du journaliste. Toute la twittosphère crie au scandale et occulte ainsi la nouvelle défaite du PSG... Hier, sur son site internet, le club de Montpellier présente ses excuses et précise qu'il condamne « fermement de tels comportements et étudiera en interne les suites à donner. »

S'attaquer à des enfants et à un journaliste : les footballeurs ont énormément d'argent mais pas beaucoup de jugeote...

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce lundi.

13/11/2012

Chronique : Nicolas Sarkozy, "reviens je t'en prie, viens nous sauver la vie"

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Sur internet, il faut savoir nager à contre-courant. C'est souvent la meilleure façon de se faire remarquer. Une conférence de presse de François Hollande ? Pas assez glamour. Le duel Copé/Fillon pour la présidence de l'UMP ? Trop joué d'avance. Non, rien ne remplace la nostalgie, même si elle ne date que de six mois.

Josh Stanley, adolescent et apprenti chanteur, cartonne sur YouTube avec une composition toute simple, véritable ode à... Nicolas Sarkozy. De la chanson « à texte » que certains humoristes ne renieraient pas. Mais Josh l'affirme : c'est du premier degré.

En un mois, plus d'un million de vues pour cette ballade sans nuance : « Nicolas Sarkozy, reviens je t'en prie, viens nous sauver la vie. » Carrément ! Six mois après l'élection de François Hollande, Josh a peur pour sa vie. Il y va fort le petit jeune. Mais pourquoi cette crainte ? Il faut peut-être chercher du côté de la nationalité de Josh. Un peu Français, mais surtout Monégasque !

Son premier passage télé, c'est sur la chaîne locale Canal Monaco qu'il le fait. Il vient de remporter le concours Idées Jeunes 2012. Ce succès tout neuf permet à ce passionné de karting, de patinage et de musique, titulaire d'un « brevet de pizzaïolo » rêvant de célébrité, d'enregistrer un premier single. Il finit par s'imposer avec sa chanson « sarkonostalgique » dont les dernières rimes ne manqueront pas d'affoler Copé ou Fillon : « Nico c’est à toi. On ne baissera pas les bras. On te soutiendra ! »

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" à paraître ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

09/11/2012

Chronique : Bilboquet Magazine, l'humour, le vrai

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Enfoncé Charlie Hebdo, ridiculisés les Canteloup, Gerra et autres amuseurs radiophoniques, dépassé le Groland. L'humour, le vrai, est à découvrir sur le site « Bilboquet Magazine ».

 

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Ses concepteurs acquièrent une certaine notoriété grâce à un article, totalement inventé mais plus vrai que nature, sur une association de « personnes démunies » furieuses contre les Enfoirés. Truffé de témoignages, le reportage  semble donner, pour la première fois, la parole à ces pauvres désireux de « récupérer leur dignité musicale. » En résumé : « Aujourd’hui on n’a plus le droit ni d’avoir faim, ni d’avoir froid, mais surtout de laisser chanter Maurane et Catherine Lara ». Halte aux « chanteurs carrément has been », les Enfoirés doivent s'ouvrir à des interprètes plus talentueux comme « Radiohead, Arcade Fire, ou Lady Gaga. »

Beaucoup tombent dans le panneau. Des internautes laissent des commentaires scandalisés : « Ils feraient mieux de faire profil bas... » « Trop facile de dénigrer », certains journaux reprennent l'information au premier degré. Pourtant, les autres articles de Bilboquet Magazine sont sans équivoque. « Le prix Goncourt décerné au manuel utilisateur de l’iPad 3 », son auteur, Li Xiao Xiao est « un stagiaire chinois âgé d’à peine 37 ans, en poste chez Apple depuis 4 ans. » Encore plus farfelu, « Un Français champion du monde du lancer de boulette de papier dans une corbeille de bureau » avec un jet de « 64 mètres, sans bouger de sa chaise ».

Vous voulez rigoler ? Lisez le Bilboquet !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant

23/10/2012

Chronique : Piques entre voisins par l'intermédiaire du réseau wi-fi

Une nouvelle distraction se développe dans les centres urbains : renommer son réseau wi-fi. Par défaut, votre fournisseur d'accès lui donne la marque de votre box suivi de chiffres et lettres aléatoires. En le personnalisant, vous pouvez lui donner un nom qui sera visible par vos voisins. Idéal pour faire passer un message aux malotrus. Ce petit jeu est en pleine expansion en Angleterre. On trouve ainsi de plus en plus de « Shut up ! » (Fermez-la), « Stop slamming the door ! » (Arrêtez de claquer la porte!) ou le grivois et très gênant « We can hear you having sex » (Nous vous entendons faire l'amour).

D'autres donnent des identités particulièrement révélatrices à leur réseau : le truc, le confondre avec un pseudonyme. Si vous arrivez à capter le signal d'un « bogossdu66 » ou d'une « Sexygirl11 », le petit jeu sera de deviner qui dans l'immeuble ou le quartier se promène sur le net sous cet avatar on ne peut plus explicite. 

Et puis il y a ceux qui ne sécurisent pas leur réseau. Il y en a plus qu'on ne le croit. Mais ne faites pas comme cette jeune femme de Menton. Les pompiers l'ont retrouvée inconsciente au pied de son appartement. Tentative de suicide ? Alors pourquoi a-t-elle sauté du premier étage avec son ordinateur portable ? C'est à l'hôpital (elle souffre de multiples fractures) qu'elle a expliqué sa mésaventure. Elle n'arrivait pas à se connecter dans son salon, du coup elle s'est penchée par la fenêtre pour tenter de capter la wi-fi. Un peu trop... L'histoire ne dit pas si l'ordinateur est blessé.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.

 

14/10/2012

Chronique : Un peu de ciel bleu en direct de Roswell

Un ciel bleu, quelques nuages d'altitude. Mardi après-midi, durant de longues minutes, je scrute cet azur immobile. Pourtant je ne suis pas dehors. Au contraire, calé devant mon écran d'ordinateur, je suis censé travailler. La curiosité (et une bonne connexion internet) m'ont entraîné devant la retransmission, en direct sur Youtube, du saut en chute libre de Felix Baumgartner depuis la stratosphère. Ce casse-cou autrichien veut battre deux records : d'altitude (36.576 mètres) et de vitesse (atteindre le mur du son soit 1227,6 km/h). Un exploit très médiatisé car sponsorisé par une boisson énergisante présumée vous donner des ailes. Alors voilà plus d'un quart d'heure que je contemple cette image fixe du ciel bleu de Roswell. Rien ne bouge. J'attends. Je rêvasse. Une soucoupe volante va-t-elle surgir ? Ou Baumgartner à la vitesse d'une balle de pistolet ? En fait je ne sais pas si l'expérience a débuté. Seule certitude : comme moi, plus de 800 000 personnes dans le monde sont connectées et scrutent cette immensité. Je passe en mode plein écran. Guère plus concluant. Catastrophe, mon chef approche. Je ripe sur Echap, la touche magique qui permet de faire disparaître la vidéo. Le ciel bleu continue d'illuminer mon écran. Pris en flagrant délit de glandage. « Ah, toi aussi tu regardes le saut ? Je crois que ça va être annulé, trop de vent... » Sauvé, il a délaissé son édito pour un pan de ciel bleu. Et je me rattrape comme je peux... « Euhhh, je crois que je vais en faire mon sujet de chronique de demain... »

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.

12:58 Publié dans Humeur, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chronique

13/10/2012

Chronique : Les « plus » de Facebook, nouveau dada des sociologues

Facebook, sociologues, méchant, surpoids, sexe, réseaux sociaux, chroniqueS'il en est bien dont le succès de Facebook booste les carrières ce sont les chercheurs en sociologie. Pas un jour ne passe sans que les journaux ne décryptent une étude comportementale sur les habitudes du milliard d'utilisateurs du troisième pays (virtuel) le plus peuplé de la planète.

Après « Pourquoi les utilisateurs du réseau social sont-ils plus méchants que la moyenne des gens ? », une nouvelle étude démontre que « plus on est sur Facebook, plus on est en surpoids et à découvert. »

Dans le même temps, des chercheurs de l'université de Chicago affirment que « consulter Facebook et Twitter semble plus tentant que d'avoir des relations sexuelles ou de fumer une cigarette. »

Une constante dans ces études : plus on est sur Facebook, moins on a de qualités... Au final, si l'on additionne tous les résultats, le portrait type d'un utilisateur a tout du monstre : un être renfrogné, détestant les vrais gens, gros, pauvre, méchant et affabulateur. Le portrait craché du regretté "Gros Dégueulasse" de Reiser (illustration)... Pas étonnant dans ces conditions s'il se tourne vers des amis « virtuels ».

A moins que ces adeptes de Facebook fassent eux aussi partie du domaine de l'imaginaire. Quel outrecuidant irait vérifier la pertinence d'études de prétendus chercheurs qui passent leur temps à diaboliser le grand méchant Facebook et si ça se trouve, sont encore plus asociaux que les cobayes débusqués sur le net ? Reste à analyser l'étude ultime, celle encore à réaliser qui démontrera, à coup sûr, que « plus on est sur Facebook, plus on se prend pour des chercheurs en sociologie qui ont réponse à tout. » 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant.

09/10/2012

[Chronique] Fantômes urbains : du virtuel au réel sur Google Street View

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Du virtuel au réel, des écrans à la rue. La démarche artistique de Paolo Cirio, artiste hacker, si elle ne révolutionne pas l'art contemporain, a le mérite de faire réfléchir sur notre société connectée et ses dérives.

Tout le monde est déjà allé sur Google Street View. Cette fonction bonus de Google Maps permet de se balader virtuellement dans les rues et sur les routes des pays photographiés sous toutes les coutures par le géant américain du net.

Après quelques scandales et procès pour atteinte à la vie privée, tous les visages des passants sont floutés. Ils en deviennent méconnaissables, comme des ectoplasmes figés dans un décor très réel. Paolo Cirio, pour s'insurger contre l'utilisation abusive de ces images,  reproduit ces « fantômes » de Google Street et les peint sur les murs, à l'adresse exacte où ils se trouvaient au moment de la photo originale. De silhouettes immobiles mais virtuelles (et quasi immortelles, les images de Google Street ne sont pas mises à jour), elles reviennent dans la vie réelle après le passage de Paolo Cirio. L'illusion est étonnante quand on compare la photo sur le site et celle réalisée par l'artiste italien.

Ces fantômes urbains font leur apparition depuis quelques semaines dans trois villes (New York, Londres et Berlin), mais la performance n'est pas terminée et de nouveaux spectres numériques sont en passe d'apparaître dans d'autres villes.

Ces anonymes de la toile deviennent acteurs involontaires d'une double démarche artistique : capturés par Google, relâchés par Paolo Cirio.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.